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"Lettres qui m'ont aidé", Théosophie, Société Théosophique, Maîtres

Sommaire :

À propos de la Théosophie et la S.T. (↑ sommaire)

Tout travail fait par l'un quelconque d'entre nous, où qu'il se trouve, va dans le sens de l'intérêt et du bénéfice de la S.T. tout entière, et c'est la raison pour laquelle nous savons que nous sommes unis.

Le Soi est un et tout puissant, mais il doit arriver de temps en temps, à celui ou celle qui cherche, d'éprouver l'étrangeté de conditions nouvelles ; ce n'est pas une raison d'avoir peur. Si le mental est constamment fixé sur le Soi et n'en est pas détourné, il arrive à voir le Soi en toutes choses, quelles qu'elles soient, et alors, un jour, la peur doit finir par se dissiper. Je vous conseillerais donc d'étudier et de méditer la Bhagavad-Gîtâ, le livre qui m'a fait plus de bien que tous les autres ouvrages, de tous les genres possibles, et qui est celui qu'on peut étudier tout le temps.

Cela vous fera plus de bien que n'importe quoi d'autre, si les grands enseignements sont assimilés silencieusement et appliqués à l'action, car ce livre va à la racine même des choses et donne la vraie philosophie de la vie.

Si vous essayez de mettre en pratique ce que vous considérez comme vrai dans votre vie intérieure, vous serez plus aptes à recevoir des pensées qui vous aident, et la vie intérieure deviendra une plus grande réalité. J'espère avec vous que votre foyer deviendra un centre énergique de travail pour la Théosophie.

* * *

[1893]

Vous désirez connaître la situation intérieure de la S. T. Eh bien ! la voici : nous y avons tous travaillé, durant dix-huit ans, et la S.T., en tant qu'organisme, a son karma, tout comme chaque individu qui la compose. Bien entendu, ceux qui y ont travaillé le plus activement ont leur propre karma et se sont portés à un point qui est en avance par rapport à la S. T. Si les Branches sont faibles dans leur connaissance de la Théosophie, dans leur mise en pratique de ses préceptes et leur compréhension de l'ensemble, le corps de la S.T. est dans la situation de l'enfant qui a grandi trop vite pour ses forces ; si c'est le cas, alors il traversera forcément une crise. Pour ma part, je ne souhaite pas une grande précipitation quelconque, car je sais trop bien à quel point sont faibles même ceux qui sont anciens dans la S.T. Quant aux individus isolés, disons vous-même, ***, et ainsi de suite : par l'effet d'un travail soutenu et indépendant, vous vous êtes introduits dans le royaume intérieur, là même où, peut-être, vous commencerez bientôt à attirer l'attention des Magiciens Noirs, qui alors essaieront de vous abattre. Ainsi donc prenez garde. Des tentatives seront faites silencieusement pour susciter l'irritation, et l'augmenter là où elle existe déjà. Si bien que la seule chose à faire c'est de vivre autant que possible au niveau de la nature supérieure, et d'étouffer chacun en soi-même les petites ébullitions futiles de la nature inférieure auxquelles d'ordinaire on ne fait pas attention ; c'est ainsi que la nature entière se fortifie et que les efforts de l'ennemi sont anéantis. Ceci est de la plus haute importance et, si l'on n'y prend pas garde, le résultat sera désastreux. C'est ce que j'avais en vue dans toutes les lettres que je vous ai écrites, à vous et aux autres. J'espère que vous pourrez mettre la main ici et là sur des hommes qui adopteront le point de vue juste, vrai et solide, et qui seront ainsi à même de rester après vous, comme de bons éléments et de bons agents.

* * *

Quand j'étais à Z., j'ai envisagé, avec vous et d'autres, le projet de communiquer la Théosophie aux ouvriers. A-t-on fait quelque chose dans ce sens ? II faut la présenter d'une manière simple. Elle peut être comprise. C'est une chose importante. Voyons si ce projet est irréalisable ; vous avez tous promis de vous y consacrer. Pourquoi ne pas faire, comme jadis l'homme de la Bible : laisser de côté tous ces gens qui ne veulent pas venir, pour aller vers les marginaux et les déshérités (32) ? D'ailleurs, je suis certain que, si l'on savait les prendre, beaucoup de personnes qui croient à la Théosophie, mais ne veulent pas se ranger sous sa bannière, aideraient un tel mouvement en voyant que cela demanderait de parler aux pauvres et de leur donner une bonne matière à réflexion. Si c'était nécessaire, je tiendrais une réunion chaque soir, mais je ne leur donnerais pas d'abstractions. Si possible, ajoutez de la musique, etc. Faites-moi connaître vos idées. Le temps poursuit ses cycles, et de nombreux changements sociaux étranges sont en préparation.

