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Matérialisations

Sommaire :

Spiritisme (↑ sommaire)

Un « esprit » porte témoignage sur les matérialisations, Note (1)

Le mois dernier nous avons publié deux prophéties provenant de « l'esprit » Jim Nolan, rapportées il y a quelques années par le Religio-Philosophical Journal, Note (2) . Comme cet « esprit-guide » s'est exprimé de façon tout à fait précise sur divers sujets, cet article porte sur certaines de ses idées relatives aux phénomènes de matérialisation de « formes d'esprits » . La méthode de communication de l'esprit nécessite une explication. Elle se fait, nous dit-on, par le canal de ses « organes de la parole matérialisés ». C'est ce que l'on a parfois appelé la « voix indépendante » . Dans les phénomènes dont nous parlons, le médium n'était pas à l'état de transe mais tenait une conversation, et la voix résonnait en provenant de l'air, ou en sortant du mur. Les sceptiques diront évidemment que c'était pur ventriloquisme de la part du médium, mais il existe un grand nombre de témoins, dignes de foi et intelligents, qui affirment, après un examen attentif, qu'il n'y a eu aucun recours à un tel artifice et qu'à plusieurs reprises on a entendu clairement la voix au moment même où le médium était en train de parler. Il n'y a pas d'impossibilité absolue en la matière, car deux classes d'esprits peuvent émettre une voix provenant de ce qui semble être l'espace vide. La première est composée des esprits d'hommes vivants qui ont acquis un grand pouvoir occulte et l'autre de certaines entités grossières existant en Kama Loka.

Le récit des séances qui ont servi de base à cet article a été rapporté dans le R.P. Journal, à partir du 13 octobre 1877. Répondant à la première question, la voix de Jim Nolan déclara qu'il comprenait « les processus de matérialisation de forme des esprits », à la suite de quoi il lui fut demandé d'expliquer à fond les prétendues matérialisations. Sa réponse démolit complètement la théorie qu'un esprit puisse se matérialiser, et jette le doute sur l'identité prêtée à tout prétendu esprit, mais ses idées n'ont pas été acceptées par les spirites. Voici ses paroles :

Question. — « Voulez-vous expliquer complètement le processus mécanique, sans entrer dans les propriétés chimiques des divers constituants plus qu'il pourrait être essentiel à une claire compréhension de vos déclarations ? »

Réponse. — « Vous comprenez que les particules électriques dans une chambre où l'on a fait l'obscurité sont dans une condition tranquille ; elles sont rassemblées par les esprits et mises l'une sur l'autre jusqu'à réaliser une forme complète. Cette forme matérialisée, une fois achevée, nous prenons du magnétisme du médium, ou le magnétisme que nous pouvons retirer du cercle des assistants, et nous en faisons un revêtement sur les particules électriques du corps physique venant d'être achevé ; alors, l'esprit s'y introduit et l'utilise précisément de la même manière que vous utilisez votre forme physique, en le gouvernant à l'aide d'un fort pouvoir de volonté. Il existe aussi d'autres modes de matérialisation ; parfois, nous assemblons simplement des particules électriques et nous réfléchissons dessus le visage de quelque esprit : on voit alors une image réfléchie comme dans un miroir ; ou bien nous plaçons d'abord ces particules électriques rassemblées sur une feuille, comme par exemple une feuille de papier ; puis, nous recouvrons cette feuille de certains produits chimiques provenant de l'atmosphère, et finalement nous faisons dessus une réflexion électrique qui fait apparaître la forme d'un visage en sorte que vous identifiez clairement les traits d'un esprit ; prenez, par exemple, une jeune fille n'ayant pas plus de 16 ans : le médium peut être recouvert d'une telle couche pour lui faire prendre exactement l'apparence de cette jeune fille, et revêtir ensuite la forme d'un vieillard de quatre-vingt-dix ans.
Parfois des esprits se manifestent en marchant sur le plancher. Fréquemment c'est le médium qui marche, recouvert de cette couche extérieure ou d'un revêtement ressemblant exactement à votre parent décédé et, si cette couche disparaissait, vous verriez le médium debout devant vous. »

