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"Lettres qui m'ont aidé", Maîtres, Blavatsky, Aspirant

Sommaire :

Livre 1, Lettre 13 (↑ sommaire)

Cher Jasper,

Nous avons maintenant passé des relations purement usuelles et terrestres, de maître à élève, à ce que nous appellerons la Loge, pour la circonstance.

Cette Loge n'est pas une chose à saisir avec les pincettes de la critique pour l'analyser ou la définir. Elle est à la fois partout et nulle part. Elle comprend dans ses limites tous les vrais Maîtres, les étudiants, les guides et les Gurus de toute race, qu'ils appartiennent ou non à une croyance. À son sujet, il a été dit :

« Au delà de la Salle d'apprentissage se trouve la Loge. C'est l'ensemble total des Sages dans le monde entier. Elle ne peut être décrite même par ceux qui en font partie, mais il n'est pas interdit à l'étudiant d'imaginer ce qu'elle peut être. »

Ainsi donc, à tout moment, chacun de ses véritables instructeurs ou disciples sont heureux d'aider tout autre instructeur ou disciple. Mais nous ne devons point en conclure que, du fait qu'ils s'efforcent tous de répandre la vérité et d'enseigner le monde, nous qui nous disons chélas-aspirants, ou chélas connus, attachés à une certaine personne que nous appelons Guru, nous puissions nous placer, en même temps, sous la tutelle directe de plus d'un Guru.

Tout homme qui décide en lui-même d'entrer sur le Sentier a un Guru. Mais le temps qui s'écoule entre cette résolution et l'heure où le disciple vient à connaître réellement le Maître peut être long en vérité ; dans certains cas, il est très court.

Nous devons maintenant nous attarder un peu à des questions de hiérarchie.

De même que, dans l'armée, le plus simple des soldats a un général qui commande l'ensemble mais qu'il ne peut atteindre si ce n'est par les autres qui sont des officiers, ainsi dans cet ordre nous trouvons des degrés de Gurus et des degrés de disciples.

II y a le Grand Guru, qui est tel pour de nombreux disciples qui jamais ne Le connaissent ni ne Le voient. Il en est d'autres qui Le connaissent et qui sont eux-mêmes des Gurus pour un certain nombre de chélas, et ainsi de suite, jusqu'au point où nous pouvons imaginer un chéla susceptible, lui-même, d'être le Guru connu d'un chéla au-dessous de lui.

Puis, il peut y avoir encore de ces chélas qui, vis-à-vis d'un ou plusieurs autres chélas, tiennent lieu de Gurus, mais sans être reconnus, du fait qu'ils ne sont en fonction que provisoirement.

Ainsi, celui qui prend la résolution indiquée plus haut crée par là même un lien qui se fonde dans la Loi la plus haute. Ce n'est pas une chose qui devrait se faire à la légère, car ses conséquences sont graves par nature. Graves, non par des perspectives de désastres, de tourments redoutables ou autres calamités, mais en considération de la clarté et de l'éclat des rayons de la Vérité que nous désirons voir nous atteindre.

Par cette résolution — et jusqu'à un certain point qui dépend de la sincérité et de la puissance de notre motif — nous nous sommes séparés nous-mêmes du vaste troupeau mouvant des humains du commun qui vivent, sous ce rapport, comme des animaux muets, et nous avons frappé à une porte. Si nous avons témoigné du respect à celui qui nous a donné l'instruction, nous respecterons maintenant notre Guru inconnu. Nous devons adopter intérieurement une attitude pleine de foi. Nous devons avoir une foi constante et ferme que rien ne peut ébranler. C'est, en effet, au puissant karma que nous avons fait appel, et puisque le Guru est karma, en ce sens que jamais il n'agit contre karma, nous ne devons pas perdre confiance un seul instant. Car c'est cette foi qui éclaircit l'atmosphère autour de nous et qui nous permet d'obtenir de l'aide de tous côtés.

Imaginons maintenant que notre candidat volontaire, postulant ou néophyte, décide à ce moment, de son propre chef, de prendre pour maître ou guide un autre chéla dont les enseignements se recommandent d'eux-mêmes. Point n'est besoin qu'il y ait un échange verbal entre l'un et l'autre.

Mais, une fois cette décision prise, même en pensée, le néophyte devrait s'appliquer avec diligence à la doctrine de cet instructeur, et ne pas changer jusqu'à ce qu'il découvre réellement qu'il a un autre instructeur, ou qu'il est passé dans une autre classe. Car, s'il ne prend un maître que pour le contester ou le désapprouver, ouvertement ou mentalement, il s'expose, de ce fait, au danger d'obscurcir totalement son mental.

S'il s'aperçoit qu'il ne comprend pas clairement, il devrait, avec foi, s'appliquer à le faire, car si, par l'amour et la foi, il peut élever ses vibrations pour pénétrer le sens le plus élevé des paroles de son instructeur, son mental s'en trouvera porté à un plus haut niveau, et il en tirera un plus grand progrès.

