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Glossaire

 

Ce Glossaire est la fusion des deux Glossaires existants à la fin des livres de H.P. Blavatsky :

  • La Clef de la Théosophie [C.T.]
  • La Voix du Silence [V.S.]

Ci-dessous, les notes des éditeurs et les conventions de chacun des deux glossaires.

1) Glossaire de La Clef de la Théosophie [C.T.]

Note des éditeurs

C'est en juillet 1889 que La Clef de la Théosophie (titre original : The Key to Theosophy) a paru, à Londres et New York. La seconde édition, publiée en 1890, fut augmentée d'un "copieux glossaire" de 62 pages, où Mme Blavatsky réunissait la majorité des mots de son livre qui demandaient certaines précisions ou explications complémentaires. Cependant, elle avait en vue un ouvrage plus important, couvrant un bien plus vaste champ d'étude, dont elle annonçait déjà le titre à son public : Le Glossaire Théosophique (en anglais : The Theosophical Glossary). Elle ne put malheureusement donner toute son attention à ce projet dans les derniers mois qui lui restaient à vivre, bien qu'elle ait réussi avant sa mort à en rédiger un certain nombre d'articles auxquels elle renvoyait par avance le lecteur du présent texte.

Pour chaque entrée, la source du mot est indiquée en abrégé : allemand (all), anglais (ang), chinois (chin), égyptien (ég), grec (gr), hébreu (héb), latin (lat), pâli (pâl), persan (per), sanskrit (skt). Des informations complémentaires, données par le traducteur dans des notes, ou en cours d'article, sont présentées entre crochets. Dans le texte, un astérisque placé à la fin d'un mot renvoie à un article particulier consacré à ce mot.

Pour les termes bouddhiques, le lecteur pourra également se reporter au glossaire inséré dans l'édition de La Voix du Silence, publiée en 1991 par Textes Théosophiques [voir "publications disponibles" sur notre site].

À noter enfin que quelques articles supplémentaires (présentés entre crochets) ont été proposés par le traducteur pour expliquer certains termes que Mme Blavatsky n'avait pas pris en compte, ou apporter des précisions utiles au lecteur moderne.

2) Glossaire de La Voix du Silence [V.S.]

Dans cette partie sont réunis la majorité des mots de l'ouvrage dont le sens appelle certaines précisions, soit qu'ils appartiennent à un vocabulaire oriental spécialisé ou bien qu'ils renvoient à des notions propres à l'enseignement de la Théosophie. Les définitions et explications fournies ne sont pas exhaustives, mais plutôt indicatives, une compréhension approfondie du texte nécessitant non seulement une maîtrise suffisante des doctrines bouddhiques (qui ne peuvent être détaillées ici) mais aussi un minimum de connaissance des vues théosophiques sur l'homme intérieur et sa destinée spirituelle. Pour une étude documentée de ce dernier sujet, se reporter à la bibliographie à la fin du livre. Pour chaque entrée, sont indiqués : 

  1. Le mot expliqué : s'il est d'origine orientale, sa lecture dans l'orthographe normalisée adoptée est proche de la prononciation usuelle. Pour les termes chinois, écrits selon la romanisation Wade, la forme moderne (Pin-Yin) est ajoutée entre crochets. De même, pour les mots tibétains, la translittération du terme d'origine (entre crochets) complète son écriture usuelle en français, si elle diffère de celle-ci.
  2. Sa source, en abrégé : sanskrit (skt), pâli (pâli), chinois (chi), tibétain (tib) et japonais (jap).
  3. Son domaine particulier d'utilisation : hindouisme (H), bouddhisme (B), Théosophie (T).

Dans le cours du texte, un astérisque placé après un mot renvoie à une entrée correspondante du Glossaire.

Pour la prononciation approximative des termes orientaux (dont la transcription a été simplifiée au maximum) on tiendra compte des quelques indications suivantes :

  • - e se lit é (padme = padmé)
  • - u se lit ou (guru = gourou)
  • - ch se lit tch (chakra = tchakra)
  • - j se lit dj (dorje = dor-djé)
  • - g est toujours dur (gîtâ = guîtâ)
  • - h est toujours aspiré

et on distingue voyelles brèves (a, i, u) et longues (â, î, û).

Ouvrages cités et abréviations employées :

l) Sources théosophiques :

  • H.P. Blavatsky, Theosophical Glossary (T.G.) ; The Secret Doctrine (S.D.).
  • Revue The Theosophist (Theos.).

2) Livres d'orientalistes contemporains de H.P.B. :

  • S. Beal, A Catena of Buddhist Scriptures (Cat), Londres, Trübner, 1871.
  • J. Edkins, Chinese Buddhism (C.B.), Londres, Trübner, 1879.
  • E. J. Eitel, Hand-book for the Student of Chinese Buddhism (H.C.B.), Londres, Trübner, 1870.
  • R. Spence Hardy, Eastem Monachism (E.M.), Londres, Partridge & Okay, 1850; Manual of Buddhism (M.B.), Londres, 1880.
  • T. W. Rhys Davids, Buddhism (B.), Londres, Soc. for Promoting Christian Knowledge, 1878.
  • E. Schlagintweit, Buddhism in Tibet, Londres, 1863, trad. Le Bouddhisme au Tibet (B.T.), Paris, Annales du musée Guimet, 1881.

Documents consultés (dictionnaires, lexiques et études sur le bouddhisme) :

  • A Sanskrit-English Dictionary, sir Monier Monier-Williams (1899), nouvelle édition: Oxford University Press, 1951.
  • Pâli-English Dictionary, T.W. Rhys Davids & W. Stede, Londres, The Pali Text Society, rééd. 1986.
  • Vocabulaire pâli-français des termes bouddhiques, Paris, Adyar, 1961.
  • A Tibetan-English Dictionary, Sarat Chandra Das, Delhi, Motilal Banarsidass, rééd. 1983.
  • Dictionnaire français de la langue chinoise, Institut Ricci, Paris, rééd. 1986.
  • The Encyclopedia of Eastern Philosophy & Religion, Boston, Shambhala, 1989.
  • A Survey of Buddhism, Bhikshu Sangharakshita, Bangalore. The Indian Inst. of WorId Culture, 1957.

 

A. B. C. D. E. F. G. H. I. J. K. L. M. N. O. P. Q. R. S. T. U. V. W. X. Y. Z

A (↓ lettre suivante)

Abhijñâ [V.S.] (skt) B. De la racine abhijñâ : reconnaître, percevoir. Mot désignant les pouvoirs paranormaux (cf. : siddhi*) acquis par la pratique du quadruple dhyâna*. Voir T.G. (abhijñâ).

Absoluité [C.T.] Énoncé à propos du PRINCIPE UNIVERSEL, ce mot dénote une abstraction, ce qui est plus correct et plus logique que d'appliquer l'adjectif "absolu" à ce qui ne peut avoir ni attributs ni limitations.

Adam Kadmon [C.T.] (héb)- "L'Homme-archétype", l'humanité. L' '' Homme céleste" (non tombé dans le péché). Les kabbalistes le rattachent aux dix sephiroth* sur le plan de la perception humaine ". Dans la Kabbale*, Adam Kadmon est le Logos* manifesté, correspondant à notre troisième Logos, l'être non manifesté étant le premier homme idéal, paradigmatique, et symbolisant l'univers in abscondito [= dans l'abstrait], ou dans sa "privation"(1), au sens aristotélicien du terme.
Le premier Logos est la "lumière du Monde" [voir st Jean], le second et le troisième étant ses ombres dont l'obscurité s'approfondit graduellement.

Adepte [C.T.] (lat: adeptus [= qui a atteint, ou obtenu]). En Occultisme*, celui qui a atteint le stade de l'initiation, en devenant ainsi un maître dans la science de la Philosophie Ésotérique.

Adepte - T [V.S.] En latin alchimique, Adeptus : qui a atteint, ou obtenu le Grand Œuvre. En Occultisme, désigne celui qui est parvenu au stade de l'Initiation, un Maître dans la science de la philosophie ésotérique (T.G.).

Âdibuddha [V.S.] (skt) B, T. « Bouddha primordial » , ou suprême. Ce n'est pas un être mais un Principe de Sagesse (Bodhi*), éternel et inconditionné, dont la Présence s'exprime dans la chaîne spirituelle qui va des Dhyânibuddha* aux Maîtres spirituels incarnés. « La Lumière Éternelle » ( T.G.). Voir Vajradhara*. Cf. S.D.I, 571.

Æther [C.T.] (gr) [Αιθηρ]Chez les Anciens : la divine substance luminifère, répandue dans l'univers entier, le "vêtement" de la Déité suprême, Zeus ou Jupiter. Avec les modernes : l'éther. Voir un dictionnaire, comme celui de Webster, pour la signification du terme, en physique et en chimie. En ésotérisme, l'Æther est le troisième principe du Kosmos septuple, la matière (la terre) en étant le plus bas, et l'Âkâsha le plus élevé.

Agathon [C.T.] (gr) [Το Αγαθον]. La Déité suprême de Platon, littéralement "le Bien" (en soi). Notre Âlaya, ou l'âme du Monde.

Âge d'or [C.T.] Les Anciens divisaient le cycle de vie en Âges d'or, d'argent, de bronze et de fer. L'Âge d'or était caractérisé par une vie de pureté et de simplicité primitives, et de bonheur général.

Agnostique [C.T.] Terme créé [en 1869] par le prof. [Thomas] Huxley pour désigner celui qui ne croit en rien qui ne puisse être démontré par les sens.

Ahamkâra [C.T.] (skt). Le sens du "je", la conscience réfléchie, ou le sens de l'identité ; [par ailleurs] le moi ou le principe mâyâvique est dans l'homme la base de l'égoïsme dû à notre ignorance, qui sépare notre "Je" du Soi Un et Universel. La personnalité*, ainsi que l'égoïsme.

Ahamkâra [V.S.] (skt) H. Conscience du Je, comme identité individuelle, donnant lieu dans la personnalité incarnée au sens du Moi (ou ego inférieur), qui se perçoit comme une entité unique et permanente face au reste du monde. D'où le « sentiment de séparativité » (cf. Lumière sur le Sentier p. 12) et la croyance illusoire à la personnalité* (sakkâyaditthi*).

"Ainsi ai-je entendu " - B [V.S.] Formule employée par Ânanda, l'un des grands disciples du Bouddha, en consignant l'enseignement du Maître ; elle figure en tête des sûtra du Canon bouddhique.

Ain Soph [C.T.] (héb.). La Déité "sans borne", ou "sans limite", qui émane et s'étend. Le mot se transcrit également En Soph et Ain Suph, vu que personne — pas même les rabbins — n'est tout à fait sûr des voyelles. Dans la métaphysique religieuse des anciens philosophes hébreux, le principe un était une abstraction comme Parabrahm*, bien que les kabbalistes modernes aient réussi, à force de sophismes et de paradoxes, à en faire un Dieu suprême et rien de plus haut. Mais pour les premiers kabbalistes chaldéens, Ain Soph était sans forme ni être et sans ressemblance avec quoi que ce soit (voir l'ouvrage de Franck, Die Kabbala, p.126). Que Ain Soph n'ait jamais été considéré comme le Créateur est prouvé de façon concluante par le fait qu'un Juif orthodoxe comme Philon* a appelé "créateur" le Logos, qui vient immédiatement après l'"Un sans-limite" et qui est "le SECOND Dieu". Dans son traité Quaestiones et Solutiones, Philon déclare : "le Second Dieu est dans sa sagesse (celle d'Ain Soph) ". La Déité n'est AUCUNE CHOSE [ou encore, est NON-CHOSE, en anglais : NO-THING, à distinguer de nothing = rien] ; elle est sans nom, et pour cela est appelée Ain Soph, le mot Ain signifiant une négation. (Voir, de Franck, Kabbala, p. 153).

Ajñâna [V.S.] (skt) H. Non-connaissance, absence de sagesse due aux multiples illusions entretenues sur l'univers des apparences, et à la non-perception du monde de l'Esprit.

Âkâsha [V.S.] (skt) H, T. Mot signifiant à la fois l'espace tout pénétrant et l'essence subtile (le cinquième élément) qui remplit l'univers entier (cf. Bhagavad-Gîtâ* XIII, 32). L'éther, auquel on l'identifie souvent, n'en est que la manifestation inférieure. Son attribut est le son (skt : shabda) qui renvoie à la notion de Verbe, ou Logos, ou encore de divine résonance, qui pénètre et soutient en permanence la vie du cosmos entier. Sous l'angle de l'énergie, ou de la vibration, spirituelle, l'âkâsha intervient comme agent indispensable dans toute opération magique ou expérience mystique. En un sens, ce pouvoir universel s'exprime comme kundalinî*, « l'électricité occulte, l'alkahest des alchimistes, ou le solvant universel » (T.G.). L'hindouisme emploie aussi âkâsha pour désigner l'espace secret du cœur.

Akshara [V.S.] (skt) H. Impérissable, inaltérable. Nom donné au Soi (ou Purusha) suprême, non manifesté et immuable, perçu comme « Seigneur » (Îshvara) de l'univers, qui demeure dans le cœur de toute créature (cf. B. Gîtâ XV, 17-18 et Mundaka Upanishad II, l, l, 2). Atteindre cet Akshara c'est réaliser l'omniscience (Gîtâ XV, 19). Ce mot désigne aussi la syllabe mystique AU M*.

Âlaya [V.S.] (skt) B, T. Littéralement : réceptacle, ou asile. H.P.B. l'emploie au sens d'Âme Universelle, Âme du Monde* ou Sur-Âme. Étemelle et inchangeable dans son essence ultime, cette « Grande Âme » devient « la base de chaque chose visible et invisible » et « se reflète dans chaque objet de l'univers, " comme la lune dans une eau claire et tranquille "  » (cf. S.D. l, 47 et seq.). Âlaya considéré comme « Mère du Monde » , ou « Mère universelle » est à rapprocher d'âkâsha* dans son sens mystique. Également, comme base ou racine de toute chose, Âlaya correspond à la substance primordiale (mûlaprakriti) du cosmos ( T .G.). Pour tout homme, Âlaya représente le pôle spirituel de sa vie intérieure, le Maître* par excellence, qui constitue finalement, de façon effective, « le Soi d'un Adepte* avancé » (S.D. l, 49).

Alchimie [C.T.] En arabe, Ul-Khemi : comme le nom le suggère, c'est la chimie de la Nature. Cependant, Ul-Khemi ou Al-Kimia est en fait un mot arabisé venant du grec chmeia  [chèméia] ou cumeia [chuméia], de cumoV [chumos], suc extrait d'une plante. L'Alchimie opère avec les forces subtiles de la Nature et les diverses conditions de la matière où on les trouve à l'œuvre. En cherchant, sous le voile du langage plus ou moins artificiel, à transmettre au non-initié autant du Mysterium Magnum qu'il est prudent de le faire sans risques dans les mains d'un monde égoïste, l'Alchimiste postule, comme son premier principe, l'existence d'un certain Solvant Universel, par l'effet duquel tous les corps composés se résolvent dans la substance homogène d'où les éléments sont venus à l'existence. Cette substance, il l'appelle or pur, ou summum materiae. Quant au solvant (également dénommé menstruum universale), il possède le pouvoir d'extraire du corps humain tous les germes de maladie, de renouveler la jeunesse et de prolonger la vie. Telle est la pierre philosophale (lapis philosophorum). L'Alchimie a été introduite en Europe d'abord par Geber [Jâbir ibn Hâyyan], le grand sage et philosophe arabe, au 8ème siècle de notre ère ; mais, depuis de longs âges, elle avait été connue et pratiquée en Chine et en Égypte. De nombreux papyrus traitant d'Alchimie, et d'autres témoignages prouvant qu'elle était le sujet d'étude favori des rois et des prêtres, ont été exhumés et préservés, sous l'appellation générique de "traités hermétiques" (voir la Table d'émeraude). L'étude de l'Alchimie comprend trois aspects distincts, susceptibles de maintes interprétations différentes : il s'agit des aspects cosmique, humain et terrestre.
Ces trois voies d'approche ont été caractérisées en les rapportant aux trois propriétés alchimiques rangées sous les termes soufre, mercure et sel. À ce sujet, les auteurs ont des vues différentes sur les voies qu'ils dénombrent — trois, sept, dix ou douze — mais ils tombent tous d'accord sur un point : en Alchimie, le seul but est la transmutation des métaux vils en or pur. Cependant, sur la nature réelle de cet or, très peu de gens ont une compréhension correcte. Il n'y a pas de doute qu'il se produise dans la Nature un phénomène comme la transmutation du métal grossier en métal plus noble ; cependant, ce n'est là qu'un aspect de l'Alchimie — son côté terrestre ou purement matériel, car nous voyons logiquement le même processus se réaliser dans les entrailles de la terre. Mais, à côté de cette Interprétation, et bien au-delà, il existe dans l'Alchimie une signification symbolique, purement psychique et spirituelle. Pendant que l'Alchimiste-Kabbaliste se préoccupe de réaliser le premier objectif, l'Alchimiste-Occultiste*, méprisant l'or de la terre, tourne toute son attention et ses efforts exclusifs vers la transmutation du quaternaire* inférieur en la trinité* supérieure divine de l'homme, qui donne lieu à une unité lorsque la fusion finale est réalisée. En Alchimie, les plans spirituel, mental, psychique et physique de l'existence humaine sont comparés aux quatre éléments — feu, air, eau et terre — chacun pouvant présenter une constitution triple — fixe, mutable et volatile. Le monde ne sait à peu près rien en ce qui concerne l'origine de cette branche archaïque de philosophie, mais il est certain qu'elle précède la construction de tous les zodiaques connus — et probablement aussi toutes les mythologies du monde, si on l'envisage dans ses rapports avec les forces personnifiées de la Nature. Il n'y a pas non plus de doute que les vrais secrets de la transmutation (sur le plan physique) ont été connus jadis et ensuite perdus, avant l'aube de ce qu'on appelle la période histonque. La chimie moderne doit à l'Alchimie ses meilleures découvertes fondamentales, mais, sans prendre en considération l'indéniable affirmation alchimique qu'il n'existe qu'un seul élément dans l'univers, la chimie a placé les métaux dans la classe des éléments et elle commence seulement maintenant à découvrir son erreur grossière. Même certains encyclopédistes se trouvent forcés de confesser que, si la plupart des récits de transmutation relèvent de la fraude ou de l'illusion, il y en a pourtant certains qui s'accompagnent de témoignages qui les rendent probables. Avec la batterie galvanique, on a découvert que même les alcalis ont une base métallique. La possibilité d'obtenir un métal à partir d'autres substances qui renferment les ingrédients qui le composent, de changer un métal en un autre (...) doit donc demeurer comme une question ouverte. Il n'y a pas lieu non plus de considérer tous les alchimistes comme des imposteurs. Beaucoup ont eu la conviction de pouvoir atteindre leur but, avec une infatigable patience et une inaltérable pureté de cœur — ce qui est à bon droit recommandé par les alchimistes comme la principale condition requise pour le succès de leurs travaux " (Popular Encylopaedia).

Alexandrie, philosophes d'— , École d'- [C.T.] Cette École fameuse a vu le jour dans la cité égyptienne d'Alexandrie qui demeura pendant de longues années le siège du savoir et de la philosophie, et fut célèbre à plus d'un titre : sa bibliothèque, fondée par Ptolémée Sôter [~367/ ~283 av. J.-C.] au début de son règne, s'enorgueillit de contenir jusqu'à 700.000 rouleaux, ou volumes (d'après Aulu-Gelle), son Musée possédait la première véritable Académie des Sciences et des Arts, accueillant des savants de renommée mondiale comme Euclide (le père de la géométrie scientifique), Apollonios de Perga (auteur d'un traité qui existe encore sur les sections coniques), Nicomaque (l'arithméticien), sans parler des astronomes, des physiciens, des anatomistes (comme Hérophile et Erasistrate), des médecins, des musiciens, des artistes, etc. qui ont fait sa renommée. Mais elle devint encore plus fameuse grâce à son École éclectique, ou néo-platonicienne, fondée en 173 ap. J.-C. (2) par Ammonios* Saccas qui compta comme disciples Origène*, Plotin* et bien d'autres hommes devenus célèbres dans l'histoire. Les Écoles les plus renommées des gnostiques eurent leur origine à Alexandrie. Philon le Juif*, Josèphe*, Jamblique*, Porphyre*, Clément d'Alexandrie*, l'astronome Ératosthène [~284/ —192 av. J.-C.], Hypatie (la vierge philosophe), et d'innombrables autres étoiles de seconde grandeur, ont tous appartenu, à des périodes diverses, à ces grandes Écoles et contribué à faire d'Alexandrie l'un des foyers du savoir les plus justement renommés que le monde ait jamais produits.

Altruisme [C.T.] (du latin alter, autre). Une disposition opposée à l'égoïsme, manifestée dans des actions tendant à faire du bien à autrui, sans considération pour soi.

Âme [V.S.] - T. Les multiples significations de ce mot (qu'il ne faut pas confondre) renvoient aux diverses manifestations (plus ou moins altérées dans l'homme) du grand pouvoir de Conscience et de Vie qui anime le cosmos - l'Âme du Monde* ou Âlaya*. Dans l'être incamé, on peut distinguer l'âme animale (produit des pulsions et instincts animaux) et l'âme humaine (expression conjuguée du désir - kâma - et du mental cérébral - manas* inférieur) essentiellement dominée par le sens du Moi (ahamkâra*). Mais la Voix du Silence s'adresse à la partie noble et généreuse de cette âme humaine, ouverte aux influences intérieures de l'Esprit, et appelée à prendre en main sa destinée divine ; cet aspect de l'âme est symbolisé dans la Bhagavad-Gîtâ* par le héros Arjuna. Pour Âme-diamant, voir Vajrasattva*.

Âme du monde [V.S.] T. En latin : Anima Mundi. C'est l'Âlaya* des bouddhistes du Nord. Il est dit que chaque âme humaine est née « en se détachant de l'Anima Mundi » , ce qui ésotériquement signifie que notre Ego* supérieur est fondamentalement d'une nature identique à cette essence divine qui, dans sa transcendance, apparaît comme une radiation de l'Absolu à jamais inconnaissable (T.G.). Cf. S.D. Il, 571, où l'aspect le plus élevé de l'Anima Mundi est identifié au second Logos, ou Vajrasattva*.

Âme-fil [C.T.] Même sens que sutrâtma*.

Âme protéenne [C.T.] Terme désignant le mâyâvirûpa, ou corps de pensée, la forme astrale supérieure qui peut prendre toutes les formes au gré de la volonté de la pensée de l'adepte. Voir plus loin au mot "plastique"*, également à l'article " Âme plastique " dans le Glossaire Théosophique.

Amitâbha [V.S.] (skt) B. Littéralement : lumière infinie. Epithète souvent associée à Amitâyus ( «  infinie longévité » = « Âge sans borne » ) pour qualifier un Bouddha très populaire dans le bouddhisme du Nord qui règne sur un paradis de légende appelé en sanskrit Sukhâvatî (= l'Heureuse) et en tibétain Devachan*. Le très miséricordieux Bouddha Amitâbha, objet d'une grande vénération populaire, est une anthropomorphisation de « la conception originelle de l'idéal d'une divine lumière impersonnelle » (T.G.), et le paradis d'Amitâbha n'est pas un lieu mais une sphère d'expérience de conscience. Cf. S.D. I, 108, où Amitâbha est le Dhyânibuddha* manifesté dans le Bouddha Gautama, son « Dieu » intérieur.

Ammonios Saccas [C.T.] Un grand et bon philosophe qui vécut à Alexandrie* entre le 2ème et le 3ème siècles de notre ère et fonda l'École néoplatonicienne des Philalèthes*, ou "amants de la vérité". De naissance peu fortunée, né de parents chrétiens, il fut doué d'une bonté si remarquable, presque divine, qu'il fut surnommé théodidaktos [qeodidaktoV] , "instruit par Dieu". Il honora ce qu'il y avait de bon dans le christianisme mais rompit de bonne heure avec cette religion et les Églises, étant incapable d'y trouver une supériorité quelconque sur les religions antiques.

Amrita [V.S.] (skt) H. Non-mort, immortalité. Également, l'élixir de vie qui confère l'immortalité.

Anâgâmin [V.S.] (skt) B. « Celui qui ne reviendra plus » dans le monde des sens et du désir - le troisième stade du Quadruple Sentier* conduisant à la libération de tous les liens.

Anâhata shabda [V.S.] (skt) H. « Un son (shabda) non frappé, non produit par percussion. » Cette expérience intérieure de perception sonore est souvent signalée dans les traités mystiques (voir Jnâneshvarî VI, 274) mais elle doit être transcendée. Ce terme (ainsi que l'expression voisine anahâta nâda) désigne aussi le son AUM. L'épithète anâhata qualifie en outre le chakra (ou foyer occulte) du cœur qui est activé par kundalinî* dans la méditation du disciple.

" Analogistes " ou " Analogisticiens " [C.T.] (3) Selon Alexander Wilder* (4) les disciples d'Ammonios* Saccas, ainsi appelés en raison de leur pratique d'interprétation de tous les mythes, légendes et mystères sacrés, fondée sur un principe d'analogie et de correspondance, comme c'est la règle aussi dans le système de la Kabbale* et, par excellence, dans les Écoles de philosophie ésotérique de l'Orient. (Voir l'article de T. Subba Row, "Les douze signes du zodiaque" publié dans [l'ouvrage collectif] Five Years of Theosophy).

Ânanda (skt) [C.T.] Béatitude, joie, félicité, bonheur. [Également,] le nom d'un disciple favori de Gautama, le Seigneur Bouddha.

Anaxagore [~500/~428 av. J.-C.] [C.T.] Fameux philosophe ionien qui étudia la philosophie avec Anaximène de Milet et s'établit à Athènes, à l'époque de Périclès. Socrate, Euripide, Archélaos et d'autres hommes et philosophes distingués furent parmi ses disciples et élèves. Astronome très savant, il fut l'un des premiers à expliquer ouvertement ce qu'avait enseigné Pythagore en secret : le mouvement des planètes, les éclipses solaires et lunaires, etc. C'est lui qui exposa la théorie du chaos, sur le principe que rien ne vient de rien (ex nihilo nihil fit), et des atomes comme constituant l'essence et la substance sous-jacentes dans tous les corps, étant de la même nature que les corps qu'ils ont formés. Ces atomes, affirma-t-il, furent, à l'origine, mis en mouvement par le noûs (l'intelligence universelle, le Mahat des hindous), lequel noûs est une entité spirituelle, éternelle, immatérielle ; par cette combinaison, le monde fut formé : les corps matériels grossiers s'enfoncèrent, tandis que les atomes éthérés (ou l'éther igné), s'élevaient et se répandaient dans les régions célestes supérieures. Devançant la science moderne de plus de 2.000 ans, il enseigna que les étoiles étaient de la même matière que notre terre et que le soleil était une masse incandescente ; pour sa part, la lune était un corps obscur inhabitable, recevant sa lumière du soleil ; et, dépassant même cette science, il se déclara pleinement convaincu que l'existence réelle des choses perçues par nos sens ne pouvait être prouvée par une démonstration. Il mourut en exil à Lampsaque, à l'âge de 72 ans.

Anima Mundi [C.T.] (lat) "L'Âme du Monde" identique à l'Âlaya des bouddhistes du Nord ; l'essence divine omniprésente, qui pénètre, anime et inspire toute chose, du plus petit atome de matière à l'homme et au dieu. Sous un certain angle, c'est la "Mère aux sept peaux" évoquée dans les stances de Dzyan de la Doctrine Secrète, l'essence des sept plans de sensation, de conscience et de différenciation, dans un sens aussi bien moral que physique. Dans son aspect le plus élevé, c'est le niveau du nirvâna, dans le plus bas, la lumière astrale. Féminine pour les gnostiques, les premiers chrétiens et les Nazaréens, elle était bisexuée pour d'autres sectes qui n'envisageaient que ses quatre plans inférieurs, d'une nature ignée et éthérée dans le monde objectif des formes, alors qu'elle est divine et spirituelle dans ses trois plans supérieurs. Quand il est dit que toute âme humaine est née en se détachant de l'Anima Mundi, il faut comprendre, ésotériquement, que notre Ego* supérieur est d'une essence identique à Cela [en anglais : It, pronom neutre], et que Mahat est une radiation issue de l'ABSOLU Universel, à jamais inconnu.

Anoia [C.T.] (gr) [ανοια] Déraison, folie : c'est le mot appliqué par Platon, et d'autres, au Manas* inférieur lorsqu'il est allié trop étroitement à Kâma, ce qui se caractérise par l'incapacité de reconnaître les choses (agnoia) [agnoia]. Le terme grec agnoia dérive évidemment du sanskrit ajñâna (phonétiquement, agnyâna), ou ignorance, irrationalité, et absence de connaissance.

Antahkarana [V.S.] (skt) H, T. En hindouisme : « l'organe interne » , siège de la psyché humaine avec les facultés mentales, (manas*, buddhi*) et ahamkâra*. Pour la Théosophie, c'est en quelque sorte le pont établi pendant la durée de la vie entre l'Ego divin et la personnalité incarnée. Il sert demoyen de communication entre le Manas* supérieur et l'inférieur (actif dans l'homme terrestre) en permettant l'expression dans l'âme humaine de la voix de l'intuition, et l'enregistrement dans la sphère de l'Ego permanent des impressions et pensées de nature noble et universelle, susceptibles d'être assimilées par l'entité immortelle (T.G.). En élevant sa conscience vers le pôle divin, le disciple tend à supprimer la distance qui l'en sépare (en « détruisant » ainsi, symboliquement, le pont d'antahkarana par l'effet de cette communion). Ceci ne doit pas être confondu avec la rupture dramatique de ce lien vital entre la personnalité et son Ego profond, qui survient chez l'homme entièrement dépravé.

Anthropomorphisme[C.T.] (du grec ανθηροποσ, homme). Tendance à donner à Dieu, ou aux dieux, une forme humaine et des attributs ou qualités propres à l'homme.

Anugîtâ [C.T.] (skt). L'une des Upanishad. C'est un traité très occulte. Voir la traduction publiée dans la série "The Sacred Books of the East" (= Les livres sacrés de l'Orient) chez Clarendon Press.

Apollon du Belvédère [C.T.] De toutes les statues antiques d'Apollon (fils de Jupiter et de Latone, appelé Phoebus, Hélios, le radieux, et le Soleil), la meilleure et la plus parfaite est celle qui a reçu ce nom parce qu'elle est exposée dans la galerie du Belvédère au Vatican, à Rome. Le dieu est dénommé Apollon pythien, du fait qu'il est représenté au moment de sa victoire sur le serpent Python. La statue a été trouvée dans les ruines d'Antium en 1503.

