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"Notes sur la Bhagavad-Gita", Chapitre 4, Connaissance spirituelle

Krishna, dans le troisième chapitre, a abordé le sujet du yoga, ou de l'union avec l'Esprit Suprême, et la méthode à suivre pour y arriver. Maintenant, dans le quatrième, il en parle ouvertement. Il a dit à Arjuna que la passion est plus forte que le cœur ou le mental, parce qu'elle a le pouvoir de les vaincre, et il lui a conseillé de renforcer son emprise sur son soi réel (1) vu que par ce moyen seulement il pouvait espérer l'emporter sur la passion.

À l'ouverture de ce chapitre, nous découvrons une doctrine d'une grande importance : dans les débuts d'une nouvelle création (appelée manvantara en sanskrit), un grand Être descend parmi les hommes et leur communique certaines idées et aspirations qui se répercuteront à travers tous les âges successifs, jusqu'au jour de la dissolution générale — la nuit de Brahmâ. Krishna déclare :

Ce yoga immortel — cette profonde union —
Je l'ai enseigné à Vivasvat, le Seigneur de Lumière ;
Vivasvat le transmit à Manu ; Manu
À Iksvâku ; c'est ainsi qu'il fut transmis à la lignée
De tous mes Rishi royaux. Ensuite, avec les années,
La vérité s'affaiblit et périt, noble Prince !
Maintenant, de nouveau, elle t'est enseignée
Cette Science de jadis, ce mystère suprême,
Puisque je vois en toi un adorateur et un ami (2).

Les autorités exotériques sont d'accord pour dire que Vivasvat est un nom donné au soleil, que Manu lui a succédé et que son fils fut Ikshvâku. Ce dernier fonda la dynastie des Rois Solaires qui, dans les temps anciens, étaient en Inde des hommes d'une suprême connaissance. Ils étaient tous des Adeptes et administraient le pays comme seuls des Adeptes pouvaient le faire, car les âges plus sombres n'étaient pas encore arrivés et il était possible à ces grands Êtres de vivre naturellement parmi les hommes ; chacun les respectait et il n'y avait nulle rébellion, même en pensée, car il ne pouvait y avoir de raison de plaintes. Bien que Vivasvat, en tant que nom du soleil (3), ne révèle rien à nos oreilles occidentales, il recèle une grande vérité, de même qu'un grand mystère se cache aujourd'hui derrière notre orbe solaire. Vivasvat était l'Être chargé d'aider et de guider la race humaine à ses débuts. Lui-même, bien des âges auparavant, était passé par l'incarnation, au cours de créations antérieures (4), et avait monté la longue échelle de l'évolution, degré par degré, jusqu'au moment où, par droit naturel, il était devenu comme un dieu. Ce même processus se poursuit actuellement et prépare un Être en vue d'un travail similaire dans les âges à venir. Dans un passé illimité, ce fut toujours le même processus, et toujours l'Esprit Suprême, représenté par Krishna, instruit l'Être de manière qu'il puisse implanter les idées nécessaires à notre salut.

Une fois la race humaine suffisamment développée, l'Être appelé " le Soleil " laisse la succession spirituelle à Manu — que nous le connaissions sous ce nom ou sous un autre — lequel poursuit le travail jusqu'au jour où les hommes sont parvenus au point où, du sein de la grande multitude, ils arrivent à fournir quelque individu appartenant à leur nombre qui se révèle capable de fonder une lignée de Souverains Prêtres Royaux (5). Manu se retire alors, laissant la succession entre les mains du Sage Royal qui, à son tour, la transmet à ses successeurs. Cette succession dure aussi longtemps que le permettent les temps ; tout devient ensuite confus spirituellement, le progrès matériel s'accroît, et l'âge sombre, une fois entièrement établi, ouvre l'ère qui précède la dissolution. Tel est le temps présent.

Jusqu'à l'avènement du premier Roi terrestre appelé Ikshvâku, le Souverain fut un Être Spirituel, reconnu comme tel par tous les hommes, son pouvoir, sa gloire, sa bienveillance et sa sagesse étant évidents. Il vécut un nombre immense d'années et enseigna aux hommes non seulement le yoga, mais les arts et les sciences. Les idées qui furent alors implantées, ayant été mises en mouvement par un être qui connaissait toutes les lois, subsistent encore aujourd'hui sous forme d'idées inhérentes. Il s'ensuit qu'il n'y a nulle raison d'être fier de ses idées, comme le sont tant d'entre nous : elles n'ont rien d'original ; nous n'aurions jamais pu les développer par nous-mêmes sans y avoir été aidés ; et si la grande sagesse de ces esprits planétaires n'avait pas été à l'origine des choses, nous irions maintenant à la dérive sans nul espoir.