Nous en venons maintenant au cas possible d'un aspirant doué de cette foi royale et souveraine qui, d'une façon ou d'une autre, a réellement découvert une personne très avancée sur le Sentier. En s'adressant à elle, il va lui demander : « Puis-je être accepté, et puis-je être ton chéla (54), ou celui d'un autre ? »

II peut arriver alors que la personne consultée réponde : « Ce ne sera pas avec moi, mais je vous adresse à quelqu'un de la même classe que vous, et je vous confie à lui pour être son chéla ; servez-le. » Avec cet avis, l'aspirant s'en va, disons, trouver celui qui lui a été désigné et, délibérément, tous deux se mettent d'accord.

Voilà un cas où le véritable Maître recommande l'aspirant à un compagnon qui, éventuellement, se trouve à quelque grade plus élevé que notre néophyte : ce dernier est dès lors dans une position bien différente de celle des nombreux autres qui travaillent laborieusement, dans le silence, en apprenant de chaque instructeur et de tous, mais sans avoir pour eux-mêmes de Guru attitré. Ce néophyte et son « petit guru » sont unis par un lien clair et sacré ; autrement, ce ne sont tous deux que des enfants qui mentent et s'amusent, et qui sont indignes d'attention. Si le « petit guru » est fidèle à sa mission, il y consacrera son mental et son cœur, et considérera le chéla comme représentant pour lui l'Humanité, pendant cette période.

Nous avons postulé que le « petit guru » était plus avancé que son chéla. Il doit donc arriver que ses enseignements ne soient pas toujours clairs pour ce dernier. Il en sera d'autant plus ainsi que le chéla est plus nouveau dans la matière. Pourtant, le chéla a pris délibérément ce guru et il doit s'efforcer de comprendre la doctrine de cet instructeur.

La fonction propre du Guru est de réajuster et non de verser sur l'aspirant des masses de connaissances exprimées en termes clairs et facilement compréhensibles. Cette façon de faire serait une absurdité — aussi agréable fût-elle — qui n'apporterait pas plus au chéla que ne le ferait un livre quelconque bien écrit à son lecteur.

Le lien de foi et d'amour qui existe entre eux agit comme un stimulant sur tous les deux, et comme un moyen de purifier le mental du chéla.

Mais si, après un certain temps, le chéla rencontre une autre personne qui semble en savoir autant que son « petit guru » et se fait comprendre en termes très faciles, et que ce chéla décide de le prendre comme maître, il commet une erreur. Il peut écouter son enseignement, l'admirer et en profiter, mais à partir du moment où il décide mentalement de lui demander d'être son instructeur, et qu'il le fait ensuite de vive voix, il commence à rompre le lien qui venait de s'établir et il peut perdre entièrement le bénéfice des deux enseignements. Pas nécessairement, toutefois ; mais il ne fait pas de doute que s'il ne prévient pas son « petit guru » de sa nouvelle adoption d'instructeur, il se produira beaucoup de confusion dans la sphère de l'être où l'un et l'autre accomplissent leur « travail » réel ; et lorsqu'il informera effectivement son « petit guru » de sa nouvelle acquisition en matière d'instructeur, ce guru antérieur se retirera.

Rien de tout cela n'a de signification pour ceux qui, dans leur pensée, ne considèrent pas ces choses comme sacrées. Dans ce sens, un Guru est un être sacré, non pas, bien entendu, dans un sens général — bien que si le chéla le considère ainsi cela n'en soit que mieux pour lui ( si le Guru en est digne ) — mais il est sacré en tout ce qui touche la vie réelle et spirituelle. Pour une âme exaltée, c'est une question d'adoption , une chose des plus sacrées, et de la plus haute valeur, qu'on ne saurait contracter à la légère, ni abandonner à la légère. Car, à ce moment, le Guru devient le Père spirituel du chéla : il est celui qui est appelé à le faire naître à la vie réelle, ou à le remettre à Celui qui s'en chargera.

Ainsi, comme le rôle du Guru est d'ajuster, le chéla n'accorde pas une attention servile à chacune de ses paroles, à moins que le Guru soit reconnu comme un grand Sage, ou que ce soit dans la nature du chéla d'agir ainsi. Il entend la parole et tâche d'assimiler la signification qui s'y cache ; s'il ne peut pas la comprendre, il la laisse de côté pour une circonstance plus propice, tout en s'efforçant, pour le moment, de saisir ce qu'il peut. Et même, s'il ne peut pas comprendre du tout — comme il arrive souvent en Inde — il trouve sa satisfaction à être auprès du Guru et à faire pour lui tout ce qui peut être fait de façon convenable. Car, de cette manière, sa foi constante finira par éclairer son mental, comme en témoignent bien des exemples, auxquels s'applique si bien la pensée que voici : « Ceux-là aussi servent qui simplement se tiennent à leur poste, et attendent. »

-- Z. --

[The Path, novembre 1889, pp. 242-245.]

(54) [Le tutoiement employé ici par Judge est courant dans le langage des mystiques lorsqu'ils s'adressent avec dévotion et amour à leur Seigneur, ou à leur Dieu.]

