aller au contenu|aller au menu principal|politique d'accessibilité

  • style par défaut de la page
  • visualiser cette page en noir sur blanc
  • visualiser cette page en blanc sur noir
  • Livres, Articles
  • W.Q. Judge

imprimer cette pageenvoyer le lien vers cette page

W.Q. Judge Livres et articles disponibles sur le site

Sommaire :

WILLIAM Q. JUDGE (1851 - 1896) - Aperçus biographiques

Brochure publiée à l'occasion du Centenaire de la mort de Judge, 1996.

Livres de W.Q. Judge

Articles de W.Q. Judge

Livres de W.Q. Judge disponibles sur le site(↑ sommaire)

L'Océan de Théosophie

Cet ouvrage de l'un des grands pionniers du mouvement théosophique vise à mettre à la portée du public - en termes simples mais sans les déformer - les grandes doctrines de la Théosophie dans l'esprit même où elles furent données à l'origine par Mme Blavatsky. Publié en 1893, il reste aujourd'hui un manuel commode de référence pour aborder la pensée théosophique authentique, et trouver des éléments d'explications éclairant les grands problèmes actuels, de l'évolution humaine aux phénomènes paranormaux. Un index analytique facilite l'étude par sujets.

Lettres qui m'ont aidé

À notre époque de profonde interrogation sur la nature réelle de l'être humain, ces Lettres viennent combler un grand vide et répondre à des questions essentielles visant les perspectives de la vie intérieure: elles émanent d'un personnage d'exception pour son siècle, dont la solide sagesse pratique s'alliait à une philosophie éprouvée de l'homme et de l'univers qui fait encore cruellement défaut à l'Occidental moderne. Les conseils donnés généreusement, avec simplicité et réalisme, sont ceux d'un aîné qui parle d'expérience à ses compagnons de travail. Index analytique.

Échos de l'Orient / Épitomé de Théosophie

Réunion de deux textes présentant des enseignements originaux et intéressants de la Théosophie, visant constamment à instruire le penseur réfléchi et éveiller son intuition. Publié à l'occasion du Centenaire de la mort de Judge avec notes explicatives et index, 1996.

Les Aphorismes du Yoga de Patañjali

Ce texte très ancien du fondateur du système du Yoga expose, dans un langage très concis, les règles, conditions et phases différentes de cette discipline spirituelle qui aboutit à la méditation la plus haute. Plutôt qu'une traduction littérale, Judge a préféré présenter une interprétation de la pensée de Patañjali et rendre ainsi cet enseignement traditionnel plus accessible, en y ajoutant d'ailleurs d'utiles notes explicatives, et une longue préface particulièrement instructive.

La Bhagavad-Gîtâ

Aucune Écriture hindoue n'est plus populaire aujourd'hui que ce court poème. Dès le 19ème siècle les théosophes contribuèrent largement à la faire connaître et apprécier : parmi eux, Judge fut sans doute l'un des premiers et des plus actifs. C'est en 1890 qu'il publia sa propre version de la Gîtâ - (présentée ici en traduction française, que n'alourdit aucun commentaire), après en avoir donné de pénétrantes analyses dans des articles témoignant de sa familiarité avec le caractère ésotérique du poème, dans son interprétation approfondie comme dans ses applications au vécu quotidien. Cette nouvelle édition française répond à une demande croissante en cette fin de siècle, où la Gîtâ se révèle comme un évangile universel, à l'usage de tous ceux qui cherchent la voie du véritable yoga spirituel où s'équilibrent et se complètent Connaissance, Amour et Action.

Notes sur la Bhagavad-Gîtâ -- (W.Q. Judge et R. Crosbie)

Soucieux de faire connaître au public la philosophie pratique de la Bhagavad-Gîtâ, Judge publia une série d'articles commentant les idées que lui suggéraient les différents chapitres: il ne put dépasser le septième et, après sa mort, ce fut son disciple, Robert Crosbie (le fondateur de la Loge Unie des Théosophes) qui compléta ces Notes jusqu'au 18e chapitre. Ce livre, qui se distingue d'un commentaire littéral du texte, permet une approche intérieure de la profonde philosophie dont s'éclaire tout le poème; il est d'une aide merveilleuse pour le lecteur occidental désireux d'aborder l'étude de la Gîtâ. Nouvelle traduction annotée et augmentée d'un article de W.Q.J., 1996.

Les Rêves et l'Éveil intérieur (Blavatsky et Judge)

Les documents réunis dans cet ouvrage apportent une contribution unique et originale dans un domaine qui est encore plein de mystère pour les chercheurs d'aujourd'hui. Ils comprennent un ensemble d'articles et de textes de fond où les auteurs expriment une connaissance profonde et de première main, ainsi qu'une série de témoignages offrant un large choix de rêves authentiques, commentés à la lumière de la Théosophie. Ces écrits, d'une richesse incomparable, visent toujours à rappeler au lecteur la grandeur cachée de l'homme, et l'incitent à se mettre à l'écoute de son être profond, dont le langage peut emprunter la voie du rêve. D'où une invitation à pratiquer, avec sagesse, ce qu'on appellerait aujourd'hui un véritable "yoga du sommeil". Voir sous H.P.Blavatsky.

Articles de W.Q. Judge disponibles sur le site(↑ sommaire)

Numéros des Cahiers Théosophiques et titres des articles.

  • 01 - Principes généreux de la Théosophie
  • 02 - Que sont les dons spirituels ? Comment les obtenir ? Méditations sur le sentier du vrai théosophe
  • 07 - Qu'est-ce que l'Occultisme ?
  • 14 - Clairvoyance
  • 22 - Mesmérisme - Les enveloppes de l'Ame
  • 23 - L'Occultisme, voir : Conversations sur l'Occultisme
  • 70 - La culture de la concentration
  • 75 - Applications Universelles de doctrine - Pensée sur Karma et la réincarnation
  • 76 - Le Kali-yuga -- L'Âge actuel -- Élémentaux et Élémentaires, voir : Conversations sur l'Occultisme
  • 77 - Élémentaux -- Karma -- Dangers de la connaissance occulte, voir : Conversations sur l'Occultisme
  • 78 - Mantrams - Élémentaux -- Métaux -- Tempéraments, voir : Conversations sur l'Occultisme
  • 79 - Étude des Élémentaux -- Vibrations occultes -- Devachan -- Précipitations -- Adeptes -- Élémentaux, voir : Conversations sur l'Occultisme
  • 80 - Clairvoyance -- Intuition -- Adeptes -- Règles de conduite supérieure -- La destruction du mal, voir : Conversations sur l'Occultisme
  • 92 - La Fraternité universelle - Comment devons-nous nous conduire envers Autrui ?
  • 94 - Un commentaire sur la Gayatri
  • 96 - L'hérédité est-elle une énigme? - Réincarnation et sexe - La réincarnation des animaux
  • 97 - L'avortement est-il un crime? - L'Ego et le corps - Sur la mort des enfants - Se réincarner ensemble - Sur la réincarnation - La cause des renaissances - Comment l'Ego est-il trompé? - Incarnations périodiques
  • 100 - Entourage - La récompense des souffrances imméritées - La pauvreté est-elle un mauvais karma? - Le bon et le mauvais Karma - Oeil pour Oeil - Avantages et handicaps dans la vie
  • 127 - H.P.B. à Enghien, "The Esoteric She"
  • 145 - La loi morale de compensation
  • 150 - Symbolisme Théosophique - Symboles Théosophiques - Souvenir du passé
  • 156 - Trois Grandes Idées - Le Parasol allégorique
  • 157 - Réincarnation - Karma - Les aphorismes sur karma

I. Les années de préparation (↑ sommaire)

1. Les racines irlandaises

William Quan Judge, fils d'Alice Mary Quan et de Frederik H. Judge, naquit à Dublin (Irlande), le dimanche 13 avril 1851. Son père, de tradition méthodiste, était franc-maçon et s'intéressait au mysticisme. Sa mère mourut encore jeune, en donnant naissance à son septième enfant. Le petit William grandit à Dublin jusqu'en 1864, date à laquelle son père émigra aux États-Unis avec toute sa famille.

