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La mémoire authentique

Extraits des "Vérités Éternelles"

En général, on conçoit la mémoire comme dépendant entièrement du bon fonctionnement du cerveau physique, un dérangement de cet organe entraînant une perte de mémoire. Il est certain que certaines formes de mémoire dépendent du cerveau, c’est notamment le cas pour les deux formes de mémoires appelées souvenir et rappel à la mémoire. Dans le cas du souvenir, nous pouvons retrouver l’idée, mais non tous les détails qui ont ramené en mémoire un sentiment, un événement ou une circonstance du passé ; dans le rappel à la mémoire, nous pouvons, à partir d’un élément, rappeler tous les autres éléments qui lui sont associés. Il existe cependant une troisième fonction de la mémoire, connue sous le nom de réminiscence, et qui ne dépend absolument pas du cerveau. Elle se produit de temps à autre, sans être occasionnée par un objet ou un événement, mais comme si elle jaillissait directement de l’âme elle-même. C’est une perception directe de ce qui a été. Elle vient de quelque chose qui se situe au delà du cerveau, celui-ci jouant uniquement le rôle du filtre, de l’intercepteur, du traducteur des impressions.

Il nous est facile de comprendre que les souvenirs très éloignés soient difficiles à atteindre par la perception de notre cerveau, si nous prenons en compte le fait que les cellules du cerveau font l’objet de transformations incessantes. Il serait inconcevable que les millions d’impressions reçues au cours d’une vie puissent être gardées et redonnées par ces cellules changeantes. Pendant toute la durée de notre vie, notre perception présente une continuité, mais nous ne nous souvenons même pas d’un millième des impressions que nous avons reçues pendant ces jours ou ces années. Très peu d’événements laissent une impression sur nous, ou sont immédiatement traduisibles par le cerveau, par le biais du souvenir. Et même si nous le souhaitions, nous ne pourrions jamais dresser l’inventaire intégral de toutes ces impressions à l’aide de la faculté du rappel à la mémoire. Il existe cependant une faculté innée de se souvenir et de rappeler à la mémoire qui permet d’avoir un aperçu consécutif ou synthétique de toutes ces impressions, c’est la réminiscence, qui est la mémoire de l’âme.

Pour accéder à la mémoire de l’âme et l’exercer, il nous faut d’abord comprendre la nature réelle de l’homme. Nous devrions d’abord considérer que tous les êtres, quel que soit leur niveau d’évolution, non seulement l’homme, mais aussi ceux qui l’ont dépassé et ceux qui sont moins concernés, procèdent de la même essence, du même Esprit, de la même Vie, et présentent les mêmes potentialités. Les êtres les plus élevés ont mis ces potentialités à l’œuvre, et ils se distinguent des règnes inférieurs par un plus grand degré de développement, une gamme de perceptions plus large et une forme plus évoluée. Mais tous, des plus élevés aux moins développés, sont des rayons du Principe Divin Absolu, et ne font qu’un avec Lui. Chacun est le Voyant, le Perceveur, qui se tient au centre de son propre univers, qui seul nous fait connaître tout ce qu’il est possible de connaître à propos du Très-Haut.

Nous devons réaliser que cet univers est un univers de lois, où rien n’arrive par hasard ni par accident, et que nous avons atteint notre niveau actuel par la loi — la loi de notre être même — mise en action par nous-mêmes ; que cette loi commune régit toutes les régions de l’espace et de la nature. Les races humaines qui existent actuellement résultent de races d’hommes qui les ont précédées ; la planète sur laquelle nous vivons aujourd’hui provient d’une planète qui l’a précédée ; le système solaire auquel notre planète appartient a pour origine un système solaire antérieur. Toute chose est la conséquence exacte de ce qui l’a précédée — tout est la répétition de quelque chose qui a existé dans le passé. Le retour d’une même action ou d’une impression antérieure se produit dans l’aspect véritable de la mémoire ; c’est la mémoire de ce que nous avons vécu qui entraîne cette répétition.

Sur le plan physique, l’action de la mémoire véritable peut être observée au fil de tous les stades que traverse la forme humaine, de la conception à la naissance, stades qui sont en fait des représentations de l’évolution de races antérieures. Dans chaque action de notre vie, nous manifestons cette mémoire véritable, que nous en ayons ou non conscience. Nous possédons actuellement la mémoire de la marche, ainsi que celle du langage. Même si nous ne nous rappelons plus comment ni quand nous avons appris à parler et à marcher, nous savons aujourd’hui comment marcher et parler. La mémoire authentique n’est que l’appropriation de la connaissance du passé. C’est la mémoire qui nous relie physiquement au corps, malgré toutes ses transformations et celles de notre environnement et des circonstances ; sans elle, nous ne ferions que passer d’une impression à l’autre, rien ne nous relierait au passé et nous n’aurions aucune notion de notre identité propre.

La mémoire existe également dans un autre domaine de notre nature. Comme nous évoluons sur le plan physique, nos idées concernent presque exclusivement la matière "tridimensionnelle", et nous ne sommes pas plus conscients des états intérieurs de notre être que du plan physique quand nous dormons, et que nous sommes complètement coupés du monde extérieur, de ce qui arrive à nos amis, à notre pays et au monde en général, lesquels n’ont alors plus aucune importance pour nous. Pourtant ces domaines intérieurs de notre nature recèlent une vie intense, et ils ont une mémoire. Le Penseur qui emploie le cerveau à l’état de veille agit simplement sur un autre plan de la matière, utilisant ainsi un autre plan de la mémoire. Chaque plan de conscience possède sa mémoire propre.

