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"Lettres qui m'ont aidé", Philosophie occulte, travail

Sommaire :

À propos de la Philosophie occulte (↑ sommaire)

Commencez donc par essayer de vaincre l'habitude, presque universelle, de vous mettre en avant. Elle provient de la personnalité. Ne monopolisez pas la conversation. Restez en arrière-plan. Si quelqu'un commence à vous parler de lui-même et de tout ce qu'il fait, ne saisissez pas la première occasion pour lui parler à votre tour de vous, mais écoutez-le et ne prenez la parole que pour l'amener à s'exprimer. Et lorsqu'il a terminé, réprimez en vous le désir de parler de vous, de vos opinions et vos expériences. Ne posez pas une question si vous n'avez pas l'intention d'écouter la réponse et d'en examiner la valeur. Essayez de vous souvenir que vous n'êtes vraiment pas grand-chose dans ce monde, et que les gens autour de vous ne vous apprécient pas du tout, et ne s'attristent pas de votre absence. Votre seule grandeur réside dans votre véritable soi intérieur, et celui-ci ne désire pas recueillir l'approbation des autres. Si vous voulez bien suivre ces directives pendant une semaine, vous vous apercevrez qu'elles demandent un effort considérable, et vous commencerez à découvrir un peu de la signification de l'adage "Homme, connais-toi toi-même".(38)

II n'est pas nécessaire d'être conscient du progrès que l'on a fait. La date n'est pas non plus une sorte quelconque d'éteignoir, comme certains l'ont baptisée (39). De nos jours, nous avons trop tendance à désirer tout connaître en un instant, en particulier ce qui concerne nous-mêmes. C'est peut-être souhaitable et encourageant d'être ainsi conscient, mais ce n'est pas nécessaire. Nous faisons énormément de progrès dans notre vie secrète intérieure dont nous ne sommes pas du tout conscients. Peut-être n'en deviendrons-nous conscients que dans quelque vie future. Ainsi, dans ce cas, beaucoup d'individus ont bien pu franchir les obstacles depuis longtemps sans en être conscients. Il vaut mieux poursuivre son devoir, et s'abstenir d'essayer de répertorier et mesurer ses progrès. La totalité de notre progrès se trouve dans notre nature intérieure, et non dans notre nature physique à laquelle appartient notre cerveau, et d'où provient la présente question. Le progrès physique apparent est évanescent. Il prend fin quand meurt le corps ; à ce moment, si nous n'avons pas laissé l'homme intérieur nous guider, le bilan naturel qui sera porté à notre compte sera pour nous nul — un "échec". En fait, étant donné que les grands Adeptes vivent sur le plan de notre nature intérieure, la conséquence suivante s'impose d'elle-même : il se pourrait bien qu'ils aident activement chacun de nous après la date en question, sans que nous en soyons conscients sur ce plan, en tant qu'hommes fonctionnant à travers un cerveau physique (40)

[...] Je vous conseille vivement d'abandonner toutes pratiques de yoga qui, dans presque tous les cas, donnent des résultats désastreux, à moins d'être guidées par un instructeur compétent. Les secousses et les explosions que vous ressentez dans la tête sont une preuve que vous n'êtes pas dans les conditions requises pour essayer les pratiques de yoga, car ces phénomènes résultent de lésions dans le cerveau, c'est-à-dire de l'éclatement des minuscules cellules cérébrales. Je suis heureux que vous m'ayez écrit à ce sujet afin que je puisse avoir une occasion de vous mettre en garde. Également, je vous conseille de cesser votre concentration sur les centres vitaux, car ceci encore peut devenir dangereux, à moins d'être sous la direction d'un instructeur. Vous avez appris, jusqu'à un certain point, le pouvoir de la concentration et la plus grande aide vous viendra maintenant de la concentration sur le Soi Supérieur, et de votre aspiration vers le Soi Supérieur. Également, si vous prenez dans la Bhagavad-Gîtâ un sujet ou une phrase, et si vous concentrez dessus votre mental et en faites un thème de méditation, vous en obtiendrez beaucoup de bons résultats — et il n'y a aucun danger dans une telle concentration.

