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Conversations sur l'occultisme, Qu'est-ce que l'Occultisme ?

L'Etudiant. — Qu'est-ce que l'Occultisme ?

Le Sage. — L'Occultisme est cette branche de la connaissance qui fait voir l'Univers sous la forme d'un œuf. La cellule, telle que l'a décrite la Science, est une réplique en miniature de l'œuf de l'univers. Les lois régissent l'ensemble — le macrocosme — et chacune de ses parcelles; l'homme — le microcosme — est donc régi par ces mêmes lois. L'Occultisme traite des lois et des forces secrètes qui agissent dans l'univers et dans l'homme, forces qui s'expriment sur le plan phénoménal mais qui ne sont connues que partiellement de ceux qui n'admettent pas l'existence d'une nature réelle, invisible, une trame sur laquelle s'élabore le monde des phénomènes extérieurs qu'ils observent.

E. — Qu'enseigne l'Occultisme à propos de l'homme, d'une façon générale ?

S. — Qu'il est le produit le plus parfait de l'évolution et qu'il y a en lui, pour chaque centre de force dans l'univers, un point focal correspondant. Il dispose ainsi de foyers d'attraction, de centres, lui permettant d'être en relation avec tous les centres correspondants de force, de pouvoir et de connaissance qui existent dans ce monde qui l'environne et le pénètre.

E. — Vous référez-vous, en parlant ainsi, à tous les hommes ou seulement à quelques exceptions?

S. — II s'agit de tout être humain, du plus bas jusqu'au plus élevé, de ceux que nous connaissons comme de ceux qui nous sont bien supérieurs et dont on soupçonne l'existence. Nous sommes habitués à limiter le terme d' « humain » à notre plan terrestre, à ce globe, et ceci n'est pas correct car d'autres planètes ont des êtres qui sont semblables aux nôtres quant à leurs pouvoirs essentiels, leur nature, leurs possibilités.

E. — Voudriez-vous expliquer un peu plus en détail ce que vous entendez en affirmant qu'il y a en nous des centres ou foyers?

S. — L'électricité est une force extrêmement puissante et très utilisée quoiqu'imparfaitement connue par la science. Les systèmes nerveux, physique et mental de l'homme, lorsqu'ils agissent ensemble sont susceptibles de produire la même force, d'une façon plus fine et plus subtile et avec une intensité aussi grande que la dynamo la plus puissante; et une telle force pourrait être utilisée pour tuer, pour transformer, pour déplacer, pour produire n'importe quelle modification d'un objet ou dune condition. C'est là le « vril » décrit par Bulwer Lytton dans son ouvrage The coming Race. En observant la Nature nous voyons qu'elle est capable d'attirer en un point donné une certaine quantité de matière afin de produire les réalités objectives et ceci dans l'infiniment petit comme dans l'infiniment grand. Utilisant des matériaux déjà présents dans l'environnement, elle les rassemble dans les limites de la forme d'un arbre ou d'un animal, les rendant visibles à nos yeux. Elle manifeste ainsi le pouvoir de « condenser » à l'intérieur de ce qu'on peut appeler des limites idéales, ou, plus exactement, des limites à des formes idéales. L'homme possède ce même pouvoir et lorsqu'il connaît les lois et les centres de force appropriés en lui-même, il peut agir exactement comme le fait la nature. Ainsi, il peut rendre visible et matériel ce qui n'était avant qu'idéal et invisible, en garnissant la forme idéale avec de la matière condensée extraite de l'air. La seule différence, alors, réside dans le fait qu'il réalise rapidement ce que la nature élabore lentement.

Parmi les phénomènes naturels, il en est un, la télépathie, pour lequel on ne nous offre aucune explication satisfaisante. Pourtant, les oiseaux et d'autres animaux produisent instinctivement ce phénomène, qu'on appelle maintenant télépathie et qui est la communication de la pensée ou d'une idée d'un mental à un autre. C'est un pouvoir naturel et, bien compris, il peut être utilisé par un mental pour transmettre une idée ou une pensée à un autre mental, quels que soient la distance ou les obstacles qui les séparent. Rappelons-nous, à ce propos, que la vibration d'une corde provoque une vibration similaire de toutes les autres cordes de même longueur. Le phénomène de transmission de pensée est une branche de l'Occultisme dont un aspect seulement est connu de l'investigateur moderne, mais c'est aussi un des plus utiles et des plus grands pouvoirs que nous ayons. Pour le mettre en service, la combinaison de nombreux facteurs est nécessaire. Alors que nous l'utilisons quotidiennement d'une façon normale, car les hommes communiquent entre eux à chaque instant par télépathie, s'en servir parfaitement, indépendamment des obstacles et des distances, exige une perfection dans l'art occulte. Cependant, un jour viendra où il sera d'usage courant parmi les hommes.

