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  • Disciples, Pélerinage et Karma

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Échos de l'Orient (3)

[Les chapitres 13 à 17 sont ci-dessous]

Chapitre 13

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L'entraînement imposé au disciple par les instructeurs de l'école à laquelle appartiennent les Adeptes théosophes est très particulier et ne s'accorde pas avec les idées modernes qui prévalent en matière d'enseignement. Dans un certain sens, c'est une illustration spéciale du pèlerinage que l'on fait à un lieu sacré - si commun en Inde - mais ici, la divinité du sanctuaire qui est le but du
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voyage, c'est l'âme elle-même, car, pour ces Adeptes, l'existence de l'âme est l'un des premiers principes à considérer.

En Orient, la vie de l'homme est envisagée comme un pèlerinage, non seulement du berceau à la tombe, mais aussi durant l'immense période qui couvre des millions et des millions d'années, depuis le commencement jusqu'à la fin d'un manvantara(52), ou période d'évolution : l'homme étant tenu pour un être spirituel, la continuité de son existence n'est jamais interrompue. Les nations et civilisations naissent et croissent, vieillissent et déclinent, pour finalement disparaître; mais l'être survit, témoin des innombrables changements de milieu. À partir du grand Tout, jaillissant comme une étincelle du feu central(53), il récolte des expériences dans tous les âges et sous toutes les conditions de gouvernements, civilisations et coutumes, en poursuivant sans cesse son pèlerinage vers le sanctuaire d'où il est venu. Il est tantôt le maître, tantôt l'esclave; aujourd'hui, au sommet de la richesse et de la puissance, demain, au bas de l'échelle, plongé peut-être dans une misère abjecte, mais toujours le même être. Pour symboliser cela, toute l'Inde est parsemée de sanctuaires sacrés auxquels on va en pèlerinage; et c'est le vœu de chacun, dans ce pays soi-disant ignorant, de faire ce genre de voyage, au moins une fois avant de mourir, car nul n'a
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rempli parfaitement ses devoirs religieux dans la vie s'il n'a pas visité de tels lieux sacrés.

À cela, l'une des grandes raisons données par ceux qui en comprennent la signification intérieure c'est que ces lieux de pèlerinage sont des centres de force spirituelle d'où rayonnent des influences ennoblissantes que ne peut percevoir le voyageur mangeur de viande et buveur de vin. En fait, il y a bien des gens qui soutiennent que, dans la plupart de ces lieux fameux de pèlerinage, se trouve un Adepte du même ordre que celui auquel appartiendraient les Adeptes théosophes, et qui est toujours prêt à allouer, sur le plan spirituel, une part de vision intérieure et d'aide à l'homme au coeur pur qui peut s'y rendre. Naturellement, il ne se fait pas reconnaître des gens: ce n'est pas du tout nécessaire, et cela pourrait l'obliger à aller s'établir ailleurs. Des superstitions sont nées à partir de ce qui a été enseigné sur les pèlerinages, mais ce n'est pas parce que ces abus ont toutes les chances de se produire dans un âge comme le nôtre qu'on devrait supprimer ces lieux sacrés, car, si les centres spirituels étaient retirés de la carte, les hommes bons qui ne sont pas aveuglés par la superstition ne pourraient plus recevoir l'aide bienfaisante qu'ils peuvent y trouver maintenant.

Ce sont des Adeptes qui ont fondé ces lieux de pèlerinage afin de garder vivace l'idée de l'âme dans le mental des gens, idée que la Science et l'instruction modernes auraient tôt fait de remplacer par l'agnosticisme, si on les laissait s'imposer sans contrôle.

Mais le disciple de l'Adepte sait que le lieu de pèlerinage symbolise sa propre nature, et qu'il lui montre
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comment partir à sa recherche d'une façon scientifique, et comment progresser, par quelles routes, et dans quelle direction(54). Il est censé concentrer dans le champ restreint de quelques existences toute l'expérience et la pratique que l'homme ordinaire mettra d'innombrables incarnations à acquérir. Ses premiers pas, tout comme ses derniers, se font en des lieux difficiles, et souvent dangereux ; à la vérité, «la route monte sans cesse, en lacets escarpés»(55) ; et en s'y engageant, il laisse derrière lui tout espoir de récompense — chose pourtant si commune dans toutes les entreprises. Rien n'est gagné par faveur, mais tout dépend de son mérite réel. Étant donné que le but à atteindre est la capacité de ne dépendre que de soi-même, avec sérénité et clarté de vision parfaites, le disciple est, dès le début, amené à se tenir seul debout; et, c'est là, pour la plupart d'entre nous, une chose difficile, engendrant fréquemment une sorte de désespoir. Les hommes aiment la compagnie, et ne peuvent envisager sans inquiétude la possibilité d'être laissés absolument à eux-mêmes. Ainsi, au lieu de se trouver constamment dans l'ambiance d'une loge peuplée de frères apprentis - comme c'est le cas dans les sociétés secrètes ordinaires de ce monde - il est contraint de voir que, tout comme il est
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entré seul dans le monde, c'est seul qu'il doit apprendre à y vivre, en le quittant plus tard comme il est venu, en la seule compagnie de lui-même. Toutefois, cela n'engendre aucun égoïsme car, comme cet apprentissage passe par une méditation constante sur l'invisible, la connaissance lui vient que la solitude ressentie se limite uniquement au soi inférieur, personnel et terrestre.

