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"La Lumière sur le Sentier", Questions et Réponses

Sommaire :

Lucifer, 1, pp. 226-229.

Question 1 (↑ sommaire)

Question — Que sont en réalité les sens appelés astraux dans le livre ? Ne s'agit-il pas de sens réellement spirituels, capables de saisir directement l'essence intérieure des choses et de l'interpréter ? Assurément, on ne pourrait dire que le psychique ou le clairvoyant ordinaire fait usage de ces sens astraux, même s'il perçoit des choses que nous ne voyons pas. Il serait bon d'expliquer cela.
B.K.

Réponse — Les sens appelés astraux dans les (1) Commentaires sur La Lumière sur le Sentier sont à coup sûr les sens qui perçoivent l'essence intérieure, qui ont connaissance de la vie sous-jacente à toute forme de matière. Le psychique, ou le clairvoyant ordinaire, ne fait que percevoir d'autres formes de matière que celles que nous voyons ordinairement, et il les perçoit comme un enfant perçoit au début les formes de ce monde-ci, sans en comprendre la signification. Par contre, les sens astraux dont j'ai parlé font passer au delà de la matière, et donnent à l'homme la lumière sur toute forme de vie qui l'intéresse en particulier. Ils font voir au poète, au peintre et au compositeur, les choses qu'eux-mêmes expriment aux autres hommes qui considèrent ces grandes figures comme des êtres d'un autre ordre, qui ont le don du génie. C'est bien ce qu'ils sont, et la vigueur de ce génie les transporte au sein de la vie intérieure où se révèlent la signification profonde, l'harmonie et l'indéfinissable objet de tout désir. Wordsworth (2) a eu cette vision dans la nature; il a reconnu la présence de " l'esprit dans les forêts " — non les nymphes des bois, mais l'esprit divin de paix qui enseigne une leçon de vie. Richard Jefferies (3) a saisi lui aussi cette présence dans la nature, comme sans doute nul autre ne l'avait jamais fait: par delà ce monde visible limité, il a perçu l'univers invisible infini et, avant de mourir, il avait commencé aussi à découvrir que le monde visible n’existe pas. Seul, peut-être, Turner (4) pourrait être mis en parallèle. En parlant de " monde invisible ", je dois répéter encore que je n'entends pas ce que les spirites désignent par ce mot: je veux dire le monde sans forme. C'est la limite la plus éloignée que puisse atteindre la conscience de l'homme ; et encore, seule l'âme pure — dans ce qui l'apparente à une étoile — peut devenir avertie de son existence. Ce n’est pas la nature divine de l'homme; cependant, qu'il soit poète, peintre ou occultiste, I'homme qui pénètre dans ce monde avec en lui un respect religieux pour le grand miracle de la vie ne peut y entrer qu'avec l'aide de sa nature divine. L'âme qui y accède sans ce respect est incapable de supporter l'épreuve de son atmosphère extrêmement raréfiée et se détourne vers la sphère de l'astral psychique pour y vivre. Ce sont de telles gens qui tombent dans la folie ou le suicide d'une manière plus ou moins prononcée, comme le font les hommes qui refusent de s'installer dans une forme quelconque d'existence physique qui ne soit pas la plus grossière et la plus simple. Il y a une loi de la vie qui pousse en avant les êtres humains — appelez-la la loi d'évolution, de développement, ou ce que vous voudrez; et de ce fait, un homme ne peut pas plus aller vers le bas sans souffrir qu'un arbre ne peut être mis à l'envers, avec ses branches dans le sol, et non ses racines, sans en être perturbé — et finalement mourir.

Je propose d'employer deux expressions qui m'ont été suggérées : l'astral psychique et l'astral divin. C'est, me semble-t-il, la seule façon de me faire comprendre, car le mot astral a deux significations : celle qui lui revient en propre, par dérivation du sanskrit stri (répandre de la lumière (5) et celle qu'il a reçue par l'usage de tous les auteurs parlant d'Occultisme. Paracelse s'appropria le mot pour qualifier toutes choses sidérales, soumises à la lune et aux étoiles, faisant partie intégrante de cet univers matériel — même s'il s'agissait (selon l'expression de Dryden) des " plus purs atomes de l'air ". Dans cette compréhension, les spirites et psychiques ont le droit de coutume de l’employer comme ils le font, pour décrire leur monde de formes subtiles. Ainsi, dans ce sens, une forme " astrale " est l'image que revêt l'âme de l'homme encore possédée par les passions qui la rendent humaine ; et, de même, les sens " astraux ", loin de percevoir la suprême splendeur éthérée que Shelley a exprimée dans son Prométhée délivré, ne font qu'ouvrir sur une sphère d'apparences et de formes ne différant guère de celles dont nous sommes revêtus actuellement, et gardant encore une nature nettement matérielle. Dans les Commentaires sur la Lumière sur le Sentier, au lieu de " l'homme astral ", il eût donc fallu écrire " l'homme astral divin ", pour marquer l'évidente différence de signifcation accordée au mot par l'auteur et par tous ceux qui ont écrit par ailleurs sur l'Occultisme.

