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"Notes sur la Bhagavad-Gita", Chapitre 15, Esprit Suprême

" Les hommes disent que l'Ashvattha, l'arbre sacré éternel, croît avec sa racine vers le haut et ses branches vers le bas, et que ses feuilles sont les Veda ; celui qui connaît cette vérité connaît les Veda " [v. l].

Dans ce verset, Krishna évoque un symbole employé par les hommes pour représenter l'Univers comme un courant éternel d'évolution, émanant d'une Source immuable. Bien qu'immuable en elle-même, cette Source produit le changement en des différenciations qui ne cessent de croître tout au long de la grande période de manifestation. La limite de différenciation une fois atteinte, la même impulsion absorbe graduellement toutes les différenciations pour retourner à l'homogène. La Doctrine Secrète symbolise ce processus évolutif d'une manière poétique par le " Grand Souffle " , avec ses expirations et inspirations périodiques. Cependant, ni l' " expiration " , ni l' " inspiration " , ni les deux ensemble ne décrivent ni ne constituent le Grand Souffle, car ce sont des actions dues à Cela qui a le pouvoir d'agir ainsi. Comme le dit Krishna dans ce chapitre : " C'est l'Esprit Primordial d'où s'écoule le flot ininterrompu de l'existence conditionnée " [v. 4].

" Les feuilles en sont les Veda " : cette phrase se rapporte spécifiquement aux Écritures sacrées de l'époque ; mais elle peut également s'appliquer à celles de tous les temps, du fait qu'elles ne sont que des formulations humaines de fragments des vérités éternelles — formulations qui présentent, sous une forme concrète, les idéaux spirituels, philosophiques et éthiques des hommes existant à l'époque où elles sont produites. Elles sont ici parfaitement symbolisées par le mot " feuilles " , car, elles poussent sur des branches (les trois qualités), ont leur période de manifestation et sont ensuite remplacées par d'autres " feuilles " .

" Ce n'est pas ainsi que sa forme est comprise par les hommes ; cet arbre n'a pas de commencement, son état actuel ne peut être compris, et il n'a pas de fin " [v. 3]. Cette phrase peut être mieux comprise en tenant compte de ce que dit le second paragraphe du chapitre [v. 7] : " C'est seulement une fraction de moi-même qui, ayant assumé la vie dans ce monde d'expérience conditionnée, rassemble les cinq sens et le mental afin d'obtenir un corps et de pouvoir le quitter " . Ce pouvoir de rassembler et de disperser est celui de l'Esprit Suprême ; c'est le Soi, l'Homme Réel, " une fraction de moi-même " dans chaque forme humaine, comme dans toutes les formes. Les hommes, qui sont liés par Ahamkâra, la tendance à l'auto-identification [du 13ème chapitre], ne le comprennent pas ainsi ; mais peuvent le réaliser " ceux qui sont libérés de l'orgueil de soi, dont le discernement est devenu parfait, qui ont surmonté l'erreur de l'attachement à l'action, qui s'adonnent constamment et avec dévotion à la méditation sur l'Esprit Suprême, qui ont renoncé au désir et se sont libérés de l'influence des opposés, connus comme le plaisir et la douleur " [v. 5]. La Connaissance de l'Esprit Suprême résulte de l'identification avec cet Esprit Suprême ; la réalisation vient en fixant sa pensée sur l'objet à réaliser. Le " pouvoir de percevoir " est l'essence même de notre être, nos perceptions ne sont pas ce pouvoir : elles sont les effets de son exercice ; elles constituent la base de nos actions : c'est parce que nous nous identifions à elles que nous sommes induits en erreur et enchaînés par les actions qui en découlent.

" II y a deux espèces d'êtres dans le monde, l'une divisible, l'autre indivisible ; la divisible comprend toutes les choses et toutes les créatures " [v. 16], c'est-à-dire les formes et les objets de toute espèce, puisque toute forme et tout objet sont constitués de formes ou expressions mineures de vie ou de conscience. Ainsi, notre corps se compose de vies et de substances minérales, végétales et animales ; celles-ci sont empruntées aux trois règnes inférieurs et elles leur sont restituées, d'où le terme " divisible " ; " l'[espèce] indivisible est appelée Kûtastha — qui se tient imperturbable sur la hauteur " [v. 16]. Dans toute forme composée — et elles le sont toutes -il y a une conscience synthétique qui a développé cette forme et qui la soutient ; ce pouvoir synthétique ne peut être affecté par aucun changement de forme. Chez l'Homme, Kûtastha semblerait se rapporter à l'Ego Divin dont la divinité et la nature spirituelle demeurent telles quelles à travers toutes les formes et tous les changements.

" Mais il existe un autre esprit appelé l'Esprit Suprême — Paramâtma — qui pénètre et soutient les trois mondes. Étant au-dessus du divisible et supérieur à l'indivisible, je suis connu dans le monde et dans les Veda comme l'Esprit Suprême. Celui qui, n'étant pas égaré, me connaît comme cet Esprit Suprême connaît toute chose et me vénère sous toute forme et en toute condition " [v. 17-9].

La consécration par la Connaissance de l'Esprit Suprême (1) commence lorsqu'on reconnaît qu'il n'y a qu'un seul Esprit, source et soutien de tout ce qui existe. Comme il est dit dans les Upanishad, " Le Soi luit en toutes choses sans cependant resplendir en toutes " . Le Soi est en toutes choses et toutes choses sont dans le Soi. Quelle que soit la " lueur " qui brille à travers une forme, ou sous une condition quelconque, cette " lueur " vient du Soi et lui appartient. Si nous reconnaissons et admettons cela, nous devons commencer à considérer toute chose et tout être sous ce jour et agir envers eux selon cette base. Dès lors, nous agissons pour le Soi et comme le Soi ; dans la mesure où nous nous tenons à cette pratique, et la poursuivons, toutes les idées, les habitudes et les désirs contradictoires sont graduellement surmontés ; jusqu'à ce que, finalement, nous arrivions à posséder le suprême pouvoir de faire le bien qui résulte de l'altruisme.

NOTES

(1). [C'est le titre de ce chapitre dans l'édition de Judge.]

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