Apollonius de Tyane [C.T.] Merveilleux philosophe né en Cappadoce vers le début du premier siècle de notre ère ; un ardent pythagoricien qui étudia les sciences phéniciennes avec Euthydème, et la philosophie de Pythagore, ainsi que d'autres sujets, avec Euxène d'Héraclée. Selon les principes de l'École pythagoricienne, il resta végétarien toute sa vie, en ne mangeant que des fruits et des herbes, et sans boire de vin. Il portait des vêtements faits uniquement de fibres végétales, marchait nus pieds et portait les cheveux longs sans les couper, comme tous les Initiés l'on fait avant lui, et le font encore. Il fut initié par les prêtres d'Esculape (Asclépios, en grec) à Æges, et apprit à faire nombre des "miracles" opérés par le dieu de la médecine pour guérir les malades. Après s'être préparé pour une initiation supérieure par un silence de cinq ans, il entreprit un voyage, au cours duquel il visita Antioche, Éphèse et la Pamphylie, ainsi que d'autres régions, pour gagner l'Inde seul, en passant par Babylone, tous ses disciples l'ayant alors abandonné, par crainte d'aller au "pays des enchantements". Cependant, Damis, un disciple rencontré fortuitement sur sa route, l'accompagna dans ses déplacements. À Babylone, il fut initié par les Chaldéens et les Mages, si on en croit Damis, dont le récit fut recopié par un certain Philostrate cent ans plus tard. Après son retour de l'Inde, il se révéla un véritable Initié* en ce que les événements qu'il a prophétisés — épidémie, tremblements de terre, décès de rois, etc. — se sont produits effectivement.
À Lesbos, les prêtres d'Orphée, devenant jaloux de lui, refusèrent de l'initier à leurs mystères particuliers, mais ils le firent quelques années plus tard. Au peuple d'Athènes et d'autres États, il prêcha l'éthique la plus pure et la plus noble ; quant aux phénomènes qu'il produisit, ils étaient aussi merveilleux que nombreux, et bien authentifiés. "Comment se fait-il", se demande Justin le Martyr avec consternation, "que les talismans (télesmata) d'Apollonius aient un pouvoir puisque, comme nous le voyons, ils arrêtent la fureur des vagues, et la violence des vents, comme les attaques des bêtes sauvages ; et que, tandis que les miracles de notre Seigneur ne sont préservés que par la tradition, ceux d'Apollonius sont fort nombreux, et se manifestent en réalité dans des faits du présent ? (Quaest. XXIV). Il est pourtant facile de trouver une réponse à cette question si on se souvient qu'après avoir traversé l'Hindû-Kûsh Apollonius avait été dirigé par un roi vers le séjour des Sages — qui n'a peut-être pas changé jusqu'à ce jour — et que là ces Sages lui avaient enseigné leur connaissance insurpassée. Ses dialogues avec le Corinthien Ménippe nous donnent, à vrai dire, le catéchisme ésotérique, et (si on les comprend bien) dévoilent plus d'un mystère important de la Nature. Apollonius fut l'ami, le correspondant et l'hôte de rois et de reines, et il n'y a pas de pouvoirs merveilleux, ou "magiques" qui soient mieux attestés que les siens. Vers la fin de sa longue vie prodigieuse, il ouvrit à Éphèse une École ésotérique et mourut à l'âge mûr d'un centenaire.

Arahatta [V.S.] (pâl) B. L'état ou la condition d'arahant. Arahattamagga est le  « sentier d'arahatta » qui mène à cette réalisation.

Âranyaka [V.S.] (skt) H. Du mot aranya : lieu distant, désert, forêt (où se retirent les ermites). Âryanaka désigne : a) un ermite des forêts et b) une classe d'écrits philosophiques et religieux (cf. Brihadâranyaka Upanishad).

Arbre de Bodhi - B. [V.S.] - B. Voir Bodhi* et Bodhgâya*.

Archange (gr) : [C.T.] [αρχαγγελοζ] Ange suprême, le plus élevé. Terme formé de deux mots grecs archi- (chef) et angelos (messager).

Ardhamâtrâ [V.S.] (skt) H. La moitié (ardha) d'une mesure de prosodie (mâtrâ), en particulier d'une courte syllabe. Dans un article (Theos., nov. 1889, p. 121), l'ardhamâtrâ est identifiée au « son qui est la fin de la prononciation de la syllabe AUM* » .

Arhat [C.T.] (skt) Également prononcé et écrit Arahat ou Arahant [pâl], et Rahat [cingalais] etc., avec le sens de "méritant"; un Ârya* [être de noble qualité] arrivé à la perfection, libéré de la nécessité de se réincarner, et "méritant des honneurs divins". Ce fut le nom que l'on donna, d'abord chez les jaïns puis chez les bouddhistes, aux saints hommes initiés aux mystères ésotériques. L'Arhat est celui qui est entré dans le dernier sentier, le plus élevé, et s'est ainsi affranchi de la renaissance.

Arhat (skt) B. [V.S.] (skt) B. Pâli : arahant, cingalais : rahat, chinois : lohan. Littéralement : « méritant » (à ne pas confondre avec ârya, « noble » ). En bouddhisme hînayâna : celui qui a atteint le quatrième stade du Quadruple Sentier* ; libéré des chaînes du désir, il a gagné le niveau du nirvâna*. Nom souvent donné aux grands dignitaires du bouddhisme. L'arhat (du hînayâna) est parfois opposé au bodhisattva* (du mahâyâna) qui renonce au fruit du nirvâna, mais H.P.B. ne fait pas cette différence. Elle en parle parfois comme d'un « initié aux mystères ésotériques » (T.G.). Quoi qu'il en soit, l'arhat possède la maîtrise de grands pouvoirs paranormaux.

Arien [C.T.] Partisan d'Arius (prêtre de l'Église chrétienne à Alexandrie, au 4ème siècle [~ 280/— 336]) qui tenait le Christ pour un être humain, créé, inférieur à Dieu le Père, mais néanmoins un homme grand et noble, un véritable adepte* versé dans tous les mystères divins.

Aristobule [C.T.] Auteur alexandrin et philosophe obscur [du 2ème siècle av. J.-C., précurseur de Philon]. Juif, il essaya de démontrer qu'Aristote avait expliqué les pensées ésotériques de Moïse.

Ârya [C.T.] (skt) Littéralement " saint " [noble], le mot a été appliqué à ceux qui avaient maîtrisé les âryasatyâni [les quatre nobles vérités du bouddhisme] et étaient entrés sur l'âryamârga [le noble sentier] conduisant au nirvâna*, ou moksha* — le grand " quadruple " sentier. À l'origine, ils furent connus comme des Rishi. Mais le mot [anglicisé en Aryan = Aryen] est maintenant devenu l'épithète d'une race ; et nos orientalistes, privant les brâhmanes hindous de leur droit de naissance, ont fait de tous les Européens des Aryens. Étant donné que, dans l'ésotérisme, les quatre sentiers, ou stades, ne peuvent être atteints et parcourus que par un grand développement spirituel et une "croissance en sainteté", on leur donne l'appellation [collective] d'ârya-mârga. Les degrés accédant à l'état d'Arhat (désignés respectivement par Srotâpatti, Sakridâgâmin, Anâgâmin et Arhat — auxquels correspondent les quatre classes d'Arya) - renvoient aux quatre sentiers et aux quatre vérités.

Ârya [V.S.] (skt) H, B. Adjectif signifiant : noble, honorable et, socialement, un « Aryen » de l'Inde. En bouddhisme, le terme pâli ariya (également : ayira et ayya) est très fréquent pour qualifier l'excellence d'une chose ou d'un individu, p. ex. : l'ariyapuggala est un « être noble » , attentif aux quatre « Nobles Vérités » (ariyasacca) et qui parcourt le quadruple « Noble Sentier » (ariyamagga).

Aryasamgha[V.S.] (skt) B. Pâli : ariyasangha. Mot désignant a) la communion des « Nobles » , l'ensemble des membres du samgha*, et b) le fondateur de l'École yogâchâra*. Dans le Theos. Glossary, H.P.B. en fait « un Arhat, disciple direct de Gautama le Bouddha » , donc très antérieur au christianisme. Ses écrits n'ont jamais été rendus publics ou, du moins, ce qui en fut répandu plus tard a été plus ou moins altéré par des mélanges de shivaisme et de tantrisme. Il ne faudrait donc pas confondre « cet Adepte pré-chrétien, fondateur d'une école ésotérique » de pur bouddhisme (cf. S.D., l, 49 note) avec un autre personnage du même nom (voir les Orientalistes contemporains de H.P.B.) qui aurait vécu bien plus tard. De nos jours, le principal fondateur reconnu de l'École yogâchâra est Asanga, frère d'un autre maître bouddhiste Vasubandhu (IVème siècle ap. J.-C.).

Asat[V.S.] (skt) H. Non-être, non-existence, désignant a) ce qui n'est pas sat (l'être par essence, l' « être-té » ) , donc : apparence, illusion, erreur (le fondement du monde contingent, matériel) et b) dans le mot composé sat-asat, l'incompréhensible néant qui est aussi l'essence de l'être (renvoyant à l'Absolu), les deux termes constituant « l'alpha et l'oméga de l'ésotérisme oriental » (S.D. II, 449). Le mot asat peut aussi évoquer mûlaprakriti, la substance indifférenciée (S.D. II, 597).

Ascète [V.S.] (du verbe grec askein : assouplir par l'exercice, comme le font les athlètes de leur corps). Personne entièrement engagée dans la pratique de la discipline spirituelle.

Aspect [C.T.] La forme (rûpa) sous laquelle tel ou tel principe* de l'homme ou de la Nature septuple se manifeste est appelé en Théosophie un aspect de ce principe.

Astral(e) -T. [V.S.] De la nature éthérée, auto-lumineuse des étoiles. La substance astrale correspond à un degré de différenciation et de densification de la substance primordiale (mûlaprakriti) qui précède le niveau de la matière grossière, ou physique. Le monde astral est le plan invisible le plus proche du nôtre, où s'élaborent toutes les formes des êtres vivants. Le corps astral ou double astral est la contrepartie éthérée du corps de l'homme (et de toutes les créatures) : c'est la base de la cohésion et du dynamisme vital de l'organisme physique. Mais c'est aussi dans ces coulisses astrales de la nature - l'intermédiaire obligé entre le physique et le spirituel - que se déploient toutes les énergies et images de la vie psychique de l'homme (comme de la planète). Il faut se garder ici de confondre le double astral, vitaliseur du corps, et l'âme astrale (ou le soi astral, ou encore le soi personnel) qui renvoie à la personnalité psychique de l'homme, considérée comme une entité astrale vivante, pleine des pensées terrestres nourries des passions et désirs (skt : kâma). La sphère astrale (qui s'étage sur plusieurs plans) est le monde lunaire par excellence qui transmet quelque chose de la lumière solaire de l'Esprit mais réfléchit aussi les effluves terrestres. L'essence énergétique qui pénètre cette sphère est la lumière astrale, dont la partie supérieure (liée à l'âkâsha) est quasi divine mais dont les couches les plus basses, polluées par des émanations psychiques de la terre, sont dangereuses, et même démoniaques. Éliphas Lévi l'a appelée le grand serpent astral. D'où la mise en garde faite à l'aspirant, qui n'y pénétrerait pas impunément. La lumière astrale est aussi le siège de la grande mémoire vivante de la Nature.

Astrologie [C.T.] Science qui définit l'action des corps célestes sur les affaires du monde et prétend prédire les événements futurs d'après la position des étoiles. Son antiquité est telle qu'elle la place parmi les tout premiers témoignages déchiffrables du savoir humain. Pendant de longs âges, elle est demeurée science secrète en Orient et elle le reste encore dans son expression finale actuelle, seule son application exotérique ayant été amenée jusqu'à un certain degré de perfection en Occident, pendant le laps de temps écoulé depuis que [l'astronome indien] Varâha Mihira a écrit son livre sur l'astrologie, il y a quelque 1400 ans. C'est en l'an 135 de notre ère que Claude Ptolémée, le fameux géographe et mathématicien, fondateur du système astronomique connu sous son nom, écrivit son Tétrabiblos, qui est encore la base de l'astrologie moderne. De nos jours, la science de l'horoscope est étudiée principalement selon quatre perspectives différentes : (1) mondiale, dans ses applications à la météorologie, la sismologie, l'agronomie, (2) nationale ou civique, pour la prévision du destin des nations, des rois et chefs d'états, (3) horaire, pour résoudre des problèmes préoccupant le mental à propos d'un sujet quelconque et (4) généthliaque, pour suivre le destin des individus, de la naissance jusqu'à la mort. Les Égyptiens et les Chaldéens furent parmi les plus anciens adeptes de l'astrologie, mais il y a des différences considérables entre leur façon de lire les astres et les méthodes modernes. Ces prédécesseurs affirmaient que Belus — le dieu Bel, ou Élu, des Chaldéens — un rejeton de la dynastie divine, celle des rois divins, avait appartenu au pays de Chèmi [l'Égypte] et l'avait quitté pour fonder une colonie sur les rives de l'Euphrate, où fut construit un temple, servi par des prêtres au service du seigneur des étoiles. Quant à l'origine de la science, si on sait que, pour sa part, Thèbes [en Égypte] a revendiqué l'honneur d'avoir inventé l'astrologie, tout le monde est d'accord pour reconnaître que ce furent les Chaldéens qui enseignèrent cette science aux autres nations. Il faut dire que Thèbes a précédé de beaucoup non seulement l'"Ur des Chaldéens" mais aussi Nipur, où fut fondé le culte de Bel — Sin, son fils (la lune) étant la divinité qui présidait à Ur, la terre où devaient naître Térah, le sabéen et astrolâtre, et son fils Abram, le grand astrologue de la tradition biblique. Ainsi, tout tend à corroborer la prétention égyptienne. Si, plus tard, le nom d'astrologue est tombé en discrédit à Rome et ailleurs, ce fut en raison des fraudes de ceux qui cherchèrent à tirer de l'argent de ce qui était une partie intégrante de la Science sacrée des Mystères* et qui, dans leur ignorance de celle-ci, construisirent un système entièrement basé sur les mathématiques, et non sur une métaphysique transcendante où les corps célestes physiques servent à ses fins d'upâdhi* ou de base matérielle. Cependant, en dépit de toutes les persécutions, le nombre de ceux qui ont adhéré à l'astrologie, parmi les esprits les plus intellectuels et scientifiques, a toujours été très grand. Si Cardan et Kepler furent du nombre de ses ardents partisans, ceux qui à leur suite s'y adonnent n'ont pas à en rougir, même dans l'état imparfait et déformé où elle est maintenant. Comme il a été dit dans Isis Dévoilée [éd. anglaise, l, 259] : "L'astrologie est à l'astronomie exacte ce que la psychologie est à la physiologie exacte. En astrologie et en psychologie, on doit dépasser le monde visible de la matière pour entrer dans le domaine de l'esprit transcendant".

Asura[V.S.] (skt) H. « Non-dieu » (tib : lhamayin* ) : démon ennemi des dieux.

Athénagore [C.T.] Philosophe platonicien d'Athènes [devenu chrétien] qui, en 177 de notre ère, écrivit une Supplique pour les chrétiens adressée à Marc Aurèle [et à Commode] pour les disculper des accusations portées contre eux (de pratiquer l'inceste et de manger des enfants mis à mort).

Âtman, ou âtma [C.T.] (skt) L'Esprit Universel, la monade* divine, le "septième principe", ainsi appelé dans la classification septuple, exotérique, de l'homme. L'Âme  Suprême.

Âtma(n)[V.S.] (skt) H. Le mot évoque l'idée de soi (dans les différents sens possibles) mais surtout le Soi Suprême, essentiellement un avec Brahman, l'Absolu impersonnel. Dans l'homme, c'est le pôle divin, et permanent, par excellence - le Soi supérieur, qui en réalité rayonne sa lumière sur tous les êtres. Le sens d'un soi (âtman), ou d'une identité foncière, peut aussi s'attacher à la personne terrestre, mais c'est une illusion pernicieuse pour le bouddhisme exotérique, qui proclame l'inexistence d'un tel soi (doctrine de l'anâtman). La Bhag. Gîtâ (VI, 5) enseigne pour sa part d'élever le soi (inférieur) par le Soi (supérieur), par l'ascèse du yoga et la méditation. Pour la Théosophie, l'Ego* supérieur constitue le foyer individualisé de la conscience universelle, qui est baigné de la lumière d'Âtman.

Âtmajñânin [V.S.] (skt) H. Celui qui se connaît lui-même. Dans le Védânta : celui qui a la connaissance de l'Âtman, divin et universel.

Attâvâda [V.S.] (pâl) B. Doctrine qui tient à l'existence d'un moi personnel permanent.

Aum (skt) H, B. [V.S.] (skt) H, B. La syllabe sacrée par excellence, formée de 3 lettres, rappelant toute trinité fondue dans l'unité (voir la Mândûkya Upanishad et les articles de W.Q. Judge publiés dans le Cahier Théosophique n° 94).

Aura [C.T.] (gr et lat [au sens de souffle, exhalaison]) Essence ou fluide invisible, subtil, qui émane des corps humains, animaux ou autres. C'est un effluve psychique participant à la fois du mental et du corps : il existe, en effet, une aura électro-vitale et, en même temps, une aura électro-mentale ; on l'appelle en Théosophie l'aura âkashique, ou magnétique. Aura est aussi le nom d'une sainte dans le martyrologue de l'Église romaine.

Avalokiteshvara [V.S.] (skt) B, T. Mot interprété de façons diverses : « Le Seigneur qui regarde d'en haut » , « Celui qui entend les sons (ou cris) du monde » , etc. La figure la plus populaire du bouddhisme du Nord (le patron du Tibet, sous le nom de Cherenzi). Manifestation vivante de la compassion et de la sagesse spirituelle d'Amitâbha*, ce grand Dhyânibodhisattva* est représenté porteur d'un lotus bleu, d'où son nom Padmapâni. Pour la Théosophie, tout ce qui en est dit renvoie au Logos dans ses rapports avec le cosmos et l'homme ( T .G.). Littéralement, Avalokiteshvara est « le Seigneur qui est vu » : dans un sens, « Le SOI divin perçu par le soi (humain) » , l'Âtman*, ou 7ème Principe immergé dans l'Universel, perçu par l'Âme divine de l'homme (Buddhi*, le 6ème principe). À un degré plus élevé, Avalokiteshvara renvoie au 6ème Principe Universel, le Logos perçu par la Buddhi* ou l'Âme Universelle, comme la synthèse des 7 Dhyânibuddha* (S.D. l, 108-10, 470-3). D'une façon générale, c'est l'Esprit* un et universel, omniprésent, manifesté dans le temple du macrocosme et du microcosme. H.P.B. identifie aussi Padmapâni à l'Ego* ou Manas* supérieur dans l'homme (T. G. ). La formule mystique « 0m mani padme hum » (qui évoque le « Joyau dans le lotus » ) vise directement à invoquer cette divine présence du Logos dans le sanctuaire du cœur (T.G.).

Avatâra [C.T.] (skt) Incarnation divine. La descente d'un dieu, ou d'un être exalté qui, par son progrès, a dépassé la nécessité de renaître dans le corps d'un simple mortel. Krishna fut un Avatâr de Vishnou. On considère le Dalaï Lama comme un Avatâr d'Avalokiteshvara et le Teshu Lama comme celui de Tson-khapa et d'Amitâbha. Il y a deux sortes d'Avatârs : celui qui naît d'une femme, et l'autre qui est sans parents (anupapâdaka).

Avîchi [V.S.] (skt) B. Tib : myalba*. Littéralement : sans vagues, sans interruption. État infernal. Exotériquement : avîchiniraya (pâl.) est l'un des grands enfers décrits en couleurs réalistes dans le Canon pâli.

Avidyâ [V.S.] (skt) H, B. Ignorance, au sens de nescience, non-reconnaissance de la nature réelle des choses. D'où, dans le Védânta : l'illusion (personnifiée comme Mâyâ) ; en bouddhisme, c'est l'égarement, l'absence de discernement qui est à la base de l'enchaînement causal à la souffrance et au cycle des transmigrations, ou samsâra*.

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B (↓ lettre suivante)

Bhagavad-Gîtâ [V.S.](skt) H. Ouvrage majeur de l'hindouisme, et l'un des plus grands textes spirituels de l'humanité. Elle met en scène l'homme (sous les traits d'un guerrier héroïque, Arjuna) aux prises avec les grands problèmes qui conditionnent sa destinée humaine et divine, à un point cyclique de l'histoire de l'humanité ; le dialogue qu'il échange avec Krishna - le Maître initiateur par excellence, mais aussi la source intérieure de toute sagesse - découvre à ses yeux la voie du yoga royal intégrant action et connaissance, renoncement et engagement généreux au service de l'ordre cosmique. Livre initiatique, d'une richesse inépuisable, la Gitâ est inséparable de la Voix du Silence dans toute recherche de vie spirituelle.

Bhagavad-Gîtâ[C.T.] (skt). Littéralement : « Le chant du Seigneur » ; une partie du Mahâbhârata, le grand poème épique de l'Inde. Elle contient un dialogue dans lequel Krishna (le « conducteur de char ») et Arjuna (son chéla*) ont une discussion sur la plus haute philosophie spirituelle. L'ouvrage est par-dessus tout occulte ou ésotérique.

Bodhgayâ [V.S.](skt : Buddhagayâ) B. L'un des grands lieux sacrés du bouddhisme, proche du centre hindouiste de Gayâ, dans le Bihar (nord de l'Inde). C'est là que Gautama, après une méditation de 49 jours sous la protection d'un figuier devenu fameux (appelé arbre Bo, ou arbre de Bodhi) atteignit la grande lumière de l'Éveil total (Bodhi*). Un rejeton de cet arbre sacré (un ficus religiosa) est encore objet de grande vénération pour de nombreux pèlerins.

Bodhi [V.S.](skt) B. L'Éveil à la Vérité une et universelle, la parfaite sagesse ou connaissance divine qui fait d'un homme un Éveillé (un Buddha, mot dérivant comme bodhi, et buddhi, de la racine verbale budh signifiant être éveillé, conscient, d'où percevoir, comprendre, etc.). L'emploi de ce terme peut avoir des valeurs différentes selon les Écoles et selon les êtres auxquels il s'applique, vu que chaque degré de progression spirituelle est marqué par un « éveil » particulier aux vérités relatives qui s'y découvrent.

Bodhidharma [V.S.](skt) B. Mme Blavatsky distingue deux sens : a) Le bodhidharma ou Religion (dharma) - Sagesse (bodhi), présente en Chine et b) le fameux patriarche disciple de Prajnâdhâra, qui implanta en Chine l'École Ch'an du mahâyâna, vers le VIème siècle ap. J.-C.

Bodhisattva [V.S.](skt) B. Être dont la nature essentielle (sattva) est Éveil (bodhi), un « Être d'Êveil » . Dans le hinâyâna*, c'est celui qui est destiné un jour à s'incarner comme un Bouddha parfait ; mais le mahâyâna* l'a offert à ses fidèles comme l'idéal de la vie altruiste : être de compassion, le bodhisattva s'efforce vers l'Éveil total afin de sauver tous les êtres ; il renonce au nirvâna*, à la différence de l'arhat* du hinâyâna*, ou du pratyekabuddha*. Même parvenu au terme de ses efforts, il restera proche de l'humanité grâce au corps spécial (nirmânakâya*) qu'il aura développé au cours de son ascèse. Pour les bouddhistes, la carrière du bodhisattva (qui comprend 10 étapes) exige vœux et discipline d'une nature particulière, visant à développer des « perfections » ou pâramitâ* spéciales. Il arrive parfois que le terme soit appliqué un peu indistinctement à tout être qui recherche l'Éveil - même pour soi-même. Voir aussi : Dhyânibodhisattva*.

Bodhisme ésotérique*[C.T.]. Terme évoquant la sagesse ou l'intelligence secrète, du grec ésôtérikos [Χριστος], « intérieur » et du sanskrit bodhi, « connaissance » [parfaite], à distinguer de buddhi, la faculté de connaissance ou l'intelligence » ; l'expression ne doit pas être confondue avec bouddhisme*, la philosophie ou la Loi du Bouddha* (l'Éveillé). On peut aussi écrire Budhisme, en rattachant le mot à Budha (le fils du dieu Soma), signifiant intelligence, sagesse.

Boehme, Jacob.[C.T.] Mystique* et grand philosophe allemand, c'est l'un des théosophes les plus éminents des temps [post-]médiévaux. Né, en 1575, à Altseidenberg, à une lieue environ de Görlitz (Silésie), il mourut en 1624, à près de 50 ans. Simple berger dans son enfance, il apprit à lire et à écrire dans une école de village et devint apprenti chez un pauvre cordonnier de Görlitz. C'était un clairvoyant-né, d'un pouvoir tout à fait merveilleux. Sans instruction ni aucun rapport avec la science, il écrivit des œuvres qui se révèlent aujourd'hui pleines de vérités scientifiques, mais ces vérités — comme lui-même l'a dit à propos de ses écrits — il en a eu « la vision comme dans un Grand Abîme dans l'Éternel ». II lui fut donné « une vue complète de l'univers, comme dans un chaos » , qui cependant s'ouvrit en lui, de temps en temps, « comme en une jeune plante » , selon ses propres paroles. Boehme était un vrai mystique-né, évidemment d'une constitution fort rare : l'une de ces natures raffinées dont l'enveloppe matérielle n'empêche nullement l'intercommunion directe (même si elle n'est qu'occasionnelle) entre l'ego intellectuel et l'Ego* spirituel. C'est cet Ego que Jacob Boehme, comme tant d'autres mystiques non entraînés, a pris à tort pour Dieu. « L'homme doit reconnaître » écrit-il, « que sa connaissance n'est pas à lui mais vient de Dieu, qui manifeste les Idées de la Sagesse à l'âme de l'homme, dans la mesure où il lui plaît » . Si ce grand théosophe était né 300 ans plus tard, il aurait pu exprimer la chose autrement. Il aurait su alors que le Dieu qui parlait par le canal de son pauvre cerveau sans culture, ni entraînement, était son propre Ego divin, la Déité omnisciente au fond de lui-même, et que ce qui venait de cette Déité n'était pas donné « dans la mesure où il lui plaisait », mais dans celle que permettaient les capacités de la demeure mortelle, temporaire, où prenait résidence cette entité divine.

Bön [V.S.](tib) B. Ancien courant religieux de type chamanique répandu au Tibet avant le bouddhisme. Selon H.P.B-, il s'agirait d'un « reste dégénéré des mystères chaldéens de jadis » , qui n'est plus « qu'une religion entièrement basée sur la nécromancie, la sorcellerie et la divination » . Les sectateurs du Bön - les bönpo - sont globalement divisés en blancs (tenant à un système élaboré, très influencé par les idées du bouddhisme) et en noirs, qui sont généralement des sorciers et magiciens noirs. En s'imposant au Tibet, le lamaïsme primitif semble avoir intégré un certain nombre d'éléments propres au Bön.

Bonnets jaunes[V.S.] - B. Le mot tibétain signifiant bonnet jaune est sha-ser (de sha : coiffure, et ser : jaune). Titre souvent appliqué aux moines gelugpa* qui relèvent de l'École réformée par Tsongkhapa (à laquelle appartiennent en particulier le Dalaï Lama et le Panchen [ou Teshu] Lama), pour les distinguer des « bonnets rouges » *.

Bonnets rouges[V.S.] - B. Le mot tibétain signifiant bonnet rouge est sha-mar (de sha : coiffure, et mar : rouge). On a souvent donné ce titre (non spécifique) aux moines des Écoles non réformées (ou semi-réformées) - sakyapa, karmapa, kagyudpa, etc. et surtout nyingmapa*, la plus ancienne secte, fondée par le yogi magicien Padmasambhava au VIIème siècle. Il n'y a pas forcément identité entre les mots shamar et dugpa*.

Bouddha[V.S.] - B. Le titre sanskrit buddha signifiant « Éveillé » a été donné à un fameux personnage historique, du nom de Gautama (par sa famille), fils du roi des Shâkya, après qu'il eut atteint l'illumination (bodhi*). Autres titres : Shâkyamuni ( = le sage des Shâkya) ou Siddhârtha (= qui a atteint son but), ou encore Tathâgata (= ainsi venu [à la suite des autres]). Image de l'être de perfection, le Bouddha est le modèle type de grands Saints, Arhat et Adeptes qui marchent sur ses traces, mais le mot sert aussi à désigner des réalités hautement métaphysiques (Âdibuddha*), ou des hiérarchies d'êtres spirituels et divins (Dhyânibuddha*).

Bouddha[C.T.] (skt : Buddha). L' « éveillé » ou l' « illuminé » . Le personnage connu généralement comme Gautama* le Bouddha, prince de Kapilavastu*, est le fondateur du bouddhisme* historique. Le mot renvoie au plus haut degré de connaissance et de sainteté. Pour devenir un Bouddha, il faut s'affranchir de l'esclavage des sens et de la personnalité terrestre, acquérir une perception complète du vrai Soi et devenir capable de ne le séparer d'aucun des autres Soi, apprendre par expérience l'absolue irréalité de tous les phénomènes, et par-dessus tout du Kosmos visible dans sa totalité, atteindre à un complet détachement de l'éphémère et du futile, et, tout en restant encore sur la terre, ne vivre que dans l'immortel et le toujours-durable.

Bouddhisme.[C.T.] La philosophie religieuse enseignée par Gautama* le Bouddha*. Le bouddhisme est maintenant scindé en deux Églisess distinctes : celle du Sud et celle du Nord. À ce qui est dit, la première est la plus pure, pour avoir préservé plus religieusement les enseignements originaux du Seigneur Bouddha. La seconde est limitée au Tibet, à la Chine, au Népal et au Japon. Mais cette distinction est incorrecte. Si l'Église du Sud est plus proche des doctrines publiques, ou exotériques, de Shâkyamuni [le Bouddha] et, de fait, ne s'en est pas écartée, si ce n'est peut-être dans des dogmes sans importance (en raison des nombreux conciles qui se sont tenus après la mort du MAÎTRE), l'Église du Nord est l'aboutissement des enseignements ésotériques du Bouddha Siddhârtha, qu'il avait réservés à ses élus parmi les Bhikshu [moines] et les Arhat*. En fait, à notre époque, on ne peut se faire une idée juste du bouddhisme d'après l'une ou l'autre de ses formes populaires exotériques. On ne peut apprécier le véritable bouddhisme qu'en opérant une fusion de la philosophie de l'Église du Sud et de la métaphysique des Églises du Nord. Si l'une peut paraître trop iconoclaste et sévère, et l'autre trop métaphysique et transcendante, et même surchargée par l'ivraie de l'exotérisme indien — dont bien des dieux sont passés de son panthéon en terre tibétaine, sous des noms nouveaux — cela est dû au caractère populaire donné au bouddhisme dans les deux Églises. Par analogie, elles sont entre elles comme le catholicisme romain et le protestantisme. L'une et l'autre pèchent par un excès de zèle et des interprétations erronées, bien que, ni au Sud ni au Nord, le clergé bouddhiste ne se soit jamais écarté de la Vérité en pleine conscience, et encore moins prêté à des actions dictées par esprit de domination ecclésiastique [en anglais : priestocracy], par ambition, ou par désir de gain ou de pouvoir personnel, comme l'ont fait les Églises chrétiennes.

Brahm.[V.S.] Voir Brahmâ.

Brahmâ[V.S.] (skt) H. Mot masculin, désignant le premier dieu de la trinité hindoue, qui intervient comme « créateur » mâle, ou plutôt comme éveilleur et organisateur du monde manifesté. Il est lié à l'univers des formes et « meurt » avec lui, comme tous les autres dieux. À ne pas confondre avec Brahman*.

Brahma[C.T.] (skt). L'étudiant doit distinguer entre le neutre Brahma et le masculin Brahmâ, le créateur mâle du panthéon hindou. Le premier, Brahma ou Brahman, est l'âme de l'Univers, impersonnelle, suprême et inconnaissable : de son essence tout émane et en elle tout retourne. Brahman est incorporel, immatériel, non-né, éternel, sans commencement et sans fin. Il pénètre tout et donne vie au plus haut des dieux comme au plus petit atome minéral. Par contre, Brahmâ, le mâle, le prétendu Créateur, n'existe que dans sa manifestation périodique et, tout aussi périodiquement, passe en pralaya*, c'est-à-dire disparaît et est annihilé. Voir les articles suivants.

