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La recherche du Maître

Sommaire :

La recherche du Maître (↑ sommaire)

[Traduction d'une cconférence publiéel en anglais se dans la revue The Theosophical Mouvement (Bombay, déc. 1958).]

De nombreux étudiants de la Théosophie sont puissamment attirés par le côté intérieur des enseignements théosophiques. Ce qui avait pu n'être pour eux qu'une simple théorie quand ils commencèrent, est devenu par la suite, dans de nombreux cas, une conviction profonde, et l'étudiant sincère s'efforce de transformer cette conviction en connaissance. L'existence des Maîtres a été pour beaucoup un foyer d'attraction; pour certains, atteindre les Maîtres a été leur désir le plus cher. Beaucoup ont nourri ardemment ce désir sans le voir se réaliser, pour la simple raison que la recherche du Maître n'a été qu'une préoccupation secondaire de leur vie. S'ils avaient été sincères envers eux-mêmes, ils auraient reconnu ce fait et auraient persévéré dans leurs efforts, ou bien se seraient contentés de ce qu'ils avaient. Mais, au lieu de cela, ils furent déçus, voire même blessés, parce qu'ils ne parvenaient pas à une connaissance directe des Maîtres. Cependant, les efforts qu'ils ont tentés ne l'ont pas été en vain, car l'idéal qu'ils pressentaient deviendra de plus en plus réel avec le temps, et finira par les amener par une voie sûre — peut-être dans une autre vie —• jusqu'aux pieds du Maître. Il y a des périodes cycliques favorables pour atteindre à l'état de disciple ; des époques dans l'histoire de l'évolution, où il est plus facile de devenir disciple qu'à d'autres moments. Ceci n'est pas dû à un favoritisme de la part des Maîtres, ni même aux exigences du service du monde dans lequel ils sont engagés. Tout comme il y a des saisons pour les semailles et la moisson, de même pour le disciple il y a une période pour l'ensemencement dans le cœur de l'Ego, et le développement de la semence. Ceci affecte à la fois les aspects égoïque et personnel de la conscience — car la croissance dans la sphère de la conscience se reflète sur le plan de nos perceptions cérébrales limitées. En ce qui concerne le monde physique, il y a des moments (résultant de l'action de la Loi des Cycles ou Loi de périodicité) où la réalisation devient plus aisée. Ceci peut être considéré comme n'étant qu'un effet illusoire; mais sur le plan de l'action (Kriyaloka), il n'en est pas ainsi. Comme le lever et le coucher du soleil chaque matin et chaque soir sont des illusions, mais peuvent être mis à profit à des fins de rituel et de culte, de même certaines époques peuvent être et sont utilisées pour atteindre plus aisément l'état de disciple.

Les Grands Sages utilisent une telle époque favorable pour fonder les Écoles ooccultes, les Mouvements spirituels, etc... C'est une telle période que nos Maîtres ont choisie pour fonder la S. T., et c'est pourquoi dans les premier s temps de la Société, tant de membres eurent la chance de prendre contact avec les Maîtres dans leur conscience cérébrale. Il est évident que l'un des résultats immédiats de l'état de disciple est la connaissance et l'expérience de l'intimité avec le Maître dans la conscience cérébrale.

Celui qui veut trouver le Maître doit faire de cette recherche le but dominant de sa vie.

Si nous sommes préparés à n'être ébranlés par aucune sorte d'obstacle ou de difficulté, si nous n'hésitons pas à tout sacrifier et avons le courage de détruire en nous-mêmes ce qui nous entrave, nous accomplissons au moins le nécessaire, et nous pouvons être assurés que le Maître ne faillira pas à Son devoir.

Tout d'abord nous devons comprendre clairement que la découverte du Maître nous est absolument possible qu'elle est une certitude, pourvu que nous ayons assez de force et d'énergie pour continuer et persévérer sans que notre santé physique en soit altérée.

On pense parfois que poursuivre le Sentier ne relève que du domaine de la conscience, et que le corps matériel n'a pas grande importance. Pourtant le corps compte infiniment, et une des conditions que les Maîtres requièrent des aspirants disciples, est qu'ils mettent à Leur disposition un corps apte et sain dans lequel et avec lequel Leur Travail puisse être fait. Un corps épuisé ne leur est d'aucune utilité. Il peut sembler dur, peut-être, que des personnes qui méditent et qui étudient, et mènent aussi consciencieusement que possible la vie spirituelle, épuisant peut-être de cette façon leur système nerveux, doivent être écartées à cause de ceci. Nous devons considéré la question du point de vue des Maîtres. De quelle utilité pour les Maîtres peut être une personne qui  chancelle après le moindre travail ? La vie du disciple est une vie intense. Le Maître peut avoir besoin du disciple jour après jour, à n'importe quel heure, à n'importe quel moment ; Il peut avoir à mettre son endurance à l'épreuve d'une façon considérable. Par conséquent il n'est pas difficile de comprendre que le corps physique doive nécessairement jouer un grand rôle dans l'estimation que les Maîtres doivent faire avant d'accepter quiconque comme disciple.