E. — La nature vise-t-elle quelque but que l'homme devrait également prendre en considération?

S. — La nature œuvre toujours pour transformer ce qui est inorganique, inanimé, inintelligent et inconscient en quelque chose d'organique, d'intelligent, de conscient. Ceci devrait être également le but de l'homme. Dans ses grands agissements, la nature semble détruire, mais il ne s'agit pour elle que de construire. Bien que les roches se dissolvent dans la terre, que les éléments se combinent pour se modifier, il y a une marche progressive constante de l'évolution. La nature ne détruit ni les choses ni le temps; elle construit. L'homme devrait faire de même. Jouissant du libre-arbitre, responsable sur le plan moral, il devrait agir comme la nature et non pour assouvir ses passions ou pour gaspiller dans tous les domaines.

E. — L'Occultisme tient-il de la vérité ou de l'erreur, est-il altruiste ou égoïste, ou les deux à la fois?

S. — L'Occultisme est incolore. C'est seulement lorsque l'homme l'utilise dans un sens ou dans l'autre qu'il devient bon ou mauvais. Le mauvais Occultisme, celui qui est utilisé à des fins égoïstes, ne tient pas de l'erreur car il est semblable à celui qui sert à de bonnes fins. La nature a deux aspects : le négatif et le positif, le bien et le mal, la lumière et les ténèbres, le chaud et le froid, l'esprit et la matière. Le Magicien Noir est aussi apte à réaliser les phénomènes que le Magicien Blanc, mais il arrivera un moment ou, par suite de l'impulsion de toute la nature dans une même direction, le Noir sera détruit et le Blanc sauvé. Mais vous devez comprendre que l'homme perfide tout comme l'homme juste peuvent être tous deux des occultistes. La règle qui nous permettra de juger est contenue dans les paroles de Jésus : « C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur des épines ou des figues sur des chardons? »

« Occultisme » est un terme générique. Les qualificatifs qui lui donnent son caractère sont : Blanc et Noir. Les mêmes forces, des lois identiques, sont utilisées dans les deux cas; car il n'y a pas de lois spéciales dans l'univers pour un groupe donné de travailleurs cherchant à pénétrer les secrets de la nature et d'autres lois pour un autre groupe. Cependant, le sentier de l'homme perfide et maléfique, quoique semblant facile au début, est difficile à la fin : les travailleurs de l'occultisme noir ne sont amis de personne, chacun d'eux s'oppose aux autres dès que son intérêt l'exige, et cette opposition peut être permanente. Il est dit que l'annihilation finale de l'âme personnelle attend ceux qui, dans cette grande salle d'expérience qu'est la nature, ne participent qu'à l'aspect destructif.

E. — Où trouverai-je l'aide nécessaire pour une vie juste et une étude authentique?

S. — En vous-même est la lumière qui éclaire chaque homme entrant ici. La lumière du Soi Supérieur et celle du Mahâtma ne sont pas différentes l'une de l'autre. A moins que vous ne trouviez votre Soi, comment voulez-vous comprendre la Nature?

L'Etudiant. — Ne doit-on pas adopter une attitude mentale particulière lorsque l'on veut comprendre l'aspect occulte de la nature?

Le Sage. — II faut adopter l'attitude mentale qui donne la possibilité de pénétrer la réalité des choses. L'homme doit se dégager du simple formalisme de la vie, des conventions, même si extérieurement il paraît s'y conformer; il doit se convaincre qu'il est une image fidèle de l'univers et qu'il a en lui un rayon de l'Etre Suprême. C'est en fonction de cette attitude mentale qu'il perçoit plus ou moins clairement la vérité et qu'il arrive à la conclusion que tous les autres hommes, tous les autres êtres, sont unis à lui, perdant ainsi le sens de la séparativité et le sentiment d'égotisme qui en découle. Les distinctions, basées sur des comparaisons qui nous font penser, comme les Pharisiens, que nous sommes meilleurs que notre voisin, disparaissent du mental lorsque l'idée de l'unité est comprise; le mental est alors plus pur et libre d'agir.

