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Les trois sortes de Foi

Extraits des "Vérités Éternelles"

Sommaire :

Le Réservoir des Pensées (↑ sommaire)

[Ce Cahier Théosophique 188 est le dernier de la série Les Vérités Eternelle de R.Crosbie.]

Lorsqu’on considère l’idée de la pensée, il convient de ne pas oublier qu’il ne peut y avoir de pensée sans penseur. Les pensées ne peuvent surgir spontanément ; toutes sont produites par des êtres intelligents, quel que soit le genre de ces pensées.

Nous sommes tous des penseurs et nous assumons tous le fait que nous disposons d’un mental. Mais en quoi consiste-il ? Ce que nous appelons notre mental n’est en fait absolument pas le mental. En soi, le mental est la faculté de pensée. Les agrégats de pensées que nous appelons notre mental sont les produits de notre faculté de penser ; ils constituent les effets de l’idéation intelligente, et nous devons remonter de plus en plus en amont de la filière des effets perçus pour parvenir à leurs causes.

Le mental lui-même est illimité, et nous avons tous le pouvoir de penser sans restrictions dans toutes les directions possibles. Mais nous sommes nés, ou sommes confrontés, avec différents systèmes de pensée que nous adoptons consciemment ou non, et auxquels nous nous accrochons. Nous devrions toutefois reconnaître et comprendre dès le départ que nous ne sommes pas ces idées, parce que nous avons le pouvoir de “changer d’avis” ; si nous étions nos pensées, nous ne pourrions pas en changer, ne pourrions jamais avoir une idée nouvelle, ni en rejeter une ancienne.

Nous pensons que nos idées nous appartiennent, mais lorsque nous venons à nous auto-analyser, nous découvrons qu’en fait, il n’y a pas une personne sur un million qui soit un Penseur indépendant, qui crée ses pensées sur la base de la compréhension de l’universalité de la nature et de la source commune dont nous procédons tous, et d’où nous viennent ce qui nous semble être nos pouvoirs spécifiques. Il est étrange que nous ne voyions pas que nous provenons tous d’une même source d’où découlent tous nos pouvoirs, ni que c’est uniquement l’utilisation de la vie et de ses pouvoirs qui diffère en nous, en fonction des idées adoptées par chacun. Nous avons tous la capacité de penser, mais nous pensons tous différemment et, c’est ce qui nous fait paraître différents.

Nous vivons dans un monde d’effets et sommes mentalement submergés par eux, étant incapables de nous en libérer. Aussi la chose la plus indispensable en ce monde est-elle de réaliser ce qu’est notre vraie nature. Si nous découvrons ce qu’est notre vraie nature individuelle, nous connaîtrons celle de tous les autres êtres, qu’ils soient moins avancés que nous quant à l’intelligence, ou très au-dessus de nous, au plus haut point concevable.

S’il s’agit pour nous de connaître quoi que ce soit sur cette Source commune à toute notre existence et tous nos pouvoirs, il nous faut acquérir cette connaissance en nous même. En effet, personne n’en est séparé, chacun est issu du même Suprême, ne faisant qu’un avec Lui dans sa nature la plus profonde. Cette idée dépasse toutes les conceptions de la Divinité qui prévalent actuellement, ou qui ont prévalu dans le passé, à propos de Dieu. Le Suprême est au-delà de la forme, au-delà de toute expression. Quel est l’homme qui peut définir ce qu’est Ce qui, en lui, voit, connaît, éprouve des sentiments, expérimente et engrange les résultats de toutes les expériences ? Chacun provient de cette Source infinie, parce que chacun a la même racine infinie, en est une expression.

Si un homme ne comprend pas ce qu’est sa vraie Source, sa vraie nature, et pense être ce qu’il n’est pas, toutes les utilisations de son pouvoir de penser, toutes ses pensées créatrices, toutes les actions qui vont en découler vont suivre les lignes créées par son système erroné de pensée et d’action. S’il pense être un misérable et pauvre pécheur, incapable de rien faire de lui-même, et pour lui-même, alors il restera un pauvre et misérable pécheur. Mais s’il réalise que tous les effets qui l’entourent son dus à la pensée, qu’il peut créer de meilleurs effets, que tout est à sa portée, il va acquérir un nouveau discernement et une plus grande force.

Dès lors, il dépasse le champ des effets pour pénétrer dans celui des causes, et commence à comprendre que toutes les choses sont semblables dans leur nature essentielle. Il déduit de cette considération que l’univers est soumis à une loi. L’être le plus élevé qui soit est soumis à une loi, comme le moins élevé. Cette Loi ne nous est pas extérieure, elle n’est pas mise en action par un ou plusieurs êtres en dehors de nous, mais elle nous est inhérente. Lorsque nous agissons, nous faisons l’expérience de la réaction ; nous sommes ce que nous pensons. C’est en accord avec l’intelligence de notre action que l’expression de cette pensée nous reviendra, “Ce que tu sèmes, tu le récolteras” ; comme nous récoltons, nous avons forcément semé.

Nous trouvons là l’alpha et l’oméga de l’expression de la Justice : nous récoltons ce que nous avons semé. Quelle que soit la situation où nous nous trouvons, nous devons admettre que nous l’avons nous-mêmes produite. Comment l’avons-nous produite à l’origine ? Par les pensées d’un penseur fondées sur de fausses conclusions. Le pouvoir Suprême réside en chacun de nous. Quoi que l’homme pense, il y a un pouvoir dans cette pensée, et il s’accroche à cette façon de penser, il produira forcément les effets découlant des tendances générales de ce qu’il entreprend particulièrement. S’il produit des choses périssables, sans aucun rapport avec sa véritable nature, si sa faculté de penser est encombrée de préoccupations ne concernant que son corps, son environnement corporel ou son progrès physique, est-il surprenant que, tôt ou tard, il se trouve dans une situation complexe, entraînant généralement des conséquences désastreuses pour lui ? Nous sommes déroutés par les effets que nous avons précisément produits en pensant sur une base erronée.

Il nous faut donc veiller à ne pas mettre le pouvoir de notre nature spirituelle au service d’une tendance personnelle, égoïste; cela ne fera qu’attirer une réaction sur nous, forcément. Chacun a parcouru son chemin individuel, comme s’il était séparé de tout le reste, et ainsi créé les conditions dans lesquelles il vit, avec les expériences qui lui apportent joies ou peines.

