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Conversations sur l'occultisme le Kali-yoga - l'âge actuel ¹

Sommaire :

Le Kali-Yuga - l' Âge actuel (↑ sommaire)

Cet article fut publié en anglais pour la première fois par W. Q. Judge dans Thé Path, d'Avril 1888.

L'étudiant — Je suis très intrigué par l'âge actuel. Il semble que certains théosophes l'abhorrent comme s'ils souhaitaient s'y soustraire entièrement. Ils fulminent contre les inventions modernes comme le télégraphe, les chemins de fer, les machines, etc., et ils se lamentent sur la disparition des civilisations passées. D'autres adoptent un point de vue différent et tiennent cet âge pour meilleur qu'aucun autre; ils applaudissent aux méthodes modernes qu'ils trouvent les meilleures. Dites-moi, je vous prie, lesquels ont raison ou si tout le monde a tort, et ce qu'il serait bon de connaître sur cet âge dans lequel nous vivons.

Le Sage — Ceux qui enseignent la Vérité connaissent tout ce qui concerne cet âge; mais ils ne commettent pas l'erreur de confondre le siècle actuel avec le cycle dans son entier. Dans l'histoire européenne, par exemple, d'après les Maîtres, les temps les plus reculés où pouvoir signifiait droit et où l'obscurantisme régnait sur les nations occidentales, faisaient eux aussi partie de cet âge au même titre que l'époque actuelle étant donné que le Yuga — pour se servir d'un terme sanskrit — a débuté depuis bien des milliers d'années.

Et pendant cette période d'obscurité de l'Europe, alors que ce Yuga était déjà bien commencé, l'Inde et la Chine étaient des pays de grande lumière, de savoir étendu et de civilisation développée. Le sens des mots « âge actuel » doit donc s'appliquer à une période bien plus vaste que celle qui est attribuée actuellement. En fait la science moderne n'est pas encore arrivée à une conclusion définitive sur ce que l'on peut appeler « un âge » et la vérité de la doctrine orientale est repoussée. C'est pourquoi bien des auteurs parlent de « l'Age d'Or », de « l'Age de Fer », etc., alors qu'il ne s'agit que d'une partie de l'âge réel qui commença dans un passé si lointain que les archéologues modernes le nient entièrement.

L'étudiant — Quel est le terme sanskrit pour désigner cet âge et que signifie-t-il ?

Le Sage — Le terme sanskrit est « Kali », qui, associé à celui de « Yuga », donne « Kali-Yuga », ce qui veut dire « Age Noir». Les anciens savaient qu'il arriverait. Le poème indien, le « Mahabharata », décrit ses caractéristiques. Comme j'ai précisé que cet âge couvre une immense période de l'aspect glorieux de l'histoire de l'Inde, il n'y a aucun risque de faire de jaloux et de dire que nous mettons en parallèle l'époque actuelle et cette période merveilleuse du développement de l'Inde.

L'étudiant — Quelles sont ces caractéristiques auxquelles vous faites allusion et qui permettent de connaître la nature du Kali-Yuga ?

