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"La Bhagavad-Gita", La consécration par la science royale et le souverain mystère

Chapitre 9

KRISHNA :

[1] « À toi qui écoutes sans esprit de critique, je vais maintenant révéler la connaissance la plus mystérieuse, en lui associant un aspect de sa réalisation et, lorsque tu l'auras connue, tu seras délivré du mal. [2] Cette connaissance est la science royale, le souverain mystère, le purificateur par excellence ; elle est clairement compréhensible, conforme à la loi sacrée, facile à mettre en pratique et inépuisable. [3] Ceux qui ne croient pas à cette vérité, ô persécuteur de tes ennemis, ne me trouvent pas ; attachés à la roue de la renaissance, ils retournent dans ce monde, demeure de mort.

[4] « C'est sous ma forme invisible que tout cet univers est pénétré par moi ; toutes les choses existent en moi, mais je n'existe pas en elles. [5] Cependant, toutes les choses ne sont pas en moi. Pénètre mon divin mystère : je suis moi-même la cause de l'existence des choses et je les supporte toutes, mais cependant je ne demeure pas en elles. [6] Comprends que toutes les choses sont en moi comme est dans l'espace l'air puissant qui circule partout. [7] Ô fils de Kuntî, à la fin d'un kalpa, toutes les choses retournent dans ma nature, et de nouveau, au début d'un autre kalpa, je cause leur nouvelle apparition. [8] En prenant le contrôle de ma propre nature, je fais naître inlassablement tout cet assemblage d'êtres sans l'intervention de leur volonté, par le seul pouvoir de l'essence matérielle (1). [9] Ces oeuvres ne m'enchaînent pas, ô conquérant de la fortune, car je suis pareil à celui qui reste indifférent, sans attacher d'intérêt à ces œuvres. [10] Sous ma direction, la nature produit l'univers animé et inanimé ; c'est par ce processus, ô fils de Kuntî, que sont causées les révolutions de l'univers.

