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La Loi des Cycles

Sommaire :

[D'après une étude publiée dans la revue américaine Theosophy sous le titre « Studies in the Secret Doctrine, The Law of Cycles , mai 1921].

Introduction

Le caractère absolument universel de la loi de périodicitéest l'une des propositions fondamentales de la Doctrine Secrète. Dans l'infiniment petit comme dans {'infiniment grand, l'Univers se présente à nous sous forme de phénomènescycliques, rythmiques, vibratoires. La nature n'est jamais immobile; tout est en perpétuel mouvement. Mais lorsque nous observons les phénomènes sous leur aspect dynamique, en les considérant dans le temps, nous constatons que, bien qu'en continuelle transformation, ils repassent périodiquement par des états apparemment identiques. La période d'évolution qui se situe entre deux états identiques constitue un cycle. À vrai dire, en approfondissant cette étude, nous serons amenés à admettre qu'une identité absolue entre deux phénomènes n'est pas possible. La fin et le début d'un cycle ne sont jamais réellement identiques, mais analogues ou semblables. C'est pour cela que la meilleure image de la loi cyclique n'est pas le cercle, mais le mouvement en spirale.

Les théosophes ne sont pas surpris de voir la Science découvrir chaque jour de nouveaux aspects de cette loi cyclique dans tous les domaines astronomie, physique, chimie, biologie, botanique, zoologie, etc..., mais ils savent que la loi des cycles ne régit pas seulement les phénomènes physiques mais aussi l'homme.

Aide la Nature et travaille avec elle est-il dit dans La Voix du Silence. L'un des moyens d'aider la Nature et de travailler avec elle consiste, pour nous, non seulement à découvrir les cycles naturels qui régissent notre nature sur les plans physique, psychique, intellectuel et spirituel, mais aussi à créer des cycles qui favoriseront notre évolution.

C'est afin de fournir aux lecteurs des suggestions sur ce sujet, que nous publions dans ce Cahier Théosophique, deux articles sur les cycles. Textes Théosophiques

Loi des Cycles (1) (↑ sommaire)

Nous constatons couramment que le temps est illusoire. Tout homme sait que certaines heures de sa vie sont plus longues que d'autres ; des semaines peuvent s'écouler aussi vite qu'un seul jour et certains instants durer une éternité. En réfléchissant sur ce sujet, l'étudiant de la Théosophie arrivera à deux conclusions : 1) au delà de l'illusion du temps il y a une Réalité ; 2) l'illusion du temps est créée par l'homme lui-même. Ce qui est à la base de tous les mouvements qui se succèdent, persistant de toute éternité à travers les millénaires, ne peut être que l'Unique Réalité. Voici ce qu'écrivit à ce sujet H.-P. Blavatsky dans la Doctrine Secrète :

« Le Temps » n'est qu'une illusion produite par la succession de nos états de conscience tandis que nous évoluons dans la Durée éternelle et il ne peut exister quand' il n'y a aucune conscience dans laquelle l'illusion puisse être produite ; mais « il gît endormi ». Le Présent n'est qu'une ligne mathématique qui sépare cette fraction de la Durée éternelle que nous appelons l'Avenir, de cette fraction que nous appelons le Passé. Rien, sur la terre, n'a une durée réelle, car rien ne reste sans changement, — ou identique — durant un milliardième de seconde; et la sensation que nous avons de la réalité de cette division du « Temps » connue sous le nom de Présent, vient de l'état confus de cet aperçu momentané ou de cette succession d'aperçus des choses que les sens nous donnent à mesure que ces choses passent de la région des idéaux, que nous appelons l'Avenir, à la région des mémoires, que nous appelons le Passé. (Doctrine Secrète. Vol. l, p. 15)[6ème éd. française].