De ces premières années, il faut surtout retenir un événement très marquant. À l'âge de 7 ans, le garçon fut atteint d'une grave maladie qui menaçait d'être fatale. Et de fait, il arriva un jour que le médecin annonce la mort de l'enfant aux parents éplorés. Mais bientôt, à la surprise générale, la vie sembla revenir : le malade était sauvé (1). La convalescence fut longue. Chose étrange, pendant ces mois de rétablissement, le garçon révéla des aptitudes et un savoir que nul ne lui connaissait encore. Il paraissait le même qu'avant, tout en étant différent sous certains angles ; et sa famille étonnée avait bien des raisons de s'interroger à son sujet. Ainsi, bien que nul ne sût qu'il ait jamais appris à lire, on le trouvait maintenant animé d'un grand intérêt pour le mysticisme et dévorant des livres (2) traitant de mesmérisme, phrénologie, caractérologie, magie, religion et autres sujets analogues. Un jour, on le vit plongé dans la lecture de l'Apocalypse, cherchant à découvrir sa véritable signification.

Physiquement, le corps qui avait frôlé la mort de si près ne connut jamais une très grande vitalité. Sans être maladif, l'enfant resta plutôt frêle, ce qui ne l'empêcha pas de manifester une volonté indomptable et une égale ténacité dans ses entreprises, comme en fait foi cette anecdote remontant à ces années d'enfance : alors qu'il jouait avec d'autres garçons au bord d'un cours d'eau, ses compagnons gagnèrent à la nage une île située à faible distance du rivage et de là se moquèrent de leur jeune camarade qui ne savait pas nager. Piqué au vif, William se jeta à l'eau, résolu à traverser, quoi qu'il arrive. Bientôt, perdant pied, il se laissa couler, fit quelques pas au fond, revint à la surface, s'enfonça de nouveau, et ainsi, luttant de toutes ses forces, progressant sur le fond et revenant un instant à l'air libre, tout en retenant son souffle, il finit par atteindre au bord de l'île où ses camarades stupéfaits le tirèrent de l'eau, à moitié inconscient. Rien ne pourrait être plus caractéristique de ce W.Q. Judge que l'on a connu par la suite.

2. La jeunesse d'un émigré sans fortune

À cette époque, bien des Irlandais quittaient leur terre natale — l'un des foyers de la spiritualité celtique — pour tenter l'aventure du Nouveau Monde. William avait 13 ans lorsqu'il traversa l'Océan avec sa famille sur le « City of Limerick » , pour atteindre le port de New York, le 14 juillet 1864. On résida quelque temps à New York pour finalement s'installer à Brooklyn. Années difficiles d'adaptation pour le père de Judge qui devait subvenir seul aux besoins et à l'éducation de ses nombreux enfants ; William put malgré tout terminer sa scolarité, avant de gagner sa vie comme employé à New York. Il finit par entrer au service de George P. Andrews (qui allait devenir Juge de la Cour Suprême de New York). Le jeune homme se prit alors d'intérêt pour le Droit, qu'il se mit à étudier activement, tout en habitant chez son père, qui décéda d'ailleurs peu après.

À sa majorité, William devint citoyen des États-Unis (en avril 1872) et le mois suivant il était inscrit au Barreau de New York. Avec le temps, le Droit commercial devint sa spécialité, où par son industrie, son inflexible persistance et son habileté naturelle, il gagna le respect de ses employeurs comme de ses clients. Comme on l'a dit de lui, à cette époque et plus tard : « Pour accomplir son devoir, Judge irait au bout du monde sur des socs de charrue rougis au feu ».

En 1874, il épousa une institutrice de Brooklyn, Ella Miller Smith, dont il n'eut qu'un enfant — une charmante petite fille, pleine de promesses, qui malheureusement succomba à la diphtérie dans ses premières années. Cette mort fut longtemps une source de profond chagrin et d'amertume pour le jeune couple, par ailleurs tiraillé par de sérieuses divergences sur le plan religieux.

3. La rencontre avec Mme Blavatsky

Peu de temps après son mariage, un curieux concours de circonstances permit au jeune avocat de faire la rencontre qui allait bouleverser sa vie, en la personne de Mme Blavatsky, établie aux États-Unis depuis 1873. Vivement intéressé par les phénomènes du spiritisme dont la presse de l'époque rendait compte abondamment, Judge s'adressa à l'un des auteurs de ces articles à sensation, le colonel H. S. Olcott (3) pour lui demander l'adresse d'un bon médium. N'ayant personne à recommander, Olcott évoqua le nom de Mme Blavatsky (4). Rendez-vous fut pris au domicile de celle-ci (lrving Place, à New York), et c'est ainsi que le jeune homme fut mis en présence de la grande Occultiste — son aînée de 20 ans — dont il allait devenir le disciple infatigablement dévoué, et l'ami indéfectible, à travers vents et marées. Plus tard, dans un article (5), Judge fit le récit de cette première entrevue :

« Ce fut son regard qui m'attira, celui d'une personne que j'avais dû connaître dans de lointaines vies passées. Elle m'observa comme si elle me reconnaissait à cette première heure, et jamais depuis ce regard n'a changé. Ce n'était pas comme un esprit plein de questions philosophiques que je m'étais présenté à elle, ni comme un égaré cherchant dans les ténèbres des lumières qu'avaient obscurcies Écoles et théories fantaisistes, mais comme un pèlerin qui, après avoir parcouru pendant bien des périodes les voies de l'existence, était en quête des amis qui pourraient lui montrer où avaient été cachés les plans de l'œuvre. Et, fidèle à l'appel, elle répondit en révélant ces plans une fois de plus : sans un mot d'explication, elle se contenta de les désigner à mon attention — et elle se remit à la tâche. C'était comme si nous nous étions séparés la veille, en laissant pourtant inachevé quelque détail d'un ouvrage entrepris dans un but commun. Se trouvaient alors réunis maître et disciple, frère aîné et cadet, tous deux tendus vers un même objectif — mais elle, riche du pouvoir et de la connaissance qui n'appartiennent qu'aux lions et aux sages. Ainsi, avec cette amitié de la première heure, je me sentis en sécurité. »

Dès lors Judge lui rendit de fréquentes visites, et se mit à étudier sous sa direction. À ses côtés, il participa, avec Olcott et une pléiade d'autres chercheurs, aux réunions qui allaient conduire au lancement de la Theosophical Society (6) , le 17 novembre 1875 à New York. C'est ainsi qu'à l'âge de 24 ans, il devenait l'un des tout premiers membres actifs d'une Société promise à une remarquable destinée dans cette fin de siècle.