Une autre instruction imposée à ce disciple c'est de s'abstenir de tirer gloire de quoi que ce soit, en aucune occasion; d'où la règle à retenir: si un homme parle de ses pouvoirs, en tant qu'Adepte, ou se vante de son progrès sur les plans spirituels, nous pouvons toujours être sûrs qu'il n'est ni Adepte, ni disciple.

Il y a eu ainsi, dans la Société Théosophique, des individus qui ont fait savoir au monde qu'ils étaient au rang d'Adeptes, en fait, ou en étaient fort près, et qu'ils possédaient de grands pouvoirs. En vertu de notre règle, on peut conclure que ces gens n'étaient que des vantards dont les stupides prétentions ne cachaient que leur vanité, avec une connaissance assez éprouvée de la faiblesse aussi bien que de la crédulité de la nature humaine (dont ces gens abusent pour leur profit ou leur plaisir). Mais il existe beaucoup de vrais disciples dans le monde, qui se cachent sous des dehors qui n'attirent pas l'attention. Ils étudient leur propre cœur et celui d'autres hommes(56). Ils n'ont pas de diplômes, mais il y a en eux
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une conscience de l'aide constante apportée par la vraie Loge, et une claire connaissance de ce qu'est cette Loge, qui se réunit dans un réel secret et ne se trouve jamais mentionnée dans aucun annuaire. Toute leur vie n'est qu'une recherche ininterrompue sur la trace de l'âme au vol rapide - elle qui, sous des apparences immobiles, peut aller plus vite que l'éclair; et leur mort n'est qu'un nouveau pas en avant vers une connaissance plus vaste, qui sera gagnée dans des corps physiques meilleurs, au cours d'existences nouvelles.

Chapitre 14

Quant il tourne son regard vers le passé, l'historien du XIXème siècle ne tarde pas à rencontrer un brouillard qui se change bientôt en une obscurité d'encre. Enchaîné en réalité par l'influence d'un dogmatisme ridicule, qui n'accorde que quelque six mille ans de vie sur terre à l'homme, il n'est guère disposé à accepter les anciennes chronologies des Égyptiens et des hindous, et tout en admettant l'hypothèse que d'immenses périodes ont été nécessaires à l'accomplissement des transformations géologiques, il est effrayé par un supplément approximatif de quelques millions d'années à ajouter à la durée pendant laquelle l'humanité a peuplé notre globe. Celui qui étudie la Théosophie n'a cependant aucune raison de douter de ce que déclarent ses instructeurs à ce sujet. Il sait que les périodes d'évolution sont sans fin. On les appelle manvantara,
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parce qu'elles s'étendent entre deux Manu, c'est-à-dire deux «hommes»(57).

Ces périodes(58) peuvent être envisagées comme des vagues se succédant sans fin. Chaque grande période, englobant toutes les évolutions mineures, s'étend sur 311.040.000.000.000 années humaines; sous l'égide d'un seul Manu, s'écoulent 306.720.000 années humaines, et les yuga (ou âges) mineurs, qui nous concernent plus directement, comprennent 4.320.000 années solaires(59). Pendant ces révolutions solaires, les races humaines poursuivent leurs rondes sur notre planète. Les habitants des cavernes, des cités lacustres, les hommes du néolithique ou de tout autre âge, apparaissent et disparaissent mainte et mainte fois et, dans chacune de ces races, nous, qui lisons, écrivons et pensons à leur sujet, avons été nous-mêmes ces Ego dont nous essayons de retrouver le passé.

Mais quand on fouille en profondeur les couches géologiques, on se prend à douter que l'homme ait été le contemporain du plésiosaure, vu qu'on ne découvre aucun fossile du genre homo dans les strates correspondantes. C'est ici que les théories théosophiques interviennent pour fournir la clef du mystère. Elles enseignent en
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effet qu'avant de développer un corps physique quelconque, l'homme s'était revêtu d'une forme astrale; et c'est pourquoi, dans sa Doctrine Secrète [éd. orig. Il, l], H.P.Blavatsky présente comme un point de doctrine «la naissance du corps astral avant le physique, le premier étant le modèle du second». À l'époque des gigantesques animaux antédiluviens, ceux-ci absorbèrent dans leurs corps énormes une telle quantité de la somme totale de matière grossière disponible pour constituer les organismes d'êtres sensibles que l'homme astral resta privé de forme corporelle et ainsi ne se revêtit pas encore de «vêtements de peau»(60). C'est pour cette raison qu'il a pu coexister sur terre avec ces formidables oiseaux et immenses reptiles, sans avoir rien à craindre. Leurs dimensions massives ne lui inspiraient aucune terreur, et l'énorme quantité de nourriture qu'ils absorbaient ne nuisait en rien à sa subsistance. Et comme il était constitué d'une substance ne laissant aucune trace sur l'argile ou la roche plastique, la mort d'un corps astral, succédant à un autre, ne laissa aucun fossile ni aucune marque que nous puissions ramener au jour, en compagnie des reptiles et des oiseaux qui furent ses contemporains.