C'est aux causes que je viens d'esquisser que sont dues les fables de chaque nation, et de chaque race, qui parlent de grands personnages, de héros, de magiciens et de dieux qui demeurèrent parmi les hommes dans les premiers temps, et dont la vie fut très longue. Aussi, en dépit de tous les sarcasmes et des efforts élaborés de scientifiques méprisants pour démontrer qu'il n'existe ni âme ni peut-être d'au-delà, la croyance innée au suprême, au ciel, à l'enfer, à la magie, et que sais-je encore, subsistera. Cette croyance est préservée par les masses incultes qui, n'ayant pas de théories scolastiques pour détourner leur esprit, conservent ce qui reste de l'héritage des idées.

Arjuna est surpris d'entendre quelqu'un dont il connaissait la naissance parler de Vivasvat comme de son contemporain, aussi en demande-t-il l'explication à Krishna. Celui-ci répond en affirmant que lui-même, aussi bien qu'Arjuna, avaient passé par d'innombrables renaissances, dont il était conscient et qu'il se rappelait, tandis qu'Arjuna, encore imparfait dans le yoga, ne pouvait les connaître, ni se les rappeler. Comme, dans le grand poème, Arjuna est aussi appelé Nara (qui signifie Homme), nous avons ici, en termes formels et indubitables, un postulat établi de longue date formulant la réincarnation pour toute la famille humaine.

Krishna entame ensuite très naturellement la doctrine bien connue en Inde de la réapparition des Avatârs. Il y a, parmi les Hindous, quelque contestation au sujet de la nature d'un Avatâr (6), certains le considèrent comme l'Esprit Suprême lui-même, d'autres simplement comme un homme adombré par le Suprême dans une mesure plus grande que le reste des humains. Néanmoins, il est unanimement admis que Krishna définit la véritable doctrine par les paroles suivantes :

Je viens, je pars et je reviens. Quand la vertu
Décline, ô Bhârata ! quand la méchanceté
Domine, j'apparais, d'âge en âge, et prends
Forme visible, en allant, homme parmi les hommes,
Secourir le juste, rejeter le méchant,
Et rétablir la Vertu sur son trône (7).

Ces apparitions parmi les hommes dans le but de restaurer l'équilibre se distinguent du règne initial de Vivasvat et de Manu dont il a été question plus haut, mais concernent la venue sur terre d'Avatârs ou de Sauveurs. L'expression " d'âge en âge " montre que ces apparitions sont périodiques. Krishna parle ici des grands cycles au sujet desquels les Maîtres ont gardé le silence jusqu'à présent en se contentant d'affirmer leur existence. De nos jours il est admis, de façon très générale, que la loi cyclique est de la plus haute importance quand on considère les grandes questions de l'évolution et de la destinée de l'Homme. Mais l'arrivée d'un Avatâr doit concorder strictement avec la loi naturelle, et cette loi exige que, lors d'un tel événement, apparaisse aussi un être représentant l'autre pôle, car, comme le dit Krishna, la grande loi des deux opposés est toujours présente dans le monde (8). C'est ainsi que nous trouvons, dans l'histoire de l'Inde, que lors de la venue de Krishna, il y a de cela bien longtemps, apparut aussi un grand tyran, un magicien noir, du nom de Kansa, dont la méchanceté égalait la bonté de Krishna. C'est une telle circonstance que vise le poème en déclarant que Krishna arrive dans le monde lorsque la méchanceté a atteint son maximum de développement. Cela signifie en réalité que le mauvais karma du monde va toujours en augmentant au fil des âges et finit par produire une créature qui est, pour ainsi dire, la fleur même de toute la méchanceté du passé compté à partir du dernier Avatâr précédent. Cette créature n'est pas seulement méchante, elle est également sage, avec des pouvoirs magiques d'une portée effrayante, car la magie n'est pas seulement l'héritage des justes. Le nombre de magiciens qui se sont développés parmi les nations à une telle époque est très grand, mais l'un d'eux les surpasse tous, en obligeant le reste à faire allégeance. Cela n'est pas un conte de fées, mais la plus pure des vérités. L'égoïsme et l'amour de l'argent qui prédominent actuellement sont précisément le terrain propice pour le développement de certaines qualités que manifesteront les magiciens noirs dans les âges à venir. C'est alors que Krishna — ou quel qu'en soit le nom — apparaît en prenant " forme visible (...) homme parmi les hommes " . Son pouvoir est aussi grand que celui du mal, mais en plus il a de son côté ce qui fait défaut aux autres : l'Esprit, les forces préservatrices et conservatrices. À l'aide de celles-ci, il est à même d'engager le conflit avec les magiciens noirs, et en cela il est assisté par tous ceux d'entre nous qui sont réellement consacrés à la Fraternité. Le résultat final est une victoire pour les justes et la destruction pour les méchants. Ces derniers perdent toute chance de salut durant ce manvantara et sont précipités dans les plans inférieurs sur lesquels ils émergeront au début de la prochaine et nouvelle création. Ainsi, même ceux-là ne sont pas perdus, et Krishna fait allusion à leur salut final en ces termes :