***

Quant à la question de la désintégration du corps astral et de la période précédant la mort, au cours de laquelle il serait possible de s'en rendre compte : ma réponse ne visait pas à être précise quant au nombre d'années, si ce n'est que j'ai indiqué deux ans comme étant une longue période avant le décès de la personne. Il y a des cas — rares peut-être — où cinq ans avant la mort du corps physique, un clairvoyant a pu discerner les débuts de la désagrégation astrale. Ce que je voulais dire c'est que, sans entrer dans les détails quant au temps requis, il est possible à ceux qui ont la vision sur ce plan de percevoir l'altération, la désintégration ou la désagrégation du corps astral, à condition que l'être observé soit destiné à mourir d'une mort naturelle (y compris par cause de maladie). De ce fait, la question du nombre d'années n'entre pas en ligne de compte. Les morts violentes ne sont pas à considérer ici parce que, dans de tels cas, le corps astral ne se désagrège pas au préalable. Et pour voir à l'avance ce genre de mort, il faut recourir à une autre méthode toute différente. Le décès par vieillesse — qui est l'achèvement naturel d'un cycle — est inclus dans la réponse sur la mort par maladie : on pourrait l'appeler en fait la maladie de l'incapacité à lutter contre la désagrégation naturelle des forces cohésives.

***

Vous ne pouvez pas développer le troisième oeil. C'est trop difficile et tant que vous n'aurez pas éclairci davantage un bon nombre de points de la philosophie ce serait inutile, et un sacrifice inutile est un crime insensé. Mais, voici le conseil que donnent de nombreux Adeptes : chaque jour et aussi souvent que vous le pouvez, et au moment de vous endormir comme en vous éveillant, pensez, pensez, pensez à la vérité que vous n'êtes pas le corps, le cerveau ou l'homme astral, mais que vous êtes CELA, et "CELA" est l'Âme Suprême. Par cette pratique, vous ferez mourir graduellement la fausse notion secrètement entretenue intérieurement que le faux est vérité et le vrai erreur. En persistant dans cette pratique, en soumettant chaque nuit vos pensées de la journée au jugement de votre Soi Supérieur, vous arriverez finalement à gagner la lumière.

***

En ce qui concerne La Voix du Silence et les cycles de souffrance (subis par l'Arhan qui reste proche de l'humanité pour l'aider) (41), la chose est facile à comprendre. Vous devez toujours garder présent à l'esprit, en lisant de tels textes, que l'auteur est bien obligé d'employer des termes compréhensibles pour le lecteur. C'est pourquoi, en parlant ainsi, on doit dire qu'il existe de tels cycles de souffrance — de notre point de vue — tout comme le fait que je n'aie pas d'amusements dans ma vie, ni rien en dehors du travail dans la S. T. peut paraître une grande pénitence à ceux qui aiment leurs plaisirs. Moi, au contraire, je trouve plaisir et paix dans "l'abnégation de soi", comme ils appellent cela. Par conséquent, il doit s'ensuivre que celui qui s'engage sur le Sentier secret trouve sa paix et son plaisir dans une tâche sans fin, poursuivie pendant des âges pour l'humanité. Mais, naturellement, avec son surcroît de vision et de connaissance, il doit être constamment en train de percevoir les tourments que les hommes s'infligent à eux-mêmes. L'erreur que vous faites tient à ce que vous prêtez à l'être ainsi "sacrifié" les mêmes qualités et aspirations étroites que celles que nous avons aujourd'hui, alors que la vision plus étendue de l'âme et son pouvoir accru lui font apprécier différemment ce que nous appelons sacrifice et souffrance. N'est-ce pas clair ainsi ? Si l'on exprimait cela sous une autre forme que celle de la Voix, vous verriez beaucoup de gens faire le vœu — et puis le rompre ; mais celui qui fait ce vœu avec la pleine conscience de la souffrance qu'il implique le respectera.