Pendant tout ce temps, l'homme était en train d'acquérir le pouvoir de se revêtir d'un organisme dense. Il rejeta corps astral après corps astral, dans sa progression incessante, chaque effort lui donnant un peu plus de densité. Puis il commença, pour ainsi dire, à projeter une ombre; et le vaste et pesant monde animal (comme d'autres règnes également) commença à se ressentir de
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plus en plus des effets exercés sur lui par l'homme naissant. Au fur et à mesure que celui-ci se densifiait, les animaux se mirent à diminuer de taille, mais ses restes ne purent laisser de traces dans aucune couche de terrain tant que son corps manqua de la consistance suffisante. Nos anthropologues modernes n'ont pas encore découvert à quelle époque ceci se produisit. Ils sont prompts à énoncer des conclusions définitives mais, aussi savants qu'ils soient, il y a des surprises qui les attendent, dans un avenir qui n'est pas si lointain.

Ainsi, tandis que dans leurs fouilles nos chercheurs mettent à jour, de temps en temps, des restes d'animaux, d'oiseaux et de reptiles dans des strates bien antérieures à l'époque assignée, d'une manière ou d'une autre, à la race humaine, ils n'y découvrent jamais aucun squelette de notre espèce. Comment l'homme aurait-il pu laisser une trace de son existence, à un stade où il ne pouvait pas encore se mouler dans l'argile, ou s'enrober dans la lave molle ou des masses de poussière volcanique? Je ne veux pas dire, cependant, que l'époque du plésiosaure est celle de l'homme muni d'un corps astral privé d'enveloppe matérielle. La question de la période exacte peut bien être reportée à un exposé plus complet; ce qui précède vise seulement à attirer l'attention sur la loi, et à expliquer l'absence de restes humains dans les très anciennes couches géologiques. Toutefois, les Adeptes théosophes insistent sur ce fait: il reste encore, dans la terre, des ossements qui reportent la première apparition de l'homme dans un corps dense bien des millions d'années avant la période admise jusqu'à présent, et ces fossiles humains seront
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découverts par nous avant que beaucoup de temps ne se soit écoulé.

L'une des premières conséquences de ces découvertes sera de renverser complètement ce que je pourrais appeler la théorie de la succession des âges qui est enseignée et acceptée actuellement, ainsi que l'appréciation des diverses civilisations qui ont disparu de la face du globe - et dont les témoins n'ont laissé aucune trace, sinon dans notre constitution intérieure, vu que, d'après les Adeptes théosophes, nous sommes nous-mêmes ces êtres (occupant aujourd'hui des corps différents) qui vécurent, aimèrent et moururent sur notre planète, il y a si longtemps. En ces temps-là, nous avons commencé à créer du karma et, depuis lors, nous en subissons toujours l'influence. Cette doctrine si importante de karma méritera, me semble-t-il, d'être reprise à une autre occasion, pour un examen plus approfondi.

Chapitre 15

La doctrine orientale de la récompense et de la punition de l'Ego humain est très différente de l'idée théologique acceptée dans toute la chrétienté, car les brâhmanes et les bouddhistes fixent sur notre terre le lieu de la récompense et de la compensation, tandis que les chrétiens placent le «tribunal de Dieu» dans l'au-delà. Il n'y aurait guère d'avantage à s'arrêter à discuter sur une base logique avec ceux-ci; qu'il suffise de leur signaler les
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paroles de Jésus, de saint Matthieu et du Psalmiste. «De la même mesure dont vous aurez mesuré, on vous mesurera»(61) a dit Jésus; et Matthieu(62) a déclaré que nous aurions à répondre de chaque parole, acte et pensée, tandis que David, le royal poète, a chanté que ceux qui servaient le Seigneur n'auraient jamais à mendier leur pain(63). Nous savons tous que les deux premières affirmations liquident l'idée de la rémission des péchés; quant à celle qu'a célébrée le chantre juif, elle est démentie chaque jour dans toutes les villes des deux hémisphères.

Parmi les bouddhistes de Ceylan, la doctrine s'appelle kamma [en pâli]; chez les hindous, c'est karma [en sanskrit]. Envisagée sous son aspect religieux, ce sont «les actions, bonnes et mauvaises qu'accomplissent les êtres conscients, par l'influence ou l'effet infaillible desquelles ils reçoivent, selon ce qu'ils méritent, leur due récompense ou punition, dans l'un ou l'autre des états d'être»(64). Quand un individu meurt, il émet, pour ainsi dire, une masse de force ou d'énergie qui ira constituer la nouvelle personnalité quand il se réincarnera. Dans cette énergie se trouve accumulée la somme totale de la vie qui vient d'être abandonnée, et c'est par ce moyen que l'Ego est amené, de façon obligée, d'une part à revêtir un corps déterminé, et d'autre part à naître dans un environnement
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approprié, toutes ces conditions constituant les moyens servant à exécuter les décrets karmiques.

