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"Lettres qui m'ont aidé", Introduction

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Livre 1

Un besoin réel à un tournant historique

À notre époque de grande effervescence de la pensée, et d'authentique quête spirituelle, la réédition de ces Lettres vient à point nommé pour combler un grand vide et répondre à un égal besoin.

Les signes de notre temps semblent formels : un continent nouveau est en train d'émerger lentement des brumes de l'inconnu ; cette fois, cependant, il ne s'agit plus d'une de ces terres lointaines où abordent de hardis pionniers, c'est l'immense face cachée de l'Homme qui se découvre indistinctement, avec ses extraordinaires promesses de richesses, recélées depuis des millénaires à l'intérieur même de l'être sans doute le plus étrange de l'univers ; c'est également un monde d'énergies, aux potentialités inouïes, dont on pressent qu'elles pourraient aussi bien devenir destructrices qu'ouvrir des perspectives de création proprement divines.

Cependant tous les indices révélateurs nous parviennent aujourd'hui d'horizons fort divers. Explorateurs des états modifiés de conscience, parapsychologues, spécialistes des psychologies nouvelles, neurophysiologistes, et même physiciens de pointe mêlent leurs voix à celles des représentants des traditions religieuses d'Orient et d'Occident pour tenter de décrire les contours et la dynamique de cet « homme invisible » , et préconiser des moyens de l'atteindre. Salutaire par la multiplicité des informations recueillies, la diversité même des lignes de recherche fait ressortir l'extrême complexité du grand problème abordé. L'heure est encore bien loin où l'on pourra réunir, en une vaste synthèse cohérente, les contributions constructives de tous les témoins de l'ère nouvelle : manque encore, .pour longtemps sans doute, la carte détaillée de la Terre promise.

Ce qui ne va pas sans danger. Il y a risque permanent de confusion des catégories. À peine change-t-on de mode de conscience, voyage-t-on « dans l'astral » , ou revit-on ses « incarnations » antérieures par l'une des techniques à la mode, que l'on est tenté de se croire parvenu au but. Et souvent l'on s'imagine parcourir le sentier spirituel alors que l'on ne fait encore que se débattre avec les énergies du psychisme — ou simplement prendre son plaisir à leur contact. Au fond, la majorité des méthodes proposées de nos jours pour opérer dans l'individu la grande métamorphose semble viser plus à satisfaire un besoin d'épanouissement et d'équilibre de l'être qu'à entamer en lui l'emprise du moi personnel, afin de libérer le dieu intérieur potentiel. Bien souvent la quête d'Absolu, ou la soif de libération « à l'Orientale » , n'est qu'une fuite, ou une version renouvelée de la recherche du salut, pour soi. Également, en l'absence de critère de reconnaissance, on en viendrait à mettre sur le même pied le chaman sibérien, le mystique illuminé, et le Maître de Sagesse parvenu au terme du sentier. À l'évidence, une science réelle de l'être humain dans tous ses aspects — et ses rapports avec l'univers — fait encore cruellement défaut.

Mais faudrait-il construire cette science de toutes pièces ? Croirait-on que les initiés de tous les temps, les « athlètes de l'Esprit » qui passent pour avoir gagné les cimes les plus sublimes du Continent ignoré n'ont été que des empiriques, d'audacieux aventuriers progressant à vue dans des territoires vierges ? En réalité, il y a de bien fortes chances que cette science existe depuis longtemps et qu'elle soit toujours à la disposition du chercheur sincère qui remplit les conditions requises pour en être instruit. C'est la conclusion que l'on tire de l'exemple donné par les grands pionniers spirituels — et de leur enseignement. C'est en tout cas ce qu'affirme avec force William Q. Judge, l'auteur des présentes Lettres.

Une manœuvre d'urgence au siècle dernier

L'histoire se répète : vers la fin du XIXe siècle, l'humanité traversa déjà une crise spirituelle dont celle que nous vivons maintenant n'est qu'une résurgence, dans un contexte évidemment renouvelé. Menacé dans sa conscience profonde par les progrès d'une recherche scientifique triomphante, tout inspirée de matérialisme, et destructrice pour les positions dogmatiques d'une religion attachée depuis des siècles à la lettre de ses Écritures, l'homme de cette époque, qui croyait encore intuitivement à l'immortalité de son être, ne semblait alors avoir d'autre refuge que dans une foi inconditionnelle — ou dans le spiritisme, qui prétendait donner les preuves expérimentales de la survivance de l'âme.