***

Si nous pouvons tous accumuler une réserve de bien pour tous les autres, nous dissiperons ainsi beaucoup de nuages. Les folies et soi-disant péchés des gens sont vraiment des choses vouées finalement à se réduire à rien si nous les traitons comme il faut. Nous ne devons pas être trop enclins, comme le sont les gens de nos jours (dont nous faisons d'ailleurs partie), à critiquer autrui en oubliant la poutre qui est dans notre œil. La Bhagavad-Gîtâ et Jésus sont sages en ce qu'ils nous montrent comment accomplir notre devoir, sans nous mêler de celui d'autrui. Chaque fois que nous pensons que quelqu'un a mal agi, il faut nous poser deux questions :

  • Suis-je en cette affaire le juge habilité à faire le procès de cette personne ?
  • Suis-je le moins du monde mieux dans ma façon de faire ? Arrive-t-il, ou non, que je commette des fautes de quelque autre manière, tout autant que le ou les "coupables" dans ce cas ?

Voilà qui tranchera la question, je pense. Et dans le cercle de X., il ne devrait y avoir ni jugements ni critique. Si certains ont un comportement choquant, demandons-nous ce qu'il y a lieu de faire, mais cela uniquement s'ils portent atteinte à l'ensemble. Quand le désagrément ne blesse que nous, laissons tomber. Certains trouveront que c'est affecter une attitude "édifiante", mais, je vous l'assure, le cœur, l'âme et les fibres secrètes de la compassion ont des effets plus profonds que l'intellectualité. Celle-ci nous conduira tout droit en enfer si nous la laissons seule nous gouverner. Soyez-en sûr, et essayer autant que vous pouvez de répandre le véritable esprit dans toutes les directions, car autrement il y aura non seulement des échecs individuels mais le cercle, créé par H.P.B. comme un noyau de croissance possible, perdra sa vie, tombera en décomposition, échouera en aboutira à un néant.

Il est impossible d'échapper à la loi d'évolution, mais il n'est pas nécessaire qu'elle soit toujours satisfaite d'une seule façon ; si par d'autres voies le même résultat est atteint, c'est suffisant. Ainsi, il se peut que, dans l'espace d'une heure ou d'une minute, l'être qui atteint l'état d'adepte passe par d'innombrables expériences effectivement. Mais, en fait, nul ne peut devenir un adepte à moins d'avoir, au préalable, traversé à un moment quelconque les étapes exactement requises. Si vous et moi, par exemple, n'arrivons pas à l'adeptat dans ce Manvantara, nous réapparaîtrons pour reprendre le travail à un point correspondant dans le développement très supérieur du prochain cycle, quoique nous puissions alors sembler nous trouver à un degré inférieur de l'échelle — en nous considérant selon la norme qui prévaudra à ce moment.

La loi est ainsi. Aucun homme ne peut foncer en avant et se flatter d'échapper au courant opposé ; et plus il force l'allure, plus grande est la résistance du courant. Tous les membres qui travaillent dur arrivent finalement à être remarqués par la Loge et dès lors la Loge Noire est également avertie ; à partir de ce moment, des questions se posent et nous sommes éprouvés de manières subtiles qui échappent à la perception directe, mais qui sont efficaces pour démonter celui qui n'est pas préparé au combat par une attitude de pensée juste et de sacrifice de soi à la nature supérieure. Je vous le dis. Cela peut vous sembler mystérieux mais c'est la vérité ; et en ce moment même nous sommes tous appelés à ressentir les forces à l'œuvre, car au fur et à mesure que nous croissons, l'autre côté se prépare à l'opposition.

***

Soyez sûr de m'avoir bien compris en ce qui concerne le côté Noir. Je veux dire ceci : lorsque des hommes participent au travail pendant un bon moment, et s'élèvent réellement par ce travail, ils attirent l'attention des Noirs, s'ils sont d'une importance suffisante pour cela. J'ai leur attention tournée vers moi et cela provoque une difficulté de temps à autre. Dans ces conditions, ce dont nous avons tous besoin, c'est la meilleure armure pour un tel combat — et c'est la patience. La patience est une grande chose, et elle agit de plus d'une manière, non seulement dans la vie personnelle mais dans des domaines plus larges.