Le Sage — Comme son nom l'implique, sa principale qualité est l'obscurité, ce que naturellement on ne peut déduire en établissant un parallèle entre l'époque actuelle et l'an 800 de notre ère, car ce ne serait absolument pas une comparaison. Le siècle actuel représente certainement un progrès par rapport au Moyen Age mais, comparé au Yuga précédent, il est obscur. L'Occultiste considère que le développement matériel ne tient pas de la qualité de la lumière et les inventions purement mécaniques qui ne procurent du bien-être qu'à une minorité de la famille humaine, en laissant le grand nombre dans la misère, ne représentent pas, pour lui, un réel progrès. Pour l'obscurité, il n'aurait qu'à citer n'importe laquelle des nations, même la Grande République américaine où il ne voit qu'une simple extension des us et coutumes de l'Europe d'où elle émane. Pourtant ici une grande expérience a été tentée dans des conditions entièrement nouvelles et avec de nouveaux matériaux. Pendant de nombreuses années la pauvreté y fut peu connue; mais maintenant elle y est aussi écrasante que partout ailleurs, et il existe une classe de criminels, avec les prisons correspondantes, aussi importante qu'en Europe et bien plus qu'en Inde. De plus, quand la vie spirituelle est très largement ignorée, nous considérons que la grande soif de richesses et de progrès matériels n'est qu'obscurité. Le grand conflit déjà amorcé entre les classes aisées et les classes pauvres est un signe d'obscurité. Si la lumière spirituelle prévalait, il y aurait encore des riches et des pauvres car on ne peut effacer Karma, mais les pauvres sauraient comment accepter leur sort, et les riches sauraient comment améliorer la condition des pauvres. Au contraire, actuellement le riche se demande pourquoi le pauvre ne va pas à l'asile, tandis qu'il compte sur le secours de lois pour résoudre le problème des grèves et du socialisme. De son côté, le pauvre se rebelle continuellement contre le destin et contre ceux qu'il considère comme ses oppresseurs. Tout ceci tient de la qualité de l'obscuration spirituelle.

L'étudiant — Est-il raisonnable de poser des questions au sujet des périodes de changement des cycles et de spéculer sur les cycles astronomiques ou autres qui annonçent un changement ?

Le Sage — Non. Selon un vieux dicton, les dieux sont jaloux de ces choses et ne désirent pas que les mortels les connaissent. Nous pouvons faire une analyse de l'époque, mais il vaut mieux ne pas essayer de fixer l'heure d'un changement de cycle. De plus vous en serez incapables, car un cycle ne commence pas un jour précis ou une année définie indépendamment de tout autre cycle; les cycles s'interpénètrent de telle façon que la roue d'une période tourne encore tandis que le point initial d'une autre est déjà atteint.

L'étudiant — Serait-ce pour ces raisons, parmi d'autres, que Mr. Sinnett n'obtint aucune période définie d'années sur ce qu'il demandait ?

Le Sage — Oui.

L'étudiant — L'âge dans lequel on vit a-t-il quelque effet sur l'étudiant ? Si oui, quel est cet effet ?

Le Sage — L'âge a un effet sur tout le monde; mais, lorsque l'étudiant a réalisé un certain développement intérieur, il le ressent plus que l'homme ordinaire. Sinon, les étudiants sincères qui de par le monde nourrissent des aspirations spirituelles, atteindraient immédiatement les sommets qu'ils visent. Il faut avoir une âme bien trempée pour arrêter la pesante main de cet âge, et c'est d'autant plus difficile que l'étudiant ne discerne pas clairement cette influence qui fait partie intégrante du cercle de sa vie. Elle agit comme un vice de construction dans un vaisseau. Toutes les fibres de l'homme aussi bien internes qu'externes sont le résultat de longs siècles de vies terrestres vécues ici-bas par ses ancêtres. Il en résulte que des germes de pensées et de tendances physiques ont été semés dans un certain sens que vous pouvez comprendre. Toutes ces tendances affectent maintenant le disciple. De nombreux pouvoirs jadis en sa possession sont actuellement si profondément enfouis qu'on ne peut les voir ; et il lutte contre des obstacles érigés dans un lointain passé. Il faut aussi tenir compte des modifications spécifiques qui sont enregistrées dans le monde astral. Ce monde réagit à la fois comme une plaque photographique et comme un miroir : il est devenu le registre des erreurs des âges passés qu'il réfléchit sur nous en permanence, d'un plan auquel nous sommes presque tous étrangers. Ainsi, bien que nous pensions que nous sommes libres, nous parcourons la vie, en fait, complètement hypnotisés par le passé et nous agissons aveuglément, poussés par les suggestions qui nous assaillent.

