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  • Lois et phénomènes psychiques

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"L'Océan de Théosophie", Lois, forces et phénomènes psychiques

Chapitre 16

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Le domaine des forces, des phénomènes et des énergies psychiques est très vaste. Ces phénomènes et ces forces se manifestent tous les jours, dans tous les pays mais, jusqu'à ces dernières années, les hommes de science ne leur accordaient que très peu d'attention, tandis que ceux qui relataient ces événements, ou qui affirmaient leur croyance dans la réalité de la nature psychique, étaient tournés en ridicule. Il y a environ quarante ans, un culte qui se donna le nom de " spiritisme " se développa aux États-Unis. Il eut une grande opportunité mais, l'ayant négligée, il dégénéra en une simple poursuite du merveilleux, sans la plus petite ombre de philosophie. Il n'a pas contribué beaucoup au progrès si ce n'est en recueillant un grand nombre de faits mal assimilés qui, pendant quatre décennies, n'ont pu réussir à attirer sérieusement l'attention du grand public. Tout en ayant eu son utilité, et tout en comptant dans ses rangs de nombreux hommes intelligents, les grands dangers et le préjudice auxquels se sont exposés ceux qui lui servirent d'instruments et ceux qui les utilisèrent contrebalancent largement le bien accompli. Telle est l'opinion des disciples de la Loge qui désirent voir l'homme progresser régulièrement et sans risques sur le sentier de l'évolution. D'autres chercheurs occidentaux appartenant aux écoles reconnues n'ont guère fait mieux, de sorte qu'il n'existe pas de psychologie occidentale digne de ce nom.

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Cette absence de système valable de psychologie est la conséquence naturelle des tendances matérialistes de la science et de l'influence paralysante de la religion dogmatique, l'une ridiculisant tout effort en ce sens et obstruant le chemin, l'autre interdisant toute recherche. Parmi les Églises chrétiennes, l'Église catholique est une exception à certains égards. Elle a toujours admis l'existence du monde psychique, car c'est le domaine des démons et des anges ; mais, comme les anges se manifestent selon leur bon vouloir, et que les démons doivent être évités, cette Église ne permet à personne de s'immiscer dans ces questions, si ce n'est au prêtre autorisé. L'Église a eu raison de jeter l'interdit sur la pratique pernicieuse de la nécromancie à laquelle se livrent les " spirites ", mais elle n'aurait pas dû pour autant défendre ou restreindre toute recherche dans ce domaine. A notre époque la véritable psychologie nous vient de l'Orient. En vérité, ce système était connu en Occident lorsqu'une civilisation très ancienne fleurissait en Amérique et dans certaines parties de l'Europe pré-chrétienne, mais de nos jours la véritable psychologie est celle de l'Orient.

Y a-t-il des forces, des lois et des pouvoirs psychiques ? Dans l'affirmative, les phénomènes sont alors aussi une réalité. Si tout ce qui a été esquissé dans les chapitres précédents est vrai, alors les mêmes pouvoirs et les mêmes forces qui se trouvent partout dans la nature doivent exister également dans l'homme. Les Maîtres de Sagesse considèrent que l'être humain est le produit le plus élevé de tout le système de l'évolution et qu'il reflète en lui chaque force de la nature, de la plus merveilleuse à la plus terrible ; c'est par le fait même qu'il est un tel miroir qu'il est un homme.