Votre difficulté à vous souvenir de ce que vous lisez, ou de toute autre chose, peut venir d'une ou de multiples causes. En premier lieu, elle indique le besoin d'une discipline mentale, consistant à vous obliger à lire et à penser sérieusement, ne fût-ce que pendant un court moment chaque jour. Si vous persistez, cela modifiera graduellement l'activité mentale, tout comme on peut arriver à changer le goût pour l'adapter à des genres de nourriture différents que l'on absorbe dans l'organisme. De plus, si vous êtes engagé dans la pratique de ce qu'on appelle "Mind Cure", ou "Metaphysical Healing" (42), vous devriez laisser cela de côté, car cette pratique ne fait que renforcer la difficulté dont vous parlez. C'est autre chose que la bonne discipline mentale ordinaire. En outre, si d'une manière ou d'une autre, vous êtes adepte du spiritisme, ou si vous vous livrez à des pensées, visions ou expériences psychiques, tout cela pourrait bien être cause de votre difficulté, et devrait être abandonné.

***

II n'y a aucune raison de vous désespérer. Réfléchissez à ce verset ancien : « Quelle place y a-t-il pour le chagrin, et quelle place pour le doute, dans le cœur de celui qui sait que le Soi est un, et que toutes choses sont le Soi et ne diffèrent entre elles qu'en degrés ? (43) C'est une traduction libre, mais c'est bien là le sens. Il est vrai qu'un homme ne peut s'obliger d'emblée à avoir une nouvelle volonté et une nouvelle croyance, mais en pensant beaucoup à la même chose (celle-ci par exemple) il acquerra bientôt effectivement une nouvelle volonté et une nouvelle croyance, et il en résultera force ainsi que lumière. Essayez ce moyen : il est purement occulte, simple et puissant. J'espère que tout ira bien et que, en étant ébranlés de temps en temps, nous gagnerons de la force.

***

L'article de*** tendait à prouver que H.P.B. n'enseigna pas la doctrine de la réincarnation en 1877, comme elle le fit plus tard, ce qui est tout à fait exact en ce qui concerne le public de cette époque. Mais elle me l'enseigna à moi et à d'autres : à ce moment-là comme elle l'a fait dans la suite (44). De plus, ce qu'elle voulait dire dans Isis paraît bien clair, à savoir qu'il n'y a pas de réincarnation pour la monade astrale (qui est l'homme astral) ; et puisque c'est une doctrine théosophique que l'homme astral ne se réincarne pas, sauf dans des cas exceptionnels, elle a bien enseigné à l'époque la même chose que plus tard. Personnellement, H.P.B. me parla souvent de la vraie doctrine de la réincarnation, en s'appuyant sur le cas de la mort de mon enfant : je sais donc à quoi m'en tenir sur ce qu'elle pensait et croyait.

***

Je ne puis vous donner la définition que vous me demandez car, me semble-t-il, l'esprit ne peut être défini, sinon en disant que tout l'univers est constitué d'esprit et de matière, les deux ensemble constituant l'Absolu. Ce qui n'est pas dans la matière est esprit et ce qui n'est pas dans l'esprit est matière ; mais il n'y a pas la moindre particule de matière sans esprit, ni la moindre particule d'esprit sans matière. Si cette tentative de définition est correcte, vous constaterez qu'il est impossible de définir les choses de l'esprit et c'est ce qu'ont toujours dit les grands instructeurs du passé.

***

À combien de petites choses ne passons-nous du temps, alors qu'il y en a tant d'éphémères ! Dans cent ans, à quoi tout cela aura-t-il servi ? Mieux vaudrait que dans cent ans aient été établis un principe de liberté et une impulsion au travail. Les petites erreurs d'une vie ne sont rien, mais le bilan général de la pensée est fort important [...] Rien ne compte autant pour moi que l'esprit non sectaire : H.P.B. est morte pour l'instaurer, et voilà qu'il est maintenant menacé dans sa propre maison. N'est-il pas vrai que les Maîtres ont défendu à Leurs chélas de révéler sous quels ordres ils agissaient, par crainte de l'ombre profonde qui suit toutes les innovations ? Oui [...]