Brahmâ, Jour de -.[C.T.] Période de 2.160.000.000 ans (5) pendant laquelle, après avoir émergé de son Oeuf d'Or ([skt] hiranya garbha), Brahmâ* crée et façonne le monde matériel, vu qu'il représente simplement, dans la Nature, la force créatrice et fertilisatrice. Au bout de cette période, les mondes étant détruits tour à tour, par le feu et par l'eau, il disparaît, avec la Nature objective ; c'est alors la Nuit de Brahmâ*.

Brahmâ,[C.T.] Nuit de -. Période d'égale durée que le Jour de Brahmâ*, pendant laquelle ce dieu passe pour être endormi. À son réveil, il recommence le processus et ceci se poursuit pendant tout un ÂGE de Brahmâ, composé d'une alternance de Jours et de Nuits, s'étendant sur 100 années [faites chacune de 360 Jours et d'autant de Nuits, de la durée indiquée]. Au total, il faut un nombre de 15 chiffres pour mesurer un tel Âge [en années terrestres]. À l'expiration de celui-ci, vient la Grande Dissolution, ou Mahâpralaya qui, à son tour, s'étend sur une égale durée de 15 chiffres.

Brahman[V.S.] (skt) H. Mot neutre, signifiant l'Absolu, la Réalité première et ultime, l' « être-té » , au-delà de toute dualité ; le Brahman échappe à toute conception mentale, n'est lié à aucune forme existante, mais est immanent en chacune. Le Védânta insiste sur l'identité foncière de l'Âtman* (l'essence dernière du Soi en chaque être) avec cet Un transcendant.

Brâhmane - H.[V.S.] Membre de la plus haute des 4 castes de l'hindouisme, dont l'attitude sectaire a finalement réussi à chasser le bouddhisme de l'Inde. Voir Tîrthika*.

Brahmapura[V.S.] (skt) H. La « cité de Brahman* » , diversement située au ciel, ou sur terre (= la ville de Bénarès). Dans la Mundaka Upanishad (II, 2, 7), il est suggéré que le Soi « réside en son espace éthéré, dans la divine cité de Brahman » - laquelle est placée généralement « dans la région du cœur » . Voir l'article : « Places of Pilgrimage in India » (Theos., VIl, p. l et seq.).

Brahma-vidyâ[C.T.] (skt). La connaissance, ou science ésotérique, concernant la nature des deux Brahma*.

Buddhi[C.T.] (skt). Âme Universelle, ou Mental Universel. Mahâbuddhi est un autre nom de Mahat*. Dans l'homme, Buddhi est l'âme spirituelle (exotériquement : le 6ème principe), le véhicule d'Âtma*, donné comme le septième dans l'énumération exotérique.

Buddhi [V.S.](skt) H, T. En hindouisme (Bhag. Gîtâ), c'est l'élément actif de l'intellect, ou discernement, qui focalise dans l'antahkarana* toutes les facultés supérieures de l'homme dérivées de l'Âtman - dont l'intuition, ou le sens spirituel. Pour la Théosophie, Buddhi au sens cosmique (Mahâbuddhi) renvoie à l'« Âme » ou au « Mental » de l'Univers ; dans l'homme, c'est le véhicule d'Âtman*, ou l'âme spirituelle, enracinée dans l'Âme universelle, et appelée à devenir active par les apports de Manas*, l'intelligence humaine individualisée. Voir kundalinî*.

Buddhi taijasî[C.T.] (skt). Terme très mystique, susceptible de plusieurs interprétations. Toutefois, en Occultisme*, et si on considère les principes de l'homme (selon la classification exotérique), l'expression sert à désigner l'état de notre double Manas*, lorsque ses deux aspects redeviennent unis pendant la vie d'un homme, et qu'il baigne dans le rayonnement de Buddhi*, l'âme spirituelle. L'épithète taijasa* [au féminin : taijasî} signifie en effet rayonnant, et quand Manas devient radieux par suite de son union avec Buddhi, où il se trouve immergé, pour ainsi dire, il devient identifié à ce principe : à ce moment, la trinité* s'est unifiée, et comme l'élément de Buddhi est le plus élevé, il faut parler de Buddhi taijasî. En bref, c'est l'âme de l'homme illuminée par le rayonnement de l'âme divine, la raison humaine éclairée par la lumière de l'Esprit, en d'autres termes : la divine SOI-CONSCIENCE.

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C (↓ lettre suivante)

Castes.[C.T.] À l'origine, le système des quatre classes héréditaires où se répartissait la population de l'Inde : Brâhmanes, Kshatriya, Vaishya, et Shûdra ; c'est-à-dire, respectivement : (a) descendants de Brahmâ*, (b) guerriers, (c) marchands et (d) [serviteurs] employés aux besognes inférieures (agriculture). Cette quadruple répartition a donné lieu à des centaines de sous-divisions et de castes mineures.

Cercle du temps[V.S.] - Voir Kâlachakra*.

Chambre.[V.S.] La chambre secrète du cœur évoque l' « espace mystique » (skt : âkasha, ou vyoman) où « réside le Soi » , l'anâhata chakra (le chakra ou lotus du cœur). Voir Brahmapura*.

Chela[V.S.] - H. Mot hindi, à rattacher au sanskrit cheta ou cheda (= serviteur, esclave). Disciple au service d'un maître spirituel. En sanskrit classique : shishya (cf. B. Gîtâ, l, 3-11,7).

Chelâ[C.T.] (skt)(6). Disciple. Élève d'un guru ou d'un sage, fidèle attaché à un adepte* quelconque, ou à une École de philosophie.

Chi[Ji][V.S.] (chi) - B. La seconde des Quatre Nobles Vérités*. Voir samudaya*.

Chiao men[V.S.] [Jiao men] (chi) B. La religion instituée (exotérique). Mot orthographié Kiau-men par J. Edkins, C.B., p. 158.

Cinq empêchements - B.[V.S.] Skt : nîvarana. Les obstacles intérieurs à la concentration et au discernement. Ce sont, classiquement : désir sensuel, malveillance, torpeur et langueur, agitation et inquiétude, et doute sceptique. Leur maîtrise totale n'est atteinte que par l'arhat*.

Cinq entraves[V.S.] (ou liens) - B. Skt : Samyojana. Parmi les causes de renaissance qui enchaînent l'homme, le bouddhisme cite 5 liens « inférieurs » : l ) la croyance illusoire à la personnalité (pâl: sakkâyaditthi*), 2) le scepticisme, 3) l'attachement aux vains rites et règlements, 4) la soif de sensation, 5) la malveillance. Celui qui s'en affranchit totalement est un anâgâmin*. Une autre catégorie d'entraves (les cinq liens « supérieurs » ) enchaîne encore aux mondes subtils : s'en libérer c'est devenir un arhat*.

Cinq vertus (du bodhisattva)[V.S.] - B. Dans la Voix du Silence, il s'agit probablement des 5 premières paramitâ* qui mènent à l'Éveil (bodhi*) et à la Sagesse suprême (Prajñâ*). Cf. Amitâbha sûtra cité par Edkins, C.B., p. 233.

Chrêstos[C.T.] (gr) [Χρηστος]. Terme gnostique primitif pour Christ. Dans un sens technique, on le trouve employé, au 5ème siècle av. J.-C, par Eschyle, Hérodote et d'autres. Le premier (voir Choéphores, 901) parle des manteumata pythochrêsta [μαντευματα πυθοχρηστα], des « oracles prononcés par un dieu pythien » par la voix d'une pythonisse, le mot pythochrêstos [πυθοχρησος] dérivant du verbe χραω [craw  — rendre un oracle, ou ordonner par un oracle]. Le mot chrêstêrion [χρηστηριον] ne signifie pas seulement le siège d'un oracle mais aussi une offrande apportée à l'oracle, ou pour lui. Chrêstês [χρησπης] est celui qui explique les oracles, « un prophète, un devin », et chrêstêrios [χρηστηριος] est celui qui sert un oracle ou un dieu. Auteur chrétien des premiers temps, Justin le Martyr [2ème siècle], dans sa première apologie, donne à ses coreligionnaires le nom de chrestiens [chrêstianoï]. Et [l'auteur latin] Lactance (livre IV, chap. VIl) déclare : « C'est seulement par ignorance que les hommes s'appellent "christiens" [christiani] au lieu de "chrestiens" [chrestiani] » . Les termes Christ et christiens, épelés à l'origine Chrest- et chrestiens, furent empruntés aux païens, au vocabulaire des temples. Dans ce vocabulaire, chrêstos désignait un « disciple en probation » , un candidat à l'état d'hiérophante*, lorsqu'il l'avait atteint par l'Initiation (en passant par une longue période d'épreuves et de souffrance) et avait été oint (c'est-à-dire « frotté d'huile » comme l'étaient les Initiés*, et même les idoles représentant les dieux — en conséquence d'une observance rituelle poussée à l'extrême), le Chrêstos était changé en Christos [Χριστος] — le « purifié » dans la langue ésotérique des Mystères*. Dans la symbolique mystique, en réalité, Christês [Χριστης] ou Christos rendait l'idée que la « voie » (ou le Sentier) avait déjà été parcourue et le but atteint : la tâche laborieuse visant à unir la personnalité* évanescente à 1'lNDIVIDUALITÉ* indestructible avait porté ses fruits en la transformant ainsi en l'EGO* immortel. « Au bout du chemin se tient le Christês », le purificateur ; l'union une fois accomplie, le Chrêstos — « l'homme de douleurs » — devenait Christos lui-même. Paul, l'Initié*, le savait — et il a bien ceci en vue, précisément, quand il déclare (ou on le lui fait dire, dans une mauvaise traduction) : « J'éprouve de nouveau les douleurs de l'enfantement, jusqu'à ce que Christ soit formé en vous » (Gal. IV, 19), ce qui signifie en réalité « ... jusqu'à ce que vous formiez le Christos en vous-mêmes ». Mais les profanes qui savaient seulement que le mot Chrêstos était lié de quelque manière avec l'idée de prêtre et de prophète, et ignoraient tout du sens caché de Christos, insistèrent, comme Lactance et Justin, pour être appelés chrestiens et non christiens. Ainsi donc, tout individu bon [selon le sens du mot grec chrêstos] peut découvrir le Christ dans son « homme intérieur » , d'après l'expression de Paul (Éphes. III, 16, 17), qu'il soit juif, musulman, hindou ou chrétien.

Christ.[C.T.] Voir Chrêstos.

Christian Scientist[C.T.] [ang]. [Personne attachée à la Christian Science (= « science chrétienne » )]. Néologisme désignant ceux qui exercent l'art de la guérison par la volonté. Le terme [Christian] induit en erreur du fait que n'importe qui, bouddhiste ou juif, hindou ou matérialiste, peut pratiquer cette nouvelle forme de yoga occidental avec un égal succès, s'il est seulement capable de guider et contrôler sa volonté avec suffisamment de fermeté. Les « Mental Scientists » représentent une autre école rivale : ils opèrent en niant absolument l'existence de toute maladie et de tout mal imaginable et déclarent, comme un syllogisme, que puisque l'Esprit Universel ne peut être sujet aux maux de la chair, que, par ailleurs, tout atome est Esprit, et dans l'Esprit, et que, finalement, eux — guérisseurs et patients soignés — sont tous absorbés dans cet Esprit, ou cette Déité, il n'existe pas, et ne saurait exister, une chose comme la maladie. Ce qui n'empêche nullement « Christian Scientists » et « Mental Scientists » de succomber à la maladie et d'entretenir dans leur corps mortel des maux chroniques pendant des années, tout comme les autres mortels ordinaires.

Clairaudience.[C.T.] La faculté, innée, ou acquise par entraînement occulte, d'entendre des choses à n'importe quelle distance.

Clairvoyance.[C.T.] La faculté de voir avec l'œil intérieur, ou la vision spirituelle. Dans le sens où on l'emploie aujourd'hui, c'est un terme vague, utilisé un peu à la légère, englobant dans ses significations aussi bien la capacité de deviner juste grâce à une sagacité ou une intuition naturelle, que la faculté de vision, qui fut exercée de façon si remarquable par Jacob Boehme* et Swedenborg*. Cependant, même ces deux grands visionnaires n'ont jamais pu s'élever au-dessus de l'esprit général de la Bible juive et des enseignements sectaires : pour cette raison, ils ont fait de regrettables confusions dans ce qu'ils voyaient et restèrent très en-dessous de la véritable clairvoyance [spirituelle].

Clément d'Alexandrie[C.T.] [—150/—215 ap. J.-C.]. Père de l'Église et auteur d'écrits volumineux. Il avait été néo-platonicien et disciple d'Ammonios Saccas (7). Il fut l'un des quelques philosophes chrétiens qui vécurent à Alexandrie entre le 2ème et le 3ème siècles de notre ère.

Code[C.T.]x Nazaræus (lat.) [Intitulé Le Livre d'Adam]. Les Écritures des Nazaréens ainsi que des Nabatéens. Si on en croit tel ou tel Père de l'Église, comme Jérôme et Épiphane en particulier, il s'agit d'enseignements hérétiques, alors que ce Codex constitue en fait l'une des nombreuses versions gnostiques de la cosmogonie et de la théogonie, d'où est issue une secte distincte.

Collège de Rabbis.[C.T.] Collège d'origine babylonienne ; il fut très fameux pendant les premiers siècles du christianisme, mais sa gloire fut grandement occultée par l'apparition à Alexandrie* de penseurs hellénisés, comme Philon le Juif*, Josèphe*, Aristobule* (8) et d'autres. Les Rabbis se vengèrent de leurs rivaux plus heureux en parlant des Alexandrins comme de théurges et de prophètes impurs. Cependant ceux qui, à Alexandrie, croyaient à la thaumaturgie ne furent pas considérés comme des pécheurs et des imposteurs quand des Juifs orthodoxes se trouvèrent à la tête de telles écoles de « hazim » [voyants]. II y eut des collèges pour enseigner la prophétie et les sciences occultes*. Samuel fut le chef d'un tel collège à Ramah, Élisée le fut pour celui de Jéricho. Rabbi Hillel* l'Ancien [né vers 70 av. J.-C. à Babylone] avait une véritable académie pour prophètes et voyants, et c'est lui qui, après avoir été élève du collège de Babylone, fonda la secte des Pharisiens (9), et fut le chef de file de grands Rabbis orthodoxes.

Corps astral.[C.T.] Contrepartie éthérée, ou double, d'un corps physique quelconque. Correspond au Doppelgänger [des spirites].

Corps causal.[C.T.] Ce corps qui, en réalité, n'en est absolument pas un, objectif ni même subjectif (étant Buddhi*, l'âme spirituelle de l'homme), est ainsi appelé parce qu'il est la cause directe de l'état sushupti qui mène à l'état turiya, le niveau le plus élevé de samâdhi*. Dans le Târaka râja yoga*, il est appelé kâranopadhi, la « base de la cause », et, dans le système du Vedânta*, il correspond à la fois au vijñânamaya kosha et à l'ânandamaya kosha (cette dernière enveloppe venant) juste avant Âtma* et constituant de ce fait le véhicule de l'Esprit Universel. Buddhi, prise seule, ne pourrait être appelée un « corps causal » : elle le devient en conjonction avec Manas*, l'entité qui s'incarne, ou l'EGO*.

Cycle[C.T.] (en grec : kuklos [κυκλος] ). Les Anciens divisaient le temps en cycles sans fin, des « roues » comprises à l'intérieur de « roues », toutes ces périodes ayant des durées variables et marquant chacune le début ou la fin de quelque événement cosmique, terrestre, physique ou métaphysique. Il y avait des cycles de quelques années seulement, d'autres d'une durée immense, le grand cycle orphique visant le changement ethnologique des races s'étendait sur 120.000 ans, tandis que celui de Cassandre (de 136.000 ans) amenait un complet changement dans les influences planétaires et leurs corrélations avec les hommes et les dieux — ce que les astrologues modernes ont complètement perdu de vue.

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D (↓ lettre suivante)

Dad-dugpa.[V.S.] Voir dugpa*. Cf. Schlagintweit, B.T., p. 47.

Dâna[V.S.] (skt) B. L'acte du don, ou de l'offrande, sous toutes formes. La première des perfections, ou vertus transcendantales (pâramitâ*), du bodhisattva*. En association avec la bonté (maitri) et la compassion (karunâ), dâna est un facteur essentiel pour conduire les êtres à l'illumination.

Darshana [V.S.](skt) H. Vision, perception, ou point de vue : nom donné à chacune des 6 doctrines de la philosophie hindoue (Nyâya, Vasiheshika, Sâmkhya, Yoga, Pûrva Mîmâmsa et Uttara Mîmâmsa, ou Vedânta).

[Davenport.[C.T.] Nom de médiums (cités p.41) connus pour les phénomènes paranormaux qu'ils produisaient : « apparition de mains sortant de la fenêtre de leur cabinet, et d'instruments de musique volant dans les airs » . Voir l'article « Transcendental Physics » publié par H.P.B. dans le Theosophist, fév. 1881, pp.95-7.]

Déiste.[C.T.] Personne qui admet la possibilité de l'existence d'un Dieu, ou de dieux, mais qui affirme n'en rien connaître, et refuse toute Révélation. C'est un agnostique* du temps jadis.

Deva[C.T.] (skt). Un dieu, une divinité « resplendissante » ; [rapprocher] deva et deus, de la racine div, « briller » . Un deva est un être céleste — bon, mauvais ou indifférent — qui habite l'un des « trois mondes » (les trois plans* au-dessus de nous). [En Inde] on en dénombre 33 « crores » , soit 330 millions.

Deva[V.S.] (skt) H, B. Brillant, céleste, divin. Nom donné aux multiples dieux et entités des mondes invisibles, dont l'existence est limitée à la durée de l'univers (cf. Brahmâ*) - ce qui les rend inférieurs à un Bouddha parfait. Ils sont opposés aux pouvoirs de ténèbres et de destruction (cf. asura*). H.P.B. emploie aussi le mot comme qualificatif, au sens de « divin » (skt : divya et pâl : dibba) p. ex. : « vue-deva* » (skt : divyachakshu).

Devachan[C.T.] (skt (10)). La « demeure des dieux » [en sanskrit : devaloka]. Le terme désigne un état intermédiaire entre deux vies terrestres où accède l'Ego* (Âtma-Buddhi-Manas, ou la trinité* unifiée) après sa séparation du kâmarûpa* et la désintégration des principes inférieurs succédant à la mort du corps sur la terre.

Devachan[V.S.] [bDe-ba-chan] (tib) B. De de : bonheur, joie. Mot correspondant au sanskrit Sukhâvati (cf. T.G.) et désignant (exotériquement) le paradis occidental du Bouddha Amitâbha*. En Théosophie : la sphère bienheureuse d'expérience posthume subjective, où l'Ego supérieur assimile le fruit spirituel de sa dernière incarnation, avant une nouvelle renaissance terrestre.

Dhammapada[C.T.] (pâl). Œuvre contenant divers aphorismes des Écritures bouddhiques.

Dhâranâ[V.S.] (skt) H. Fixation du mental sur un objet choisi de méditation. Cf. les Yoga sütra de Patañjali où dhâranâ (le 6ème degré du yoga) conduit, avec dhyâna* et samâdhi*, à samyama* l'état de parfaite méditation. Dans la Voix du Silence, dhâranâ correspond à une complète abstraction des influences sensorielles et à une paralysie du jeu de la mémoire, permettant de réunir sur un seul objet spirituel les pouvoirs de perception de la conscience.

Dharma [V.S.](skt) H, B. Mot aux sens multiples, surtout en bouddhisme. De la racine dhri, soutenir, préserver, maintenir. C'est l'ordre, ou la Loi, qui soutient l'univers. Pour l'homme : la base universelle de l'éthique et la ligne propre de conduite qu'il doit tenir pour assurer sa destinée divine. La « Loi » ou doctrine du Bouddha, sous ses 2 aspects, exotérique et ésotérique.

Dharmakâya[V.S.] (skt) B. Le corps (kâya) glorieux le plus sublime, vêtement de suprême béatitude « tissé » par chaque Initié dans la progression qui l'a mené au bout du quatrième sentier (celui de l'arhat* parfait) ou (ésotériquement) au passage du 6ème Portail, avant son accès au 7ème (T.G.). Le niveau de conscience atteint est au seuil même du nirvâna*.

Dhyâna [C.T.](skt). L'une des six paramitâ de perfection [Voir La Voix du Silence, 3ème traité]. Le terme désigne un état d'abstraction élevant l'ascète qui le pratique très au-delà de la zone des perceptions sensorielles, et hors du monde de matière. Littéralement : « contemplation » . Les six stades de dhyâna ne diffèrent que par les degrés d'abstraction atteints par l'Ego* personnel, hors de la vie des sens.

Dhyâna [V.S.](skt) H, B. Dans le système de Patañjali, dhyâna, la concentration attentive sur l'objet de méditation choisi, fait suite à dhâranâ. En bouddhisme, dhyânapâramitâ est la 5ème des perfections cultivées par le candidat bodhisattva* ; c'est aussi, dans la Voix du Silence, la clef du 6ème Portail qui précède l'accès à la sagesse parfaite. Dans cet état de profonde contemplation spirituelle, l'être conserve encore un sens d'individualité, qu'il n'éprouvera plus dans la fusion complète du samâdhi*. D'une manière plus courante, le mot dhyâna (pal : jhâna) évoque l'entraînement à la méditation qui comporte 4 stades (voir Quadruple dhyâna*), depuis la préparation à la concentration jusqu'à l'absorption dans des états de sur-conscience. Cette longue discipline s'accompagne de l'émergence de divers pouvoirs psychiques et spirituels (skt : abhijñâ), comme l' « ouïe-deva* » et la « vue-deva* » .

Dhyân Chohan[C.T.] (skt [+ tib]). Littéralement : « Seigneur de Lumière » . Les plus hauts dieux répondant aux archanges* de l'Église romaine. Les Intelligences divines chargées de la supervision du Kosmos.

Dhyâni [V.S.](skt) T. Pour dhyânin, « être de contemplation » . Mot aux significations multiples renvoyant à des hiérarchies tantôt très élevées (liées au Logos), tantôt impliquées dans la genèse et la vie du monde des formes, mais toujours en un certain rapport avec les 7 principes de l'homme-microcosme ; en particulier, la Doctrine Secrète évoque les plus hauts Dhyâni qui se sont incarnés dans la « race élue » à l'aube de l'humanité, et qui forment aussi collectivement la « pépinière » des futurs adeptes. Ils représentent les divins éveilleurs de l'humanité. Voir Esprit planétaire*.

Dhyânibodhisattva[V.S.] (skt) B. Dans le bouddhisme exotérique, les 5 fils des Dhyânibuddha*. Cf. S.D. l, 109, 571 et II, 116. Ésotériquement, ce sont les « reflets spirituels » , ou projections, des 7 Dhyânibuddha* dans le monde de la forme (mentale) ou rûpaloka* (voir Trois mondes*).

Dhyânibuddha[V.S.] (skt) B. « Bouddha de Contemplation ». Collectivement, les 7 hiérarchies de Dhyânibuddha manifestent la divine lumière d'Âdhibuddha*, dans ses différents aspects, qui forme l'essence sublime des âmes humaines. Sans parents eux-mêmes (anupapâdaka), ils sont les pères mystiques des Dhyânibodhisattva*. Cf. S.D. l, 571, où Avalokiteshvara* est la synthèse des 7.

Dieu [V.S.]- T. Dans la Voix, les dieux répondent au sanskrit deva*. Au singulier : le Dieu intérieur, silencieux, est le Soi supérieur ; la communion complète avec lui fait de l'initié un Dieu.

Dorje[V.S.] [rDo-rje] (tib) - B. Seigneur (rje) des pierres (do) : le diamant. Mêmes sens que vajra* (skt).

Double.[C.T.] Terme de même sens que corps astral*, ou Doppelgänger [all: double, sosie].

Dragshed [V.S.][Drag-gshed] (tib) B. Groupe de dieux terribles et redoutables, censés protéger les hommes contre les mauvais esprits.

Dugpa[V.S.] [hBrug-pa] (tib) B. Plusieurs mots tibétains peuvent se prononcer (approximativement) doug-pa, avec des sens très différents - d'où des confusions possibles - mais aucun ne signifie « bonnet rouge* » , l) Mots rattachés à hBrug, signifiant tonnerre et dragon ailé : (a) l'École hBrugpa reliée au monastère de hBrug, qui aurait été fondé par Lingrepa Padma Dorje (XIIème s.) un jour d'orage, au Bhoutan ; l'École Dugpa est une branche reconnue des Karma-kagyudpa ; elle est développée au Ladakh et au Bhoutan, d'où (b) en général, les hBrugpa sont les natifs du Bhoutan, le « pays du tonnerre » , ou hBrug-yul. Ils subissent l'influence de la tradition Dugpa qui possède 3 sections distinctes (supérieure, moyenne et inférieure). Schlagintweit (B.T. p. 47) l'évoque sous le nom de Dugpa, ou Dad-dugpa*, comme une secte « où le Dordje* est un instrument très important et très puissant » . 2) Divers verbes et adjectifs, comme sDugpa (agréable), Drugpa (sixième), etc. À retenir surtout : gDugpa : vicieux, mauvais, malfaisant, nuisible (du mot Dug, signifiant poison). H.P.B. a d'ailleurs signalé ce sens en parlant des Dugpa comme des « mischief-makers » , des sorciers qui font du mal ; voir l'article « Reincarnation in Tibet » (Theos., III, pp. 146-8) où elle les rattache à la secte primitive des Nyingmapa, distincts des Karma-kagyudpa ultérieurs (et porteurs de bonnets rouges). On peut conjecturer que le mot Dugpa employé dans la Voix, ne vise pas l'une des Écoles tantriques connues de nos jours (encore moins toutes les Écoles non réformées) mais une frange assez secrète, activement opposée à la réforme de Tsongkhapa, et comptant dans ses rangs de véritables sorciers et magiciens noirs, doués de puissants pouvoirs malfaisants, et naturellement très proches des adeptes du Bön* noir.

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E (↓ lettre suivante)

Ego[C.T.] (lat). Mot signifiant Je : dans l'homme, la conscience du « je suis moi » , ou le sentiment d'identité. La philosophie ésotérique enseigne l'existence de deux Ego dans l'homme : l'ego mortel, ou personnel (qu'elle désigne comme la « personnalité »*) et l'Ego supérieur, divin, ou impersonnel (qu'elle nomme l' « individualité »*).

Egoïté[C.T.] (du mot Ego*). L'égoïté renvoie à l' «' individualité »* — jamais à la « personnalité »* étant l'opposé de l'égoïsme, qui caractérise par excellence cette dernière.

Ego - T.[V.S.] La Voix du Silence distingue l'Ego supérieur (l' « Ego-deva » ) , le foyer permanent, immortel, de conscience individuelle de l'homme, et l'ego inférieur, le moi-je de la personnalité éphémère.

Eidôlon [C.T.](gr [eidwlon = image, simulacre, fantôme]). Le mot désigne ce qu'on appelle le fantôme humain, la forme astrale. [Au pluriel : eidôla].

Élémentaux, ou esprits des éléments[C.T.].Créatures évoluées dans les quatre règnes, ou éléments : terre, air, feu et eau. Ils sont appelés par les kabbalistes gnomes (de la terre), sylphes (de l'air), salamandres (du feu) et ondines (de l'eau), en laissant de côté quelques espèces plus élevées et leurs régents. Ces élémentaux constituent les forces de la Nature plutôt que des hommes et des femmes de nature éthérée. Ces forces sont les agents dociles de l'Occultiste* et peuvent produire divers effets ; mais si ce sont des élémentaires (des kâmarûpa*) qui les mettent en action (et, en ce cas, ils asservissent les médiums), ils trompent les gens crédules. Tous les êtres invisibles inférieurs (amenés à exister sur les 5ème, 6ème et 7ème plans* de notre atmosphère terrestre) sont appelés des élémentaux, avec des noms divers : péris, dévas, djinns, sylvains, satyres, faunes, elfes, nains, trolls, nornes, kobolds, farfadets, nixes, gobelins, petits, banshees (fées de la mort), moss people, dames blanches, spectres, fées, etc.

Éleusinies.[C.T.] (gr. [Ελυτινια] ). Les Mystères* d'Éleusis étaient les plus fameux et les plus anciens de tous les Mystères grecs (à l'exception de ceux de Samothrace). Ils étaient célébrés près du hameau d'Éleusis, non loin d'Athènes. Épiphane les fait remonter au temps d'Iacchos (1800 av J.-C.). Ils avaient lieu en l'honneur de Déméter — la grande Cérès [romaine] et l'égyptienne Isis. Dans le dernier acte de la célébration, il était question d'une victime sacrificielle expiatoire et d'une résurrection, quand l'Initié* était admis au plus haut degré de l'époptie. La fête des Mystères commençait au mois de Boêdromiôn (septembre-octobre), le moment des vendanges, et durait sept jours — du 15 au 22 de ce mois. La fête juive des tabernacles [ou des tentes], (de la rentrée des moissons), au 7ème mois, celui d'éthanim, commençait aussi le 15 de ce mois et finissait le 22. Selon certains, le nom du mois d'éthanim dérive d'Adonim, Adonia, Attenim, Ethanim, et était en l'honneur d'Adonaï, ou Adonis (Tammuz), dont la mort était pleurée par les hébreux dans les bosquets de Bethléem. Le sacrifices du « pain et du vin » était célébré aussi bien dans les Éleusinies que pendant la fête des tabernacles.

Émanation, doctrine de l'.[C.T.] Dans son sens métaphysique, elle s'oppose à celle de l'évolution, tout en étant inséparable d'elle. La science enseigne que, physiologiquement, l'évolution renvoie à un mode de génération où le germe qui croît pour donner le foetus préexiste déjà dans le parent, la nature se chargeant du développement du germe, ainsi que de la forme et des caractéristiques finales, le processus se déroulant (comme dans la théorie cosmologique) d'une façon aveugle, par le jeu d'interactions entre les éléments et leurs divers composés. L'Occultisme* enseigne que c'est là seulement le mode apparent, le véritable processus étant une émanation guidée par des forces intelligentes obéissant à une LOI immuable. En conséquence, bien qu'ils adhèrent fermement à la doctrine de l'évolution (telle qu'on la trouve chez Kapila et Manu), les Occultistes* et les théosophes sont émanationnistes plutôt qu'évolutionnistes. Il fut un temps où la doctrine de l'émanation était universelle. Elle fut enseignée par les philosophes d'Alexandrie* comme par les indiens, par les hiérophantes* d'Égypte, de Chaldée et de Grèce, et aussi par les hébreux (dans leur Kabbale* et même dans leur Genèse). Car c'est seulement par une traduction délibérément faussée que le mot composé hébreu asdt [plus exactement : ash-dath] a été rendu par « anges » , d'après la Septante, alors qu'il signifie émanations, éons, tout comme chez les gnostiques. On voit dans le Deutéronome (XXXIII,2) le mot asdt ou ashdt [= ash-dath} traduit par « loi ardente » alors que la version correcte du passage serait : « de sa droite sortit (non une loi ardente, mais) un feu [ash] conformément à la loi [dath] » , c'est-à-dire le feu d'une flamme qui se communique et se transmet, comme on le voit dans une traînée de substance inflammable. C'est là précisément le fait de l'émanation, telle qu'elle est présentée dans Isis Unveiled [éd. originale, l, XXXII] : « Dans l'évolution, telle qu'on commence maintenant à la comprendre, on suppose qu'il existe dans toute matière une impulsion à prendre une forme supérieure — supposition qui est clairement exprimée par Manu et d'autres philosophes hindous de la plus haute antiquité. [En chimie], l' « arbre des philosophes » , qui se développe dans une solution de zinc, illustre bien la chose. La controverse entre les partisans de cette École et les émanationnistes peut s'énoncer brièvement comme il suit : l'évolutionniste arrête toute recherche aux frontières de l' « inconnaissable » , l'émanationniste, pour sa part, croit que rien ne peut apparaître par « évolution » [= é-voluer] — ou, comme le mot l'indique, sortir d'une matrice, ou naître — sans avoir été au préalable in-volué, ce qui suppose que la vie procède d'une potentialité spirituelle qui domine l'ensemble » .