E. — Quel est d'après vous le principal obstacle qui empêche le mental de saisir la vérité?

S. — Le principal obstacle dans ce domaine est sans aucun doute la réapparition anarchique des pensées et images dans le champ du mental, par le jeu du souvenir, de la mémoire. Cette dernière est un pouvoir important, certes, mais le mental en est distinct. Toujours actif et de nature vagabonde, manifestant une tendance au changement d'ailleurs nécessaire pour éviter un immobilisme stérile, le mental doit être contrôlé et effectivement il est possible de le tenir fixé sur un objet ou sur une idée. Comme nous sommes généralement occupés à regarder ou à écouter ce qui est nouveau, il nous est difficile de parvenir à maîtriser sa tendance naturelle à l'instabilité. Lorsque nous nous y efforçons le mental est aussitôt assailli par les pensées évoquées par le jeu involontaire de la mémoire, par toutes sortes d'images, d'événements, de préoccupations; il essaie de s'évader et nous constatons que nous nous écartons du sujet choisi. Amasser une multitude de pensées inutiles et qui, immanquablement, reviendront à la mémoire, constitue un obstacle dans la recherche de la vérité, le véritable obstacle pour l'homme moderne compte tenu du mode de vie auquel il est habitué.

E. — Pouvez-vous nous citer, du point de vue de l'occultisme, quelques-unes des relations entre le soleil d'une part, l homme et la nature d'autre part?

S. — II y en a beaucoup et toutes sont importantes. Mais je voudrais d'abord attirer votre attention sur la plus importante et la plus compréhensible. Le soleil est le centre de notre système solaire et, dans ce système, toutes les forces vitales sont transmises par son intermédiaire; mais il ne fait que réfléchir les forces en provenance d'un point de l'espace qui est le véritable centre. Non seulement la vie mais bien d'autres forces encore, essentiellement spirituelles, nous parviennent par l'intermédiaire de ce point focal qu'est le soleil. On ne devrait donc pas le considérer uniquement comme une source de lumière pour nos yeux; il devrait être pour le mental un sujet de réflexion. Il est, pour notre univers, ce que le Soi Supérieur est pour l'homme. Il est l'âme centrale d'un monde où évoluent ses six satellites, comme le Soi supérieur est le centre par rapport aux six principes de l'homme. Ainsi, les six principes de l'homme reçoivent-ils de lui de nombreuses énergies spirituelles. L'homme devrait donc penser au soleil et non pas seulement le contempler. Les phénomènes matériels tels que la lumière, la chaleur, la gravitation, liés au soleil, sont produits par lui d'une façon naturelle et continueront à l'être, mais l'homme, qui dispose du libre-arbitre, doit s'astreindre à méditer sur le soleil s'il veut retirer tout le bénéfice que seul l'effort volontaire de sa pensée peut entraîner.

E. — Pouvez-vous donner d'autres idées à ce sujet?

S. — Nous restons au soleil pour nous chauffer ou profiter des effets de son rayonnement sur le corps physique. Mais si, en même temps, nous pensons aussi à lui comme à l'astre du ciel et à ce que peut être sa véritable nature, nous attirons ainsi certaines de ses énergies qui autrement n'auraient eu aucun effet sur nous. Ceci peut être pratiqué même si des nuages obscurcissent le ciel: un certain bienfait en résultera. De temps à autre, ceux qui sont d'un naturel mystique, qu'ils soient instruits ou ignorants, découvrent ceci pour leur usage personnel et souvent le mettent en pratique. Mais, comme vous le voyez, tout ceci dépend du mental.

E. — Le mental effectue-t-il quelque opération réelle lorsqu'il saisit une pensée et s'efforce de mieux comprendre?

S. — Sans aucun doute. Il y a comme un fil, une antenne, un long courant qui jaillit du cerveau pour aller à la recherche de la connaissance. Il va dans toutes les directions et contacte tous les autres centres pensants qu'il peut atteindre afin de recevoir, si possible, le renseignement recherché. Ceci est accompli, pour ainsi dire, par télépathie et il n'y a ni brevet ni droit d'auteur qui protègent la véritable connaissance philosophique. Cependant, le domaine personnel, ce qui appartient à la vie privée, est entièrement respecté sauf par les magiciens noirs qui sont prêts à s'approprier le bien de quiconque. La vérité qui a un caractère général, par contre, appartient à tous, et lorsque le messager invisible d'un penseur atteint le mental d'un autre penseur, ce dernier lui abandonne ce qu'il sait sur des sujets d'ordre impersonnel et général. Ainsi l'antenne du mental s'étend dans l'espace jusqu'à ce qu'elle y trouve la pensée ou le germe-pensée d'un autre mental et se l'approprie. Mais l'esprit de compétition de notre civilisation, le désir égoïste pour les richesses et la renommée construisent constamment, au détriment de tous, une barrière autour du mental de l'homme.