 

NOTES

  • (1) Voir pour cet événement les indications fournies par Judge lui-même dans « Un Roman Occulte » , (Lettres qui m'ont aidé, Livre 3) où il évoque son incarnation « dans un corps d'emprunt » .
  • (2) On peut lire dans la rubrique Tea Table Talk de la revue The Path (avril 1893) une discussion à propos de cette capacité qu'ont certains enfants de lire sans avoir appris. D'une manière générale, il s'agirait d'une connaissance, ou aptitude, ramenée d'une existence antérieure et exigeant plusieurs conditions pour se réactiver.
  • (3) H. S. Olcott avait publié dans le Daily Graphic de New York un reportage sur les fameuses « matérialisations d'esprits » qui se produisaient chez les Eddy, à Chittenden (Vermont). La série de ces articles fut publiée en mars 1875 sous le titre People from the Other World ( = Des gens de l'Autre Monde). C'est à Chittenden que le colonel Olcott rencontra Mme Blavatsky pour la première fois, le 14 octobre 1874.
  • (4) Mme Blavatsky n'était pas médium, mais elle connaissait parfaitement les phénomènes du spiritisme et les lois naturelles intervenant dans leur manifestation. Elle devait cette familiarité avec l'Occultisme à un long entraînement sous la conduite de Sages orientaux qu'elle appelait ses Maîtres. C'était d'ailleurs sur l'ordre de ces Maîtres qu'elle s'était rendue à New York pour commencer à répandre dans le monde occidental les enseignements spirituels auxquels elle allait donner le nom de Théosophie.
  • (5) « Vôtre jusqu'à la mort, et au delà, H.P.B. »  , Cahier Théosophique n°141.
  • (6) En français : la « Société Théosophique » (en abrégé : S. T.).

II. Les premières années de probation (↑ sommaire)

1. L'épreuve de la solitude

Bientôt le privilège lui fut donné d'assister Mme Blavatsky dans la rédaction d'Isis Dévoilée, véritable manifeste du Mouvement théosophique, publié en 1877. Peu de temps après, sur la décision de transférer en Inde le Quartier Général de la jeune Société (7), son président, H.S. Olcott, et celle que ses amis allaient désigner familièrement sous le nom de H.P.B. se préparèrent à quitter les États-Unis. Après leur départ, le 17 décembre 1878, Judge se retrouva presque seul aux côtés du Major-Général Doubleday, faisant fonction de président.

Les années qui suivirent furent pour lui comme une traversée du désert, en l'absence de la puissante personnalité de Mme Blavatsky qui, à elle seule, avait attiré nombre de personnages en vue de l'époque. Fini le contact direct avec l'instructeur spirituel, finies les visites à la « lamaserie » (l'appartement de H.P.B. à New York) : Judge se sentait laissé à lui-même et dut faire face, avec constance et ténacité, à bien des difficultés, sur tous les plans — extérieurs et intérieurs.

Avec le recul du temps, cette phase de sa vie se déchiffre aisément comme une période de test et d'essai : dans sa solitude, le disciple était durement mis à l'épreuve mais son zèle pour la Théosophie et sa dévotion à la Cause des Maîtres allaient décider de sa réussite. Au terme d'un long septennat de probation (depuis 1875) viendrait le moment de l'acceptation et de la reconnaissance du serviteur par les Maîtres. En attendant, il fallait maintenir vivante la présence du Mouvement aux États-Unis, surmonter tous les doutes et tenir bon quoi qu'il arrive. C'est à cette époque que, résolu à tout pour continuer le travail, Judge pouvait, à l'heure fixée, ouvrir les réunions, lire un chapitre de la Bhagavad-Gîtâ, avant de passer à l'ordre du jour, et se mettre à examiner chaque point en détail, comme s'il n'était pas la seule personne présente. En ces jours sombres, il n'avait qu'une devise : « Promulgation — non spéculation. » Avec cette idée : « La Théosophie est un cri de l'âme » . Cependant, cette activité jamais relâchée s'accompagnait d'une ardente recherche intérieure. C'est aussi à cette époque que remonte une importante correspondance échangée entre Judge et son compagnon-disciple, le jeune Hindou Dâmodar K. Mâvalankar, qui révélait à son esprit intuitif l'existence de rapports entre Maître et disciple d'une nature insoupçonnée — voire indescriptible (8).

 

2. Le voyage en Inde

Le courrier de ces années, adressé à Olcott et à Dâmodar, reflète les sentiments nostalgiques d'un exilé, loin de sa vraie patrie, l'Inde.
Finalement le signal tant attendu arriva. Dans une lettre à Dâmodar, datée du 11 juin 1883, Judge confiait à son ami de l'autre bout du monde : " Je reçois votre dernière. Au dos sont écrits au crayon rouge les mots : « Feriez bien de venir. M ...... » (9). Le temps de régler ses affaires, ce ne fut pas avant février 1884 que Judge entreprit le grand voyage rêvé de sa vie. Il fit escale en Europe où il dut attendre Mme Blavatsky qui devait arriver de l'Inde. Sur l'ordre des Maîtres, il demeura quelque temps avec elle pour l'aider à préparer une refonte d'Isis Dévoilée. Et ce fut seulement à la fin de juin qu'il put continuer sa route vers l'Inde, pour gagner finalement, en août, Adyar où venait d'éclater un scandale dû à la malveillance d'un couple, les Coulomb (avec l'aide de missionnaires protestants de Madras, désireux de discréditer et d'évincer les théosophes). Judge put d'ailleurs faire constater sur place certaines de leurs machinations. En apparence, son séjour, prolongé jusqu'en octobre, ne fut marqué par aucun événement d'importance. Du moins n'a-t-il rien laissé transparaître de ses expériences personnelles, mais il est clair que cette nouvelle rencontre avec Mme Blavatsky et ce voyage en Inde ont marqué un tournant absolument décisif dans sa carrière.

NOTES

  • (7) Établi d'abord à Bombay, le siège de la S.T. fut ensuite transféré à Adyar, près de Madras, dans le sud de l'Inde.
  • (8) Voir, pour cette correspondance, l'ouvrage de Sven Eek Dâmodar and the Pioneers of the Theosophical Movement. Dans un long texte intitulé « Le Journal d'un chéla hindou » (Cahier théosophique n° 107), Judge a exploité une partie des manuscrits de Dâmodar pour donner une idée vivante de la démarche quotidienne d'un disciple, et de ses expériences mystiques.
  • (9) En anglais : " Better come. M ......". L'initiale servant de signature, suivie du triangle de points, renvoie au nom du Maître de Mme Blavatsky, dont les lettres (comme celles reçues par A.P. Sinnett. de 1880 à 1885) étaient généralement écrites au crayon rouge.

III. Une vie publique entièrement consacrée à la Théosophie (↑ sommaire)

1. Le réveil du Mouvement en Amérique

À son retour à New York, Judge trouva ses perspectives financières grandement améliorées. Il entra au cabinet auquel appartenait le propre frère d'Olcott. La possibilité lui était maintenant offerte de consacrer plus de temps à la Société Théosophique. Cette dernière était d'ailleurs dans une situation préoccupante, en raison des prolongements du scandale qui attiraient sur elle l'attention publique. C'était par contre l'occasion pour un habile tacticien de tirer parti de tout ce bruit, en entrant dans l'arène, pour répondre ouvertement aux demandes d'information, se faire entendre de la presse qui s'emparait de ces questions d'actualité, et présenter l'entreprise de la Société sous son vrai jour. Finalement, par sa méthode et sa diligence, Judge s'attira le respect de ceux qui voyaient à l'œuvre ce travailleur serein mais convaincu et infatigable : la presse se mit à accepter ses articles sur la Théosophie, puis ceux d'autres personnes ; et au lieu de se livrer à ses perpétuels commentaires insultants sur tout ce qui concernait la Société, elle finit par insérer les nouvelles théosophiques comme n'importe quel autre fait d'actualité. Plus tard, l'influence personnelle de Judge conduisit la direction du journal Sun de New York à publier (le 26 septembre 1892) une rétractation complète concernant des propos diffamatoires sur Mme Blavatsky et la Société Théosophique que le prof. E. Coues avait fait paraître dans ce journal. En même temps, le Sun ouvrit ses colonnes à un article mémorable de Judge rétablissant la vérité (10).