Ainsi, l'enfer n'est pas une localité ou une condition mythique posthume, dans quelque région inconnue, et spécialement prévue par le Tout-Puissant pour y punir ses enfants, mais c'est, dans la plus stricte vérité, notre globe(65), car c'est sur terre, au cours d'existences terrestres expérimentées dans des corps humains, que nous sommes punis des actes mauvais accomplis jadis, et que nous recevons le bonheur et la joie comme récompenses de notre mérite passé(66).

Quand on voit, comme cela se rencontre si souvent, un brave homme souffrant beaucoup en cette vie, on se pose naturellement la question: «Karma y est-il pour quelque chose, et est-ce juste que cette personne soit affligée
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de la sorte?» Pour ceux qui croient en karma, c'est tout à fait juste, car cet homme a dû accomplir dans une vie antérieure certains actes qui méritent aujourd'hui une telle punition(67). De même aussi, l'homme méchant qui est à l'abri de la souffrance, heureux et prospère, le doit à ce que, dans une existence passée, il a été mal traité par ses semblables, ou qu'il a beaucoup souffert. Et la justice parfaite de karma est encore bien illustrée dans son cas: même s'il se trouve actuellement favorisé par le sort, sa méchanceté est en train de produire des causes qui, lorsqu'il renaîtra, entreront alors en action pour le punir du mal qu'il fait à présent.

Certains peuvent supposer que l'Ego devrait être puni après la mort, mais une telle conclusion n'est pas logique. Car les mauvaises actions commises ici-bas, sur le plan objectif, ne pourraient pas, selon une quelconque logique scientifique ou morale, être punies sur un plan qui est purement subjectif. Et c'est la raison pour laquelle tant de gens réfléchis, jeunes et vieux, ont rejeté avec indignation la doctrine d'un feu de l'enfer où l'on serait éternellement puni des péchés commis sur terre. Même s'ils sont incapables d'en formuler la raison en termes métaphysiques, ils leur est apparu instinctivement qu'il serait impossible de transférer la scène de la réparation des torts en un autre endroit que celui où précisément le péché avait été commis et la confusion engendrée.

Quand les disciples de Jésus lui demandèrent si l'homme né aveugle était venu
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sur terre affligé de la sorte pour quelque péché dont il aurait été coupable(68), ils avaient en pensée cette doctrine du karma, comme tout hindou ou bouddhiste qui voit l'un de ses semblables paralysé, infirme, ou privé de la vue. La théorie exposée sommairement ci-dessus, selon laquelle l'individu, en mourant, émet de lui-même les éléments de la nouvelle personnalité [terrestre], qui va demeurer en suspens, pour ainsi dire, jusqu'au moment où l'Ego devra revenir sur terre en quête d'un nouveau corps, illustre une loi générale qui agit dans beaucoup d'autres cas que la naissance ou la mort d'un être. C'est par elle que les théosophes expliquent le rapport existant entre la lune et la terre. Ainsi, ils considèrent la lune comme la planète sur laquelle nous avons vécu(69) avant de venir sur terre et cela, avant que celle-ci existât sous quelque forme que ce soit: lorsque mourut ce que nous appelons maintenant notre satellite, toute l'énergie qu'il contenait se trouva projetée dans l'espace pour y demeurer comme une sorte de tourbillon unique, jusqu'au moment où un nouveau corps - notre terre - devait être fourni à cette énergie; de la même façon, cette loi dirige les hommes dont chacun est une unité du vaste agrégat connu parmi les théosophes avancés comme le grand Manu(70) Les hommes (dont l'enveloppe matérielle tire son
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origine de la lune) doivent suivre la loi de cette origine, et c'est pourquoi le prêtre bouddhiste cité plus haut déclare: «À la mort d'un être, rien de lui-même ne va dans l'autre monde pour sa renaissance future; mais en vertu de la capacité, ou (pour employer une expression plus imagée) du rayon d'influence qu'émet kamma, un être nouveau est produit dans l'autre monde, très semblable à celui qui est mort», car, dans cet «être nouveau» se trouve retenue toute la vie du décédé. Le terme «être», qui lui est appliqué, pourrait nous faire supposer qu'il est doué de certaines qualités. Il s'agit, plus correctement, d'une masse d'énergie privée de conscience, et chargée des désirs de la personne dont elle est émanée; et il lui appartient en propre d'attendre le moment du retour [à l'incarnation] de l'individualité, et de former pour celle-ci le nouveau corps dans lequel elle éprouvera joie ou souffrance. C'est ainsi que chaque homme est son propre créateur, selon les grandes lois cosmiques qui gouvernent toutes les créations. Un meilleur terme pour «création» est «évolution», car nous sommes engagés, de vie en vie, dans un processus consistant, à l'aide des matériaux fournis dans ce manvantara, à évoluer ou élaborer des corps nouveaux, à chaque tour de la roue des renaissances. Les instruments que nous employons dans ce travail sont le désir et la volonté. Le désir incite la volonté à se fixer sur la vie objective; dans ce plan, il fait surgir la force et c'est d'elle que provient la matière sous sa forme objective.