Enfer.[C.T.] En anglais, Hell, terme que les anglo-saxons ont évidemment tiré du nom de la déesse Scandinave Hela, de même que le mot ad, en russe et autres langues slavonnes, vient du grec Hadès*, la seule différence à faire étant une question de température : l'enfer est froid chez les Scandinaves et chaud chez les chrétiens. Cependant, même la conception de telles régions surchauffées n'est pas propre aux Européens, beaucoup de gens ayant entretenu l'idée d'un climat dans le monde souterrain — ce que nous sommes en droit de faire si nous localisons notre enfer au centre de la terre. Toutes les religions exotériques — avec les croyances diverses des brâhmanes, bouddhistes, zoroastriens, musulmans, juifs, etc — ont conçu des enfers brûlants et ténébreux, bien que nombre d'entre eux soient plus attirants qu'effroyables. L'idée d'un enfer chaud a été conçue après coup, comme une déformation d'une allégorie astronomique. Chez les Égyptiens, la conception d'un enfer comme lieu de punition par le feu n'est pas antérieure à la 17ème ou la 18ème dynastie, où Typhon s'est transformé, d'un dieu qu'il était, en un diable. Mais quelle que soit l'époque où ils implantèrent cette épouvantable superstition dans le mental des pauvres masses ignorantes, le tableau d'un enfer brûlant, avec des âmes qui y sont tourmentées, est purement égyptien. Râ, le soleil, est devenu le Seigneur de la Fournaise, dans l'enfer des Pharaons appelé Karr, et le pécheur fut menacé de souffrances extrêmes « dans la chaleur des feux infernaux » . D'après le Dr Birch, « il y avait là un lion, appelé le monstre rugissant » . Un autre auteur décrit l'endroit comme le puits sans fond et le lac de feu, où sont jetées les victimes » (à comparer avec l'Apocalypse). Le mot hébreu gaï-hinnom   (géhenne) n'a jamais eu, en réalité, le sens que lui a donné l'orthodoxie chrétienne.

Ésotérique.[C.T.] Caché, secret. Du grec ésôtérikos [εσωτερικος] « intérieur » , tenu caché.

Esprit[V.S.] - T. Le pôle divin de l'homme, le Maître* intérieur (voir Âlaya*), le mot désigne aussi la sphère intérieure (opposée au monde psychique et sensoriel) où s'ouvrent les sens spirituels. La Voix du Silence oppose encore Esprit planétaire* et esprit malfaisant (lhamayin* ).

Esprit planétaire[V.S.] - T. Expression aux significations diverses. Dans la Voix du Silence, il s'agit du rayon particulier du Logos (considéré comme Soleil spirituel central) auquel se rattache par filiation mystique chaque âme humaine = son « Père » , pour ainsi dire. Cf. S.D. l, 573-4, où la triade supérieure dans l'homme (voir Triangle sacré*) est présentée comme le rayonnement issu d'un Esprit planétaire (ou Dhyânibuddha*), toutes les âmes spirituelles nées ainsi du même « Père céleste » demeurant comme des « âmes sœurs » dans toute la longue série de leurs renaissances terrestres.

Esprits planétaires.[C.T.] Régents et gouverneurs des planètes. Dieux planétaires.

Être-té[C.T.] [ang : Be-ness]. Terme forgé par les théosophes [modernes] pour rendre de façon plus exacte la signification essentielle du mot sanskrit intraduisible Sat. Ce dernier ne signifie pas « Être » , car le terme « Être » présuppose une conscience sensible d'exister. Mais, dans la mesure où Sat s'applique uniquement au principe absolu — universel, inconnu, et à jamais inconnaissable, tel que le postule le panthéisme philosophique, en l'appelant la racine de base du Kosmos, et le Kosmos lui-même — il n'était pas possible de le rendre par le simple mot « Être » . En vérité, Sat n'est même pas « l'Entité incompréhensible  » , selon la traduction de certains orientalistes, car ce n'est pas plus une « Entité » qu'une « Non-entité » mais plutôt les deux à la fois. Comme il a été dit, c'est l'Être-té absolue, non l'« Être » : c'est l'Un sans second, le tout indivisé et indivisible — la racine de la Nature, tant visible qu'invisible, objective que subjective — cet Un ne pouvant jamais être pleinement compris.

Exotérique[C.T.] [gr: éxôtérikos, εξωτερικος]. Ouvert, extérieur, public. L'opposé d'ésotérique, ou caché.

Extase [C.T.][gr : ékstasis, ekstasiV]. Un état psycho-spirituel ; une transe physique qui induit la clairvoyance, et un état béatifique qui amène des visions.

Extra-cosmique.[C.T.] Hors du Kosmos, ou de la Nature. Terme absurde inventé pour affirmer l'existence d'un dieu personnel qui serait en soi indépendant de la Nature, ou extérieur à elle — absurde, car la Nature, ou l'Univers, étant sans fin et sans limites, il ne saurait exister quoi que ce soit qui serait en dehors. Le terme a été créé pour s'opposer à l'idée panthéiste que le Kosmos tout entier est animé, ou pénétré dans sa forme, par l'Esprit de la Déité, la Nature étant comme le vêtement recouvrant la véritable Présence invisible, et la matière en constituant le jeu d'ombres illusoires.

Eurasiens. [C.T.]Abréviation pour « Européens-Asiatiques » . Les races métissées (de couleurs mélangées) formées d'enfants nés de pères de peau blanche et de mères indiennes [par exemple], de couleur sombre, (ou l'inverse).

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F (↓ lettre suivante)

Ferho [C.T.](gnostique). Chez les gnostiques* nazaréens, le plus haut et le plus grand pouvoir créateur. (Voir Codex Nazareus*).

Feu, philosophes du -.[C.T.] Nom donné aux hermétistes et alchimistes du Moyen-Âge, ainsi qu'aux rosicruciens. Ces derniers, successeurs des théurges, ont considéré le Feu comme le symbole de la Déité : non seulement il était la source des atomes physiques, mais il contenait les forces spirituelles et psychiques qui leur donnaient l'énergie. Sommairement analysé, le Feu est un principe triple ; ésotériquement, il est septuple comme le sont aussi tous les autres éléments. De même que l'homme est un composé d'Esprit, Âme et Corps, complété d'un quadruple aspect, de même en est-il du Feu. Selon les œuvres de Robert Fludd (appelé aussi Robertus de Fluctibus), l'un des fameux rosicruciens, le Feu possède en premier lieu, une flamme visible (le corps), puis un feu astral invisible (l'âme), et, en troisième lieu, un esprit. Les quatre aspects évoqués apparaissent comme suit : (a) chaleur (vie), (b) lumière (mental), (c) électricité (pouvoirs kâmiques ou moléculaires) et (d) les essences synthétiques — au-delà de l'esprit — ou la cause radicale de son existence et de sa manifestation. Pour l'hermétiste, ou le rosicrucien, quand une flamme est éteinte sur le plan objectif, elle n'a fait que passer du monde visible à l'invisible, du connaissable à l'inconnaissable.

Flamme[V.S.] - T. Selon H.P.B. la Flamme renvoie toujours à la Source unique, primitive et inépuisable de toute vie, à laquelle s'allument les « Feux » , hiérarchies cosmiques d'entités et de pouvoirs qui se manifestent et interviennent dans l'émanation (et la réabsorption) des mondes et des êtres (cf. S.D. l, 215, 259 note). De façon correspondante, le divin prototype de l'homme (voir Esprit planétaire*, Dhyânibuddha*) est pour chaque individu la Flamme dont la monade humaine est comme l' « étincelle » ou le « véhicule » (S.D. l, 265) : la réintégration totale à cette Flamme originelle (le « Père Céleste » ) de l'Ego spirituel réalisé a lieu en paranirvâna*.

Fohat - T.[V.S.] L'essence de l'électricité cosmique, comme énergie vitale universelle, dans ses deux aspects, constructeur et destructeur (T.G.).

Fraternité universelle.[C.T.] Le second nom officiel de la Société Théosophique ; également, le premier de ses trois Buts.

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G (↓ lettre suivante)

Gabirol, ou Gebirol.[C.T.] Salomon ben Jehudah lbn Gabirol, est connu dans la littérature sous le nom [latinisé] d'Avicebron. Juif de naissance, philosophe, poète et kabbaliste, auteur d'une œuvre volumineuse, et mystique. Né au 11ème siècle à Malaga (en 1021), il fut instruit à Saragosse, et mourut à Valence, en 1070 [ou vers 1058], tué par un musulman. Ses coreligionnaires l'appelèrent Salomon le Séphardi (ou l'Espagnol), et les arabes, Abn Ayyub Suleiman ben ya'hya ibn Gabirol ; les scolastiques le nommèrent Avicebron (voir l'ouvrage de Myer, Qabbalah). Il fut certainement l'un des plus grands philosophes et érudits de son temps. Il écrivit beaucoup en arabe et la plupart de ses manuscrits ont été préservés. Il apparaît que sa plus grande œuvre a été Source de Vie [rédigée d'abord en arabe, puis traduite en latin, sous le titre Fons Vitae] , d'où, en hébreu, Meqôr 'Hayim, ouvrage qui fut « l'un des premiers exposés des secrets de la Kabbale* spéculative » , selon ce que nous dit son biographe [Myer].

Gautama[C.T.] (skt). Nom usité en Inde. C'est celui du prince de Kapilavastu*, fils de Shuddhodana, roi des Shâkya, qui régnait sur un petit territoire aux frontières du Népal : né au 7ème siècle av. J.-C., il est appelé maintenant le « Sauveur du monde » . Gautama (écrit parfois Gotama) était le nom sacerdotal de la famille des Shâkya. Simple mortel par sa naissance, ce prince s'éleva au rang d'un Bouddha, par son propre mérite personnel et sans aide. Un homme, mais, en vérité, au-dessus de n'importe quel Dieu !

Gelugpa[V.S.] [dGelupgs-pa] (tib) B. L'École des « Vertueux » , fondée par le grand réformateur du lamaïsme, Tsongkhapa (1357-1419). Cet Ordre, dit des « bonnets jaunes* » (appelé aussi en Occident l'Église Jaune), exerçait la domination spirituelle et temporelle au Tibet, jusqu'à l'invasion de ce pays par la Chine.

Gnose,[C.T.] (gr : gnôsis). Littéralement : connaissance. Terme technique employé par les Écoles de philosophie religieuse, avant et pendant les premiers siècles de ce que l'on appelle le christianisme, pour désigner l'objet de leur quête. Cette connaissance spirituelle et sacrée — la gupta-vidyâ* des hindous — ne pouvait être obtenue que par l'Initiation aux Mystères* Spirituels, dont les cérémonies des « Mystères » étaient une représentation.

Gnostiques.[C.T.] Philosophes qui formulèrent et enseignèrent la Gnose*, ou connaissance. Ils furent florissants pendant les trois premiers siècles de l'ère chrétienne. Parmi les plus éminents, on peut compter Valentin, Basilide, Marcion, Simon le magicien, etc.

Gotrabhû jñâna[V.S.] (skt) B. La connaissance spirituelle (jñâna) de celui qui est devenu (bhû) partie intégrante du clan, de la famille bouddhique (gotra) : la pleine sagesse de la maturité, pour un fidèle du Noble Sentier.

Grand Âge.[C.T.] Les Anciens mentionnèrent plusieurs « Grands Âges ». Celui de l'Inde embrasse tout le Mahâmanvantara, l'Âge de Brahmâ*, dont chaque Jour* représente le Cycle de Vie d'une Chaîne [planétaire], c'est-à-dire une période de 7 Rondes (voir l'ouvrage de Sinnett Le Bouddhisme ésotérique* [et surtout la Doctrine Secrète de Mme Blavatsky]). Ainsi, un « Jour » et une « Nuit de Brahmâ*  » — un manvantara et un pralaya — s'étendent sur 8.640.000.000 ans [terrestres], un âge englobant une période de 311.040.000.000.000 ans; après quoi, le pralaya de l'univers, ou sa dissolution, devient universel. Chez les Égyptiens et les Grecs, le « Grand Âge » ne recouvrait que l'année tropique, ou sidérale, de 25.868 ans. Sur l'Âge complet — celui des dieux — ils ne disaient rien, vu que c'était une question qui ne devait être discutée et divulguée que dans les Mystères, et pendant les cérémonies d'Initiation. Le « Grand Âge » des Chaldéens était le même, calculé en chiffres, que celui des hindous.

Guhya-vidyâ[C.T.] (skt). La connaissance secrète des mantrams mystiques.

Gupta-vidyâ[C.T.] (skt). Même sens que guhya-vidyâ. Science, connaissance ésotérique ou secrète.

Guru[V.S.] (skt) H. Vénérable, respectable : d'où l'application du mot aux parents, et particulièrement au maître spirituel, qui conduira le disciple à la seconde naissance.

Gygès[C.T.] (gr). L'anneau de Gygès est devenu une métaphore fameuse dans la littérature européenne. Gygès était un Lydien qui, après avoir tué le roi Candaule, épousa sa veuve. Platon nous informe que Gygès descendit un jour dans un gouffre ouvert dans la terre et y découvrit un cheval de bronze : dans son flanc ouvert se trouvait un squelette d'homme de stature gigantesque qui portait au doigt un anneau de bronze. Mis au doigt de Gygès, cet anneau le rendit invisible.

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H (↓ lettre suivante)

Hadès. [C.T.]Du grec Aïdès [Αιδης], l' « invisible » : c'est le royaume des ombres, dont l'une des régions était le Tartare, un lieu de complète obscurité, comme l'était aussi la zone de profond sommeil sans rêve qui se trouvait dans l'Amenti [égyptien]. Si on en juge par la description allégorique des punitions qui y étaient infligées, l'endroit était purement karmique. Ni l'Hadès, ni l'Amenti n'étaient l'Enfer que continuent de prêcher certains prêtres et religieux rétrogrades. Et qu'ils aient été représentés par les Champs Élysées ou le Tartare, on ne pouvait accéder à ces lieux qu'en franchissant le fleuve pour gagner l' « autre rive » . Comme l'exprime bien Bonwick dans son ouvrage Egyptian Belief and Modern Thought [= Croyance égyptienne et pensée moderne], on peut trouver l'histoire de Charon, le passeur (du Styx), non seulement chez Homère mais aussi dans les écrits poétiques de bien des pays. Il est indispensable de traverser le Fleuve avant d'atteindre aux Îles des Bienheureux. Le rituel égyptien a décrit un Charon, avec sa barque, de longs siècles avant Homère ; il y est appelé Khu-en-na, le timonier à tête de faucon. Voir Enfer*.

Hallucination.[C.T.] État produit parfois par des désordres physiologiques, parfois par la médiumnité et d'autres fois par l'ébriété. Mais il faut rechercher plus profondément que dans la physiologie la cause qui produit ces visions. Toutes — particulièrement quand l'origine en est la médiumnité — sont précédées d'une relaxation du système nerveux, entraînant invariablement un état magnétique anormal qui a pour effet d'attirer sur le patient des ondes de lumière astrale. Ce sont ces ondes qui fournissent l'imagerie des diverses hallucinations, lesquelles, cependant, ne sont pas toujours de simples rêves vides et irréels, comme les médecins ont tendance à le dire. Personne ne peut voir ce qui n'existe pas (c'est-à-dire n'a pas son empreinte marquée) dans ou sur les ondes (11) astrales. Mais un voyant peut percevoir des objets et des scènes (passées, présentes ou futures) qui n'ont pas le moindre rapport avec lui-même, et, bien plus, percevoir plusieurs choses totalement sans relations entre elles, au même moment, ce qui peut produire les combinaisons d'images les plus grotesques et absurdes. Mais ivrogne et voyant, médium et adepte, prennent leurs visions respectives dans la lumière astrale. Cependant, tandis que l'ivrogne, le fou et le médium sans entraînement, ou encore l'individu souffrant d'une fièvre cérébrale, voient, parce qu'ils n'y peuvent rien, en évoquant des visions embrouillées, sans s'en rendre compte eux-mêmes et sans être capables de les contrôler, au contraire, l'adepte et le voyant entraîné ont le choix de leurs visions et le pouvoir de les maîtriser. Ils savent où fixer leur regard, comment stabiliser les scènes qu'ils désirent observer, et comment voir au-dessus des couches extérieures de la lumière astrale. Pour la première catégorie de voyants, ces aperçus saisis dans les ondes astrales sont des hallucinations. Pour les autres, ils deviennent la reproduction fidèle de ce qui véritablement a eu lieu, se passe actuellement ou arrivera plus tard. Ce qui n'est que perspectives aléatoires, entrevues par le médium, et visions vacillantes qu'il saisit dans la lumière trompeuse, se transforme, par la volonté directrice de l'adepte et du voyant [authentique], en la représentation véridique de ce qu'il désire faire venir dans le champ focal de sa perception.

Hamsa[V.S.] (skt) H. Oiseau du genre cygne, oie. Mot mystique aux diverses significations occultes. Associé à kâla (le temps infini) il renvoie à l'Absolu (Parabrahman) ; dans le monde manifesté, Brahmâ* est le « véhicule » de cet oiseau (Hamsa vahana) (T.G.). Dans la Hamsa Upanishad, l'adepte en méditation s'identifie à l'Oiseau (niché dans le cœur), le Soi suprême. D'où la formule : Aham sa (Je suis Lui), qui joue sur le mot hamsa.

[Hérennius.[C.T.] En dehors du fait qu'il fut l'un des disciples directs d'Ammonios (cité p. 21, avec Origène, Plotin et Longin), on ne sait à peu près rien de lui. Voir Origène, note.]

Hermas.[C.T.] Auteur grec de l'Antiquité [~ 2e s. ap. J.-C.] : seuls quelques fragments de ses œuvres demeurent encore aujourd'hui [voir son Pasteur, longtemps tenu par les chrétiens pour inspiré].

Hiérogrammate ou Hiérogrammatiste. Titre donné aux prêtres égyptiens qui recevaient la charge d'écrire et de lire les textes sacrés et secrets. Littéralement : « scribes des archives secrètes » . Ils servaient d'instructeurs pour les néophytes se préparant à l'Initiation.

Hiérophante.[C.T.] Du grec hiérophantes [ιεροφαντης], littéralement : « celui qui explique les choses sacrées » . Dans les temples de l'Antiquité, ce titre appartenait aux plus hauts adeptes* qui instruisaient les candidats, exposaient les mystères sacrés, et étaient les Initiateurs aux grands Mystères* ultimes. L'hiérophante tenait la place du Démiurge et expliquait aux postulants à l'Initiation les divers phénomènes de création qui étaient produits pour leur instruction. « II était le seul interprète des secrets et doctrines ésotériques. Prononcer même son nom devant une personne non initiée était interdit. Il siégeait à l'Orient et portait, comme symbole d'autorité, un globe d'or suspendu à son cou. Il avait aussi le nom de Mystagogue ». (Kennett R.H. Mackenzie, M.S.T. [Membre de la Société Théosophique], The Royal Masonic Cyclopaedia).

Hillel.[C.T.] Un grand Rabbi babylonien du siècle précédant l'ère chrétienne. Homme saint et instruit, il fut le fondateur de la secte des Pharisiens (12).

Hînayâna[C.T.] (skt). Le « Petit Véhicule » , mot appliqué à un canon scripturaire et à une École du bouddhisme*, en opposition à Mahâyâna*, le « Grand Véhicule ». Les deux Écoles sont mystiques. (Voir Mahâyâna).Également, dans la superstition exotérique, la plus basse forme de transmigration.

Hînayâna[V.S.] (skt) B. Le « petit véhicule » du bouddhisme primitif (jugé relativement inférieur au mahâyâna*, ou « grand véhicule » , développé ouvertement dans la suite). Souvent appelé « bouddhisme du Sud », il est répandu à Ceylan et dans l'Asie du Sud-Est.

Homogénéité.[C.T.] Du grec homos, « même » , et génos, « genre » . Caractérise ce qui est entièrement de même nature, non différencié, non composé, comme l'or est censé l'être.

Huit terribles misères[V.S.] - B. Parmi ces calamités, causes de souffrance (pâl : dukkha), 4 sont liées au corps (naissance, vieillesse, maladie, mort), 3 au mental (perte de ce qu'on aime, affliction par ce qu'on ne désire pas, incapacité d'obtenir ce qu'on désire), et l à la condition terrestre illusoire (incarnation dans les 5 skandha, ou agrégats qui composent l'être psychophysique personnel).

Hypnotisme.[C.T.] [Du grec hypnos, sommeil]. Nom donné par le Dr Braid au processus par lequel un homme doué d'un fort pouvoir de volonté en plonge un autre dont le mental est plus faible dans une sorte de transe : une fois dans cet état, le sujet fera n'importe quoi en obéissant à la suggestion de l'hypnotiseur. À moins de viser des applications bénéfiques, cette pratique serait, pour un Occultiste* , à ranger dans la magie noire* ou la sorcellerie : c'est la plus dangereuse, moralement et physiquement, du fait qu'elle interfère avec les fluides nerveux.

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I (↓ lettre suivante)

lddhi[V.S.] (pâl) B. Mot correspondant au sanskrit riddhi : prospérité, succès. Ce qui fait la puissance d'un être éminent, d'où son pouvoir - temporel ou magique. Le bouddhisme distingue l) l'iddhi inférieure, les diverses sortes (iddhividhâ) de pouvoirs psychiques (se rendre invisible, projeter son image à grande distance, marcher sur l'eau, etc.) que les règles bouddhiques interdisent de manifester en public et 2) l'iddhi supérieure, ou ariyâ iddhi (le Noble Pouvoir) de celui qui a la parfaite maîtrise de son mental.

Illusion.[C.T.] En Occultisme* , tout ce qui est fini (comme l'Univers et tout ce qu'il contient) est appelé illusion, ou maya*.

Individualité.[C.T.] L'un des noms donnés, en Théosophie et en Occultisme*, à l'Ego* supérieur de l'homme. Nous faisons une distinction entre l'Ego immortel et divin et l'ego mortel humain qui périt. Celui-ci, ou la « personnalité »* (l'ego personnel), ne survit à la mort du corps que pendant un temps limité en kâma loka* ; pour sa part, l'individualité demeure à jamais.

Indra [V.S.](skt) H. Le Dieu du Ciel et chef des autres dieux*, ou deva*.

Initié.[C.T.] Du latin initiatus. Terme servant à désigner quiconque a été admis aux mystères et secrets de la Maçonnerie ou de l'Occultisme* et en a reçu la révélation. Aux temps de l'Antiquité, le mot s'appliquait à ceux qui avaient été initiés à la connaissance secrète enseignée par les hiérophantes* des Mystères*; de nos jours, ce sont ceux qui ont été initiés, par les adeptes de la science mystique, à la connaissance mystérieuse qui, malgré l'écoulement de longs âges, compte encore sur la terre des individus qui s'y vouent réellement.

Îshvara[C.T.] (skt). Le « Seigneur » , ou le dieu personnel, l'esprit divin, qui est dans l'homme. Littéralement : l'existence souveraine (indépendante). Titre donné à Shiva et d'autres dieux en Inde. Shiva est appelé aussi Îshvaradeva, ou deva* souverain.

lu kabar-zivo.[C.T.] Terme gnostique. Le « Seigneur des Éons » dans le système du Codex Nazareus*, c'est le procréateur (émanateur) des sept saintes vies (les sept Dhyân-Chohans* ou Archanges* primitifs, dont chacun représente l'une des vertus cardinales) et il est lui-même la troisième vie (le troisième Logos). Dans le Codex, il est salué comme le timon et la vigne de la nourriture de vie. Ainsi, il est identique au Christ* (Christos) qui déclare : « Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron » (Jean, 15,1). Il est bien connu que, dans l'Église romaine, le Christ est considéré comme le « chef des Éons » , comme l'est aussi Michel — « qui est comme Dieu » . Telle aussi était la croyance des gnostiques*.

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J (↓ lettre suivante)

Jagrat[V.S.] (skt) H. L'état de conscience de veille (cf. Mândûkya Upanishad).

Jamblique.[C.T.] Grand théosophe et Initié* du 3ème siècle. Il a beaucoup écrit sur les diverses sortes de démons qui apparaissent dans les évocations, mais s'exprima en termes sévères contre de tels phénomènes. Grandes furent ses austérités, la pureté de sa vie et sa sincérité. On rapporte que, par lévitation, il s'est élevé de 10 coudées au-dessus du sol, comme on le dit aussi de certains yogis* et médiums modernes.

[Jardin.[C.T.] Ce mot est proposé (p. 20) pour traduire l'anglais the Groves, dans un passage de la Clef qui est directement emprunté à A. Wilder*, lequel emploie le singulier « the Grove » — terme qui signifie normalement bosquet, petit bois, bocage (en grec : nemoV , némos). Malgré toutes les recherches, il n'a pas été possible d'identifier une « École du Bosquet » qu'aurait visée Wilder. Le mot « Jardin » renvoie par contre à une école bien connue, celle que dirigeait Épicure en son jardin à Athènes (en grec, le terme est au pluriel : oi khpoi, hoï kêpoï). Il se peut toutefois qu'en mettant le mot au pluriel, Mme Blavatsky ait eu en vue les bosquets sacrés des sanctuaires initiatiques. Voir, dans ce sens, l'entrée Éleusinies*, où il est question des « bosquets de Bethléem » . Mais Wilder voulait sans doute désigner une école définie en parlant des « hommes instruits de la Synagogue, de l'Académie (platonicienne) et du Jardin/Bosquet » .]

Javidan Kherad[C.T.] (per). [« Sagesse immortelle »]. Ouvrage de préceptes moraux.

Jhana[C.T.] [pâl pour Jñâna (skt)]. Connaissance ; sagesse occulte.

Jñâna [V.S.](skt) H. La connaissance spirituelle qui est pure sagesse, recherchée dans la méditation, et réalisée par l'initiation. En Occident, le mot gnose évoque les mêmes idées.

Jñânadarshana shuddhi[V.S.] (skt) B. La perception, ou vision (darshana), de la suprême connaissance (jñana) dans toute sa pureté (shuddhi).

Jñâneshvari. [V.S.]Long commentaire inspiré sur la Bhagavad-Gîtâ (datant de 1290 ap. J.-C.), écrit par le saint et poète Jñâneshvara, en langue marâthi. (Cf. Theos. l, p. 86-7 et 142.)

Josèphe, Flavius.[C.T.] Historien du premier siècle [~ 37/100]. Juif hellénisé qui vécut à Alexandrie (13) et mourut à Rome. Si l'on en croit Eusèbe, il serait l'auteur des 16 fameuses lignes relatives au Christ*, lignes qui, selon toute probabilité, sont une interpolation due à Eusèbe lui-même, le plus grand faussaire parmi les Pères de l'Église. Ce passage où Josèphe — qui était un Juif ardent, et qui resta jusqu'à sa mort dans le judaïsme — est censé cependant reconnaître le caractère de Messie de Jésus, et son origine divine, est maintenant déclaré comme un faux par la plupart des évêques chrétiens (dont Lardner) et même par Paley (voir son ouvrage Evidence of Christianity [=Les preuves du christianisme]). Il a constitué pendant des siècles l'une des preuves de plus grand poids de l'existence réelle de Jésus le Christ.

Jour de Brahmâ.[C.T.] Voir Brahmâ*.

Julai [V.S.][Rulai] (chi) B. « Ainsi venu » = Tathâgata*.

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K (↓ lettre suivante)

Kabbale[C.T.] (héb [Kabbalah]). La Kabbale est « la sagesse cachée des Rabbis hébreux du Moyen Âge, tirée des doctrines secrètes plus anciennes concernant les choses divines et la cosmogonie, qui furent combinées en une théologie, après le temps de la captivité des Juifs à Babylone ». Toutes les œuvres qui se rangent dans la catégorie ésotérique sont appelées kabbalistiques.

Kâlachakra[V.S.] (skt) H, B. Pour les jaïns, la roue du temps, qui tourne sur des milliards d'années. Au Tibet, le Kâlachakra tantra (introduit en 1027) est un ensemble d'écrits (du Canon tibétain) qui comprend des considérations astronomiques pour la mesure du temps et un système de méditation fondé sur une métaphysique occulte où Âdibuddha* et les familles de Bouddhas qui en dérivent ont une place centrale. Mais pour H.P.B. le mot Kâlachakra ( « Cercle du Temps » * ) renvoie à un système de mysticisme ésotérique « aussi vieux que l'homme, connu en Inde et pratiqué avant que l'Europe soit devenue un continent » .

Kâla hamsa[V.S.] (skt) H. Voir Hamsa*.

Kalpa[V.S.] (skt) H, B. Une très longue période de temps (variable selon les systèmes) ; un grand cycle de manifestation du monde. Généralement, pour l'Inde : la durée d'un « jour de Brahmâ*   qui couvre bien des cycles mineurs (l 000 mahâyuga).

Kâma [V.S.](skt) H. Désir. À l'aube de l'Univers, le Rig Veda évoque Kâma - le désir originel - comme l'impulsion première vers la manifestation ; il pénètre et soutient tous les mondes, dans leur unité foncière avec l'Absolu. Au plan humain, il s'exprime comme désir d'unir les sens à  leurs objets, pour en jouir. Kâma devient ainsi la grande force irrésistible qui enchaîne l'homme à la terre (cf. tanhâ*). C'est l'aspect Cupidon de l'Amour. Son aspect supérieur (Erôs), qui sous-tend toute démarche spirituelle, est la manifestation du Désir universel qui est en harmonie avec le Dharma* cosmique (cf. Bhagavad-Gîtâ, VIl.11) -ce qui renvoie à la Compassion, la Loi des Lois.

Kâma loka[C.T.] (skt). Plan* semi-matériel, subjectif et invisible pour nous, où demeurent les « personnalités »* désincarnées (les formes astrales appelées kâmarûpa*) jusqu'à ce qu'elles s'évanouissent de ce plan, par l'épuisement complet des effets des impulsions mentales qui avaient créé ces eidôla* de passions et de désirs animaux de qualité inférieure. Voir kâmarûpa. C'est l'Hadès* des anciens Grecs et l'Amenti des Égyptiens — le pays des Ombres Silencieuses.

