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Conversations sur l'occultisme, Mantrams ¹

Sommaire :

Mantrams (↑ sommaire)

Cet article fut publié en anglais pour la première fois par W.Q. Judge dans The Path, d'Août 1888

L'Etudiant — Vous avez parlé de mantrams qui nous permettent de contrôler les élémentaux gardiens des trésors cachés. Qu'est-ce qu'un mantram ?

Le Sage — Un mantram est un ensemble de mots qui, prononcés en paroles, provoquent certaines vibrations non seulement dans l'air mais aussi dans l'éther plus subtil et produisent de cette façon certains effets.

L'Etudiant — Prend-on ces -mots au hasard ?

Le Sage — Ils ne sont pris au hasard que par ceux qui, ne connaissant rien des mantrams, les utilisent quand même.

L'Etudiant — Peut-on donc les utiliser selon des règles et également d'une façon anarchique ? Se peut-il que des gens qui ne connaissent absolument rien de leur existence ou de leur champ d'action puissent malgré tout en faire usage ? Ou bien est-ce comparable à la digestion dont tant de personnes ignorent pratiquement tout bien qu'en fait elles dépendent de son bon fonctionnement pour leur existence ? Je fais appel à votre indulgence car je ne sais rien du tout sur ce sujet.

Le Sage — Dans presque tous les pays les « gens du commun » les utilisent constamment mais, même dans ce cas, le principe fondamental reste le même que dans l'autre cas. Dans les pays neufs où les traditions populaires n'ont pas encore eu le temps de s'établir les gens ne disposent pas d'autant de mantrams que dans les pays anciens comme l'Inde ou que dans certains régions de l'Europe habités depuis longtemps. Quoi qu'il en soit, dans tous les pays, ce sont les aborigènes qui les possèdent.

L'Etudiant — Voulez-vous suggérer par là qu'actuellement les Européens s'en servent pour contrôler les élémentaux ?

Le Sage — Non. Je fais allusion aux effets des mantrams dans les relations habituelles entre les hommes. Cependant bon nombre d'hommes, en Europe aussi bien en Asie, peuvent exercer un pouvoir de commandement sur les animaux ; mais il s'agit preque toujours de ces cas spéciaux. En Allemagne, en Australie, en Italie et en Irlande bien des gens produisent des effets extraordinaires sur les chevaux, le bétail, d'autres animaux de ce genre, par des sons spéciaux, prononcés d'une certaine façon. Dans ces exemples, le son émis est un mantram d'un seul vocable qui ne peut agir que sur l'animal particulier que l'utilisateur sait être soumis à ce mantram.

L'Etudiant — Est-ce que ces hommes connaissent les principes qui gouvernent ces chose ? Peuvent-ils les transmettre aux autres ?

Le Sage — Ce n'est pas le cas en général. Il s'agit d'un don découvert par soi-même ou hérité. Tout ce que ces hommes savent c'est qu'ils peuvent s'en servir efficacement comme un magnétiseur qui, tout en ignorant absolument le principe de son action, sait qu'il peut accomplir une certaine chose par une passe de la main. Ils sont aussi ignorants de ce qui est à la base de cet effet étrange que vos physiologistes modernes peuvent l'être de la fonction et de la cause d'une chose aussi courante que le baîllement.

L'Etudiant — A quel domaine peut-on rattacher cet exercice inconscient de pouvoir ?

Le Sage — A celui de la magie naturelle que la science matérialiste n'arrivera jamais à faire disparaître. C'est le point de contact avec la nature et avec ses lois que les masses ont toujours maintenu et ces masses, bien qu'elles représentent la majorité de la population, restent ignorées des « classes cultivées ». Vous découvrirez ainsi que ce n'est pas dans les salons de Londres, de Paris ou de New-York que l'on peut trouver des gens utilisant des mantrams, qu'ils soient authentiques ou non. Cette « Société », trop cultivée pour être naturelle, a adopté des méthodes de langage faites pour dissimuler et tromper, de telle sorte que les mantrams naturels ne peuvent être étudiés dans ce cadre.