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Chapitre 16

De très nombreux Occidentaux disent que cette doctrine orientale de karma est difficile à comprendre et n'est à la portée que des gens instruits et réfléchis. Mais en Inde, dans l'île de Ceylan, et en Birmanie, sans mentionner d'autres pays asiatiques, toutes les masses populaires l'acceptent et semblent la comprendre. La raison en est due probablement au fait que ces hommes croient fermement aussi à la réincarnation, qu'on peut appeler la doctrine jumelle de karma. Effectivement, l'une ne peut être abordée convenablement sans tenir compte de l'autre, car karma - qu'on l'envisage comme punition ou récompense - ne pourrait avoir aucune action juste et réelle sur l'Ego si la réincarnation ne lui fournissait les moyens d'opérer.

Tout ce que nous avons mérité nous est alloué pendant que nous sommes associés avec nos semblables, dans cette vie, et non alors que nous sommes seuls ou à l'écart des autres. En supposant que l'on puisse appeler récompense le fait d'être élevé au pouvoir dans une nation, ou de s'enrichir, l'expérience perdrait toute valeur s'il n'y avait pas des gens à gouverner, ni d'êtres humains associés à nous, en compagnie de qui et pour qui dépenser notre fortune, et capables de nous aider à satisfaire nos multiples désirs. C'est ainsi que la loi de la réincarnation nous renvoie sur terre, vie après vie, en ramenant avec nous, d'innombrables fois, les divers Ego que nous
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avons connus dans des existences passées. Cela afin que le karma - ou l'ensemble des causes - généré en compagnie de ces Ego, puisse s'épuiser, car ce serait une chose aussi impossible qu'injuste de nous jeter séparément dans un enfer inconnu pour y recevoir un genre quelconque de punition, ou de nous élever dans un incroyable ciel d'opérette, pour y trouver notre récompense. Par suite, aucun meurtrier que l'on vient de pendre ne peut échapper aux conséquences de son acte, même s'il a reçu l'absolution d'un prêtre pour avoir loué Jésus avant de mourir. Il devra revenir sur terre, en compagnie de sa victime, chacun pour aider l'autre à rétablir l'harmonie rompue, ce processus amenant chacun à faire les justes compensations nécessaires. Avec cette doctrine, nous rétablissons ainsi la justice à la place qui lui revient dans le gouvernement des hommes: si l'on oublie karma, le meurtre légal du criminel après sa condamnation n'est qu'un demi-remède, du fait que l'État ne prend pas en compte le sort de la victime projetée hors de son corps, ni de ceux qu'elle a pu laisser après elle et qui dépendaient d'elle. Et rien non plus n'est fait pour les membres de la famille du meurtrier qui lui survivent.

Mais les Sages théosophes de tous les âges étendent la portée de la doctrine de karma au-delà de sa simple influence sur les hommes incarnés. Ils considèrent que tous les mondes sont liés entre eux et gouvernés par karma. Comme le dit l'ancien livre hindou, la Bhagavad-Gîtâ, «tous les mondes, jusqu'à celui de Brahmâ, sont soumis à karma»(71). II agit donc sur tous les plans. En l'envisageant
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ainsi, ces sages disent que notre monde, tel qu'il est conditionné actuellement, est le résultat direct de ce qu'il était devenu au commencement du pralaya(72), ou de la grande mort, qui se produisit il y a des milliards et des milliards d'années. L'idée est ici que le monde évolue de la même façon que l'homme. Il naît, croît et vieillit, meurt et se réincarne. Cela se répète de nombreuses fois et, durant ces incarnations, il souffre et se réjouit à sa façon, en conséquence de ses évolutions antérieures. Pour lui, la récompense consiste en un avancement plus poussé dans le sens évolutif, et sa punition est un état dégradé. Naturellement, comme je l'ai dit dans un article précédent, ces divers états ont l'homme pour cause et pour objet, car il est le couronnement de toute évolution. Ensuite, redescendant de ces hautes considérations sur les phénomènes grandioses et les immenses espaces cosmiques, le théosophe apprend à appliquer ces lois de karma et de réincarnation à chaque atome du corps en particulier, et indépendamment du karma total. Étant donné que nous sommes constitués par un ensemble considérable de vies, nos pensées et nos actes ont un impact sur ces atomes ou ces vies, et y impriment un karma qui leur est propre. Comme le disent les penseurs orientaux: «II ne se passe pas un moment sans que des êtres naissent en nous, y reçoivent une influence de karma, meurent et se réincarnent».

[ PAGE_89 ] II y a trois catégories principales de karma. L'une renvoie au karma qui opère maintenant dans notre vie et dans notre corps actuels, en produisant toutes les conditions, situations et fluctuations de l'existence. Nous en voyons chaque jour des illustrations, avec, de temps à autre, de bizarres cas très exceptionnels qui jettent la plus éclatante lumière sur la doctrine. Un tel exemple a été immortalisé en Inde par l'édification d'un monument que fit construire un fils favorisé de la fortune, comme on pourrait l'appeler. Voici comment les choses se produisirent. Un rajah eut un rêve très étrange, qui l'impressionna si fort qu'il fit appel à ses devins pour en avoir l'interprétation. Ils déclarèrent que, selon leurs horoscopes, le roi devrait, le lendemain matin, remettre une énorme somme d'argent à la première personne qu'il verrait à son réveil, l'intention des augures étant de se présenter eux-mêmes de très bonne heure le jour suivant. Le lendemain, le roi se leva beaucoup plus tôt que de coutume, se dirigea vers sa fenêtre et l'ouvrit: là, sous ses regards, il y avait un chandâla(73) qui balayait la poussière. Il lui donna une fortune et l'éleva ainsi en un instant de la plus sordide misère à l'opulence. Le chandâla édifia un vaste monument pour commémorer sa délivrance soudaine des chaînes douloureuses de la pauvreté.