L'étudiant — Est-ce la raison pour laquelle Jésus à dit : «Père, pardonnez-leur car ils ne savant pas ce qu'ils font ?»

Le Sage — C'est en effet une explication. D'un certain point de vue ils agirent aveuglément, poussés par l'influence de leur époque, en pensant qu'ils avaient raison.

A propos de ces modifications astrales, rappelez-vous que du temps de Julien les voyants disaient qu'ils pouvaient voir les dieux, mais que ceux-ci étaient sur leur déclin. Certains d'entre eux étaient sans tête, d'autres informes ou sans jambes et, en général, tous portaient les marques de l'épuisement. Le respect de ces idéaux était en train de disparaître et leurs images astrales avaient déjà commencé à s'évanouir.

L'étudiant — Quelle sorte d'adoucissement peut-on apporter à cet âge ? Ne peut-on rien faire pour en rendre moins sombre le tableau ?

Le Sage — Le Kali-Yuga, dans lequel nous vivons, possède une caractéristique qui lui est propre et dont l'étudiant peut se servir. Actuellement toutes les causes produisent leurs effets beaucoup plus vite que pendant un âge différent ou meilleur. Un être qui aime sincèrement l'humanité peut accomplir plus de choses en trois incarnations pendant l'ère du Kali-Yuga qu'il ne le pourrait pendant un bien plus grand nombre d'incarnations dans un autre âge. Si bien qu'en supportant les multiples vicissitudes de cet âge et en triomphant avec constance de ses épreuves, l'étudiant réalisera plus rapidement l'objet de ses efforts, car bien que les obstacles semblent importants, les pouvoirs qui doivent être invoqués peuvent être atteints plus rapidement.

L'étudiant — Même si, du point de vue spirituel, cet âge est obscur, n'est-il pas cependant partiellement réhabilité par les victoires constantes du mental sur la matière; par les acquits de la science qui soulagent les maux de l'humanité comme, par exemple, les causes de la maladie, la maladie elle-même, la cruauté, l'intolérance, les lois injustes, etc. ?

Le Sage — Effectivement, ce sont des moyens de diminuer l'obscurité des ténèbres à la façon dont une lampe permet d'avoir un peu de lumière la nuit sans pouvoir rétablir la lumière du jour. Il y a dans cet âge de grandes victoires de la science, mais presque toutes ne visent que les effets sans pouvoir éliminer les causes de tous ces maux. On a fait de grands pas en avant dans l'art et le traitement des maladies, mais dans l'avenir, lorsque la fleur de notre civilisation s'épanouira, de nouvelles maladies apparaîtront; des troubles plus étranges se manifesteront, provenant de causes actuellement profondément cachées dans le mental des hommes et que seul un mode de vie spirituelle sera capable d'extirper.

L'étudiant — En admettant tout ce que vous dites, ne devrions-nous pas, en tant que Théosophes, accueillir avec joie toutes les découvertes de vérité dans tous les domaines et spécialement celles qui allègent la souffrance ou qui ennoblissent le sens moral ?

Le Sage — C'est notre devoir. Toutes les vérités découvertes sont forcément des fragments de la Vérité Absolue unique et l'on doit, par conséquent, les ajouter à l'ensemble de notre connaissance déjà acquise. Il y aura toujours un grand nombre d'hommes qui recherchent de ces fragments de vérité, tandis que d'autres essaient de soulager la misère humaine de leur temps. Les deux voies permettent d'accomplir une œuvre noble et utile qu'aucun véritable Théosophe ne devrait ignorer. Et c'est aussi le devoir de ce dernier de faire des efforts semblables, lorsque c'est possible, car la Théosophie est lettre morte si on ne lui donne pas vie. Mais, d'un autre côté, aucun de nous n'a le droit de s'ériger en juge pour apprécier l'importance petite ou grande de ce qui est accompli dans ce sens par notre frère. Dans la mesure où il fait tout ce qu'il peut et le fait de son mieux, il accomplit tout son devoir actuel.