Livre 1, Lettre 14 (↑ sommaire)

Cher Jasper,

Dans ma dernière lettre, je vous ai écrit ce qu'il convient de dire aux chercheurs sérieux qui, par leur persévérance, montrent qu'ils ne sont pas simplement des oisifs en quête de choses curieuses, et désireux de tromper l'ennui de l'existence avec des expériences et des sensations nouvelles.

Ce n'est pas ce qui est fait qui compte, mais l'esprit dans lequel la moindre chose est faite pour Eux — Eux qui sont tout.

Vous demandez les noms des sept rayons ou loges. En supposant que je les connaisse, il ne serait pas possible de les donner. En ces matières, les noms sont toujours des réalités et, par conséquent, dire le nom serait révéler la chose elle-même. De plus, les donnerait-on que le commun des mortels, en les entendant, ne les comprendrait pas. Pas plus que si je disais : le premier rayon s'appelle X., ce qui ne veut rien dire pour la personne qui l'entend. Tout ce que l'on peut dire, c'est que ces sept rayons, districts ou divisions, existent, tout comme nous disons qu'existent dans une ville des législateurs, des marchands, des gens qui enseignent et des serviteurs. La différence est que, dans ce dernier cas, nous connaissons très bien la ville et la signification de ces noms. Le nom ne fait que diriger le mental vers l'idée ou la qualité essentielle.

De nouveau, je suis obligé de vous quitter. Mais des Frères ne sont jamais séparés quand ils ne vivent que pour le Vrai.

-- Z. --

[Note complémentaire insérée dans le Path : ]

Les lettres qui précèdent suggèrent clairement une conclusion essentielle au sujet de Mme Blavatsky, cette grande théosophe, bien qu'elle n'y soit pas nommée et que, peut-être, l'auteur n'ait pas pensé particulièrement à elle. Étant donné qu'elle a fait le sacrifice — il est vrai qu'elle n'appelle pas cela ainsi — de tout ce que les humains considèrent comme le plus cher, pour apporter à l'Occident la bonne nouvelle de la Théosophie, cet Occident (et plus spécialement la Société Théosophique) se trouve, vis-à-vis d'elle, dans la position du chéla par rapport à son Guru, dans la mesure où ce monde accepte la Théosophie. La relation qui existe entre elle et ces théosophes réside dans la Loi la plus haute, et ne peut être effacée ou ignorée. Par conséquent, ceux qui, en examinant sa personnalité, ne la trouvent pas en harmonie avec la leur et, de ce fait, cherchent à atteindre les Maîtres par une autre voie, tout en méprisant ou en rabaissant dédaigneusement ses services inappréciables, violent une loi qui, parce qu'elle n'a pas été faite par les hommes, ne peut être transgressée impunément. La gratitude et la considération élémentaire qu'on doit avoir pour son prochain devraient le leur avoir appris, sans aucun enseignement occulte. De telles personnes n'ont pas atteint le degré d'évolution leur permettant d'apprendre les vérités d'un niveau supérieur. Elle, qui accepte de souffrir la torture dans un corps épuisé par la perte de torrents d'énergie prodiguée à sa noble Cause, elle, qui a bravé les sarcasmes et la colère de deux continents et toutes les hordes des ténèbres, visibles et invisibles, elle qui, désormais, ne continue à vivre que pour pouvoir porter le karma de la Société afin d'assurer sa prospérité, n'a besoin des éloges d'aucun homme ; cependant, précisément elle a besoin de justice, car sans cette impulsion qui nous porte vers elle du fond de notre cœur et de notre âme, elle sait que nous échouerons inévitablement dans cette incarnation. Tout comme le jeune enfant est lié à sa mère, et la moisson l'est au champ, ainsi sont liés à elle tous ceux qui goûtent le fruit de sa vie. Cherchons donc à comprendre les relations occultes qui sont engendrées par l'action karmique et appliquons-les à notre existence journalière ainsi qu'à notre vie théosophique. Mme Blavatsky constitue pour nous le chaînon immédiatement supérieur de cette grande chaîne, dont aucun maillon ne peut être omis ou évité.