* * *

J'ai reçu votre longue lettre de *** : vous avez raison en ce qui concerne la conduite des Branches. Aucune d'elles ne doit dépendre d'une seule personne — ou même de deux ou trois — sinon elle s'effondrera, à coup sûr. Il est arrivé ici que l'on se repose sur moi pendant longtemps, mais l'affection qui a altéré ma voix durant un an fut une bonne chose car elle a amené les autres à se mettre en avant. *** est assez bien dans ce qu'il fait, mais il devrait certainement se former à quelque chose de plus que ses conférences, car la S.T. a besoin d'une tête autant que d'une langue ; et si un homme sait qu'il ne vaut rien en affaires, il devrait s'obliger, bon gré mal gré, à s'instruire dans ce domaine, et ainsi recevoir une bonne discipline. Nous avons grand besoin partout de quelques vrais enthousiastes ; mais tout cela viendra en son temps. La chose essentielle pour les membres est d'étudier et de connaître la Théosophie, car, s'ils ne la connaissent pas, comment pourront-ils en communiquer quelque chose aux autres ? Naturellement, en toutes circonstances, la plus grosse part du travail retombe sur le petit nombre, comme c'est toujours le cas ; cependant, il faut faire un effort, comme vous le dites, afin de découvrir de nouveaux éléments.

* * *

[...] Je suis abondamment persuadé que vous avez tout à fait raison en disant que ce sont les Branches qui travaillent qui deviennent florissantes tandis que celles qui s'adonnent à des "discussions de salon" périclitent et dépérissent. Vous êtes allé droit au cœur de la question. Je suis également bien d'accord avec vous, de cœur et d'âme, sur ce que vous dites, concernant la politique qui consiste à dissimuler timidement la Théosophie et à manquer de conviction en la présentant au public. Il n'y a rien à gagner à une telle politique et l'expérience prouve que l'énergie et la décision sont essentielles à tout progrès réel.

* * *

Vous avez tout à fait raison, je pense, d'essayer d'amener tous les membres à travailler à leur progrès individuel, en travaillant pour leurs Branches. En agissant ainsi, ils s'assurent une sauvegarde supplémentaire, tout en contribuant à former un centre d'où peut rayonner la pensée théosophique, afin d'apporter aide et encouragement aux autres qui ne font que commencer leur ascension.

* * *

Je vois que vous exprimez exactement mon point de vue, c'est-à-dire que l'A.B.C. de la Théosophie devrait être enseigné tout le temps, et cela non seulement pour les nouveaux venus, mais aussi pour les membres qui, je m'en rends bien compte, ne sont pas si avancés qu'ils n'aient plus jamais besoin que d'études profondes. Et c'est précisément parce que les membres n'ont pas une base solide qu'ils ne sont pas capables eux-mêmes de mieux attirer ceux qui cherchent. Comme vous le dites, si les simples vérités appliquées pratiquement, telles qu'on les trouve dans la Théosophie, sont présentées au public, vous attirerez certains éléments du meilleur genre — de vrais travailleurs et des membres de valeur. Et la Théosophie peut être le mieux présentée, sous une simple forme, par quelqu'un qui a bien maîtrisé ses principes fondamentaux, ainsi que "la nature de l'Absolu". C'est justement cette façon de flotter dans les nuages qui empêche parfois une Branche de progresser. Et je suis tout à fait d'accord avec vous également sur ce point : si la politique dont je viens de parler devait entraîner temporairement la perte de quelques personnes, ce serait une bonne chose, car vous en trouveriez d'autres qui viendraient prendre leur place. Et si je puis être d'accord avec vous, c'est que je m'appuie en outre sur une expérience réelle.

* * *

Vous ne devez pas le moins du monde vous excuser d'attirer mon attention sur la question de votre entrée dans la Société Théosophique. C'est mon grand désir et privilège de donner à tout chercheur sincère les renseignements dont je peux disposer et il n'y a certainement pas de plus grande joie que de favoriser les progrès intérieurs d'un étudiant et aspirant sérieux. Je trouve que vous avez parfaitement raison de souhaiter vous identifier avec la Société Théosophique, non seulement parce que c'est la démarche naturelle qui s'impose à toute personne sincèrement intéressée, mais aussi parce que chaque membre nouveau, pénétré de l'esprit voulu, fortifie l'organisme dans sa marche en avant et dans sa tâche.