Ceci a été reconnu depuis longtemps en Orient où l'auteur a vu la démonstration de pouvoirs qui renverseraient les théories de plus d'un homme de science occidental. Les mêmes phénomènes ayant été répétés devant l'auteur en Occident, il a pu constater par lui-même que tous les hommes, quelle que soit la race à laquelle ils appartiennent, possèdent virtuellement les mêmes pouvoirs. Les véritables phénomènes psychiques
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— appelés souvent magiques — accomplis par les fakirs et yogis orientaux sont tous produits par la mise en œuvre de forces et des processus naturels dont l'Occident n'a pas encore la moindre idée. La lévitation du corps, qui semble braver la loi de gravitation, est chose aisée quand le processus est complètement maîtrisé. La lévitation n'enfreint aucune loi. La gravitation n'est que la moitié d'une loi. Le sage de l'Orient admet la gravitation, si l'on désire adopter ce terme, mais le terme exact est attraction, le mot répulsion désignant l'autre moitié de la loi ; toutes deux sont gouvernées par les grandes lois de la force électrique. Le poids et la stabilité dépendent de la polarité et, quand la polarité d'un objet est modifiée par rapport à la terre qui se trouve immédiatement au-dessous de lui, l'objet peut alors s'élever. Mais comme les simples objets sont dépourvus de la conscience que l'on trouve chez l'homme, ils ne peuvent s'élever sans le concours de certaines autres aides alors que le corps humain peut s'élever dans l'air sans support, tel un oiseau, quand sa polarité est ainsi modifiée. Cette modification est produite consciemment grâce à un certain système de respiration connu des Orientaux ; il peut être également provoqué par certaines forces naturelles, dont il sera parlé plus loin, par ceux qui produisent le phénomène sans connaître la loi, tels les saints de l'Église catholique romaine.

Une troisième grande loi, la loi de cohésion, intervient dans de nombreux phénomènes tant en Orient qu'en Occident. Le pouvoir de cohésion est en lui-même un pouvoir distinct et non un résultat comme on le suppose. On doit donc connaître cette loi et son action si l'on veut produire certains phénomènes, dont l'auteur a été témoin, tels que le passage d'un anneau de fer à travers un autre, ou celui d'une pierre à travers un mur plein. Une autre force est donc employée que l'on ne peut appeler que la force de dispersion. La cohésion est la force dominante, car dès que la force de dispersion est retirée, celle de la cohésion replace les particules dans leur position primitive.

Il s'ensuit que l'Adepte, versé dans cette grande dynamique,
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est capable de disperser les atomes d'un objet — à l'exclusion, toujours, du corps humain — à une telle distance les uns des autres que l'objet est rendu invisible, et les envoyer ensuite le long d'un courant formé dans l'éther à n'importe quelle distance sur terre. Au point voulu la force de dispersion est retirée, la cohésion se réaffirme alors immédiatement et l'objet réapparaît intact. Cela peut sembler fabuleux, mais la Loge et ses disciples savent bien que le fait est réel et il est certain aussi que la science l'admettra tôt ou tard.

Cependant, la mentalité générale étant affectée par le matérialisme actuel, les gens se demandent comment toutes ces manipulations sont possibles puisqu'il n'est jamais question d'instruments. Les instruments se trouvent dans le corps et le cerveau de l'homme. La Loge considère que " le cerveau humain est un générateur inépuisable de force " et une connaissance complète des lois de la chimie et de la dynamique internes de la nature, jointe à un mental discipliné, donne à celui qui les possède le pouvoir de mettre en opération les lois dont j'ai parlé. L'homme aura ce pouvoir dans l'avenir, et il le détiendrait déjà s'il n'y avait le dogmatisme aveugle, l'égoïsme et l'incrédulité matérialiste. Le chrétien lui-même ne vit pas conformément à la parole si vraie de son Maître selon laquelle celui qui a la foi peut déplacer une montagne. Une connaissance de la loi, jointe à la foi, donne pouvoir sur la matière, le mental, l'espace et le temps. En se servant de ces mêmes pouvoirs, l'Adepte expérimenté peut faire apparaître devant les yeux, de manière palpable et sous n'importe quelle forme, de la matière auparavant invisible. L'homme ordinaire appellerait cela de la création alors que c'est tout simplement une évolution qui se déroule en votre présence. La matière est maintenue en suspension dans l'air partout autour de nous. Toute particule de matière, qu'elle soit visible ou encore non précipitée, est passée par toutes les formes possibles et ce que l'Adepte fait consiste à choisir dans la lumière astrale, où existent toutes les formes, celle qu'il désire puis, par un effort de la volonté
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et de l'imagination, à l'enrober de matière par précipitation. L'objet ainsi produit disparaîtra, à moins d'avoir recours à d'autres procédés qu'il est inutile de décrire ici ; si ces procédés sont employés, l'objet sera permanent. Les mêmes lois et les mêmes pouvoirs sont mis à l'œuvre si l'on désire faire apparaître un message sur papier, ou sur toute autre surface. L'image distincte de chaque ligne, de chaque lettre ou de chaque dessin est formée dans le mental, aussi rigoureusement exacte qu'une photographie ; le pigment, extrait de l'air, est ensuite précipité dans les limites établies par le cerveau, " l'inépuisable générateur de force et de forme ". L'auteur a vu faire toutes ces choses, de la manière décrite, et sans que l'opérateur soit un médium rétribué ou irresponsable ; il sait donc ce dont il parle.