Nous avons l’habitude de considérer le bien et le mal comme des choses en soi. Il n’en est pas ainsi. Rien n’est bon, ni mauvais, en soi. Le bien et le mal sont les effets que nous ressentons. Ce qui est bon pour l’un peut-être mauvais pour l’autre. Tout dépend du récipiendaire, de son attitude mental. Si nous considérons le règne de cette Loi et reconnaissons que nous avons nous-mêmes produit ces effets, que nous recevons le juste retour de causes mises en branle par nous, nous comprenons que quoi que nous fassions ou ayons fait, doit affecter les autres en bien ou en mal, et qu’il est dans la nature des choses que nous payions un jour la dette contractée, ou recevions le bénéfice alloué. Le bien qui nous échoit est ce que nous avons gagné en servant autrui. Le mal qui nous frappe a également été mérité, par notre négligence des autres ou nos mauvaises actions envers eux, tout effet étant la continuation de la cause mise en œuvre par nous-mêmes.

Nous devrions nous pénétrer de cette vérité que nous sommes responsables individuellement envers tous les autres quant à l’utilisation de nos pouvoirs. Cette idée implique l’Identité Spirituelle commune entre tous les êtres, divinité d’absolument tous les êtres vivants, non seulement celle de l’humanité, (avec ses natures bonnes ou mauvaises) mais aussi celle de tous les êtres, qu’ils soient moins avancés ou plus évolués que nous. Cela entraîne que tous les pouvoirs — de perception, d’expérimentation, de connaissance, de sagesse — sont présents au sein de chaque être, dans sa nature la plus intime. Cela évoque immédiatement l’idée du développement, de l’épanouissement, de l’évolution pour tous les êtres, indépendamment de leur niveau. Il existe des âmes embryonnaires, moins élevées que nous, en ce qui concerne leurs divers stades de progrès ; ensuite nous trouvons les âmes humaines, avec leurs divers degrés d’évolution ; et puis, il y a de Grandes Âmes — des Hommes qui sont passés par les stades que nous vivons aujourd’hui. L’univers tout entier est constitué d’êtres. La forme est l’habitacle, l’instrument d’une intelligence plus ou moins développée. Sans intelligence, pas de forme ; sans intelligence, pas d’action, ni de responsabilité d’aucune sorte. Partout où l’on trouve action et conditionnement, on trouve également l’intelligence, et là où il y a intelligence, se trouve aussi la responsabilité, qu’elle soit ou non reconnue. Ainsi, l’univers n’existe que dans un but — et un seul but : l’expérience et l’émancipation de l’Âme.

Par âme il faut comprendre l’expérience acquise par l’Être Spirituel. Dans ce vaste univers, comprenant une gamme d’êtres intelligents aussi immense et incommensurable, qui diffèrent infiniment par leur degré respectif d’intelligence acquise, par leur Âme, que serait le Réservoir de la Pensée, et où se trouverait-il ?

Dans ce vaste ensemble d’êtres, les types de pensée sont très, très nombreux. On y trouve les pensées et les idées de tous les hommes vivant actuellement sur la terre, ou y ayant vécu, les pensées ou expressions des êtres inférieurs à l’homme, les idées et les expressions, encore plus étendues, des êtres supérieurs à l’homme. Tous cela constitue un vaste réservoir, mais aucun d’entre nous ne peut en retirer plus, ni autre chose, que ce qu’il s’est mis en situation de recevoir. Il doit faire de la place pour cela. Seules les idées peuvent être perçues directement. Derrière toute action se trouve une pensée, d’une espèce ou d’une autre. C’est le type des idées que nous entretenons qui nous fait agir en toutes circonstances — pour produire le bien ou le mal.

Ici, nous pouvons constater combien il est important de savoir ce que nous sommes vraiment — de faire connaissance avec notre véritable nature — et de nous en servir comme base pour penser et agir. De la qualité de notre pensée dépend la qualité ou le genre de notre action. Tout s’enchaîne et, ce qu’il nous faut, c’est, une séquence ordonnée de pensées fondées sur notre nature authentique, et une action en accord avec ces pensées. Dès lors, tout va découler selon la dynamique de l’épanouissement divin, de l’évolution divine. Et nous allons œuvrer en accord avec la nature, et en accord avec tous les autres.

Le Langage de l’Âme (↑ sommaire)

Dans les anciens enseignements, l’Âme est présentée comme le Soi réel de l’homme. Il existe de nombreuses conceptions différentes de ce qu’est l’homme et de ce qu’est l’âme. Les enseignements chrétiens nous incitent à penser que l’homme possède une âme, et qu’il peut la sauver ou la perdre—c’est ce qu’on croit généralement en Occident. Mais la conception des anciens, comme celle de la Théosophie — une représentation de cette idée éternelle— est différente. Il est enseigné que l’Homme est une Âme ; elle est en fait le Perceveur, la vision elle-même, pure et simple, non modifiée (non sujette au changement)) et elle perçoit directement les idées. (1)

Cette idée présente le fait que, quelle que soit la condition de l’Homme réel, qu’il dorme ou qu’il soit éveillé, qu’il se trouve dans un corps physique pendant sa vie, ou dans une autre forme de corps, après la mort ou avant la naissance, ou même avant l’existence de cette planète ou de ce système solaire, il a toujours été le même Perceveur, la même Âme alors que maintenant, et le Créateur de toutes les circonstances qui se sont présentées, le Créateur intelligent de cet univers, en relation avec tous les êtres inférieurs ou supérieurs à lui. Ainsi, l’Homme fait partie d’une Grande Fraternité, et ce lien fraternel s’étend depuis les êtres les plus humbles jusqu’aux plus élevés.

Tous sont des Âmes ; les formes les plus rudimentaires de la matière n’en sont pas moins des Âmes, car dans l’état le plus grossier de la substance réside le pouvoir de percevoir, d’agir et d’acquérir de l’expérience. Cette potentialité est la même en tous, et elle se transforme en puissance qui croît sans cesse, à mesure que l’Âme élargit le champ de ses expériences. Toutes les formes et les corps qui constituent l’univers résultent des expériences et des actes des âmes qui les habitent. Ils sont les instruments de l’âme, et nous agissons toujours avec les autres êtres, quel que soit leur niveau ou leur catégorie. Il existe une unité d’action qui entraîne une similarité des instruments. Cette similarité d’instruments fait que nous influençons et sommes influencés au plus haut point par des êtres de la même catégorie que nous, et plus ou moins par les catégories moins avancées ou plus évoluées.