Sur la question de la fraude perpétrée par les médiums lorsqu'ils se présentent comme l'esprit appelé, Jim Nolan fit les intéressantes remarques suivantes en réponse à la seconde question :
« Le seul mode de purification est votre propre purification. J'irais jusqu'à dire que si vous amenez ce soir dans cette pièce vingt personnes demandant une matérialisation, dix d'entre elles préféreront voir le médium sortir du cabinet sous les traits de leurs amis — à condition de ne pas détecter positivement la fraude — plutôt que de revenir chez eux sans avoir assisté à aucune manifestation. Les esprits perçoivent ceci et, même si ce n'est pas tout à fait honnête, ils assistent le médium. Il arrive très rarement, dans les cas de matérialisation, que, sur tout le nombre des manifestations qui se produisent à une séance, plus de deux ou trois formes soient matérialisées entièrement : généralement c'est la même forme qui sert avec un autre revêtement. Réellement, quelle serait l'utilité de bâtir une maison nouvelle pour chaque individu qui désire entrer dans l'une d'elles dans un but particulier ? Un autre point est à noter : la forme matérialisée qui a été présentée au public n'a jamais appartenu à la partie physique de cet esprit ; de telles matérialisations consistent simplement en principes (ou éléments) chimiques, électriques et magnétiques, assemblés à partir de l'atmosphère par la bande d'esprits qui sont à l'œuvre et produisent des phénomènes. »/

Le vingt-sept octobre de la même année, il fut demandé à Nolan d'expliquer la dématérialisation des formes d'esprits, et il dit :
« II y a, dans de tels cas, une atmosphère noire, ou rendue obscure, qui se projette autour de la forme : en fait, cette dernière ne se dématérialise pas. Si elle le faisait, elle ne pourrait pas être ramenée à nouveau si rapidement. Quand un corps est matérialisé, les particules qui le composent sont rassemblées par les esprits et placées l'une sur l'autre jusqu'à ce que la forme désirée soit achevée. Si ces particules sont séparées, elles retournent aux éléments d'où elles étaient issues et ce n'est qu'avec une plus grande difficulté que nous les rassemblons à nouveau; et souvent, quand la forme disparaît de la vue et que vous pensez qu'elle est dématérialisée, les esprits ont placé autour d'elle une atmosphère rendue obscure pour la dissimuler à la vue des personnes présentes. »

Le 17 novembre 1877, les questions posées se rapportaient au présent sujet, et l'une d'elles — la quatrième de ce jour-là — demandait si des tissus, tels que des habits, pouvaient se matérialiser  de manière à rester après la séance. Nolan expliqua, à juste titre:
« Non, de tels tissus ne sont pas matérialisés. L'esprit peut se revêtir d'habits qui sont apportés de quelque endroit sur terre ; ils sont, dans toute l'acception du terme, matériels. Mais il est impossible pour des esprits de matérialiser un tissu ou un vêtement de façon qu'il demeure sur votre terre. Il serait impossible à un habit matérialisé par les esprits de demeurer sur le plan matériel. »

À une autre séance, tenue au même endroit, et décrite dans le même journal en date du 27 octobre 77, la première question posée à Nolan portait sur la mémoire. Dans sa réponse, il soutint les points de vue anciens sur la lumière astrale, en l'appelant toutefois « lumière magnétique » . Comme il parlait de la mémoire, il entra dans une explication visant à soutenir sa position, en disant :
« Dans les temps anciens, les hommes appelaient lumière astrale une certaine lumière qui entoure chaque individu et émane de lui, et sur laquelle, enseignaient-ils, se marquait l'impression ou l'empreinte de chaque pensée ou de chaque acte de la personne. Nous, les esprits... appelons cette émanation une lumière magnétique... Tous les actes de la vie sont photographiés sur la lumière astrale de chaque personne... la lumière astrale conservant la trace de toutes les choses particulières qui vous arrivent chaque jour dans votre vie. »

Tout cela est théosophique et vrai et a une portée plus large que le sujet des matérialisations : en poussant les choses jusqu'à leurs justes conclusions, on verra s'effondrer maintes théories défendues par les spirites, issues de leur propre invention, ou communiquées par l'un des « esprits menteurs » dont Nolan a parlé.

