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"La Bhagavad-Gita", Table des Matières, Préface

Livre de la Consécration

Dialogue entre KRISHNA
Seigneur de la Consécration
et ARJUNA
Prince des Indes

du sanskrit par WILLIAM Q. JUDGE

Traduction de l'anglais
Nouvelle édition, 2000
TEXTES THÈOSOPHIQUES
Paris

Recherche dans les pages web de La Bhagavad-Gita

Table de Matières

  • Préface
  • CHAP. 1 : Le découragement d'Arjuna
  • CHAP. 2 : La consécration par l'application aux doctrines spéculatives
  • CHAP. 3 : La consécration par le juste accomplissement de l'action
  • CHAP. 4 : La consécration par la connaissance spirituelle
  • CHAP. 5 : La consécration par le renoncement à l'action
  • CHAP. 6 : La consécration par la maîtrise de soi
  • CHAP. 7 : La consécration par le discernement spirituel
  • CHAP. 8 : La consécration à l'Esprit omniprésent appelé OM
  • CHAP. 9 : La consécration par la science royale et le souverain mystère
  • CHAP. 10 : La consécration par les perfections divines universelles
  • CHAP. 11 : Vision de la forme divine incluant toutes les formes
  • CHAP. 12 : La consécration par la foi
  • CHAP. 13 : La consécration par la distinction entre Kshetra et Kshetrajña
  • CHAP. 14 : La consécration par la séparation des trois qualités
  • CHAP. 15 : La consécration par la connaissance de l'Esprit Suprême
  • CHAP. 16 : La consécration par le discernement entre les natures divine et démoniaque
  • CHAP. 17 : La consécration en rapport avec les trois sortes de foi
  • CHAP. 18 : La consécration en rapport avec le renoncement et la libération finale

Préface

La Bhagavad-Gîtâ est un épisode du Mahâbhârata, écrit, dit-on, par Vyâsa. On ignore qui est ce Vyâsa et quand il vécut.

Voici la version donnée par J. Cockburn Thomson, dans sa traduction de la Bhagavad-Gîtâ : « Le Mahâbhârata, comme le savent tous ceux qui étudient le sanskrit, est la grande épopée de l'Inde ; elle semble correspondre par sa popularité et son extension à l'Iliade des Grecs. Le thème de l'œuvre entière est une certaine guerre entre deux branches de la même tribu descendant de Kuru, pour la souveraineté de Hastinâpura ; on identifie généralement cette ville à la Delhi moderne. La branche aînée, celle des Kuru, porte le nom de la tribu entière ; la branche cadette porte le nom patronymique de Pându, le père des cinq chefs principaux.

« La description de cette guerre entre les Kuru et les Pândava prend près de vingt mille slokas, c'est-à-dire le quart de l'œuvre entière telle que nous la possédons actuellement... Afin de pouvoir bien comprendre les allusions du poème (la Bhagavad-Gîtâ) il est indispensable d'avoir un aperçu de l'histoire antérieure de la tribu ; nous allons donc tenter de l'exposer brièvement.

« Sur le nom de Kuru nous ne savons que peu de chose, mais suffisamment pour prouver qu'il est d'une grande importance. On ne peut le faire dériver d'aucune racine sanskrite, et, d'autre part, il n'a pas, contrairement à beaucoup de noms hindous, l'apparence de fournir une explication du caractère de la personne ou des personnes qu'il désigne. Il est par conséquent très probable qu'il s'agit d'un nom d'une antiquité considérable, apporté par les Aryens, de l'Asie Centrale, foyer originel de la race. Sa signification en sanskrit est quadruple. C'est d'abord le nom du quartier du monde, ou dvîpa, situé, dit-on, entre la chaîne la plus septentrionale des montagnes neigeuses et la mer polaire. C'est en outre le nom du plus septentrional des neuf varsha du monde connu. Parmi les longues généalogies de la tribu elle-même, ce nom est identifié à celui d'un ancien roi, son fondateur. Il désigne enfin une tribu aryenne dont l'importance fut assez considérable pour avoir pu troubler par ses factions toute l'Inde septentrionale, et faire de ses batailles le thème de la plus longue épopée des temps anciens.