***

Suis bien triste d'apprendre que votre santé n'est pas bonne. En réponse à votre question, je puis vous dire qu'un corps sain n'est pas exigé, parce que notre race est en mauvaise santé sous tous rapports. Naturellement, une attitude mentale et morale correcte finira par donner un corps en bonne santé, mais le processus peut impliquer la maladie —et c'est souvent le cas. En conséquence, la maladie peut être une bénédiction sur deux plans : l° sur le plan mental et moral, en amenant la nature à s'ouvrir et 2° sur le plan physique, en permettant à une maladie interne affectant l'être intérieur de se décharger sur ce plan.

***

Le problème du sexe n'est pas le plus difficile. Bien plus dure à résoudre est la question personnelle. Je veux dire la question purement personnelle, celle qui concerne le "moi". La question sexuelle, en réalité, a trait exclusivement à une satisfaction du plan inférieur. Si la Nature peut vous battre sur ce terrain, elle n'a plus besoin d'essayer de le faire sur l'autre ; et vice versa ; si elle échoue dans la question personnelle, elle pourra tenter de réussir dans l'autre domaine, mais cette fois avec peu de chances de succès.

***

[Cher Hargrove] (45)

[...] Nous différons tous les uns des autres et devons accepter de ne pas avoir le même point de vue, car c'est uniquement par un ajustement des contraires que l'on peut atteindre l'équilibre (l'harmonie). L'harmonie ne naît pas de l'identité de toutes les parties [...] Si seulement les gens veulent bien se laisser mutuellement en paix et s'occuper tranquillement de leurs propres affaires, tout ira bien [...] C'est le devoir de chacun d'essayer de trouver son propre devoir et non de s'immiscer dans celui d'autrui. Et, en cela, il est de la plus haute importance que nous détachions notre mental (ainsi que notre langue) des devoirs et des actes d'autrui quand ceux-ci sont sans rapport avec les nôtres. Si vous pouvez découvrir cette ligne subtile de partage entre action et inaction, vous aurez fait un grand progrès.

***

Ne vous arrêtez pas un seul instant à considérer votre progrès, car c'est le bon moyen de l'arrêter ; mais libérez votre mental du souci de votre progrès, et faites de votre mieux. J'espère que vous pourrez avant longtemps acquérir cet état d'esprit que vous désirez si ardemment. Je pense que vous y parviendrez si vous voulez bien détourner votre mental autant que possible de vous-même et le diriger avec force vers quelque action à accomplir pour autrui, ce qui, avec le temps, détruira l'impression du moi.

***

Je regrette infiniment tous ces problèmes et ces difficultés qui vous assaillent. Il va sans dire que tout cela est question de karma et finira par s'amender dans le cours du temps. En attendant, votre travail et votre devoir consistent à poursuivre toujours votre effort avec patience et persévérance. Les soucis de vos amis et parents ne font pas partie de votre karma, bien qu'ils lui soient intimement liés par le fait de cette amitié et de cette parenté. Dans la vie de tous ceux qui aspirent aux choses supérieures, il se passe une précipitation plus ou moins rapide d'ancien karma, et c'est ce qui est en train de vous arriver. Cela passera bientôt et vous aurez gagné beaucoup en vous trouvant débarrassé d'une affaire désagréable.

***

Étant donné qu'il faut plus d'une vie à un être pour surmonter la nature personnelle, il ne sert à rien d'imaginer à quoi ressembleront, à ce moment-là, les pensées et les choses. Il est certain que, dans le long voyage, tandis que toute la nature change, elle s'adapte à toutes les conditions. Bien des choses que nous appelons les malheurs des autres ne sont vraiment rien du tout — rien d'autre que des maux superficiels. Le véritable malheur de la race ce n'est pas cela.

***

En réservant un moment particulier pour la méditation, une habitude se crée et, à mesure que le temps passe, le mental finit par prendre le pli et, dès lors, la méditation au moment choisi devient naturelle. C'est pourquoi il est bon que vous gardiez toujours la même heure, autant que possible.