En résumé, nos idées sur la durée et le temps sont toutes dérivées de nos sensations selon les lois d'Association. Inextricablement liées à la relativité de la connaissance humaine, ces idées ne peuvent cependant avoir d'existence que dans l'expérience de l'Ego individuel, et elles périssent lorsque sa marche évolutive dissipe la Maya de l'existence phénoménale. Qu'est-ce, par exemple, que le temps, sinon la succession panoramique de nos états de conscience ? Voici, à ce sujet, les paroles d'un Maître : « Je n'aime pas me servir de ces trois mots impropres : Passé, Présent et Futur, termes maladroits pour désigner des phases objectives d'un tout subjectif ; ils conviennent aussi peu à leur objet qu'une hache au travail d'une fine ciselure ». (Doctrine Secrète. Vol l, p. 22).

Le Temps, comme tout ce qui est manifesté, a trois aspects inséparables. Les trois aspects du Temps sont : le Passé, le Présent et le Futur. L'heure présente, ce jour, cette vie, ce Manvantara [Période de manifestation d'un Univers] , résultent du passé et sont les causes de cycles futurs. Parce que nous cherchons à obtenir des résultats dans l'avenir, nous œuvrons dans le présent selon les données qui nous sont fournies par la mémoire du passé. La mémoire (Gnyan) appartient au passé, l'anticipation (ichcha) au futur et toutes deux sont liées par l'activité du présent (kriya). Nous pouvons imaginer que nous vivons dans le passé ou dans l'avenir, croire que nous vivons dans le présent alors qu'en réalité nous vivons dans « l'Eternel Actuel » et nous l'ignorons.

En effet, selon les paroles d'un Sage, connues de quelques Occultistes seulement :
Le Présent est l'enfant du Passé; l'Avenir, la progéniture du Présent. Et pourtant, ô moment présent, ne sais-tu pas que tu n'as pas de père et que tu ne peux avoir d'enfant ; que tu n'engendres sans cesse que toi-même ? Avant même d'avoir commencé à dire : « Je suis la progéniture du moment écoulé, l'enfant du passé », tu es devenu ce passé lui-même. Avant d'avoir articulé la dernière syllabe, tu n'es plus le Présent mais déjà, en vérité, cet Avenir. Ainsi le Passé, le Présent et l'Avenir constituent la Trinité Une, éternelle, la Mahâmâya de ce qui est de façon absolue. (La Doctrine Secrète. Vol. III, p. 556).

L'illusion du temps est inhérente à notre constitution complexe. Nous sommes nous-mêmes les créateurs de cycles, — de périodes de temps définies —, et des cycles poursuivent leurs révolutions en nous-mêmes. La circulation du .sang dans le corps, les pulsations du cœur, le pouls, sont des phénomènes cycliques. Les sensations d'appétits et leur satisfaction, le déroulement des maladies et de leur convalescence, la succession des états de veille et de sommeil, ont un caractère cyclique, de même que la naissance et la mort, la vie de l'embryon dans la matrice et la vie de l'homme sur terre. Notre civilisation a complètement perdu l'art de vivre, enseigné par les Sages du passé, en accord avec les lois cycliques, et basé sur l'idée que la vie de l'homme sur terre comprend quatre périodes ou saisons : 1°) une période d'étude et de célibat (en sanskrit : bramacharya) ; 2°) de vie de famille (Grihashta) ; 3°) de contemplation (vanaprashtha) ; 4°) d'altruisme actif (Sannyasin) . De plus, selon les enseignements de la Science ésotérique, il y a une vérité intérieure dans une expression populaire anglo-saxonne qui exprime par le nombre soixante-dix, la durée de la vie humaine. D'un certain point de vue, les soixante-dix ans correspondent au développement de l'Adepte qui s'accomplit dans chaque nouvelle incarnation, selon un cycle de sept décades, conduisant, pour un stade plus élevé, à l'épanouissement du décuple « Avatar Dhyani », par des cycles de sept années chacun. Au stade actuel d'évolution de l'homme, ce même cycle de soixante-dix ans est aussi à l'œuvre. Il comprend deux parties égales, correspondant, pour le corps, l'une à la naissance et à la croissance, l'autre au déclin et à la mort. Chacune de ces deux parties est divisible, à son tour, en cinq périodes de sept ans.La première d'entre elles est jalonnée des étapes suivantes : 1°) la naissance du corps humain ; 2°) la prise en charge de ce corps par la conscience de l'Ego à l'âge de 7 ans ; 3°) le bouleversement qui, vers l'âge de 14 ans atteint l'adolescent dans le domaine affectif et passionnel (Kama) ; 4°) l'âge de la discrimination atteint, à 21 ans, grâce au développement du Mental (Manas) ; 5°) le développement spirituel résultant, à 28 ans, des expériences acquises et des épreuves subies au cours des quatre périodes précédentes. À 35 ans, le cycle se renverse, l'homme repasse par ces cinq stades mais dans l'ordre inverse, acquérant ainsi une certaine maturité. Ainsi le cycle 35-42 ans, correspond au cycle 28-35 ans permettant un développement et une maturation de la spiritualité. Il en va ainsi de suite jusqu'au cycle 63-70 ans qui correspond à une seconde enfance ; dans cet état, aucunement infantile, l'homme exprime les qualités d'innocence, de pureté de l'enfant sans en avoir l'ignorance. À vrai dire, dans le Kali-Yuga — ou âge sombre —, dans lequel nous vivons actuellement, ce cycle de 70 ans est, lui aussi bouleversé, ce qui n'est pas sans entraîner des troubles sérieux pour l'individu et, partant, pour le genre humain tout entier. En relation avec cette étude, l'attention de l'étudiant de la Théosophie est attirée sur les passages suivants extraits de la Doctrine Secrète :