Toutes ces remarques faites par l'esprit de Jim Nolan nous les recommandons à l'attention des spirites et des théosophes. Mais, depuis des années, les premiers n'ont fait qu'ignorer ces remarques, ainsi que toutes les conclusions qu'il en faudrait tirer et, de cette façon, ils portent tort à leur sagesse par une action contraire. Les propos d'un « esprit » devraient être de plus de poids que les constructions théoriques d'un homme incarné à l'écoute des médiums. Sur le plan d'où viennent les manifestations, l' « esprit » doit en savoir plus sur ces phénomènes que les gens qui vivent dans un corps sur le plan physique. Et quand nous trouvons — comme dans le cas de Nolan — beaucoup de sagesse théosophique et occulte manifestée par le canal de son médium (qui à l'époque n'avait encore aucune relation avec la Société Théosophique) et donnant des explications conformes à ce que maint étudiant théosophe sait être vrai, les opinions fournies par lui sont d'un plus grand poids que celles de tels fantômes qui énoncent des banalités, ou continuent à cristalliser plus profondément les idées préconçues du médium ou des assistants.

Les explications de Nolan règlent complètement la question de l'identité des prétendus esprits. Elles avancent des points qui sont dans la ligne de l'Occultisme, mais rien qui diffère des explications données par l'Occultisme et la Théosophie sur des phénomènes astraux et psychiques similaires. Elles renversent, il est vrai, bon nombre de théories des spirites, c'est pourquoi elles n'ont pas de crédit chez ces derniers, car si on les suivait jusqu'au bout elles mèneraient à la Théosophie. Dans beaucoup de ses autres réponses, Nolan a tenu des propos qui, si on les avait suivis, auraient depuis longtemps purgé le Spiritisme, éliminé le déluge d'absurdités déversées par les médiums et donné au culte une valeur pour le monde. Il a réclamé des médiums qu'ils soient purs et n'aient point de contact avec le monde. Il a demandé que cessent le commerce du merveilleux et la recherche pour la simple satisfaction de la curiosité, et qu'on s'abstienne de poser des questions égoïstes touchant les affaires, ou d'autres préoccupations temporaires ; il a insisté sur l'intelligence que l'on doit mettre dans la question et l'investigation. Mais ses requêtes se heurtèrent à un refus, on ne tint aucun compte de ses suggestions et, un beau jour, il disparut. Certains pensent (et peut-être avec raison) qu'il n'était pas un fantôme désincarné, mais l'esprit d'une personne vivante, intelligente, qui cherchait, à un moment proche de l'arc descendant du cycle du « Spiritisme », à infuser une nouvelle méthode et à donner, si possible, une nouvelle vitalité à la véritable investigation psychique, avec une démonstration de sa réalité, parmi un ensemble de personnes déjà largement préparées. Mais on lui a opposé un refus et on l'a ignoré.