C'est à ce moment — en 1875, plus précisément — que fut lancé un mouvement spirituel nouveau, sous l'impulsion d'une femme tout à fait exceptionnelle pour son siècle, Helena Petrovna Blavatsky. À cette heure, W.Q. Judge, encore très jeune, venait de se ranger à ses côtés. Dès lors, toute la vie de cet homme allait être consacrée à ce mouvement, à la Theosophical Society qui était sa plate-forme publique dans le monde, et à l'enseignement que sa grande pionnière se proposait de répandre — sous le nom évocateur de Théosophie.

H.P. Blavatsky — H.P.B. pour ses amis et compagnons de travail — s'affirmait mandatée dans son entreprise par des Maîtres orientaux — on dirait de nos jours des yogis, voire des lamas, vu qu'ils étaient basés au Tibet, bien qu'ils n'aient appartenu à aucune lignée exotérique connue. Il s'agissait pour elle de transmettre au monde les enseignements dont il avait un urgent besoin pour traverser la crise de grande mutation qui se poursuit de nos jours.

La Théosophie, suggérant par son étymologie grecque une divine sagesse, possédée par des hommes devenus divins grâce à leur familiarité avec la sphère divine, était offerte dans sa forme moderne comme science religieuse, ou religion scientifique, destinée à servir de base à une approche cohérente réunissant science, religion et philosophie. Loin d'être le fruit d'une spéculation d'érudits, elle devait être comprise comme une sorte de résumé, accessible au mental du siècle, de la science complète de l'être humain et de l'univers évoquée plus haut. Et dans sa totalité, insondable pour nous, cette Theosophia n'était autre que la gnose que se transmettent les plus hauts initiés depuis l'enfance de l'humanité.

Entre 1875 et sa mort, en 1891, Mme Blavatsky ne cessa de consigner et de répandre le message reçu de ses Maîtres, sous forme d'articles, de lettres et surtout de livres (1), dont l'œuvre majeure demeure la Doctrine Secrète, publiée en 1888. Impossible de donner en quelques mots une idée fidèle de tant de matière. Qu'il suffise de dire que cette doctrine ésotérique représente comme la racine, ou le tronc commun des religions, où convergent leurs enseignements apparemment différents. Il y est question d'un Principe divin absolu, source de toute manifestation de vie et de conscience ; d'une pulsation éternelle des univers, tour à tour émanés du sein de cet Ineffable et réabsorbés en lui ; d'une constante évolution, à travers la durée éternelle, où le monde toujours renouvelé des formes est le théâtre d'une montée progressive de la conscience, par des tentatives ininterrompues depuis les niveaux les plus élémentaires, jusqu'à l'homme conscient de lui-même — et bien au delà, vers des altitudes indescriptibles de réalisation. Pour l'être humain, la doctrine insiste ensuite sur la nécessité où il se trouve de prendre lui-même en main le relais de l'évolution. C'est ainsi qu'il devra retourner progressivement, en pleine conscience, jusqu'à sa racine divine — par des efforts renouvelés au rythme d'incarnations successives sur cette terre, et sous le contrôle de la loi de causalité éthique (ou karma).

Point essentiel dans cette vaste fresque, qui englobe cosmogénèse et anthropogénèse : l'Unité fondamentale qui sous-tend l'univers dans ses innombrables aspects, d'où la Fraternité radicale de tous les êtres.

La contribution de W.Q. Judge

Disciple de Mme Blavatsky dès le début, instruit par elle, et attentif à l'aider dans son travail, Judge devint son porte-parole aux États-Unis, en répandant la Théosophie par tous les moyens possibles. Il suffit pour s'en convaincre de parcourir l'histoire de sa vie (2) : jamais cause humanitaire n'a eu de défenseur plus dévoué, entreprenant — et désintéressé. Jamais non plus d'avocat plus persévérant, mesuré et dépourvu de sectarisme, dans un monde où se heurtaient violemment les idées les plus contradictoires.

Élevé dans la religion chrétienne et bientôt passionné par les traditions ésotériques d'Orient et d'Occident, il savait, avec un égal bonheur, tirer de l'Évangile, de la Bhagavad-Gîtâ, de l'Ancien Testament ou des Upanishad, les .passages servant à illustrer sa pensée avec précision auprès de ses interlocuteurs.