Lorsque les orientalistes occidentaux auront bien compris le véritable sens des divisions du Monde d'après le Rig-Veda — les double, triples, sextuple et septuple divisions et particulièrement la division en neuf — le mystère des divisions cycliques appliquées au ciel et à la terre, aux dieux et aux hommes, leur deviendra plus clair qu'à l'heure actuelle... plus d'un médecin a été stupéfait par le retour périodique et septénaire des cycles d'apparition et de régression de diverses maladies, et les naturalistes ont été eux-mêmes très embarrassés pour expliquer cette loi. (D. S. Vol. IV, p. 232).

Pour démontrer plus clairement l'existence du nombre sept dans la Nature on peut ajouter que, non seulement le nombre sept régit la périodicité des phénomènes de la vie, mais qu'on le voit encore régir la classification des éléments chimiques et qu'il est également très important dans le monde du son ainsi que de la couleur comme nous le révèle le spectroscope. (D. S. Vol. IV, p. 228).

Remarquons que les périodes de 7 ans, dont nous avons parlé, ne sont pas rigoureusement déterminées. Il y a des enfants qui naissent avant que les neuf mois de gestation ne se soient complètement écoulés, ce qui signifie que, pour eux, les fonctions propres à cette période ont été remplies plus rapidement. De la même manière, il y a des Egos qui prennent complètement possession de leur corps avant l'âge de 7 ans; d'autres seulement après. Il y a des garçons et des filles qui arrivent à la puberté avant ou après l'âge de 14 ans, et ainsi de suite... La vie humaine,enfin, peut se terminer avant l'âge de 70 ans ou se prolonger au delà. Ce que nous devons comprendre c'est que chaque incarnation humaine est un cycla de dix étapes, cinq sur l'arc ascendant et cinq sur l'arc descendant. Tout ceci montrera clairement, nous l'espérons, que la loi des Cycles opère « dans » l'homme.

La cause et l'effet sont tous deux des processus psychologiques se situant dans la conscience de l'être et la période qu'ils déterminent constitue, en elle-même, un cycle. Les Kalpas [un jour et une nuit de Brahma ou période de 4.320.000.000 d'années (d'après le Theosophical Glossary] sont, d'une part, divisés et subdivisés en cycles de plus en plus petits et, d'autre part, se multiplient jusqu'à embrasser l'éternité. « L'Être est un cycle sans fin dans l'éternité, une, absolue, dans laquelle se déroulent d'innombrables cycles intérieurs, finis et conditionnés ». (D.S. Vol. l, p. 210).

Ces nombreux cycles s'interpénètrent de telle sorte que les changements chimiques d'une molécule affectent le Cosmos physique dans son ensemble et réciproquement; les mouvements des Corps célestes ont leur réflexion sur la terre et sur l'activité des Monades humaines (Jiv-atma)......

