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"Notes sur la Bhagavad-Gita", Notice historique

Comme la Theosophical Society s'était fixé pour second But de " promouvoir l'étude des littératures orientales (aryenne et autres), des religions et des sciences " , elle a fait effectivement œuvre de pionnière, à la fin du 19ème siècle, dans le rapprochement entre l'Orient et l'Occident dont on constate les effets de nos jours. Avec le transfert de son Quartier Général en Inde, le lancement de la revue The Theosophist, à Bombay (1879), et la création d'une bibliothèque orientale, des moyens importants pour l'époque avaient été mis en place en vue de la rencontre des cultures Est-Ouest ; cependant, aux États-Unis où W.Q. Judge, le troisième grand fondateur de la Société, était resté seul, tout restait à faire pour découvrir aux Américains la richesse de la philosophie de l'Orient : ce fut donc pour celui qui allait devenir le Secrétaire Général de la Section américaine de la S.T. l'un des projets auxquels il voua beaucoup de son énergie. Après son voyage en Inde (1884), Judge avait fondé la revue The Path (avril 1886), consacrée (entre plusieurs sujets) à " la littérature aryenne " , comme l'indiquait sa page de couverture. Plus tard, il avait cherché à s'assurer la collaboration de spécialistes de l'Inde pour créer un Oriental Department, dont les publications nombreuses permettraient d'accéder à des textes sanskrits (et autres) traduits par Charles Johnston et le prof. Manilal Dvivedi. En 1890, il devait écrire pour un hebdomadaire de Washington une série d'articles au titre évocateur : Échos de l'Orient.

La Bhagavad-Gîtâ, cet Évangile de l'Inde, a exercé très tôt un attrait considérable sur Judge. Ses articles et sa correspondance y font de très fréquentes allusions. Il n'allait pas manquer de lui consacrer des pages entières de la revue The Path, afin d'attirer l'attention de ses compagnons-théosophes sur le caractère universel de son message, et l'urgence de son application dans la vie quotidienne. La première contribution de Judge date d'avril 1887. Comme tous les articles qui devaient lui faire suite, elle a paru sous le simple titre : " La Bhagavad-Gîtâ " ; le nom du signataire était l'un des pseudonymes utilisés par Judge : William Brehon (noté dans d'autres cas Brehon, W.B. ou même B.).

Malgré l'intérêt des thèmes abordés — quatre articles furent consacrés au 1er chapitre de la Gîtâ, quatre autres au second — l'ampleur des tâches que Judge devait assumer à la tête du Mouvement en Amérique l'a manifestement freiné dans son intention première : entre décembre 1888 et novembre 1895, sept ans se sont écoulés sans nouvelle parution sur le sujet. Il est vrai qu'entre-temps (fin 1890) Judge avait fait paraître sa propre édition de la Bhagavad-Gîtâ, mettant ainsi à la portée d'un très large public occidental le texte lui-même de ce fleuron des Écritures de l'Inde. Finalement, en 1896, la mort l'empêcha de mener à bien son projet : il n'avait couvert que sept chapitres.

Fidèle disciple de Mme Blavatsky et de W.Q. Judge, Robert Crosbie (1849-1919), connut en Amérique les vicissitudes du Mouvement après la mort de son devancier. Finalement, avec quelques compagnons, il décida de reprendre le travail théosophique selon les lignes tracées dès le début : la fondation en 1909 de la Loge Unie des Théosophes, à Los Angeles, marquait le départ d'un large retour à l'inspiration initiale donnée par H.P. Blavatsky et son disciple et collaborateur Judge. Pour soutenir cette entreprise, une revue fut lancée, également à Los Angeles, avec pour titre : Theosophy — celui que Judge avait choisi pour succéder au Path, après ses dix premières années de parution. L'un des buts de cette revue était de republier les grands articles théosophiques devenus inaccessibles aux étudiants du 20ème siècle. C'était l'occasion de faire revivre la pensée de Judge à propos de la Gîtâ : tous ses articles furent ainsi réimprimés, mois après mois, de novembre 1913 à février 1915, tels qu'ils avaient paru dans la revue The Path. Quelques mois plus tard, en juillet 1915, Theosophy reprenait le thème de la Bhagavad-Gîtâ, avec comme sous-titre : " Chapitre 8 " . Une courte note d'introduction indiquait : " Cet article est une contribution d'un Étudiant de Wm. Q. Judge, pour donner suite à la série publiée sur la Bhagavad-Gîtâ par Mr Judge, etc. " . L'Étudiant en question était Robert Crosbie, et ses " contributions " sur le sujet se sont succédé régulièrement dans la même revue, jusqu'en février 1917, avec la publication du chapitre 18, toujours avec la même mention — " par un Étudiant de W.Q.J. " — qui sauvegardait l'anonymat, conformément à la ligne adoptée dans la revue Theosophy.