Pour illustrer encore cette lettre, je pourrais citer le cas d'un de mes amis qui prit feu et flamme pour la Théosophie dès qu'il en entendit parler et désira ardemment devenir un chéla. Il avait certainement connu ces vérités dans ses existences antérieures car toutes lui semblaient familières et, bien qu'étant ce qu'on appelle un « homme de ce monde » , il accepta cette philosophie, mesura intuitivement certaines de ses possibilités et, tout en veillant à faire son devoir et à éviter toutes perturbations, il régla sa vie — sa vie intérieure spécialement — conformément à ses nouvelles vues. Tout ce qui concerne la condition du chéla prit beaucoup d'importance dans son mental. Il ne connaissait aucun chéla et ne savait où frapper, ni à qui s'adresser. La réflexion lui démontra que l'état de chéla consistait dans l'attitude intérieure du postulant ; il se rappela les lois du magnétisme et de l'énergie et se dit qu'il pouvait, de sa propre volonté, se constituer chéla au regard de la Loi — du moins dans la mesure où sa propre attitude s'y conformerait — et que, si cela n'allait pas le satisfaire, ce serait une preuve qu'il désirait quelque récompense personnelle, une satisfaction quelconque ou des pouvoirs en la matière, et que son motif n'était pas pur. Il prit son temps pour formuler ses aspirations, même dans son propre mental, car il ne voulait pas faire à la légère ses demandes à la Loi ; mais, finalement, il se décida à mettre ses motifs à l'épreuve, à se tester pour voir s'il pourrait tenir à son poste, dans l'attitude d'un chéla fidèle, non reconnu et en apparence ignoré. Dès lors, il grava dans son mental l'obligation de servir la Vérité et la Loi, comme un véritable chéla, cherchant toujours la lumière et davantage d'aide, si possible, en reconnaissant pourtant que les obligations étaient toutes de son côté, qu'il n'avait rien à réclamer des Maîtres, en se bornant à attendre seulement ce qu'il pouvait revendiquer de la Loi par la force de son propre motif. Il se mit à écouter ou lire tout ce qui pouvait l'instruire au sujet des chélas et de leurs devoirs ; il essaya de se voir lui-même dans la position d'un chéla accepté et de remplir, autant qu'il lui était possible, les devoirs de cette situation, en vivant selon toute la lumière qu'il possédait. Car il considérait qu'un disciple devrait toujours penser et agir en visant les plus hautes possibilités, qu'il ait ou non déjà atteint celles-ci, et ne pas se confiner simplement au type d'action qui pouvait passer pour adapté à son niveau inférieur de degré ou d'état spirituel. Il croyait que le cœur — et le cœur seul — était le créateur de tous les liens réels. Sa tâche fut alors de s'élever lui-même, par ses propres efforts. Il prit la résolution de conserver cette attitude vie après vie, s'il le fallait, jusqu'à ce que son héritage fût enfin assuré, sa demande reconnue par la Loi.

Il fut en butte à des épreuves, à la froideur de ceux qui sentaient, plus qu'ils ne constataient, le changement de son attitude ; il essuya tous les chocs sans nom que subissent aussi ceux qui veulent lutter contre les tourbillons de l'existence pour essayer de retrouver le chemin vers les vrais courants de la vie. De grands chagrins, une profonde solitude ne tardèrent pas à mettre au défi son indomptable volonté. Mais il trouva du travail à accomplir et, en cela, il fut très fortuné, car travailler pour les autres est la joie du disciple, sa participation à la vie Divine, la première accolade par laquelle il peut savoir que son service est accepté. Cet homme avait fait appel à la Loi avec une foi suprême, et il obtint une réponse. Karma lui envoya un ami et bientôt il commença à acquérir une connaissance nouvelle ; puis, après un certain temps, il fut informé d'un endroit, ou d'une personne, à qui il pourrait s'adresser pour devenir chéla en probation. Il ne reçut pas cette information d'une manière ordinaire ; rien de tel ne lui fut dit, mais, par sa connaissance croissante et les facultés qui s'éveillaient en lui, la conviction lui vint qu'il pouvait faire telle et telle démarche : c'est ce qu'il fit, et sa prière fût entendue. Plus tard, il me dit qu'il n'avait jamais su s'il n'aurait pas montré une plus grande force d'âme en se reposant entièrement sur la réalité de sa requête invisible, et non agréée en apparence, jusqu'à ce que vînt le moment où les Maîtres l'accepteraient et l'appelleraient. Car, naturellement, il garda nettement, pendant ce temps, l'idéal des Maîtres présent dans son esprit. Peut-être sa démarche lui montra-t-elle qu'il était plus faible qu'il ne le supposait, dans la mesure où elle faisait peut-être ressortir le besoin d'une preuve tangible d'un fait auquel sa nature supérieure le poussait à croire sans cette preuve. D'un autre côté, peut-être était-il tout naturel et juste qu'après avoir servi silencieusmeent pendant un certain temps, il se signalât lui-même à la première occasion offerte par karma.

Il fit donc sa demande. Il m'est permis de donner un fragment de la réponse qu'il reçut elle lui montra clairement — comme son intuition le lui avait déjà appris — qu'il avait été accepté dans une certaine mesure avant sa demande. Cette réponse peut être d'une valeur inappréciable pour d'autres, à la fois par l'énoncé clair des dangers encourus en devançant sa propre race, et par les avertissements et conseils qu'elle fournit, avec la preuve que les Grands Êtres de l'Orient traitent les postulants avec la plus grande franchise et indulgence. Elle peut aussi tracer une voie définie à ceux qui prennent le parti sage de s'éprouver en silence avant d'introduire leur demande devant la Loi. Car cette démarche accroît aussitôt le taux de leurs vibrations magnétiques et le rythme de leur évolution ; leur flamme brûle avec plus d'éclat et attire dans sa sphère toutes sortes de formes et d'influences, si bien que le feu fait rage dans l'individu. D'ailleurs, ces effets ne sont pas ressentis par lui seulement; d'autres vies, qui viennent au contact de la sienne, ressentent cette énergie brûlante ; elles se développent plus rapidement : s'il existe dans leur nature une erreur ou une faiblesse, elle ne tarde pas à se révéler et elle les désempare pour un certain temps. Là réside le danger d'entrer dans le « cercle des ascètes ». Un homme doit être fort, en vérité, pour y faire irruption de la sorte. Mieux vaut, en principe, se placer dans l'attitude du disciple et s'imposer soi-même les épreuves : il en ressort moins d'opposition. Car des forces qui sont tenues en échec par un Adepte peuvent déferler sur le néophyte qui n'aura de protection que si son karma le permet, et il existe toujours de ces forces antagonistes ténébreuses qui se tiennent aux aguets pour décimer les rangs des serviteurs de la Bonne Loi.