« Prenant tous ces faits en considération, nous serions portés à conclure que ce nom était à l'origine celui d'une race habitant l'Asie Centrale au-delà de l'Himâlaya ; avec d'autres races qui l'accompagnèrent dans son émigration vers le nord-ouest de la péninsule, elle fonda définitivement sur le territoire conquis le grand peuple qui se donna le nom général d'Aryen — ou le noble — pour se distinguer des indigènes asservis par lui.

« À l'époque où se déroule l'action du Mahâbhârata, cette tribu vivait sur un territoire — ou Doab — compris entre les rivières Jumna et Sursuti, et leur domaine particulier était appelé Kurukshetra, ou plaine des Kuru. Hastinâpura en était la capitale et, à une époque indéterminée, il y régnait un roi nommé Vichitravîrya. Il était fils de Shantanu et de Satyavati ; Bhîshma et Krishna Dvaipayana, le Vyâsa, étaient ses demi-frères ; le premier était le fils de son père, le second celui de sa mère. Il épousa deux sœurs, Ambâ et Ambâlikâ, mais étant mort peu après son mariage ne laissa pas de descendants ; son demi-frère, le Vyâsa, mû de divine compassion, épousa ses veuves (*), dont il eut deux fils, Dhritarâshtra et Pându. Le premier eut cent fils, dont Duryodhana était l'aîné. Le second épousa d'abord Prithâ, ou Kuntî, fille de Shûra, et ensuite Mâdrî. Les cinq princes Pândava étaient les fils de ces épouses ; mais comme leur père mortel avait été frappé de stérilité par la malédiction d'un cerf au cours d'une chasse, leurs enfants furent mystiquement engendrés par différentes divinités. C'est ainsi que Yudhishthira, Bhîma et Arjuna étaient les fils de Prithâ, engendrés respectivement par Dharma, Vâyu et Indra. Nakula était fils de Mâdrî et de Nâsatya, l'aîné des jumeaux Ashvin — les médecins des Dieux — et Sahadeva eut pour père Dasra, le cadet. Cette histoire semble être une fiction imaginée pour attribuer une origine divine aux cinq héros du poème ; quoi qu'il en soit, Duryodhana et ses frères sont les chefs des Kuru, ou branche aînée de la tribu, et les cinq princes Pândava, les chefs de la branche cadette, celle des Pândava.

« Dhritarâshtra était aveugle mais, bien qu'il fût rendu de la sorte incapable de gouverner, il conserva le trône, laissant à son fils Duryodhana le soin de diriger réellement les affaires de l'État... Duryodhana finit par persuader son père de bannir ses cousins, les princes Pândava. Après de longs pèlerinages et des misères sans nombre, ces princes rassemblèrent leurs amis autour d'eux, formèrent une grande armée avec l'aide de nombreux rois voisins, et se préparèrent à attaquer leur injuste oppresseur qui avait également rassemblé ses forces.

« La rencontre des armées ennemies a lieu dans la plaine des Kuru. Bhîshma, demi-frère de Vichitravîrya, étant le plus âgé parmi les guerriers, commande le parti des Kuru ; Bhîma, le second fils de Pându, célèbre par sa force et ses prouesses, est le général de l'autre parti (celui d'Arjuna). Le champ de bataille est maintenant la scène de notre poème et le restera pendant tout son développement. Afin de présenter au lecteur les principaux chefs de chaque armée, le récit montre Duryodhana s'approchant de Drona, son précepteur militaire, pour les lui énumérer. Bhîshma, le général Kuru, lance soudain le défi en soufflant dans sa conque ; il est suivi par tous les siens. Son défi est relevé par Arjuna qui se tient dans le même char que le dieu Krishna ; ce dernier, mû de compassion pour les persécutions souffertes par Arjuna, était devenu son ami intime et assumait le rôle de conducteur de son char. Il est suivi par tous les généraux des Pândava. Une volée de flèches de part et d'autre donne le signal du combat ; mais, quand Arjuna s'en aperçoit, il prie Krishna de conduire le char dans l'espace séparant les deux armées, afin d'observer les lignes ennemies. Le dieu s'y prête et désigne dans leurs rangs les nombreux parents de son ami. Frappé d'horreur à l'idée de commettre un fratricide en abattant ses proches, Arjuna rejette son arc et ses flèches, déclarant qu'il préfère être tué sans défense que de combattre contre eux. Krishna répond par les arguments qui constituent les doctrines didactiques et philosophiques de l'œuvre et s'efforce de lui démontrer l'erreur d'une pareille résolution. Arjuna est définitivement persuadé. Le combat se poursuit et les Pândava battent leurs adversaires. »