Ceci nous porte naturellement à penser que la volonté humaine est toute-puissante, et que l'imagination est une faculté douée d'un caractère dynamique et des plus utiles. L'imagination est le pouvoir du mental humain de fabriquer des images. L'imagination de l'être humain ordinaire n'a pas acquis assez d'entraînement ni de force pour être beaucoup plus qu'une sorte de rêve, mais elle peut être exercée ; elle devient alors le Constructeur dans l'Atelier Humain. Ce stade une fois atteint, elle forme une matrice dans la substance astrale d'où découleront des effets objectifs. L'imagination est, après la volonté, le plus grand pouvoir dans l'ensemble complexe des instruments humains. La définition occidentale moderne de l'imagination est incomplète et loin de la réalité. On l'emploie surtout pour désigner la fantaisie ou les conceptions erronées et elle passe toujours pour irréelle. Il est néanmoins impossible de trouver un terme plus approprié, l'un des pouvoirs de l'imagination exercée étant celui de fabriquer une image. Le mot est dérivé de termes qui signifient la formation ou la réflexion d'une image. Cette faculté utilisée, ou plutôt laissée libre d'agir, sans contrôle, n'a suggéré en Occident que l'idée exprimée par le mot " fantaisie ". Si on en reste là, il s'agit bien de fantaisie mais le pouvoir d'imagination peut être développé au point de produire dans la substance astrale
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une image réelle, ou une forme susceptible d'être employée de la même manière qu'un mouleur de fer se sert d'un moule en sable pour y couler le fer en fusion. C'est donc la faculté majeure, car la volonté ne peut œuvrer si l'imagination est un tant soit peu faible ou non exercée. Si, par exemple, la personne qui veut produire une précipitation tirée de l'air laisse vaciller tant soit peu l'image formée dans la substance astrale, le pigment tombera sur le papier d'une manière également vacillante et diffuse.

Pour communiquer avec un autre mental à n'importe quelle distance, l'Adepte devra accorder toutes les molécules de son cerveau ainsi que toutes les pensées de son mental de manière à vibrer à l'unisson avec le mental qu'il doit atteindre, cet autre mental et le cerveau qu'il utilise devant également se mettre volontairement à l'unisson ou y être forcés. Ainsi, même si l'Adepte se trouve à Bombay et son ami à New York, la distance n'est pas un obstacle car les sens intérieurs ne dépendent pas de l'oreille, mais peuvent ressentir et voir les pensées et les images dans le mental de l'autre.

Si l'Adepte souhaite examiner le mental d'une autre personne, capter ses pensées et voir autour d'elle les images de tout ce qu'elle a pensé, et regardé, il doit diriger sa vue et son ouïe intérieures vers le mental de cette personne et tout devient alors immédiatement visible. Mais, comme il a été dit précédemment, seul un homme malhonnête agirait de la sorte, et jamais un Adepte — sauf dans les cas où il est expressément autorisé à le faire. L'homme moderne ne voit aucun mal à pénétrer les secrets d'un autre au moyen de ce pouvoir, mais les Adeptes considèrent que c'est une violation des droits d'autrui. Nul n'a le droit, alors même qu'il possèderait ce pouvoir, de pénétrer dans le mental d'un autre et d'en ravir les secrets. C'est la loi de la Loge pour tous ceux qui cherchent, et si quelqu'un s'aperçoit qu'il est sur le point de découvrir les secrets d'un autre, il doit immédiatement se retirer et cesser ses investigations. S'il continue, son pouvoir lui est retiré — s'il s'agit d'un disciple ; dans le cas de toute
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autre personne, celle-ci devra subir les conséquences de cette sorte de cambriolage. La nature a ses lois et ses gardiens, et si nous commettons des félonies dans le monde astral, la grande loi et ses gardiens, que rien ne peut corrompre, nous sanctionneront quel que soit le laps de temps qu'il nous faudra attendre, fût-ce même dix mille ans. Voilà encore une garantie pour l'éthique et la morale. Mais tant que les hommes n'auront pas admis le système de philosophie exposé dans ce livre, ils ne verront aucun mal à commettre des félonies dans les domaines où leurs faibles lois humaines n'ont aucun effet ; mais, en refusant d'accepter cette philosophie, ils retardent ainsi le jour où tous les hommes pourront posséder et employer ces grands pouvoirs.