De ce qu'il a dit, nous pouvons déduire ce qui suit comme un témoignage provenant du monde appelé par les spirites le monde des esprits :

  • a) Aucune « forme matérialisée » n'est la forme de l'esprit qui prétend l'être.
  • b) Toutes les apparitions de ce genre sont simplement des formes de nature électro-magnétique capables de tromper, attendu qu'elles sont de simples surfaces réfléchissantes.
  • c) Les éléments qui leur sont nécessaires sont prélevés comme par succion dans le médium et le public, en diminuant ainsi les forces vitales de toute l'assistance.
  • d) Dans de nombreux cas, ce qui est censé être le visage du décédé est un simple portrait tiré de la lumière astrale et réfléchi sur la surface électrochimique et magnétique préalablement préparée — ce qui constitue l'illusion numéro deux.
  • e) La lumière astrale et ses propriétés — ou un milieu quelconque de ce genre — sont connues de ce plan supra-sensible d'où procèdent les phénomènes.
  • f) La lumière astrale contient, conserve et réfléchit quand il est besoin l'image des personnes qui ont quitté la terre — par conséquent aussi de celles qui sont encore vivantes — aussi bien que l'image de tous les événements.
  • g) Attendu qu'aucun assistant ne connaît personnellement les faits du domaine supra-sensible et de ses habitants — à l'exception de quelques rares clairvoyants — tous les assistants sont à la merci des fantômes et des images qui peuvent apparaître ; et comme c'est un habitant du pays des fantômes qui est venu déclarer que deux ou trois formes au plus sont utilisées pour servir de déguisement à un bien plus grand nombre de prétendues personnes, toute la question de l'identité des esprits qui communiquent est plongée dans le doute. Ceci a toujours été affirmé par les Théosophes et, à la lin de 1877, H.P. Blavatsky l'a déclaré avec force et clarté ; comme les Théosophes le savent, elle a souvent dit au cours de sa vie que tous ces phénomènes étaient pleins de « trucs psychologiques » .
  • h) En nous reportant de plus au point c), nous voyons que le fait de participer à des séances est plein de dangers pour les assistants par suite de la perte de vitalité entraînée par le prélèvement dans leur corps d'éléments physiques et nerveux servant à réaliser les phénomènes, qu'il s'agisse de matérialisation ou d'autre chose. Assurément, le fait qu'une séance de matérialisation présente de tels dangers est positivement démontré par cet « esprit ». Et si quelqu'un veut prendre la peine de lire ce qu'H.P. Blavatsky a dit à sa sœur (voir le livre Incidents (3) rapportant des épisodes de sa vie) au sujet de ce qu'elle percevait de son œil clairvoyant dans les séances, il réalisera beaucoup plus clairement le danger ; H.P.B. a expliqué comment des fantômes auréolés du nom « d'esprit » se trouvaient suspendus dans l'atmosphère, en allant de-ci de-là, comme des pieuvres prêtes à fondre sur tout individu sensible, dans le but de sucer sa vitalité; elles l'enveloppaient alors, pareilles à d'énormes éponges, puis disparaissaient dans la forme de la personne, condamnée ainsi à subir une grande perte d'énergie.

Il apparaît finalement qu'une question très nette est posée par Jim Nolan : c'est aux adeptes des médiums et des « esprits » qu'il reviendrait de décider s'il a raison ou non ; s'il a raison, comme il semble, si on envisage les choses d'un point de vue philosophique, alors, toutes les théories qui en diffèrent devraient être abandonnées. En tout cas, le spirite devrait donner une bonne raison pour justifier le fait que les opinions de ce fantôme — qui sont tellement en conformité sur bien des points avec la Théosophie — n'aient pas été acceptées, et expliquer pourquoi cet esprit est un menteur, ou un idiot, et tous les autres des sages.
William Q. JUDGE.

Notes

 
  • (1) Traduction de l'article de W.Q. Judge publié dans la revue The Path (Janvier 1894) sous le titre : Spirituatism — a « spirit » testifies on materializations.
  • (2) Par inadvertance, dans l'article de décembre, nous avons communiqué le nom du médium comme étant « Hollis-Billing » alors qu'il aurait dû être « Mrs. Hollis » .
  • (3) Incidents in the life of Madame Blavaisky écrit par A.P. Sinnett (Note du Traducteur).