Cette citation de l'édition de Thomson offre à celui qui étudie la Gîtâ un aperçu rapide sur l'aspect plus ou moins mythologique et allégorique du poème ; mais si l'on considère l'histoire du Mahâbhârata comme celle du développement évolutif de l'homme, ainsi qu'il me semble logique de le faire, l'ensemble de l'œuvre pourra être transposé au-dessus du plan de la fable et l'on aura alors un exposé sommaire de cette évolution.

Ainsi, du point de vue théosophique, le roi Dhritarâshtra symbolise le corps humain acquis par la monade immortelle afin qu'elle puisse accomplir son voyage évolutif; cette enveloppe mortelle est créée au moyen de tanhâ, ou soif de vie. Ce roi est aveugle parce que le corps sans facultés intérieures n'est que matière inanimée, donc « privé de la capacité de gouverner » . Le Mahâbhârata nous montre un autre individu comme gouverneur de l'État, le roi officiel étant le corps : Dhritarâshtra. Suivant le concept théosophique enseignant qu'une double ligne d'évolution est en nous, les Kuru, dont traite le poème, représentent l'aspect le plus matériel, tandis que les princes Pândava, dont Arjuna fait partie, symbolisent le côté spirituel du courant; Arjuna représente donc l'Étincelle immortelle.

Subba Row, le savant Brahmane théosophe, dit dans ses « Notes on the Bhagavad-Gîtâ » (cf. The Theosophist, vol. 8, page 299) : « Krishna était censé représenter le Logos... et Arjuna, nommé Nara, la monade humaine. » Nara signifie aussi Homme. La prétendue origine céleste des deux branches de la famille, les Kuru et les Pândava, est en parfait accord avec cette interprétation ; le corps, ou Dhritarâshtra, étant purement matériel et symbolisant le plan inférieur où le développement se produit, les Kuru et les Pândava représentent l'héritage transmis à l'humanité par les êtres célestes auxquels Madame Blavatsky fait si souvent allusion dans la Doctrine Secrète, les Kuru, tendant à la matérialité, les Pândava étant spirituels. Ainsi les Kuru, partie inférieure de notre nature développée la première, obtiennent momentanément le pouvoir sur ce plan, et l'un d'entre eux, Duryodhana, « prévaut » ; les Pândava — ou les aspects les plus spirituels de notre nature — sont donc temporairement expulsés du pays, c'est-à-dire éloignés du gouvernement de l'individu. Les « longues migrations et épreuves variées » des Pândava sont les migrations causées par les nécessités de l'évolution avant que les aspects supérieurs puissent prendre sous contrôle la lutte évolutive de l'Homme. Ceci se rapporte également à l'ascension et à la chute cycliques des nations et de la race.

Ce sont ces deux groupes de facultés et de puissances humaines — d'une part, celles qui tendent vers le côté matériel et, de l'autre, celles qui aspirent à l'illumination spirituelle — qui sont représentés par les armées hostiles en présence dans la plaine des Kuru. Cette bataille se rapporte non seulement à la grande guerre poursuivie par l'humanité dans son ensemble, mais aussi à la lutte qui devient inévitable aussitôt qu'une unité de la famille humaine prend la résolution de se laisser guider par sa nature supérieure. En prenant donc en considération les suggestions de Subba Row, nous voyons qu'Arjuna, surnommé Nara, représente non seulement l'Homme, en tant que race, mais aussi tout individu décidé à entreprendre la tâche de développer sa nature supérieure. L'expérience d'Arjuna décrite dans le poème sera donc inévitablement vécue par quiconque suivra le même chemin. Il verra se dresser devant lui l'opposition des amis, de toutes ses habitudes acquises, et de ce qui provient naturellement des tendances héréditaires ; sa réussite, ou son échec, dépendra de la manière dont il prêtera l'oreille à Krishna, le Logos, qui brille et parle intérieurement. À l'aide de ces suggestions, celui qui étudie la Gîtâ trouvera que le sens mythologique et allégorique donné par Thomson et d'autres auteurs est important et non un simple ornement superflu et trompeur comme certains le pensent.