Ceux qui me vénèrent,
Je les exalte ; mais tous les hommes, et partout,
Finiront par entrer dans mon sentier
, bien que les âmes
Qui cherchent la récompense des œuvres sacrifient
Aujourd'hui aux dieux inférieurs (9).

II déclare aussi que la vraie et complète compréhension du mystère de ses naissances et de son oeuvre sur cette terre nous confère le nirvâna, de manière qu'il n'y ait plus de renaissances. Il en est ainsi parce que l'homme ne peut comprendre ce mystère à moins de s'être complètement libéré des chaînes de la passion et d'avoir acquis une concentration parfaite : à ce moment, il a appris à regarder au delà des apparences illusoires qui trompent l'homme irréfléchi.

Nous touchons ici à l'écueil où se brisent tant d'êtres, les théosophes aussi bien que les autres : la personnalité. La personnalité est toujours une illusion, une image fausse qui cache la réalité intérieure. Personne n'arrive à harmoniser exactement son environnement physique avec ce qu'il y a de meilleur en lui, aussi est-il continuellement jugé par les autres selon ce qu'on voit de lui de l'extérieur. Si nous essayions, comme le conseille Krishna, de trouver le divin en toute chose, nous apprendrions bientôt à ne plus juger selon les apparences ; et si nous suivions le conseil donné dans ce chapitre, de faire notre devoir sans espoir de récompense et sans nous mettre en route en visant un résultat désiré, la paix s'ensuivrait finalement.

Krishna mentionne ensuite différents systèmes de pratiques religieuses et fait ressortir à Arjuna qu'en définitive tous mènent à Lui, mais après de nombreuses naissances, par l'effet de la tendance engendrée. Les différentes écoles sont examinées en quelques phrases. Son décret est qu'elles " détruisent le péché " , c'est-à-dire qu'une certaine purification de la nature est ainsi réalisée, ce qui, après la mort, procure un séjour plus long en devachan. Mais ce n'est qu'à une seule et unique pratique qu'il accorde la prérogative d'être celle qui conduira à l'union avec l'Esprit Suprême. Après avoir tout énuméré, non seulement l'accomplissement mais aussi bien l'omission des sacrifices, il révèle à Arjuna que la connaissance spirituelle comprend toutes les œuvres, réduit en cendres les effets enchaînants de toute action et confère à l'homme le pouvoir de prendre le nirvâna lorsqu'il arrive à se libérer de l'idée erronée que le soi inférieur est celui qui agit. La perfection de cette connaissance spirituelle est atteinte en renforçant la foi et en rejetant le doute de soi-même, grâce à la consécration et au contrôle de soi. Vient ensuite un verset presque identique à celui du Nouveau Testament : " L'homme au mental plein de doute ne jouit ni de ce monde ni de l'autre, ni de la béatitude finale " (10).


Celui qui, s'étant maîtrisé, a vaincu le doute,
Séparant le soi du service, l'âme des œuvres,
Éclairé et émancipé, mon Prince !
Les œuvres ne l'enchaînent plus ! Tranche donc
Avec le glaive de la sagesse, ô Fils de Bharata,
Ce doute qui enchaîne les battements de ton cœur !
Romps le lien
Né de ton ignorance ! Sois audacieux et sage !
Avec moi, lance-toi dans le combat ! Lève-toi ! (11)