Comprenez bien qu'un disciple est un avant-poste de la conscience du Maître, et qu'en conséquence, le vrai disciple doit avoir la conscience de l'Ego qui dirige et qui guide sa conscience cérébrale, et veiller à ne pas admettre dans cette dernière quoi que ce soit qui puisse affecter la merveilleuse conscience qui travaille à l'arrière-plan, ce qui empêcherait le Maître d'oeuvrer par son intermédiaire à n'importe quel moment. Il sera facile de comprendre que cette vigilance et ce recueillement constant exige une grande contribution du système nerveux. De même, on peut  comprendre que tous les corps plus subtils doivent être dans de saines conditions, car la tension exercée sur eux sera, elle aussi, considérable, puisque notre vie psychique et notre vie mentale devront se conformer le plus possible à cet aspect du Maître avec lequel nous sommes en contact. Car le Maître, et Lui seul, doit être le centre de notre univers si nous voulons que ce dernier s'accorde exactement avec le monde des Maîtres.

Pour combien d'entre nous le Maître est-il "Tout" ? Si nous nous examinons, nous verrons que nous sommes très éloignés du Maître. Notre monde est bâti différemment du Sien, c'est pourquoi nous ne devons pas nous étonner s'Il ne s'occupe pas de nous. Nous devons faire de Lui le cœur de notre conscience, et, par conséquent, le centre de notre cosmos.

Il y a des règles simples — simples comme le sont toutes les choses spirituelles — qui nous aideront dans nos efforts, si nous les appliquons. Tout d'abord, chaque fois que nous pensons, chaque fois que nous éprouvons un sentiment, chaque fois que nous devons agir, nous devrions avant toute chose nous poser cette question : « Je pense telle pensée, j'éprouve tel sentiment, je vais accomplir tel acte — le Maître le ferait-il, s'il était à ma place ? » Et si la réponse est affirmative, demandons-nous alors : « Comment le Maître penserait-il cette pensée, comment éprouverait-il ce sentiment, comment accomplirait-il cet acte ? ». C'est là une pratique très ardue à suivre, mais c'est la bonne façon de travailler; car celui qui la suit, prouve qu'il fait du Maître, et non de son petit soi personnel, le centre de sa conscience. Très rares sont ceux qui sont prêts à faire pleinement ce sacrifice. Quelques-uns sont prêts à céder certaines parties de leur conscience au Maître, mais ils se réservent le droit de disposer du reste. Ceci n'est pas possible si nous voulons réellement acquérir ce que nous prétendons désirer.

Nous sommes parfois portés à prendre la vie trop au sérieux dans une mauvaise direction, à cause d'un égotisme qui nous anime à notre insu. Nous nous imaginons que nous sommes ici pour sauver l'âme des autres et le monde entier, et ceci parce que nous ne prenons pas conscience que c'est seulement en vivant notre propre vie suivant le principe qui vient d'être indiqué, que nous pouvons devenir des instruments dans les mains des Grands Êtres. Et, bien que nous essayions de vivre suivant des lois établies de méditation et d'étude, comme le jeune homme riche de la parabole, quand le Maître a besoin de nous, nous ne pouvons Le servir, parce que nous avons de grandes possessions, des possessions intimes — psychiques, mentales et physiques — que nous n'avons pas le courage d'abandonner. Celles-ci, et non le Maître, constituent le vrai centre de notre Cosmos. C'est pourquoi, nous sommes incapables de prendre contact avec Lui, car nous ne pouvons répondre à Son appel.

Si nous désirons atteindre les Maîtres, nous devons nous conformer aux lois. Beaucoup d'éléments en nous ne sont pas mauvais en eux-mêmes — quelques-uns d'entre eux sont excellents — et nous sont agréables tout en ne nuisant pas au monde, mais ils peuvent n'être d'aucune utilité pour le Maître. Sommes-nous prêts à débarrasser nos natures mentale, émotionnelle et physique de tout ce qu'elles renferment d'inutile au point de vue du Maître, que ce soit en bien ou en mal ? Nous devons constamment éliminer le « Moi » personnel —- une entité qui est souvent attrayante et belle — car il ne tient aucune place dans le programme. Il est déprimé et veut être consolé. Il est irrité et doit être calmé par des louanges. Il faut qu'on s'occupe de lui de façon ou d'autre. Nous devons apprendre que c'est le Maître et non le « Moi » personnel qui réclame notre attention.