L'Etudiant — Je crains qu'une attitude hostile des Maîtres Occultes envers le savoir et la philanthropie de notre temps fasse surgir un préjugé contre la Théosophie et l'Occultisme et entrave sans nécessité la propagation de la Vérité. N'est-ce pas là un risque ?

Le Sage — Les vrais Maîtres Occultes n'ont pas d'attitude hostile envers ces choses. Si certaines personnes, qui aiment la Théosophie et s'efforcent de la propager, adoptent une telle attitude, elles ne modifient en rien celle qu'adoptent les Maîtres qui travaillent avec toutes les classes d'hommes et utilisent tout instrument possible pour le bien. Cependant, nous avons vu aussi que, de nos jours, un excès de connaissances spécialisées et techniques peut le plus souvent, comme conséquence, empêcher les hommes d'appréhender la vérité.

L'étudiant — En dehors de la propagation de la Théosophie, voyez-vous d'autres causes susceptibles de renverser le courant actuel tendant vers le matérialisme ?

Le Sage — C'est en répandant la connaissance des lois du Karma et de la Réincarnation et en faisant naître une croyance dans l'unité spirituelle absolue de tous les êtres qu'on pourra seulement arrêter ce courant. Toutefois le cycle doit poursuivre son cours et tant qu'il n'aura pas atteint sa limite finale toutes les causes bénéfiques devront, par nécessité, agir lentement sans avoir la portée qu'elles pourraient avoir dans un âge plus lumineux. Si chaque étudiant vit une vie meilleure, et par son exemple imprime sur la lumière astrale l'image d'une aspiration plus élevée réalisée dans le monde, il aide ainsi des âmes, qui ont atteint un point avancé de développement, à descendre d'autres sphères pour revenir sur cette terre où les cycles sont si sombres qu'elles ne peuvent plus y séjourner.

L'étudiant — Recevez mes remerciements pour votre enseignement.

Le Sage — Puissiez-vous atteindre le sommet de l'illumination.

Élémentaux et élémentaires (↑ sommaire)

Cet article fut publié en anglais pour la première fois par W. Q. Judge dans The Path de mai 1888.

L'Etudiant. — Si je vous comprends bien, un élémental est un centre de force, sans intelligence, sans caractère ou tendances morales, mais susceptible d'être dirigé par des pensées humaines qui peuvent, consciemment ou inconsciemment, lui donner une forme quelconque, voire jusqu'à une certaine intelligence ; il est visible dans sa forme la plus simple comme une perturbation dans un milieu transparent, semblable à celle que produirait « un poisson de verre si transparent qu'il en serait invisible, nageant dans l'air d'une pièce », en laissant derrière lui un reflet tremblant comme l'air chaud au-dessus d'un poêle. En outre, des élé-mentaux attirés et vivifiés par certaines pensées peuvent s'installer dans l'organisme humain et en partager la gouverne avec l'ego. Il est très difficile alors de les en chasser.

Le Sage.— C'est correct dans l'ensemble, excepté en ce qui concerne « les élémentaux qui s'installent dans l'organisme humain ». Cependant quelques classes d'élémentaux ont une intelligence et un caractère qui leur sont propres, mais dépassent de beaucoup notre compréhension et peut-être devrait-on leur donner un autre nom.

La classe d'élémentaux qui a le plus affaire avec nous répond à la description ci-dessus. Ce sont des centres de force ou d'énergie que nous faisons agir par la pensée et par des mouvements du corps. Nous agissons aussi sur eux et leur donnons forme par certaines pensées dont nous n'avons pas conscience. Par exemple quelqu'un peut donner l'apparence d'un insecte à un élémental, sans être capable de dire s'il avait ou non pensé à une telle chose. Il existe en effet dans chaque être humain de très vastes régions inconnues qu'il ne peut comprendre lui-même jusqu'à ce qu'il les ait expérimentées et seulement après bien des initiations.