Communications provenant des Esprits, (Note 4) (↑ sommaire)

Leurs sources et leurs méthodes

La complexité de ce sujet le rend difficile à traiter. On sait si peu de choses et les obstacles opposés au pouvoir de connaissance sont si naturels que toute explication raisonnée doit être loin de donner satisfaction. Ces « esprits », dont l'existence, sous la forme d'entités actives vivant entièrement dans le monde spirituel, est proclamée par les fidèles du culte des morts, ne nous ont rien dit de clair qui soit d'une valeur durable. En Amérique, ils ont eu quarante bonnes années pour transmettre des renseignements, mais, étant en désaccord entre eux, et ne manifestant en aucune manière une action mentale concertée dans leurs explications, il n'est encore rien sorti de positif de la sphère même où la connaissance devrait exister, si elle doit exister quelque part. S'il est vrai, comme on l'affirme à leur sujet, que ceux qui ont fait des communications sont des esprits conscients et intelligents, alors on est en droit de blâmer tous ceux qui, dans leurs communications avec l'homme, n'ont pas été capables de l'amener à une juste conclusion. Il est arrivé, cependant, qu'un certain nombre de ces entités, intelligences ou esprits — ou quoi qu'ils puissent être — fassent, par l'intermédiaire de leurs médiums, des déclarations objectives sur la nature et sur la physiologie occulte qui, à mon avis, sont vraies, mais elles n'ont pas été acceptées. Parlant indépendamment dans l'air, se servant de médiums en transe et communiquant par l'écriture, ils ont, à plusieurs reprises, parlé de la lumière astrale et l'ont décrite, ils ont soutenu la réincarnation, ils ont défendu les enseignements de Swedenborg et, de bien des manières, ils ont manifesté un complet accord avec les explications théosophiques de la nature occulte ; ils ont démontré que les matérialisations d'esprits ne peuvent se faire réellement et que les formes parfois effectivement coagulées qui apparaissent ont bien des chances d'être des supercheries d'une pieuse nature, du fait que ce n'est pas le corps des décédés que l'on voit, ni en aucun sens quelconque une chose qui leur appartiendrait, mais simplement, et dans tous les cas, des surfaces ou des masses sur lesquelles des portraits de décédés ou d'êtres vivants peuvent être réfléchis, pour n'être finalement qu'un trucage de l'évocateur d'esprits, au-delà de notre pouvoir de contrôle. Mais ces explications n'ont pas trouvé d'accueil favorable et, dans son ensemble, le culte spirite n'y a pas conformé sa ligne de pensée. Si, donc, les « esprits » eux-mêmes n'ont pas réussi à obtenir de crédit, comment en obtiendrais-je ? Par ailleurs, le monde scientifique n'a pas connaissance de ces domaines et, n'ajoutant pas foi aux explications des théosophes ni des spirites, il n'accorde de crédit ni aux uns ni aux autres. Ainsi devrons-nous nous contenter de dire simplement ce que nous avons en pensée, en faisant confiance seulement au destin et au temps.

Il faut admettre l'existence de nombreux facteurs intervenant dans cette question. On peut en décrire certains, mais un bon nombre d'entre eux doit demeurer encore au-delà de notre portée. Ces facteurs sont les suivants :