E. — Voulez-vous dire que ce que vous venez de décrire est naturel, habituel et universel ou bien seulement le fait de ceux qui savent et sont conscients du processus?

S. — C'est un fait universel et se produisant que l'on en soit conscient ou non. Rares sont ceux qui sont capables de l'observer en eux-mêmes, mais cela ne change rien. Le phénomène se produit malgré tout. Lorsque, par exemple, vous vous asseyez pour penser sérieusement à un sujet philosophique ou éthique, votre mental s'évade, atteint le mental d'autres êtres et vous en recevez toutes sortes de pensées. Si vous n'êtes pas bien équilibré ni purifié sur le plan psychique vous recevrez souvent des pensées fallacieuses. Tel est votre Karma et le Karma de la race. Si, par contre, vous êtes sincère et essayez de vous baser sur une philosophie juste, votre mental rejettera l'erreur de façon naturelle. Tout ceci vous permet aussi de comprendre comment des systèmes de pensée peuvent être élaborés et garder un certain dynamisme quoiqu'ils soient erronés, insensés ou pernicieux.

E. — Compte tenu de cela, quelle attitude mentale, quelles aspirations seront pour nous la meilleure sauvegarde pour nous préserver de l'erreur, pour l'empêcher de s'introduire dans notre mental?

S. — Le désintéressement, l'altruisme, en théorie et en pratique, le désir d'accomplir la volonté du Soi Supérieur qui est le « Père dans les cieux », le dévouement pour l'humanité. Puis, subsidiairement à cette discipline, la pensée exacte et une bonne culture.

E. — L'homme sans culture est-il donc dans de moins bonnes conditions?

S. — Pas nécessairement. Les hommes très instruits sont tellement impliqués dans un système qu'ils rejettent presque toutes les pensées qui ne sont pas en accord avec leurs notions préconçues. L'ignorant sincère est souvent plus apte à saisir la vérité bien qu'il soit incapable de la formuler. Les masses ignorantes restent généralement conscientes des grandes vérités de la nature, mais éprouvent des difficultés à les exprimer. Nombreuses sont les grandes découvertes de la Science qui ont été obtenues par ce mode de télépathie subconsciente. En vérité, elles ont été souvent puisées par le chercheur dans les pensées de quelque obscur personnage soi-disant ignorant et, par la suite, ce chercheur devient célèbre grâce à son pouvoir d'exprimer la connaissance et à ses moyens de la promulguer.

E. — Tout ceci a-t-il quelque relation avec le travail des adeptes de toutes les Loges authentiques?

S. — Oui. Elles possèdent toutes les vérités que l'on puisse souhaiter mais en même temps elles les gardent prudemment contre toute investigation de ceux qui ne sont pas encore prêts à les utiliser correctement. Souvent, lorsque l'heure est venue, elles trouvent un homme de science qui est prêt et elles projettent sur son mental en pleine réflexion l'image de ce qu'il recherche. Tel un éclair, une idée fait soudainement progresser ses recherches; beaucoup de ces chercheurs ont admis ce fait. L'homme communique sa découverte, devient célèbre et le monde dispose de plus de connaissance. Les adeptes agissent ainsi constamment, mais de temps à autre ils transmettent des informations plus complètes sur les vérités de la Nature, comme ce fut le cas avec H.-P. Blavatsky. Généralement, de telles révélations ne sont pas acceptées d'emblée car, ne s'appuyant pas sur d'autres œuvres, elles ne sont pour personne une source de profit ou de renommée. Mais, comme elles sont faites dans un but déterminé, pour être utiles dans le siècle à venir, elles produiront leurs effets au moment opportun.

E. — Comment procèdent les Adeptes pour connaître ce qui se passe dans le monde de la pensée, en Occident par exemple?

S. — II leur suffit de relier volontairement et consciemment leur mental au mental des penseurs contemporains les plus éminents et ils découvrent aussitôt ce qui, sur le plan de la pensée, a été exprimé ou est sur le point de l'être. Il leur reste ensuite à en faire la synthèse. Ils agissent ainsi constamment et ainsi ils favorisent de nouvelles réalisations ou des améliorations en projetant sur le plan mental des suggestions que tout chercheur réceptif pourra utiliser.

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