Et, bien entendu, la Doctrine Secrète restait pour lui le livre de référence.

Judge n'était pas un professeur de Théosophie. La Théosophie était toute sa vie ; elle imprégnait son mental et son cœur, au point d'être sans cesse présente dans toutes ses démarches. Et c'est sans doute la première chose qui frappe en parcourant ces Lettres : la Théosophie qui, pour d'autres, demeure un ensemble de doctrines complexes, apparaît sous sa plume comme une évidence dont il voit partout les applications pratiques dans la vie quotidienne. À le suivre, la réincarnation et karma se déchiffrent de façon limpide au fil des événements. De même, les conseils de discipline intérieure, qui émaillent le présent ouvrage, semblent toujours s'imposer de façon toute naturelle, grâce à l'éclairage théosophique.

La justesse et la profondeur de son langage, sa simplicité, qu'anime parfois une pointe d'humour, font penser à l'enseignement de ces maîtres spirituels qui sont tant prisés de nos jours. Avec cette différence que Judge n'était pas entouré d'un public de disciples, nourris de ses paroles et prêts à le servir. Homme d'action, puissant organisateur, voyageant à travers le monde tout en portant sur les épaules la responsabilité d'un mouvement connu dans tous les États-Unis, il n'avait la charge d'aucune âme, bien qu'à son contact tout pouvait changer et s'éclairer, les énergies latentes s'éveiller et les vocations se découvrir.

On peut se demander où ce combattant prenait la force et l'inspiration pour mener un tel travail. La réponse se déchiffre au fil des pages de ce livre. S'il existe des Maîtres de Sagesse de la stature décrite par Mme Blavatsky, et s'il y a parmi les hommes des Compagnons reconnus d'Eux, qui accomplissent en leur nom une tâche de salut public, en vue d'éveiller le plus grand nombre à la vie spirituelle, Judge a été l'un de ces Compagnons — sans conteste.

Le grand mouvement d'émancipation de l'humanité

Ces Lettres parlent sans cesse des Maîtres, de leurs disciples, et des objectifs du grand Mouvement théosophique qui, à travers les âges, veille à protéger et guider l'humanité sur la voie de son développement, et de sa réintégration progressive à sa source divine. Mais pour donner tout leur sens à ces notions, il faut résolument s'élever au-dessus de toute limitation, tout esprit de chapelle qui pourrait enfermer ces guides spirituels dans le cadre étroit d'une religion, d'un système philosophique, et faire d'eux des êtres liés aux contingences de la géographie et de l'histoire. Pour la Théosophie, ce Mouvement est hors du temps et de l'espace, bien que ses Maîtres doivent tenir compte de ces obstacles pour aménager leur intervention dans les cycles de l'évolution humaine. Même s'ils n'ont jamais fait connaître aux foules leur appartenance à cette Loge universelle d'Initiés, les plus éminents personnages de l'histoire des religions ont tous été ses représentants, porteurs de messages d'éveil semblables, bien que dispensés de manières diverses à des peuples particuliers qu'il s'agissait de ramener au sentier spirituel.

Selon les indications de Mme Blavatsky, qui a révélé ses liens étroits avec certains des Maîtres de cette grande Loge (et l'un d'eux en particulier), celle-ci aurait décidé d'entreprendre au 19e siècle une action d'envergure pour tenter de planter dans le mental et le cœur de l'humanité collective les idées essentielles, génératrices des impulsions indispensables, pour franchir le cap difficile d'une sorte de révolution imminente à l'échelle planétaire.

On peut concevoir que ces Maîtres — qui représentent les éléments les plus avancés de l'évolution humaine, et qui, en aînés, prennent sur eux la responsabilité de veiller sur leurs cadets — ne passent pas leur temps à méditer sur l'Absolu et à siéger dans des ashrams ouverts au premier venu en quête de solution à son mal de vivre. Aidés de leurs disciples, sélectionnés pour leur altruisme et leur aptitude à servir la Cause qu'ils ont à cœur, ces Maîtres ont le pouvoir d'être sans cesse présents aux réels besoins de l'humanité, sans limite de distance et sans considération de personne, pourvu que le bénéfice de leur action en revienne à la collectivité.