Des mantrams naturels, isolés sont des mots simples comme « épouse ». Quand on le prononce, il fait venir à l'esprit tout ce qui s'y rattache. Prononcé dans une autre langue il correspondrait à la même idée fondamentale. Il en est de même avec des phrases plus longues, telles que bien des expressions de l'argot comme : « je voudrais bien voir la couleur de son argent ». II y a aussi des phrases applicables à certains individus et qui présupposent que l'on connaît le caractère de ceux auxquels on s'adresse. Quand elles sont prononcées une vibration particulière et durable se produit dans le mental de la personne affectée; cette vibration l'incite à réaliser en acte l'idée impliquée ou à opérer un changement complet de vie, du fait de la justesse des idées suggérées et de l'antithèse mentale particulière induite chez l'auditeur. Dès que l'effet commence à se faire sentir, le mantram peut-être oublié puisque, dès lors, la loi de l'habitude domine dans le cerveau.

En outre, des groupes d'hommes sont influencés par des expressions possédant la qualité de mantrams. On peut l'observer au cours de grands troubles sociaux ou autres. La raison en est la même que précédemment. On évoque une idée dominante qui touche les besoins du peuple ou les abus qui l'oppriment; le changement et l'alternance dans leur cerveau entre l'idée et la forme des mots se poursuivent jusqu'à l'accomplissement du résultat. Pour l'occultiste à la vue puissante, l'opération revient à faire résonner les mots associés à tout l'enchaînement des sentiments, des intérêts, des aspirations, etc., à un rythme croissant en rapidité et en amplitude, à mesure que le moment du changement et de la libération approche. Plus le nombre des personnes affectées par les idées est important, plus les conséquences seront considérables, profondes et étendues. On peut en trouver un bon exemple chez Lord Beaconsfield en Angleterre. Il s'y connaissait en matière de mantrams et inventa sans cesse des expressions du genre : « La Paix avec honneur », « une frontière scientifique », mais la mort l'empêcha d'ajouter sa dernière création « Impératrice des Indes », qui devait avoir une portée beaucoup plus étendue. Le Roi Henri d'Angleterre essaya également ce système sans savoir pourquoi quand il ajouta à ses titres celui de « Défenseur de la Foi ». Avec ces suggestions de nombreux exemples se présenteront à votre esprit.

L'Etudiant — Ces mantrams ne se rapportent qu'aux relations entre les êtres humains. Si j'en juge d'après ce que vous dites, ils n'affectent pas les élémen-taux. Ils dépendent davantage des idées suggérées par les mots, que du son. N'ai-je pas raison en l'occurrence ? N'existe-t-il pas un domaine où certaines vocalisations produisent des effets dans l'Akasa, qui peuvent influencer les hommes, les animaux et les élémentaux sans que cela implique leur connaissance d'une langue ?

Le Sage — Vous avez raison. Nous avons seulement traité des mantrams naturels, employés inconsciemment. Les mantrams scientifiques appartiennent à la classe à laquelle vous venez de faire allusion. Il est peu probable qu'on les rencontre dans les langues occidentales modernes — en particulier dans le public anglophone qui change constamment son langage courant et y ajoute des mots nouveaux à tel point que l'Anglais actuel ne serait pas compris des prédécesseurs de Chaucer. C'est dans le sanskrit ancien et la langue qui l'a précédé que se trouvent cachés ces mantrams ainsi que les lois qui permettent leur utilisation et non dans les ressources d'aucune philologie moderne.

L'Etudiant — Pourtant, en supposant que quelqu'un acquière une connaissance donnée de certains mantrams anciens et corrects, pourrait-il affecter une personne parlant anglais et par l'emploi de vocables anglais.

