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"L'Océan de Théosophie", La constitution septuple de l'homme

Chapitre 4

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Au sujet de la nature de l'homme, deux idées ont cours dans les cercles religieux de la chrétienté : l'une est l'enseignement, l'autre la façon dont il est généralement accepté. Le premier n'est certainement pas tenu secret dans l'Église, mais on en parle si rarement aux laïques qu'il est devenu presque un mystère pour les masses. La grande majorité des hommes disent qu'ils possèdent une âme et un corps et s'en tiennent là, sans chercher à savoir ce qu'est l'âme, si elle est l'être réel, ou si elle a des pouvoirs qui lui sont propres, les prédicateurs se bornant habituellement à parler de son salut ou de sa damnation. Ainsi, à force d'en parler comme d'une chose différente de lui-même, l'homme a fini par se convaincre qu'il n'est pas une âme puisqu'il peut perdre cette âme. De là est née une tendance au matérialisme qui pousse les hommes à attacher plus d'importance au corps qu'à l'âme, abandonnant cette dernière à la tendre miséricorde des prêtres catholiques ; les dissidents attendent le plus souvent le jour de leur mort pour s'en occuper. Lorsque le véritable enseignement sera connu on comprendra que le soin de l'âme, qui est le Soi, est une question vitale exigeant une attention quotidienne qui ne peut être ajournée sans causer un préjudice sérieux à l'homme tout entier, corps et âme.

L'enseignement chrétien soutenu par Saint Paul, puisque c'est sur lui que repose en réalité le christianisme
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dogmatique, enseigne que l'homme est composé du corps, de l'âme et de l'esprit. C'est la constitution triple de l'homme, admise par les théologiens, mais gardée à l'arrière-plan, car il se pourrait que son examen fasse adopter à nouveau des points de vue jadis orthodoxes mais actuellement considérés comme hérétiques. En effet, si nous plaçons ainsi l'âme entre l'esprit et le corps, nous sommes très près de devoir examiner la question de la responsabilité de l'âme, le corps seul ne pouvant pas en avoir, et afin de rendre l'âme responsable des actions commises, nous devons admettre qu'elle possède des pouvoirs et des fonctions. A partir de cela, il est facile d'avancer que l'âme peut être rationnelle ou irrationnelle, ainsi que le pensaient parfois les Grecs, et de là il n'y a plus qu'un pas pour arriver à d'autres propositions théosophiques. Cette division triple de la nature de l'homme contient, en fait, l'enseignement théosophique de la constitution septuple de l'être humain, car les quatre autres constituants qui manquent se trouvent dans les pouvoirs et les fonctions du corps et de l'âme, comme j'essaierai de le montrer plus tard. Il y a longtemps, on était convaincu que l'homme était un septénaire et non simplement une dualité, et ceci était très clairement enseigné avec des démonstrations à l'appui. Mais, ainsi que d'autres doctrines philosophiques, cette conviction fut perdue de vue, ayant été progressivement retirée à l'époque où les mœurs de l'Europe orientale commencèrent à dégénérer, et avant que le matérialisme joint au scepticisme, son frère jumeau, ne fût devenu prépondérant. Après son retrait, il resta à la chrétienté le dogme actuel du corps, de l'âme et de l'esprit. Dans la Doctrine Secrète, Mme Blavatsky explique clairement la raison de ce retrait et du renouveau de la doctrine dans le siècle actuel. En réponse à l'objection : " Nous ne pouvons comprendre comment le moindre danger pourrait surgir de la révélation d'une doctrine purement philosophique comme celle de l'évolution de la chaîne planétaire ", elle dit :