Kâmarûpa[C.T.] (skt). Métaphysiquement, et dans notre philosophie ésotérique, c'est la forme subjective créée par l'effet des pensées et désirs mentaux et physiques en rapport avec les choses de la matière, par tous les êtres sensibles : cette forme survit à la mort du corps. Après cette mort, trois des sept « principes » (ou, disons, plans* des sens et de la conscience où agissent tour à tour les instincts et 1'idéatlon de l'être humain) — à savoir le corps, son prototype astral et la vitalité physique — n'étant plus d'aucun usage, restent sur la terre; les trois principes supérieurs, groupés en un seul, se plongent dans un état de devachan* , où l'Ego* supérieur demeure jusqu'à l'heure d'une nouvelle incarnation, tandis que l'eidôlon* de l'ex-personnalité* est abandonné seul dans son nouveau séjour. Là, la pâle copie de l'homme qui fut jadis végète pendant un certain temps, dont la durée varie en fonction de l'élément de matérialité qui y reste attaché, et qui est déterminée par la vie écoulée du défunt. Privé comme il l'est de son mental supérieur, de l'esprit et des sens physiques, ce kâmarûpa — s'il est abandonné à lui-même — va graduellement s'éteindre et se désintégrer. Mais s'il est ramené avec force dans la sphère terrestre, que ce soit par l'effet des désirs et appels passionnés des amis survivants, ou par de vraies pratiques de nécromancie* (dont l'une des plus pernicieuses est la médiumnité*) , le « spectre » peut survivre pendant une période dépassant largement la durée de vie naturelle de son corps. Une fois que le kâmarûpa a appris le moyen de retourner à des corps humains vivants, il devient un vampire qui se nourrit de la vitalité de ceux qui sont ainsi désireux de jouir de sa compagnie. En Inde, ces eidôla sont appelés pisacha, et sont fort redoutés.

Kâmarûpa [V.S.](skt) H, T. En hindouisme, le mot signifie « forme protéenne » (prise à volonté), ou bien « qui a la forme du désir » (Bh. Gîtâ, III, 43). En Théosophie : « le corps de désir » , qui, après la mort de l'individu, devient une sorte d'entité astrale, plus ou moins durable (et néfaste) selon la charge d'images et d'énergies du désir qui l'animent et constituent tout le rebut, non spirituel, de la personnalité terrestre.

Kapilavastu[C.T.] (skt). Le lieu de naissance du Seigneur Bouddha* (signifiant « demeure jaune » ) , la capitale du monarque qui fut le père de Gautama* le Bouddha.

Kardec, Allan[C.T.] [1804-1869]. Nom adopté par le fondateur du mouvement spirite français qui s'appelait en réalité Rivail. C'est lui qui rassembla et publia les messages transmis à l'état de transe par certains médiums et qui ensuite en tira une « philosophie » , entre les années 1855 et 1870.

Karma[C.T.] (skt). Physiquement  : l'action; métaphysiquement : la LOI DE RÉTRIBUTION ; la loi de cause et d'effet, ou de causalité éthique. Ce n'est Némésis que dans le sens du mauvais karma. Dans le bouddhisme* orthodoxe, c'est le onzième nidâna dans l'enchaînement des causes et des effets ; mais, en fait, c'est le pouvoir qui contrôle toutes choses, la résultante de l'action morale, le samskâra métaphysique, ou l'effet moral d'un acte commis en vue d'atteindre quelque chose qui satisfasse un désir personnel. Il y a le karma du mérite et le karma du démérite. Karma ne punit ni ne récompense : c'est simplement l'unique LOI UNIVERSELLE qui guide sans erreur et, pour ainsi dire, d'une façon aveugle, toutes les autres lois qui sont productrices de certains effets en suivant les programmes invariables répondant aux types de causalités auxquelles elles sont adaptées. Quand le bouddhisme* enseigne que « karma est le noyau moral (d'un être quelconque) qui seul survit à la mort et persiste dans la transmigration » ou la réincarnation, il signifie simplement que rien ne demeure de chaque personnalité* si ce n'est les causes qu'elle a produites — causes qui ne meurent pas, autrement dit, qui ne peuvent être éliminées de l'Univers avant d'être remplacées par leurs effets légitimes et, pour ainsi dire, effacées par ces effets. Et ces causes, à moins d'être compensées pendant la vie de la personne qui les a produites, par des effets adéquats, suivront l'Ego* dans sa réincarnation* et l'atteindront dans ses renaissances successives, jusqu'à ce que soit pleinement rétablie une complète harmonie entre causes et effets. Bien entendu, aucune « personnalité » (un pur et simple agrégat d'atomes matériels et de caractéristiques instinctuelles et mentales) ne peut continuer comme telle dans le monde du pur esprit. Seul ce qui est immortel dans sa nature même, et divin en essence (à savoir l'Ego), peut exister à jamais. Et comme c'est cet Ego qui, après chaque devachan*, choisit la personnalité qu'il va animer et qui, par l'intermédiaire des personnalités successives, reçoit les effets des causes karmiques produites, c'est donc cet Ego, ce Soi, qui est le « noyau moral » dont il a été question, et Karma incorporé lui-même — ce « qui seul survit à la mort » .

Karma[V.S.] (skt) H, T. L' « action » comme cause productrice de « fruits » ou d'effets. La loi de causalité éthique, qui replace sans cesse l'homme face aux conséquences de ses actes, pensées et attitudes antérieures. Par extension, le « karma » d'un individu est le lot de ces conséquences qu'il « récolte » inéluctablement au fil des jours. Les « chaînes karmiques » , forgées par l'être lui-même, dans son ignorance, ne peuvent être rompues que par l'exercice vigilant de son libre arbitre, et en suivant le sentier du Dharma*.

Kether[C.T.] (héb). [Dans la Kabbale], « la Couronne, la plus élevée des dix sephiroth*. C'est la première sephira* de la triade supérieure, Elle correspond au Macroprosopos [Μικροπροσωπος] (Long Visage, ou Arikh Anpin) qui se différencie en 'Hokmah et Binah ».

Khechara[V.S.] (skt) H. « Qui se meut » (chara) « dans le ciel » (khe). L'un des pouvoirs (siddhi*) du yogi est la faculté de « voler » , ou de se déplacer à volonté à travers l'espace, dans sa forme astrale (T.G.). Le mot désigne aussi diverses entités astrales. Dans le contexte de la Voix, il s'agit probablement de la capacité de libérer la conscience de sa prison terrestre pour accéder à des plans supérieurs.

Klesha[V.S.] (skt) H, B. Affliction. Les Yoga sûtra de Patañjali (II, 3) dénombrent 5 de ces maux dont est affligé l'individu : ignorance (avidyâ*), sens du moi, désir, répulsion, attachement tenace à l'existence. En bouddhisme, ces « souillures » intérieures se multiplient (il y en a 10) et sont également des obstacles à tout progrès. L'arhat est censé avoir éliminé entièrement ces tares, qui condamnent les êtres au samsâra*.

Krishna[V.S.] (skt) H. Le dieu « noir » ou « couleur de nuit » . Dans la Bhagavad-Gîtâ*, c'est l'image par excellence du Maître*-guru* qui demeure, à travers les siècles, le père spirituel de tout homme en quête de lumière et de réalisation spirituelle, illustré par Arjuna. Il représente aussi la source intérieure de l'omniscience, le Soi Supérieur rayonnant par le canal de Buddhi*.

Krishna[C.T.] (skt). Le plus célèbre Avatâr* de Vishnou, le « Sauveur » des hindous et le dieu le plus populaire. C'est le huitième Avatâr, fils de Dévakî et neveu de Kansa, l'Hérode indien, qui, en recherchant l'enfant Krishna parmi les bergers et bergères qui le tenaient caché, fit mettre à mort des milliers de leurs enfants nouveau-nés. L'histoire de la conception, de la naissance et de l'enfance de Krishna forme le prototype exact du récit néo-testamentaire [à propos de Jésus]. Bien entendu, les missionnaires essaient de montrer que les hindous ont volé l'histoire de la Nativité aux premiers chrétiens qui vinrent en Inde.

Kshânti[V.S.] (skt) H, B. L'une des pâramitâ*. La patience qui fait supporter les agressions extérieures, les tracas et l'adversité, sans se détourner du Noble Sentier*, et qui soutient l'étude et l'application des préceptes du Bouddha.

Kshetrajña,[C.T.] ou Kshetrajñeshvara (skt). En Occultisme*, l'Esprit incorporé, l'Ego* conscient dans ses plus hautes manifestations ; le Principe qui se réincarne, ou le « Seigneur » en nous-mêmes.

K'u[V.S.] [Ku] (chi) B. Misères, souffrances. La première des Quatre Nobles Vérités* du bouddhisme : l'existence est douleur. Voir : « huit terribles misères » * .

Kuan-Shih-Yin[V.S.] [Guan-Shi-Yin] (chi) B. « Qui prête attention (kuan) aux voix (yin) du monde (shih) » : la version chinoise d'Avalokiteshvara*. Sa contrepartie féminine est Kuan-Yin, la déesse de la Compassion, réputée grande protectrice de l'humanité - en réalité : la voix divine du Soi dans l'individu, l'aspect féminin du Logos (T.G.), Kuan-Shih-Yin étant son aspect masculin (S.D. l, 473).

Kumâra[C.T.] (skt). Garçon, adolescent vierge, ou jeune homme non marié. Les premiers Kumâra sont les sept fils de Brahmâ, nés des membres du dieu, dans ce qui est appelé la neuvième création. Il est dit que ce nom leur fut donné en raison de leur refus formel de « procréer » leur espèce : en conséquence, ils « restèrent yogis* » , selon la légende. [Voir mânasaputra*].

Kundalinî[V.S.] (skt) H. De kundalu : cercle, anneau. Kundalinî shakti est définie (S.D. l, 293) « comme le pouvoir ou la Force qui se meut selon une ligne courbe » - à la manière d'un serpent qui déroule ses anneaux. « C'est le principe de vie universel qui se manifeste partout dans la Nature » « l'électricité et le magnétisme n'en sont que des manifestations » [...]. Un yogi doit soumettre complètement ce pouvoir avant d'avoir accès à moksha (la libération de tout lien avec le monde). La manifestation contrôlée de cette énergie dans l'ascète engendre divers phénomènes d'ordres psychique ou spirituel, selon le centre occulte ou chakra particulier du corps qui est stimulé. Voir anâhata shabda*.

Kung[V.S.] [Gong] (chi). En musique chinoise: la première note de la gamme pentatonique primitive.

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L (↓ lettre suivante)

Labre, Benoît,[C.T.] st. Saint catholique [français], béatifié avec solennité il y a quelques années [1885]. Sa grande sainteté a consisté à rester assis aux portes [des églises] de Rome, nuit et jour pendant 40 ans, et sans se laver durant tout ce temps. En conséquence, il fut rongé par la vermine jusqu'aux os.

Lagpa[V.S.] (tib). La main; d'après Schlagintweit: symbole astrologique de la planète Mercure (voir Lhagpa).

Lama[V.S.] [bLa-ma] (tib) B. En principe : un supérieur dans l'ordre monastique. Un guru*, détenant une authentique autorité spirituelle. Souvent le mot est attribué par politesse à un religieux d'un degré quelconque. (T.G.)

Langue des Mystères.[C.T.] « Jargon » secret sacerdotal employé par les prêtres initiés, réservé à la discussion sur les choses sacrées. Chaque nation a eu sa propre langue de ce genre, inconnue de tous sauf de ceux qui étaient admis aux Mystères*.

Lanou[V.S.] - T. Mot orthographié Lanoo dans le texte anglais et francisé en Lanou. D'origine incertaine, il ne figure pas dans les dictionnaires usuels (skt, pâl, chi, tib, voire mongol). Très peu utilisé par H.B.P. en dehors de la Doctrine Secrète (dans les Stances de Dzyan, qui relèvent de la même source que la Voix du Silence), au sens de disciple, ou « chela* qui étudie l'ésotérisme pratique » (S.D., l, 71 note). Voir l'article « Occultisme pratique » (Lucifer 1888, p. 150-4) : de simple upâsaka (disciple laïc) qu'il était le chela* devient lanou-upâsaka, une fois franchie la première initiation. Le mot pourrait avoir une étymologie chinoise, combinant nu (= esclave, humble serviteur) et la (transcription chinoise du tibétain Lha*, signifiant dieu, ou guru* divin). Voir chela*.

La o Tseu [C.T.](chin). Grand sage, saint et philosophe [des 6ème -5ème siècles av. J.-C.] qui précéda Confucius.

Lévi, Eliphas.[V.S.] Hébraïsation des prénoms Alphonse Louis de l'occultiste français Constant (1810-1875), auteur de divers livres sur la kabbale, cités par H.P.B.

Lha[V.S.] (tib) B. Voir deva* (skt). Le mot, qui renvoie à toutes catégories de divinités, est. selon H.P.B.. celui « qui désigne généralement au Tibet les grands adeptes*, comme le mot Mahâtma. Grande Âme. est donné aux mêmes Initiés en Inde ».

Lhagpa [V.S.](tib). Le fi!s de la lune. Mercure (au Tibet comme en Inde classique, où il a pour nom Budha). La planète Mercure. Voir Lagpa*.

Lhamayin [V.S.](tib). B. Esprits mauvais, ennemis des hommes (et des dieux). Voir asura*.

Linga sharîra[C.T.] (skt). «  Corps astral »* , c'est-à-dire le symbole aérien du corps physique. Le terme désigne ce qui est appelé Doppelgänger, le « corps astral » de l'homme ou de l'animal. C'est l'eidôlon* des Grecs, le corps vital servant de prototype [du corps physique], le reflet de l'homme de chair. Il naît avant celui-ci et meurt, ou se dissipe, avec la disparition du dernier atome du corps.

Livre des Clefs.[C.T.] Un vieil ouvrage kabbalistique, dont l'original n'existe plus, bien qu'on puisse en trouver des copies falsifiées ou défigurées, et des contrefaçons (14).

Logos[C.T.] (gr). Chez toutes les nations et tous les peuples, la Déité manifestée : l'expression extérieure ou l'effet de la Cause qui reste à jamais cachée. C'est ainsi que le langage est le logos de la pensée ; aussi, au sens métaphysique, les termes « Verbe » et « Parole » en rendent-ils une traduction convenable.

Loka[V.S.] (skt ) H. Région, monde. l'une des subdivisions du grand univers, étagées depuis le divin, ou l'Absolu, jusqu'aux niveaux les plus matériels : particulièrement, sphère ou plan d'expérience de conscience.

Loi de rétribution.[C.T.] Voir Karma*.

Long Visage, ou Longue Face.[C.T.] Terme kabbalistique, en hébreu : Arikh Anpin, en grec : Makroprosôpos [Μικροπροσωπος], en opposition à Tsaïr Anpin, le Mikroprosôpos [Μικροπροσωπος]. Le premier renvoie à la Déité, l'autre à l'homme, « la petite image de la grande forme »

Longin, Denys Cassius.[C.T.] Célèbre critique et philosophe [grec], né au tout début du 3ème siècle (vers 213). Grand voyageur, il suivit à Alexandrie les leçons d'Ammonios Saccas*, le fondateur du néo-platonisme, mais fut plus un critique [littéraire] qu'un disciple. Porphyre* (un juif [selon A. Wilder]*, de son vrai nom Malek, ou Malchos) l'eut pour maître avant de devenir le disciple de Plotin*. On a dit de lui qu'il était une bibliothèque vivante et un musée ambulant. Vers la fin de sa vie, il devint le maître en littérature grecque de la reine de Palmyre, Zénobie*. Elle le paya de ses services en l'accusant devant l'empereur romain Aurélien de l'avoir conduite par ses conseils à se rebeller contre Rome, crime pour lequel Longin, avec plusieurs autres, fut mis à mort par ordre impérial, en 273.

Lug[V.S.] [Lugs] (tib). Manière, méthode. Façon de procéder.

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M (↓ lettre suivante)

Macrocosme.[C.T.] Littéralement, le « grand univers » , ou le grand Kosmos.

Mâdhyamaka[V.S.] (skt) B. De mâdhyama qui est au milieu : l'enseignement de la Voie du Milieu.

Mâdhyamika[V.S.] (skt) B. Nom de l'École de la « Voie du Milieu » (et de ses représentants) fondée par Nâgârjuna* (dont les réelles doctrines ésotériques sont probablement restées voilées). Selon cette École du mahâyâna*, toute proposition sur la nature des choses doit être rejetée comme inexacte ; la vacuité (shûnyatâ) est la réalité ultime : l'atteindre c'est gagner la plénitude, la libération. Il faut pour cela distinguer entre réalité relative (samvriti satya*) et suprême vérité (paramârtha satya*) et faire la part des deux dans la discipline quotidienne.

Magie.[C.T.] La « Grande » Science. Selon Deveria et d'autres orientalistes, « la magie fut considérée comme une science sacrée inséparable de la religion » par les nations de la plus haute Antiquité, qui jouissait de la plus brillante civilisation et du plus grand savoir. Ainsi, les Égyptiens constituèrent une nation la plus sincèrement religieuse, comme le furent et le sont encore les hindous. Selon Platon, « la magie consiste dans le culte des dieux, et s'acquiert par ce culte ». Se peut-il donc qu'une nation dont il est prouvé — comme le démontrent indubitablement inscriptions et papyrus — qu'elle a cru fermement à la magie pendant des milliers d'années, ait été trompée pendant si longtemps ? Et est-il vraisemblable que des générations successives d'une hiérarchie instruite et pieuse (dans laquelle beaucoup d'individus ont eu des vies de martyre librement enduré, de sainteté et d'ascèse) aient pu continuellement se tromper et tromper les gens (ne serait-ce même que duper le public par supercherie) pour le seul plaisir de perpétuer une croyance dans les « miracles » ? À ce qu'on dit, les fanatiques sont prêts à n'importe quoi pour faire croire de force à leur dieu ou leurs idoles.À cela nous répondons : en pareils cas, les brâhmanes et les Rekhget-Amen, ou hiérophantes* égyptiens, n'auraient pas popularisé la croyance dans le pouvoir donné à l'homme, par des pratiques magiques, d'obtenir par commandement les services des dieux — ceux-ci n'étant, en vérité, que les pouvoirs ou potentialités occultes de la Nature personnifiés par les prêtres éclairés eux-mêmes, qui vénéraient en eux seulement les attributs de l'unique Principe inconnu et innommable. Comme le dit bien le [néo-] platonicien Proclus : « Les prêtres de jadis, en considérant qu'il existe une certaine alliance et sympathie réciproque dans les choses naturelles, et parmi les choses qui sont manifestes aux pouvoirs occultes, et en découvrant que tout subsiste en tout, fabriquèrent une science sacrée fondée sur cette sympathie mutuelle et cette similarité... et appliquèrent à des fins occultes les natures aussi bien célestes que terrestres, au moyen desquelles, par le jeu d'une certaine similitude, ils remontèrent jusqu'aux natures divines, pour les amener en rapport avec cette demeure inférieure ». La magie est la science qui a pour objet de communiquer avec les pouvoirs supérieurs transcendant le monde terrestre, et de les diriger, ainsi que de commander à ceux des sphères inférieures : c'est une connaissance pratique des mystères cachés de la Nature, que seul possède le petit nombre, du fait qu'ils sont si difficiles à maîtriser sans tomber dans le péché contre la loi. Les mystiques* de l'Antiquité, comme ceux du Moyen-âge, divisèrent la magie en trois classes : théurgie*, goétie et magie naturelle. Comme le dît Kenneth Mackenzie, « les théosophes et les métaphysiciens se sont approprié depuis longtemps la théurgie comme leur sphère particulière. La goétie est la magie noire*, et la magie  « naturelle » , ou magie blanche* s'est élevée, avec l'art de la guérison dans ses ailes, jusqu'à la fière position d'une étude exacte et progressive ». Les commentaires ajoutés par notre érudit défunt Frère sont remarquables : « Les désirs réalistes des temps modernes ont contribué à jeter la magie dans le discrédit et le ridicule... La foi (dans le propre soi de l'opérateur) est un élément essentiel en magie, et elle a existé bien avant que soient formulées d'autres idées qui présument de sa pré-existence. On dit qu'il faut un homme sage pour faire un fou ; et l'idée d'un homme doit être exaltée presque jusqu'à la folie (c'est-à-dire que la sensibilité de ses fibres cérébrales doit être accrue bien au-delà du misérable niveau inféneur de la civilisation moderne) avant qu'il puisse devenir un vrai magicien, car une poursuite de cette science implique un certain degré d'isolement et d'abnégation de soi » . Un très grand isolement, à coup sûr, dont l'obtention constitue déjà un phénomène prodigieux, un miracle en soi-même. Cependant la magie n'a rien en soi de surnaturel. Comme l'explique Jamblique* [en parlant des magiciens] : « En opérant à l'aide de la théurgie sacerdotale, ils se disent capables d'atteindre à des essences plus élevées et universelles, et à celles qui sont établies au-dessus du destin, à savoir Dieu et le démiurge — et cela sans employer la matière, ni recourir à quoi que ce soit d'autre sinon à l'observation d'un temps judicieux » . Déjà, certaines personnes commencent à reconnaître l'existence de pouvoirs et d'influences de caractère subtil dans la Nature dont elles n'avaient rien su auparavant. Mais comme le remarque le Dr Carter Blake, à juste titre : « Le dix-neuvième siècle n'est pas celui qui a observé la genèse de nouvelles méthodes de pensée ni le parachèvement d'anciennes » , à quoi M. Bonwick ajoute : « Si les Anciens n'avaient qu'une connaissance limitée de notre mode d'investigation dans les secrets de la Nature, nous en savons encore moins en ce qui concerne leur mode de recherche » .

Magie blanche.[C.T.] La magie* bénéfique : sous cette désignation c'est la magie divine, dénuée de tout égoïsme, amour du pouvoir, ambition ou lucre, et toute tournée vers le seul bien du monde en général et d'autrui en particulier. La plus petite tentative que fasse un homme pour utiliser ses pouvoirs anormaux en vue de sa propre satisfaction fait de l'exercice de ces pouvoirs de la sorcellerie, ou de la magie noire*.

Magie[C.T.] cérémonielle. Magie selon des rites kabbalistiques, mis en œuvre — à ce que prétendent les rosicruciens et d'autres mystiques — en invoquant des pouvoirs spirituellement plus élevés que l'homme et en commandant à des élémentaux* qui sont bien plus bas que lui sur l'échelle des êtres.

Magie[C.T.] noire. Voir supra. Sorcellerie, nécromancie (ou évocation des morts), et autres abus égoïstes de pouvoirs paranormaux — abus qui peuvent ne pas être intentionnels mais n'en sont pas moins de la magie noire chaque fois qu'un phénomène est produit pour la satisfaction personnelle.

Mahâmanvantara[C.T.] (skt). Littéralement, le grand intervalle couvert par les Manu* — la période totale d'activité universelle. Le mot manvantara se limite ici à une simple période d'activité, en opposition au pralaya, ou période de repos, sans référence à la durée du cycle.

Mahat[C.T.] (skt). Littéralement, « le Grand » . Le principe premier d'Universelle Intelligence et conscience. Dans la philosophie des Purâna*, le premier produit de la Nature-racine, ou pradhâna (même sens que mûlaprakriti) ; de Mahat dérive Manas*, le principe pensant, et Ahamkâra*, l'égotisme, ou le sens du « Je suis moi » dans le Manas inférieur.

Mahâtma [C.T.](skt). Littéralement : « Grande Âme ». Désigne un adepte de l'ordre le plus élevé, un être exalté qui, pour avoir atteint à la maîtrise sur ses principes inférieurs, vit sans être limité par l' « homme de chair » . Les Mahâtma sont en possession de la connaissance et du pouvoir qui correspondent au degré qu'ils ont atteint dans leur évolution spirituelle. En pâli (15), le mot est Rahat, et Arhat*.

Mahâyâna[C.T.] (skt). L'une des Écoles de philosophie bouddhique ; littéralement : « Grand Véhicule » . Fondé par Nagârjuna, c'est un système mystique dont les livres furent rédigés au 2ème siècle av. J.-C.

Mahâyâna[V.S.] (skt) B. « Grand véhicule » par opposition au bouddhisme hînâyana*. Alors que ce dernier invite l'individu à s'affranchir des chaînes de la souffrance et à progresser par son mérite vers l'état d'arhat*, le mahâyâna l'incite à vivre l'idéal du bodhisattva* afin de contribuer au bien de tous les êtres. Les enseignements des différentes branches de ce « véhicule » (mâdhyamika*, yogâchâra*, etc.) témoignent d'une très grande richesse de pensée. Après l'exil des bouddhistes de l'Inde, le mahâyâna s'est largement développé au Tibet et en Chine. Corée, Japon, etc. (d'où le nom de « bouddhisme du Nord » ). Même si un décalage historique semble évident entre l'époque du Bouddha et l'émergence des doctrines mahâyânistes (affirmant, entre autres, l'existence d'un « germe de Bouddha » dans chaque être) il ne fait pas de doute qu'elles étaient dès le début inscrites dans l'enseignement ésotérique du Tathâgata*.

Maître.[C.T.] Ce mot répond au sanskrit guru, « instructeur spirituel » ; il a été adopté par les théosophes [de la S.T.] pour désigner les grands adeptes dont ils tiennent les enseignements.

Maître[V.S.] - T. Personne qui a atteint la pleine possession d'une science, d'un art ou d'un ensemble de pouvoirs, par un long cheminement exigeant étude, ascèse et entraînement adéquats, ponctué d'épreuves et d'initiations confirmant l'individu dans le degré qu'il a atteint. Dans la grande chaîne des Initiés, chacun est l'élève et serviteur d'un Maître qui lui est supérieur, et est responsable à son tour de disciples qu'il doit aider à progresser, conformément à la loi de fraternité dominant l'ensemble. Le Maître devient alors instructeur (âcharya. guru*. etc.). Cependant ce père spirituel ne peut que préparer le chela* à sa seconde naissance, qui lui révélera la puissance et la sagesse éternelle du véritable Maître et Instructeur intérieur - l'Âlaya*, ou le Maître unique, dont la lumière est présente dans l'être, depuis toujours.

Manas [C.T.](skt). Littéralement, le « mental » : la faculté mentale qui fait d'un homme un être intelligent et moral, et le distingue du simple animal. Terme synonyme de Mahat*. Ésotériquement, cependant, employé sans autre qualification, il signifie l'Ego* supérieur, ou le principe conscient qui dans l'homme se réincarne. Par contre, avec un qualificatif, il est question pour les théosophes de Buddhi-Manas — l'âme spirituelle — qu'il faut opposer à son reflet humain, Kâma-Manas.

Manas [V.S.](skt) H, T. La faculté rationnelle de la pensée. L'un des éléments de l' « organe interne » (antahkarana*) considéré comme le 6ème des sens de perception (donc leur chef = le « rajah des sens » . selon la Voix) : il saisit chaque message des sens et, avec l'aide de la mémoire, en présente l'image ainsi « pensée » à buddhi, l'organe du discernement. Si on englobe encore parmi les sens les cinq « organes d'action » énumérés par l'hindouisme, manas est à compter comme le 11ème de cet ensemble, car c'est par son canal aussi que passent les ordres donnés à la machinerie physique. Pour la Théosophie, cette activité de manas qui, en réalité, intervient dans la mise en forme de toute sensation. perception, pensée, sentiment, etc., utilisant la machinerie mentale du cerveau et de l' « homme astral »* . ne représente qu'une manifestation très limitée du grand pouvoir de Manas. lequel appartient en fait à l'Ego supérieur.

Mânasaputra[C.T.] (skt). Littéralement : « Fils du Mental » ou « Fils né du Mental » . Le terme s'applique à notre Ego* supérieur, avant son incarnation dans le genre humain. Dans les anciens textes sacrés des hindous, les Purâna*, qui sont exotériques bien qu'allégoriques et symboliques, c'est le titre donné aux Fils de Brahmâ* nés du Mental, les Kumâra*.

Mânasapûtra[V.S.] /skt ) T. Littéralement : fils (pûtra) du Mental Universel (Manas). Dans l'immense processus évolutif de la montée de la conscience à travers tous les règnes de la nature, l'accession au stade humain, avec l'éveil de l'intelligence, n'a pas eu lieu, sur notre planète. d'une façon aléatoire elle a demandé l'intervention volontaire de hiérarchies avancées et intelligentes (des « Fils du Mental Universel » ) qui ont, symboliquement, allumé la lumière du Manas dans ce qui allait devenir la famille des « âmes humaines » . Ainsi, la pure essence de l'Ego spirituel dans chaque homme est directement liée au Mental Universel. par l'intermédiaire d'un tel mânasapûtra. Cf. S.D. l, 571, pour le rapport entre les Dhyânibuddha* et les mâna-sapûtra*. Voir aussi : Esprit planétaire*.

Mânasarûpa[V.S.] (skt) T. La « forme » (rûpa) du Manas, le « corps » du mental.

Manas-sutrâtma [C.T.](skt). Association de termes signifiant « mental » (Manas*) et « âme-fil »* (sutrâtma*). C'est l'expression synonyme de notre Ego*, ce qui en nous se réincarne. Terme technique de la philosophie du Vedânta*.

Manas taijasa[C.T.] (skt). Littéralement : le Manas* « rayonnant » ; c'est un état de l'Ego* supérieur que seuls de hauts métaphysiciens sont capables de réaliser et de comprendre. Voir, dans le même sens, « Buddhi taijasî » *.

Mantram [C.T.](skt). Versets des œuvres védiques utilisés comme charmes et incantations. Par mantram, on doit entendre toutes les parties des Veda qui sont distinctes des Brâhmana — leur interprétation.

Manu [C.T.](skt). Le grand législateur de l'Inde. Le mot vient de la racine sanskrite man, penser — il renvoie à l'humanité, en réalité [en anglais, MAN signifie homme], mais le terme s'applique spécifiquement à Svâyambhuva [Manu], le premier des Manu, issu lui-même de Svayambhû, le soi-existant, lequel pour cette raison est le Logos* et le progéniteur de l'humanité. Manu, comme premier législateur, est un être presque divin.

Manvantara[C.T.] (skt). Période de manifestation, qu'on oppose à pralaya* (dissolution, ou repos) ; le terme s'applique à divers cycles, particulièrement au Jour de Brahmâ* (4.320.000.000 années solaires) et au règne de [l'un des 14] Manu (308.448.000 ans). Littéralement : Manuantara — période d'un Manu [antara, signifiant contenu intérieur, intervalle]. Voir la Doctrine Secrète (éd. originale, II pp. 68 et seq).

Manvantara [V.S.](skt) H. La période, ou âge, d'un Manu (sorte de progéniteur de l'humanité, qui gouverne chaque grand cycle d'évolution sur la terre). Globalement, le règne de ces Manu (au nombre de 14) couvre une période de plus de 4 milliards d'années (un « Jour de Brahmâ* » ).

Mâra [V.S.](skt) ; B. De la racine mri (mourir) d'où mârayati : faire mourir, tuer. Mâra est le « tueur » , le « destructeur » : c'est le Tentateur, aidé de ses armées (les Mâra), personnifiant le pouvoir de fascination des désirs et passions insatiables. Pour s'en être rendu maître sous l'arbre de Bodhi*, Gautama a été appelé « vainqueur de Mâra » .

Mârga[V.S.] (skt) B. De la racine mrig : poursuivre (un gibier) chercher à obtenir. Mârga est le chemin (voie, route,sentier) qu'on suit pour atteindre son but. En bouddhisme, le Noble Sentier (skt : âryamârga) est l'Octuple Voie, tracée par le Bouddha, constituant la dernière des Quatre Nobles Vérités*, et conduisant à l'extinction de la souffrance. Le mot mârga (pâl : magga) désigne aussi chaque phase d'une voie suivie (p. ex. : Arahatta* magga). On distingue généralement la Voie (mârga) où l'on entre et le « fruit  » (phala) que l'on récolte en parvenant à son but.