***

Vous demandez si j'étais à Y., où vous m'avez vu. Laissez-moi vous dire quelque chose en confidence. Je me trouve en tous lieux, mais naturellement surtout aux endroits où vous êtes vous-même, ***, et d'autres du même genre, mais il n'est pas nécessaire que je m'en souvienne de quelque manière, car cela se fait sans cette contrainte, vu que ce cerveau a suffisamment à faire ici. Pour me souvenir, il faudrait que je me retire et me consacre spécialement à cela — ce qui n'améliorerait pas les choses.

***

Un cours de grande École n'est pas nécessaire pour l'Occultisme. L'un des meilleurs occultistes que je connaisse n'a jamais été au collège. Mais si un homme ajoute une bonne instruction à l'intuition, et à une aspiration élevée, il est naturellement mieux loti qu'un autre. J'ai constamment l'habitude de consulter le dictionnaire et de réfléchir à la signification des mots et à leurs corrélations. Faites de même. C'est un bon exercice.

***

L'ancienne mission des Rosicruciens, bien que morte en apparence, ne l'est pas en réalité, car les Maîtres y prirent part comme Ils le font dans notre Mouvement ; et il se pourrait que l'on voie commencer une nouvelle ère d'occultisme occidental, loin de toute divagation. Nous devrions tous nous y préparer, si cette possibilité se confirme.

Au sujet des images que vous voyez, observez-les avec indifférence, en vous reposant toujours sur le Soi Supérieur et en vous tournant vers lui pour recevoir connaissance et lumière — que des images vous apparaissent ou pas.

Notes

  • (38) [Ce paragraphe a été publié séparément dans le Cahier Théosophique n°145, pp.3-4. Il répond à une question d'un correspondant : « J'aimerais que l'on m'indique une pratique concrète comme base pour commencer dans la discipline de soi. » ]
  • (39) [À l'époque, courait la rumeur (erronée) qu'un éteignoir s'abattrait à la "date" fatidique de 1897. Voir la lettre 15, ainsi que deux articles de Judge : "L'aide des Maîtres sera-t-elle suspendue de 1898 à 1975 ?" et "Le Cycle qui s'achève", publiés dans le Cahier Théosophique n°91.]
  • (40) [Ce paragraphe se trouve également dans le Cahier Théosophique n°145, p.9. Il répond à l'interrogation suivante : « ... il est question d'une date future marquant le retrait de certains aspects de l'influence des Adeptes, et il est dit que ceux qui n'auront pas franchi les obstacles avant cette date devront attendre jusqu'à leur prochaine incarnation. Faut-il nécessairement avoir la perception que l'on a progressé suffisamment loin ? Doit-on en être conscient ? Si c'est le cas, je ne fais pas partie, pour ma part, de ces personnes. » ]
  • (41) [CF. La Voix du Silence, Traité 2, pp.48-50.]
  • (42) [Littéralement : "cure mentale" et "guérison métaphysique".]
  • (43) [Cf. Isha Upanishad, v. 6, 7.]
  • (44) Voir "Isis Dévoilée et la Réincarnation", article de W.Q. Judge publié dans le Forum, en octobre 1893 (republié dans Theosophy, vol. 15, p. 132). Voir également ce que H.P.B. elle-même a écrit dans son article "Isis Dévoilée et le Theosophist à propos de la Réincarnation", publié dans le Theosophist d'août 1882, ainsi que "Théories sur la réincarnation et les esprits", dans le Path de novembre 1886. (N.d.E.) [N.B. - Ce dernier article a été publié en français dans le Cahier Théosophique n° 88.]
  • (45) (Extrait d'une lettre datée de novembre 1893.]