Ces paroles puissantes terminent le chapitre. Elles s'adressent à ceux qui peuvent être forts et non à l'homme qui doute éternellement, qui ne croit ni à ses propres pensées, ni aux paroles des autres et qui demande toujours plus. Mais aucune incertitude ne peut subsister sur la cause du doute. Comme le dit Krishna : " il surgit de l'ignorance et tout ce que nous avons à faire est de saisir le glaive de la connaissance et de trancher tous les doutes d'un seul coup " . Certains diront avoir toujours cherché cette connaissance afin d'acquérir la paix ; cependant, en voyant la profusion de systèmes qui leur est présentée, il leur est impossible d'arriver à quelque conclusion que ce soit. Cela pourrait sembler tout à fait justifié en considérant les mille et une philosophies qui nous sont proposées d'une manière plus ou moins claire par ceux qui les exposent. Mais il nous est apparu que toutes ces philosophies pouvaient facilement être passées au crible et divisées en catégories ; elles se rangent alors en deux grandes classes : celles qui ne permettent aucune croyance avant que la misérable masse des esprits médiocres ait déclaré en accepter finalement tel ou tel point, et celles qui possèdent une parcelle de ce qui pourrait être vrai et beaucoup d'indéniable non-sens. L'homme qui doute est voué à la première école, ou bien il adhère en partie à l'une et en partie à l'autre. Dans ce dernier cas, il est quasiment déchiré par les innombrables idées conventionnelles qui portent le sceau de l'autorité, en le forçant à accepter ce qui révolte son jugement chaque fois qu'il veut bien lui permettre de s'exercer librement. Si vous lui dites que ce mental tant vanté n'est pas le juge final et qu'il existe des facultés supérieures qui peuvent être exercées en vue d'acquérir la connaissance, il argumente, en s'appuyant sur les lignes tracées par de savants professeurs appartenant à telle ou telle École, et nie la validité des preuves offertes, sous prétexte qu'elles sont des exemples d' " élucubration cérébrale " , ou que sais-je encore. Pour des personnes de ce genre, le chapitre n'aura nul attrait. Il y a cependant beaucoup d'étudiants qui ont des doutes sincères : pour eux la difficulté est due à l'ignorance. Ils n'osent se rendre à l'évidence que la vérité ait pu être découverte par les Anciens. À ce qu'il semblerait, la raison de ce jugement est qu'ils se fondent sur une considération de l'état purement matériel de ces peuples de jadis, ou des nations contemporaines qui, à un degré ou un autre, adhèrent à de telles philosophies. Notre civilisation exalte les possessions et le progrès dans le domaine matériel : ceux qui sont privés de ces privilèges ne pourraient donc nullement détenir la vérité, ni la méthode pour l'acquérir. Les gardiens de la vérité n'ont cependant jamais dit qu'en suivant leur système nous ne serions ni riches ni civilisés. Au contraire, à l'époque où Krishna vivait et enseignait son système, il y avait plus de splendeur et de puissance matérielles que de nos jours, et plus de connaissance des lois de la nature que celle dont disposent tous nos savants réunis. Si donc quelque théosophe se met à enseigner que le triomphe des doctrines des Maîtres de la Société [Théosophique] sonnerait le glas de tout confort et progrès matériels, il se trompe et ne fait que semer les germes du trouble pour lui-même et ses amis. Pourquoi donc ne serait-il pas sage d'admettre immédiatement qu'il puisse y avoir de la vérité dans ces doctrines, de rejeter tous les doutes et de jouir de la lumière qui vient de l'Orient ?

Aussi longtemps que le doute subsistera, il n'y aura ni paix ni certitude, ni espoir de les trouver dans ce monde ou dans des vies terrestres à venir, ou même dans les vastes espaces d'autres univers où nous pourrons être appelés à vivre dans des temps futurs. L'homme qui doute aujourd'hui doutera alors, et ainsi de suite, aussi longtemps que tournera la roue, durant les millions d'années à venir.

Si nous suivons l'avis du grand Prince, notre prochain pas sera d'admettre, devant les faits patents de l'évolution, qu'il existe certains grands Êtres qui ont dû parcourir le même chemin, il y a bien longtemps, et qui possèdent maintenant la connaissance, avec le pouvoir de nous la communiquer, dans la mesure où nous sommes capables de la recevoir. Krishna y fait allusion en ces termes :

Cherche cette connaissance, en rendant hommage, en te prosternant, par une puissante recherche et par le service ; ceux qui sont doués de cette connaissance et qui perçoivent la vérité des choses te l'enseigneront (12).

Telles sont les paroles exactes des Maîtres de notre Société. Ce n'est pas simplement parce que nous le désirons ou estimons le mériter qu'ils nous récompensent ou nous enseignent ; notre appréciation de nous-mêmes n'est pas la leur. Ils nous évaluent à un taux exact et juste ; larmes et supplications ne peuvent les émouvoir que si elles sont suivies par des actes, et les actes qui les réjouissent sont ceux qui sont faits pour leur service, et nuls autres.