Un autre genre de karma est celui qui est en réserve et n'agit pas actuellement parce que l'être n'offre pas les moyens appropriés pour l'amener à se manifester. On pourrait le comparer à la vapeur tenue en suspens dans l'atmosphère, invisible pour l'oeil mais prête à se précipiter
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sous forme de pluie sur la terre, dès que les conditions deviennent favorables pour cela.

La dernière classe principale de karma, est celle que nous sommes en train de créer maintenant, et dont nous subirons les effets dans nos futures naissances. Le symbole approprié qui la représente est la flèche lancée en l'air par l'archer.

Chapitre 17

L'Esprit n'est pas affecté par karma, à aucun moment ni en aucune circonstance, c'est pourquoi les Adeptes théosophes n'emploient jamais l'expression «culture de l'Esprit». L'Esprit dans l'homme, appelé par eux Ishvara(74), est immuable, éternel et indivisible - la base fondamentale de tout. Dès lors, ils déclarent que le corps et tous les objets sont impermanents, et par conséquent qu'ils trompent l'âme chaque fois qu'elle les prend pour la réalité. Ils ne sont réels que sur ce plan, et par rapport à lui, et pendant le temps que la conscience s'en saisit ici-bas pour en prendre connaissance. Ils sont donc réels
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d'une façon relative et non absolue. Les rêves nous le prouvent aisément. À l'état de rêve, nous perdons toute connaissance des objets qu'à l'état de veille nous pensions réels, et, dans cette nouvelle condition, nous nous engageons dans des expériences agréables ou désagréables. Nous voyons en rêve la conscience s'appliquer à des objets qui participent, bien sûr, de la nature des expériences de l'état de veille, mais qui produisent en même temps les sensations de plaisir et de douleur pendant le temps qu'ils durent. Imaginons une personne dont le corps serait plongé dans une léthargie pendant vingt ans, tandis que son mental serait pris dans un rêve, agréable ou pénible, et nous aurons une idée de ce qu'est cette vie, totalement différente de la vie d'un être éveillé. Pour la conscience du rêveur, la réalité des objets connus pendant l'état de veille est détruite. Mais comme l'existence matérielle est un mal nécessaire, et la seule par laquelle puisse s'obtenir l'émancipation, ou le salut, elle est de la plus grande importance; c'est pourquoi le karma qui la gouverne, et dont les décrets permettent d'atteindre à l'émancipation, doit être bien compris, puis accepté et obéi.

C'est karma qui agit pour produire un physique difforme ou déficient, pour donner dans un corps sain une disposition au mal et vice versa; c'est lui qui produit les maladies, les blessures et les ennuis, ou apporte les plaisirs et les situations favorables à l'organisme matériel. C'est ainsi que nous rencontrons parfois dans un corps difforme, ou déplaisant, un esprit des plus nobles et des plus éclairés. Dans ce cas, le karma physique est mauvais, et le karma mental favorable.

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Cette dernière situation nous amène à considérer l'espèce de karma qui agit sur le plan mental. En même temps qu'une cause karmique défavorable s'est manifestée dans le corps physique, une autre espèce de karma, d'un genre meilleur, a pu se manifester dans le mental et le caractère, ou jouer pour donner finalement à l'individu un esprit bien équilibré, calme, heureux, profond et brillant. Nous voyons donc qu'il existe un karma purement physique à distinguer d'un karma entièrement mental. Un karma favorable essentiellement physique pourrait provenir, par exemple, du fait d'avoir enlevé d'un trottoir une peau de banane, qui aurait pu faire tomber un inconnu, en lui causant une blessure. Un karma favorable purement mental pourrait être dû à une vie passée dans le calme d'une pensée philosophique, etc.

Dans l'un des livres hindous(75), on trouve une phrase étrange, qui se rapporte à cette partie du sujet: «Les perfections du corps ou les pouvoirs surhumains sont produits par la naissance, les herbes magiques, les incantations, les pénitences ou la méditation».

Parmi les afflictions mentales considérées comme pires que n'importe quelle blessure ou perte physique, se trouve le karma d'une vie précédente qui produit dans la pensée une obscurité telle qu'elle cause la perte de tout pouvoir de concevoir la réalité de l'Esprit, ou de l'existence de l'âme - c'est-à-dire le matérialisme.

Le dernier champ d'action de cette loi peut être désigné comme étant la nature psychique. Nous en trouvons de nombreux exemples en Amérique avec les médiums,
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les clairvoyants, les clairaudients, les sujets extralucides qui lisent les pensées, les illuminés hystériques et quantité d'autres sensitifs anormaux. Selon le système oriental, il n'y aurait pas de voyants de ce genre si ces gens affligés de la sorte - et j'emploie ici, me semble-t-il, le terme correct - n'avaient pas consacré une bonne partie de leurs vies passées à un développement unilatéral de la nature psychique(76), conduisant maintenant à la manifestation de pouvoirs qui font de ceux qui les possèdent des anomalies dans la société.