[11] « Les hommes abusés, étrangers à ma véritable nature, celle du Seigneur de toutes choses, me méprisent dans la forme humaine. [12] Leurs espoirs sont vains, ils sont égarés dans l'action, la raison et la connaissance et tendent vers des principes démoniaques et trompeurs (2). [13] Mais ceux dont l'âme est grande, et qui participent de la nature divine, m'honorent sans jamais se laisser distraire, sachant que je suis le principe impérissable de toute chose. [14] Fermes dans des voeux inviolables, ils m'honorent, me proclamant partout et s'inclinant devant moi. [15] D'autres, par le sacrifice de la connaissance, m'honorent de façons diverses, en tant qu'indivisible, en tant que divisible, ou comme Esprit de l'univers. [16] Je suis le sacrifice et le rite sacrificiel ; je suis la libation offerte aux ancêtres et je suis les épices ; je suis la formule sacrée et le feu ; je suis la nourriture et le beurre sacrificiel ; [17] je suis le père et la mère de cet univers, le procréateur originel et le préservateur ; je suis le Saint, l'objet de la connaissance, la syllabe mystique purificatrice OM, le Rig, le Sâman, le Yajur et tous les Veda. [18] Je suis le but, le Consolateur, le Seigneur, le Témoin, le lieu de repos, l'asile et l'Ami ; je suis l'origine et la dissolution, le réceptacle, le dépôt et l'éternelle semence. [19] Je produis la lumière, la chaleur et la pluie ; j'émets et absorbe tour à tour ; je suis la mort et l'immortalité ; je suis la cause invisible et l'effet visible. [20] Ceux qui sont éclairés dans les trois Veda, en m'offrant des sacrifices et se sanctifiant en buvant du jus de Soma (3), me sollicitent pour obtenir l'accès du ciel ; ils atteignent ainsi la région d'Indra (4) le prince des êtres célestes, et là se repaissent de nourriture céleste et participent à la divine félicité. [21] Ayant joui du vaste ciel pendant une période proportionnée à leurs mérites, ils retombent dans ce monde mortel et renaissent dès que la somme de leurs mérites est épuisée ; ainsi ceux qui aspirent à l'accomplissement de leurs désirs en suivant les Veda obtiennent un bonheur transitoire. [22]   Mais pour ceux qui m'honorent constamment et me considèrent comme identique à tout, je porte le fardeau de la responsabilité de leur bonheur. [23] Et même ceux qui, fermes dans leur foi, adorent d'autres Dieux, par là-même ils m'honorent aussi involontairement, ô fils de Kuntî, bien qu'ils soient dans l'ignorance. [24] Je suis le Seigneur de tous les sacrifices et celui qui en jouit, mais ils ne me comprennent pas en vérité, et pour cette incompréhension ils tombent du ciel. [25] Ceux qui se vouent aux Dieux vont aux Dieux ; les adorateurs des pitri vont aux pitri ; ceux qui adorent les mauvais esprits (5) vont à eux et mes adorateurs viennent à moi. [26] J'accepte en me réjouissant les offrandes de l'âme humble qui, dans son adoration, m'offre d'un cœur pur une feuille, une fleur, un fruit, ou de l'eau claire. [27] Quoi que tu fasses, ô fils de Kuntî, tu manges ou tu sacrifies, quoi que tu donnes, quelle que soit ta mortification, fais m'en offrande. [28] Ainsi tu seras délivré des expériences heureuses et malheureuses qui sont les liens de l'action ; le cœur attaché au renoncement et à la pratique de l'action, tu parviendras à moi. [29] Je suis le même pour toutes les créatures ; je ne connais ni haine, ni préférence ; mais ceux qui me servent avec amour demeurent en moi et moi en eux. [30] Même l'homme le plus égaré, s'il me vénère avec une consécration exclusive, doit être considéré comme juste, car il a bien jugé. [31] L'âme d'un tel homme devient bientôt vertueuse et obtient le bonheur perpétuel. Je jure, ô fils de Kuntî, que celui qui m'honore ne périt jamais. [32] Même ceux qui seraient nés de la matrice du péché, les femmes (6) les Vaishya et les Shûdra (7), s'ils prennent refuge en moi, suivront le sentier le plus haut. [33] Combien plus sûrement encore les saints Brâhmanes et les fidèles de race royale (8) ! Ayant obtenu ce monde limité et privé de joies, honore-moi. [34] Sers-moi, fixe ton cœur et ton mental sur moi, sois mon serviteur, mon adorateur, prosterne-toi devant moi et ainsi, uni à moi, en repos, tu viendras à moi. »

Ainsi, dans l'UPANISHAD nommée la Sainte BHAGAVAD-GÎTÂ, dans la Science de l'Esprit Suprême, dans le livre de la Consécration, dans le colloque entre Krishna, le Saint Instructeur, et Arjuna, est exposé le neuvième chapitre intitulé :

LA CONSÉCRATION
PAR LA SCIENCE ROYALE
ET LE SOUVERAIN MYSTÈRE

Notes du chapitre 9

  • (l) C'est-à-dire par la vertu de « prakriti » .
  • (2) C'est-à-dire qu'ils tendent vers la nature des Asura et des Rakshasa » — une classe d'élémentaux mauvais : selon certains, ces hommes participeraient « du caractère des constituants les plus inférieurs de la nature » .
  • (3) Boire du jus de Soma à la fin d'un sacrifice est considéré par les Hindous comme un acte de grand mérite et correspond à la communion du vin dans les religions chrétiennes.
  • (4) « La région d'Indra » est la sphère la plus haute parmi les sphères célestes. C'est le devachan de la littérature théosophique ; Indra est le prince des êtres célestes qui séjournent dans l'état deva-sthâna.
  • (5) Ces mauvais esprits sont les bhûta ou les soi-disant esprits des morts (les « coques » ) révérés ou recherchés dans les séances spirites.
  • (6) Ce passage peut sembler étrange à ceux qui sont nés dans la chrétienté et paraître témoigner de la dureté des sages hindous à l'égard des femmes ; cependant, un passage analogue, et même plus dur, se trouve dans la Bible, l Tim. 2, 11-15 : d'après ce passage, la femme sera sauvée par son mari et doit lui être subordonnée.
  • (7) Les Vaishya et les Shûdra sont les deux castes inférieures, celle des marchands et celle des serviteurs.
  • (8) En sanskrit : Râjarshi (N.d.T.)

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