La seule édition de la Bhagavad-Gîtâ accessible aux étudiants théosophes dont les crédits sont limités était celle publiée à Bombay par Frère Tookaram Tatya (M.S.T.) (#) dont les efforts dans ce sens méritent les plus grandes louanges. Mais cette publication n'était qu'une réédition de la première traduction anglaise faite par Wilkins il y a 100 ans. Les nombreuses erreurs typographiques et les interprétations obscures, si fréquentes dans la réédition de Wilkins, ainsi que la grande importance accordée récemment à la Bhagavad-Gîtâ par tous les membres de la Theosophical Society en Amérique imposaient une nouvelle édition. C'est pour répondre à ce besoin que la présente publication a été faite. Elle est le résultat d'une comparaison minutieuse de toutes les éditions anglaises ; chaque fois que les différentes interprétations consultées faisaient apparaître une obscurité ou une omission évidente, le passage douteux a été intégralement retraduit de l'original.

Les mérites de la Bhagavad-Gîtâ se suffisant à eux-mêmes, il n'a pas été ajouté le moindre commentaire, afin de laisser à chaque chercheur le soin d'en approfondir le sens au fur et à mesure qu'il progresse. L'auteur de cette édition est d'avis que le poème peut être interprété de plusieurs façons, selon le point de vue adopté, soit comme se rapportant à l'individu, à la cosmogénèse, à l'évolution du monde astral ou aux Hiérarchies dans la Nature, soit encore à la nature morale, et ainsi de suite. Y joindre le moindre commentaire serait audacieux, à moins qu'il ne soit d'un sage tel que Shankarâchârya ; le poème est donc donné sans altération.

La Bhagavad-Gîtâ tend à inculquer deux choses à l'individu : d'abord, l'oubli de soi, puis l'action. De l'étude de ce poème et de son application à la vie naîtra la croyance qu'il y a un seul Esprit et non plusieurs ; que nous ne pouvons pas vivre pour nous seuls, mais devons arriver à réaliser qu'il n'y a pas de séparativité et qu'on ne peut se soustraire au karma collectif de la race à laquelle on appartient et, finalement, que nous devons penser et agir conformément à cette croyance.

Ce poème est tenu dans la plus haute estime par toutes les sectes de l'Hindoustan, musulmanes et chrétiennes mises à part. Il a été traduit en plusieurs langues, tant asiatiques qu'européennes, et il est actuellement lu dans le monde entier par des centaines de théosophes sincères. C'est à ces derniers, ainsi qu'à tous ceux qui aiment réellement leurs semblables et aspirent à apprendre et à enseigner la science de la consécration que cette édition de la Bhagavad-Gîtâ est offerte.

WILLIAM Q. JUDGE
New York, octobre 1890.

Notes

  • (#) Membre de la Société Théosophique (N.d.T.).
  • (*) [Note des éditeurs : Dans la longue citation empruntée à J. Cockburn Thomson par W.Q. Judge, deux informations incorrectes seraient à rectifier comme il suit (p.X) : 1° - Le nom de la première sœur épousée par Vichitravirya était Ambikâ, et non Ambâ. Cette dernière ayant voué une haine mortelle à Bhisma, se réincarna plus tard comme Shikhandin (un guerrier cité dans la Bhagavad-Gîtâ, p.5) qui contribua effectivement à la perte du grand héros. 2° - Le Vyâsa épousa non pas la veuve de son demi-frère mais les deux sœurs (Ambikâ et Ambâlikâ), qui donnèrent naissance l'une à Dhritarâshtra et l'autre à Pându.]

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