Une croyance très étrange parmi les hindous veut qu'un mortel ait la possibilité de changer d'état au point de devenir, de l'homme qu'il était, ce qu'on peut appeler un deva(77), ou un dieu mineur. Ils divisent la Nature en plusieurs domaines dans lesquels se trouvent des pouvoirs, ou entités, doués de conscience, appelés deva, pour simplifier. D'ailleurs, cette doctrine ne s'éloigne guère des idées de certains de nos meilleurs hommes de science exprimant l'avis qu'il n'y a pas de raison pour que, dans chaque rayon du spectre solaire, n'existent pas des êtres invisibles à nos yeux. Il y a bien des siècles que le penseur hindou a admis ce fait et, en allant plus loin, a déclaré qu'un homme pouvait, par suite d'un karma particulier, devenir l'un de ces êtres, goûter la jouissance et
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l'affranchissement de tout souci qu'implique cet état, mais avec la certitude, toutefois, de devoir finalement en retomber, pour recommencer la ronde fastidieuse des renaissances(78).

Ce qu'on pourrait appeler la doctrine de la neutralisation du karma est une application dans ce domaine de la loi bien connue en physique qui veut qu'un équilibre résulte de l'application en un même point de deux forces égales et opposées. Il se peut qu'un homme ait dans son compte karmique une cause très défavorable et, en même temps, une cause d'un caractère opposé. Si les deux viennent à s'exprimer en même temps, elles peuvent si bien se contrebalancer qu'aucune des deux ne devienne apparente, et que l'équilibre atteint exprime la résultante des deux. De cette façon, il est facile de comprendre l'enseignement biblique, «L'amour couvre une multitude de péchés»(79), comme se rapportant à l'effet palliatif des actes charitables qui s'opposent aux actes de méchanceté, ce qui explique l'attitude du chevalier du Moyen-âge qui
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vouait quelques années de sa vie à distribuer des aumônes.

Dans la Bhagavad-Gîtâ, un livre universellement révéré en Inde, est accordée la plus haute place à ce qui est appelé karma yoga, ou la Religion de l'Accomplissement des Œuvres et du Devoir. On y lit: «Celui qui n'est pas attaché aux fruits de ses actions, et les accomplit comme il convient, est à la fois un renonçant [un samnyasi] et un consacré [un yogi], non celui qui n'allume pas le feu du sacrifice et n'accomplit aucune cérémonie. (...) Celui qui demeure inactif, en restreignant ses organes d'action, tout en se fixant, avec son cœur, en étant affranchi de tout intérêt dans l'action, s'adonne à une dévotion active à l'aide des organes d'action celui-là est digne de louange»(80).