Le Sage— II pourrait certainement le faire; et tout adepte détient le pouvoir de traduire un mantram absolument authentique en n'importe quelle forme de langage, de telle sorte qu'une simple phrase ainsi prononcée par lui provoque un effet considérable sur la personne à qui elle est adressée, soit par écrit, soit de vive voix.

L'Etudiant —Ne pourrions-nous pas, pour ainsi dire, imiter de quelque façon les Adeptes sur ce plan ?

Le Sage — Oui, bien sûr. Vous devriez étudier des formes simples ayant la qualité de mantrams en vue d'atteindre le mental caché de tous ceux qui ont besoin d'aide spirituelle. De temps à autre, vous trouverez quelque expression qui possède une résonance dans le cerveau et qui finit par produire sur celui qui l'entend un résultat tel qu'il dirige son mental vers les choses spirituelles.

L'Etudiant — Je vous remercie pour votre enseignement.

Le Sage — Puisse le Brahmamantram vous guider vers la vérité éternelle. OM.

Élémentaux, Métaux, Tempéraments (↑ sommaire)

Cet article fut publié en anglais pour la première fois par W.Q. Judge dans The Path, de Septembre 1888.

L'Etudiant — J'ai entendu dire par un matérialiste que, pour lui, tout ce que l'on raconte sur les mantrams n'est que verbiage romantique. Il pense que si certains mots peuvent réellement affecter quelqu'un c'est du fait qu'ils contiennent des idées agréables ou désagréables à celui qui les entend, tandis que de simples sons ne produiraient aucun effet par eux-mêmes, et il rejette encore plus l'idée que des vocables ou des cris puissent influencer les animaux. Bien entendu, il ne tient pas du tout compte des élémentaux puisqu'il considère leur existence comme impossible.

Le Sage — Actuellement, cette attitude est tout à fait naturelle. La pensée est devenue tellement matérialiste et la véritable attitude scientifique des personnes éminentes, engagées dans les diverses disciplines de la recherche, est si mal comprise par ceux qui croient suivre l'exemple des hommes de science que la plupart du temps on craint en Occident d'admettre quoi que ce soit qui ne puisse être appréhendé par les cinq sens. Celui dont vous parlez fait partie de cette catégorie, toujours importante, de gens qui tiennent pour immuables et définitives des lois générales qui sont énoncées de temps en temps par des savants réputés, en oubliant toutefois que ces derniers modifient constamment leurs conclusions pour progresser pas à pas.

L'Etudiant — Pensez-vous, dans ces conditions, que le monde scientifique admettra un jour en grande partie ce qui est du domaine de la connaissance des occultistes ?

Le Sage— Certainement. Le véritable homme de science est toujours prêt à admettre ce qui est prouvé. Parfois, il peut vous paraître obstiné et aveugle, mais en fait il s'achemine lentement vers la vérité, trop lentement peut-être selon votre goût, parce qu'il ne peut pas tout savoir. Seul, un homme de science superficiel se permet de jurer par les résultats publiés des travaux de l'élite, comme s'ils apportaient le mot de la fin, alors qu'à ce moment même l'autorité à laquelle il se réfère a pu rédiger des observations et préparer de nouvelles théories qui tendent à élargir et faire progresser les précédentes. C'est uniquement lorsque le dogmatisme d'un prêtre, avec l'appui de la loi, déclare qu'une découverte est contraire à la révélation de son dieu que nous avons lieu d'avoir des craintes. Ces jours ont disparu pour longtemps et nous n'avons plus à redouter de voir des scènes comme celle à laquelle Galilée participa. Pourtant, parmi ces esprits matérialistes dont vous parlez, on trouve encore d'importantes séquelles de cet esprit périmé, la seule nuance étant que la « parole révélée de Dieu » s'est transformée en révélations de nos grands hommes de science.