Ainsi, en admettant que le Soi est identique en chaque être, indépendamment de son niveau, supérieur ou inférieur, nous en arrivons à une autre idée concernant l’âme, qui veut quelle représente aussi l’expérience acquise au cours de l’évolution par absolument chacune des catégories d’êtres. Chaque être individuel est non seulement le Soi, mais aussi l’expérience acquise au contact de tous les autres êtres. En observant qu’il existe des âmes individuelles, nous pouvons constater que les seules différences entre les âmes tiennent seulement à leur degré particulier d’expérience acquise. Si l’on considère l’âme de ce point de vue, comme l’expérience acquise par les individus, lorsque nous parlons de Dieu, de la Sur-Âme, de la Sur-Âme Universelle, nous ne faisons que désigner l’expérience, la sagesse acquise par chaque âme et toutes les âmes. C’est ce que signifierait le passage suivant de la Bhagavad-Gîtâ décrivant le Soi comme étant : “La sagesse elle-même, l’objet de la Sagesse, et ce qui doit être atteint par la Sagesse” (2) — la pleine conscience de l’unité de toutes les âmes, ou de notre Identité Spirituelle commune.

Si nous voulions relier ces concepts au langage, nous devrions nous débarrasser de nombreuse idées auxquelles nous tenons actuellement. En supposant qu’il existe un véritable langage de l’âme, que serait-il capable d’exprimer ? Sans aucun doute, toutes les expériences qu’elle ait jamais traversées.

La Théosophie enseigne la doctrine de la réincarnation impliquant une succession de vie sur cette terre ainsi que dans d’autres états de substance et de conscience. La Continuité de la Conscience (ou l’Esprit) est préservée à travers tous ces états et dans tous ces environnements, et l’enregistrement de tout ce qui s’est produit au cours de la totalité de ces vies est présent à tout moment dans toute forme de vie manifestée, parce que le Soi, l’Esprit, y est présent. Le langage de l’Âme serait capable d’exprimer tout ce que nous avons jamais expérimenté.

Dans ces vies passées, nous avons sans aucun doute parlé des langues différentes de celle qui est la nôtre actuellement ; dans ces existences personnelles, nous avons employé des langues complètement abandonnées et oubliées de nous aujourd’hui, en tant que personnes. Si nous sommes un Soi permanent et si la continuité de l’expérience acquise et de la conscience est préservée en nous, la mémoire de ces langues doit demeurer. Ces anciens langages, utilisés autrefois, n’ont en eux-mêmes aucune valeur intrinsèque, n’étant que l’expression des sentiments et des pensées de l’âme individuelle, de ses émotions, de ses espoirs, de ses craintes, idées et aspirations. Ainsi, il doit y avoir pour une langue quelle qu’elle soit, ce qui peut-être sa base : l’Âme et son expérience. Où est-elle enregistrée ? Elle est imprimée dans la partie impérissable de la nature de l’homme. Il ne peut s’agir d’un langage parlé quelconque, en tous cas. Quelle est donc sa nature ?

Pour comprendre ces propositions, nous devons une fois de plus considérer la philosophie de la Théosophie. La Théosophie enseigne que la matière comprend sept états ou degrés de substance, et chacun d’eux, sept sous-états, l’ensemble allant de l’état le plus subtil, plastique et durable, jusqu’au plus grossier, qu’on peut appeler le plan matériel, ou la matière telle que nous la connaissons et la pressentons, avec ses diverses et nombreuses gradations et combinaisons. L’homme, l’être le plus évolué qui soit concerné par l’évolution de ce système solaire, est revêtu de l’ensemble de ces sept états de substance dérivés de la substance originelle primordiale— la matière homogène dont toute forme est issue par évolution. Ces niveaux de substance sont illustrés par les sept couleurs du spectre lumineux ; ils sont également manifestés dans les sept notes de la gamme musicale.

Les notes et les couleurs ne sont pas exactement ce que nous pensons ; elles représentent les sept grands états distincts de la matière ; le son en lui-même, ou la lumière, représente l’état homogène d’où ont procédé les sept notes et les sept couleurs prismatiques. Nos notes et nos couleurs n’en sont que des répliques — leurs réflexions ou correspondances dans l’état particulier de la matière et du son auquel nous sommes habitués. Nous savons qu’il existe sept couleurs, mais aussi, au-delà de celles-ci, il y a d’autres octaves de couleurs que nos yeux ne peuvent voir, certaines étant si élevés, et d’autres si basses, que leurs vibrations nous échappent. Il en va de même pour le son : nous sommes capables d’en reconnaître plusieurs, mais il y en a qui nous sont inaudibles au-delà des suraigus, ou plus bas que les plus graves.

Appelons l’Âme l’Ego ; c’est sans doute, pour nous, l’expression la plus synthétique pour désigner ce qu’on entend par l’Âme, car elle implique à la fois celui qui perçoit et ses perceptions, celui qui connaît et ses expériences. Or l’Ego a un langage qui lui est propre, un langage comprenant couleur, son et symbole. Ce langage peut être vu, entendu et ressenti. C’est au moyen de ce langage de l’âme que nous pouvons connaître et comprendre directement les expériences d’autres personnes, quelle que soit la langue vocale que nous parlions. C’est ainsi qu’il se disait jadis, comme stipulé dans la Bible, que les Sages comprenaient tout homme, s’exprimant dans sa langue quel que fût ce langage, bien qu’il y eût alors — tout comme aujourd’hui — de nombreuses langues différentes. En fait, ces Sages se plaçaient en amont du langage parlé, si bien qu’ils pouvaient connaître les pensées, les sentiments et la nature même de leurs interlocuteurs. C’est pourquoi dans le moindre mouvement d’une personne — aussi banal que d’aller d’une chaise à une autre, on peut clairement déchiffrer la qualité de la pensée, la nature même de cette personne, par l’ensemble des couleurs et des nuances de couleurs, produites par son action. Il en est de même pour tout son émis ou prononcé, quel qu’il soit : les centres du corps sont mis en action, chacun ayant ses propres couleurs et taux de vibrations qui sont révélateurs.

Aussi étrange que cela paraisse, les couleurs peuvent être entendues, les sons vus, et les formes expérimentées, simplement parce que ces phénomènes constituent des taux différents de vibrations — le mouvement de la Conscience Intelligente, ou l’Esprit. Ils sont tous en corrélation, aucun d’eux ne pouvant exister indépendamment des autres. Ce ne sont que les aspects de la propulsion réelle de l’âme elle-même, ou de l’être conscient. Ainsi, nos pensées comprennent de nombreuses combinaisons de couleurs et de sons, changeant constamment de forme ou d’apparence. Notre cerveau est l’instrument matériel le plus subtil. Comme tout ce dont nous nous servons, il est en évolution. C’est l’organe de la pensée sur le plan de substance où nous agissons actuellement. Si nos pensées sont nobles et élevées, notre cerveau devient très sensible à ce genre d’utilisation. Chaque type de pensée a un taux et une fréquence de vibrations spécifiques, et sa couleur particulière. Si nous nous connaissons mieux, en réalité nous pourrions lire dans les pensées comme on lit un livre. Nous pourrions lire les pensées comme nous entendons les sons actuellement. Si notre cerveau est entraîné à avoir des pensées élevées à l’état de veille, si nous tentons de comprendre ce que nous sommes réellement alors que nous occupons cet instrument physique, ce que représente ce corps qui est le nôtre, ce dont il est capable, alors, progressivement, le cerveau commencera à répondre à des éléments de notre connaissance supérieure. Il communiquera et transmettra de plus en plus du Langage de l’Âme de toute l’expérience enregistrée dans le passé.