Matérialisations.[C.T.] Dans le langage du spiritisme*, le mot signifie l'apparition objective des soi-disant « Esprits des morts » qui, occasionnellement, se revêtent de matière ; en d'autres termes, en tirant parti des matériaux disponibles, trouvés dans l'atmosphère et des émanations des assistants, ils se constituent un corps temporaire présentant la ressemblance humaine du défunt, tel qu'il apparaissait pendant sa vie. Les théosophes acceptent comme un fait le phénomène de « matérialisation » , mais ils rejettent la théorie prétendant qu'il est produit par les « Esprits » , censés être les principes immortels de personnes désincarnées. Les théosophes déclarent que, dans les cas où les phénomènes sont authentiques — ce qui se produit plus rarement qu'on le croit généralement — ils sont dus aux larves (en latin : larvae), aux eidôla* ou aux « fantômes » de personnalités* défuntes qui hantent le kâma loka*. (Voir ce mot, ainsi que kâmarûpa*). Étant donné que ce kâma loka est sur le plan terrestre, et ne diffère de son niveau de matérialité que par le degré de son plan de conscience, il est caché à la portée de notre vue normale, et l'apparition occasionnelle de telles coques astrales n'est pas moins naturelle que les phénomènes de boules de feu électrique, et d'autres, qui se produisent dans l'atmosphère. L'électricité, considérée comme fluide, ou matière atomique (les Occultistes* tiennent en effet, avec Maxwell, qu'elle est atomique), est toujours présente dans l'air, bien que de façon invisible, et elle se manifeste, sous diverses formes, mais uniquement lorsque certaines conditions sont réunies pour « matérialiser » le fluide, et le faire passer alors de son propre plan au nôtre et le rendre ainsi objectif. Il en va de même avec les eidôla* des morts. Ils sont présents autour de nous, mais sans nous voir (du fait qu'ils demeurent sur un autre plan), pas plus que nous-mêmes ne les voyons. Cependant, chaque fois que les forts désirs des hommes vivants s'expriment en un lieu où sont réunies aussi les conditions fournies par la constitution anormale des médiums, ces eidôla sont attirés — bien plus, entraînés avec force — pour descendre de leur plan au nôtre et devenir objectifs. C'est de la nécromancie* : sans faire aucun bien aux morts, elle cause un grand mal aux vivants, sans parler du fait qu'elle interfère avec une loi de la Nature. La matérialisation occasionnelle de corps astraux ou doubles, de personnes vivantes est une tout autre question. Ces formes « astrales » sont souvent prises à tort pour des apparitions des morts du fait que, comme les caméléons, nos propres « élémentaires » , ainsi que ceux des désincarnés et des élémentaux cosmiques, prennent souvent l'apparence des images qui sont les plus fortes dans nos pensées. Pour résumer, dans ce qu'on appelle les « séances* de matérialisation » , ce sont les personnes présentes et le médium qui créent l'apparition particulière. Le cas des « apparitions » indépendantes relève d'un tout autre genre de phénomènes psychiques.

Matérialiste.[C.T.] Ce n'est pas nécessairement celui seulement qui ne croit ni en Dieu ni en l'âme, ni à sa survivance, mais c'est aussi bien toute personne qui matérialise ce qui est purement spirituel — comme le font ceux qui croient en une Déité anthropomorphe, en une âme capable de brûler dans le feu de l'enfer, en un enfer et un paradis qui seraient des lieux particuliers et non des états de conscience. La secte chrétienne des « substantialistes » américains est matérialiste, comme le sont aussi les soi-disant « spiritualists » [=spirites anglo-saxons].

Mâyâ[C.T.] (skt). Illusion ; c'est le pouvoir cosmique qui rend possibles l'existence phénoménale et les perceptions qu'on en a. Dans la philosophie hindoue, seul est appelé réalité ce qui est sans changement et éternel ; tout ce qui est sujet au changement par décomposition et différenciation, et qui a, par conséquent, un commencement et une fin, est considéré comme MÂYÂ — illusion.

Mâyâ [V.S.](skt) H. Le pouvoir magique, ou l'art prestigieux attribué au Divin qui déploie dans l'espace la multiplicité fantastique des mondes et des êtres, en dissimulant sous le voile illusoire des apparences l'unité fondamentale de leur essence. L'illusion personnifiée. Sont particulièrement mâyâviques (de l'adjectif skt : mâyâvin) ou illusoires, les « régions » inférieures de la lumière astrale* pour l'ignorant qui y accède.

Médiumnité.[C.T.] Terme accepté maintenant pour désigner l'état psychophysiologique anormal qui conduit une personne à prendre pour réalités les fantaisies de son imagination, ses hallucinations*, qu'elles soient réelles ou artificielles. Nul individu entièrement sain sur les plans physiologique et psychique ne peut jamais être un médium. Ce que voient, entendent et sentent les médiums est « réel » mais mensonger, ne reflétant pas la vérité : l'information provient soit du plan astral — qui est fort trompeur dans ses vibrations et ses suggestions — soit de pures hallucinations, dépourvues de toute existence réelle si ce n'est pour celui qui les perçoit. La « médiumnité » est un genre vulgarisé de capacité à servir d'intermédiaire, de médiateur : celui qui est affligé de cette faculté est censé devenir un agent de communication entre un homme vivant et un « Esprit » trépassé. Il existe des méthodes reconnues pour s'entraîner au développement d'une telle faculté indésirable.

Mercabah ou Mercavah [C.T.](héb). « Un char. Les kabbalistes disent qu'après avoir établi les 10 sephiroth* (qui, dans leur totalité, constituent Adam Kadmon*, l'Homme-archétype), le Suprême les utilisa comme un char, ou un trône de gloire, pour descendre sur l'âme des hommes » .

Meru [V.S.](skt) H. Montagne fabuleuse des dieux, comparable à l'Olympe des Grecs ; objet de nombreuses descriptions cosmologiques, il fixe le centre de l'univers. Le Gange, fleuve sacré, y prend sa source céleste, pour se répandre sur la terre. Sur le mont Meru (ou Sumeru) se trouve la cité d'or de Brahman*. D'autres divinités y ont leur séjour, étagé à des niveaux différents. Une interprétation symbolique de Meru renvoie à la constitution occulte de l'homme. Voir l'article « Mount Meru » , revue The Path.,jan.-fév.1891.

Mesmérisme.[C.T.] Terme dérivé du nom de Mesmer [1734-1815], qui redécouvrit la force magnétique et son application pratique, vers 1775, à Vienne. [Le mesmérisme met en jeu] un courant vital qu'une personne peut transmettre à une autre, en induisant ainsi chez cette dernière un état anormal du système nerveux qui permet à l'opérateur d'avoir une influence directe sur le mental et la volonté du sujet — l'individu mesmérisé.

Métaphysique.[C.T.] Du grec méta, après, ou au-delà, et physika, choses du monde matériel extérieur. Traduire le mot par « démarche au-delà de la nature » ou surnaturelle, c'est oublier l'esprit et s'en tenir à la lettre morte, car il s'agit plutôt de dépasser le naturel dans ce qu'il a de visible ou concret. En ontologie et en philosophie, la métaphysique est le terme pour désigner la science qui traite de l'être réel et permanent, par contraste avec l'être irréel, illusoire, ou phénoménal.

Microcosme. [C.T.]Le « petit » Univers, signifiant l'homme, fait à l'image de son créateur (le Macrocosme*, ou le « Grand » Univers) et contenant en lui-même tout ce que contient ce dernier. Ces termes sont utilisés en Occultisme* et en Théosophie.

Mieh[V.S.] [Mie] (chi) B. Traduction du mot nirodha (skt) ; l' « extinction » (des passions et autres causes de souffrance). La troisième des Quatre Nobles Vérités*, qui ouvre au nirvâna.

Migmar[V.S.] [Mig-dmar] (tib). « Œil (mig) rouge (mar) ». La planète Mars. D'après Schlagintweit, son symbole astrologique est un œil.

Mishnah[C.T.] (héb). Littéralement : « répétition » , du verbe shânâh, répéter une chose dite oralement. Résumé d'explications écrites d'après les traditions orales des Juifs, et étude ordonnée des Écritures sur lesquelles a été basé ultérieurement le Talmud.

Moksha[C.T.] (skt). Même sens que nirvâna* ; c'est un état posthume de repos et de béatitude de l' « Âme-pèlerin ».

Monade. [C.T.]C'est l'Unité, ou l'UN ; mais en Occultisme*, le mot renvoie souvent à la Dyade [grec : Duas, Δυας] unifiée, Âtma-Buddhi — ce qui constitue la partie immortelle de l'homme qui, après s'être incarnée dans les règnes inférieurs, et avoir progressé peu à peu jusqu'au stade humain, trouve dès lors sa voie jusqu'au but final — le nirvâna*.

Monas[C.T.] (gr [μονας]). Même sens que le terme Monade*, l' « unique » , une Unité. Dans le système pythagoricien, la Dyade émane de la Monas supérieure, et solitaire, laquelle représente par conséquent la Cause Première.

Monde Occulte, Le.[C.T.] Titre du premier livre [1881] qui ait traité de la Théosophie, de son histoire et de certains de ses principes. Écrit par A.P. Sinnett, à l'époque rédacteur en chef d'un journal indien influent, le Pioneer, publié à Allahabad, en Inde.

Monogénès [C.T.](gr [Μονογενης] ). Littéralement : « engendré seul » ; épithète donnée à Proserpine [Perséphone en grec] et d'autres dieux et déesses, ainsi qu'à Jésus.

[Mosheim, Johann Lorenz von[C.T.] (1694-1755). Théologien luthérien de renom, qui passe pour le fondateur de l'école pragmatique des historiens d'Église. Son Histoire Ecclésiastique (publiée en latin, en 1726) influença des générations d'érudits — entre autres, le rédacteur des articles « Ammonius » et « Eclectics » parus en 1830 dans The Edinburgh Encyclopaedia. Malheureusement, le tableau donné par Mosheim du personnage d'Ammonios Saccas* et de sa doctrine apparaît irrecevable et non fondé, à la lumière de l'érudition moderne. En réalité, Mosheim, irrité par le succès du maître alexandrin (responsable selon lui, d'avoir détourné les penseurs chrétiens de la simplicité de l'Évangile), lui fait un procès en règle, en inventant ou déformant les faits d'une façon intolérable. Pour sa part, l'auteur cité de l'Edinburgh Encyclopaedia n'a fait que paraphraser Mosheim, en ajoutant quelques confusions de son cru, comme l'affirmation que le système d'Armmonios avait reçu dès le début l'approbation de chrétiens comme Athénagore, Pantène et Clément. À propos de ces derniers, Mosheim avait seulement déclaré qu'ils avaient approuvé ce qu'on appellerait aujourd'hui le renouveau d'intérêt pour Platon, dans la mesure où ses opinions se conformaient au génie du christianisme : ici, Ammonios n'est absolument pas concerné, Mosheim n'évoquant son entrée en scène que dans le paragraphe suivant. Il est regrettable qu'un helléniste comme A. Wilder* se soit inspiré de sources aussi discutables pour rédiger sa brochure sur la « philosophie éclectique » . ]

Mu [V.S.](senzar). Selon H.P.B. (T.G.) : la « destruction de la tentation » dans le cours de la pratique du yoga. Voir Mieh*, mot chinois évoquant la même idée.

Mudrâ [V.S.](skt) H, B. Mot féminin. Un sceau (anneau, etc.) pour imprimer une marque, lettre, etc. Sceau mystique figuré avec les doigts (d'une main ou des deux) disposés entre eux d'une manière codifiée, qui peut être d'une grande puissance magique (T.G.).

Mundaka Upanishad [C.T.](skt). Littéralement : la « doctrine ésotérique Mundaka ». Traité d'une haute antiquité (traduit par Raja Ram Mohun Roy). [Voir, pour une version française, Cahier Théosophique, n° 155, éd. Textes Théosophiques, Paris.]

Myalba[V.S.] [dMyal-ba] (tib). Mot correspondant à naraka (skt) ou niraya (pâl) : enfer. Les traditions évoquent une multiplicité d'enfers (froids ou chauds) dont la durée n'est cependant pas éternelle. Selon H.P.B., Myalba est le nom de la Terre, l' « enfer » où les êtres sont forcés de se réincarner (T.G.). Voir Avîchi*.

Mystères sacrés. [C.T.]Ils étaient représentés dans les temples de l'Antiquité par les hiérophantes* initiés, pour le bien et l'instruction des candidats. Les plus solennels et les plus occultes furent certainement ceux qui furent célébrés en Égypte par « la troupe des gardiens des secrets » , comme M. Bonwick appelle les hiérophantes. Maurice donne en quelques lignes une description vivante des Mystères. À propos de ceux qui étaient représentés à Philae (une île sainte du Nil), il écrit : « C'était dans ces ténébreuses cavernes que les grands arcanes mystiques de la déesse (Isis) étaient dévoilés aux regards des aspirants en adoration, tandis que résonnait l'hymne solennel de l'Initiation répercuté tout au long de ces replis cachés au sein de la pierre ». Le mot « mystère »* vient du verbe grec muô [muw] (se tenir la bouche close), et chaque symbole qui s'y rattache possède un sens caché. Comme l'ont affirmé Platon et bien d'autres sages de l'Antiquité à leur sujet, ils étaient d'un caractère hautement religieux, moral, et bénéfique, considérés comme écoles d'éthique. Les Mystères grecs — ceux de Déméter et de Dionysos n'étaient que des imitations de ceux qu'on célébrait en Égypte, et l'auteur cité [M. Bonwick] du livre «Egyptian Belief and Modern Thought [= Croyance égyptienne et pensée moderne] nous fait savoir que « notre mot chapelle (ou capella [en latin]) renvoie au terme caph-el, ou collège du dieu El, la divinité solaire ». Les Cabires bien connus [divinités sacrées adorées principalement à Samothrace] sont associés aux Mystères. En bref : les Mystères furent dans chaque pays un ensemble de représentations mettant en scène les aspects secrets de la cosmogonie, et de la Nature en général, où intervenaient, comme personnages, les prêtres et les néophytes qui jouaient les rôles des divers dieux et déesses, en répétant alors des scènes supposées (allégoriques) tirées de leurs vies respectives. L'explication en était donnée, dans leur sens caché, aux candidats à l'Initiation ; et les thèmes de ces Mystères furent incorporés aux doctrines philosophiques.

Mystères, langue des -.[C.T.] Voir Langue des Mystères.

Mystique.[C.T.] Du grec mustikos [qui concerne les Mystères]. Dans l'Antiquité : individu appartenant au cercle des initiés* aux Mystères* de jadis. De nos jours : personne qui pratique le mysticisme*, entretient des vues mystiques, transcendantales, etc.

Mysticisme.[C.T.] Mot renvoyant à toute doctrine empreinte de mystère et de métaphysique, et traitant plus des mondes idéaux que de l'univers contingent, terre-à-terre.

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N (↓ lettre suivante)

Nazaræus,[C.T.] Codex. Voir Codex.

Nâda [V.S.](skt) H. De la racine nad : résonner, tonner, mugir. Un son (skt : shabda) à résonance puissante. Son mystique, le nâdabindu (skt) renvoie à la grande vibration originelle, le son primordial qui a déployé l'univers ; également : nâdabrahman (brahman* exprimé comme nâda) renvoie à la « divine résonance » du son AUM, que peut percevoir le mystique. Voir : Theos. l, p. 131-2, sur nâdabrahman et nâdashrishti ( « la totalité du système résonnant censé pénétrer l'univers dans sa profondeur » ) .

Nâga[V.S.] (skt) H, B. Serpent, ou Dragon (Chine, Tibet). Divinités tutélaires, gardiennes des régions du monde ; particulièrement de certains lieux en rapport avec l'eau (lacs, océans...) où ils sont censés conserver les enseignements secrets de la Sagesse. En fait, les grands Nâga sont les Sages-Adeptes qui protègent l'humanité et l'éclairent.

Nâgârjuna[V.S.] (skt) B. L'une des figures majeures de la philosophie du bouddhisme, fondateur de l'École mâdhyamika*. Son nom, associant Nâga* (dragon) et arjuna (une espèce d'arbre) rappelle qu'il serait né sous un arbre et aurait été instruit par les nâga, dans leur palais aquatique. Nâgârjuna l' « arbre-dragon» (chi: Lung Shu), natif du sud de l'Inde, est compté comme le 14ème patriarche du bouddhisme (IIème ou IIIème siècle ap. J.-C.).

Naljor[V.S.] [rNal'byor] (tib) B. La réalisation (jor) de l'état paisible (nal) de contemplation. Mot correspondant à yoga (skt). Le naljorpa (féminin : naljorma) est celui qui s'adonne au yoga, un yogin (fém. yogini). Schlagintweit (B.T., p. 88) emploie à tort le mot naljor, au sens de naljorpa, qu'il traduit par saint, dévôt. H.P.B. a utilisé ce même mot, orthographié narjol, pour désigner un saint Adepte*.

Nécromancie.[C.T.] Évocation des images des morts, considérée dans l'Antiquité, ainsi que par les Occultistes* modernes, comme une pratique de magie noire*. Porphyre*, Jamblique*, et d'autres théurges, la désavouèrent tout autant que Moïse qui condamna les sorcières de son temps à la mort, lesquelles n'étaient bien souvent que des médiums — comme dans le cas de la sorcière d'Endor évoquant l'ombre de Samuel [pour Saül] , cf. I Samuel, XXVIII.

Néo-platoniciens. [C.T.]École de philosophie qui vit le jour entre le 2ème et le 3ème siècles de notre ère et fut fondée par l'Alexandrin Ammonios Saccas*. [Selon AlexanderWilder* :] même sens que philalèthes* et analogisticiens*. Ils furent aussi désignés comme théurges [voir Jamblique*] et d'autres noms divers. Ils furent les théosophes des premiers siècles. Le néo-platonisme c'est la philosophie de Platon plus l'extase*, le divin râja yoga.

Nephesh [C.T.](héb). [Souffle, haleine, d'où] « Souffle de vie, Anima [lat], Mens Vitae [lat], appétits. Le terme est utilisé de façon très variable dans la Bible. Il signifie, en général, prâna, la « vie » ; dans la Kabbale*, il désigne les passions animales et l'âme animale » . C'est pourquoi, comme l'affirment les enseignements théosophiques, nephesh représente le principe prâna-kâmique, ou l'âme vitale animale dans l'homme.

Nirmânakâya [C.T.](skt). Dans la philosophie ésotérique, ce mot évoque quelque chose d'entièrement différent de ce que lui prêtent le sens populaire et les définitions fantaisistes des orientalistes. Certains, (comme Schlagintweit), appellent le corps nirmânakâya « nirvâna* avec restes  » , en supposant, probablement, que c'est une sorte d'état nirvânique où la conscience et la forme sont conservées. D'autres déclarent que c'est l'un des trois corps (trikâya), « doué du pouvoir de prendre n'importe quelle forme d'apparition, afin de propager le bouddhisme* » (voir Eitel [Hand-book for the Student of Chinese Buddhism] ) , ou encore que c'est « l'avatâr* incarné d'une déité » (ibidem). Pour sa part, l'Occultisme* affirme (voir La Voix du Silence [note 44, pp.93-4] ) que, bien que le sens littéral soit « corps de transformation » , le mot nirmânakâya renvoie à un état. La forme est celle où s'incorpore l'adepte* ou le yogi* qui entre dans cet état post mortem (ou qu'il choisit) de préférence à la condition de dharmakâya ou d'état nirvânique absolu. S'il le fait, c'est parce que ce dernier kâya [corps] le séparerait à jamais du monde des formes, en lui conférant un état de béatitude égoïste, auquel ne pourrait prendre part aucun autre être vivant, l'adepte étant dès lors privé de la possibilité d'aider l'humanité, ou même les deva*. Par contre, comme nirmânakâya, l'adepte abandonne seulement son corps physique et conserve tous les autres « principes » à l'exception du kâmique, car il l'a extirpé à jamais de sa nature pendant la vie incarnée, et ce principe ne pourra en aucun cas ressusciter dans l'état posthume de l'adepte. Ainsi, au lieu d'entrer dans une félicité égoïste, il choisit une vie de sacrifice de soi-même, une existence qui ne se terminera qu'avec le Cycle de Vie, pour avoir la possibilité d'aider l'humanité d'une manière invisible, bien que fort efficace. Voir La Voix du Silence, traité III, « Les sept portails ». Ainsi, contrairement à la croyance populaire, le nirmânakâya n'est pas « le corps dans lequel apparaît un Bouddha* ou un Bodhisattva, sur la terre » mais c'est, en vérité, l'être qui — après avoir été Chutuktu ou Khubilgan (16), adepte ou yogi pendant la vie — est devenu par la suite un membre de la légion invisible qui sans cesse protège le genre humain, et veille sur lui — dans les limites de karma*. Souvent pris à tort pour un « Esprit » , un Deva*, ou Dieu lui-même, etc. un nirmânakâya est toujours, pour celui qui est digne de son aide, un ange protecteur, plein de compassion — véritablement, un ange gardien. Quelles que soient les objections soulevées contre cette doctrine, et les dénégations véhémentes qu'elle suscite — sous le prétexte qu'elle n'avait jamais été rendue publique auparavant en Europe, et que, pour cette raison, les orientalistes l'ignorant, elle devait nécessairement être « un mythe d'invention moderne » — personne n'aura l'audace d'affirmer que cette idée d'aider l'humanité souffrante, au prix d'un autosacrifice presque interminable, n'est pas l'une des plus sublimes et des plus nobles qui soient jamais sorties du cerveau humain.

Nirmânakâya[V.S.] (skt) B. Corps (kâya) de « transformation» (nirmâna), de la racine nirma : construire, former, produire, créer. Les traditions exotériques désignent de ce nom le corps terrestre, ou « corps d'apparition » , qui sert aux Bouddhas à venir parmi les hommes, dans l'intention de les guider vers la libération. En tibétain, le mot tulpa (sPrul-pa) renvoie à une apparition plus ou moins illusoire '' comme un fantôme " ), ou à une manifestation (d'apparence réelle) mettant en œuvre un pouvoir magique ; le tulku (sPrul-sku) est l'émanation visible (ou nirmânakâya) d'un grand saint ou d'une divinité, qui s'incarne périodiquement et pour le salut des êtres - une sorte d'avatar. Pour la Théosophie, le mot nirmânakâya renvoie :  l) à un état très élevé, celui de l'adepte, libéré des illusions du monde, qui demeure cependant, par compassion, dans les plans invisibles, en liaison avec la terre, et contribue au « Mur gardien » qui protège l'humanité, et 2) au « corps » (kâya) astral permanent, très pur et éthéré, qu'il a conservé pour pouvoir remplir sa mission.

Nirvâna[C.T.] (skt). Aux dires des orientalistes, c'est l' « extinction » complète — comme la flamme d'une bougie qu'on souffle — la fin totale de l'existence. Cependant, dans les explications ésotériques, c'est l'état d'existence absolue, et de conscience absolue, auquel accède l'Ego* d'un homme qui a gagné, pendant la vie, le plus haut degré de perfection et de sainteté, lorsqu'il abandonne son corps à la mort, ou même en étant encore incarné, comme dans le cas de Gautama le Bouddha* et d'autres.

Nirvâna[V.S.] (skt) H, B. Extinction (d'une flamme soufflée par le vent, etc.). L'état d'Éveil total, ou de conscience transcendante, atteint par la fusion de l'être individuel dans sa racine éternelle (Brahman*, Âlaya*, etc.). Cet état suprême de béatitude est le fruit gagné par l'arhat*, mais  refusé finalement par le bodhisattva*. Celui qui s'y plonge définitivement détruit tout lien avec le monde des vivants. Le nirvâni (skt) est celui qui a gagné le nirvâna.

Nirvâni [C.T.][mot formé à partir de nirvâna]. Être qui a atteint le nirvâna — âme émancipée. Que nirvâna ait une tout autre signification que les puériles affirmations que font à son sujet les orientalistes, toute personne instruite qui a visité l'Inde, la Chine ou le Japon en est bien consciente. C'est la « délivrance de la douleur » mais seulement de celle de la matière, la libération de klesha [les « afflictions » ou « souillures intérieures » , obstacles à tout progrès], ou de kâma, et l'extinction complète des désirs animaux. Si on nous oppose que l'Abhidharma [partie du canon bouddhique] définit le nirvâna comme « un état d'absolue annihilation » , nous acquiesçons en complétant le dernier mot par « ...de tout ce qui est lié à la matière ou au monde physique » et cela simplement parce que ce monde (et aussi tout ce qu'il contient) est illusion ou mâyâ*. Dans les derniers moments de sa vie, le Bouddha* Shâkyamuni a dit : « Le corps spirituel est immortel » . Voir Hand-Book for the Student of Chinese Buddhism — avec son dictionnaire sanskrit-chinois — de E.J. Eitel. Cet érudit sinologue donne ainsi cette explication : « Les systèmes exotériques populaires concordent pour définir le nirvâna d'une façon négative, comme un état d'affranchissement absolu du cercle de la transmigration, une condition d'entière liberté par rapport à toutes formes d'existence, à commencer par une libération de tout assujettissement à la passion et à l'effort, un état d'indifférence à toute sensibilité »—et il aurait pu ajouter « une mort à toute compassion pour le monde de la souffrance » . Et c'est pourquoi les Bodhisattva qui préfèrent le vêtement [kâyâ] de nirmânakâya* à celui de dharmakâya occupent un rang plus élevé dans l'estime populaire que les « nirvâni » . Mais le même sinologue ajoute : « Positivement (et ésotériquement [-H.P.B.]), ils définissent le nirvâna comme le plus haut état de béatitude spirituelle, comme l'immortalité absolue par l'effet de l'absorption de l'âme (ou plutôt de l'Esprit) en soi-même, avec cependant la conservation de l'individualité, en sorte que des êtres comme les Bouddhas*, après être entrés au nirvâna, peuvent réapparaître sur terre » — c'est-à-dire, dans les manvantara* futurs.

Noble Sentier - B. [V.S.]Skt : Âryamârga*. Voir Quadruple Sentier*.

Noumènes [C.T.](gr : noumena [νουμενα] ) . La véritable nature essentielle de l'Être, à distinguer entièrement des illusoires objets des sens [= phénomènes] .

Noûs[C.T.] (gr [νοupsilon;σ] ] ). Terme platonicien pour désigner le mental supérieur, ou l'âme supérieure. C'est l'Esprit (qu'il faut bien distinguer de l'âme animale, psyché [ψυχη] ) , la conscience divine ou le mental divin dans l'homme. Le mot fut adopté par les gnostiques* pour désigner leur premier Éon conscient qui, pour les Occultistes*, est le troisième logos*, du point de vue cosmique, et le troisième « principe » (compté depuis le haut) ou Manas* dans l'homme. Voir Nout* ci-après.

Nout [C.T.](ég). Dans le panthéon égyptien, c'est l' « Unique-Seulement Un » , parce que la religion populaire ou exotérique ne le fait pas remonter plus haut que la troisième manifestation qui rayonne de l'Inconnaissable et de l'Inconnu dans la philosophie ésotérique de toutes les nations. Le Noûs* d'Anaxagore* était le Mahat* des hindous — Brahmâ* la première déité manifestée — « le Mental, ou l'esprit qui tient de lui-même sa puissance ». Ce principe créateur est le primum mobile de tout ce qui peut se trouver dans l'Univers — son Âme, ou son Idéation. Voir les « Sept Principes » dans l'homme.

Nuit de Brahmâ*.[C.T.] Voir sous Brahma*.

Nyima [V.S.](tib). Le soleil.

Nyingmapa [V.S.][rNyingma-pa] (tib) B. Membre de la secte non réformée des « Anciens » , établie au VIIIème siècle ap. J.-C. par Padmasambhava, fondateur du premier monastère bouddhiste à Samye.

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O (↓ lettre suivante)

Occultisme.[C.T.] Voir ci-après.

Occultes, sciences.[C.T.] Les sciences visant les secrets de la Nature — physique et psychique, mentale et spirituelle — appelées sciences hermétiques ou ésotériques. En Occident, on peut nommer la Kabbale*, en Orient, le mysticisme*, la magie* et la philosophie [ésotérique] du yoga*, cette dernière étant souvent désignée par les chela* en Inde comme le septième darshana, ( [« point de vue » ou] école de philosophie), alors que le monde des profanes indiens ne dénombre que six darshana. Ces sciences sont tenues cachées au vulgaire — comme elles l'ont été depuis des âges — pour la très bonne raison qu'elles ne seraient jamais appréciées par les classes instruites égoïstes (qui en feraient mauvais usage, à leur profit, et ainsi transformeraient la science divine en magie noire*) , ni par les classes incultes qui ne les comprendraient pas. On met souvent en avant, comme une accusation portée contre la philosophie ésotérique de la Kabbale, le fait que sa littérature est pleine d' « un jargon barbare privé de sens » inintelligible pour le mental ordinaire. Mais les sciences exactes — comme médecine, physiologie, chimie, etc. — ne doivent-elles pas plaider coupables pour une accusation semblable ? Les scientifiques officiels ne voilent-ils pas leurs faits expérimentaux et leurs découvertes sous une terminologie gréco-latine élaborée de récente date et fort barbare ? Comme le remarque avec justesse notre regretté Frère Kenneth Mackenzie, « jongler ainsi avec les mots quand les faits sont si simples c'est l'art des savants de l'époque actuelle, en contraste frappant avec ceux du 17ème siècle qui appelaient une bêche une bêche et non « un instrument aratoire » . En outre, alors que leurs « faits » seraient aussi simples et compréhensibles si on les rendait en langage ordinaire, les faits de la Science Occulte sont d'une nature si abstruse qu'il n'existe dans la plupart des cas aucun mot dans les langues européennes pour les exprimer. Finalement, notre « jargon » répond à une double nécessité : (a) décrire clairement ces faits à une personne versée dans la terminologie occulte et (b) les cacher au profane.

Occultiste.[C.T.] Celui qui pratique l'Occultisme* : un adepte des sciences secrètes ; mais très souvent le terme s'applique à un simple étudiant de ces sciences.

Olympiodore.[C.T.] Le dernier néo-platonicien de quelque renom et célébrité de l'École d'Alexandrie*. II vécut au 6ème siècle sous l'empereur Justinien. Il y eut plusieurs auteurs et philosophes de ce nom, tant avant l'ère chrétienne qu'après. L'un d'eux fut le maître de Proclus, un autre, un historien du 8ème siècle, etc.

OM [V.S.](skt) H, B. Voir AUM*.

Ouïe-deva[V.S.] - B. Skt : divya shrotra. La faculté de clairaudience, la seconde abhijñâ*. Voir siddhi*.

Origène. [C.T.]Homme d'Église chrétien (17), né à la fin du second siècle [vers 185], probablement en Afrique [à Alexandrie]. On sait peu de chose de lui avec certitude vu que les éléments de sa biographie sont passés à la postérité sous l'autorité d'Eusèbe, le plus parfait falsificateur qui ait jamais existé de tous les temps. Eusèbe passe pour avoir réuni jusqu'à une centaine de lettres d'Origène (appelé Origenes Adamantius) dont on dit maintenant qu'elles ont été perdues. Pour les théosophes, le plus intéressant de tous les textes d'Origène est sa « Doctrine de la pré-existence des âmes » . II fut l'élève d'Ammonios Saccas* et suivit quelque temps les cours de ce grand maître de philosophie.