Afin de comprendre l'interrelation entre l'homme et le système solaire dans lequel il vit et dont il est une partie, considérons, sans entrer dans les détails, la correspondance entre les cycles astronomiques et le cycles humains.

Planète dans le système solaire, notre terre se déplace dans l'espace en y décrivant trois mouvements différents :

Une rotation autour de son axe en 24 heures, — une révolution autour du soleil en 365 jours — un cycle d'environ 25.800 ans au cours duquel elle se meut dans l'espace avec l'ensemble de tout le système solaire.

On peut considérer le premier de ces mouvements, ou cycle diurne, comme correspondant aux expériences quotidiennes du soi personnel inférieur. Le cycle de la veille et du sommeil est de tous ceux qui concernent le corps humain, le plus déterminé ; il doit être observé, entretenu, réajusté périodiquement. Les habitudes peuvent varier, mais la périodicité de la veille et du sommeil est presque la même pour tous les hommes. La semaine de 7 jours, formant les mois lunaires et les mois solaires, affectent la personnalité. Comme le flux et le reflux de l'océan, notre « corps lunaire » [la forme astrale est produite par le principe des passions et désirs »]est sous l'influence du cycle lunaire. Le second mouvement de la terre correspond aux années solaires et lunaires avec leurs saisons. Ce cycle annuel peut être considéré comme correspondant à une incarnation de l'Ego individuel, chaque nouvelle naissance étant semblable à une nouvelle année. Enfin, le cycle sidéral correspond, par analogie, au cycle entier d'évolution de la monade humaine (Jiv-atma). Ces cycles physiques sont la réflexion de cycles psychologiques. Nous pouvons extraire avec profit de la Doctrine Secrète, un passage se référant à la connaissance des anciens Égyptiens sur ce sujet :

C'est sur cette « connaissance » qu'était base le programme des Mystères et de la série des Initiations. D'où, la construction des pyramides, témoignage éternel et symbole indestructible de ces Mystères et de ces Initiations sur Terre, comme l'est. dans le ciel. la course des étoiles. Le cycle de l'Initiation était une reproduction en miniature de cette grande succession de changements cosmiques, à laquelle les astronomes ont donné le nom d'année tropicale ou sidérale. Die même qu'à la fin du cycle de l'année sidérale (25.868 ans) les corps célestes reviennent aux mêmes positions relatives qu'ils occupaient à son début, de même, à la fin du cycle de l'Initiation, l'Homme intérieur a regagné l'état primitif de pureté divine et de connaissance, d'où il était parti pour entreprendre son cycle d'incarnations terrestres.

Moïse, Initié de la Mystagogie égyptienne, basa les mystères religieux de la nouvelle nation qu'il fonda, sur les mêmes formules abstraites dérivées de ce cycle sidéral, symbolisé par la forme et les dimensions du tabernacle, qu'il est supposé avoir construit dans le désert. Sur ces données, les Grands Prêtres Juifs postérieurs édifièrent l'allégorie du temple de Salomon, construction qui n'a jamais eu d'existence réelle, pas plus que le roi Salomon lui-même, qui n'est qu'un mythe solaire, tout comme la figure plus récente d'Hiram Abif des Maçons, ainsi que l'a bien démontré Ragon. Par conséquent, si les mesures de ce temps allégorique, symbole du cycle de l'Initiation, coïncident avec celles de la Grande Pyramide, cela vient de ce qu'elles en dérivent par l'intermédiaire du Tabernacle de Moïse (D. S. Vol. Il, p. 15).

Cette théorie est vraiment analogue à la loi du mouvement planétaire qui cause la rotation des orbes individuels sur leurs axes, des systèmes solaires innombrables autour de leurs soleils respectifs et qui fait suivre à l'ensemble des légions d-'étoiles la trajectoire autour d'un centre commun. La vie et la m'ort, la lumière et les ténèbres, le jour et la nuit sur la planète dans son mouvement sur son axe tandis qu'elle Ira verse le zodiaque, représentent les cycles mineurs et majeurs. Rappelez-vous l'axiome hermétique : « Ce qui est en bas est comme ce qui est En-Haut; ce qui est sur terre est comme ce qui est dans le Ciel ». (Isis Dévoilée. Ed'. ang. l, 294).