Dans l'ensemble il est inexact de dire que des «élémentaux peuvent s'installer dans l'organisme humain et en partager la gouverne et qu'il est très difficile alors de les en chasser ». C'est seulement dans certains cas qu'un ou plusieurs élémentaux sont atirés et « peuvent s'installer dans l'organisme humain ». Dans de tels cas on applique des règles spéciales. Mais nous n'avons pas à prendre ces cas en considération. Le monde élémental et notre monde s'interpénètrent et le monde élémental se trouve, par conséquent, toujours présent dans l'organisme humain.

Ce monde élémental étant automatique et semblable à une plaque photographique, tous les atomes qui continuellement atteignent l'organisme humain et le quittent, se revêtent des impressions transmises par les actes et les pensées d'une personne. Si donc celle-ci émet un fort courant de pensées, elle attire un plus grand nombre d'élémentaux et tous correspondent à une tendance ou couleur dominante. Les nouveaux arrivants trouvent alors une couleur ou une image homogène qu'ils adoptent immédiatement. Par contre, un homme qui a des pensées variées et multiples et dont la méditation n'est pas homogène mais pour ainsi dire en demi-teinte, permet ainsi aux élémentaux de s'installer dans une teinte spécifique et de s'en aller comme ils sont venus. Dans la première hypothèse, nous avons affaire à une masse d'élémentaux vibrants, élec-trifiés et colorés de façon semblable et, dans ce sens, nous pouvons parler d'un seul élémental, de même que nous identifions un certain homme comme Jones, bien que depuis des années il ait pris et rejeté de nouveaux atomes de matière grossière.

L'Etudiant.— S'ils sont attirés et repoussés par les pensées, se déplacent-ils avec la rapidité de la pensée, par exemple d'ici à la planète Neptune ?

Le Sage.— Ils se déplacent avec la rapidité de la pensée. Dans leur monde, il n'y a ni espace ni temps, dans le sens où nous entendons ces termes. Si Neptune se trouve être dans la sphère astrale de ce monde, ils peuvent s'y rendre avec cette rapidité ; sinon, ils n'y vont pas : mais il n'est pas nécessaire de résoudre ce "si" maintenant.

L'Etudiant.— Mis à part la pensée, qu'est-ce qui détermine leurs mouvements, par exemple lorsqu'ils flottent dans une pièce ?

Le Sage — Les autres classes de pensées auxquelles nous avons fait allusion plus haut; certaines exhalaisons d'êtres ; différents taux et proportions de vibrations entre les êtres; divers changements de magnétisme provoqués par les causes du moment, ou par la lune et l'année; des polarités différentes; des changements de son; des changements d'influence provenant d'autres mentaux situés à une certaine distance.

L'Etudiant.— Quand ils flottent peuvent-ils être vus par n'importe qui ou seulement par des clairvoyants ?

Le Sage — Clairvoyance est un mauvais terme. Ils peuvent être vus par des gens partiellement clairvoyants; par tous ceux qui peuvent voir ainsi; par beaucoup plus de gens peut-être que ceux qui sont conscients du fait.

L'Etudiant — Peut-on les photographier comme l'air s'élevant au-dessus du poêle chaud ?

Le Sage — Pas encore à ma connaissance; cependant ce n'est pas impossible.

L'Etudiant — Est-ce que ce sont les lumières que les clairvoyants voient flotter dans la salle sombre des séances ?

Le Sage — Dans la plupart des cas, c'est eux qui produisent ces lumières.

L'Etudiant — Quelle est exactement leur relation avec la lumière, puisqu'il est nécessaire de tenir les séances dans le noir ?

Le Sage — Ce n'est pas leur relation avec la lumière qui rend l'obscurité nécessaire, mais le fait que la lumière provoque une agitation constante et des altérations dans le magnétisme de la pièce. On pourrait aussi bien accomplir tout ceci à la lumière du jour.