Parmi les phénomènes qu'il est utile de mentionner, se trouvent ceux qui consistent à faire mouvoir des objets sans contact physique. Ceci peut être réalisé, et de plus d'une façon. La première consiste à projeter hors du corps physique la main et le bras astraux afin de saisir l'objet à déplacer. Cela peut se faire jusqu'à une distance de 3 mètres environ de la personne. Je n'entends pas entamer une discussion à ce sujet, je fais simplement allusion aux propriétés de la substance astrale et des membres astraux. Cela servira, dans une certaine mesure, à expliquer plusieurs phénomènes produits par les médiums. Dans presque tous les cas de transport de ce genre, la prouesse s'accomplit en se servant de la main astrale invisible quoique matérielle. La seconde méthode consiste à se servir des élémentaux dont j'ai parlé. Dirigés par l'homme intérieur, ils ont le pouvoir de transporter des objets en changeant leur polarité ; c'est ainsi que les fakirs de l'Inde et certains médiums en Amérique font mouvoir des petits objets apparemment sans support. Ces entités élémentales sont employées pour apporter des objets d'une distance plus grande que celle accessible aux membres astraux. Le fait que les médiums ignorent qu'ils procèdent ainsi n'est pas un argument contre cette explication. Ils ne savent que rarement — en admettant qu'ils le sachent jamais — comment ils accomplissent leurs prouesses, et leur
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ignorance de la loi n'est pas une preuve contre son existence. Ceux des étudiants qui ont vu les forces intérieures en opération n'auront besoin d'aucun argument à ce sujet.

La clairvoyance, la clairaudience et la seconde vue sont en relation étroite. Tout exercice de l'une de ces facultés entraîne aussitôt celui des deux autres. Ce ne sont que des variantes d'un même pouvoir. Le son est une des caractéristiques distinctives de la sphère astrale et, comme la lumière accompagne le son, la vue existe simultanément avec l'ouïe. Voir une image avec les sens astraux implique la présence simultanée d'un son, et entendre un son suppose la présence d'une image correspondante dans la substance astrale. Le véritable étudiant de l'Occultisme sait parfaitement bien que chaque son produit instantanément une image ; ce fait, connu depuis fort longtemps en Orient, a été récemment démontré en Occident en faisant voir, sur une membrane tendue, des images produites par le son. Avec l'aide de l'occultisme on pourrait s'étendre beaucoup plus sur ce sujet, mais, comme dans l'état actuel de la société ce sujet est dangereux, je m'en abstiendrai. Dans la lumière astrale se trouvent les images d'absolument tous les événements passés de la vie de chaque être, ainsi que celles des événements à venir dont les causes sont suffisamment marquées et conditionnées. Si les causes sont encore indéfinies, les images du futur le sont également. Mais les causes productrices et efficientes d'une multitude d'événements qui se produiront au cours de plusieurs années à venir sont toujours déterminées d'une manière assez définie pour permettre au voyant de voir ces événements d'avance, comme s'ils appartenaient au présent. C'est au moyen de ces images, perçues par les sens intérieurs, que tous les clairvoyants exercent leur étrange faculté. Elle est cependant commune à tous les hommes, bien que peu développée chez la majorité d'entre eux : mais l'occultisme affirme que si le germe de cette faculté n'était pas déjà quelque peu actif en chacun de nous personne ne pourrait transmettre à un autre quelque idée que ce soit.