  • 1) Le mental a) du médium et b) de la ou des personnes venues assister à la séance, ou interroger l'esprit : on ne peut négliger aucun d'entre eux. Cela devrait tout de suite prouver à quel point le thème est vaste, car on sait bien combien sont peu connus le mental et ses pouvoirs.
  • 2) Les pouvoirs et les facultés psychologiques occultes de tous les individus concernés. On devrait y inclure le mental subconscient ou subliminal dont parlent les écoles hypnotiques.
  • 3) La mémoire physique, qui est automatique, raciale, nationale et personnelle. Elle est présente à tous moments. Ne pas la prendre en considération est pur aveuglement. Retracer ses voies est extrêmement difficile : cela demanderait un mental entraîné et un sens intérieur également entraîné. C'est cette mémoire qui fait qu'un enfant à peine né s'accroche à un support ; c'est elle qui sert de guide dans le sommeil, quand souvent nous accomplissons des actes pour nous protéger, ou dans tel autre but ; elle qui engendre la haine qu'un homme d'une race peut ressentir pour une autre race, après des siècles d'oppression ou de répulsion ; elle qui pousse le chat, aussi jeune qu'il soit, à faire le gros dos et à gonfler sa queue à l'approche d'un chien. Dire que l'homme — qui est le dernier grand produit de toute l'évolution de la matière — n'a pas cette mémoire physique serait pure folie. Mais je n'ai pas entendu dire que les esprits en aient parlé, qu'ils l'aient décrite, ni qu'ils aient indiqué comment on peut remonter à sa découverte, et dans quelle mesure elle agit dans la simulation de l'intelligence consciente.
  • 4) Des forces dont la loi et le mode d'opération sont totalement inconnus du médium et des assistants. Ces forces constituent le pouvoir qui assure le mouvement, la force qui écrit, le pouvoir qui produit la réflexion, et toute la grande quantité de forces puissantes cachées derrière le voile de la matière objective.
  • 5) Des entités d'une sorte ou d'une autre, invisibles mais présentes — qu'il s'agisse d'élémentaux, d'élémentaires, d'ombres, d'anges, d'esprits de la nature, ou de n'importe quoi d'autre.
  • 6) La Lumière Astrale, l'Ether, l'Akâsa, l'Anima Mundi.
  • 7) Le corps astral du médium et de la personne présente. Je l'ai, à dessein, mis à part, car il a sa propre action automatique, autant que le corps physique. Pour lui, il faut aussi tenir compte de sa mémoire, de ses idiosyncrasies — que ce corps astral soit nouveau pour la personne en question ou que ce soit le même corps qui soit en service depuis plus d'une vie, bien que chaque fois dans une enveloppe physique différente. Car, s'il est nouveau pour le corps actuel, ses mémoires, ses pouvoirs et ses traits particuliers sont différents de ceux d'un corps astral qui a réellement duré pendant plusieurs vies. Ce dernier cas n'est pas si rare, en fait : beaucoup de médiums ont d'étranges pouvoirs parce qu'ils disposent de plusieurs mémoires astrales distinctes, dues à des expériences antérieures correspondantes, enregistrées dans un même corps astral. Cela seul devrait fournir un champ d'étude, mais nous n'avons pas entendu dire que les « esprits » en parlent, bien que certains aient donné la preuve qu'ils expérimentent ces personnalités multiformes.

Enfin, il y a un grand fait bien connu de ceux qui ont étudié ce sujet en l'abordant sous son angle occulte : le soi intérieur personnel, centré dans le corps astral, a le pouvoir non seulement de se tromper lui-même, mais aussi de tromper le cerveau qui est à l'œuvre dans le corps, en amenant la personne à penser qu'une autre personnalité, avec une intelligence distincte, est en train de parler au cerveau depuis d'autres sphères, alors que tout vient du soi astral. Pour certains, cela est extrêmement difficile à saisir, car ils ne peuvent pas réaliser comment ce qui est apparemment une autre personne (ou entité) peut n'être rien d'autre qu'eux-mêmes, agissant par le truchement de la conscience double de l'homme. Cette conscience double agit pour le bien, ou pour son opposé, en conformité avec le Karma et le caractère du soi intérieur personnel. Elle apparaît parfois à un être sensible comme une personne différente, lui demandant de faire telle ou telle chose, ou l'exhortant à une certaine ligne de conduite, ou bien encore faisant percevoir une expression définie, tout en observant le silence. L'image semble être celle d'un autre, agit comme un autre, et tous les éléments de perception la font apparaître comme une réalité extérieure au cerveau qui la perçoit ; il n'est donc pas étonnant que le sensitif croie qu'il s'agit d'un autre, ou ne sache pas quoi penser. Et s'il se trouve que la naissance actuelle est une incarnation dans laquelle un fort pouvoir psychique fait partie de la nature, l'illusion peut en être d'autant plus grande.