L'Etudiant — C'est une chose que j'ai observée même pendant le dernier quart d'un siècle. Il y a dix ans environ, bien des hommes célèbres riaient avec dédain de ceux qui admettaient les faits que tout mesmériseur expérimente, tandis que maintenant sous le nom d'« hypnotisme » on les admet presque tous. Et tandis que les lumières de notre temps niaient entièrement ces faits, des médecins français enregistraient les résultats d'une longue série d'expériences. Il semblerait que l'invention d'un nouveau terme pour remplacer l'ancien ridiculisé, donne une excuse suffisante pour admettre tout ce qui avait été rejeté précédemment. N'avez-vous rien à dire sur ces chercheurs matérialistes ? Ne sont-ils pas gouvernés par quelque loi puissante bien qu'elle reste inaperçue ?

Le Sage — Oui, certainement. Ils se trouvent à la pointe du progrès mental de l'époque, mais non pas du progrès spirituel et ils sont entraînés vers l'avant par des forces dont ils ignorent tout. Les Maîtres, qui ne négligent rien et veillent constamment à ce que ces hommes progressent selon leurs propres inclinations, les aident souvent comme ils vous assistent, non seulement dans votre vie spirituelle, mais également dans votre vie mentale. Ces hommes continueront donc à admettre des faits et à découvrir de nouvelles lois ou de nouveaux termes pour des lois anciennes afin de les expliquer. Ils n'y peuvent rien.

L'Etudiant — En tant qu'étudiants de la vérité quel serait notre devoir ? Devrions-nous devenir des réformateurs de la Science, ou adopter quelque autre ligne de conduite ?

Le Sage — Vous n'avez pas à assumer le rôle de réformateurs des écoles et de leurs maîtres car votre effort ne serait pas payé de succès. La science est compétente pour prendre soin d'elle-même et vous ne feriez que jeter des perles que l'on foulerait aux pieds. Soyez satisfait que tout ce qui est dans le domaine de compréhension des scientifiques soit découvert et admis de temps en temps. Toute tentative pour essayer de leur faire admettre ce que vous considérez comme si évident serait due presque uniquement à votre vanité et à votre amour propre. Il n'est d'ailleurs pas question de les y contraindre, pas plus que je ne puis vous forcer à admettre certaines lois incompréhensibles. Vous penseriez que je ne suis ni sage, ni juste, si je vous dévoilais des choses pour la compréhension desquelles vous n'avez pas le développement adéquat et si je vous obligeais ensuite à en admettre la vérité; ou bien, si par considération, vous disiez : « ces choses sont vraies », tout en ne comprenant rien et en ne progressant pas, vous n'auriez fait que vous incliner devant une force supérieure.

L'Etudiant — Voudriez-vous dire que nous devrions demeurer ignorants de la science et ne nous consacrer qu'à la seule éthique ?

Le Sage — Nullement. Instruisez-vous autant qu'il vous est possible. Tenez-vous au courant de tout ce que les écoles ont déclaré et passez-le au crible d'un examen scrupuleux, autant que votre propre initiative vous le permet, mais en même temps enseignez, prêchez et mettez en pratique une vie basée sur une véritable compréhension de la fraternité. C'est là la véritable voie. Les gens qui ne connaissent rien à la science sont la majorité. On doit les instruire de telle sorte que les découvertes scientifiques qui sont dépourvues de la lumière de l'esprit ne puissent dégénérer en Magie Noire.

L'Etudiant — Au cours de notre dernière conversation, vous avez entamé le sujet des élémentaux qui veillent sur les trésors enfouis. Je voudrais en savoir davantage. Non pas pour savoir comment les contrôler ou se procurer des trésors, mais pour mieux connaître le sujet en général.