En reprenant en main la Société, à son retour aux États-Unis, Judge n'avait pas tardé à se rendre compte qu'elle avait besoin d'un changement radical dans son administration si elle devait sortir de sa stagnation. Aussi écrivit-il à Olcott et à H.P.B. en leur suggérant la formation d'une Section Américaine. Ce qui fut fait en juin 1886. Judge en fut élu Secrétaire Général permanent. Sous sa vigoureuse impulsion, elle ne tarda pas à prospérer de façon remarquable, en étendant le réseau de ses Branches locales à tout le pays. Bientôt se manifestèrent des collaborateurs dévoués, et attentifs à seconder les efforts de Judge, qui méritaient tous les éloges. Témoin ce commentaire d'Olcott :

« ... son cerveau était fertile en bonnes idées pratiques et c'est à ses initiatives presque exclusivement que l'on doit la croissance rapide, et à grande échelle, de notre mouvement aux États-Unis ; les autres — ses collègues — ne firent qu'exécuter ses plans » .

Plus précieuse encore est cette appréciation du Maître évoquant Judge comme « celui qui a ressuscité la Théosophie en Amérique » .

 

2. Une activité littéraire inépuisable

La parution de la revue The Path, en avril 1886, fut un événement capital pour le Mouvement qui disposait maintenant d'un instrument efficace pour répandre la Théosophie aux États-Unis (ainsi que dans les autres pays anglophones). Comme il n'y avait encore guère de personnes qualifiées, à cette époque, pour fournir des articles de valeur, Judge dut écrire la majorité des textes importants sous divers pseudonymes, parmi lesquels William Brehon, Eusebio Urban, Hadji Erinn, Rodriguez Undiano, Un mystique américain (11). Son style, simple et direct, se reconnaît sans peine dans tous ces écrits, qui révèlent un auteur maître des sujets qu'il aborde, avec le souci d'éclairer le lecteur et de stimuler sa réflexion, sans jamais perdre de vue la dimension éthique et spirituelle.

Le Path, ouvert aux contributions d'auteurs d'autres pays, publia quelques articles importants de Mme Blavatsky. Et pour sa part, Judge ne manqua pas d'écrire pour les revues The Theosophist (fondée en Inde en 1879) et Lucifer (lancée à Londres par H.P.B. en 1887).

Après le Path, Judge créa en 1889 une revue spéciale pour ouvrir un dialogue actif avec les lecteurs en quête de réponses à leurs questions : The Theosophical Forum. Ces réponses y apparaissent comme des modèles d'expression concise, fondée sur une grande maturité d'esprit et une profonde maîtrise de l'enseignement de la Théosophie. En 1890, sous le pseudonyme « Occultus » , Judge publia les Échos de l'Orient, résumant à grands traits les doctrines théosophiques pour les lecteurs d'une publication américaine (Kate Field's Washington). En 1891, furent éditées les premières Lettres qui m'ont aidé qui avaient paru à l'origine dans le Path. Puis, ce fut l'Océan de Théosophie (en 1893), un grand classique de la littérature théosophique, publié d'abord sous forme d'articles dans un journal de Terre Haute (Indiana). Rédigé en très peu de temps, cet ouvrage permet déjà de se familiariser avec la Théosophie et de se préparer à l'étude sérieuse de la Doctrine Secrète (oeuvre maîtresse publiée en 1888 par H.P.B.).

À la fin du 19e siècle où la philosophie de l'Inde était encore passablement ignorée en Amérique, il importait non seulement de la faire connaître — ce à quoi s'employaient des grands propagandistes comme Swâmi Vivekânanda —  mais aussi d'aider le public à en déchiffrer l'ésotérisme à la lumière de la Théosophie. Sous ce rapport, la contribution de Judge fut celle d'un pionnier : on lui doit une édition de la Bhagavad-Gîtâ (1890) et une série d'articles (parus dans le Path) en commentant les 7 premiers chapitres. Ces textes (complétés par Robert Crosbie) furent plus tard réunis sous forme de livre (les Notes sur la Bhagavad-Gîtâ). Judge fournit également une traduction commentée des Aphorismes du Yoga de Patañjali (1889). Il avait conçu l'idée d'un « Département oriental » ayant pour objectif de publier un grand nombre de textes tirés des Écritures sanskrites, et autres. Pour ces Oriental Department Papers, il s'assura la contribution de spécialistes comme le prof. Manilal Dvivedi et Charles Johnston (époux de la nièce de Mme Blavatsky).

Pendant toutes ces années de maturité, Judge a dépensé une intarissable énergie à propager par écrit les idées de la Théosophie, en accomplissant à lui seul le travail de plusieurs personnes. Consacrant chaque instant de liberté au service du Mouvement, il ne négligeait aucun détail, répondait personnellement à un grand nombre de correspondants, ayant à coeur de s'informer de toute l'activité des Branches américaines, et d'épauler dans leur travail et leur progrès ceux qu'il considérait un peu comme « ses enfants ». Même pendant une tournée de conférences à travers les États-Unis, il passait le plus clair du voyage en train (il fallait 5 jours pour relier New York à la côte californienne) à préparer des causeries, écrire des articles, boucler la correspondance en attente.

En ces années où n'existaient pas les moyens modernes de communication, l'information écrite était d'une importance capitale. Et il est fort heureux pour les hommes d'aujourd'hui que tous ces échanges entre Judge et ses collaborateurs n'aient pas eu lieu par téléphone : ses lettres demeurent, en très grand nombre, pour témoigner de cette exceptionnelle figure de leader spirituel, entraînant les bonnes volontés au travail, sans rien demander pour lui-même, exigeant pour la cause théosophique le maximum des proches de son équipe, et donnant sans cesse l'exemple du dépassement des limites et des obstacles humains.

NOTES

  • (10) «The Esoteric She» , Cahier théosophique n°127.
  • (11) De même, les contributions au Path de la destinataire des Lettres qui m'ont aidé (Livre 1) furent signées diversement Jasper Niemand, Julius, J., August Waldensee.
 

IV. La confiance accordée par H.P. Blavatsky (↑ sommaire)

1. La création de la Section Ésotérique

En 1888, Judge fut nommé par le colonel Olcott Vice-Président de la Société Théosophique. Cette même année (le 9 octobre) H.P.B. annonçait la création, au sein de cette Société, d'une Section Ésotérique placée sous sa direction exclusive. Il s'agissait pour elle, après les expériences souvent décevantes des années passées, de réunir autour d'elle l'élite des membres désireux de « faire de la Théosophie un pouvoir vivant dans leur vie » , et mettre tout en œuvre pour la défendre et répandre ses doctrines, en unissant de leur mieux leurs efforts afin que l'entreprise du Mouvement théosophique ne se solde pas par un échec, mais se développe avec force pour demeurer vivante au 20e siècle. Liés par un serment solennel, les membres de cette Section, aidés d'Instructions ésotériques reçues sous le sceau du secret, avaient la possibilité de se préparer, par leurs propres efforts, à accéder progressivement au niveau de chélas (12), sous l'égide de H.P.B., l'agent direct des Maîtres dans la S.T.. Cette création ouvrait pour la collectivité internationale des théosophes une voie qui avait été jusqu'alors réservée à des individus isolés — tels que Jasper Niemand aux États-Unis — mais l'idée en avait été suggérée par Judge, témoin conscient des besoins profonds de beaucoup de ses compatriotes et des potentialités d'action efficace qu'ils offraient pour le Mouvement.