Après avoir, pour commencer, fait une brève analyse, entrons maintenant plus avant dans le sujet.

Pendant l'histoire du Spiritisme, de nombreuses communications sur maints sujets ont été faites aux médiums, et par leur intermédiaire. Des faits ont été révélés qui ne pouvaient être connus du médium ; certaines idées nobles ont été également exprimées, des conseils émis, des prophéties avancées, et certaines des questions qui préoccupent l'âme traitées.

Au sujet de décédés, on a pu ainsi apprendre les faits concernant leur mort, le genre de décès, l'endroit où l'on pourrait trouver leur testament, des projets qu'ils n'ont pu mener à exécution à cause de la mort, des particularités personnelles des individus trépassés ; toutes ces choses ont été trop aisément acceptées comme preuves d'identité. Elles ne constituent pas des preuves, car, dans ce cas, un perroquet, ou un phonographe, peut apporter une preuve d'identité avec un homme. Les possibilités sont beaucoup trop nombreuses dans d'autres directions pour que cette sorte de preuve ait un caractère concluant ou pèse même d'un certain poids. En faisant les démarches mentales requises, un clairvoyant vivant peut s'absorber intensément dans la pensée d'une personne évoquée par clairvoyance — les deux étant en vie—au point de reproduire minutieusement toutes les particularités de l'autre personne. En conséquence, la même chose, faite en liaison avec un décédé peut être possible de la même façon pour une entité clairvoyante se mettant en rapport pour nous avec l'autre côté de la mort. Mais, en même temps, le fait est que le corps astral des décédés joue parfois consciemment un rôle dans de telles communications, en raison d'une séparation incomplète d'avec la terre, ou d'une matérialité grossière. Dans d'autres cas où la « coque » astrale (comme certains l'appellent) est impliquée, elle se trouve galvanisée par les esprits de la nature, ou par le pouvoir d'êtres vivants qui ont été des hommes mais qui sont condamnés, de par leur propre nature, à vivre et à fonctionner dans la partie la plus dense de l'enveloppe astrale de la terre.