Le Sage — Les lois qui sont en jeu dans la dissimulation des trésors enfouis sont les mêmes que celles relatives aux objets égarés. Chaque individu est entouré d'un fluide, d'un plan, ou d'une sphère, ou encore d'une énergie ? peu importe le nom qu'on lui donne ? où se trouvent constamment des élémentaux qui participent de sa nature. Autrement dit, ces élémentaux sont teintés par sa couleur et imprégnés de son caractère. Il en existe de nombreuses classes. Certains hommes en ont une grande quantité d'une seule classe, ou bien de toutes les classes, ou bien encore une certaine quantité de quelques classes et presque pas des autres. De plus, tout ce que vous portez sur votre personne est en rapport avec vos élémentaux. Supposons que vous portiez un vêtement de laine ou de lin, avec des petits objets faits de bois, d'os, de laiton, d'or, d'argent ou d'autres substances. Chacun de ces objets a certains rapports magnétiques qui lui sont propres et tous sont imprégnés plus ou moins par votre magnétisme et par votre fluide nerveux. Certains, à cause de la nature de leur substance, ne retiennent pas longtemps ce fluide, tandis que d'autres le font. Les élémentaux sont en rapport avec ces objets par le canal du fluide magnétique, et ceci varie pour chaque classe d'élémentaux, selon la substance considérée. De plus, ils sont influencés par le mental et les désirs bien plus que vous ne pourriez le croire, et d'une manière qu'il est impossible de formuler dans notre langue. Vos désirs ont, pour ainsi dire, une emprise puissante sur certaines choses et plus faible sur d'autres. Lorsqu'on laisse tomber subitement l'un de ces objets, invariablement les élémentaux l'accompagnent. Ils sont attirés vers lui et l'on peut dire qu'ils suivent l'objet plutôt par attraction que par vision. Dans de nombreux cas, ils enveloppent complètement l'objet, de telle sorte que, même à portée de la main, il reste invisible à nos yeux. Cependant, après un certain laps de temps, le magnétisme s'estompe et leur pouvoir de dissimulation de l'objet s'affaiblit et le laisse réapparaître à la vue. Ce n'est pas toujours ainsi que les choses se passent. Toutefois cela arrive couramment et l'expérience de nombreuses personnes à cet égard prouve bien qu'il ne s'agit pas de fables. Je crois, en fait, qu'un de vos auteurs littéraires a écrit sur cette sorte d'expérience un essai, dans lequel bien des vérités sont inconsciemment énoncées, malgré le ton un peu satirique du style. Si je ne me trompe, il est intitulé : « De la perversité innée des objets inanimés ». II y a un tel équilibre délicat de forces à l'œuvre dans ces cas que vous devez être prudent dans vos généralisations. Vous pourriez demander à juste titre, par exemple, « Pourquoi, lorsqu'on laisse tomber un manteau, disparait-il rarement de la vue ? » Eh bien ! il arrive parfois que même des objets aussi importants soient cachés, mais ce n'est pas un fait courant. Le manteau est imprégné de votre magnétisme et les élémentaux peuvent sentir votre présence autant que si vous le portiez sur vous. Il peut n'y avoir pour eux aucune perturbation dans les relations magnétiques et autres. Et souvent, lorsqu'il s'agit d'un petit objet qui ne devient pas invisible, l'équilibre des forces, dû à diverses causes qui sont en rapport avec votre condition du moment, empêche sa dissimulation. Pour trancher chaque cas particulier, il faudrait percevoir sur le plan où opèrent ces lois de façon cachée et calculer toutes les forces en présence pour pouvoir dire exactement pourquoi les choses se sont passées d'une façon et non d'une autre.

L'Etudiant — Supposons qu'un homme possédant un trésor l'enfouisse dans la terre, s'en aille et meure, et qu'on ne retrouve pas ce trésor. Dans ce cas, ce ne sont pas les élémentaux qui l'ont dissimulé. Prenons également l'exemple de l'avare qui enterre son or et ses bijoux. Comment expliquer ce qui se passe dans ces cas ?