L'Humanité est constituée d'unités individuelles. La loi des cycles ne concerne pas seulement les individus mais aussi les groupes : tribus, famille, sous races, races racines, rondes et chaînes planétaires, systèmes solaires, sont d'innombrables cycles mineurs qui composent le « Grand Cercle de l'Univers »

Ils divisaient en cycles les périodes sans fin de l'existence huùaine sur cette planète. Pendant chaque cycle, le genre humain progressait jusqu'à l'apogée des plus hautes civilisations , puis graduellement retombait dans un barbarisme abject... Ces cycles, d'après la philosophie cchaldéenne, ne concernent pas tout le genre humain en même temps.

Platon divisait dans chaque cycle, le progrès intellectuel de l'univers, en périodes fertiles et stériles. Dans les régions sublunaires, les sphères des divers éléments restent éternellement en parfaite harmonie avec la nature divine, dit-il ; « mais leurs composants » à cause de leur trop grande proximité avec la terre et à cause de leur mélange avec ce qui est d'origine terrestre (qui est matière et dès lors le royaume du mal « sont parfois en harmonie, parfois opposés à la nature (divine) ». Lorsque ces circulations... dans l'éther universel, qui contient en lui-même chaque élément, se produisent en harmonie avec l'esprit divin, notre terre et tout ce qui s'y rattache, jouit d'une période fertile... 'Mais durant les périodes stériles... la vue spirituelle de la majorité de l'Humanité est si aveuglée, qu'elle perd toute notion des pouvoirs supérieurs de son propre esprit divin, (/sis Dévoilée. éd. ang. l, 5 et 6 ;I, 247).

En raisonnant par analogie ou correspondance, et en pensant aux 3 mouvements cycliques de notre planète dans l'espace, nous pouvons concevoir que le cycle karmique de l'humanité, s'accomplit conformément à trois cycles mineurs : a) une classe d'intelligences soi-conscientes est en évolution grâce à des réincarnations continuelles, b) une seconde classe d'êtres, qui apparaissent seulement à l'apogée des civilisations humaines et conformément aux cycles, a pour rôle de revivifier les idées innées qui doivent être réalisées consciemment par l'ensemble de l'humanité, c) une troisième classe est constituée par les Grands Avatars. Ce sont ces Êtres qui, à la veille de cataclysmes terrestres, intellectuels ou éthiques résultant de l'activité d'un cycle de destruction, s'incorporent pour donner la note tonique qui résonnera au début d'un cycle de construction. La Doctrine Secrète, Vol. 2, p. 423, cite et commente un passage très significatif d'Isis Dévoilée :

De même que notre planète accomplit annuellement une révolution autour du Soleil et tourne en même temps autour de son axe une fois par vingt-quatre heures, parcourant ainsi des cycles mineurs au cours d'un cycle plus grand, de même l'œuvre des périodes cycliques plus courts s'accomplit et recommence durant le cours du Grand Saros.

La révolution du monde physique, suivant la doctrine ancienne, est accompagnée par une révolution similaire d'ans le monde de l'intellect, l'évolution spirituelle du monde procédant par cycles, comme l'évolution physique.

Nous constatons donc dans l'histoire, une alternance régulière de flux et de reflux dans la marée du progrès humain. Les grands royaumes et empires du monde, après avoir atteint l'apogée de leur grandeur dégénèrent à nouveau en accord avec la même loi qui les fit progresser. Jusqu'au moment où, ayant atteint le p'oint le plus bas, l'humanité se réaffirme et progresse une fois de plus, le degré de sa réalisation étant, en vertu de cette loi de progression ascendante des cycles, un peu plus élevée que celui qu'elle avait atteint avant sa chute.