Question 2 (↑ sommaire)

Question — Les sens astraux ne sont-ils pas utilisés par tout grand poète, ou inventeur, bien qu'il n'ait aucune vision par clairvoyance — c'est-à-dire qu'il ne perçoit pas d'élémentaux, d'images ou de formes astrales, etc. ?
Faust.

Réponse — La réponse à cette question semble contenue dans la précédente qui invite clairement à concevoir le mot " astral " dans son sens divin.

Question 3 (↑ sommaire)

Question 3.1 — " Il existe une loi de la nature qui exige qu'un homme déchiffre ces mystères par lui-même " [p. 48 début commentaire 1]. Tous les hommes en quête du sentier occulte feront-ils la même lecture de ces mystères, ou bien chaque individu trouvera-t-il l'interprétation qui s'adaptera en particulier au stade propre de son développement ? Il n'y a pas deux êtres qui perçoivent de façon tout à fait semblable les mystères contenus dans la Bhagavad-Gîtâ : chacun saisit les lueurs qu'il est capable d'assimiler, sans plus.

Réponse 3.1 — Ces mots formulent plus l'énoncé d'une vérité qu'une question : on ne peut guère y répondre qu'en présentant les choses sous des mots différents — et peut-être moins bons.

Question 3.2 — Le monde extérieur est-il la réflexion du monde intérieur — à la manière d'une reproduction estompée, et d'une facture malhabile, la réalité étant ce qui se trouve à l'intérieur ?

Réponse 3.3 — C'est ce qui devrait être. Mais les matérialistes ont placé leur sens de la réalité au niveau " estompé " de la vie.

Question 3.3 — Comment développer l'intuition permettant de saisir d'un trait la connaissance ?

Réponse 3.3 — Pour autant que je sache, il n'y a pas d’autre moyen qu'en menant la vie d'un disciple.

Question 3.4 — Les lois de la sur-nature sont-elles limitées dans leur portée à leur seul domaine, ou bien peut-on faire qu'elles se réfléchissent ici-bas — intactes, et dans toute leur pureté — pour gouverner l'existence physique ?

Réponse 3.4 — Assurément, il faudrait qu'il en soit ainsi. Mais c'est un cas rare : en y parvenant l'homme deviendrait divin — un Bouddha !

Question 3.5 — Par " Être incapables de pleurer " [p. 47 (première page commentaire 1], ne faut-il pas comprendre que, si les émotions physiques sont enfouies dans l'aspect intérieur de la nature physique, l'effusion des larmes devient impossible, du fait qu'elles sont une expression extérieure de cette nature physique, tandis que les émotions psychiques sont (pour employer un terme de la science physique) d'une nature vibratoire ?

Réponse 3.5 — " La Lumière sur le Sentier est entièrement écrite en langage chiffré de caractère astral ", comme il est dit au début même des Commentaires [p. 54 début commentaire 1]. Aussi, en aucun cas, le mot " larmes " ne désigne-t-il les larmes physiques. C'est le seul terme pouvant donner une idée quelconque de l'humidité de la vie — ce qui s'exhale de l'âme humaine dans son expérience de la sensation et de l'émotion, et dans la passion de la soif qu'elle éprouve pour elles.

Question 3.6 — Comment doit-on " saisir d'une poigne ferme le serpent du soi et le vaincre " [p. 70 fin commentaire 1] ?

Réponse 3.6 — C'est le grand mystère que chaque homme doit résoudre par lui-même.

Question 4 (↑ sommaire)

Wallasey, 1er octobre

Question — À propos de ces Commentaires publiés dans le premier numéro de Lucifer, puis-je demander si, au lieu de la forme limitée qu'il revêt ici, le paradoxe ne serait pas plus vrai et plus fort en l'exprimant dans son entier en ces termes : " Avant que les yeux puissent voir, ils doivent être incapables de pleurer; cependant, avec des yeux incapables de pleurer nul ne saurait voir " c'est-à-dire voir le bien, ou Dieu ?

J'imagine que par ces mots : " C'est pourquoi l'âme de l'Occultiste doit devenir plus forte que la joie et plus forte que la douleur ", il faut comprendre qu'il ne doit pas rechercher la joie, ni craindre la douleur, et non qu'il doit devenir incapable d'éprouver joie ou douleur.

Il serait possible de faire cette interprétation : " Avant que les yeux puissent voir ils doivent être... sans larmes ", c'est-à-dire secs — en fait, morts ! De toute évidence, ce n’est pas l'intention de l'auteur, n'est-ce pas ?
Sincèrement vôtre,
A.E.I.

Réponse — Une fois encore, je dois rappeler ce qui est énoncé au début des Commentaires : la Lumière sur le Sentier est écrite en langage de caractère astral. Ainsi, les larmes ne désignent pas les larmes des yeux physiques mais les gouttes de pluie produites par la vie de passion de l'âme humaine. Quand ces effusions sont arrêtées pour toujours, la vision astrale n'est plus aveuglée ni troublée. Alors s'expriment amour et charité divine, quand le désir personnel est mort. Et ce qui était joie et douleur, pour soi, trouve naturellement une place différente de celle qui était occupée auparavant.