Le Sage — Chaque fois qu'un homme enterre de l'or ou des bijoux, de l'argent ou des choses précieuses, ses désirs sont attachés à ce qu'il cache. Bon nombre de ses élémentaux s'y fixent et d'autres classes d'élémentaux qui étaient sans rapport avec lui, s'agrègent autour de l'objet et le maintiennent caché. Par exemple, lorsqu'un capitaine de navire transporte un trésor, les influences sont très puissantes parce que les élémentaux proviennent de toutes les personnes qui sont en rapport avec le trésor et que l'officier, lui-même, est plein de sollicitude pour la charge qui lui est confiée. Rappelez-vous également que l'or et l'argent, ou les métaux en général, sont en rapport avec des élémentaux qui sont d'un caractère puissant et particulier. Ils ne sont pas au service de la loi humaine et la loi naturelle ne reconnaît pas à l'homme de droit de propriété sur les métaux, ni de droit transcendant ou spécial à conserver ce qu'il a extrait du sol ou acquis à son profit. C'est pourquoi nous pouvons constater que les élémentaux ne sont pas portés à lui restituer l'or ou l'argent qu'il a perdu. Si nous partons du principe qu'ils s'occupent de satisfaire les désirs des hommes ou d'établir ce que nous appelons nos droits sur la propriété, autant reconnaître tout de suite l'existence d'une providence irresponsable et capricieuse. Ils n'agissent que selon la loi de leur être et, comme ils sont dépourvus du pouvoir de juger, ils ne commettent pas d'erreurs et ne sont pas émus par des considérations basées sur des droits prétendus ou des désirs insatisfaits. Les esprits des métaux agissent donc invariablement conformément aux lois de leur nature et l'une de leurs actions naturelles est précisément de dérober les métaux à notre vue.

L'Etudiant — Pourriez-vous me donner une application de tout ceci dans le domaine de l'éthique?

Le Sage —II y a une chose très importante qu'il ne faut pas négliger. Chaque fois que vous critiquez durement et sans pitié les fautes de quelqu'un, vous attirez vers vous, une quantité d'élémentaux de cette personne. Ils s'attachent à vous et s'efforcent de trouver en vous un état, un point critique ou un défaut similaire à celui qu'ils ont laissé chez l'autre personne. C'est comme s'ils abandonnaient celle-ci pour vous servir, à un salaire plus élevé, pour ainsi dire.

Enfin, il y a aussi ce dont je parlais, lors d'une conversation précédente, en ce qui concerne l'effet de nos actes et de nos pensées, non seulement sur la couche de lumière astrale qui appartient à chacun de nous avec les élémentaux qui s'y trouvent, mais aussi sur la totalité du monde astral. Si les hommes voyaient les images hideuses qui sont imprimées dans ce monde astral et qui, sans cesse, projettent sur nous leurs suggestions et nous incitent à répéter les mêmes actes ou les mêmes pensées, l'aube d'une ère nouvelle ne tarderait pas à apparaître. La lumière astrale, vue sous cet angle, est semblable à une plaque négative de photographie, et nous sommes comme le papier sensible sur lequel l'image est impressionnée. Chaque acte comporte deux sortes d'images. L'une est l'acte lui-même et l'autre est l'image des pensées et des sentiments qui animent ceux qui sont engagés dans cet acte. Vous comprenez maintenant pourquoi vous pouvez être responsable d'un bien plus grand nombre d'images effrayantes que vous ne l'auriez supposé. Des actions d'apparence extérieure anodine ont très souvent, à leur origine, des pensées et des désirs de la pire espèce.

L'Etudiant — Ces images dans la lumière astrale ont-elles un rapport quelconque avec nous au moment de la réincarnation dans les vies terrestres suivantes ?

Le Sage — Oui en vérité, elles ont un rapport très étroit. Elles nous influencent au cours de longues périodes de temps et vous pouvez trouver ici la clef que vous cherchiez pour comprendre de nombreuses opérations de la loi karmique en action.

L'Etudiant — Est-ce qu'il n'y a pas aussi un effet sur les animaux et, par leur intermédiaire, un effet sur nous, et vice-versa ?