Rien mieux que le présent ouvrage ne pourrait aider le lecteur à approfondir la nature et la signification du lien qui unit ce genre de Maître à ses disciples. Ce fut d'ailleurs un aspect cardinal de la mission de Mme Blavatsky et de Judge de créer et d'entretenir dans ce monde une voie d'accès à la Loge des Maîtres pour les candidats volontaires, capables de sacrifier leurs préoccupations personnelles afin de se joindre à l'entreprise la plus noble qui soit offerte à un simple mortel.

On touche ici l'un des aspects les plus généreux de la Théosophie. À l'individu qui, avec elle, prend conscience de sa place dans l'univers — où chaque point vivant est relié à tous les autres, et où l'homme, à son niveau, est responsable non seulement de son évolution mais aussi du bien-être de l'ensemble — la Théosophie ne propose pas une voie de salut accéléré permettant d'en finir au plus vite avec la réincarnation, afin de s'engouffrer dans un nirvâna sans retour. Elle offre la perspective de se joindre au Mur Gardien (3) formé par ceux qui n'ont franchi la porte de la plus haute initiation que pour être de plus efficaces défenseurs de la masse des hommes, qui vont trébuchant dans leurs propres ténèbres sur la voie incertaine de leur émancipation.

C'est en tout cas sur ce profond motif généreux qu'étaient appréciés — et sont encore jugés de nos jours — les candidats à la carrière de disciple (ou de chéla).

Il faut garder ces divers points en mémoire pour bien comprendre les recommandations de Judge dans ses Lettres. Et bien qu'il ne se soit jamais vanté publiquement de sa position dans la hiérarchie de la Loge, sa vie et son œuvre constituent une remarquable illustration de ce que peut réaliser un authentique serviteur de ces Maîtres.

À propos des Lettres de W.Q. Judge

Au poste de responsabilité qu'il occupait, W.Q. Judge a échangé une correspondance très active avec de nombreuses personnes, à tous les niveaux de l'échelle sociale, que ce soit pour régler de difficiles problèmes ou pour répondre à une simple demande d'information. Le présent ouvrage offre une sélection limitée de ces lettres, réparties en trois livres, comme il suit .

La matière très homogène du premier livre est formée de lettres essentiellement adressées à une seule personne qui manifestait un désir authentique d'accéder à la pratique de la Théosophie, et d'entrer sur le sentier du disciple. Cette personne, du nom de Julia Campbell Ver Planck (4), avait découvert la Théosophie et la figure de Mme Blavatsky vers 1886, avec un très grand intérêt. Vivant en Pennsylvanie, à distance de New York, elle était entrée en rapport épistolaire avec Judge, qui, à la demande expresse de H.P.B., l'avait accompagnée dans sa quête de vie intérieure. L'intérêt de cette correspondance pour tous les chercheurs sincères fut jugé tel que la revue The Path la publia (de décembre 1888 à mars 1890) sous le titre général : « Lettres qui m'ont aidé » . Cependant, pour préserver l'anonymat, le nom de la destinataire devint Jasper Niemand (5) — pseudonyme qu'elle conserva d'ailleurs longtemps, pour signer certaines de ses contributions au Path. Quant à l'auteur de ces Lettres, il signait d'une simple initiale - Z.. Plus tard, cette première correspondance fut présentée sous forme d'un livre, en 1891.

Dans la suite, la même personne (devenue Mme Julia Wharton Keightley) aidée de Thomas Green, un ami de Judge, publia une sélection de lettres (ou d'extraits) d'une plus grande variété, s'échelonnant dans le temps jusqu'à la mort du grand théosophe américain. Cette compilation réunissant des conseils et réflexions adressés à des correspondants très divers, parut au début de notre siècle : elle constitue le Livre II de cet ouvrage.

Quant au dernier Livre, il s'agit d'extraits d'une nouvelle compilation, publiée cette fois par les éditeurs de la revue américaine Theosophy, à l'occasion du cinquantenaire de la mort de Judge. On y trouvera, outre des pensées glanées dans le Path et autres revues, avec divers extraits d'une correspondance privée, plusieurs lettres envoyées de Londres et de Paris, en 1884, à une époque charnière dans l'existence de Judge, au moment où il allait partir pour l'Inde. Finalement avec « Un Roman Occulte », le lecteur pourra découvrir les étranges modalités d'un type très particulier de réincarnation, auquel peuvent recourir certains yogis.