 

2. La place de Judge aux côtés de H.P.B.

Pour l'organisation pratique de cette Section, comme pour la rédaction des Règles prévues pour les membres (qui avait motivé le voyage de Judge à Londres, fin 1888), Mme Blavatsky avait pris l'aide de son collègue, en qui elle plaçait toute sa confiance. Elle fit d'ailleurs de lui son seul agent mandaté pour la Section Ésotérique en Amérique. Dans un document revêtu de son sceau, on peut lire :

« En tant que chef de la Section Ésotérique de la Société Théosophique, je déclare par la présente que W.Q. Judge de New York, en raison de sa qualité de chéla ayant treize années à son actif, et de la pleine confiance qui est placée en lui, est mon seul représentant pour cette Section en Amérique, qu'il constitue le seul canal par lequel seront envoyées et reçues toutes communications entre les membres de cette Section et moi-même, et qu'il y a lieu, sous ce rapport, de lui accorder entièrement foi, confiance et crédit.

Fait à Londres, ce quatorzième jour de décembre 1888, et dans la quatorzième année de la Société Théosophique ... " .

[Signé] H.P. Blavatsky

On entrevoit ici la qualité exceptionnelle des rapports unissant H.P.B. et son compagnon-disciple dans l'œuvre des Maîtres (13). Cette nouvelle responsabilité acceptée par Judge dans la Section Ésotérique n'allait pas manquer de lui créer un surcroît de travail — et de difficultés de la part de certains théosophes, envieux, hostiles ou ambitieux. Ce qui fournit à Mme Blavatsky l'occasion d'exprimer vigoureusement sa position par la voie d'une lettre à Judge qu'elle l'invita à faire connaître aux parties intéressées :

Londres, le 23 octobre 1889

« Celui (ou celle) qui s'imagine qu'en quelque circonstance que ce soit — provocation, bavardage, médisance, ou toute autre menée inventée par l'ennemi — H.P.B. ira jamais, serait-ce même en rêve, contre W.Q.J. ne connaît pas H.P.B. — même s'il (ou elle) connaît H.P. Blavatsky, ou pense la connaître (14). L'idée est absurde et ridicule. Si W.Q.J. s'agace d'une quelconque provocation plus longtemps que cinq minutes d'horloge, il n'est qu'un flapdoodle (15). H.P.B. donnerait 7 douzaines de Bridge, 77 douzaines de Noyes et toute la couvée ésotérique aux U.S.A. pour un seul W.Q.J. qui est une partie d'elle-même depuis plusieurs éons. Que ceux qui ont des oreilles entendent : quant aux sourds et aux aveugles, qu'ils se munissent de fausses oreilles et d'yeux de verre — ou disparaissent.

« La Section Ésotérique et sa vie aux États-Unis dépendent de ce que W.Q.J. demeure son agent et de ce qu'il est maintenant. Le jour où W.Q.J. donnera sa démission, H.P.B. sera virtuellement morte pour les Américains.

« W.Q.J. est l'Antaskarana [= l'organe vivant de communication consciente] entre les deux Manas, la pensée américaine et la pensée indienne — ou plutôt la Connaissance ésotérique trans-himalayenne.»
DIXI.

H.P.B. ...

P.S. — W.Q.J. ferait bien de montrer ceci à tous ceux qui peuvent être concernés, et le leur faire entrer dans la tête. »

Occupant un poste très en vue, à la fois dans la S.T. et dans sa Section Ésotérique, Judge allait être en butte à des attaques renouvelées. Celle du prof. E. Coues, signalée plus haut, émanait d'un scientifique de renom, dévoré par l'ambition du pouvoir dans la S.T.. Finalement expulsé de la Société, il décida de se venger par la voie de la presse en dénonçant l' « imposture » de Mme Blavatsky. Au bout de quelque temps cependant, l'affaire se retourna contre lui, comme on l'a vu.

 

3. Mme Blavatsky prend la défense de Judge

Malheureusement, ces attaques visant le grand théosophe américain allaient s'amplifier au point de provoquer une crise grave dans le monde théosophique — et la séparation de la Section Américaine du sein de la S.T. présidée par Olcott.

Déjà, dans ses dernières années, H.P.B. avait dû maintes fois prendre la défense de Judge. En particulier contre un autre ambitieux, Richard Harte, responsable temporaire à la direction du Theosophist à Adyar, qui profitait de sa position pour publier ses opinions hostiles. En réponse à une lettre condescendante, voire méprisante, à propos de Judge, H.P.B. précisait :

« [...] votre méchante accusation non théosophique — qui est aussi peu fondée qu'elle est non théosophique — tombe encore une fois complètement à faux en ce qui concerne la Section Ésotérique : Judge n'a jamais prêté serment, jamais signé quoi que ce soit; car, comme dans le cas d'Olcott, ma confiance en lui est suffisante pour me fier à lui sans aucun engagement sur l'honneur. Les nombreuses lettres que je reçois de véritables bons théosophes comme Buck, Mme Ver Planck [= Jasper Niemand], ne font pas ressortir leur ' dégoût ' de Judge. Mais elles me parlent assurément de vos avis indélicats publiés dans le Theosophist, et des avalanches de lettres dont vous les inondez.

Si la Section Américaine se sépare d'Adyar, ce sera votre œuvre.(16) »

D'autres que Richard Harte allaient se relayer pour rendre inévitable cette scission. Mais cette fois, l'hostilité viendrait de plus haut — de ceux qui, avec Judge, auraient dû maintenir l'union sacrée dans la S.T. après la mort de Mme Blavatsky, survenue à Londres le vendredi 8 mai 1891.

Notes

  • (12) Chéla : mot d'origine hindie, d'usage courant dans les milieux théosophiques pour désigner un disciple des Maîtres.
  • (13) Voir encore, dans le dernier des Cinq Messages aux Théosophes Américains, la profonde appréciation du travail et de la personne de Judge que Mme Blavatsky appelle (moins d'un mois avant sa mort) « mon plus vieil ami et collaborateur »  .
  • (14) Allusion à la différence essentielle entre le personnage historique — H.P. Blavatsky — connu du monde extérieur, et l'être réel — le grand disciple, en rapport constant avec les Maîtres — qui était à l'œuvre à l'intérieur de ce personnage — et que ses familiers désignaient par " H.P.B. " .
  • (15) « A flapdoodle » , expression familière de Mme Blavatsky : un personnage inconsistant et sans valeur.
  • (16) Lettre du 12 septembre 1889.

V. Le combat des dernières années (↑ sommaire)

1. Le court répit avant l'orage

La disparition de la grande animatrice du Mouvement théosophique eut (transitoirement) l'effet salutaire de resserrer les liens de solidarité et d'amitié parmi les membres de la S.T., sans pour autant éliminer les germes de dissension entre les personnes humaines.

Déjà, Olcott avait quelque raison de prendre ombrage de l'influence grandissante de Judge. Lors d'un voyage à Londres, en juillet 1891, celui-ci aurait remis à son aîné certains messages des Maîtres à son intention. Mais le doute à propos de leur authenticité se serait éveillé chez cet aîné, imbu de son personnage. Dès lors, comme il le déclara plus tard, il perdit son respect pour Judge.