Dès que nous allons chez un médium, qui est en permanence un foyer de condensation pour ces forces et pour ce domaine particulier, nous commençons à attirer à nous les restes astraux de toutes les personnes auxquelles nous pensons ou qui ont suffisamment de ressemblance avec nous ou le médium pour tomber dans la ligne d'attraction. C'est ainsi que nous avons, dans la sphère du foyer d'attraction, des êtres que nous avons connus et d'autres dont nous n'avons jamais entendu parler et qui n'ont jamais entendu parler de nous quand ils étaient en vie. Les esprits élémentaux qui agissent comme les nerfs de la nature viennent également et, en se condensant ou se plongeant dans les coques astrales humaines, ils leur communiquent une vie nouvelle et les amènent à simuler intelligence et activité, au point de tromper tous ceux qui ne sont pas positivement entraînés en ces matières. Et cette sorte d'entraînement est encore presque inconnue dans nos pays ; on n'y parvient pas en suivant les compte-rendus de centaines de séances ou de centaines d'expériences ; il s'agit d'un entrainement réel des sens intérieurs de l'homme vivant. Si la forme astrale est cohérente, elle donnera une communication cohérente, mais c'est aussi ce que peut faire un phonographe. Si elle est en partie dissipée ou désintégrée, comme un cylindre de phonographe abîmé, elle donnera un message confus, ou s'arrêtera soudain, pour être remplacée par une autre, meilleure ou pire. En aucun cas, elle ne peut aller au-delà des faits connus d'elle antérieurement, ou de ceux connus des sens internes ou externes du médium et de l'assistant. Et, comme ces coques astrales forment la plus grande partie de ce qui se présente à un médium, on comprend que les quarante longues années de leur fréquentation aient donné de si maigres résultats. Il n'est pas étonnant, par ailleurs, que la théorie de la « coque astrale » ait été usée jusqu'à la corde par de nombreux Théosophes, qui ont ainsi amené les Spirites à croire qu'elle était l'unique explication dont nous disposions. Une crainte judicieuse a aussi contribué à ce qu'on insiste beaucoup sur cette théorie, car elle fait apparaître, dans ses conséquences, tous les dangers réels et très présents auxquels s'exposent médiums et assistants. Ces choses galvanisées, que sont les coques, sont nécessairement dépourvues de conscience morale et, par conséquent, ne peuvent agir que sur le plan véritablement le plus bas de la morale et de la vie et en y puisant leurs seuls motifs, à l'image même de ce qui peut rester de mémoire matérielle de la personne astrale ; et cela dépend en fait de l'essence de la vie antérieure et non de ses apparences. C'est ainsi que nous pouvons avoir l'ombre de Dupont ou de Durand qui ont pu sembler à leurs voisins des hommes de bien mais qui, en réalité, ont toujours nourri des pensées basses ou méchantes et de forts désirs, auxquels la loi ou les conventions ont empêché de donner une pleine expression. Dans le monde astral, cependant, cette hypocrisie n'existe plus, et la nature intérieure réelle se révèle ou produit ses effets. Et quel que soit le cas considéré, l'ombre matérielle du meilleur des hommes ne peut jamais être aussi bonne que ce que l'homme s'est efforcé d'être, mais renferme toutes les folies et tout le contenu pécheur de son héritage contre quoi il a lutte lorsqu'il était vivant. C'est pourquoi il est impossible que ces restes astraux soient bénéfiques pour nous, quelles qu'aient pu être les personnes à qui ils ont appartenu jadis. Ce ne sont que de vieux habits et non l'esprit de l'homme. Ils sont moins divins que le criminel vivant, car ce dernier peut encore être une trinité complète.

Mais il est pourtant arrivé que nous parviennent de l'autre monde de bonnes pensées, de bons conseils, un bon enseignement, des idées élevées, de nobles sentiments, et il n'a pu se faire que « des coques astrales » en aient été l'origine. Cependant, si on examinait avec attention et si on cataloguait tous ces apports, on trouverait qu'ils ne sont pas différents de ce que des hommes vivants ont dit avec leur propre libre arbitre et de propos délibéré. Ces messages n'ont rien de nouveau, si ce n'est leur moyen de communication. L'étrangeté de la méthode sert très souvent à les imprimer plus profondément dans le mental du destinataire. Mais, pourtant, ce moyen extraordinaire a conduit les hommes, à intervalles répétés, à les proclamer comme quelque chose de nouveau dans l'histoire, comme un phénomène absolument merveilleux, comme une révélation, alors que l'observateur dépourvu d'idées préconçues se rend compte que c'est le contraire, que les idées transmises sont vieilles ou usées, et parfois mélangées de débordements sentimentaux et de sottises provenant d'un côté ou de l'autre selon le cas. Ceci a imprimé une flétrissure sur le culte du Spiritisme, et a bien fait rire les profanes.

Nous devons pourtant prendre en considération les communications qui se sont révélées valables à un moment donné pour une personne, et bénéfiques dans leurs effets. Car, si nous nous y refusions, l'arme ainsi forgée se retournerait contre le théosophe qui se découvre si souvent comme un homme qui croit — comme c'est mon cas, en fait — dans les communications des Maîtres, ou Mahâtmas, lesquels ne sont pas moins des esprits — et même sont plutôt plus que cela — puisqu'ils sont encore dans des corps d'une sorte ou d'une autre.
William Q. JUDGE.

Note 

(4) Traduction de l'article de W.Q. Judge publié dans la revue The Path (Octobre 1894) sous le titre : Communications from « Spirits » their sources and methods.

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