Les idées que nous avons même en ce qui concerne l’Esprit et l'Âme, la Vie jusqu’à présent, ici et dans l’avenir, sont celles qui nous ont été enseignées. Elle sont presque toutes personnelles et nous maintiennent entièrement sur le plan personnel — le plan de l’existence purement physique. Elles ne nous donnent aucune véritable notion de ce qu’est le véritable soi intérieur. Nous n’avons pas encore commencé à penser, dans le vrai sens du terme, dans la bonne direction, et pourtant seules des idées correctes peuvent nous faire connaître la nature intérieure de l’homme. Qu’il s’agisse de celles du corps ou de celles de la pensée, nos habitudes ne constituent qu’une mémoire plaquée sur notre nature. Nous ne pouvons garder la connaissance qu’en nous-mêmes, mais nous oublions parfois où nous l’avons cachée, ou nous la recouvrons de quantité de rebuts inutiles, résultant uniquement de notre activité mentale. Le plus clair de notre activité mentale ne concerne que les choses de cette vie, celles qui se rapportent au corps. Ainsi, l’humanité fait en permanence fausse route. Aucun être, aussi élevé soit-il, ne peut l’empêcher, chaque homme étant Âme, Esprit et Conscience, et participant du Très-Haut, quel que soit la manière dont il utilise et applique ses pouvoirs.

La Théosophie s’efforce de montrer à l’homme ce qu’est sa nature réelle, et qu’il est, du début à la fin, et toujours, ESPRIT. L’Esprit signifie Vie et Conscience — le pouvoir de voir, de connaître et d’expérimenter. Nous le possédons tous, Il est commun à nous tous. Lui-même n’a pas d’existence séparée, il est la Vie Une dans tous les êtres, à tous les niveaux. Mais nous, en tant qu’individus, sommes devenus tel, en évoluant à partir du grand Océan de la Vie. Nous sommes Esprit individualisé, et avons ainsi une existence individuelle séparée, de façon continue. En ce sens, nous représentons une forme d’évolution, mais celle de l’Esprit, et non de la Matière — une évolution de la Connaissance, non celle de la forme seule. Ces notions sont le fruit de l’observation de l’expérience ; toutes les différences qui existent sont le fait d’une expérience plus ou moins grande, d’un niveau d’adaptation et d’application de cette expérience plus ou moins élevé ; il n’y a aucune différence dans la Source, ou les Potentialités d’un être quelconque.

Nous découvrirons tout cela si nous avançons sur le Sentier qui est indiqué. Ce sentier n’est pas inconnu. N’oublions pas que d’autres l’on foulé avant nous. Ce sont nos Frères Aînés — Jésus, par exemple, le Bouddha, également tous ceux qui sont venus à diverses époques comme des Sauveurs, chez de nombreux peuples différents. Tous avaient acquis le Langage de l’Âme. Ils avaient tous le même corpus de connaissance. Ils viennent de temps en temps parmi les hommes, à mesure que l’intelligence humaine progresse, et ils transmettent autant d’éléments de cette connaissance que le permet l’état de l’humanité en leur temps. Ils sont venus à nouveau à notre époque, et Ceux qui vinrent furent les plus grands de tous. Comment peut-on dire cela ? Parce que d’autres Sauveurs sont venus parmi des peuples distincts et séparés, alors que le Message de la Théosophie n’est destiné à aucune nation particulière, à aucune classe d’êtres, mais au monde entier.

Cette connaissance peut-être acquise individuellement par tout être soi-conscient, car il ne s’agit pas de nos idées, de nos conceptions actuelles de la moralité ou de la réussite, ni d’un pouvoir extérieur, mais de la Perception spirituelle — du Langage de l’Âme. Même en commettant toutes les erreurs du monde, aux yeux du monde, dans notre corps et par son intermédiaire, nous pourrions néanmoins posséder un pouvoir de perception Spirituelle qui ferait table rase de toutes les “erreurs”. Une rémission des péchés, par procuration, ne nous serait pas nécessaire, car nous serions capables d’agir en harmonie avec tous les êtres. Nos pensées s’accorderaient avec nos actes. Mais il nous faudrait subir la crucifixion des idées fausses qui sont en nous, et nous relever, comme le fit le Sauveur, à la droite du Père — comme l’Ego libéré de toutes les illusions qui l’on amené à rester dans le péché, la peine et la souffrance.

Bien que tous désirent la Connaissance Spirituelle, la grande majorité des hommes ne renoncerait en aucune manière, serait-ce même d’un iota, ou d’un trait de plume, à leur absorption mentale et physique dans les choses actuelles et terrestres afin d’acquérir cette connaissance spirituelle qu’ils prétendent vouloir ardemment. Ils devront continuer à faire l’expérience de la souffrance et du chagrin jusqu’à ce qu’ils désirent vraiment connaître la vérité à propos d’eux-mêmes. Quelqu’un qui pense pouvoir acquérir cette connaissance simplement en la désirant, ou en la voulant pour lui seul, ne remplit pas les conditions qui permettraient de l’obtenir. Le langage de l’Âme ne peut être appris que lorsque l’individu réalise que son devoir n’est pas envers lui-même, mais envers les intérêts les plus élevés de ses semblables ; il ne s’agit pas pour lui de ”sauver son âme”, mais de mettre le plus grand nombre possible de ses compagnons sur le chemin de la Vérité, en ne désirant rien pour lui-même. Par elle-même, cette attitude ouvre en lui les vannes de la connaissance spirituelle. Il devient alors le véritable bénéficiaire, utilisant tous les pouvoirs qu’il a, toute sa connaissance, dans l’intérêt d’autrui. L’homme qui parvient à cette connaissance, et avance sur le chemin de sa réalisation, voit “avec le temps, la connaissance jaillir en lui spontanément”.(3) Il n’a besoin d’aucun livre pour l’éclairer, ne se préoccupe pas des religions qui ont pu exister, qui existent ou existeront un jour. Il connaît la vérité sur lui-même, et, par conséquent, sur tous les autres hommes.