En profitant d'une opportunité d'introduire la Théosophie dans la presse courante, vous faites exactement le genre de travail qui est réellement inestimable pour la Société et que je sollicite avec tant d'insistance de nos membres. C'est de cette façon que vraiment beaucoup de gens peuvent être atteints (qui autrement seraient tout à fait inaccessibles), et l'importance du bienfait que peut produire une semence ainsi répandue dépasse notre compréhension. Vous avez mon approbation cordiale et tout mon encouragement pour votre travail et je suis très certain qu'il ne manquera pas de porter ses fruits.

* * *

NEW YORK, 11 octobre 1892 - Nous sommes dans l'ère de l'Occultisme Occidental. Nous devons maintenant nous tenir ensemble, épaule contre épaule aux États-Unis, pour le présenter au public et le répandre en nous préparant à tout ce qu'on ne va pas manquer de nous lancer, sous forme d'attaques qui auront pour objectif d'essayer de nous imposer des disciples uniquement orientaux. Les Maîtres ne sont ni orientaux, ni occidentaux, mais universels.

* * *

Je serai heureux de vous donner tous les renseignements possibles relatifs à la Théosophie et à la Société Théosophique, mais je pense que vous faites erreur en supposant que le but de l'une ou de l'autre consisterait à encourager l'étude de ce qui est connu comme les Arts Occultes. La connaissance relative aux forces subtiles de la Nature et leur maîtrise ne sont pas de ces choses qu'il faudrait rechercher à notre stade élémentaire de progrès ; de plus, en supposant qu'elle fût possible, une telle réalisation ne serait guère souhaitable pour une personne, quelle qu'elle soit, qui n'aurait pas entièrement compris et assimilé les principes de la Théosophie elle-même.

Le simple désir d'obtenir des pouvoirs est une forme d'égoïsme : il ne reçoit aucun encouragement de la part de nos Instructeurs. Mme Blavatsky exposa très clairement ce sujet, en vérité, dans un article publié dans la revue Lucifer, sous le titre " l'Occultisme et les Arts Occultes" (33). Quand des personnes dépourvues d'un sérieux entraînement préliminaire, selon la discipline de la Religion-Sagesse authentique, cherchent à acquérir une connaissance sur le plan occulte, elles ont toutes les chances de tomber dans la magie noire, à cause de leur inexpérience et de leur culture inadéquate. Je n'ai pas le pouvoir de vous mettre en rapport avec un adepte qui vous guiderait dans un programme d'études occultes ; et si la chose était possible, ce ne serait pas un service à vous rendre. La Société Théosophique n'a pas été créée pour un but quelconque de ce genre, et sûrement nul n'a pu recevoir d'instruction d'un adepte avant d'avoir été mûr pour cela. En d'autres termes, il a fallu que le candidat subisse un long entraînement préliminaire pour acquérir connaissance, contrôle de soi et maîtrise de la nature inférieure, avant d'être apte, de quelque manière, à recevoir une instruction sur les plans supérieurs. Ce que je vous recommande de faire, c'est d'étudier les principes élémentaires de la Théosophie et d'arriver à vous faire une idée de ce qu'est votre propre nature en tant qu'être humain et en tant qu'individu ; mais abandonnez complètement toute ambition de connaissance des pouvoirs qui serait prématurée à votre niveau actuel de développement, et corrigez toute la conception que vous vous faites de la Théosophie et de l'Occultisme.

Notes,

(32) [L'expression "the byways and hedges" évoque tous les gens qui n'étaient pas dans la norme de la "bonne société" de l'époque.] (33) [Lucifer, mai 1888. Titre original : "Occultisme versus the Occult Arts", publié en français dans Râja Yoga ou Occultisme.]

À propos des Maîtres (↑ sommaire)

Je pense que la voie pour tous les théosophes occidentaux passe par H.P.B. Mon idée est celle-ci : étant donné qu'elle est la S.T. incarnée — puisqu'elle est sa mère et sa gardienne, sa créatrice — les lois karmiques devraient naturellement prévoir que ceux qui ont tiré cette vie d'elle lui appartiennent, et que, s'ils la renient, ils n'aillent jamais espérer atteindre [les Maîtres] car, comment pourraient-ils renier celle qui apporta cette doctrine au monde occidental ? II ne leur sert pas à grand-chose de partager son karma s'ils pensent pouvoir ignorer cette identification et ce privilège ; et [les Maîtres] n'ont pas besoin de meilleure preuve qu'un homme ne comprend rien à leur philosophie : il va de soi que cela lui interdirait l'accès au but visé, par l'effet des lois naturelles (de croissance). Je ne veux pas dire que, dans le sens usuel des affaires, H.P.B. devrait prendre en considération leurs requêtes ou leurs mérites : je veux dire que ceux qui ne comprennent pas la relation mutuelle fondamentale qui existe entre eux et H.P.B., qui sous-estiment le don qui vient d'elle, et sa création, ne se sont pas imprégnés de son enseignement et ne peuvent en assimiler les bienfaits.