Deux conclusions importantes de cette étude sur la loi des cycles peuvent être résumées ainsi :

  1. Nous sommes les créateurs de certains cycles; par le jeu du Karma individuel, nous déterminons le cycle de nos réincarnations; par l'influence de nos actions sur la collectivité, nous minimisons ou nous développons le déclin ou l'ascension des cycles de la communauté et de la nation ; par le karma spirituel, nous tendons lentement mais sûrement vers le « Cercle primordial » qui est Nirvâna (l) lorsqu'on le traverse soi-consciemment et Pralaya (2) lorsqu'on le traverse sans cette soi-conscience.
  2. Chaque être humain vit en communion avec la Nature, évolue au milieu de la Nature et doit réaliser que son Être est la Nature. De roue en roue, de cycle en cycle, la Vie Une en manifestation est le Cercle du Temps dans l'Espace Abstrait ou « Durée ».

ll est dit dans la Voix du Silence :

Veux-tu devenir un Yogi du « Cercle du Temps?
Alors, ô Lanoo[disciple] :
Ne crois pas que s'asseoir dans les forêts sombres en une orgueilleuse solitude et à l'écart des hommes, ne crois pas que vivre de racines et de plantes, qu'étancher sa soif avec la neige de la grande Chaîne, ne crois pas, ô Consacré, que cela te conduira au but de la libération finale....
Sème des actions de bonté et tu moissonneras leurs fruits. L'inaction dans un acte miséricordieux devient l'action d'un ^ péché mortel.
Ainsi parle le Sage.
T'abstiendras-tu d'agir ? Ce n'est pas ainsi que ton âme obtiendra sa liberté. Pour atteindre Nirvâna il faut atteindre à la Soi-Connaissance, et la Soi-Connaissance est l'enfant d'actions aimantes.
Sois patient. Candidat, comme celui qui ne craint pas l'échec, ne courtise pas le succès. Fixe le regard de ton Âme sur l'étoile d'ont tu es un rayon, l'étoile flamboyante qui brille dans les profondeurs sans lumière du toujours-être, les champs illimités de l'Inconnu. (Voix du Silence).

Notes

  • (l) Nirvana : l'état d'existence absolue et de conscience absolue dans lequel l'Ego d'un homme qui a atteint le plus haut degré de perfection et de sainteté au cours de la vie, entre, après la mort du corps, ou exceptionnellement pendant la vie, comme ce fut le cas de Gautama le Buddha et d'autres Sages, (d'après le Theosophical Glossary).
  • (2) Pralaya. Une période d'obscuration ou de repos entre deux périodes de manifestations.

Apogée des Cycles (↑ sommaire)

[Traduction de « Thé Crestî of Cycles » public dans la revue Theosophy, Vol. XLII, N"6.]

Les spécialistes des sciences de la nature constatent de plus en plus le caractère cyclique des phénomènes qu'ils étudient. Les chercheurs ont réuni un grand nombre d'évidences qui confirment la doctrine théosophique de périodicité. Mais, quoique ces évidences proviennent de tous les départements de la nature et se rapportent aux découvertes les plus variées, la théorie n'a pas encore été promue, par les autorités, à la dignité de loi universelle. La Science, dans son ensemble, refuse de considérer les champs d'expérience qui sont au delà du plan physique, or, seule, une partie limitée d'un cycle se situe sur ce plan physique. Au contraire, la Théosophie commence par postuler l'âme.

Les Trois Propositions Fondamentales de la Doctrine Secrète postulent des lois éternelles et inchangeables du Cosmos, qui gouvernent aussi bien les univers les plus grands que les atomes les plus minuscules et s'appliquent à tous les plans de l'être. Dans la science du Symbolisme, les marées fournissent une analogie correcte du principe de périodicité. Et l'on enseigne que, de même que le flux de la marée est suivi du reflux, ainsi chaque cause semée par un être humain est suivie d'un effet proportionné. Ce dernier n'est qu'un résultat naturel du premier. Chaque vague, de plus, a son point culminant et son point le plus bas, sa crête et son creux et les navigateurs avisés savent que c'est seulement dans le courant de la crête que l'impulsion de la vague peut être utilisée pour avancer. Être pris dans le remous du creux des vagues équivaut à la défaite.