« Voici ou était le danger : des enseignements comme celui de la chaîne planétaire ou des sept races donnent immédiatement une clef de la nature
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septuple de l'homme, car chaque principe est en corrélation avec un plan, une planète et une race ; et les principes humains sont, sur chaque plan, en corrélation avec les forces septuples occultes, celles des plans supérieurs ayant un pouvoir occulte terrible dont l'abus causerait d'incalculables maux a l'humanité. Cette clef n'en est pas une, peut-être, pour la génération actuelle, spécialement pour les Occidentaux protégés par leur propre aveuglement, par leur incrédulité ignorante et matérialiste pour toute chose occulte. Mais ç'eût été une clef bien réelle dans les premiers siècles de l'ère chrétienne pour des gens foncièrement convaincus de la réalité de l'occultisme, et entrant dans un cycle de déclin moral qui les rendait aptes à abuser des pouvoirs occultes, et à pratiquer de la sorcellerie de la pire espèce. »

Dans son livre Le Bouddhisme ésotérique, M. A.-P. Sinnett, à un moment donné fonctionnaire du Gouvernement de l'Inde (1), fut le premier à présenter dans ce siècle un aperçu de la nature réelle de l'homme. Ce livre fut écrit d'après des informations provenant directement de la Grande Loge des Initiés à laquelle il a été fait allusion, et transmises à l'auteur par l'intermédiaire de H.P. Blavatsky. Il a rendu un grand service à sa génération et aidé considérablement la cause de la Théosophie en présentant ainsi l'ancien enseignement à la civilisation occidentale. Voici sa classification :

  • 1) Le corps ou rupa ;
  • 2) La vitalité ou prana jiva ;
  • 3) Le corps astral ou linga sharira ;
  • 4) L'âme animale ou Kamarupa ;
  • 5) L'âme humaine ou Manas ;
  • 6) L'âme spirituelle ou Buddhi ;
  • 7) L'esprit ou Atma.

Les mots en italique sont les équivalents sanskrits des termes adoptés par M. Sinnett. Cette classification sert encore de nos jours pour tous les usages pratiques, mais elle est susceptible d'être modifiée et étendue. Ainsi, une modification ultérieure dans le classement, plaçant le corps astral au second rang au lieu du troisième, ne change rien en
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substance. Cette classification donne immédiatement sur la véritable nature de l'homme une idée bien différente de celle vaguement exprimée par les mots " corps et âme ", elle remet aussi nettement en question la conception matérialiste qui considère le mental comme le produit du cerveau, lui-même une partie du corps. On ne prétend pas que ces principes étaient jusqu'ici inconnus, car non seulement les hindous mais maints Européens les comprenaient de différentes manières. Cependant, la présentation concise de la constitution septuple de l'homme, en rapport intime avec la constitution septuple d'une chaîne de globes à travers lesquels l'être évolue, n'avait jamais encore été révélée. L'abbé français Éliphas Lévi a écrit sur le monde astral et le corps astral, mais il est évident qu'il ignorait le reste de l'enseignement, et bien que les hindous aient possédé les autres termes dans leur langue et leur philosophie, ils ne se servaient pas d'une classification septuple ; ils se basaient surtout sur une classification quadruple, et tenaient certainement secrète la doctrine d'une chaîne de sept globes incluant notre terre (en admettant qu'ils connussent cette doctrine). En fait, un érudit hindou. Subba Row, maintenant décédé, affirma que les hindous connaissaient une classification septuple, mais qu'elle n'avait pas été révélée et qu'elle ne le serait pas.

En considérant ces constituants d'une manière différente, nous pouvons dire que si l'homme inférieur est un être composé, dans sa nature réelle l'homme est une unité, ou un être immortel comprenant une trinité d'Esprit, de Discernement et de Mental qui requiert quatre instruments, ou véhicules, inférieurs et mortels, pour travailler dans la matière et recueillir l'expérience que donne la nature. Cette trinité s'appelle Atma-Buddhi-Manas en sanskrit, termes difficiles à rendre en français. Atma est l'Esprit, Buddhi, la plus haute faculté d'intellection, ce qui discerne et ce qui juge, et Manas est le mental. Les trois réunis constituent l'homme réel ; sans aucun doute, l'enseignement théologique de la trinité du Père, du Fils et du Saint Esprit

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doit son origine à cet enseignement. Les quatre instruments inférieurs — ou véhicules — sont indiqués ci-dessous :