L'année suivante — 1918 — grâce à la générosité d'un membre de la L.U.T., l'ensemble complet parut sous la forme d'un livre, avec le titre : Notes on the Bhagavad-Gita, qui n'avait jamais été employé par Judge, ni par Crosbie (1), pour les articles de cette série. Il fallut attendre 1944 pour que la première traduction française en soit faite à Papeete (Tahiti), où fonctionnait un centre actif de la Loge Unie des Théosophes, et finalement 1947 pour que paraisse le livre à Paris, sous le titre : Notes sur la Bhagavad-Gita (2).

Cette traduction a eu le mérite de servir pendant un demi-siècle : c'est elle qui a servi de base au texte, revu, corrigé et abondamment annoté, qui est présenté dans cet ouvrage.

Quant au contenu même des chapitres du livre, et à l'esprit qui a présidé à leur rédaction, on peut formuler les quelques remarques suivantes :

l. Dans la préface de sa propre édition de la Gîtâ, Judge a écrit (pp. 18-19) : " Les mérites de la Bhagavad-Gîtâ se suffisent à eux-mêmes, il n'a pas été ajouté le moindre commentaire afin de laisser à chaque lecteur le soin d'en approfondir le sens au fur et à mesure qu'il progresse (...) Y joindre le moindre commentaire serait audacieux, à moins qu'il ne soit d'un sage tel que Shankarâchârya ". Les articles publiés par Judge sur la Gîtâ ne doivent donc pas être considérés comme des " commentaires " mais bien plutôt comme des réflexions, inspirées à l'auteur par tel ou tel aspect du poème sacré, voire même par un simple terme, comme dharma, karma, consécration, etc.

2. Judge ne cherche jamais à imposer ses vues : il donne l'impression de confier au lecteur ce que lui suggère sa méditation sur le texte. Il arrive maintes fois qu'elle déborde largement le cadre littéral des mots, pour évoquer de grands événements de l'histoire humaine, les problèmes liés à la vie intime des disciples, les difficultés où se débattent les théosophes de l'époque, etc.

3. Parmi les différentes façons d'interpréter la Gîtâ, c'est le point de vue de l'individu qui est essentiellement pris en compte, le principal souci de Judge étant d'aider ses compagnons à déchiffrer pour eux-mêmes ce que l'enseignement de Krishna pouvait leur apporter comme lumière pour éclairer leur expérience psychologique et spirituelle. Ainsi, dans ses réflexions, Judge ne s'avance pas en érudit, analysant les finesses de la lettre, mais parle en éveilleur, cherchant à susciter chez son lecteur l'intuition du sens caché, provoquer peut-être l'irruption d'une lueur intérieure qu'on ne peut plus oublier une fois qu'elle est apparue, et qui peut entraîner des conduites qu'on n'aurait jamais imaginées.