Pourquoi tous les hommes ne prennent-ils pas le chemin de cette réalisation ? Est-ce parce qu’ils ne disposent pas des organes de perception nécessaires, parce qu’ils sont incapables de voir ? Non, en fait, ils ne veulent pas entendre, ils refusent de prendre ce qu’on leur propose pour l’éprouver par eux-mêmes. Ils préfèrent suivre tout ce qui fait miroiter à leur yeux un succès quelconque dans cette vie. Ils savent pourtant, comme tout un chacun, qu’ils ne pourront rien emporter de ces “succès” après leur mort. Lorsqu’ils s’en iront, ils laisseront sur terre toutes les choses terrestres qu’ils auront accumulées. Et ils devront partir, car ils ne sont pas de ce monde, ils procèdent de l’Esprit, non de la terre, et ne font qu’œuvrer pour un temps dans ce monde matériel. Ils le savent tous, mais n’en rêvent pas moins de “possession”. Nul n’a condamné personne à cette condition où se trouve tant de gens. Aucune contrainte ne nous force à rester dans cet état d’agitation, d’oisiveté ou d’ignorance mentale. Tout cela nous est imposé par des conclusions tranchées et indiscutées en ce qui concerne les hommes, les choses et les méthodes. Ces conclusions nous attachent solidement à nos conditions actuelles, et elles continueront de le faire tant que nous garderons cette attitude mentale et nous accrocherons à des notions fausses sur Dieu, la Nature et l’Homme. Nous tenons les portes fermées, de notre propre chef. Par ignorance ? Certes, mais qui reste dans l’ignorance ? Uniquement ceux qui ne veulent pas entendre, qui doutent du Langage de l’Âme.

Notes

  • 1) Voir Les Aphorismes du Yoga de Patanjali, dans la traduction de W.Q. Judge, livre II, 20 [N.d.T.]
  • 2) Bhagavad-Gîtâ, XIII, 17 [N.d.T.]
  • 3) Bhagavad-Gîtâ, IV, 38 [N.d.T.]

 

La Théosophie au Quotidien (↑ sommaire)

Nombreux sont ceux qui pensent que la religion a pour propos de la préparation à la mort ou les états atteints dans le futur. En fait, la religion signifie une préparation à la vie, avec une connaissance de la vie, et elle implique de vivre la vie comme il conviendrait de le faire. Ce qui prépare à la mort est la vie, et le fait de toujours vivre. Les religions établies ne donnent même pas d’explications au pourquoi de la mort — ni de réponse à aucune question brûlante dans la vie quotidienne. Pourquoi souffrons-nous et éprouvons-nous de la peine ? Pourquoi sommes-nous ici ? Quelle est l’origine de l’homme ? Pourquoi, dans l’humanité, tant de conditions différentes ? Pourquoi certains sont-ils nés pour souffrir et d’autres pour se réjouir ? Pourquoi certains sont-ils dans des situations médiocres et d’autres, à des postes élevés ? Pourquoi certains jouissent-ils de facultés brillantes alors que d’autres sont très peu doués ? La justice exigerait une réponse qui n’est pas donnée par la religion avec son “Créateur” — car si l’homme est la créature d’un créateur, il ne peut se tirer d’affaire par lui-même, et est totalement irresponsable. Un être, quel qu’il soit, supposé parfait, ferait régner la justice, et pourtant l’injustice sévit parmi les hommes. Le caprice ou une saute d’humeur d’un créateur ne résout pas le problème. Tout être, aussi grand ou élevé soit-il, est nécessairement limité, fini et imparfait — il est extérieur à nous, et il ne contient pas l’univers, mais y est contenu.

Il nous faut dépasser la notion d’un Être comme étant à la source de tout être — comme fournissant une base commune aux êtres les plus inférieurs comme aux plus élevés. On ne saurait trouver cette base ou cette source en cherchant à l’extérieur : elle est elle-même, la capacité de percevoir partout où il y a de la vie ; l’Esprit, la Vie et la Conscience sont identiques en chaque être – indivis, quels que soient le nombre et la diversité de perceptions. L’évolution n’est pas une force qui s’impose de l’extérieur, mais la force de l’Esprit qui donne l’impulsion de l’intérieur et pousse à une expression de qualité croissante. Tout progrès vient de l’intérieur. Pour nous, toute la connaissance acquise, toutes les expériences vécues le sont à l’intérieur et s’y conservent. Chacun est donc le Voyant, tout le reste ne faisant qu’être vu. Ainsi, la connaissance que nous devons acquérir n’est pas une information venant de l’extérieur, ni les pensées d’autres hommes, mais une compréhension de notre propre nature essentielle, qui représente chaque élément du grand univers, depuis la base de toute vie jusqu’à chacune des formes d’expression extérieures et toutes les possibilités d’expression ultérieures — tout comme chaque goutte d’eau contient en elle-même tous les éléments existant dans le grand océan dont elle est venue. La Loi ne nous est pas non plus extérieure. Elle est toujours inhérente à l’Esprit ; c’est l’action qui implique toujours une réaction dans chaque cas individuel comme pour la collectivité de l’ensemble de l’humanité. Ici bas, nous sommes soumis à la loi et à la justice. Dans l’univers, il n’existe rien d’injuste.

Si nous avions une certaine connaissance de notre nature essentielle et du but dans la vie, si nous savions que la vie consiste exclusivement à apprendre et à reconnaître que l’ensemble de l’univers est vivant et qu’en fait il ne s’y trouve aucune injustice, à part celle que nous nous infligeons, par réaction, notre conception de la vie serait tout autre et nous appliquerions ces notions au quotidien. Nous adopterions la position qui nous est de loin la plus nécessaire, celle de notre responsabilité personnelle, que les religions nous ont enseigné à rejeter sur un Dieu ou un Diable. Reconnaissant que chacun d’entre nous procède de la même Source et avance vers le même but, bien que le sentier suivi varie selon le pèlerin, nous agirions envers chaque être comme s’il était une partie de nous-mêmes. Comme nous-mêmes, chacun progresse sur le chemin, à un niveau inférieur ou supérieur, selon le cas. De celui qui nous a devancé nous pouvons obtenir de l’aide et nous pouvons aider le retardataire. Telle est l’interdépendance qui devrait relier tous les êtres conscients ; et, dans une telle optique, notre civilisation n’en serait pas au point où elle se trouve actuellement. Les hommes ne se dresseraient pas tous les uns contre les autres. Les personnes dans des situations difficiles n’en rendraient pas responsables les circonstances défavorables, mais l’imputeraient aux mauvaises relations qu’ils ont eues avec d’autres à un moment, dans le passé, où ils ont abusé du pouvoir dont ils disposaient. Chacun tenterait, au contraire, de se discipliner lui-même, en essayant d’harmoniser ses relations avec tous les autres — non pas tant extérieurement, peut-être, qu’intérieurement, car, pour sûr, si on nettoie l’intérieur d’un bol, son apparence extérieure s’améliorera d’elle-même. Notre principal devoir consiste à rendre claire et propre notre nature, à la rendre authentique, a l’accorder avec le grand objectif de la vie, à savoir l’évolution de l’âme.