Jusqu'ici nous avons pu suivre cet étudiant mais, à partir de maintenant, nous le perdons de vue ; et nous ignorons s'il a progressé ou échoué, ou s'il est toujours disponible, dans l'attitude de serviteur : ces choses ne sont pas rendues publiques. Il est rare que l'on en sache autant ; si c'est permis, c'est sans doute qu'il y a dans notre pays bien des étudiants sérieux qui ont besoin de cette assistance et de ces informations.À ceux-là, je peux dire que, s'ils se constituent disciples, avec foi et sans égoïsme, ils le sont effectivement, à la connaissance de la Grande Loi, aussi longtemps qu'ils demeurent fidèles, dans leurs plus secrètes pensées et leurs actions les plus insignifiantes, au serment de leur cœur.

RÉPONSE A X... Le Maître dit :

« X. est-il tout à fait prêt pour la rude entreprise ? Le chemin qui conduit au but qu'il veut atteindre est semé d'épines et passe par des marécages de boue. Nombreuses sont les souffrances que doit subir le chéla ; plus nombreux encore sont les dangers à affronter et à surmonter.

Qu'il y songe sérieusement et ne se décide qu'après mûre réflexion. Aucun Maître invoqué par une âme sincère, avide de lumière et de connaissance, ne s'est jamais détourné du suppliant. C'est le devoir de ceux qui demandent des laboureurs, et en ont besoin dans leurs champs, d'avertir des fondrières du terrain et des difficultés de l'ouvrage ceux qui viennent s'offrir avec sincérité et confiance pour cette dure tâche.

Si X. n'est pas ébranlé par cet avertissement et persiste dans sa détermination, il peut se considérer comme accepté en qualité de * * * . Dans ce cas, qu'il se place sous la tutelle d'un chéla plus ancien. C'est en l'aidant sincèrement et avec dévotion à porter son lourd fardeau qu'il préparera la voie pour recevoir de l'aide à son tour. »

[Ici font suite des instructions privées. Voir Annexe en bas de cette page (55)]

« En vérité, si le candidat s'en remet à la Loi, s'il fait preuve de patience, de confiance et d'intuition, il n'aura pas trop longtemps à attendre. À travers l'ombre épaisse d'amertume et de chagrin que les puissances hostiles se plaisent à projeter sur le pèlerin en route vers les Portes de Lumière, le candidat perçoit bien vite dans son âme cette brillante Lumière et il n'a qu'à la suivre. Qu'il prenne garde, cependant, de ne pas confondre les feux follets perçus çà et là par les sens psychiques avec le reflet de la grande Lumière spirituelle — cette Lumière qui ne meurt pas et qui, cependant, ne vit jamais ni ne peut briller ailleurs que sur le miroir pur de l'Esprit...

Mais X. doit utiliser ses propres intuitions. Il convient de dissiper et conquérir l'obscurité intérieure avant d'essayer de pénétrer celle du dehors ; il faut se connaître soi-même avant de connaître ce qui est extérieur à ses propres sens. »

« Et maintenant, puissent les Pouvoirs auxquels mon ami X. a fait appel, recevoir de Pouvoirs plus grands et beaucoup plus élevés encore, la permission de l'aider. Tel est le souhait fervent et sincère de son dévoué et fraternel, »

[Signé d'un triangle Δ]

Incidemment, cette lettre montre aussi comment un Adepte peut en servir un autre encore plus élevé, en rapportant et en transmettant sa réponse.

[The Path, décembre 1889, pp. 282-283]

A ceux qui aspirent à devenir chélas (↑ sommaire)

[par Jasper Niemand]

Un intérêt réel pour la vérité théosophique est souvent suivi d'une sincère aspiration à vivre la vie théosophique, et la question suivante se pose à chaque instant : « Quelles sont les conditions à remplir et les étapes à franchir pour devenir chéla ? À qui s'adresser ? Comment l'aspirant saura-t-il qu'il a été accepté ? »

Sur ces conditions, ainsi que sur la discipline des chélas, plus d'une indication a été fournie dans la revue The Theosophist (56), Man, le Bouddhisme Ésotérique et d'autres ouvrages théosophiques ; un certain nombre de qualifications, de difficultés et de dangers ont été nettement exposés par Mme Blavatsky dans l'article : Les Mahâtmas Théosophes (revue The Path, décembre 1886) (57). La lecture attentive de cet article est vivement récommandée à tous ceux qui entretiennent le désir, même vague, d'approcher de plus près le système de développement qui conduit finalement à l'état de Maître. Cette étude permettra d'éliminer plusieurs malentendus et de donner un sens plus profond au sérieux d'un pareil effort, tout en stimulant une saine méfiance de soi-même, ce qui est préférable avant d'avoir franchi la porte qu'après.