[Oxon, M.A.[C.T.] Nom de plume d'un spirite anglais, William Stainton Moses (1839-1892) qui avait attiré l'attention de Mme Blavatsky, et de ses Maîtres, par son intelligence et ses grands pouvoirs psychiques.]

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P (↓ lettre suivante)

[Palais d'amour[C.T.] (cf. p. 128). En hébreu, Haïkal Ahabah. Voir Glossaire Théosophique, (article : Mort, baiser de la) : « Selon la Kabbale, le fidèle sincère ne meurt pas par le pouvoir du mauvais esprit, Yetzer ha-rah,  mais par un baiser de la bouche de Jehovah Tetragrammaton, qu'il rencontre dans le Palais d'Amour. Cf. de Myer, Qabbalah, pp. 406-7.]

Pandore [C.T.](gr :Πανδωρα]. Dans la mythologie grecque [Hésiode], la première femme sur la terre, façonnée [à l'image d'une déesse, sur l'ordre de Zeus] avec de l'argile par Vulcain [Héphaistos] pour se venger de Prométhée et contrecarrer le bon effet de son don fait aux mortels. Parée de nombreux dons par chacun des dieux. Pandore fut envoyée porteuse d'une boîte contenant à son insu tous les maux. Quand le frère de Prométhée, Épiméthée, la vit, il l'épousa, mais Pandore, pleine de curiosité, ouvrit la boîte, libérant ainsi tous les fléaux qui tourmentent les hommes et qui sont restés sur la terre depuis ce temps.

Pantène.[C.T.] [2ème siècle ap. J.-C.]. [D'après A. Wilder*], philosophe platonicien de l'École d'Alexandrie des philalèthes* (18).

Panthéiste. [C.T.]Personne qui identifie Dieu avec la Nature, et vice versa. Si nous devons considérer la Déité comme un Principe infini et omniprésent, il pourrait difficilement en être autrement : dans ce cas, la Nature est simplement l'aspect physique de la Déité, ou son corps.

Parabrahman[C.T.] (skt) [Écrit généralement Parabrahm}. Terme védântin signifiant au-delà de Brahmâ*. Le Principe Suprême et absolu, impersonnel et sans nom. Dans le Veda, il est évoqué comme « CELA » .

Parabrahman[V.S.] (skt) H. Le Suprême Brahman*, l'Absolu.

Paramârtha[V.S.] (skt) H, B. l) La plus haute richesse (artha) qu'on puisse acquérir : la suprême connaissance spirituelle (d'où : paramârtha satya : la vérité absolue, opposée à samvriti satya*) ; 2) (selon Schlagintweit) le livre que Nâgârjuna* aurait reçu des Nâga* qui l'instruisirent.

Pâramitâ [V.S.](skt) B. De la racine pri : faire traverser. Les vertus transcendantes ou cardinales qui permettent d'atteindre l' « autre rive » , l'émancipation complète de la conscience. Les vertus, ou « perfections » sublimes sont, en général, au nombre de 6 [dâna* (charité), shîla* (conduite morale), kshânti* (patience), vîrya* (énergie), dhyâna* (méditation), prajñâ* (sagesse)], leur pratique constituant une amplification de l'octuple Noble Sentier* propre à tout le bouddhisme. Les quatre pâramitâ supplémentaires, pour celui qui est engagé dans la voie du bodhisattva*, sont l ) upâya kaushala, les moyens habiles (dans la propagation de la Sagesse), 2) pranidhâna, le vœu irrévocable (d'atteindre l'Éveil et d'entraîner tous les êtres vers ce but), 3) bala, les (dix) pouvoirs (permettant de voir clair en toute situation, et de progresser dans la voie de la purification et de l'Éveil) et 4) jnâña, la connaissance exacte des choses.

Paranirvâna [C.T.](skt). Dans la philosophie du Vedânta*: la plus haute forme de nirvâna* — ou l'état qui le transcende.

Paranirvâna[V.S.] (skt) B. Le plus haut état de nirvâna*. À distinguer de paranirvâna, le nirvâna final, qui s'accompagne de l'extinction complète de toute individualité active, au terme d'un grand cycle d'évolution - pour le temps d'une Nuit de Brahmâ*.

Parikalpita[V.S.] (skt) B. Désigne une chose imaginée, inventée : une pure production de la pensée, qui fait prendre pour réel ce qui n'est que vacuité.

Parsis. [C.T.]Communauté actuelle de fidèles persans de Zoroastre, établie en Inde, particulièrement à Bombay et dans le Gujarât : ce sont des adorateurs du soleil et du feu. C'est l'une des communautés les plus intelligentes et estimées du pays, généralement occupée à des entreprises commerciales. Il reste entre 50.000 et 60.000 de ces parsis en Inde où ils se sont fixés il y a quelque mille ans.

Personnalité.[C.T.] Les enseignements de l'Occultisme* divisent l'homme en trois aspects : divin, pensant ou rationnel, et irrationnel ou animal. Également, pour des fins métaphysiques, il est envisagé selon une division septuple ou, comme il est convenu d'exprimer les choses en Théosophie, il est composé de sept « principes » , trois d'entre eux constituant la Triade* supérieure, et les quatre autres, le quaternaire* inférieur. C'est dans ce dernier que réside la personnalité, qui embrasse toutes les caractéristiques (dont la mémoire et la conscience) de chaque existence physique vécue tour à tour. L'individualité* est l'Ego* supérieur (Manas*) de la Triade* considérée comme une unité. En d'autres termes, l'individualité est notre Ego impérissable qui se réincarne et se revêt à chaque nouvelle naissance d'une personnalité nouvelle.

Personnalité[V.S.] - T. Le personnage psychophysique terrestre. Voir Ego*.

Phallique, culte, ou culte sexuel.[C.T.] Attitude de respect et d'adoration envers les dieux et déesses qui, comme Shiva et Durga en Inde, symbolisent respectivement les deux sexes. [Ce culte a parfois des aspects dégénérés : voir Vallabâchârya].

Philadelphiens[C.T.] [ang, Philadelphians]. Littéralement : « Ceux qui aiment leur semblable qui est leur frère » . Secte du 17ème siècle fondée par une certaine Jane Leadly. Ils s'opposaient à tous les rites, à tout le côté formel et au cérémonial de l'Église, et à l'Église elle-même, mais affirmaient être guidés, en âme et en esprit, par une Déité intérieure — leur propre Ego*, ou Dieu au fond d'eux-mêmes.

Philalèthes.[C.T.] Voir néo-platoniciens*.

Philon le Juif. [C.T.]Juif hellénisé d'Alexandrie, historien et philosophe fameux du premier siècle né vers 30 av J.-C. et mort entre 45 et 50 de notre ère (19). Chez Philon, l'interprétation symbolique de la Bible est très remarquable. Selon lui, les animaux, oiseaux, reptiles, arbres et lieux qui y sont mentionnés sont des allégories renvoyant aux conditions de l'âme, à des facultés, dispositions ou passions ; les plantes utiles y représentent des vertus, les mauvaises des affections des gens sans sagesse, etc., les interprétations se poursuivant ainsi dans le règne minéral, le ciel, la terre et les étoiles, les fontaines, les fleuves, les champs et les habitations, les métaux, substances, armes, vêtements, ornements et meubles, le corps et ses parties, les sexes et notre condition extérieure » . (Dict. Christ. Biog.). Tout cela tend fortement à corroborer l'idée que Philon était au courant de l'ancienne Kabbale*.

Philosophes du Feu.[C.T.] Voir Feu.

Phrênv (gr [φρην] ). Terme pythagoricien désignant ce que nous appelons Kâma-Manas lorsque celui-ci reste sous l'influence de Buddhi-Manas*.

Pierre philosophale.[C.T.] Terme d'alchimie*. Appelée aussi « poudre de projection » , cette pierre est un « principe » mystérieux qui a le pouvoir de changer les métaux vils en or pur, ce qui, en Théosophie, symbolise la transmutation de la nature animale inférieure de l'homme en nature divine la plus élevée.

Plan. [C.T.]De l'adjectif latin planus (plat, uni, égal). Le mot renvoie à une portion étendue de l'espace, au sens physique comme métaphysique. En Occultisme* : la portée ou l'étendue d'un état de conscience donné, ou l'état de matière correspondant aux pouvoirs de perception d'un ensemble particulier de sens, ou à l'action d'une force déterminée.

Plastique.[C.T.] Épithète utilisée en Occultisme* en rapport avec la nature et l'essence du corps astral* ou de l' « âme protéenne » *. Voir l'article « âme plastique » dans le Glossaire Théosophique.

Plérôme[C.T.] [gr, πληρωμα]. « Plénitude » ; terme gnostique, utilisé aussi par st Paul [Romains 13,10]. Le monde divin, ou la demeure des dieux. L'espace universel divisé en Éons métaphysiques.

Plotin[C.T.] [~ 205/270 ap. J.-C.]. Célèbre philosophe platonicien du 3ème siècle de notre ère, grand adepte de la mystique pratique, renommé pour ses vertus et son savoir. Il enseigna une doctrine identique à celle des Védântins, affirmant que l'âme-esprit qui avait émané du Principe déifique unique se trouvait réunie à celui-ci après son pèlerinage sur la terre. (Voir Glossaire Théosophique au mot Plotin).

Porphyre[C.T.] (gr. Porphyrios). Son véritable nom [syrien] était Malek, ce qui pouvait laisser croire qu'il était juif. Né à Tyr [en 234 ap. J.-C.], il étudia d'abord avec Longin* l'éminent philosophe et critique littéraire, puis devint le disciple de Plotin* à Rome. Néo-platonicien et auteur distingué, il se rendit célèbre par sa controverse avec Jamblique* à propos des maux qui s'attachaient à la pratique de la théurgie* mais, finalement, il se rangea aux vues de son adversaire. Mystique*-né, il suivit, comme son maître Plotin, le pur système du râja yoga indien qui, lorsqu'on s'y entraîne, conduit à l'union de l'âme avec la Sur-âme de l'univers, et de l'âme humaine avec son âme divine, Buddhi-Manas. Il s'est plaint, cependant, qu'en dépit de tous ses efforts il n'ait pu atteindre le plus haut état d'extase* qu'une seule fois, et cela à l'âge de 68 ans, alors que son maître Plotin avait fait l'expérience de la suprême béatitude six fois durant sa vie (20) (Voir l'article Porphyre dans le Glossaire Théosophique).

Portail ou Porte.[V.S.] La Voix du Silence énumère une succession de 7 « Portails » mystiques dont les clefs correspondent aux noms des 6 pâramitâ*, Virâga* étant ajouté comme terme médian, alors que, classiquement, les pâramitâ* doivent être pratiquées ensemble, dans la mesure du pouvoir du disciple. Ces Portails évoquent une voie graduée de métamorphose intérieure, marquée par des passages décisifs d'une étape à l'autre, comme autant d'initiations. On peut d'ailleurs faire correspondre les 3 premières clefs, sur un arc descendant, aux 3 dernières, sur un arc ascendant, en associant Dâna* (la « charité ») à Prajñâ (la sagesse-compassion), Shila* à Dhyâna* et Kshânti* à Vîrya*, le Portail de Virâga se plaçant, d'une façon déterminante. à l'équilibre entre les deux arcs.

Pot Amun. [C.T.]Terme copte désignant une « personne consacrée au dieu Amun » [ou Amon], le dieu de la Sagesse. Nom d'un prêtre et occultiste égyptien sous les Ptolémée (21) .

Prajñâ [C.T.](skt). Terme servant à désigner le « Mental Universel » . Synonyme de Mahat*.

Prajñâ [V.S.](skt) B, T. Dans le mahâyâna, c'est, au niveau le plus haut, la Sagesse parfaite, la Connaissance directe de la plénitude du Tout, saisie dans la vacuité de toutes les formes limitées. Dans la pratique journalière, c'est la 6ème des « perfections » (pâramità*) à cultiver. Pour la Théosophie, d'une façon générale, prajñâ renvoie (comme pouvoir universel de conscience) à « la capacité de perception existant sous 7 aspects différents, correspondant aux 7 conditions de la matière [dans le monde manifesté] » et donnant lieu « nécessairement à 7 états de conscience dans l'homme » (S.D. Il, p. 597 note). « Ces 7 états de conscience, ou prajñâ, sont aussi en correspondance avec les 7 principes de la constitution humaine » (S.D. Il, p. 29 note). Ce pouvoir, qui est à la racine de l'être, se manifeste couramment comme compréhension, connaissance des choses, intelligence ; avec cette signification particulière, on distingue, en bouddhisme classique, trois sortes (ou « méthodes » ) de prajñâ (pâl : pâññhâ) selon que cette connaissance procède de la pensée (ou réflexion) individuelle, de l'écoute des autres et de l'étude des Livres, ou encore du développement mental, impliquant entraînement et concentration. Voir T.G. : Trijñâna. Cette approche est seulement préparatoire : le niveau supérieur de prajñâ est hors d'atteinte du mental ordinaire.

Pralaya[C.T.] (skt). Dissolution, l'opposé de manvantara*, le premier terme désignant une période de repos, le second de pleine activité (c'est-à-dire mort et vie) d'une planète ou de l'univers tout entier.

Prâna[C.T.] (skt). Le principe de vie, le souffle de vie — nephesh*.

Prâsangika [V.S.](skt) B. Nom d'une branche dérivée de l'École mâdhyamika*, fondée (au Vème siècle ap. J.-C.) par Buddhapâlita, l'un des successeurs de Nâgârjuna*. Le mot vient de prasanga qui renvoie à chacun des « cas » considérés successivement dans les raisonnements syllogistiques visant à prouver l'absurdité de la position des adversaires de l'École.

Pratyâhâra[V.S.] (skt) H. Dans les Yoga sûtra de Patañjali, le 5ème degré du yoga qui précède et conditionne dhâranâ* (et toute la pratique de la méditation). C'est le retrait des sens, qu'il faut détacher de leurs objets pour libérer le mental (manas* ) de leur emprise, et le concentrer sur l'objet de la méditation. Dans la B. Gîtâ (II. 58) l'analogie est donnée avec la tortue qui replie ses membres et sa tête à l'intérieur de sa carapace.

Pratyekabuddha [V.S.](skt) B. De pratyeka : « pour un seul » , « solitairement » ; le mot désigne celui qui progresse à l'écart des autres, sans maître et sans disciple, et s'efforce d'obtenir « le salut privé individuel » auquel renoncent précisément les bodhisattva*.

Psychisme. [C.T.]Le mot est employé aujourd'hui pour dénoter toute sorte de phénomènes mentaux, par exemple la médiumnité*, aussi bien que la forme supérieure de perception chez un sensitif. C'est un néologisme.

Purâna [C.T.](skt). Littéralement : ancien, qui appartient au passé ; terme appliqué à une catégorie d'Écritures hindoues, dont il existe un nombre considérable.

Pythagore.[C.T.] Le plus fameux philosophe mystique* [grec] ; né à Samos (vers 586 av. J.-C.), il enseigna le système héliocentrique et la réincarnation, les mathématiques supérieures et la plus haute métaphysique. Il eut une École célèbre dans le monde entier. (Pour plus de détails, voir Glossaire Théosophique).

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Q (↓ lettre suivante)

Quadruple Dhyâna[V.S.] - B. Il s'agit des quatre « absorptions mentales » (pâl : jhâna) décrites dans le Canon bouddhique. Très approximativement, on peut suggérer cette progression comme il suit : l) le mental, libéré des stimulations sensorielles et des préoccupations terrestres, est porté attentivement sur un sujet, pour y réfléchir ; 2) par l'arrêt de la pensée discursive, s'établit un état de calme où le mental se concentre sur un seul point : joie et bien-être sont alors éprouvés ; 3) la joie fait place à l'égalité d'âme ; la conscience est alerte, le bien-être persiste ; 4) seuls dominent l'éveil intérieur, la clarté mentale et une imperturbable égalité d'âme. Cette discipline intérieure suppose que l'individu s'efforce en même temps de s'affranchir des cinq empêchements*, des cinq entraves*, etc. En elle-même elle constitue seulement un moyen et non une fin. Il est vrai qu'elle favorise l'éveil des pouvoirs paranormaux (voir abhijñâ*, siddhi*), mais elle ne suffit pas à conférer l'état d'arhat. Il existe d'ailleurs d'autres classifications et subdivisions des 4 dhyâna.

Quadruple Sentier - B.[V.S.] Skt : âryamarga : pâl : ariya magga (= noble sentier). Il comprend quatre stades (dont chacun est double, selon que l'individu y accède effectivement, ou en réalise pleinement le fruit). Ce sont : l) « l'entrée dans le courant » menant au nirvâna* (skt : srotâ-patti*), le terme srotâpanna* désignant celui qui y pénètre ; 2) le stade du sakridâgâmin* « qui ne reviendra plusqu'une fois » à la naissance ; 3) le stade de l'anâgâmin* « qui ne retournera plus » dans ce monde ; 4) l'état d'arhat* qui amène jusqu'au nirvâna*.

Quaternaire.[C.T.] Les quatre « principes inférieurs » dans l'homme, ceux qui constituent sa personnalité* (à savoir : corps physique, double astral, prâna* ou vie, organes de désir et Manas* inférieur, ou mental cérébral), par contraste avec le ternaire ou la Triade* supérieure, composée de l'Âme spirituelle supérieure, du Mental et d'Âtman* (le Soi supérieur).

Quatre modes de vérité [V.S.] - B. Expression employée par Edkins (C.B., p. 23) pour désigner les Quatre Nobles Vérités* classiques du bouddhisme, que l'auteur énumère avec les mots chinois correspondants (p. 23 note).

Quatre Nobles Vérités[V.S.] - B. Skt : chatur âryasatyâni -chi : szu ti [si ti]. Ces Vérités sont à la base de tout le bouddhisme. Ce sont : l) la présence universelle de la souffrance (skt : duhka - chi: k'u*) ; 2) l'accumulation de la souffrance (skt : samudaya* - chi : chi*) qui a sa source dans la soif du désir (skt : trishnâ - pâl : tanhâ*) ; 3) l'extinction de la souffrance (skt : nirodha* - chi : mieh) qu'on atteindra par l'extinction de sa cause ; 4) la voie (skt : mârga* - chi : tao* ) tracée par le Bouddha qui donne les moyens de cette délivrance.

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R (↓ lettre suivante)

Rahat - B.[V.S.] Mot cingalais pour arhat*.

Rappel à la mémoire, souvenir, réminiscence.[C.T.] Les Occultistes* font une différence entre ces trois fonctions. Mais comme un Glossaire ne saurait contenir l'explicaton complète de chaque terme dans toutes ses nuances métaphysiques et subtiles, on ne peut ici que signaler que ces termes varient dans leurs applications, selon qu'ils renvoient à des vies antérieures ou à l'incarnation présente, ou que l'un ou l'autre de ces modes d'activité de la mémoire a pour foyer le cerveau spirituel ou le cerveau matériel, — ou, si l'on préfère, l' « individualité » * ou la « personnalité » * .

Rathapâla[V.S.] (skt) B. L'un des prêtres qui auraient accompagné le Bouddha dans son voyage au devaloka (sorte de paradis mythique). Voir S. Hardy, M.B. p. 313.

Rathapâla sûtrasanne - B.[V.S.] Texte (sûtra) augmenté d'un glossaire-commentaire (sanne), rapportant la légende de Rathapâla*. Pour l'épisode de la rencontre de Rathapâla avec son père, qu'il traite de « maître de maison » quand celui-ci cherche à le tenter par des biens matériels, et à leretenir à son ancien foyer, voir : S. Hardy, E.M. p. 38 et 60.

Réincarnation, ou renaissance.[C.T.] Doctrine jadis universelle, enseignant que l'Ego* « naît » sur cette terre un nombre incalculable de fois. De nos jours, elle est rejetée par les chrétiens qui semblent mal comprendre les enseignements de leurs propres évangiles. Cependant, l'idée que l'âme humaine supérieure (Buddhi-Manas), ou l'Ego*, se revêt périodiquement de chair, et cela à travers de longs cycles, est enseignée dans la Bible, comme dans toutes les autres Écritures anciennes, et la « résurrection » signifie simplement la renaissance de l'Ego dans une autre forme. (Voir Glossaire Théosophique).

Religion-Sagesse.[C.T.] Même sens que Théosophie. Nom donné à la doctrine secrète sous-jacente à toute Écriture et à toute religion exotérique.

Reuchlin, Johannes. [C.T.]Grand philosophe et philologue allemand, kabbaliste et homme de grand savoir. Né à Pforzheim (Allemagne) en 1455, il fut diplomate alors qu'il était encore jeune. À une certaine période de sa vie, il reçut la haute charge de juge au tribunal de Tübingen, où il resta onze ans. Il fut aussi le précepteur de Mélanchton. Le clergé [dominicain] le harcela de persécutions pour sa glorification de la Kabbale* juive, tandis qu'en même temps il était appelé le « Père de la Réforme » . II mourut en 1522, dans un grand dénuement — sort commun réservé à tous ceux qui, à l'époque, s'élevaient contre la lettre morte de l'Église.

Roue de la Vie[V.S.] - B. C'est la « Roue du Devenir » (skt : bhavachakra), souvent représentée dans l'iconographie tibétaine : on y voit, entre les rayons, les divers mondes de la transmigration (samsâra*) sous le pouvoir du démon de l'impermanence et de la mort ; au moyeu, une ronde de 3 animaux qui se mordent la queue illustre l'enchaînement fatal convoitise-colère-égarement, tandis que la jante, divisée en 12 sections, rappelle par son imagerie les 12 facteurs qui attachent sans fin à l'alternance vie-mort. La Voix du Silence n'invite pas à rester aveuglément enchaîné à cette roue, mais, tout en acceptant ses contraintes, et en épuisant les causes karmiques du passé, à accomplir son devoir au fil de la vie.

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S (↓ lettre suivante)

Saint Germain, comte de.[C.T.] Mystérieux personnage qui apparut au siècle dernier et au début du présent, en France, en Angleterre et ailleurs.

Sakkâyaditthi[V.S.] (pâl) B. La théorie (ditthi) de l'âme qui prête une permanence à la personnalité : la première illusion dont il faut se défaire en entrant dans le Sentier. Voir attâvâda*.

Sakridâgâmin[V.S.] (skt) B. Dans le bouddhisme hînayâna, le stade atteint par celui qui ne renaîtra qu'une seule fois (sakrit). Voir : Quadruple Sentier*.

Samâdhi [C.T.][skt]. Nom donné en Inde à l'extase* spirituelle. C'est un état de transe complète, induit au moyen d'une concentration mystique.

Samâdhi [V.S.](skt) H, B. De la racine samâdhâ : placer, tenir ou fixer ensemble. D'où : application attentive ou fixation du mental, dans l'état de méditation profonde, ou d'intense contemplation, où le sujet vient à s'identifier àl'objet de sa contemplation. C'est le 8ème et dernier degré du yoga décrit dans les Yoga sûtra de Patañjali. L'hindouisme compte divers niveaux de samâdhi, depuis l'état de concentration paisible et d'absorption dans un objet choisi - hors de toute réflexion ou spéculation mentale - jusqu'à la fusion complète, abolissant toute dualité, entre la conscience du yogi et sa source étemelle, le Brahman*, dans le nirvikalpa samâdhi, ou samâdhi immuable, sans changement, atteint dans une transe extrême, impliquant une complète catalepsie du corps. En bouddhisme, le terme peut avoir des applications différentes, selon les Écoles. Voir Theos. l, p. 176.

Sambhogakâya[V.S.] (skt) B. Le « corps de jouissance complète » d'un Bouddha, dans lequel il est censé jouir des délices du paradis que la tradition lui attribue (Devachan*, Tushita, etc.). L'un des corps de gloire propres à l'ascète qui a progressé sur le Sentier ( T .G.). Voir Trikâya*.

Samgha[V.S.] (skt) B. La collectivité unie des fidèles du bouddhisme. Dans un sens plus étroit : les moines (bhikshu), les nonnes (bhikshunî) et les novices (shrâmana). Ésotériquement (cf. T.G. Triratna), le mot renvoie à l'ensemble des seuls arhat* initiés, véhicules du divin Dharma qui leur parvient, comme une lumière réfléchie, de la source une et universelle de Sagesse (Âdibuddha* ).

Samkhâra[C.T.] [pâl, correspondant au skt samskâra]. Tendances du mental. C'est l'un des cinq skandha*, ou attributs, du bouddhisme*. Voir Skandha.

Sammâ sambuddha[C.T.] [pâl, correspondant au skt samyak sambuddha]. [L'éveillé complet, qui a atteint l'état de samyak sambodhi :] terme mystique bouddhique. L'éveillé a une soudaine ressouvenance de toutes ses incarnations passées — phénomène de mémoire obtenu par le yoga*.

Samothrace. [C.T.]Île de l'archipel grec de la mer Égée, célèbre dans l'Antiquité pour les Mystères* qu'on célébrait dans ses temples. Ces Mystères avaient une renommée mondiale.

Samsâra[V.S.] (skt) H, B. De la racine samsri, couler, traverser en errant. Le voyage de la transmigration, à travers les alternances naissance-vie-mort. Le cycle perpétuel des renaissances, entretenu par l'ignorance et la soif du désir (tanhâ*).

Samtan[V.S.] [bSam-gtan] (tib) B. Mot correspondant à dhyâna* (skt). Voir: Quadruple dhyâna*. Pour ce terme, S. Chandra Das indique dans son dictionnaire (p. 1317) : « état de complète abstraction, contemplation, méditation, concentration des pensées ; en particulier, méditation mystique qui, à la longue, développe une contrepartie astrale du méditant - contrepartie qui existe en Devachan* en même temps que le méditant, qui continue sur terre » .

Samudaya [V.S.](skt) B. Samudaya satya (chi : chi ti) est la deuxième des Quatre Nobles Vérités*. Au sens de réunion, assemblage, combinaison d'éléments, samudaya renvoie à l'ensemble réuni des causes qui sont à l'origine de la souffrance. Edkins (C.B. p. 27) définit le mot comme « accumulation des enchevêtrements [entanglements] produits par les passions » . Ailleurs (ibid. p. 23 note), parlant des « Quatre modes de vérité* » , il traduit le terme (sous sa forme chinoise) par « rassemblement » [assembling]. Dans le même sens, la Voix du Silence parlera du « Portail du rassemblement » [the portal of assembling].

Samvriti [V.S.](skt) B. De la racine samvri : recouvrir, cacher. Samvriti satya est la vérité « de couverture » , conventionnelle, relative, à opposer à paramârtha satya*, la vérité absolue.

Samyaksambuddha[V.S.] (skt) B. Désigne celui qui est totalement (samyak) éveillé, en atteignant samyaksambodhi, l'illumination complète.

Samya ma[V.S.] (skt) H. Selon les Yoga sûtra de Patañjali (III, 4), c'est l'état intégrant dhâranâ*, dhyâna* et samâdhi*, dans lequel on perçoit finalement la lumière de Prajñâ* (III, 5).

Samyutta Nikâya[C.T.] [pâl]. Recueil de sûtra bouddhiques.

Saññâ[C.T.] [pâl, correspondant au skt samjñâ]. Perceptions, idées abstraites. C'est l'un des cinq skandha, ou attributs du bouddhisme.

Sat[V.S.] (skt) H. Participe présent du verbe être : « étant » , l'être en soi, « l'être-té » ; ce qui renvoie à l'éternelle et inchangeable essence unique de tous les êtres, « existant » dans le monde des dualités.

Satya[V.S.](skt) H, B. Mot à rattacher à Sat* : vérité. Voir paramârtha* satya et samvriti* satya.

Sceau[V.S.] - H, B. Mot renvoyant aux termes sanskrits yantra (figure symbolique d'une grande puissance pour le mystique) et mudrâ* (geste symbolique, pouvant exprimer un yantra). La plus fameuse de ces représentations est le shri yantra (intégrant plusieurs sceaux de Salomon, combinaison de 2 triangles inversés). Voir : S.D. l, 118. Edkins (C.B. p. 63) évoque le « sceau du cœur » (chi : hsin yin [xin yin]) comme symbole de la doctrine ésotérique du Bouddha (chi : ch'eng fa yen ts'ang = le pur secret de l'œil de la vraie doctrine) qu'il a communiquée oralement. C'est le svastika (chi : wan, signifiant aussi 10 000, pour la multitude des perfections atteintes par le Sage). « Ce sceau est généralement placé sur le cœur du Bouddha dans les images et représentations de cette divinité* [...] il orne les couronnes des divinités des bönpo au Tibet [...]. » Voir aussi Vajra*.

Sciences occultes.[C.T.] Voir Occultes.

Science sacrée.[C.T.] Épithète qualifiant les sciences occultes* en général, et utilisée par les rosicruciens pour la Kabbale*, et particulièrement pour la philosophie hermétique.

Séance. [C.T.]Terme employé actuellement pour désigner une réunion tenue avec un médium en vue d'obtenir des phénomènes de différentes natures. Le mot est surtout en usage parmi les spirites.

Sentier.[V.S.] Nombreuses significations : cf. mârga.

Senzar, T.[V.S.] Nom mystique de la langue sacerdotale secrète, ou « langue des Mystères » , des Adeptes initiés dans le monde entier (T. G. ).

Sephiroth[C.T.] (héb) - Terme de la Kabbale* hébraïque, appliqué aux dix émanations divines issues du Principe universel et impersonnel, ou de la DÉITÉ, appelée Ain Soph*. (Voir Glossaire Théosophique).

Shaiva [V.S.](skt) H. Appartenant à Shiva, ou consacré à ce dieu. Shivaïste.

Shâkya Thubpa [V.S.](tib) B. Traduction de Shâkyamuni (skt), le sage des Shâkya : le Bouddha.

Shâna [V.S.](skt). Fait de fibres de shana (chanvre ou lin indien). Shânavâsa est la « robe de shana » , vêtement aux propriétés magiques qui aurait permis à un pratyeka-buddha* d'acquérir la sagesse et de gagner le « nirvâna de destruction ». Pour cette légende, voir : Edkins (C.B. p. 66-7).

Shânavâsin[V.S.] (skt) B. Nom d'un arhat* (3ème patriarche du bouddhisme). Selon la légende, étant un marchand dans une vie antérieure, il aurait secouru un pratyekabuddha*, malade et en guenilles, en lui offrant une robe de shâna*. En voyant les effets magiques de son présent, le marchand fît le vœu de toujours porter une pareille robe dans ses vies futures.

Shen-hsiu[V.S.] (chi) B. L'un des grands disciples de Hung-jen, 5ème patriarche de l'École Ch'an (skt: dhyâna* -jap: zen) fondée par Bodhidharma*. Shen-hsiu (env. 605-706) répandit la doctrine en Chine du Nord, tandis que son rival, Hui-neng, fut le maître de l'École du Sud qui se ramifia en de nombreuses branches jusqu'au Japon.

Shîla[V.S.] (skt) B. La seconde des pâramitâ*. En bouddhisme hînayâna* : conduite morale, moralité ; la base positive d'une parfaite conduite bouddhique, qui inclut parole, pensée, action, moyens d'existence ou de survivance. Du point de vue d'un bodhisattva*, l'éthique visée dans toute démarche est inspirée par la sagesse qui découle de dhyâna*.

Shiva[V.S.] (skt) H. L' « auspicieux » - le dieu gracieux, favorable, bienveillant. Le troisième aspect, destructeur et régénérateur, de la trinité hindoue. Le grand patron des yogis.