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Dans la clairvoyance, les images de la lumière astrale passent devant la vision intérieure, et sont reflétées de l'intérieur sur l'œil physique. Elles apparaissent alors d'une manière objective au voyant. Si elles se rapportent à des événements passés ou à venir, seule l'image est vue ; s'il s'agit d'événements en train de se produire, le sens intérieur perçoit la scène dans la lumière astrale. La différence entre la vision normale et la vision clairvoyante réside dans le fait que, dans la clairvoyance à l'état de veille, la vibration est d'abord communiquée au cerveau puis est transmise à l'œil physique où elle provoque une image sur la rétine, de la même façon que le disque d'un phonographe fait vibrer le haut-parleur de la même manière que la voix avait vibré lors de l'enregistrement, alors que, dans la vision normale, les vibrations sont communiquées en premier lieu à l'œil et transmises ensuite au cerveau. Les sons et les images sont, les uns et les autres, causés par des vibrations et, de ce fait, un son une fois émis est enregistré dans la lumière astrale où le sens intérieur peut le saisir et, de l'intérieur, le transmettre au cerveau, d'où il atteint l'oreille physique. Ainsi, dans la clairaudience à distance, celui qui entend n'entend pas avec l'oreille, mais par le centre auditif qui se trouve dans le corps astral. La seconde-vue peut être ou non, selon le cas, une combinaison de clairaudience et de clairvoyance, et la fréquence avec laquelle les événements futurs sont perçus par le voyant qui possède la seconde-vue y ajoute un élément de prophétie.

La clairvoyance la plus haute — celle de la vision spirituelle — est très rare. La clairvoyance courante ne se rapporte qu'aux aspects et aux couches ordinaires de la matière astrale. La vision spirituelle n'appartient qu'aux êtres purs, pleins de dévotion et fermes intérieurement. Elle peut être acquise par le développement spécial de l'organe particulier du corps au moyen duquel seulement cette vue est possible, et ceci uniquement après une discipline, un long entraînement et l'altruisme le plus élevé. Toute autre forme de clairvoyance est transitoire, imprécise et fragmentaire, car
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elle ne concerne en réalité que le domaine de la matière et de l'illusion. Son caractère fragmentaire et imprécis résulte du fait que le clairvoyant possède difficilement la faculté de voir en même temps dans plus d'un des degrés inférieurs de la substance astrale. Les hommes à l'esprit pur et à l'âme forte sont capables de savoir beaucoup plus sur l'avenir et le présent que n'importe lequel des clairvoyants. Néanmoins, comme l'existence de ces deux pouvoirs démontre la présence en nous des sens intérieurs et de l'intermédiaire nécessaire - la lumière astrale - ils ont, en tant que facultés humaines, un rapport étroit avec les déclarations des soi-disant " esprits " des séances spirites.

Les rêves sont parfois le résultat de l'action cérébrale qui se poursuit automatiquement ; ils sont aussi dus à l'homme intérieur véritable qui transmet à l'intérieur du cerveau les scènes et les idées, nobles ou vulgaires, que cet être réel a vues pendant le sommeil du corps. Elles s'infiltrent alors dans le cerveau comme si elles flottaient sur l'âme au moment où celle-ci reprend possession du corps. Ces rêves peuvent être utiles, mais généralement la reprise de l'activité corporelle en détruit le sens, en dénature l'image, et rend tout confus. Le fait majeur de tout rêve c'est qu'il y a quelqu'un qui y perçoit et y éprouve des impressions et c'est là un des arguments en faveur de l'existence de l'être intérieur. Pendant le sommeil, l'homme intérieur est en communion avec des intelligences supérieures, et il réussit parfois à imprimer dans le cerveau ce qu'il a acquis — qu'il s'agisse d'une idée élevée ou d'une vision prophétique — ou bien il n'y parvient pas, en raison de la résistance des fibres du cerveau. La signification d'un rêve est aussi déterminée par le karma de la personne, car un roi peut rêver de ce qui concerne son royaume, tandis que le même rêve, fait par un de ses sujets, n'aura aucune portée pratique. Ainsi que l'a dit Job : " Dans les songes et les visions nocturnes, l'homme reçoit l'instruction. "