Si j'étais capable de vous donner une explication claire « de ce qu'est exactement leur relation avec la lumière », vous sauriez alors ce qui a été longtemps tenu secret, la clef du monde élémental. Ce secret est bien gardé parce qu'il est dangereux de le révéler. Peu importe votre degré de vertu, une fois que vous connaîtriez le secret, rien n'empêcherait la connaissance de pénétrer dans le mental d'autrui qui s'en servirait à des fins mauvaises.

L'Etudiant — J'ai remarqué que souvent l'attention interfère avec certains phénomènes; par exemple un crayon ne peut écrire quand on le surveille mais il écrit dès qu'il est recouvert; ou bien une question posée mentalement n'obtient pas de réponse tant que l'esprit n'est pas occupé à autre chose. Pourquoi ?

Le Sage — Cette sorte d'attention crée une confusion. Dans ce domaine nous utilisons le désir, la volonté, et la connaissance. Le désir est présent, mais la connaissance est absente. Quand le désir a bien pris forme et que l'attention s'est retirée, il y a souvent réalisation; mais quand nous maintenons notre attention, nous interrompons cette réalisation parce que nous n'exerçons en réalité qu'une demi-attention. Pour être utilisée, l'attention doit être d'une telle sorte que l'on puisse fixer la pointe d'une aiguille pendant un laps de temps indéterminé.

L'Etudiant — On m'a dit que peu de gens peuvent assister sans danger à une séance, soit qu'il y ait contamination, sur le plan de l'esprit ou sur le plan astral, soit qu'il y ait épuisement de leur vitalité au profit des fantômes qui aspirent la force vitale du cercle par le médium, comme si ce cercle était un verre de limonade et ce médium la paille. Comment expliquer ce phénomène?

Le Sage — C'est ce qui arrive très généralement. Les Hindous l'appellent le culte des Bhuts.

L'Etudiant — Pourquoi, les personnes qui assistent à une séance sont-elles aussi extrêmement et extraordinairement fatiguées le lendemain ?

Le Sage — Entre autres raisons, parce que le médium absorbe la vitalité au profit des « fantômes »; souvent, également, d'abjects vampires, qui sont des élémentaires, sont présents.

L'Etudiant — Quels sont quelques-uns des dangers encourus aux séances ?

Le Sage — Les scènes que l'on peut voir — dans l'Astral — au cours de ces séances, sont horribles, d'autant plus que ces « esprits » — bhuts — se précipitent aussi bien sur les assistants que sur le médium. Et comme il n'y a pas de séance sans la présence de quelques-uns ou de nombreux élémentaires néfastes — êtres humains à demi-morts —il s'y passe beaucoup de vampirisations. Ces choses tombent sur l'assistance comme un nuage ou une grosse pieuvre et disparaissent en eux comme absorbés par une éponge. C'est une des raisons pour lesquelles il n'est pas bon d'assister aux séances en général.

Les élémentaires ne sont pas tous néfastes, mais d'une façon générale, ils ne sont pas bons. Ce sont des coques et sur ce point il n'y a aucun doute. Il leur reste une action automatique et apparemment intelligente si elles proviennent de personnes fortement matérielles qui sont mortes attachées aux choses de la vie. Si elles proviennent de personnes de caractère opposé, elles n'ont pas autant de force. Mais il existe une catégorie de coques qui ne sont pas réellement mortes, comme celles provenant des suicidés ou des personnes décédées subitement, et celles des individus particulièrement méchants. Elles sont très puissantes. Des élémentaux en prennent possession et acquièrent une personnalité et une intelligence fictives qui sont exclusivement la propriété de la coque. Ils galvanisent les coques et les font entrer en action et peuvent ainsi voir et entendre comme s'ils étaient eux-mêmes des êtres semblables à nous. Dans ce cas, les coques agissent comme des personnes en état de somnambulisme. Par habitude, ils feront étalage des progrès réalisés pendant qu'ils étaient dans des corps de chair. De plus, vous savez que certaines personnes n'impriment pas leur façon de penser sur leurs molécules physiques avec autant d'intensité que peuvent le faire d'autres personnes. Ainsi nous comprenons pourquoi les idées exprimées par ces soi-disants « esprits » ne dépassent jamais les progrès lès plus élevés atteints par des êtres humains vivants et aussi pourquoi ils adoptent les idées élaborées jour après jour par leurs fidèles. Dans l'Inde Ancienne on appelait cette séance le culte des Prêtas, Bhuts, Pisachas et Gandhar-vas.

