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"La Bhagavad-Gita", La consécration par la séparation des trois qualités

Chapitre 14

KRISHNA :

[1] « Je vais de plus t'expliquer cette science sublime et spirituelle, supérieure à toute autre, dont la connaissance a permis à tous les sages d'atteindre la suprême perfection au moment de la dissolution de ce corps. [2] Prenant refuge en cette sagesse, et ayant atteint à mon état, ils ne renaissent plus, même lors de la nouvelle évolution, et ils ne sont pas affectés au moment de la destruction générale.

[3] « Le grand Brahmâ est ma matrice, j'y dépose le germe ; de là découle la production de toutes les choses existantes (1) ô fils de Bharata. [4] Ce grand Brahmâ est la matrice de toutes les formes variées produites par toutes les matrices et je suis le Père qui fournit la semence. [5] Les trois grandes qualités, sattva, Rajas et tamas — lumière ou vérité, passion ou désir, indifférence ou ténèbres — sont nées de la nature et attachent l'âme impérissable au corps, ô toi aux bras puissants. [6] Parmi celles-ci, la qualité de sattva, par sa clarté et sa sérénité, enlace l'âme à la renaissance par l'attachement à la connaissance et aux choses agréables. [7] Sache que Rajas est de la nature du désir et produit la soif et les penchants ; il emprisonne l'Ego, ô fils de Kunti, par les conséquences de l'action. [8] La qualité de tamas, fruit de l'indifférence dans la nature, induit en erreur toutes les créatures, ô fils de Bharata ; elle emprisonne l'Ego dans un corps par la folie inconsciente, le sommeil et la paresse.[9] La qualité de sattva attache l'âme par le bonheur et le plaisir, celle de Rajas par l'action et celle de tamas par l'inattention, en entourant d'indifférence la faculté du jugement.

[10] « Quand les qualités de tamas et de Rajas sont vaincues, ô fils de Bharata, celle de sattva prévaut ; tamas agit principalement quand sattva et Rajas sont cachées ; quand les qualités de sattva et de tamas diminuent, c'est Rajas qui prévaut. [11] Quand la sagesse, cette lumière éclatante, devient évidente à chaque porte du corps, on peut en déduire que la qualité de sattva prévaut intérieurement. [12] L'amour du gain, l'activité dans l'action, l'entreprise des œuvres, l'agitation et les désirs désordonnés sont les produits de la qualité de Rajas, [13] tandis que les indices de la prédominance de la qualité de tamas sont l'absence d'illumination, la présence de la paresse, de l'inattention et de l'illusion, ô fils de Kuntî.

[14] « Si la dissolution du corps a lieu lors de la prédominance de la qualité de sattva, le soi intérieur va vers les sphères immaculées où se trouvent les êtres qui connaissent le lieu le plus haut. [15] Si cette dissolution a lieu lors de la prédominance de la qualité de Rajas, l'âme renaît dans un corps attaché à l'action ; et, également, l'âme de celui qui meurt lors de la prédominance de la qualité de tamas renaît dans des matrices d'êtres égarés.

[16] « Le fruit des actions équitables est appelé pur et sain, il appartient à sattva ; le fruit de Rajas est cueilli dans la douleur, et tamas ne produit que l'inconscience, l'ignorance et l'indifférence. [17] La sagesse est engendrée par sattva, le désir par Rajas, l'ignorance, l'illusion et la folie par tamas. [18] Ceux en qui la qualité de sattva est établie s'élèvent vers les hauteurs, ceux qui sont possédés par Rajas restent dans la sphère intermédiaire, le monde des humains, tandis que ceux qui sont subjugués par la sombre qualité de tamas s'enfoncent dans les régions inférieures. [19] Mais lorsque l'homme sage perçoit ces qualités comme les seuls agents de l'action et comprend ce qui leur est supérieur, il atteint à mon état. [20] Le soi incorporé est libéré de la renaissance, de la mort, de la vieillesse et de la souffrance et s'abreuve à la fontaine de l'immortalité lorsqu'il a surpassé les trois qualités qui coexistent avec le corps : la bonté, l'action et l'indifférence. »

ARJUNA :

[21] « Quels sont, ô Maître, les signes caractéristiques pour reconnaître l'homme qui a surpassé les trois qualités ? Quelle est sa façon de vivre et par quels moyens surmonte-t-il ces qualités ? »

KRISHNA :

[22] « Ô fils de Pându, celui qui n'éprouve pour ces qualités — l'illumination, l'action et l'illusion — nulle aversion en leur présence et nul regret en leur absence ; [23] qui, semblable à un témoin non concerné, reste indifférent à ces trois qualités et n'en est point troublé et, tout en étant persuadé de leur existence, n'est pas affecté; [24] qui maintient son égalité d'âme dans la souffrance comme dans la joie ; qui s'est dominé, pour qui la motte de terre, la pierre et l'or sont identiques et qui conserve la même égalité d'âme pour ceux qui aiment ou haïssent ; qui reste constant, le même dans la louange et dans le blâme, [25] en gardant la même égalité d'âme dans les honneurs et la disgrâce, envers l'ami ou l'ennemi et qui n'entreprend que les actions nécessaires, un tel homme a surmonté les trois qualités. [26] Celui de mes serviteurs qui m'adore avec une dévotion exclusive — ayant complètement dominé les qualités — est digne d'être absorbé en Brahman le Suprême. [27] Je suis tout à la fois le Souverain Suprême, l'Incorruptible, l'Immuable, la loi éternelle et la béatitude infinie. »

Ainsi, dans l'UPANISHAD nommée la Sainte BHAGAVAD-GÎTÂ, dans la Science de l'Esprit Suprême, dans le livre de la Consécration, dans le colloque entre Krishna, le Saint Instructeur, et Arjuna, est exposé le quatorzième chapitre intitulé :

LA CONSÉCRATION
PAR LA SÉPARATION DES TROIS
QUALITÉS

Note du chapitre 14

(l) Dans ce verset, Brahmâ doit être pris dans le sens de Prakriti ou nature.

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