En réalité, depuis quelque temps, Olcott se sentait menacé dans ses prérogatives de Président de la S.T.. En 1888, inquiet du projet de formation d'une Section Ésotérique qui échapperait à sa compétence, il s'y était d'abord opposé mais avait finalement donné son accord en apprenant que cette création avait été ordonnée à H.P.B. par les Maîtres eux-mêmes. Plus tard, la place de Judge et d'Annie Besant (qui après la mort de H.P.B. se partagèrent la direction extérieure de cette Section) leur donnait une indéniable auréole d'autorité spirituelle. Désenchantement pour Olcott ? Dans ses mémoires, il nota : « Tout ce qui était possible fut fait pour réduire ma position à zéro — ou faire de moi un fantoche. Aussi pris-je les devants en démissionnant » .

À ce propos, les faits méritent d'être rapportés, vu que Judge y fait allusion dans ses Lettres. En janvier 1892 — moins d'un an après le décès de Mme Blavatsky — Olcott, inquiet de rumeurs dirigées contre lui, se disant malade et fatigué, renonça à la présidence de la S.T. en faveur de Judge que tout désignait à cette fonction si elle devenait vacante. D'ailleurs, la majorité des membres lui était favorable à l'époque. Annie Besant qui, à ce moment, était à la tête de la Blavatsky Lodge, fondée à Londres par H.P.B. (le 19 mai 1887), s'exprima nettement en sa faveur dans une circulaire adressée aux membres de cette Loge, le 11 mars 1892 :

« [...] William Quan Judge est la personne la plus convenable pour guider la Société, et celle qu'en toute justice on ne saurait omettre dans nos considérations. Il n'est pas seulement le Vice-Président, et l'un des Fondateurs : il fut l'ami jamais démenti et le collègue de H.P. Blavatsky, de 1875 jusqu'à sa mort. Étant par sa naissance fils du vieux pays, il a gagné la confiance de la Section Américaine par son travail fidèle, et recueillera sans aucun doute son soutien unanime.»

Ce soutien lui fut effectivement accordé, le 25 avril 1892 à Chicago, lors du Congrès annuel des Branches de cette Section. En juillet de la même année, la Section Européenne vota également à l'unanimité pour l'élection de Judge comme Président.

De son côté, cependant, Judge demandait instamment à Olcott de revenir sur sa décision. Il a expliqué à ses collègues américains les raisons qui lui inspiraient cette démarche ; en particulier : reconnaissance due à Olcott pour ses services passés, nécessité de préserver l'image de la S.T., etc (17).

Avec le temps, toutefois, Olcott se ravisait, mettait certaines conditions à l'élection de Judge, en lui demandant de renoncer d'abord à son poste de Secrétaire Général de la Section Américaine. Finalement, il télégraphiait à Judge, le 30 août, que sa santé s'étant rétablie il annulait sa démission. Il assura par ailleurs avoir entendu un jour la voix de son Maître le réprimandant à propos de sa décision — ce qui avait dû l'amener finalement à changer d'avis.

L'année 1893 fut marquée par un événement d'une grande importance historique, démontrant l'impact du Mouvement théosophique aux États-Unis : l'invitation faite à la Société Théosophique à participer au Parlement des Religions, à Chicago. Cette manifestation, à laquelle se joignirent aussi Annie Besant et divers délégués de différentes Sections de la S.T., se solda par un incontestable succès pour la Théosophie. À ce moment, la popularité de Judge était à son zénith. Pourtant s'accumulaient déjà les nuages annonciateurs de l'orage.

2. Le procès contre Judge

Venue à la S.T. en 1889, Annie Besant, intelligence vive, et oratrice de grand talent, avait promptement gagné la notoriété aux côtés de H.P.B. dont elle était devenue en quelque sorte la femme de confiance à Londres. Deux ans après, la grande Occultiste étant décédée, elle accédait déjà à un poste de grande responsabilité au sein de la Section Ésotérique aux côtés de W.Q. Judge, son aîné, dont elle reconnaissait alors l'autorité. Dès lors, le succès ultérieur de l'entreprise théosophique dans le monde dépendait de l'harmonie complète qui régnerait entre ces deux chefs de file, représentant ce qu'il y avait de plus sacré dans le Mouvement : le lien vivant avec la Loge des Maîtres.

En 1893, Annie Besant n'était en probation que depuis 4 ans. Très exposée aux sollicitations et aux tentations de pouvoir, de par sa position exceptionnelle, des épreuves de taille — parfois très insidieuses — l'attendaient encore.

Grande responsabilité réclame vigilance encore plus grande. L'année 1893 fut malheureusement celle où Annie Besant tomba sous l'influence magnétique du prof. G.N. Chakravarti, un brâhmane d'Allahabad, qui était venu avec les membres de la S.T. au Parlement des Religions. De retour de Chicago, Annie Besant fît escale à Londres qu'elle quitta en octobre 1893 pour regagner l'Inde -où elle retrouva finalement Chakravarti, au début de 1894. L'ascendant de cet homme, doué de pouvoirs psychiques (18), fut fatal pour Annie Besant — et pour le lien de confiance l'unissant à Judge, lequel aurait dû cependant rester pour elle le frère aîné et l'unique compagnon de route la devançant sur la voie du disciple. La plus élémentaire fraternité (sinon les règles intérieures de la Section Ésotérique) aurait dû empêcher la cadette de mettre en cause publiquement cet aîné sans une franche concertation préalable avec lui, et sans une très sérieuse réflexion sur les conséquences inévitables d'une telle agression.

Mais, la méfiance s'installant, au contact de membres résolument hostiles à Judge, la rupture devenait imminente. Le scandale ourdi pour balayer le bras droit de H.P.B. du monde théosophique tournerait court cependant, mais la S.T. en sortirait très affaiblie.

L'occasion de ce bouleversement semble avoir été fournie par un mécontent du nom de Walter Old (récemment expulsé de la Section Ésotérique) qui vint à Adyar, en fin décembre 1893, et produisit, pour se disculper, des « preuves » matérielles démontrant que Judge avait fait un usage frauduleux du nom et de l'écriture des Maîtres pour favoriser des objectifs personnels. Sur demande expresse d'Annie Besant, qui séjournait alors avec Chakravarti, à Allahabad, Olcott, déjà prévenu contre son collègue américain, se décida à passer à l'action. Le 7 février 1894, il mit Judge au pied du mur, en lui donnant à choisir entre deux choses : l) démissionner de toute activité officielle — auquel cas il suffirait d'une explication publique générale, 2) se présenter devant un Comité ad hoc, réuni selon les statuts de la Constitution de la S.T. pour juger de l'affaire — mais cette fois les minutes du procès seraient rendues publiques en détail. Imperturbable, Judge opta pour la seconde alternative.

À la demande d'Olcott, Annie Besant dégagea six chefs d'accusation. En gros, Judge avait trompé son monde en prétendant avoir reçu constamment des Maîtres instructions et messages, de 1875 à l'heure présente ; et il avait envoyé à divers individus communications, lettres et ordres, comme s'ils venaient des Maîtres, avec leur propre écriture.