Pour faire nos premier pas dans cette direction, nous ne pouvons pas attendre que la nation s’éveille à la Théosophie ; car elle ne s’éveillera que lorsque chaque individu s’éveillera à ce qui se trouve en lui-même et, par sa pensée et son action, en inspirera de semblables à d’autres êtres humains. Si chacun était déterminé à faire tout son possible pour chacun de ses semblables, et en toute circonstance, pensez-vous qu’il se trouverait encore une seule personne qui souffre ? Pas le moins du monde! Les personnes qui aident seraient plus nombreuses que celles qui souffrent. Mais nous avons toujours peur que si nous agissons ainsi, l’autre ne le fera pas. Alors nous ne faisons rien dans ce sens. La plupart des gens pensent à tout autre chose. Ils s’activent à l’autel de leurs dieux qui les arrangent et tentent d’obtenir le meilleur de toute chose dans la vie, au dépends de quelqu’un d’autre. Ou encore, ils essaient d’acquérir “le pouvoir de la volonté”, afin de pouvoir exploiter autrui gratuitement. C’est le genre de “volonté” que l’on désire généralement, celle qui permet d’obtenir exactement tout ce que l’on veut. N’est-ce pas là du banditisme psychique ? Tout ce qui peut être obtenu de cette manière étant pris à quelqu’un d’autre, nous devrons le rembourser jusqu’au dernier centime - si ce n’est pas dans cette vie, ce sera dans une autre, car la balance de la justice est infaillible.

N’est-il pas évident que nous pouvons nous fier à un univers évoluant infailliblement sous le coup d’une loi parfaitement juste ? Sans aucun doute. Nous pouvons progresser en faisant absolument confiance à la loi qui régit notre être spirituel, en sachant que tout ce qui nous arrive nous est nécessaire. Ces objets mêmes que nous ressentons si durement sont pour nous des leçons, du fait qu’elles indiquent une mauvaise tendance, ou un défaut en nous, que cette souffrance actuelle nous donne l’opportunité, une occasion de surmonter, et de renforcer notre véritable caractère. C’est tout ce qui nous restera à la fin de la vie — ce caractère que nous avons acquis, qu’il ait été bon, mauvais ou entre deux. Les hommes passent leur vie à éviter ce qu’ils n’aiment pas et à essayer d’obtenir ce qui leur plait — tout ce qu’ils peuvent, et aussi longtemps qu’ils le peuvent. Et pourtant, même s’ils obtenaient toutes les richesses, toutes les possessions du monde et la satisfaction de tous les désirs possibles, à quoi cela leur servirait-il ? A leur mort, tout serait laissé là où ils l’ont eu, puisque rien de matériel n’adhère à l’Esprit. L’idée de possessions personnelles est l’une des notions erronées qui empêchent les hommes de se concevoir comme des êtres spirituels d’utiliser le pouvoir qui leur est propre - car tous les pouvoirs, qu’ils soient de nature électrique, dynamique ou explosive, proviennent de l’Esprit Unique Universel, et chaque homme a en lui tous les pouvoirs de l’univers.

L’existence physique n’est pas forcément une vallée de larmes. Un jour viendra où nous aurons fait de la vie humaine sur terre ce qu’elle devrait être, où nous n’aurons plus peur de rien, où nous ne craindrons plus notre prochain, À ce qu’on dit, lorsque Daniel entra dans la fosse aux lions, les fauves ne lui firent aucun mal. Pourquoi ? Parce que son cœur était pur ; il ne voulait de mal à personne. Il faisait confiance à la loi spirituelle de son être profond, à laquelle toute la nature est soumise. Nous pourrions avancer au-dehors calmement, courageusement, joyeusement, en nous fiant aux lois de notre propre nature. De cette manière, nous ajusterions notre vie quotidienne à cette nature ; car il n’y a rien dans notre action qui ne procède pas du mental, et derrière le mental il y a le motif qui sous-tend l’action. C’est ce motif qui rend notre action “bonne” ou “mauvaise”. Si nous sommes justes intérieurement et désireux de bien faire, tout ce que nous ferons ira dans le bon sens et chaque fonction s’avèrera bénéfique. Tout action est inspirée et colorée par la motivation que nous avons eue en l’accomplissant.

La théosophie est la seule philosophie qui puisse être appliquée à tous les domaines de la vie quotidienne. Elle peut servir, dans tous les sens, qu’ils soient élevés ou non, car son usage découle d’une compréhension de l’Esprit lui-même, et ce que l’on agit pour ce Soi et comme ce Soi - car le Soi n’agit que par le canal des créatures. Si l’on agit pour ce soi, en chaque occasion, tout ce qui s’ensuit en découle. Toute la destruction qui nous entoure, et les misères que nous pouvons voir, tout provient de notre négation du saint-Esprit - de l’Esprit qui est en nous. Nous le renions quand nous agissons comme si nous étions seulement notre corps, ou notre mental. CELA ne peut être renié. Aussi l’homme, confronté à tous les effets de ce reniement et constatant qu’ils sont mauvais, apprend qu’il n’était pas sur la bonne voie. Il se met alors à chercher la Vérité, et quand il la trouve, il obtient tout ce qu’il peut désirer -l’espoir, le bonheur et une meilleure compréhension de son existence et de toutes les autres. C’était pour communiquer aux hommes tout ce qu’ils pouvaient recevoir concernant la nature de l’âme, et pour qu’ils puissent sortir de cette vallée de larmes, que les Êtres connus comme Incarnations Divines sont venus ici-bas, de Leur propre initiative. Ils ont transmis d’âge en âge cette connaissance de la nature, de l’homme et du but de la vie, acquise au fil de nombreuses civilisations humaines. C’est cette connaissance qui fait qu’Ils sont comme des dieux pour nous, dans Leur gloire et Leur puissance.

Les trois sortes de Foi (↑ sommaire)

Tout être humain possède une foi — foi en quelque chose, en un idéal, une conception, une religion un système — mais, tandis que la foi des différents individus vise tel ou tel objet, la foi elle-même procèdant du Suprême, est inhérente au cœur de tous les êtres. La foi est à la base même de notre nature. Quelle que soit notre voie, nous la choisissons en raison de la foi que nous avons, c’est-à-dire de la conviction qu’il s’agit de la meilleure démarche possible. Si le monde regorge de fausses fois c’est en raison de la diversité des idées, de croyances et des philosophies, qui ont pour effet de limiter la foi elle-même aux moyens jugés nécessaires pour atteindre l’objectif d’une foi particulière.