Le Maître réclame une conscience équilibrée dans laquelle il. puisse agir constamment. Il n'a que faire de l'abattement. Il n'a que faire de l'exaltation, états qui participent de la conscience personnelle. Comment devons-nous juger ? Voici par exemple une façon de procéder : si nous sommes abattus, la première chose que nous devrions remarquer c'est qu'il existe un être susceptible de nous déprimer; il en est de même pour l'exaltation. La seule disposition que nous devons avoir est un état permanent d'affection qui s'exprime en Béatitude. Le plus haut attribut de Dieu dans la littérature hindoue est la Béatitude — Ananda. C'est ce à quo i nous devons aspirer. C'est le point où s'ouvre pour nous la communication directe avec la conscience du Maître. Si nous comprenions cela, nous saurions que c'est cela seulement qui est d'une importance suprême pour nous et que rien d'autre ne compte dans le monde. Qu'importe la louange ou le blâme du monde ? Tout cela, comme le dit la Bhagavad-Gîta « va et vient et est impermanent ». Et le conseil nous est donné : « Supporte toutes ces choses courageusement, 0 Bharata ». Supporte-les, mais non dans un esprit de martyre. Ceci encore est souvent mal compris. L'expérience de la joie et de la souffrance est commune à tous. Mais pour l'étudiant en Occultisme, le fait de ressentir de la Béatitude dans la souffrance, indique un stade de développement intérieur. L'arme de la souffrance silencieuse, non pour se libérer du Karma, mais pour le travail positif d'engendrer des forces spirituelles, n'est pas compris dans le monde et ne le sera pas de si tôt. La crucifixion est mal interprétée. Cette expérience n'e st pas une libération du Karma, mais une génération spirituelle de certaines forces dans laquelle la souffrance devient un moyen de soulever avec joie quelques-uns des lourds fardeaux du matérialisme, dans le vrai sens du mot. À notre point de vue, le feu ardent doit faire souffrir le bois et le charbon, en les consumant; mais en réalité il n'en est pas ainsi. La crucifixion, dans son vrai sens, est analogue au processus par lequel le feu réduit le bois en cendres ; le bois revêt la propriété du feu, et, en se laissant consumer, exhale la senteur qui lui est inhérente. C'est une comparaison sommaire, mais elle exprime une grande vérité occulte (l).

Il y a en chacun de nous une vie intérieure qui deviendra un jour, si elle ne l'est déjà maintenant, une partie de la conscience du Maître ; et il existe une conscience extérieure dont nous pouvons faire usage pour autant qu'elle ne perturbe pas la conscience intérieure. La connaissance parvient au disciple du pôle intérieur, dans la mesure où il instruit les autres. Il parvient à agir efficacement, non parce qu'il est en communication constante avec le Maître, mais parce qu'ayant fait l'expérience d'un peu de cette ) puissante conscience, il se met lui-même à l'œuvre. C'est une vie de progression lente, pénible, exigeant des efforts ininterrompus. Lent est le processus, et mot à mot toute la leçon doit être apprise ; et la seule J chose véritablement merveilleuse à ce sujet, c'est que la conscience du Maître une fois réellement perçue, les contingences extérieures perdent toute importance pour nous. Le disciple réel peut dire en toute sincérité : « Les hommes viennent et les hommes passent, mais je subsiste à jamais ». La conscience permanente à laquelle nous aspirons est une conscience qui perdure au delà de la mort, de la stagnation, de la décrépitude, elle s'épanouit sans cesse ; sa vertu principale est celle de donner, donner, donner toujours, en ne réclamant rien du monde extérieur, sinon de nouvelles possibilités en vue d'un service plus grand. Quand nous désirons devenir disciples, nous attendons trop du monde extérieur. Nous oublions que cet état implique l'idée d'une puissante marée émanant de l'être, en un mouvement si impétueux qu'aucun autre courant extérieur ne peut le souiller. Rappelez-vous la merveilleuse description de H. P. B. parlant d'elle-même en tant que disciple : « Je suis une fenêtre par laquelle entre la lumière ». L'état de disciple, selon H. P. B. est une question de différence de direction dans le flux des courants de vie. Il présuppose que les êtres sont capables de se laisser inonder par les rayons du soleil de la Vie tout en se reconnaissant eux-mêmes comme de simples canaux pour cette lumière. Ce n'est pas tant un privilège qu'une grande responsabilité, et la reconnaissance de cette responsabilité grandit avec la croissance du disciple. Nous devrions être reconnaissants de ce que nous sommes ou puissions devenir des ouvertures par lesquelles la lumière solaire se déverse, et de ce qu'il y ait des âmes désireuses de recevoir cette lumière solaire. Aussi le disciple doit-il être l'ami de tous les êtres. Sa vie est ouverte et large, c'est une vie de béatitude. Il est prêt à entreprendre tout travail que le Maître désire voir accompli; peu lui importe qu'il doive balayer une chambre ou donner une conférence ; il apprend aussi à réaliser cette profonde vérité : « Ils Servent aussi ceux qui ont la patience de se tenir dans l'attente ». Nous devons être suffisamment patients pour pouvoir attendre — assez patients et assez grands pour comprendre le monde extérieur du point de vue du Maître, et cela n'est possible que si nous nous débarrassons de notre anxiété de sauver le monde. Nous essayons constamment de démêler les affaires des autres au lieu de nous occuper des nôtres, et nous trouvons une difficulté en ce qu'ils nous empêchent de le faire. Pourquoi le permettraient-ils ? Ils ont leur propre tâche à accomplir. La nôtre consiste à devenir des ouvertures pour répandre la lumière dont d'autres seront bien aises de profiter pour purifier leur nature et illuminer leur mental et leur cœur.