Le Sage — Certainement. Nous influençons le règne animal par l'intermédiaire de la lumière astrale. Nous avons imprimé sur celle-ci des images de cruauté, d'oppression, de domination et de crime. Tout ce monde chrétien admet que l'homme peut tuer les animaux sans discrimination et se base pour cela sur la théorie péniblement élaborée par les prêtres des premiers siècles et selon laquelle les animaux n'auraient pas d'âme. On enseigne ces idées même aux très jeunes enfants qui commencent dès leur âge tendre à tuer des insectes, des oiseaux et d'autres animaux, nullement en vue de se défendre mais pour le simple plaisir. En grandissant, ils conservent cette habitude et c'est pourquoi nous constatons qu'en Angleterre c'est devenu un nouveau trait de caractère national, je dirais plutôt un vice, d'abattre des quantités d'oiseaux parfaitement inutiles aux besoins de la table. Et ceci, pourtant, n'est qu'un modeste exemple. Supposez que ces gens puissent se saisir des élémentaux aussi facilement que des animaux, que feraient-ils ? Ils les tueraient pour s'amuser quand ils n'auraient pas envie de les utiliser à leur profit, ou bien si les élémentaux refusaient de leur obéir la mort serait la punition immédiate. Le monde élémental perçoit ces choses, sans en avoir conscience, bien sûr; mais, selon les lois d'action et de réaction, nous recevons de lui en retour exactement ce que nous lui donnons.

L'Etudiant — Avant d'abandonner ce sujet, je voudrais revenir à la question des métaux et à la relation de l'homme et des élémentaux qui sont liés au règne minéral. Certaines personnes semblent prédisposées à trouver des métaux facilement ou, comme l'on dit, elles ont de la chance à cet égard. Comment peut-on concilier cela avec la tendance naturelle des élémentaux à dissimuler ces métaux ? Est-ce dû à une lutte ou une discorde, pour ainsi dire, entre les différentes classes d'élémentaux qui appartiennent à une personne donnée?

Le Sage. — C'est partiellement exact. Comme je l'aidé jà dit, certaines personnes ont attaché à elles, plus d'élémentaux d'une classe que d'une autre. Celui qui a la bonne fortune pour des métaux tels que l'or et l'argent est entouré de plus d'élémentaux qui appartiennent au domaine de ces métaux qu'une autre personne, et il existe ainsi moins de friction entre les classes d'élémentaux. La prépondérance des esprits des métaux rend un individu plus homogène à leurs domaines respectifs et il en résulte une attraction naturelle entre l'or et l'argent perdus ou cachés d'une part, et la personne en question d'autre part. Cette attraction dans ce cas sera plus forte qu'avec d'autres individus.

L'Etudiant — Qu'est-ce qui détermine cela ? Est-ce dû à un désir d'avoir de l'or et de l'argent, ou bien est-ce congénital ?

Le Sage — C'est inné. Les combinaisons individuelles sont tellement intriquées et dépendent de si nombreuses causes que vous seriez incapable de les calculer. Elles remontent à plusieurs générations et dépendent des particularités du sol, du climat, de la nation, de la famille et de la race. Comme vous pouvez le comprendre, elles sont variées à l'infini et, avec les seuls matériaux que vous avez actuellement à votre disposition, elles restent entièrement hors de votre atteinte. Le simple souhait d'avoir de l'or ou de l'argent reste inefficace.

L'Etudiant — J'en conclus aussi qu'en essayant d'atteindre ces élémentaux en y pensant fortement on n'aboutirait pas mieux ?

Le Sage — Non, évidemment, pour la bonne raison que vos pensées ne les atteignent pas. Ils ne vous voient pas et me vous .entendent pas. C'est seulement par un concours accidentel de forces que des gens ignorants parviennent à les influencer. Ces effets fortuits ne sont possibles que dans la mesure où vous possédez une affinité naturelle avec le domaine particulier dont vous avez influencé les élémentaux.

L'Etudiant — Je vous remercie pour votre enseignement.

le Sage — Puissiez-vous être guidé vers le sentier qui mène à la lumière !

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