Dans le dix-septième chapitre de la Bhagavad-Gîtâ, il est dit qu’il existe trois sortes de foi : celle de la qualité de satva, désignant ce qui est bon et vrai ; celle de la qualité de rajas, relative à l’action et à la passion ; et celle de la qualité appelée tamas, caractérisant l’indifférence et l’ignorance. Ces trois qualités attribuées à la foi sont en fait les trois limites que chaque être humain lui fixe ; nonobstant, le pouvoir de la foi elle-même est illimité. Nous restreignons sans cesse ce pouvoir à son mode opératoire dans un cadre limité à quelques objets ou idéal mineur, fondé sur des apparences extérieures. “L’âme incarnée étant douée de foi chaque être humain est de la même nature que celle de l’idéal auquel sa foi est attachée”.(4) L’homme présente la qualité de foi qui est conforme à ses dispositions ; il adopte aussi continuellement la nature de l’idéal auquel sa foi est fixée. Il est donc évident que nous devrions être sûrs de la nature de la foi sur laquelle notre idéal se fonde.

Si l’on place sa foi en une réalité extérieure, quelle qu’elle soit — dieux, hommes, religions ou système de pensée — c’est à un roseau brisé qu’elle est fixée ; on a limité ainsi le pouvoir même de son propre esprit dans sa capacité de dépasser les limites de son idéal. Si nous sommes d’avis, par exemple, que seul est réel ce qui peut-être vu, entendu, goûté, senti ou touché, nous avons placé notre foi sur une base très peu élevée. Il doit y avoir une raison à cette façon erronée de penser et d’agir, une fois que nous avons pris l’instant présent pour le seul existant, le monde terrestre extérieur et la seule existence actuelle pour le seul cadre de vie possible, que nous allons quitter pour aller Dieu seul sait où, en ignorant toujours la raison d’être de tout ce qui s’est passé. Considérer tous les êtres selon nos propres limitations mentales, ou celles de notre champ de perception, et, de même, ne capter de leur langage ou de leurs actes que l’aspect extérieur, ne permet pas de les voir tels qu’ils sont en réalité. Croire en un Dieu ou un Diable extérieur, en une Loi extérieure, en rémission extérieure des péchés, s’en tenir à l’idée que le péché soit autre chose que le reniement de notre propre nature spirituelle (ce qui est le péché impardonnable), voilà autant d’exemple d’une foi qui est de la nature de tamas, de l’ignorance. L’ignorance conduit toujours à la superstition, la superstition à une fausse croyance, et la fausse croyance, à une foi erronées. Nous sommes en permanence en conflit les uns avec les autres, en raison d’une foi fondée sur de fausses bases, pour la bonne raison que la foi, quelque soit son objet, entraîne des effets, et que les hommes sont rendus aveugles à la foi réelle et authentique par les effets même d’une foi erronée. Cependant, tant que notre foi sera erronée, nous continuerons de nous forger des vies misérables. Les conséquences d’une foi erronée en quelque idéal égoïste implique forcément de mauvais effets et des circonstances néfastes. Ce sont les limites mêmes que nous nous sommes imposées par de fausses croyances, dans d’autres incarnations, et il nous faudra revenir, maintes fois, dans un corps, jusqu’à ce que nous ayons corrigé les défauts de notre nature, engendrés par ces fois artificielles. Il nous faut acquérir une base de réflexion et d’action supérieure à celle de la fausse foi attachée aux attractions et répulsions obtenues par hérédité. Nous avons certes produit les effets que nous constatons, mais nous ne sommes pas obligés de répéter continuellement les mêmes erreurs, vie après vie, si toutefois nous acceptons de changer d’idéaux. Il nous faut trouver une véritable base pour notre foi. Nous devons faire reposer notre foi sur ce qui est intérieur, et non extérieur.

La véritable source de tous les types de pouvoirs en notre possession est la Source Intérieur et cette Source est identique en chaque être vivant. A la racine même de notre être réside le Soi immuable, que nous ne pouvons connaître qu’en nous même. Pour y accéder et l’atteindre, il nous faut d’abord nous débarrasser de toutes nos idées - de tout ce qui est notre nature changeante. En premier lieu, l’homme doit se défaire de l’idée qu’il est son corps. Il l’occupe, il l’utilise, mais il sait qu’il change sans cesse, et qu’à aucun moment, il n’est identique à ce qu’il était l’instant d’avant. Qu’il se défasse en outre de l’idée qu’il est son mental, car il peut lui-même changer les concepts dont il est formé - les rejeter en bloc pour en adopter d’autres, parfaitement antagonistes, s’il le décide - ce qui ne l’empêcherait pas d’agir sur la base de ces autres concepts. Nous ne sommes ni notre corps, ni notre mental, ni une combinaison des deux, mais nous sommes Cela qui les utilise et les sous-tend tous deux. À travers tous les changements passés, présents et à venir, nous sommes et resterons toujours nous-mêmes. Même quand la mort viendra, nous continuerons d’opérer, bien que sur un mode différent de celui du corps physique. La base du Soi Immuable met l’univers entier à la portée du mental de tous les êtres - c’est une base stable pour la pensée, l’action et la réalisation intérieure.

Il y a trois choses que nous devons connaître : chacun est le Soi dans sa nature la plus intime ; tous les pouvoirs qu’il détient prennent naissance dans ce Soi ; tout être, quel qu’il soit, est conscient, et il a la possibilité d’étendre son champ de perception et d’action, alors que tout instrument résulte d’une limitation de la conception de la nature réelle de l’individu. L’homme ne pourra jamais appréhender son unité avec la Grande Vie Une en observant les autres êtres, ni grâce à une foi quelconque ; il ne peut y parvenir qu’en explorant sa propre nature. Cette nature réelle se réalise en discernant ce qui ne relève pas de la nature du Soi. En effet, tout ce qui est susceptible d’être vu, entendu, ressenti, goûté ou perçu, n’est pas le Soi, mais uniquement une perception du Soi. Le Soi perçoit ce qui peut être perçu en fonction de ses propres idées, de sa propre foi, mais l’objet de cette perception ne peut jamais être le Soi. Le Soi réside dans chaque être dont nous obtenons une action quelconque, dont nous percevons quoi que ce soit, mais nous ne percevons pas Cela. Ce n’est qu’en Le réalisant au sein de nous-même que nous réaliserons son existence dans tous les autres êtres. Honorez donc la nature spirituelle de chaque être, et essayez de l’aider à reconnaître par lui-même le vrai sentier qui lui permettra de réaliser sa nature véritable ! Nous devrions tous penser et agir en prenant pour guide cette nature authentique qui est la nôtre.