Puis vient l'aspect positif de la faculté constructive — sur les plans physique, émotionnel et mental — dans le sens que les Maîtres demandent. Le disciple — à l'encontre de l'homme ordinaire — ne doit pas compter sur des livres ou des bibliothèques pour accomplir son travail dans le monde. S'il a le temps de les consulter, tant mieux, mais il doit posséder la faculté mentale qui a le pouvoir de coordonner tous les aspects de la vie et de l'action. Beaucoup d'étudiants de la Théosophie ont reconnu à demi cette vérité mais l'ont mal comprise. Sous prétexte d'une aide des Maîtres, ils ne préparent pas leurs conférences ou font une étude insuffisante. C'est là, bien sûr, une mauvaise compréhension. Ce qui est requis présuppose un intellect très vif — une faculté trop souvent sous-estimée par les Théosophes d'aujourd'hui. Le disciple doit puiser sa connaissance en lui-même. Il ne peut pas dire au Maître : « Je ne peux pas faire telle ou telle chose, je ne l'ai pas étudiée ». Il doit saisir le travail, et avoir un mental suffisamment éveillé et concentré pour l'utiliser dans l'accomplissement de n'importe quelle tâche, pour l'éclaircissement de n'importe quel sujet.

Il en est de même pour les sentiments. Nous avons presque tous des natures psychiques imprégnées d'innombrables sentiments futiles et mesquins. Le disciple doit avoir quelques sentiments fondamentaux — des émotions pures, grandes et puissantes. Les Maîtres ne désirent pas seulement des personnes bonnes; les églises en sont pleines, Ils désirent des travailleurs puissants. Le disciple doit avoir quelques qualités dominantes dans son corps astral, ayant toutes leurs racines dans l' affection; il pourra ainsi aider tout ce qui existe et sera capable de répondre par sa nature aimante à un grand nombre des besoins d'autrui. Un disciple doit être capable de s'adapter aux circonstances en quelque lieu qu'il se trouve, et de donner de l'aide à tous dans les conditions les plus diverses. C'est pourquoi il doit avoir dans sa nature des émotions, des mouvements dynamiques du caractère, dont le Maître puisse faire usage — les grandes émotions du Pouvoir et de la Compassion. Pour bien accomplir le travail des Maîtres certaines qualités sont requises sur le plan de la vie physique. Le disciple doit acquérir la précision dans l'espace, la ponctualité dans le temps, la pureté dans les motifs. Voilà ce que désirent les Maîtres au sujet de l'espace, du temps et de la causalité.

Accéder à l'état de disciple est un processus graduel, bien que son point culminant vienne comme un éclair. Il vient de l'intérieur et n'est pas un don extérieur. Les disciples se forgent eux-mêmes, par leur propre croissance intérieure. La qualité de disciple ne peut être décernée. C'est un nouvel aspect de conscience gagné par un travail ardu. La caractéristique essentielle de cet état est la connaissance consciente de sa réalisation, de sa condition et de sa position. L'être qui atteint l'état de disciple ne reçoit pas cette information d'e l'extérieur, il la trouve en lui-même. C'est en cultivant la conscience par la concentration des forces mentales, par la purification de la nature émotionnelle et en semant dans cette nature des graines de Vairagya (détachement) et Bhakti (dévotion), par l'introduction en toute activité de l'esprit d'abnégation (oubli de soi) de façon que le travail devienne sacrifice, que petit à petit hommes et femmes s'élèvent sans bruit, jusqu'à l'état de disciple. Nous ne pouvons y parvenir par des œuvres extérieures mais seulement par un développement intérieur dont la méditation, l'étude, le soin constant de maîtriser le soi inférieur, ne sont que des aspects.