Mais que faut-il faire pour les servir suivant leur désir ?

II ne s'agit pas de développer des pouvoirs psychiques, ni de devenir capable de produire des phénomènes, ni d'aucune autre action faite pour soi, si c'est là le seul motif.

Le service et le travail accomplis, qu'il s'agisse d'un membre de la Société Théosophique ou de n'importe quel homme, consiste à se vouer à la cause de l'Humanité. Aussi, tous ces membres de la Société qui vivent dans l'attente, avec la bouche ouverte, en espérant recevoir ce qu'ils se plaisent à appeler nourriture, qu'ils l'apprennent dès maintenant : ils ne recevront rien à moins qu'ils ne fassent ou tentent de faire le travail.

Une fois cette bonne attitude adoptée, ce qui s'ensuivra est décrit dans ce chapitre :

L'homme qui se perfectionne dans la consécration voit surgir en lui-même, dans le cours du temps, cette connaissance spirituelle qui est supérieure à toute action et qui les inclut toutes sans exception (13).

Le quatrième chapitre est terminé. Que se dissipent tous nos doutes !

Quelle place peut-il y avoir pour le doute, et quelle place pour le chagrin, dans le cœur de celui qui sait que tous les êtres spirituels sont identiques en espèce et ne diffèrent qu'en degré (14) ?

NOTES

  • (1). [Comme on l'a vu, il s'agissait pour Arjuna de " se renforcer lui-même par lui-même " , en prenant appui sur la Conscience Une qui, dans l'homme, est son Soi Supérieur.]
  • (2). [Trad. Ed. Arnold (v. 1-3) p. 34.]
  • (3). [Comme le précise Edwin Arnold dans une note, p. 34. En sanskrit, Vivasvat a le sens de " lumineux " , " brillant " .]
  • (4). [C'est-à-dire dans des théâtres d'évolution qui avaient précédé notre Terre.]
  • (5). [C'est le sens du mot Râja-Rishi, ou Râjarshi — un rishi (sage voyant, ou prophète) qui peut appartenir à la classe royale, un râja, un roi humain — à distinguer d'un Deva-Rishi, ou Devarshi, de classe céleste, comme Nârada (évoqué dans la Gîtâ, chap. 10, v. 13 et 26), ou encore d'un Brahma-Rishi ou Brahmarshi, de caste brâhmanique.]
  • (6). [Voir :  note générale 4 — 1]
  • (7). [Trad. E. Arnold (v. 7-8) p. 35.]
  • (8). [Cf. Gîtâ, 8, v. 26 : " La lumière et les ténèbres sont les deux voies éternelles du monde ».]
  • (9). [Trad. Ed. Arnold (v. 11-12), p. 36. Les italiques sont de Judge. Comparer avec l'édition de Judge, beaucoup plus fidèle à l'original : " Quelle que soit la voie empruntée par les hommes pour m'approcher, c'est dans cette voie même que je les aide. Quel que soit le chemin choisi par l'humanité, ce chemin est mien, (etc.). " L'affirmation de Krishna est ici au présent, non au futur.]
  • (10). [Trad. J.C. Thomson (v. 40) p. 36. L'Évangile abonde en citations promettant le salut, la vie éternelle, à ceux qui ont la vraie foi et il met en garde " les hommes de peu de foi " , pris par le doute. " Celui qui mange, alors qu'il a des doutes, est condamné... » (Romains, 14, 23). Cette citation termine l'article, publié dans la revue The Path, vol. 3, oct. 1888, pp. 204-209.]
  • (11). [Traduction (très approximative) d'Edwin Arnold (v. 41-2), pp.41-2.]
  • (12). [Trad. J. C. Thomson (v. 34) p. 35, avec des emprunts à Ch. Wilkins ( " cherche " , " en te prosternant " ).]
  • (13). [Paraphrase de 2 versets (v. 38 et 33) empruntés à la traduction de Thomson (pp. 36 et 35).]
  • (14). [Cette formule, qui a dû être chère à Judge (on la trouve aussi, avec une légère modification, dans les Lettres qui m'ont aidé. Livre 2, p. 170) est vraisemblablement tirée de l'Isha Upanishad (v. 6-7). Cette citation termine cet article publié dans la revue The Path, vol. 3, nov. 1888, pp. 248-50.]

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