Shramana[V.S.] (skt) B. De la racine shram : peiner, faire effort (cf. ascète*). Mot désignant celui qui s'impose une discipline physique, psychique et spirituelle, comme le fait l'athlète qui exerce son corps. D'une façon assez lâche : un moine bouddhiste.

Shrâvaka [V.S.](skt) B. De la racine shru : entendre, écouter, prêter attention. Primitivement : un des « auditeurs » duBouddha qui ont reçu directement sa doctrine. Plus généralement : un « écoutant » , qui suit les leçons d'un instructeur.

Shrîmad Bhâgavata Purâna [V.S.](skt) H. Le plus fameux et populaire des 18  grands Purâna, il célèbre la gloire de Vishnu-Krishna (dont l'histoire est donnée dans le 10ème livre).

Siddhârtha[V.S.] (skt) B. Voir Bouddha*.

Siddhi[V.S.] (skt) H, B. L'un des grands pouvoirs occultes gagnés par le yogi au cours de son ascèse, mais qui peuvent bloquer son progrès s'il est tenté de les employer. Dans le bouddhisme, il en existe plusieurs descriptions (cf. iddhi*). Dans le contexte de la Voix du Silence, les siddhi peuvent renvoyer aux 6 abhijñâ* selon la liste classique suivante : l ) iddhi* (englobant divers pouvoirs merveilleux, mais propres à une magie inférieure) ; 2) « ouïe divine » (= l' « ouie-deva* » ), clairaudience qui entend à distance voix humaines et divines (et comprend leur sens), 3) perception des pensées d'autrui ; 4) rappel des vies antérieures ; 5) « œil divin » (= la vue-deva*), clairvoyance qui connaît les cycles de renaissance de tous les êtres selon la contrainte de karma et 6) réalisation de l'état de libération par l'extinction des débordements dus au désir et à l'ignorance.

Six vertus glorieuses[V.S.] - B. Voir : pâramitâ*.

Skandha [C.T.](skt). Les attributs de chaque personnalité qui, après la mort, forment la base, pour ainsi dire, d'une nouvelle incarnation karmique. Dans le système exotérique ou populaire des bouddhistes, on dénombre cinq skandha qui sont : rûpa, la forme, ou le corps, qui laisse après lui ses atomes magnétiques et ses affinités occultes ; vedanâ, les sensations, qui font de même ; saññâ*, les idées abstraites qui sont les pouvoirs créateurs à l'œuvre d'une incarnation à l'autre ; samkhâra*, les tendances du mental et viññâna*, les pouvoirs mentaux de la conscience.

Soi. [C.T.]Il y a deux soi dans les hommes : le supérieur et l'inférieur, l'impersonnel et le personnel. L'un est divin, l'autre semi-animal. Il y a lieu de faire une grande distinction entre les deux.

Somnambulisme.[C.T.] État d'une personne qui « marche en dormant » . Condition psycho-physiologique trop bien connue pour appeler une explication.

Sowân[V.S.] - B. Mot cingalais pour srotâpanna* (cf. Eitel, H.C.B., p. 213).

Spiritisme. [C.T.][Dans le mouvement spirite, il faut distinguer les « spiritualistes » anglo-saxons, qui rejettent presque unanimement la doctrine de la réincarnation*, et les « spiritists » (spirites français) qui en font le principe fondamental de leur croyance]. Il y a toutefois une très grande différence entre les vues de ces derniers et les enseignements philosophiques des Occultistes* orientaux. Les « spiritists » [spirites] appartiennent à l'Ecole française fondée par Allan Kardec* et les « spiritualists » d'Amérique et d'Angleterre à celle des « soeurs Fox » qui ont inauguré leurs théories à Rochester (U.S.A.). Les théosophes croient à la réalité des phénomènes médiumniques obtenus par les deux catégories de spirites (« spiritualists » et « spiritists » ) , mais ils rejettent l'idée des « esprits » qu'ils mettent en avant.

« Spiritualism »[C.T.] [ang]. Croyance moderne dans le retour sur terre de l'esprit des morts pour s'entretenir avec les vivants. (Voir Spiritisme).

Sthûla Sharîra [C.T.][skt]. Terme désignant le corps physique de l'homme, en Occultisme* et dans la philosophie du Vedânta.

Srotâpanna[V.S.] (skt) B. « Celui qui est entré (apanna) dans le courant (srota) » menant au nirvâna*. Le premier des stades de l'Âryamârga est appelé srotâpatti, « l'entrée dans le courant » . Ces deux termes qui, à l'origine, appartiennent au hînayâna*, sont souvent confondus (p. ex. par Schlagintweit, B.T. p. 18).

Sthûlopâdhi [C.T.](22) [skt]. Le corps physique dans son état de conscience de veille (jagrat).

Sukshmopâdhi[C.T.] (22b) {skt\. Le corps physique dans l'état de rêve (23) (svapna), kâranopâdhi étant le corps causal*.

Sumeru[V.S.] (skt) H, B. Voir Meru*.

Summerland[C.T.] [ang : « Pays de l'été » ] . Nom imaginaire donné par les spirites anglo-saxons à la demeure des esprits désincarnés, qu'ils localisent quelque part dans la Voie lactée. Ce Summerland est décrit, sur l'autorité d' « esprits qui reviennent, comme un charmant pays, avec de belles villes et de jolis bâtiments, une Salle du Congrès, des Musées, etc., » (Voir les œuvres d'Andrew Jackson Davies).

Sushupti[V.S.] (skt) H. État de sommeil profond, sans rêves (cf. Mândûkya Upanishad). État de conscience éveillée expérimenté par le yogi sur le plan correspondant.

Sutta Nipâta[V.S.] (pâl) B. Collection de textes didactiques, en prose et en vers, pour les laïcs, appartenant au Canon bouddhique (division Sutta Pitaka).

Svapna[V.S.] (skt) H. État de rêve (cf. Mândûkya Upanishad). État de conscience éveillée expérimenté par le yogi sur le plan correspondant : vision clairvoyante (T.G.).

Svasamvedana[V.S.] (skt) H. La perception consciente et réfléchie de la propre essence de l'être. Terme synonyme de paramârtha, la pure conscience du Soi qui est vérité suprême (cf. S.D. l, 44 note et 48 note).

Swedenborg, Emmanuel. [C.T.]Célèbre savant et clairvoyant du siècle dernier, homme de grand savoir qui a apporté une vaste contribution à la science, mais dont les dispositions mystiques et la philosophie transcendantale l'ont relégué au rang de ceux qu'on appelle des « visionnaires hallucinés » . De nos jours, il est connu partout comme le fondateur de la secte des Swedenborgiens, ou de « l'Église de la Nouvelle Jérusalem » . II est né en Suède, à Stockholm en 1688, de parents luthériens (son père était évêque de Gothie occidentale). Son nom était à l'origine Swedberg, mais quand le savant fut annobli et élevé à l'ordre de la chevalerie, en 1719, il fut changé en Swedenborg. Swedenborg devint mystique* en 1743 et, quatre ans plus tard (1747), il démissionna de sa charge (d'Assesseur extraordinaire au Collège des Mines) pour s'adonner entièrement au mysticisme*. II mourut en 1772 [à Londres].

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T (↓ lettre suivante)

Taijasa [C.T.](skt). Adjectif dérivant du mot tejas, « flamme » « splendeur » , d'où : « rayonnant » , « lumineux » , en parlant du mânasa rûpa (« le corps de Manas* »), ainsi que des étoiles, et des enveloppes qui sont rayonnantes comme des étoiles [en grec: astroeidès, ou augoeidès]. Terme de la philosophie du Vedânta*, qui a d'autres significations en dehors du sens occulte donné plus haut.

T'ang[V.S.] [Tang] (chi). Nom de 2 dynasties, dont la plus récente (618-907) fut fondée par Li Shih-min. Un des noms de la Chine.

Tanhâ[V.S.] (pâl) B. En sanskrit : trishnà. La soif de vivre, de jouir des objets des sens : le puissant désir d'existence sous toutes ses formes, qui enchaîne l'être au samsâra*.

Tântrika [V.S.](skt) B. Adepte du tantrisme (fondé sur divers textes appelés tantra, et préconisant certaines voies abruptes vers l'Éveil, par des pratiques spécifiques et initiations souvent secrètes). Il existe une frange dégénérée (le tantrisme « de la main gauche » , ou vâma mârga) qui recourt à la pire forme de magie noire et de sorcellerie (T. G.).

Tao [V.S.][Dao] (chi) B. Route, voie, chemin (cf. mârga*). C'est la dernière des Quatre Nobles Vérités* : l'octuple sentier qui mène à l'état d'arhat*.

Târaka râja yoga (skt). [Târaka = « qui fait traverser » ] . L'un des systèmes de yoga* du brâhmanisme, le plus philosophique et, en fait, le plus secret de tous, étant donné que ses principes réels ne sont jamais révélés publiquement. C'est une École d'entraînement purement intellectuelle et spirituelle.

Ta-Shih-Chi [V.S.](chi) B. Nom d'un grand bodhisattva* qui est représenté, dans le paradis occidental d'Amitâbha* (le Devachan*), à la droite de ce Bouddha, tandis que Kuan-Shih-Yin* se tient à sa gauche, l'ensemble formant les « Trois Sages de l'Ouest » . Voir Edkins (C.B., p. 209, 234).

Tat[V.S.] (skt) H. Cela. Voir Katha Upanishad (II. l et 2) où le Soi est Cela ; également la Chândogya Upanishad (VI, 9-16) où est répété le grand précepte Tat tvam asi (Tu es Cela). Pour la formule AUM TAT SAT, voir Bhag. Gîtâ, XVII, 23-28.

Tathâgata[V.S.] (skt) B. Désigne celui « qui est ainsi venu » (comme ses prédécesseurs) : le Bouddha Gautama.

Tattvajñânin[V.S.] (skt) H. Celui qui possède tattvajñâna, la connaissance de la vérité, la perception des principes réelsde toute chose. Voir Theos. mai 1889, p. 479, 482, pour la distinction entre âtmajñânin* et tattvajñânin.

Tétragrammaton [C.T.](gr). Le nom de la déité en quatre lettres qui dans notre langue peut se rendre par I H V H [pour lod — Hé — Vau — Hé]. C'est un terme kabbalistique correspondant (mais sur un plan plus matériel) à la Tétraktys pythagoricienne. (Voir Glossaire Théosophlque).

Thegpa-chenpo'i-do[V.S.] (tib) B. Un sûtra (Do[mDo] ) relevant du mahâyâna (Thegpa-chenpo), publié en traduction par Schlagintweit (B.T. p. 77 et seq.), intitulé « Repentir de tous les péchés, doctrine du trésor caché ». C'est une prière aux Bouddhas de Confession, présents, passés et futurs.

Théodidaktos [C.T.](gr). « Instruit par Dieu » , titre donné à Ammonios Saccas*.

Théogonie.[C.T.] Du grec théogonia [θεογονια], littéralement : « genèse des dieux » .

Théosophia.[C.T.] (gr [θεοσοφια] ). Littéralement: « sagesse divine ou sagesse des dieux » . (Pour une explication plus complète de termes comme Théosophie, théosophes et Société Théosophique, etc. voir Glossaire Théosophique).

Thérapeutes [C.T.](gr). École de guérisseurs ou d'ésotéristes mystiques juifs, désignés à tort par certains comme une secte. Ils résidaient à Alexandrie, ou dans ses environs ; ce qu'ils faisaient et croyaient demeure jusqu'à ce jour un mystère pour les critiques, car leur philosophie semble avoir été une combinaison de pratiques orphiques, pythagoriciennes, esséniennes et purement kabbalistiques. (Voir Glossaire Théosophique).

Théurgie[C.T.] (gr : théourgia [θεουργια]). Rites visant à faire descendre au plan terrestre des Esprits ou Dieux planétaires*, et autres. Pour parvenir à réaliser un tel but, le théurge devait être absolument pur et désintéressé dans ses motifs. De nos jours, la pratique de la théurgie n'est pas du tout souhaitable, elle est même dangereuse. Le monde est devenu trop corrompu et méchant pour permettre la pratique de ce que seuls pouvaient tenter de faire sans risques des hommes saints et éclairés comme Ammonios*, Plotin*, Porphyre* et Jamblique* (le théurge le plus savant de tous). Actuellement, la théurgie — ou la magie* bénéfique, divine — ne peut que trop facilement devenir goétique, c'est-à-dire tomber dans la sorcellerie. La théurgie est la première des trois subdivisions de la magie, à savoir théurgie, goétie et magie naturelle. [Voir magie*].

Thumos[C.T.] (gr [θυμος]). Terme de la philosophie pythagoricienne et platonicienne, appliqué à un aspect de l'âme humaine pour désigner son élément passionnel, propre au kâmarûpa*. Le mot est presque l'équivalent du sanskrit tamas, la « qualité des ténèbres » , et en dérive probablement.

Timée de Locres[C.T.] [vers le 5ème s. av. J.-C.]. Philosophe pythagoricien, né à Locres. Il différa quelque peu de son maître dans la doctrine de la métempsychose. Il est l'auteur (en dialecte dorien) d'un traité encore existant sur l'Âme du monde, sa nature et son essence.

Tîrthika ou Tîrthaka[V.S.] (skt) H, B. Du mot tîrtha signifiant passage, gué traversant une rivière ; également : secte (servant de gué pour « passer à l'autre rive » ). Les tîrthika étaient les adhérents (brâhmanes, voire jaïns) de l'une ou l'autre des sectes opposées aux bouddhistes ; donc, pour ces derniers, des « non-croyants » ( « hérétiques » , « incrédules » , « infidèles » , etc.), rejetant le Dharma du Bouddha. Parfois, des ascètes rigoureux, mortifiant leur chair, et doués de pouvoirs paranormaux.

Titiksha [V.S.](skt) H. Endurance, capacité développée à la perfection par le yogi de supporter avec fermeté, courage et patience, toutes les paires d'opposés (plaisir/douleur, etc.) sans dévier de sa route.

Triade ou Trinité.[C.T.] Dans toute religion et toute philosophie : les trois en Un.

Triangle sacré, Trois sacré.[V.S.] Comme première figure géométrique, le triangle évoque la triade supérieure dans l'homme, qui constitue l'individu éternel et divin. Voir T.G. : Tzurah, désignant la triade comme le divin « prototype » ; voir aussi T.G. : Triade, « les trois en un » , dominant les 7 sephiroth inférieurs de la kabbale, qui correspondent chacun à l'un des 7 principes de l'homme. Le trois renvoie également aux 3 grands degrés de l'initiation (cf. T.G.). Les « trois feux » désignent aussi la triade supérieure Âtma*-Buddhi*-Manas* qui, en union indivise, deviennent une unité.

Trikâya [V.S.](skt) B. Les trois corps (kâya) du Bouddha. Doctrine très occulte propre au mahâyâna* faisant l'objet de nombreux commentaires (exotériques) dont le sens ne peut s'éclairer qu'à l'aide de clefs ésotériques réservées au « petit nombre » . II s'agit des « corps glorieux » (nirmânakâya*, sambhogakâya* et dharmakâya*) élaborés par l'Adepte au fil de son ascèse et qui, en lui assurant une immortalité de conscience à travers toutes les fluctuations, lui permettent d'exercer en permanence cette conscience éveillée, à tous les niveaux de la manifestation, jusqu'aux sphères du nirvâna, éventuellement d'entrer volontairement en contact avec le monde des hommes pour les protéger et les éclairer. Voir T.G. : Trikâya, Triratna et Trisharana.

Trois grandes perfections.[V.S.] L'Initié est dit « trois fois très grand » (voir : Hermès Trismégiste). Le mot « perfection » renvoie ici au sanskrit siddhi* : pouvoirs spirituels transcendants qui font de l'homme un siddha (un « yogi de perfection » ). La tradition parle de 3 pouvoirs mystiques du Bouddha (Gopa, Yasodhara et Utpala Varna) que d'aucuns ont pris pour ses 3 femmes, cf. Rhys Davids, B. 51, 2.

Trois méthodes de prajñâ.[V.S.] Voir Prajñâ* ; également T.G. : Trijñâna.

Trois mondes[V.S.] (skt: triloka* ou trailokya). Exotériquement : le Ciel (skt : svarga), la terre (skt : bhûmi) et l'enfer (skt : pâtâla) ; il s'agit, en fait, des sphères spirituelle, psychique (ou astrale) et terrestre. Voir T.G. : Tribhuvana. En bouddhisme classique, trois mondes (pâl : tiloka) sont évoqués : l) kâmaloka, la sphère de jouissance des sens, et de toute forme de désir (incluant les mondes des hommes, des animaux, des trépassés, des asura*, des deva* inférieurs et les multiples enfers) ; c'est à ces niveaux (selon le mahâyâna*) qu'œuvrent les Bouddhas humains, dans leur nirmânakâya ; 2) rûpaloka, la sphère céleste encore liée aux formes (rûpa), monde purement mental d'idéation, où l'Ego supérieur de l'homme éprouve, après la mort, l'état de béatitude du Devachan*, ésotériquement cette sphère comprend 7 niveaux différents d'absorption (dhyâna* ) ou de contemplation : on relie à ces niveaux les Dhyânibodhisattva* dans leur sambhogakâya* ; 3) arûpaloka, le monde « sans forme » (comprenant encore 7 niveaux de dhyâna*) ; les états purement abstraits de haute conscience spirituelle (bodhi* ) qui y sont atteints s'élèvent jusqu'au seuil du nirvâna*, et sont dépouillés de toute sensation ou sentiment en rapport avec la personnalité terrestre et l'univers tridimensionnel ; idéalement, à ces niveaux correspondent les Dhyânibuddha*, dans leur dharmakâya. Voir T.G. : Trailokya et Eitel, H.C.B., p. 180.

Tsung-men[V.S.] [Zong-men] (chi) B. École ou secte, particulièrement l'École du Ch'an (jap. : Zen) rattachée au grandpatriarche Bodhidharma*. Selon Edkins (C.B. p. 158), la branche exotérique du bouddhisme (voir Chiao-men*) reflétait la tradition des paroles du Bouddha, tandis que sa branche ésotérique (Tsung-men) contenait la tradition du cœur du Bouddha : muni du « vrai sceau* » , ou « sceau de vérité » , Bodhidharma aurait ouvert la voie de la contemplation (Ch'an = dhyâna*) en détournant de l'instruction livresque, afin de rechercher directement la vraie nature et le cœur du Bouddha.

Tulpa'i-ku [V.S.][Sprul-pahi-sku] (tib) B. Corps de transformation ou d'émanation. Voir : nirmânakâya*.

Turîya [V.S.](skt) H. Quatrième. Désigne l'état de conscience de la transe la plus profonde (T. G. ), transcendant les trois conditions inférieures (veille, rêve, sommeil profond). Voir : Mândûkya Upanishad,turîya apparaît comme l'expérience indescriptible du Soi, au-delà de toute dualité. Selon H.P.B. (T.G.), c'est un état béatifique, presque nirvânique, atteint dans le samâdhi*, une condition de la triade supérieure, distincte mais encore inséparable des autres états inférieurs.

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U (↓ lettre suivante)

Udumbara [V.S.](skt) B. Voir T.G. Genre de figuier (ficus glomerata) aux fruits appréciés, qui ne porte des fleurs qu'à de très rares occasions ; nom donné aussi à une sorte de cactus (qui passe pour fleurir à l'heure de minuit, à très haute altitude) ainsi qu'à une espèce de lotus géant (nila udumbara, ou « lotus bleu » ) consacré au Bouddha ; sa floraison, extrêmement rare, est, dit-on, signe d'événement exceptionnel : ce lotus aurait fleuri avant la naissance de Gautama, et plus tard, au XIVème siècle juste avant celle de Tsongkhapa. Ainsi, quelle que soit l'espèce végétale qui la porte, la fleur précieuse de l'udumbara est liée à la naissance ou la présence d'un très grand Initié. Voir aussi dans la Voix « la fleur de minuit de Bouddha » . Cette fleur exerce aussi sa magie dans les descriptions mythiques du Devachan*. Voir Beal, Cat. p. 379.

Upâdhi [C.T.](skt). Base de quelque chose, substructure ; ainsi, en Occultisme*, la substance est l'upâdhi de l'Esprit.

Upâdhi[V.S.] (skt) T. Base, véhicule ou support d'une réalité plus subtile, comme le corps physique est le « véhicule » de l'être qui l'anime. Le mot courant pour véhicule est vâhana.

Upâdhyâya [V.S.](skt) B. Précepteur qui veille à l'observance des rites et des règles de discipline dans une communauté monastique. Un tuteur, qui prend en charge les novices.

Upanishad [C.T.](skt). Littéralement : « Doctrine ésotérique » . La littérature upanishadique appartient à la troisième division des Veda ; elle est classée parmi les révélations — la shruti, ou parole révélée. Il reste encore de nos jours quelque 150 Upanishad, bien qu'on ne puisse guère en retenir vraiment plus d'une vingtaine qui soient exemptes de falsification. Elles sont toutes antérieures au 6ème s. avant J.-C. De même que la Kabbale* interprète le sens ésotérique de la Bible, les Upanishad, expliquent le sens mystique des Veda. A leur sujet, le prof. Cowell prononce deux avis, qui sont aussi intéressants que corrects. Il déclare ainsi : (1) ces oeuvres ont « une caractéristique remarquable, l'absence totale d'exclusivité brahmanique dans leur doctrine... Elles respirent un esprit tout différent, une liberté de pensée inconnue dans tous les écrits antérieurs, à l'exception des hymnes du Rig Veda eux-mêmes ; et (2) les grands instructeurs de la connaissance supérieure (Gupta-vidyâ)*, et les Brâhmanes, sont continuellement représentés comme se tournant vers des rois Kshatriya pour devenir leurs élèves » (ou chelâ*). Cela démontre de façon concluante les points suivants : (a) les Upanishad furent écrites avant que s'imposent le système des castes et le pouvoir brâhmanique, ce qui par conséquent, sous l'angle de l'ancienneté, les placerait au second rang [et non au troisième] par rapport aux Veda et (b) les sciences occultes — ou la « connaissance supérieure » , selon l'expression de Cowell — sont bien antérieures aux Brâhmanes de l'Inde, ou à leur établissement en une caste. Cependant, les Upanishad sont très postérieures à la Gupta-vidyâ, la « Science Secrète »  qui est aussi vieille que la pensée philosophique humaine elle-même.

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V (↓ lettre suivante)

Vahan [C.T.](skt [vahana] ). « Véhicule » , terme synonyme d'upâdhi*.

Vajra [V.S.](skt) H, B. Dur, ou puissant. En Inde, la foudre du dieu Indra, arme céleste en forme de disque, ou de deux éclairs croisés en X. Également, le diamant (qui est « dur comme la foudre » , ou de la même substance qu'elle). Au Tibet, c'est le dorje* indestructible, le « sceptre de diamant » , souvent associé à la clochette (skt : ghanthâ) dont le timbre pénètre les mondes. Selon H.P.B. (T.G.), le vajra est le sceptre magique des prêtres-initiés, exorcistes et Adeptes*, possesseurs de hauts pouvoirs (ou siddhi*), qu'ils mettent en action au cours de certaines cérémonies (domination de forces inférieures, théurgie, etc.). Par sa transparence adamantine, le vajra renvoie à la pure essenceindifférenciée (appelée « vacuité » , au-delà de toute description), mais il est aussi un symbole masculin de la puissance d'action et de compassion d'un Bouddha réalisé, tandis que, traditionnellement, la clochette est le symbole féminin qui évoque la Sagesse, Prajñnâ* (= Sophia), inséparable du vajra.

Vajradhara [V.S.](skt) B. Dans le lamaïsme : le suprême Bouddha primordial (Âdibuddha*). Le Seigneur de tous les mystères (skt: guhyapati). Voir S.D. l, 571, où Vajradhara est identifié au premier Logos.

Vajrapâni[V.S.] (skt) B. « Qui manie le vajra* ». Un grand Dhyânibodhisattva* honoré par les profanes comme un puissant destructeur de démons, mais considéré par les Adeptes « comme une Force subjective dont la nature réelle n'est connue (et expliquée) que par les plus hauts Initiés de l'École yogâchâra » (T.G.).

Vajrasattva[V.S.] (skt) B. Qui a le vajra* pour essence, le « cœur de diamant » ou l' « âme-diamant » . Le nom du sixième Dhyânibuddha* selon l'École yogâchâra qui en compte 7 - au lieu de 5 dans le bouddhisme populaire (T.G.). Vajrasattva (le Second Logos, selon la S.D. l, 571) peut aussi représenter la collectivité des Dhyânibuddha* dont l'essence, non manifestée et sans limite, est Âdibuddha* (ou Vajradhara*).

Vallabâchârya, secte des [C.T.](skt). Également appelée « secte des Mahârâja » [les « épicuriens de l'Inde » ] . Communauté connue pour ses pratiques licencieuses de culte phallique, dont la branche principale est à Bombay. L'objet de ce culte est l'enfant Krishna. Le gouvernement anglo-indien a été conduit plusieurs fois à intervenir pour arrêter ses rites et ses viles pratiques ; et le « Mahârâjah » qui est à sa tête — une sorte de grand-prêtre — a été plus d'une fois mis en prison, à très juste titre. C'est là l'une des souillures les plus noires de l'Inde.

Vedânta [C.T.](skt). Littéralement : « la fin de toute connaissance [Veda] » . Parmi les six darshana, ou Écoles de philosophie, le Vedânta est aussi dénommé Uttaramîmânsâ — la Mîmânsâ « postérieure » . II y a de ces critiques qui, dans l'incapacité où ils sont de comprendre son ésotérisme, le considèrent comme un athéisme, mais il n'en est rien, vu que Shankarâchârya, le plus grand apôtre de cette École, qui l'a rendue populaire, fut l'un des plus grands mystiques* et adeptes* de l'Inde.

Vidyâ [C.T.](skt). Connaissance, ou plutôt « Connaissance-Sagesse ».

Viññâna [C.T.][pâl, correspondant au skt : vijñâna]. L'un des cinq skandha* des bouddhistes ; littéralement : « pouvoirs mentaux » [de la conscience conditionnée]. Voir skandha.

Virâga[V.S.] (skt) B. De la racine viranj, perdre sa couleur naturelle, devenir indifférent, perdre tout intérêt aux choses. D'où : indifférence à tout ce qui sollicite l'homme dans le monde. Voir Portail*.

Vîrya[V.S.] (skt) B. De vîra : homme brave, héroïque. D'où : virilité, courage, énergie héroïque. Voir pâramitâ* et Portail*.

Vogay'[V.S.] - B. Très probablement : Bodhgayâ*, en l'une des langues vernaculaires de l'Inde. L'arbre de Vogay' ne serait autre que l'arbre de Bodhi* que vénèrent les pèlerins à Bodhgayâ. Voir aussi Udumbara*.

Vue-deva[V.S.] - B. Skt : divyachakshu. La faculté de clairvoyance, l'un des 6 pouvoirs (abhijña*) obtenus par la pratique approfondie de dhyâna*. Par ce pouvoir (le 4ème de la liste), il est possible (entre autres) de percevoir les destinées des êtres, dans leur déroulement karmique. Voir siddhi*.

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W (↓ lettre suivante)

[Wilder, Alexander [C.T.](1823-1908). Médecin distingué et helléniste reconnu, admirateur de Thomas Taylor (l'un des traducteurs de Platon), il joignait à un très large savoir académique un réel intérêt pour le mysticisme, comme en témoigne sa brochure The Eclectic Philosophy (= la philosophie éclectique), publiée en 1869. C'est dans ce texte qu'a largement puisé H.P.B. pour étayer le premier chapitre de la Clef (pp. 15-24) et décrire les « théosophes éclectiques » d'Alexandrie. Il faut cependant savoir que les sources utilisées par Wilder sont largement contestables pour l'érudition moderne : ainsi, bien des données fournies tant par le théologien Mosheim*, que par The Edinburgh Encyclopaedia à sa suite, sont irrecevables historiquement, quand elles ne sont pas inventées ou déformées par sectarisme religieux. Curieusement, Wilder a retenu dans ces sources, sans discussion critique, ce qui abondait dans son sens en faveur du néo-platonisme, en éliminant les critiques acerbes, au point que le lecteur est porté à suivre entièrement l'auteur sur la foi de sa parole d'érudit reconnu (24). Dans la suite, Wilder rencontra Mme Blavatsky et collabora avec elle, pour la publication d'Isis. Il devint membre de la S.T. et fut même quelque temps vice-président de la Société.]

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X (↓ lettre suivante)

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Y (↓ lettre suivante)

Yâna[V.S.] (skt) B. « Véhicule » , ou système méthodique permettant d'arriver à l'Éveil et à la libération des liens du samsâra*. Dans les voies du bouddhisme, on oppose généralement le Petit Véhicule (hînayâna*) au Grand Véhicule (mahâyâna*).

Yoga [C.T.](skt). École de philosophie fondée par Patañjali, mais qui existait déjà, longtemps avant ce sage, comme enseignement distinct et système de vie. C'est Yajñavalkya — un fameux sage des temps très reculés, qui vécut avant la période du Mahâbhârata, et à qui on attribue le Yajur Veda Blanc, le Satapatha Brâhmana et la Brihadâranyaka Upanishad — qui passe pour avoir inculqué la nécessité et le devoir impérieux de la méditation religieuse et de la retraite dans les forêts, et ainsi pour être celui qui a donné naissance à la doctrine du Yoga. D'après le prof. Max Müller, c'est ce Yajñavalkya qui a préparé le monde à la prédication du Bouddha. Cependant, en tant que philosophie, le Yoga de Patañjali est plus défini et précis, et renferme plus d'éléments de sciences occultes qu'aucune des œuvres attribuées à Yajñavalkya.

Yogâchâra[V.S.] (skt). Une École mystique ésotérique du mahâyâna, remontant à un disciple direct du Bouddha, Aryasamgha*. H.P.B. (T.G.) invite à ne pas confondre ses doctrines avec tout ce qui, dans la suite, a été compilé par Asanga (avec ses successeurs) et mis au compte du système yogâchâra, surtout en fait d'enseignements tantriques, dont l'application peut conduire à la magie noire.

Yogi, ou yogin [C.T.](skt). Fidèle qui pratique le système du Yoga. Il y a divers degrés et genres de yogis et, en Inde, le mot est devenu maintenant un terme générique désignant n'importe quelle sorte d'ascète.

Yuga [C.T.](skt). Un âge du monde. On en décompte quatre, qui s'enchaînent selon la série suivante : krita (ou satya) yuga, l'âge d'or ; treta yuga, dvâpara yuga et kali yuga, l'âge noir, où nous sommes actuellement. (Voir la Doctrine Secrète pour une description complète).

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Z

Zénobie.[C.T.] Reine de Palmyre, vaincue par l'empereur Aurélien [en 272]. Elle eut pour maître et conseiller Longin*, le célèbre critique et logicien du 3ème siècle ap. J.-C. Voir Longin*.

Zivo, Kabar [C.T.](ou Yukabar). Nom de l'une des divinités créatrices dans le Codex Nazareus*. (Voir Isis Dévoilée).

Zohar [C.T.](héb). Le « Livre de la Splendeur » , ouvrage kabbalistique, attribué à Rabbi Siméon ben lo'haï, au premier siècle de notre ère. (Pour une explication plus complète, voir Glossaire Théosophique).

Zoroastrien. [C.T.]Fidèle de la religion des parsis*, adorateurs du soleil ou du feu*.

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