4. L'une des difficultés que Judge a dû affronter est celle du choix de l'une des traductions de la Gîtâ existant à son époque, pour inspirer sa pensée et illustrer au mieux ses propos. Comme on le verra, il s'est basé essentiellement sur le texte de trois auteurs différents (3) :

  • - Charles Wilkins, le 1er traducteur de la Gîtâ (1785). Sa version était disponible grâce à une réédition faite par Tookaram Tatya, un membre de la S.T. de Bombay.
  • - John Cockburn Thomson (1855), que Judge cite assez longuement dans la préface de sa propre édition de la Gîtâ.
  • - Sir Edwin Arnold (1885), dont la belle traduction poétique pèche souvent par inexactitude.

Accessoirement, la version de K. T. Telang (dans la série des " Sacred Books of the East " , éditée par Max Müller) a été consultée, à de rares occasions. Manifestement, Judge a dû hésiter plus d'une fois entre un texte ou l'autre, ce qui a pu le pousser à produire finalement sa propre édition de la Gîtâ dans le but d'éliminer les ambiguïtés et imprécisions possibles de ses prédécesseurs.

En pratique, les emprunts ont été faits à Wilkins et surtout Thomson pour les trois premiers chapitres, Arnold n'étant cité que dans le quatrième et le cinquième essentiellement. Pour le septième chapitre, les citations sont tirées de la version de Judge, devenue disponible. Le sixième chapitre, le plus bref, qui fut publié en dernier, peu avant la mort de l'auteur, ne comporte pour sa part aucune citation.

5. En complétant la série des "Notes", Robert Crosbie s'est évidemment appuyé uniquement sur la version de Judge de la Bhagavad-Gîtâ. Dans ses articles — généralement bien plus brefs que ceux de son prédécesseur — il a évité toute longue digression, et suivi de plus près le déroulement des chapitres de la Gîtâ, en recourant à de plus nombreuses citations.

Dans le cours du présent ouvrage, il a semblé utile d'indiquer en note les informations suivantes :

  • - pour chaque article de W.Q. Judge, la référence de sa parution dans la revue The Path ;
  • - pour chaque citation tirée de la Gîtâ, la référence de la traduction particulière à laquelle elle a été empruntée.

Par ailleurs, un certain nombre de notes ont été introduites pour une meilleure compréhension, ou un complément d'information. Afin de ne pas gêner la lecture, certaines d'entre elles, plus étendues ou d'un intérêt plus large, ont été reportées en " notes générales " , (accessibles par des liens hypertextes indiquant leur numéro dans les notes en bas de pages des chapitres) .

N.B. Pour éviter toute confusion avec les renvois dus en propre à W.Q. Judge, ou à R. Crosbie, toutes ces notes sont présentées entre crochets, comme le sont aussi les numéros des versets ajoutés ici et là dans le texte, pour localiser dans la Gîtâ les citations faites par les auteurs.

Les éditeurs.

Notes

  • (1). À noter que quatre conférences (avec une Introduction) données par T. Subba Row à Adyar (1885-86), sur le même sujet, avaient été publiées dans la revue The Theosophist (vol. 7 — 8), puis sous forme de livre, par Tookaram Tatya à Bombay (1888), avec précisément ce titre : Notes on the Bhagavad-Gîtâ. Plus tard, Judge lui-même avait choisi cette même formule, pour l'un de ses articles publié dans The Path (sept. 1895). Voir en Appendice, dans le présent ouvrage, la traduction de ce texte, particulièrement tourné vers la pratique journalière.
  • (2). Un titre similaire avait été choisi en 1929 (Notes sur la Bhagavadgîtâ) par un auteur francophone, Étienne Lamotte, qui, à l'époque évoquait (p. 2) " des cénacles théosophiques et ésotériques se réclamant volontiers de la Bhagavadgîtâ comme de la source la plus vénérable de leurs doctrines " . L'auteur terminait son étude érudite par un hommage à la Gîtâ — qu'il saluait comme " une véritable 'somme théosophique', miroir fidèle de la mentalité hindoue " (p. 128), " un chef d'œuvre d'habileté et de bon sens " (p. 131) — avec cette conclusion : " Elle mérite bien d'être et de rester le testament suprême de l'Inde et s'impose sans conteste à l'admiration des Occidentaux ".
  • (3). Voir : .Bibliographie

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