Il est tout à fait possible, cependant, que les questions suscitées par cet article, pour sonder le motif et l'énergie des candidats, n'arrivent qu'à convaincre plus fortement encore les lecteurs de leur sincérité, et que plus d'un d'entre eux se découvre animé d'une intention plus riche et plein d'une résolution plus profonde. Même lorsqu'il n'y a pas une intention claire d'atteindre l'état de chéla, il peut y avoir une vive aspiration à se rapprocher des Maîtres, pour avoir une certaine assurance d'être aidé et guidé. Dans les deux cas, l'aspirant se demande aussitôt : « Qui recevra la demande et comment l'acceptation sera-t-elle notifiée ? »

La démarche très naturelle — en fait instinctive — d'un pareil candidat, est d'écrire à l'un des personnages officiels de la Société Théosophique. C'est pourtant une erreur, car la Société Théosophique est une organisation exotérique, tandis que la Loge des Maîtres est entièrement ésotérique. La première est un groupe de volontaires, chercheurs et philanthropes, ayant des buts déclarés, une constitution officielle, des responsables connus de tous ; de plus, elle dément expressément, en tant que Société, avoir qualité pour communiquer avec les Maîtres ; la seconde est une Loge Occulte dont on ne sait rien sur l'adresse, les membres, les méthodes et les fonctions. Il s'ensuit qu'il n'y a pour l'aspirant ni personne, ni lieu, ni adresse dont il pourrait avoir connaissance pour présenter sa requête:

Supposons, cependant, qu'une telle demande soit adressée à un étudiant avancé en Occultisme, versé dans ses méthodes, ses épreuves et ses qualifications. Sa réponse serait assurément faite dans cet esprit :

« Si vous étiez actuellement capable de devenir un chéla accepté, vous sauriez de vous-même comment, où et à qui vous adresser. Car devenir chéla consiste en réalité à épanouir ou développer certains principes spirituels latents dans chaque homme, et en grande partie inconnus de notre conscience actuelle. Tant que ces principes ne sont pas consciemment amenés par vous-même à se manifester, jusqu'à un certain degré, vous ne possédez pas les moyens pratiques d'acquérir les premiers rudiments de cette connaissance qui vous semble maintenant si désirable. Et ce désir vient-il de votre mental ou de votre cœur ? Voilà une autre question importante, insoluble pour tous ceux qui n'ont pas encore trouvé le fil qui conduit au Soi.

Il est vrai que l'éveil de ces qualités peut être produit (ou forcé) avec l'aide d'un Adepte. Et la plupart des candidats-chélas sont poussés par le désir de recevoir des instructions directement des Maîtres. Ils ne se demandent pas ce qu'ils ont fait pour mériter un privilège aussi rare. Ils ne songent pas non plus que, les Adeptes étant tous des serviteurs de la Loi karmique, le candidat posséderait déjà, s'il la méritait, Leur assistance visible et ne pourrait pas être en train de la rechercher. Le signe que les conditions de la Loi sont remplies se trouve, en fait, dans le développement partiel des facultés dont il a été question plus haut.

Vous devez donc atteindre un point plus élevé que le vôtre actuellement, avant même de pouvoir demander à être accepté en tant que chéla à l'essai. Tous les candidats entrent de cette manière dans la Loge invisible, qui est dirigée par des Lois renfermant en elles-mêmes leur propre exécution, sans besoin d'agents d'aucune sorte pour les appliquer. N'allez pas imaginer non plus qu'un tel chéla en probation travaille sous la direction constante et connue d'un Adepte, ou d'un autre chéla. Il est au contraire soumis à des tests et des épreuves pendant sept ans au moins, et peut-être beaucoup plus, avant d'arriver au point où il sera accepté (et préparé pour la première d'une série d'initiations, couvrant souvent plusieurs incarnations), ou rejeté. Et ce rejet n'est pas prononcé par un groupe d'hommes selon leur opinion, mais c'est le rejet naturel, opéré par la Nature. Le chéla en probation peut ou non recevoir des signes de son instructeur durant cette période préliminaire ; le plus souvent, il n'entend pas parler de lui. Il peut arriver qu'il soit finalement rejeté, sans le savoir, de même que certains hommes ont été en probation et l'ont ignoré jusqu'au moment où ils ont découvert soudain eux-mêmes qu'ils étaient acceptés. Il s'agit ici d'individus qui, par leurs efforts, s'étaient développés au point d'atteindre le degré voulu dans l'ordre naturel, après de nombreuses incarnations où leurs facultés épanouies les avaient finalement qualifiés pour pénétrer dans la Salle d'Apprentissage, ou entrer dans la Loge spirituelle qui se trouve au-delà. Et tout ce que je dis des hommes s'applique également aux femmes.