Il faut la comprendre dans ce qu'elle est pour la S.T., ou bien on ne comprend pas ce qu'est karma (la loi de compensation, ou de cause et d'effet), ni les premières lois de l'Occultisme. Les gens devraient réfléchir à ceci : nous avons trop tendance à croire que les événements sont dus au hasard et sont sans rapport avec nous — chaque événement est cependant un effet de la Loi.

* * *

Ce qu'il faudrait faire c'est essayer de réaliser que l' "Âme-Maîtresse est une" (34), avec tout ce que cela implique ; savoir ce que signifie l'enseignement antique : « Tu es Cela ». Si nous y parvenons, nous pourrons impunément identifier notre conscience avec celle de n'importe quoi dans la nature ; mais pas avant. Mais pour y arriver c'est toute une vie de travail et, auparavant, il nous faut épuiser tout karma, c'est-à-dire remplir tout notre devoir ; nous devons vivre pour autrui et alors nous découvrirons tout ce que nous devrions savoir, et non pas ce que nous aimerions savoir.

* * *

La dévotion et l'aspiration aideront — et aident certainement — l'étudiant à se placer dans l'attitude mentale appropriée et à s'élever à un plan supérieur ; également, l'une et l'autre lui assurent une aide qui pour lui est invisible, car dévotion et aspiration mettent l'étudiant dans une condition où une aide peut lui être apportée, quoi qu'il puisse encore en être inconscient. Mais la communication consciente avec son Maître ne peut être réalisée qu'après une longue période d'entraînement et d'étude. Ce qu'un étudiant doit faire, et qui est à sa portée, consiste à se préparer à recevoir cet entraînement.

* * *

Le moment où vous serez reconnu par un Guru viendra lorsque vous serez prêt, mais le conseil que je vous donnerais ce serait, si possible, de rejeter loin de vous le désir de cette reconnaissance, car un tel désir vous retarderait. Si vous voulez lire la Bhagavad-Gîtâ, surtout les chapitres II et III, je pense que vous y trouverez beaucoup d'aide. Voici ce qu'elle dit : « Fais donc en sorte que le motif de l'action soit dans l'action même et non pas dans son issue. Que jamais l'espoir de la récompense ne t'induise à l'action [...] accomplis ton devoir [...] et, en écartant de l'action tout désir de profit personnel, sois indifférent au résultat, qu'il soit heureux ou malheureux. » (35) II est tout naturel qu'un étudiant aspire à être reconnu par un Maître, mais il faut écarter ce désir et accomplir le travail qui se présente devant nous. De plus, chacun sait bien que l'effet suit la cause ; par conséquent, quel que soit notre dû, nous le recevrons en temps voulu.

* * *

Tout chéla (et c'est ce que nous sommes tous dès que nous en prenons la décision) rencontre les mêmes difficultés. Patience donc, et fermeté ! Car une incarnation sans problèmes n'est pas toujours bonne. Le royaume des cieux se conquiert uniquement par la violence, et non par la faiblesse dans l'attaque. Votre aspiration constante nourrie en secret vous a conduit au point où précisément ces difficultés arrivent à tous. Consolez-vous à la pensée que d'autres se sont trouvés dans la même situation, et en sont sortis grâce à la patience et à la fermeté [...] Fixez à nouveau vos pensées sur ces Frères Aînés, travaillez pour Eux, servez-Les et Ils vous aideront par les bons moyens appropriés et par nul autre. Il est difficile de méditer sur le Soi Supérieur. Aussi, cherchez le pont : les Maîtres : « Cherche la vérité par une puissante recherche », par une attitude de service et de questionnement, et « Ceux qui connaissent la Vérité te la communiqueront. » (36) Abandonnez le doute et dressez-vous là où vous êtes, avec patience et fermeté. « Laisse combattre le guerrier, l'aimable mais aussi féroce Krishna, qui lorsqu'il te reconnaîtra comme son disciple et ami te révèlera la Vérité et dispersera les ténèbres avec la lampe brillante de la connaissance spirituelle. » (37)

* * *

Les attaques ne peuvent blesser, il faut nécessairement qu'elles se produisent, mais tout ce que nous avons à faire c'est de continuer sans dévier à travailler avec constance, et les Maîtres veilleront au reste. Car ce qui est fait en Leur Nom est amené à réussir. Tout ceci est arrivé parce que j'ai voulu proclamer ma croyance personnelle dans l'existence de ces êtres de grandeur. Ainsi, remettons-nous en route avec la confiance qu'inspire la connaissance de la sagesse des Chefs Invisibles : allons de l'avant une fois de plus, séparément, en retournant au travail, même si nous ne devions pas nous revoir avant une autre incarnation. Mais, en nous rencontrant alors, nous serons d'autant plus forts que nous aurons gardé confiance maintenant.