  • Atma
  • Buddhi
  • Manas

               et

  • Les passions et les désirs
  • Le principe de vie
  • Le corps astral
  • Le corps physique

Ces quatre constituants inférieurs et matériels sont transitoires et, de par leur nature, sujets à se désagréger et à se séparer les uns des autres. Quand arrive l'heure où cette séparation doit commencer, la combinaison ne peut plus se maintenir, le corps physique meurt, les atomes qui composent chacun des quatre principes commencent à se séparer les uns des autres et, ainsi disloqué, l'ensemble ne peut plus servir d'instrument à l'homme véritable. C'est ce que nous autres mortels appelons la " mort ", mais ce n'est pas la mort pour l'homme réel, car il est impérissable, permanent, immortel. Aussi est-il appelé la triade ou la trinité indestructible, tandis que les principes inférieurs sont dénommés le quaternaire ou " les quatre mortels ".

Ce quaternaire, ou homme inférieur, est produit par les lois et la substance cosmiques ou physiques. Comme tout autre objet physique, il s'est développé, au cours des âges, à partir de la substance cosmique, et par conséquent il est soumis aux lois physiques, physiologiques et psychiques qui gouvernent l'ensemble de la race humaine. Aussi le terme de sa durée possible peut-il être calculé de la même façon que la contrainte limite d'allongement des métaux pour la construction d'un pont peut être établie par un ingénieur. Tout agrégat de forme humaine composé de ces constituants est donc limité dans sa durée par les lois de la période évolutive dans laquelle il existe. A l'époque actuelle le corps humain dure généralement de soixante-dix à cent ans, mais sa durée possible est plus longue. Aussi l'histoire cite des exemples de personnes ordinaires ayant vécu jusqu'à l'âge de deux cents ans, et on pourrait prolonger la limite de la vie jusqu'à
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presque quatre cents ans par la connaissance des lois occultes de la nature.

L'homme physique visible se compose de :

  • cerveau
  • nerfs
  • sang
  • os
  • lymphe
  • muscles
  • organes de sensation et d'action
  • et peau

L'homme physique invisible se compose de :

  • corps astral
  • passions et désirs
  • principe de vie (appelé prana ou jiva)

Nous pourrons donc voir que la partie physique de notre nature s'étend à un deuxième ensemble, lequel, invisible à l'œil physique, est néanmoins matériel et sujet à la désagrégation. Ayant pris l'habitude de n'admettre comme réel que ce que l'œil physique peut voir, la généralité des hommes a fini par considérer l'invisible comme irréel et immatériel. Ils oublient que même sur le plan terrestre les gaz délétères sont invisibles, quoique réels et puissamment matériels, que l'eau peut être tenue en suspension dans l'air, invisible, jusqu'à ce que les conditions changent et en provoquent la précipitation.

Récapitulons donc, avant d'entrer dans les détails. L'homme réel est la trinité d'Atma-Buddhi-Manas ou Esprit et Mental et il emploie certains agents et instruments pour entrer en contact avec la nature, afin de se connaître lui-même. Ces instruments et ces agents se trouvent dans les quatre principes inférieurs ou le quaternaire. Dans cette catégorie, chaque principe est par lui-même un instrument approprié à l'expérience particulière de son propre champ d'action, le corps étant le plus inférieur, le moins important et le plus transitoire de toute la série. Car, si nous arrivons au corps en partant du Mental supérieur, nous voyons que,
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privés de l'homme intérieur, tous les organes du corps sont en eux-mêmes insensibles et inutiles. La vue, l'ouïe, le toucher, le goût et l'odorat n'appartiennent pas au corps mais à un autre aspect, invisible, de l'homme physique : car les organes réels qui servent à l'exercice de ces facultés se trouvent dans le corps astral, ceux du corps physique n'étant que les instruments mécaniques extérieurs pour établir la coordination entre la nature et les organes réels intérieurs.

NOTE

(1) M. Sinnett était rédacteur en chef du Pionneer d'Allahabad, l'organe officiel du Gouvernement de l'Inde.

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