Les apparitions et les doubles se rangent dans deux catégories générales. L'une comprend les coques astrales ou les images du monde astral, qu'elles soient réellement
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visibles pour l'œil, ou qu'elles résultent d'une vibration intérieure projetée devant l'œil, induisant ainsi la personne à croire qu'elle perçoit une forme objective extérieure. L'autre catégorie comprend le corps astral de personnes vivantes, doué d'une conscience totale ou partielle. Les tentatives laborieuses des Sociétés de Recherches Psychiques qui, sans connaître ces lois, cherchent à prouver la réalité des apparitions, ne prouvent rien, car sur vingt cas admis, dix-neuf ne sont peut-être que l'image imprimée sur le cerveau et rendue objective. Mais il n'y a aucun doute que des apparitions aient été vues. Les apparitions de ceux qui viennent de mourir peuvent être soit des images rendues objectives comme il vient d'être décrit, soit encore le corps astral des décédés, qui dans cet état est appelé kamarupa. Or, comme au moment de la mort les pensées et les forces libérées du corps sont très puissantes, les récits sur ce genre d'apparitions sont beaucoup plus nombreux que ceux de toute autre catégorie.

L'Adepte peut projeter son apparition, qui toutefois est appelée par un autre nom car elle est formée de son corps astral conscient et discipliné, doué de toute son intelligence, et pas entièrement détaché de son corps physique.

La Théosophie ne nie pas les lois physiques découvertes par la science, et elle ne les ignore pas. Elle admet toutes celles qui ont été démontrées, mais elle affirme l'existence d'autres lois qui modifient l'action des lois généralement connues. Derrière tous les phénomènes visibles il y a le cosmos occulte avec sa machinerie idéale ; ce cosmos occulte ne peut être complètement compris qu'au moyen des sens intérieurs qui lui sont propres, et ceux-ci ne se développeront pas facilement si on nie leur existence. Agissant ensemble, le cerveau et le mental ont le pouvoir de développer des formes, d'abord astrales dans la substance astrale, ensuite visibles par une cristallisation de la matière sur ce plan-ci. Dans une large mesure, l'objectivité dépend de la perception, et la perception peut être affectée par des stimuli intérieurs. Un témoin peut donc voir un objet qui existe réellement comme tel au dehors, ou bien être conduit à en voir un par un
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stimulus intérieur. Cela nous donne trois modes de vision : a) par l'œil au moyen de la lumière qui émane d'un objet, b) par les sens intérieurs au moyen de la lumière astrale, c) par un stimulus de l'intérieur qui fait que l'œil transmet au cerveau l'image intérieure qui se trouve ainsi projetée vers l'extérieur. Les phénomènes des autres sens peuvent être catalogués de la même manière.

La substance astrale étant le registre de toutes les pensées, images sonores ou visuelles et autres vibrations, et l'homme intérieur étant un être complet capable d'agir en coordination avec le corps physique, ou indépendamment de lui, il s'ensuit que l'on peut expliquer les phénomènes d'hypnotisme, de clairvoyance, de clairaudience, de médiumnité, et tous les autres phénomènes accomplis inconsciemment. Dans la substance astrale se trouvent tous les sons et toutes les images, et dans l'homme astral subsistent les impressions de tous les événements, si éloignés et si insignifiants qu'ils soient. Lorsqu'ils agissent de concert, l'homme astral et la substance astrale produisent les phénomènes qui semblent si étranges à ceux qui nient ou qui ignorent les postulats de l'occultisme.

Cependant, pour expliquer les phénomènes produits par les Adeptes, les fakirs, les yogis et tous les occultistes entraînés, il est nécessaire de comprendre les lois occultes de la chimie, du mental, de la force et de la matière. Il est évident que ces questions ne peuvent être traitées en détail dans un ouvrage comme celui-ci.

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