* * *

Je suis heureux que vous ayez une telle foi dans les Grands Travailleurs qui sont derrière nous. Ils sont effectivement derrière nous à ma connaissance personnelle — non pas seulement derrière moi mais derrière tous les travailleurs sincères. Je sais que leur désir est que chacun écoute la voix de son soi intérieur et ne dépende pas trop des gens de l'extérieur, qu'il s'agisse des Maîtres, de disciples orientaux, ou d'autres encore. En dépendant ainsi de votre soi, vous arrivez à devenir entièrement indépendant et les aides invisibles peuvent alors d'autant mieux apporter leur assistance.

* * *

Nous sommes tous humains et, par conséquent, faibles et pécheurs. Si, d'un certain point de vue, nous sommes meilleurs que d'autres, eux-mêmes sont meilleurs que nous d'une autre manière. Il serait présomptueux de notre part de juger les autres d'après nos propres critères. [...] Sommes-nous si sages que nous n'agissons jamais de façon insensée ? Pas du tout. [...] En fait, je suis arrivé à la conclusion qu'en notre dix-neuvième siècle un serment ne vaut rien parce que chacun se réserve le droit de le violer s'il découvre, après un certain temps, que ce serment lui devient insupportable, ou qu'il l'amène à adopter une attitude qui ne s'accorde plus avec ce qu'il a pu dire ou faire à un autre moment [...]. Dans le cas de *** [...] chacun ne devrait en penser que tout le bien possible, peu importent les évidences. Eh bien, si les Maîtres devaient nous juger exactement d'après ce qu'Ils doivent savoir que nous sommes, alors adieu tout de suite ! Nous serions tous invités à faire nos bagages. Mais les Maîtres nous traitent avec bonté malgré la connaissance plus grande qu'Ils ont de nos fautes et de nos mauvaises pensées, dont personne n'est encore exempt. C'est mon opinion et vous me feriez plaisir si vous pouviez arriver à la partager aussi, et à la répandre parmi ceux de l'intérieur qui ne s'y tiennent pas. Il est facile de bien faire pour ceux que nous aimons : c'est notre devoir de nous obliger à bien agir et à bien penser à l'égard de ceux que nous n'aimons pas. Les Maîtres disent que notre pensée suit des ornières toutes tracées et que bien peu d'entre nous ont le courage de les combler et d'emprunter d'autres chemins. Essayons donc, nous qui sommes disposés à faire l'effort dans ce sens, de remplir ces ornières et de créer des habitudes de pensées nouvelles — et meilleures.

* * *

[...] Gardez votre courage, votre foi et votre charité. Ceux qui, dans une certaine mesure, peuvent assimiler le Maître, dans cette mesure-même sont les représentants du Maître et reçoivent l'aide de la Loge dans son travail [...] Tenez bon, brave cœur ! Soyez fort, hardi et bon, et répandez votre force et votre audace.

* * *

H.P.B. disait alors que c'était par nos chutes et nos échecs que nous apprenions, et que nous ne pouvions espérer être du premier coup grands et sages, et parfaitement forts. Elle, et les Maîtres derrière elle, s'attendaient à ce genre de croissance pour nous tous ; elle et Eux n'ont jamais souhaité que quiconque d'entre nous se mette à travailler aveuglément, mais Leur désir a été uniquement que nous travaillions en étant unis.

* * *

En 1890, H.P.B. m'écrivait : « Soyez plus charitable pour les autres que pour vous-même, et plus sévère pour vous-même que pour les autres. » C'est un bon conseil. Une tension affaiblit toujours les fibres et produit une friction. J'espère que toutes les incompréhensions se dissiperont.

* * *

Notes

  • (34) [Cf. La Voix du Silence, Traité 2, p. 61.]
  • (35) [Cf. Bhagavad-Gîtâ, 2, 47-48.]
  • (36) [Cf. Bhagavad-Gîtâ, 4, 34.]
  • (37) [Dans cette phrase de conclusion, Judge réunit des enseignements de la Lumière sur le Sentier (Livre 2, règles 2 et 4) et de la Bhagavad-Gîtâ (10, 2).]

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