Tout jardinier sait que, pour obtenir les meilleurs résultats, il doit semer et moissonner ses récoltes en accord avec les saisons naturelles de l'année. Que penserions-nous du jardinier qui ignorerait les cycles du printemps, de l'été, de l'automne et de l'hiver, et dont les succès ne dépendraient que de ses efforts personnels ? Ou bien, du cultivateur qui, ignorant la montée de la sève, élaguerait ses arbres hors de saison ? Le fermier expérimenté et observateur utilise des cycles opportuns pour faire ce qu'il y a à faire. Tout dans la nature a son mouvement rythmique, harmonieux, et habiles sont ceux qui, dans toutes leurs entreprises, travaillent méticuleusement avec la loi.

Si le principe de la périodicitéest évident pour les fermiers, les cultivateurs et ceux qui travaillent directement avec la nature, peut-il en être de même pour les citadins qui passent la majeure partie de leur vie dans des bureaux sans air et qui voient rarement la verdure ? Que devient la masse d'êtres humains qui obtiennent leur nourriture, non pas de la nature directement, mais des marchés, des conserves et des produits congelés ? Qu'ont à faire les « crêtes » avec eux ? Pourtant, la périodicité s'applique partout. Il n'y 'a pas un individu qui vive, pas une œuvre dans laquelle un homme puisse être engagé, qui ne tombent directement sous l'opération de cette loi universelle. Qui n'a pas expérimenté les cas de « cafard », qui, d'après les observations des psychologues, réapparaissent à des intervalles réguliers ? Le citadin ne ressent-il pas la faim et la somnolence aussi régulièrement et aussi fortement que le travailleur de la ferme ? Les cycles des battements du cœur et de la respiration ne sont-ils pas aussi infaillibles et aussi nécessaires pour les gens des villes que pour les hommes qui vivent dans les cavernes ? Il n'y a rien que nous fassions, pas une expérience que nous ayons, ni une tâche dans laquelle nous nous engagions, qui ne dépende, pour ses résultats, de la loi de périodicité sous l'un de ses aspects. De même que les graines ont besoin du printemps pour germer, de même les efforts pour développer le mental par l'étude, requièrent l'aide du mouvement cyclique. Le maigre résultat obtenu par certains étudiants de la philosophie est dû, sans aucun doute, à l'ignorance ou à la négligence de cette loi.

D'un point de vue philosophique, la périodicité signifie que lorsque les vagues de la vie rejettent quelque chose aux pieds d'un homme, il n'y a là que l'exact retour de ce que cet homme avait envoyé lui-même. L'infortune, l'épreuve, la maladie, les malheurs de toutes sortes, de même que leurs opposés, sont tous des vagues d'effets. Il est facile de percevoir intellectuellement le principe des semailles et de la moisson, et d'expliquer philosophiquement le principe à soi-même, mais une perception intellectuelle est insuffisante. Pour travailler d'une manière constructive avec la loi, pour harmoniser ses propres énergies avec les vagues créatrices de la nature, l'homme doit pouvoir calculer sa position par rapport à chaque cycle. L'ignorance de la « signification et du déroulement des cycles » conduit a la défaite.

Rien ne peut être fait contre les cycles, dit W. Q. Judge, mais beaucoup peut être fait avec eux. C'est la tâche de l'homme d'apprendre à s'équilibrer de façon à pouvoir se maintenir sur les crêtes de chaque vague de vie.

Les théosophes observateurs sont conscients de la force qui accompagne le retour des « Jours spéciaux ». Ces cycles représentés par le 21 mars, 8 mai, 25 juin, etc..., sont le retour d'impressions sur des plans de l'être, différents du plan physique, impressions marquées en premier par des Êtres d'un ordre supérieur, dont la nature et les buts sont dirigés vers le bien-être de toute la race humaine. Sachant que le cycle arrive et étant préparés, les étudiants du véritable occultisme qu'est la Théosophie, peuvent bénéficier profondément de l'influx de l'énergie spirituelle. Quel que puisse être le motif de la vie d'une personne, qu'il soit bon ou mauvais, les vagues des grands cycles impersonnels le centuplent.

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