Cette conscience ne cesse jamais, elle est continuellement active ; ceci est mis en évidence par le fait que personne n’a jamais expérimenté le sommeil, pas plus que la mort. Même si nous sommes conscients que le sommeil ou la mort doit être expérimenté par le corps, nous ne connaissons ces états qu’en les observant chez les autres. Lorsque nous disons "j’étais endormi", cela signifie que notre corps expérimentait le sommeil, et que pendant ce temps, nous avions complètement quitté ce plan. Nous sommes ensuite revenus de ces plans intérieurs à celui-ci, reprenant la mémoire de l’état de veille où nous l’avions laissée, et avons laissé derrière nous le souvenir de ce qui s’est passé de l’autre côté. Notre instrument physique n’a rien enregistré de ces plans intérieurs ; notre cerveau n’ayant pas été entraîné dans ce sens, il est incapable de traduire ces plans de conscience, excepté dans le cas de certains souvenirs partiels, ceux qui se produisent en rêve, par exemple.

Nos rêves prouvent que nous vivons et agissons sur ces plans intérieurs ; en effet, nous pensons, parlons, sentons, goûtons et nous mouvons dans nos rêves, en tant qu’individus, et nous ne remettons alors jamais notre identité en question, pas même lorsque la personnalité qui s’y présente est celle d’une incarnation antérieure. L’état de rêve est très proche de celui du moment du réveil, cet état intermédiaire entre le sommeil et la veille, si bien que nous sommes en mesure d’enregistrer dans les cellules du cerveau ce qui s’est passé avant de nous réveiller et de nous en souvenir. Au delà de l’état de rêve, qui n’occupe qu’une durée très courte du sommeil, existe une large gamme de pensées et d’activités humaines. Nous y pénétrons encore et encore, jusqu’à ce que nous soyons tout près de la source de notre être même, là où le Penseur est à l’œuvre, où il sait tout ce qu’il a été dans le passé — toutes ses incarnations passées — où il se voit et se connaît tel qu’il est. C’est là que se trouve rassemblée en un tout homogène la mémoire de toutes les expériences qu’il a traversées. C’était en vérité le Paradis de l’homme, lorsqu’il marchait avec la Divinité, lorsqu’il se connaissait tel qu’il est réellement. La mémoire authentique est le Paradis que tous les êtres humains devraient s’efforcer de regagner. Retrouver l’ensemble de cette mémoire, rendre utilisable cette grande connaissance du passé, ici et maintenant, dans le cerveau et dans le corps, représente la véritable œuvre de "rédemption". Ce n’est que lorsque nous comprendrons qui nous sommes vraiment que nous pourrons vivre consciemment dans l’esprit — et non dans la matière — la mémoire authentique parviendra à notre cerveau uniquement quand nous commencerons à penser et à agir sur cette base ; alors seulement nous nous connaîtrons par nous mêmes, n’ayant plus rien à demander à quiconque, mais tout à donner à autrui. Cette mémoire authentique est accessible à tout être vivant.

Pour chacun, l’obstacle n’est pas la mémoire, mais la fausse conception de la vie qui guide ses actes. Quels que soient les souvenirs de l’âme, si nous utilisons le cerveau d’une manière contraire à la nature de l’âme, le cerveau est incapable de traduire ses impressions. Le Penseur doit transférer la mémoire de l’âme au cerveau, et il ne peut le faire qu’en pensant et en agissant correctement pendant la conscience active de veille, jusqu’à ce que le cerveau réponde aux idées et apprenne à transmettre ce qui se passe quand le corps est inactif. Alors la véritable mémoire du passé qui est dans notre âme devient connaissance dans notre cerveau.

Les Maîtres sont ceux qui possèdent la mémoire authentique de toutes les étapes qu’ils ont franchies — la connaissance de toutes les civilisations passées, la compréhension de tout ce que chaque être humain doit expérimenter, la perception de toutes les lois qui régissent l’évolution. Étant les gardiens de cette connaissance et nos Frères Aînés, Ils sont prêts à aider l’humanité de la seule manière qui Leur soit permise — en enregistrant la somme de connaissances que nous sommes en mesure d’assimiler, en nous guidant pour que nous puissions l’utiliser correctement pour le bénéfice de tous les êtres humains, afin que l’ensemble de l’humanité puisse progresser de façon harmonieuse vers son véritable objectif. Une individualisation de plus en plus poussée, une gamme de perceptions de plus en plus étendue, telles sont les perspectives de notre évolution ; il existe cependant deux voies qui permettent de les atteindre : l’une conduit à une individualisation égoïste, et tournée vers l’intérêt personnel, tandis que l’autre ne cesse d’œuvrer pour le bien de l’humanité. Le Frère Aîné s’élève autant qu’il le peut mais s’arrête devant la dernière porte qui le séparerait du reste de l’humanité, pour faire demi-tour et reprendre un corps de la race en cours, comme le fit Jésus, afin de pouvoir aider ceux qui en savent moins que Lui. C’est ainsi que nous ne serons jamais seuls. Jamais ces Grands Êtres n’interrompront leur œuvre, qui est une œuvre d’amour. Mais c’est à nous qu’il appartient de déterminer, à plus ou moins brève échéance, si nous continuerons à souffrir pendant des éons et des millions de vies passées dans l’ignorance, ou si nous suivrons le chemin qu’Ils indiquent et qui mène droit au but — ce qui implique le pouvoir de connaître la vérité directement et infailliblement, ainsi que la mémoire authentique.

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