3. Le plaidoyer de Judge

Devant le « tribunal » théosophique réuni à Londres, Judge embarrassa fort ses accusateurs en faisant remarquer que le Comité réuni n'avait pas compétence pour juger du présent cas. Le Vice-Président (Judge) n'était pas coupable d'inconduite officielle et le jugement allait se porter sur un terrain où se trouveraient compromises certaines des positions de principes de la S.T.. C'était l'impasse. On dut se ranger à l'avis de Judge et renoncer aux accusations. Olcott fit une déclaration historique où il affirmait :

« Pour sa défense, M. Judge dit qu'il n'est pas coupable des actes dont on l'accuse ; que les Mahâtmas existent, sont en rapport avec notre Société et en liaison personnelle avec lui, et à l'appui de ses affirmations, il se déclare prêt à citer maints témoins et documents à titre de preuves. Vous voyez immédiatement où cela nous conduirait : dès que nous entrerions dans ces questions, nous violerions l'esprit le plus essentiel de notre pacte fédéral, sa neutralité en matière de croyance. Ainsi, personne mieux que moi ne connaît le fait de l'existence des Maîtres, cependant je démissionnerais de mon poste sans hésitation si l'on devait amender la Constitution pour faire un dogme de cette croyance : chacun de nos membres est aussi libre de rejeter leur existence et de la nier que moi de l'accepter et de l'affirmer. Ainsi donc, je déclare comme mon opinion que cette enquête ne doit pas être poursuivie plus loin : nous ne saurions sous aucun prétexte enfreindre nos propres lois. »

Ainsi, la face était sauve, in extremis. Pour sa part, Annie Besant reconnut qu'une certaine haine contre Judge avait inspiré l'action des premiers accusateurs. Mais la déclaration qu'elle fit (le 12 juillet 1894 au Congrès Européen de la S.T.) ne blanchissait pas son aîné de tout soupçon de malhonnêteté :

«[...] Je considère M. Judge comme un Occultiste, possédant une considérable connaissance et animé d'une profonde et inlassable dévotion au service de la S.T.. Je crois qu'il a souvent reçu des Maîtres et de Leurs Chélas des messages le guidant et l'aidant dans son travail. Je crois qu'il a parfois reçu pour d'autres personnes des messages, par un moyen ou un autre que je vais mentionner dans un moment, mais non sous la forme d'une écriture tracée par le Maître lui-même, ou par précipitation directe : et que, dans ces conditions, M. Judge s'est cru autorisé à consigner lui-même, dans le modèle d'écriture adopté par H.P.B. pour les communications provenant du Maître, le message reçu psychiquement, et à le remettre à la personne destinataire en lui laissant croire à tort qu'il s'agissait d'une précipitation directe, ou d'un écrit du Maître lui-même [...]. »

Quant à Judge, il rejeta toute accusation de faux. Il déclara être un agent des Mahâtmas, et avoir effectivement reçu d'eux des messages, sans jamais chercher à induire cette croyance chez les autres.

En fait, l'important n'était-il pas dans le contenu d'instruction apporté par le message, plutôt que dans les techniques employées par les Maîtres pour transmettre leurs communications ? Ces techniques — sur lesquelles Judge n'a pas eu à s'étendre devant le Comité censé le « juger » — relèvent de l'occultisme pratique et non de la discussion savante. Elles avaient été décrites, au moins dans les grandes lignes, par les Maîtres eux-mêmes dans leur correspondance confidentielle avec A.P. Sinnett. Point essentiel : dans la majorité des cas — sauf s'il fallait transmettre un message très important et très secret — ces lettres n'étaient pas écrites de la main du Mahâtma mais transmises, par une sorte de télépathie, à un disciple, souvent très éloigné, qui matérialisait le message sur un papier, en utilisant l'écriture adoptée par le Maître — non en imitant cette écriture, comme le ferait un faussaire, mais en mettant en œuvre ce qu'on appellerait aujourd'hui un programme (astral) spécifique, capable de reproduire à volonté cette écriture, sans que la main du disciple en trace les lettres. Il va sans dire que ce genre de « télécopie » occulte se faisait sous le contrôle permanent du Maître, qui n'aurait pas permis à son chéla le moindre abus.

Ces détails ne furent révélés qu'en 1923, lors de la publication des fameuses Lettres des Mahâtmas à A.P. Sinnett. S'ils avaient été largement connus du temps de Judge, les responsables du Mouvement auraient pu éviter l'inutile effervescence qui allait maintenant briser l'unité de la S .T..

4. La rupture inévitable

« II n'y a pas de fumée sans feu » ont dû penser bien des membres qui, insatisfaits de l'avortement de la procédure contre Judge, réclamaient des faits — un procès en règle. Il fallait que Judge, le successeur désigné à la présidence de la S.T. eût un casier judiciaire vierge, ou qu'il se désiste. Une fois installée, la méfiance est tenace : d'anciens amis se retournèrent contre Judge, même parmi ceux qui s'étaient rangés à ses côtés.

Finalement l'affaire s'envenima : le 21 septembre 1894, Walter Old, l'instigateur de la dénonciation, envoya sa démission, en déclarant refuser les décisions du Comité. Pire, il fut à l'origine de la publication, dans la Westminster Gazette, de la série complète des documents du « procès Judge » que lui avait confiés Olcott. La presse devenait un tribunal public où l'affaire prenait d'inquiétantes dimensions. Judge répondit aux attaques des journaux de Londres (Westminster Gazette) et de New York (le Sun) (19) mais le mal était désormais irréparable : la scission de la S.T. devint un fait accompli lorsque, le 28 avril 1895, la Section Américaine (à l'exception de quelques Branches) fit sécession (20), imitée un peu plus tard par une importante fraction des membres d'Europe et d'Australie, qui rejoignirent la nouvelle Société, étroitement regroupée autour de Judge.

Plus tard, des théosophes bien pensants reprochèrent à Judge cette séparation : sous la pression des événements, et dans un climat de méfiance, voire d'agressivité contre lui et la majorité de ceux qui le soutenaient, l'autonomie de la Section Américaine avait été la seule réponse possible face à la papauté qui s'installait de l'autre côté de l'Océan. Mais Judge entendait bien que cette indispensable autonomie ne signifie pas rupture du monde théosophique en deux hémisphères opposées — ce qui n'était pas facile à accepter dans les faits pour ceux qui maintenant mesuraient l'étendue des dégâts causés par cette folle et misérable aventure.

5. La fin d'un calvaire

La santé de Judge n'avait jamais été florissante. Au cours d'un déplacement en Amérique du Sud (en 1876), il avait contracté la fièvre de Chagres, maladie incurable qui allait progressivement affaiblir sa résistance physique. Finalement, la tuberculose s'installa, avec tout un cortège de souffrances qui ne laissaient presque aucun répit au corps miné par le mal. Ce qui n'empêchait pas l'indomptable travailleur de faire face à toutes les tâches, voire d'ouvrir sans cesse de nouvelles voies pour propager la Théosophie dans le monde.