Je ne pense pas qu'un élémentaire susceptible d'avoir un mobile n'en ait jamais eu d'autres que de mauvais. Les autres élémentaires ne sont rien et n'ont aucun mobile; ce ne sont que des ombres que Caron a refusées au passage.

L'Etudiant — Quel est le rapport entre la force sexuelle et les phénomènes ?

Le Sage — Elle est à leur base. Cette force est vitale, créatrice et constitue une sorte de réserve. On peut la perdre aussi bien par l'action mentale que par l'acte physique. Sa partie subtile peut être gaspillée par les pensées imaginaires du mental, tandis que les actes physiques en épuisent la partie grossière, « support » (upadhi) de la première.

L'Etudiant — Pourquoi tant de médiums trichent-ils, même quand ils peuvent produire de vrais phénomènes ? »

Le Sage — C'est l'effet de la pratique de ces choses qui, en elle-même, est une énorme tricherie et en agissant sur un mental irresponsable entraîne une forme plus basse de tricherie dont la forme supérieure quelle qu'elle soit n'est elle-même qu'une duperie. En outre, un médium est inévitablement un être déséquilibré.

Ils manipulent ces forces pour de l'argent et c'est assez pour attirer toute la méchanceté de leur époque. Ils utilisent des espèces de matière vraiment grossières qui produisent une irritation dans les parties correspondantes du caractère moral, d'où des écarts hors du sentier de l'honnêteté. C'est une grande tentation. Vous ne savez pas, non plus, quelle férocité il y a chez ceux « qui ont payé » pour assister à une séance et « en veulent pour leur argent ».

L'Etudiant — Lorsqu'un clairvoyant, comme un homme le fit ici, il y a un an, me dit « voir autour de moi une bande de nombreux esprits » et parmi eux un vieillard qui serait un personnage éminent, que voit-il réellement ? Est-ce des coques vides et dépourvues de sens ? Si oui, qu'est-ce qui les a amenées là ? Est-ce des élémentaux qui ont tiré leur forme soit de mon mental, soit du sien ?

Le Sage — Je pense que ce sont des coques, des pensées et d'anciennes images astrales. Si par exemple, vous avez vu une fois cet éminent personnage et que vous éprouviez pour lui un grand respect ou une grande crainte, son image s'est gravée dans votre sphère astrale par des empreintes plus profondes que d'autres images et peut être vue, toute votre vie durant, par des voyants qui, s'ils ne sont pas entraînés — comme c'est le cas de tous ici — ne peuvent dire si c'est une image ou une réalité et chaque vision est, alors, une revivification de l'image.

En outre, tous ne verraient pas la même chose. Par exemple que vous tombiez en vous blessant et il émergera sous les yeux de n'importe quel voyant tous les événements similaires et des événements anciens oubliés.

Tout le monde astral n'est qu'un ensemble d'illusions; les gens pénètrent dans ce monde et par la nouveauté de la chose et l'exclusivité du pouvoir, ils s'égarent en croyant vraiment voir des réalités alors qu'ils n'ont fait qu'enlever une mince pellicule de poussière.

L'Etudiant — Veuillez accepter mes remerciements pour votre enseignement.

Le Sage — Puissiez-vous atteindre le sommet de l'illumination.

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