Quelques précisions nécessaires

Depuis la première parution de ces Lettres, nombreux sont ceux qui les ont adoptées comme source majeure d'inspiration dans leur quête spirituelle. Aussi a-t-il semblé souhaitable d'ajouter à la présente édition un Index analytique pouvant servir à une étude plus approfondie.

Pour la grand public, point n'est besoin de souligner que W.Q. Judge - ce citoyen d'un autre monde, témoin d'un siècle révolu - n'a gagné aucun titre à la renommée internationale et reste pratiquement inconnu en France. Les Notes biographiques qui accompagnent ces Lettres visent donc à apporter le minimum d'information indispensable à l'intelligence du texte, en rapport avec l'histoire du Mouvement théosophique et la vie de Judge.

En outre, l'auteur s'adressant généralement à des « connaisseurs » de la Théosophie, il a paru souvent nécessaire, à l'aide de notes explicatives (6), de préciser d'utiles références bibliographiques, et de définir également la signification de certains termes techniques, usuels dans ce contexte. Pour d'autres mots - courants dans notre langue, mais d'un emploi assez particulier sous la plume de Judge - il suffit ici de préciser le sens des plus fréquents. Par exemple, « l'étudiant » renvoie à toute personne qui étudie sérieusement la Théosophie, et s'efforce de l'appliquer dans sa vie ; la « race » doit être comprise généralement comme englobant la race humaine considérée comme une unité - sans aucune forme de racisme ; et « l'Occultisme » désigne la véritable alchimie spirituelle dont la préoccupation essentielle est l'éveil de l'homme intérieur et sa réintégration au divin. Dans ce sens, « l'Occultiste » n'est pas un spécialiste en l'un des arts occultes ordinaires (7), mais un savant de cette science sacrée et secrète qui dévoile les rapports mystérieux de l'homme à l'univers, et un adepte de cet art de la vie qui mobilise l'être dans sa totalité, en vue d'une radicale métamorphose. C'est ici, on le comprend, qu'intervient la grande confraternité des Maîtres (la « Loge » ) qui assure à travers les âges la pérennité des Mystères initiatiques.

« Je ne suis pas expert en ces belles phrases qui plaisent aux gens » , confiait Judge à l'un de ses correspondants. Mais la simplicité de son discours, au fil de ces Lettres rédigées souvent à la hâte, ne devrait pas tromper le lecteur moderne s'il fait l'effort de se reporter en pensée à cette période véritablement exceptionnelle de l'histoire où une poignée d'individus, visiblement soutenus par cette Loge des Maîtres, s'efforçaient, dans le désert d'un monde fasciné par ses propres sortilèges, d'élever la voix pour témoigner d'un univers de réalité où l'âme retrouvait sa place — et l'Esprit son rôle rédempteur — au service des plus hautes valeurs humaines.

Les éditeurs. Paris, 21 mars 1990.

Notes

  • (1) Voir bibliographie complète en fin de volume.
  • (2) Voir Notes biographiques.
  • (3) Voir La Voix du Silence (p. 84) évoque ce mur protecteur comme un puissant symbole : « Construit par les mains de nombreux Maîtres de Compassion, érigé par leurs tortures, cimenté par leur sang, ce mur abrite le genre humain depuis que l'homme est homme et le protège contre des misères et des souffrances a venir encore plus grandes »
  • 4) Née Julia Wharton Lewis Campbell, fille d'un éminent homme de loi de Pennsylvanie, elle avait épousé en 1871 Philip W. Ver Planck de New York, qui devait mourir, ainsi que les deux enfants nés de ce mariage, en 1877. Retirée à la maison de ses parents, elle prit une part active à la rédaction de la revue théosophique américaine The Path à partir de 1886. En 1889, elle rencontra un proche collaborateur de H.P.B., le Dr Archibald Keightley, qu'elle épousa en automne 1891. Avec lui, elle poursuivit son activité au service de la Théosophie.
  • (5) En allemand, Niemand = personne, ce qui coupait court à toute recherche inutile d'identification.
  • (6) Dans le cours du texte, ces notes explicatives ajoutées en bas de page sont présentées entre crochets pour les distinguer des « notes des éditeurs » (N.d.E.) provenant du texte américain pris comme référence pour la traduction française (édition The Theosophy Company, Los Angeles, New York, 1946).
  • (7) Pour ces importantes distinctions, voir les articles de mise au point publiés par Mme Blavatsky dans la revue Lucifer (en 1888) et réunis dans Râja-Yoga ou Occultisme.

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