De tous côtés, nous nous trouvons empêchés d’adopter l’attitude correspondant à notre nature réelle. Cela paraît impossible. Mais ce n’est là qu’une illusion créée par la foi erronée que nous avons adoptée. Nous avons établi des concepts, des attractions, des répulsions et des sentiments qui reviennent encore et encore, conformément à la loi du retour permanent des impressions. Lorsque nous tentons d’adopter un comportement antagoniste, nous nous trouvons confrontés à la résultante des actions combinées de toutes ces forces en nous. C’est ce que nous pouvons appeler “la guerre dans le ciel” - celle qui se déroule dans la nature personnelle de l’homme. Mais s’il reste fidèle à sa propre nature spirituelle, il vaincra forcément. S’il a foi en la loi de sa nature propre, il ira de l’avant et, progressivement, les obstacles tomberont. Mais il faut pour cela nous “accrocher farouchement” et avoir confiance et foi en Cela, la seule Réalité qui soit — la Vie elle-même — la Conscience. Alors toutes les entraves que nous nous étions fabriquées disparaîtront. Toutes les forces de la nature commenceront à agir pour nous, et avec nous, car nous n’auront plus de désirs personnels, si ce n’est pour le bien et le salut de tous. Chaque âme, et chaque chose, semblera travailler dans notre intérêt, mais non pas parce que nous le voudrons. Nous commencerons à percevoir la signification spirituelle de l’affirmation selon laquelle “celui qui veut sauver sa vie doit la perdre”. S’il renonce à tout profit personnel, en consacrant tous les pouvoirs qu’il détient ou acquiert au service d’autrui, l’univers tout entier sera à ses pieds. Il pourra tout prendre, pourvu que tout ce qu’il prendra soit destiné à être redonné, et tout ce qu’il acceptera, soit mis à la disposition des autres !

Il ne saurait être question de péché, ou de pécheur, de bien ou de mal. La seule question qui se pose est la suivante : travaillez-vous pour vous-même, tels que vous vous comprenez, ou est-ce pour le soi, comme vous devriez concevoir que vous êtes, et non pour quoique ce soit d’autre ? Si vous ne voulez rien pour vous-mêmes, ne réclamez rien pour ce corps qui est le vôtre et ne pensez qu’à agir pour autrui : ce dont vous avez besoin viendra, conformément à la loi de la force même pour laquelle vous créez une attraction. Le soutien viendra de toutes parts. L’ensemble de votre nature - spirituelle, intellectuelle, astrale et physique – s’en trouvera renforcé, et même votre environnement s’améliorera. C’est notre manque de foi, notre défiance par rapport à Cela, qui nous place dans des situations indésirables pour nous. Nier la présence du Christ, de Krishna, de l’Esprit en nous, c’est là le “péché impardonnable”, et tant que nous crucifierons ce Christ intérieur, aussi longtemps nous souffrirons sur la croix des passions et des désirs humains. Ne servir que soi-même est un acte de création qui enchaîne à des situations néfastes. À une condition seulement il nous est permis de nous efforcer d’avoir un meilleur lot, en ce qui concerne le corps, la position sociale, les possessions de toutes sortes, les qualités ou la compréhension des choses que le motif en soit de nous rendre plus aptes à aider et instruire les autres.

La seule foi véritable est celle qui vise le Suprême — l’Immuable, Cela en quoi réside la nature intime de chaque être. La seule voie authentique consiste à faire confiance à la loi de notre propre nature spirituelle. Les hommes peuvent bien abandonner une foi pour une autre, croire en une chose puis en une autre, en allant d’une vie à l’autre en récoltant des effets conformes à la nature de l’idéal sur lequel s’est fixée leur foi, mais la seule issue qui peut s’offrir à eux tient à une foi dans la nature spirituelle essentielle de tous les êtres. Et pour être humain, il n’y a pas de don plus précieux que cette vérité inaltérable qu’il est en son pouvoir — et en celui de tout autre — de la réaliser. C’est un élément d’une ancienne connaissance détenue par quelques-uns, suivie par quelques-uns, qu’Ils ont toujours répandue dans un monde de fausses croyances, en essayant de l’enseigner au grand public.

Ceux qui suivent le Sentier de la vraie foi ne vivent pas à l’écart de leurs semblables. Au contraire, ces semblables prennent plus d’importance pour l’homme éclairé qu’ils n’en eurent jamais auparavant. Il les considère avec plus de lucidité. Il voit plus clairement les difficultés qu’ils rencontrent et désire les aider par tous les moyens. Ainsi, il devient plus un homme vivant. Plus que les autres, il agit en connaissance de cause. Il obtient une plus grande aide de la nature qu’eux parce qu’il considère l’ensemble, ainsi que tous les aspects individuels qui le constituent. Il profite autant de cette vie, sinon plus, voire beaucoup plus que celui qui ne vit que pour son plaisir et son bien-être et dont les ambitions sont personnelles. Pourtant il ne vit pas pour lui-même. Le seul but de sa vie est de faire connaître ces vérités aux hommes : il sait en effet que la connaissance entraîne le destruction des fausses fois, et, par conséquent, celle de l’ensemble des souffrances et des horreurs de l’existence physique. Ainsi, l’évolution continuera, par sauts et par bons. Les hommes sortiront des ornières où ils se sont mis et évolueront sans restrictions, dans un univers de possibilités infinies.

Quand nous aurons rejeté toutes nos fausses croyances, nos désirs et nos passions, nos attractions et nos répulsions, comme autant de vieux vêtements, quand nous aurons retrouvé notre nature qui est divine, alors nous serons en mesure de construire une civilisation aussi supérieure à la présente que nous soyons capables de l’imaginer. Car nous ne pouvons échapper au Karma de la race à laquelle nous appartenons, et les effets que nous avons produits ensemble devront également être éliminés ensemble. La meilleure méthode, la plus élevée et la plus sûre, consiste à avancer en suivant la ligne de notre propre nature intérieure, et, en faisant cela, à suggérer aux autres celle qui leur permettra de réaliser la leur. Alors, en nous fondant sur Cela, qui est immortel, permanent, illimité, ce qui est notre véritable soi et le Soi de toutes les créatures, la réalisation viendra — petit à petit mais sûrement.

Note

4)Bhagavad-Gîtâ, XVIII, 3 [N.d.T]

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