Quand un individu est régulièrement accepté comme chéla en probation, le premier et seul ordre qu'il reçoive (pour le présent) est de travailler avec abnégation pour l'humanité — en aidant parfois un chéla plus ancien, ou en étant aidé par lui — tout en luttant pour s'affranchir de la force dominante de l'élément personnel en lui-même. Les moyens d'y parvenir sont entièrement laissés à son intuition, d'autant plus que le but visé est de développer cette intuition, et d'amener cet individu à la Soi-connaissance. C'est la possession de ces pouvoirs, jusqu'à un certain degré, qui conduit à le faire accepter comme chéla en probation, de sorte qu'il est plus que probable que vous ne les possédez pas encore, si ce n'est à l'état de possibilités latentes. Pour acquérir à son tour quelque droit à recevoir de l'aide, il doit travailler pour autrui, mais ce ne doit pas être le motif qui le pousse à la tâche. S'il ne se sent pas irrésistiblement poussé à servir la Race [humaine], qu'il en soit incapable ou non, il est ligoté par sa personnalité, et ne pourra pas progresser avant d'avoir appris que la race est lui-même et non pas le corps qu'il occupe actuellement. La raison de cette nécessité de la pureté du motif a été récemment donnée dans la revue Lucifer : « À moins que l'intention ne soit tout à faite pure, le spirituel se transforme en psychique, agit sur le plan astral et des résultats terribles peuvent en résulter. Les pouvoirs et les forces de la nature animale peuvent être également employés par les égoïstes et les êtres portés à la vengeance, comme par les natures généreuses et magnanimes ; les pouvoirs et les forces de l'esprit ne s'acquièrent que par ceux qui sont de cœur parfaitement pur. (58)

On peut dire, cependant, que même ces forces naturelles ne peuvent être découvertes par celui qui n'a pas obtenu le pouvoir de se débarrasser jusqu'à un certain point de sa personnalité. Le fait qu'un désir émotionnel d'aider les autres ne signifie pas la libération de la personnalité se vérifie en ce que, si vous étiez actuellement parfaitement altruiste, au vrai sens du mot, vous auriez une existence consciente séparée de celle de votre corps et vous seriez capable de le quitter à volonté : en d'autres termes, être délivré de tout sens du soi c'est être un Adepte, car les limitations du soi paralysent le progrès.

Écoutez aussi ces paroles du Maître, extraites du Monde Occulte de Sinnett : « Peut-être apprécierez-vous mieux ce que nous voulons dire quand vous saurez que, pour nous, les plus hautes aspirations au bonheur de l'humanité se teintent d'égoïsme si, dans l'esprit du philanthrope, se cache l'ombre d'un désir de bénéfice personnel ou une tendance à commettre une injustice, même lorsque ces dispositions existent inconsciemment en lui-même.»

Tout en présentant ces faits, ainsi que les dangers et obstacles qui existent — à la fois ceux qui résultent des règles de la Loge et ceux, bien plus nombreux, qui sont apportés par karma, ou hâtés par les efforts du néophyte — il convient de préciser aussi que les Maîtres ne désirent empêcher personne d'entrer sur le Sentier. Ils savent bien, cependant, à la suite de tentatives répétées, et par des annales remontant à des siècles (ainsi que par leur connaissance de nos difficultés raciales), combien peu nombreux sont ceux qui ont une idée quelconque de la nature réelle de leur personnalité, qui est l'adversaire qu'ils doivent tenter de vaincre dès qu'ils deviennent des disciples en Occultisme. Aussi s'efforcent-lls, autant que karma le permet, de tenir les individus qui ne sont pas prêts à l'écart d'entreprises téméraires dont les résultats retomberaient sur leurs vies déséquilibrées et les conduiraient au désespoir. Les puissances du mal, défiées hors de propos par l'homme ignorant, se vengent de lui, aussi bien que de ses amis mais ne peuvent rien contre ceux qui sont au-dessus de leur portée. Bien que ces puissances ne soient pas de hideuses formes objectives se manifestant par des voies tangibles, elles n'en sont pas moins réelles et dangereuses. Leur descente dans de pareilles circonstances ne peut être empêchée : c'est karma.

Perdre tout sentiment du soi implique la perte de tout ce que les hommes ordinaires estiment le plus en eux-mêmes. Il vous appartient donc de considérer sérieusement les points suivants :

«l ° - Quel est votre motif en désirant devenir chéla ? Vous croyez que ce motif vous est bien connu, alors qu'il est caché profondément en vous — et c'est par ce motif caché que vous serez jugé. Il est arrivé qu'il surgisse de régions invisibles chez des hommes qui se croyaient sûrs d'eux-mêmes, qu'il fasse irruption sous la forme de quelque pensée ou action sinistre, dont ils se croyaient incapables, et qu'il bouleverse leur vie ou leur raison. Par conséquent, mettez-vous à l'épreuve avant que karma ne vous y mette.

2 ° - Quelle est la place et quels sont les devoirs d'un vrai néophyte ?