Question 5 (↑ sommaire)

Question 5.1 — Je désire très fortement obtenir la maîtrise du " soi ". Si, pour y parvenir, j'emploie les moyens occultes (qui ne me semblent pas s'écarter de l'expérience ordinaire des chrétiens), devrai-je sacrifier un seul iota de ma croyance dans le pouvoir du Christ ?

Réponse 5.1 — Il ne peut (et ne doit) pas arriver que vous ayez à sacrifier un seul iota de votre croyance dans le pouvoir de l'esprit du Christ; elle devrait plutôt s'accroître car cet esprit est la même transcendance divine qui a inspiré tous les Rédempteurs.

Question 5.2 — Si je me soumets aux conditions occultes qui me permettraient de graver " dans mon cœur et dans ma vie " les quatre premières règles de la Lumière sur le Sentier, ces conditions me permettront-elles de prier pendant tout ce temps pour recevoir l'aide et la force divines du Christ éternel, qui a franchi le portail, ouvert la " voie ", et qui, à ce que je crois, est le " Maître des Maîtres ", le " Seigneur des Anges " ?

Réponse 5.2 — Il importe très peu de définir par quel nom vous désignez le Maître des Maîtres, sachant que pendant tout ce temps c'est à " Son " (6) pouvoir que vous faites effectivement appel.

Question 5.3 — Que faut-il comprendre par ces mots : " le disciple (...) doit alors si bien sceller les portes de son âme, que ni consolateur ni ennemi ne puisse y avoir accès " [P. 85]. Faudrait-il nous couper de tout désir de recevoir la sympathie, la force et le soutien de l'esprit d'un Être qui a dit : " Nul homme ne vient au Père si ce n'est par moi ", et qui a bu la coupe de douleur jusqu’à la lie, par amour de la Fraternité ?
L.H.Ff.

Réponse 5.3 — L'homme ne peut trouver aucune source de consolation en dehors de l'Esprit Divin qui est en lui. Considéré d'un certain point de vue, le récit de la vie de Jésus n'est-il pas une illustration de cette vérité ? Dans quel terrible isolement n'a-t-il pas vécu et trouvé la mort ? Ses disciples — même ceux qui étaient les plus aimés de Lui — furent incapables d'atteindre Son esprit dans les moments sublimes qu'il vécut, ni aux heures de ses plus vives souffrances. Il en est de même de tout individu qui, par son effort, s'élève — même dans une bien faible mesure — au-dessus de la vie humaine ordinaire. La solitude devient un état familier, car à ce stade rien de personnel — pas même un Dieu personnel — ne peut plus réconforter ou redonner courage.

Question 6 (↑ sommaire)

Question — Y a-t-il un risque de se tromper soi-même ? Peut-on entrer dans le sentier si graduellement que l'on ne se rende compte d'aucun changement radical traduisant une transformation de la vie, ou l'accession à un stade donné de progrès ? Qu'en est-il de celui qui n’a jamais éprouvé de grand chagrin durable, ni de joie extrême mais qui, au milieu des plaisirs et des peines, s'efforce de ne pas oublier les autres et de se représenter que sa joie n'est guère méritée tandis que son chagrin ne pèse pas lourd au regard de la grande douleur universelle ? Comment un tel individu sera-t-il amené à franchir les portes ? Par quel signe les reconnaîtra-t-il ?
Y.H.

Réponse — Il lui est difficile d'avoir une connaissance quelconque de ce qui se trouve sous la surface de sa nature tant qu'elle n'a pas été mise à l'épreuve par les expériences les plus âpres de la vie. Mais, bien sûr, en songeant à la théorie de la réincarnation, il est possible que ces expériences remontent désormais au passé. Un signe immuable marque le passage des portes : le sentiment que joie ou douleur personnelle n'existe plus. Le disciple vit pour l'humanité, non pour lui-même, il oeuvre pour toutes les créatures qui souffrent, au lieu d'avoir connaissance que lui-même est dans la souffrance.

Notes :

  • (1) Le titre de cette revue, fondée par Mme Blavatsky, évoque naturellement le " porteur de lumière " (N.d.T.).
  • (2) Poète anglais (1770-1850) dont les oeuvres sont empreintes d'un profond sentiment romantique de la nature (N.d.T.).
  • (3) Auteur anglais (1848-1887), exceptionnel observateur de la nature, connu pour ses livres dépeignant la campagne avec une admirable variété de nuances, qui dénote une communion intime avec la vie profonde qui s’y cache (N.d.T.).
  • (4) Peintre anglais (l775-1851) célèbre pour ses paysages presque irréels, baignés d'une lumière diaphane (N.d.T.).
  • (5) D'où le grec aster (et le français astre), ainsi que l'anglais star (étoile) (N.d.T.).
  • (6) En anglais le possessif neutre Its, employé à dessein, souligne que ce pouvoir n’est pas celui d'un être personnel (masculin ou féminin) mais d'une réalité transcendante et transpersonnelle (N.d.T.).

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