De temps immémorial l'état de disciple a été considéré comme un degré de vie spirituelle, et nous pouvons l'atteindre dès maintenant. Difficile est sa réalisation, rare son accomplissement, mais ce que d'autres, très peu nombreux il est vrai, ont pu faire, nous pouvons le réaliser.

La Soi-connaissance (↑ sommaire)

 [Article traduit du n° 7 des « U. L. T. Pamphlets » publiés à Bombay.]

Pour obtenir la soi-connaissance il est d'abord nécessaire de devenir profondément conscient de son ignorance, de sentir dans chaque fibre de son cœur qu'on est constamment trompé par soi-même.

La seconde condition requise est la conviction encore plus profonde qu'une telle connaissance — intuitive et sûre — peut être obtenue par l'effort.

La troisième et la plus importante est une détermination indomptable d'obtenir cette connaissance et de la regarder sans crainte.

La soi-connaissance dont il est question ici peut s'atteindre par ce que l'on appelle couramment r « analyse de soi ». On n'y parvient pas par le raisonnement, ni par un processus cérébral quelconque, car c'est l'éveil à la conscience de la nature Divine de l'homme. Obtenir cette connaissance est une réalisation plus grande que de commander aux éléments ou de connaître l'avenir.

La purification du désir (↑ sommaire)

 [Article traduit du n° 7 des « U. L. T. Pamphlets » publiés à Bombay.]

Lorsque le désir est dirigé vers ce qui est purement abstrait, lorsqu'il a perdu toute trace, toute teinte de « soi  », alors il est devenu pur.

Le premier pas vers cette pureté consiste à tuer le désir de ce qui est du domaine de la matière, car seule la personnalité séparée peut s'en réjouir.

Le second pas consiste à cesser de convoiter même des abstractions telles que le pouvoir, la connaissance, l'amour, le bonheur ou la renommée, car, après tout, elles ne sont qu'égoïsme.

La vie elle-même enseigne ces leçons ; car lorsqu'on atteint l'objet de tels désirs, on ne trouve que le fruit de la Mer Morte. Ceci nous l'apprenons par l'expérience. La perception intuitive saisit la vérité positive que la satisfaction ne peut être atteinte que dans l'infini ; la volonté fait de cette conviction un fait réel conscient jusqu'à ce qu'enfin tout désir soit centré sur l'Éternel.

La volonté et le désir (↑ sommaire)

[Publié par H.-P. Blavatsky dans la revue Lucifer. — Octobre 1887.]

L'homme a la possession exclusive de la VOLONTÉ sur ce plan de conscience qui est le nôtre. Elle le distingue de la brute en qui le désir instinctif est seul actif.
Le DÉSIR, dans son sens le plus large, est la force créatrice de l'Univers. Ainsi considéré, il ne se distingue pas de la Volonté; mais nous, hommes, ne connaissons jamais le désir sous cette forme tant que nous ne restons que des hommes. Par conséquent, la Volonté et le Désir sont envisagés ici comme étant opposés.

Ainsi, la Volonté est issue du Divin, du Dieu dans l'homme; le Désir est le pouvoir moteur de la vie animale.

La plupart des hommes vivent dans le désir et par lui, le confondant avec la volonté. Mais celui qui veut atteindre au but doit séparer la volonté du désir et faire que sa volonté commande, car le désir est instable et toujours changeant, tandis que la volonté est ferme et constante.

La volonté et le désir sont tous deux des créateurs absolus qui modèlent l'homme et son entourage. Mais la volonté crée avec intelligence — le désir, aveuglément et inconsciemment. L'homme, par conséquent, se fait à l'image de ses désirs, à moins que, grâce à sa volonté, il ne se crée, à la ressemblance du Divin, enfant de la lumière.

Sa tâche est double : éveiller la volonté, la fortifier par l'usage et la conquête, la rendre maîtresse absolue dans sa nature incarnée, et, parallèlement à ceci, purifier le désir.

La connaissance et la volonté sont les instruments nécessaires à l'accomplissement de cette purification.

Note

(l)« Puissé-je souffrir et expier les péchés de tous » a dit Gautama le Bouddha, « mais que le monde soit sauvé ! » — exclamation dont la vraie signification est peu comprise actuellement par ses fidèles.  

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