Notes

  • 52. - [Pour le sens de ce mot, voir Section suivante.]
  • 53. - [Voir Mundaka Upanishad, 2, II:«De même que d'un brasier ardent jaillissent par milliers des étincelles qui gardent la nature du feu, de même (...) de l'Immuable (Akshara) viennent à l'existence toutes les multiples créatures, et c'est en lui aussi qu'elles retournent».]
  • 54. - [Voir à ce sujet l'article de T.Subba Row intitulé «Places of Pilgrimage in India» (=Lieux de pèlerinage en Inde), dans la revue The Theosophist (vol. VIl, p.l et seq).]
  • 55. - [Emprunt au poème «Uphill» (ligne l) de Christina Rossetti, plus d'une fois cité dans la littérature théosophique en rapport avec la voie de la discipline occulte. Voir par exemple l'article «Spiritual Progress» (=Le Progrès Spirituel), publié par H.P.B. dans le Theosophist, mai 1885, pp.187-8, traduit et publié dans le Cahier Théosophique n°106.]
  • 56.-[Ce genre de révélation fracassante devait malheureusement se répéter, en 1925, dans les rangs de la S.T. présidée par Mme Besant, où une pléiade de théosophes déclarèrent avoir atteint le niveau de grands Initiés (Arhats).]
  • 57.-[Voir La Lumière sur le Sentier, 1, règle 16, et 2, règles 10-12.]
  • 58. - [Le mot manvantara est aussi rendu par «période d'un Manu», antara signifiant «contenu intérieur».]
  • 59. - [Pour la durée de ces diverses périodes, voir le tableau donné p.133 de l'Océan de Théosophie. Voir aussi The Secret Doctrine, 1, 36, et 2, 68-70. Cette chronologie des hindous se trouve présentée, par exemple, dans les Lois de Manu, livre l, v. 67-79.]
  • 60. - [Cette durée couvre ce qui est appelé un mahâ yuga (grand yuga) qui est cependant un cycle «mineur», comparé à la grande période de l'«Âge de Brahmâ», dont le nombre d'années s'exprime ici avec 15 chiffres.]
  • 61. - [Allusion à Genèse, 3,21.]
  • 62. - [Matthieu, 7,2.]
  • 63. - [Matthieu, 12,36.]
  • 64. - [Psaumes, 37,25.]
  • 65. - Selon les termes du Rév. T.P. Terunnanse, Grand-Prêtre [bouddhiste] à Dodanduwa, Ceylan. [Dans le bouddhisme exotérique, ces états d'être sont multiples, selon le «monde» où se fait la renaissance: enfer, démons, trépassés, animaux, hommes ou dieux.]
  • 66. - [Voir La Voix du Silence, p.96, note 45, à propos du mot tibétain myalba signifiant enfer: «Myalba est notre terre, appelée avec raison «Enfer» par l'École ésotérique, car c'est le plus grand des enfers. La doctrine ésotérique ne reconnaît aucun enfer, ou lieu de punition, si ce n'est une planète, ou une terre, portant des hommes. Avîchi est un état et non une localité.]
  • 67. - [Étant une loi impersonnelle, on ne peut pas dire que karma punit l'ivrogne en le rendant malade ou en le tuant dans une crise de délire: c'est bien l'homme lui-même qui, en foulant aux pieds les lois naturelles de l'hygiène physique, est le vrai responsable de ces effets déplorables. C'est pourquoi H.P.B. écrit (Secret Doctrine, 1, 643): «Ce n'est donc pas karma qui récompense ou punit, mais nous-mêmes qui nous récompensons ou nous punissons, selon que nous œuvrons avec la Nature, par son entremise et en l'accompagnant, en nous conformant aux lois dont dépend l'Harmonie, ou que nous les transgressons». Comme l'a dit aussi Robert Crosbie, «Karma ne châtie pas, il offre seulement l'opportunité d'un réajustement» (The Friendly Philosopher, p.l0).]
  • 68. - [Dans L'Océan de Théosophie (p. 102) Judge ajoute que le malheur d'un individu peut aussi résulter d'«une discipline assumée par l'Ego pour éliminer des défauts, ou pour acquérir force d'âme et compassion».]
  • 69. - [Voir, Jean, 9, 2.]
  • 70. - [Il y a de cela des milliards d'années avant la formation de notre actuel système solaire.]
  • 71. - [Mot sanskrit (prononcé Manou) désignant globalement l'humanité, ou son progéniteur. La tradition indienne compte aussi des Manu mineurs (au nombre de 7 ou 14) qui président à l'évolution cyclique de la vie terrestre. Voir plus haut.]
  • 72. - [Allusion au chap. 8 de la Bhagavad-Gîtâ: le texte souligne (v.16) que tous ces mondes sont soumis à la renaissance, selon une alternance de Jours et de Nuits de Brahmâ (v.l7), mais tout le processus est évidemment gouverné par karma (v.3).]
  • 73. - [Le mot sanskrit pralaya, au sens de dissolution, peut s'appliquer au grand Univers, à un système solaire, comme à toute chose constituée, lors de sa décomposition.]
  • 75. - [Mot sanskrit pour hors-caste.]
  • 74. - [Le sanskrit Îshvara (= le Seigneur) renvoie au Logos, source et soutien de l'Univers, comparé dans la Bhagavad-Gîtâ à un soleil dont la lumière se trouve dans le coeur de chaque homme. Voir par exemple: B.G. 13, 33, 18, 61, etc. ; voir aussi Aphorismes du Yoga de Patañjali, 1, 24-27, où Îshvara apparaît comme la source d'omniscience dans l'homme.]
  • 76. - [Aphorismes du yoga de Patañjali, 4, l, p.91.]
  • 77. - [Voir, dans les «Dix points» d'Isis Dévoilée (éd. orig. anglaise 2,587-591) traduits dans les Cahiers théosophiques 176-177, la différence entre ces sensitifs psychiques, qui subissent la manifestation de leurs pouvoirs sans les contrôler, et les vrais Adeptes, régulièrement entraînés.]
  • 78. - [Mot sanskrit pour désigner l'un des êtres célestes («lumineux») peuplant les mondes invisibles. Leur nature peut être bonne, mauvaise, ou indifférente. Voir pour ce mot: glossaire de la Clef de la Théosophie.]
  • 79. - [Dans plusieurs textes publiés dans The Theosophist, le brâhmane théosophe T. Subba Row a signalé cette possibilité d'absorption d'une âme par un deva. Le prix à payer pour la félicité temporaire obtenue est cependant redoutable: l'arrêt complet de tout progrès de l'âme pendant des millions d'années, jusqu'à la fin du manvantara. Cependant un puissant sorcier peut aussi profiter de cette possibilité de s'assurer un immense sursis d'immortalité personnelle, en s'assimilant à l'un des deva très maléfiques existant dans ces sphères. Toutefois, comme l'a remarqué l'un des Maîtres, combien préférable à cette immortalité serait l'annihilation, à laquelle de toute façon le sorcier n'échappera pas.]
  • 80. - [l. Pierre, 4, 8.]
  • 81. - [Ces passages, empruntés à la traduction de la B. Gîtâ par Cockburn Thornson (1855) sont tirés du chap. 6, (v.1-2) et 3 (v.6-7). W.Q. Judge devait offrir au public sa propre traduction de la Gîtâ très peu de temps après la publication des Échos sous forme de livre.]

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