À propos du travail (↑ sommaire)

[Mon cher Hargrove] (46 )

[...] Oui, l'affaire Old (47) est déjà "dépassée", une vieille histoire sans intérêt. J'ai remarqué que le travail était payant. Pendant que les autres s'énervent et s'agitent, et dorment, et de temps en temps se mettent à critiquer, si vous persistez invariablement dans le travail, en laissant le temps, le grand dévoreur, faire l'autre aspect de l'ouvrage, vous remarquerez qu'au bout de peu de temps les autres se réveilleront pour découvrir qu'ils ne sont plus "dans le coup", comme on dit au pays de l'argot. Faites donc de cette façon. Votre propre devoir est déjà assez difficile à trouver : en vous y consacrant, vous en tirez bénéfice, aussi insignifiant que puisse être ce devoir. Le devoir d'autrui est plein de danger. Puissiez-vous avoir la lumière qui vous permette de voir et d'agir ! [...] Dites à H.T. Edge (48) de garder en vue de travailler, afin de faire de lui-même un instrument pour un bon travail. Les temps changent, les hommes vont et viennent ; et les places ont besoin d'être occupées par ceux qui peuvent faire la meilleure sorte de travail, qui sont pleins du feu de la dévotion et ont la juste compréhension, avec une base sûre et solide pour eux-mêmes. Amitiés à tous.

***

Je suis réellement désolé que tant d'efforts de votre part pour influencer la presse publique aient été vains, mais j'ai la conviction que vous finirez pas réussir. Je suis porté à croire que vous vous apercevrez, presque certainement, que des articles originaux écrits par des théosophes du cru seront plus facilement acceptés par les journaux que si vous leur envoyez des articles ayant déjà été publiés.

Ils auront plus de couleur locale et par conséquent présenteront un plus grand intérêt local [...] Je suis sûr que, grâce à un travail persistant et continu tel que vous l'accomplissez, vous arriverez à votre but, et que même les journaux les plus conservateurs trouveront qu'il est de leur intérêt d'insérer ces articles.

***

Tous deux, *** et ***, sont des éléments faibles et à moitié corrodés. Cela est dû aux causes suivantes : a) le commérage sur autrui, y compris sur moi-même et d'autres, dans les trois pays ; b) l'élément personnel ; c) par-dessus tout, le manque de foi réelle dans les Maîtres, car partout où elle n'est pas forte le travail périclite ; d) une sorte de crainte de l'opinion publique ; e) une compréhension incomplète des vérités élémentaires, et ainsi de suite.

Tenez-vous à ceci : la bonne façon c'est de faire tout ce que vous pouvez sans vous soucier des résultats. Vous n'avez rien à voir avec les résultats ; on y veillera de l'autre côté. Nous en sommes réellement au couronnement du travail des âges, et ce serait, en vérité, bien minable si la Loge devait dépendre uniquement de nos piètres efforts. En conséquence, poursuivez donc votre tâche, toujours dans l'esprit qu'il suffit d'aller de l'avant, en abandonnant le reste au temps et à la Loge. Si tous les autres membres avaient cette même idée, l'ancienne S.T. s'en porterait mieux. Mais espérons toujours, car, de toute façon, nous avons quelques-uns de ses membres et cela vaut mieux que de n'en avoir aucun.

Vous avez raison également en ce qui concerne la Doctrine Secrète : c'est une mine et elle est la revue destinée au guerrier-théosophe — mot qui décrit bien ce que nous sommes, vous et moi, et quelques autres.

***

Soyons tous aussi silencieux que nous le pouvons, et travaillons, travaillons ; car pendant que l'ennemi se déchaîne, il perd du temps, tandis que le travail accompli apparaît dans toute sa lumière lorsque tout est fini : c'est alors que nous pouvons nous apercevoir que pendant que l'ennemi combattait, nous étions occupés à bâtir. Que ce soit là notre mot de passe [...] J'espère qu'aucune âme faible ne sera ébranlée sur ses bases. Si chacun s'appuie sur ses propres bases, nul ne sera ébranlé.

***

Notes

  • (46) [Extrait d'une lettre datée de New York, 18 août 1893.]
  • (47) [Allusion à une attaque de Walter R. Old contre Judge, publiée par Olcott dans le Theosophist.] (48) [L'un des jeunes travailleurs au Quartier Général de Londres.]

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