Quand vous aurez sérieusement examiné ces deux points pendant 21 jours, vous pourrez, si votre désir reste inébranlable, vous engager dans une certaine voie ouverte devant vous. La voici :

Quoique vous ignoriez actuellement où il vous sera possible de vous offrir aux Maîtres eux-mêmes en tant que chéla en probation, néanmoins, en formant ce désir dans votre cœur et en le réaffirmant (si vous le faites), après avoir dûment considéré ces points, vous en avez appelé à la Loi, et il est en votre pouvoir de vous constituer disciple, dans la mesure où cela dépend de vous, par la pureté de votre motif et de votre effort, si les deux sont suffisamment soutenus. Nul ne peut fixer le moment où cet effort portera ses fruits ; et si votre patience et votre foi ne sont pas assez énergiques pour vous soutenir pendant une période illimitée (à votre connaissance) de travail désintéressé pour l'Humanité, mieux vaudrait pour vous abandonner dès à présent votre rêve actuel — car alors ce ne serait rien d'autre que cela. Mais dans le cas contraire, vous devez travailler pour l'illumination spirituelle de l'Humanité, dans la Société Théosophique et par son canal (elle a grand besoin de pareils travailleurs), et aussi par tous les autres moyens et sur tous les autres plans, en vous y appliquant de votre mieux, et en vous souvenant de la parole des Maîtres : « Celui qui fait ce qu'il peut et tout ce qu'il peut, et tout ce qu'il sait faire, fait assez pour nous. » Cette tâche comprend celle de vous débarrasser de toute personnalité par un effort intérieur, car ce travail, s'il est mené dans son véritable esprit, est même plus important pour la Race que tout travail extérieur que nous pourrions accomplir. Du fait que vous vivez maintenant essentiellement sur le plan extérieur, c'est là qu'il vous appartient d'œuvrer, et que vous devez le faire, jusqu'à ce que votre développement vous rende à même de quitter ce plan tout à fait.

En agissant de cette manière, vous progressez vers un point déterminé, sous l'observation des Maîtres — comme c'est en fait le cas pour l'organisation théosophique tout entière, qui, en tant que corps, est actuellement un chéla des Maîtres — mais vous êtes distinct des autres membres, en ce sens que votre but bien défini et votre claire confiance sont compris et pris en considération par les Fondateurs invisibles et par la Loi. La Société Théosophique est donc par rapport à vous, pour le temps présent, ce que serait un chéla plus ancien qui vous serait désigné afin que vous l'aidiez et travailliez sous ses directives. Vous n'êtes pas, comprenez-le bien, un chéla en probation, puisque personne sans autorité ne peut vous annoncer ou vous conférer un tel privilège. Mais si vous réussissez à vous élever et à élever les autres spirituellement, cela sera connu, peu importe ce qu'aura pu sembler pendant ce temps le silence extérieur, et vous recevrez pleinement votre dû de Ceux qui sont d'honnêtes débiteurs et des ministres de la Loi Juste et Parfaite. Vous devez être prêt à travailler, à attendre et à aspirer en silence, comme le font tous ceux qui ont les yeux fixés sur ce but. Rappelez-vous que votre meilleur conseiller doit être trouvé et constamment cherché en vous-même. C'est seulement par expérience que vous apprendrez à distinguer sa voix de celle de l'instinct naturel (ou de la simple logique) et à renforcer ce pouvoir, par la vertu duquel les Maîtres sont devenus ce qu'Ils sont.

Votre adoption ou votre refus de cette démarche est le premier test que vous avez à subir. Il s'en présentera d'autres, que vous le sachiez ou non, car le premier et le seul droit du néophyte est d'être mis à l'épreuve. C'est pourquoi le silence et l'affliction lui échoient une fois qu'il est accepté, au lieu de l'offre d'aide empressée qu'il attendait, Celle-ci ne fera cependant pas défaut : ces épreuves et ces revers ne viendront que de la Loi à laquelle vous aurez fait appel. »

J.N.

[The Path, février 1890, pp. 335-338]

Annexe

Dans le commentaire qui fait suite à la Lettre 14 ont été cités divers extraits d'une lettre d'un Adepte, en omettant toutefois un passage contenant des instructions privées. Le texte de ce passage est donné ci-après :

« Le choix est-il fait ? Dans ce cas, X. fera bien de voir W.Q.J. et de le mettre au courant de cette lettre. Pour commencer, pendant un ou deux ans, on ne saurait avoir de meilleur guide. Car lorsque la « PRÉSENCE » est sur lui, il sait bien ce que d'autres ne font que soupçonner et « deviner » . Bien que * * * soit utile au Path, il est possible de rendre de plus grands services à celui qui, de tous les chélas, souffre le plus et demande, ou même attend, le moins. »
Si cet extrait est remis à sa juste place dans la lettre originale, l'étudiant intuitif pourra réaliser son extrême importance en ce qui concerne W.Q. Judge.
J.N.

Notes

  • (55) [un important extrait de ces notes privées qui met en lumière la place de W..Q. Judge parmi les chéls des Maîtres]
  • (56) Publiée en Inde par H.P.B. à partir d'octobre 1879. (N.d.E.)
  • (57) [On trouvera dans Râja Yoga ou Occultisme plusieurs textes essentiels de Mme Blavatsky sur la condition de chéla, notamment l'article cité ici.]
  • (58) [Voir, dans Râja Yoga ou Occultisme, l'article de Mme Blavatsky intitulé « Occultisme pratique ».]

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