À Chicago, au Parlement des Religions, il était presque incapable de se faire entendre au-dessus d'un murmure, mais on le voyait debout à son poste, comme l'âme vivante du Mouvement en Amérique. Il savait que la mort de ce corps qu'il avait emprunté était prochaine et il mettait en œuvre toute sa volonté pour tenter de franchir l'échéance fatale. Pendant un temps, le mal cessa d'empirer — on l'eût cru arrêté ; mais les attaques dont il était maintenant l'objet, du cœur même de cette Société qu'il défendait de toute son énergie, eurent finalement raison de la résistance du grand lutteur. Au début de 1896, il se mit à décliner très vite mais sans jamais se plaindre : le samedi 21 mars, il s'éteignit à New York, entouré de sa femme, d'une infirmière et d'un ami tout dévoué, E.T. Hargrove. Ce dernier, qui l'avait accompagné au long de ces derniers jours de lutte épuisante, eut la chance de recueillir de sa bouche l'ultime message qu'il adressait à ses compagnons théosophes. L'avant-veille de sa mort, alors que le jeune homme veillait seul le malade dans son sommeil, soudain le corps prostré se redressa et le combattant, que ses amis appelaient le « Rajah » , manifesta sa présence, en parlant d'une voix qui s'imposait par sa puissance. Entre autres, il avertissait ceux qui continueraient la lutte : « II faudrait du calme. Tenez bon. Allez doucement... » . Dernier conseil de prudence et de persévérance, avant de quitter le monde.

C'est ainsi qu'un jour de printemps, dans la sérénité de ses derniers instants, le « plus grand des exilés » rencontra la mort — « éloquente, juste et puissante » .

II n'avait pas 45 ans.

Les éditeurs
Paris, le 21 mars 1996

NOTES

  • (17) Voir Lettres qui m'ont aidé, vol. 2, lettre 20.
  • (18) Elle avait cru, grâce à lui, être mise en rapport avec son Maître, dont il lui avait fait entendre la voix. Informé de cette situation, Judge n'avait pu intervenir directement.
  • (19) Voir « Réponse de M. Judge au rédacteur du Sun » , article de mise au point publié dans le numéro du 3 déc. 1894 de ce journal, avec la lettre adressée peu avant à la Westminster Gazette, pour faire justice des calomnies étalées sous le titre « Isis Very Much Unveiled » ( = « Isis fort dévoilée » ).
  • (20) Le lendemain de cette séance mémorable, tenue à Boston, le Dr A. Keightley, s'adressant à une foule de délégués et de visiteurs de tous les États-Unis, fit lecture d'une « Réponse par William Q. Judge aux accusations d'emploi frauduleux du nom et de l'écriture des Mahâtmas » , qui réglait de façon magistrale, et dans le détail, chacun des points litigieux du « procès Judge » . Cette réponse et celle qui fut adressée au Sun sont disponibles en anglais dans une brochure publiée par la Theosophy Co. sous le titre : Two Replies by William Q. Judge.

VI. Bibliographie (↑ sommaire)

BLAVATSKY Helena Petrovna

  • Isis Unveiled, New York, Bouton, 1877. Éd. fac-similé, Los Angeles, Theos. Company, 1975.
  • The Secret Doctrine, Londres, T.P.S., 1888.Éd. fac-similé, Los Angeles, Theos. Co., 1974.
  • Cinq Messages aux Théosophes Américains (traduction de Five Messages to the American Theosophists 1888-1891, Los Angeles, Theos. Co„ 1922), Paris, Textes Théos., 1982.
  • La Clef de la Théosophie (traduction de The Key to Theosophy, Londres, T.P.C., 1889), Paris, Textes Théos., 1983, rééd., avec index et glossaire, 1994.
  • La Voix du Silence (trad. de The Voice of the Silence, Londres, T.P.C., 1889), Paris, Textes Théos., 1991.
  • Glossaire Théosophique (trad. de The Theosophical Glossary, Londres, T.P.S., 1892), Paris, Adyar, 1981.
  • Râja Yoga ou Occultisme, réunion d'articles, Paris, Textes Théos., 1983.
  • H.P. Blavatsky Theosophical Articles (3 volumes), Los Angeles, Theos. Co., 1981.

BLAVATSKY H.P. et JUDGE, W.Q.

  • Les Rêves et l'Éveil intérieur, textes choisis, Paris, Textes Théos., 1987.

COLLINS Mabel

  • La Lumière sur le Sentier (trad. de Light on the Path, 1885-1888), Paris, Textes Théos., 1988.
  • Par les Portes d'Or (traduction de Through the Gates of Gold, Boston, Robert Brothers, 1887) Paris, Textes Théos., 1982.

EEK Sven

  • Dâmodar and the Pioneers of the Theosophical Movement, Adyar, Madras, The Theosophical Publishing House, 1978.

HARGROVE Ernest T.

  • " Letters from W.Q. Judge ", série de 9 articles publiés dans la revue américaine Theosophical Quarterly, avril 1931- octobre 1933.

JUDGE William Q.

  • Échos de l'Orient / Épitomé de Théosophie (édition du centenaire de la mort de Judge), nouvelle traduction avec notes et index, Paris, Textes Théosophiques, 1996. (Trad. de Echoes from the Orient, New York, The Path, 1890 et de An Epitome of Theosophy, juin 1888).
  • Les Aphorismes du Yoga de Patañjali (trad. de Patanjali's Yoga Aphorisms, New York, The Path, 1889), Paris, Textes Théos., 1982.
  • La Bhagavad-Gîtâ (trad. de The Bhagavad Gita, New York, 1890), Paris, Textes Théos., 1984.
  • Lettres qui m'ont aidé (trad. de Letters That Have Helped Me, Los Angeles, Theos. Co., 1946), Paris, Textes Théos., 1990.
  • L'Océan de Théosophie (trad. de The Ocean of Theosophy, New York, 1893), Paris, Textes Théos., 1981.
  • W.Q. Judge, Theosophical Articles (2 volumes), Los Angeles, Theos. Co., 1980.
  • William Q. Judge, "Forum "Answers, Los Angeles, Theos. Co., 1982.
  • Lettres à H.S. Olcott (1877-1884) in The Theosophist, janv. - déc. 1931.
  • Two Replies by William Q. Judge, Los Angeles, Theos. Co.,1994.

JUDGE William Q. et CROSBIE Robert

  • Notes sur la Bhagavad-Gîtâ (trad. de Notes on the Bhagavad Gîta, Los Angeles, California, Theos. Co., 1918), Paris, Textes Théos., 1996.

OLCOTT Henry Steel

  • People from the Other World, Hartford, Conn., American Publishing Company, 1875.

SINNETT Alfred Percy

  • Le Monde Occulte (trad. de The Occult World, Londres, Trübner and Co„ 1881), Paris, Adyar, 1966.
  • Le Bouddhisme Ésotérique (trad. de The Esoteric Buddhism, Londres, Trübner and Co., 1883) Paris, La Famille Théosophique, 1923).
  • La Vie extraordinaire d'Helena P. Blavatsky (trad. de Incidents in the Life of Madam Blavatsky, Londres, George Redway, 1886), Paris, Adyar, 1972.

Revues et publications diverses

  • The Theosophist, revue créée par H.P. Blavatsky, Adyar (Madras), Graves, Cookson & Co, depuis 1879.
  • The Path, revue créée par W.Q. Judge, New York, William Q. Judge, 1886, (10 volumes).
  • Lucifer, revue créée par H.P. Blavatsky, Londres, T.P.C., depuis 1887.
  • The Theosophical Forum, New York, 1889-1895.
  • The Theosophical Forum, New York, nouvelle série, mai-1895-août 1897.
  • The Pacific Theosophist, San Francisco, 1891-1898.
  • The Irish Theosophist, Dublin, 1892-1897.
  • Theosophy, revue américaine créée par R. Crosbie, Los Angeles, Theos. Co., depuis 1912.
  • The Theosophical Movement, revue indienne créée par B.P. Wadia, Bombay, Theos. Co (India) Ltd, depuis 1930.
  • Cahiers Théosophiques, Paris, Textes Théosophiques, en cours de parution depuis 1958.

AUTRES OUVRAGES

  • Five Years of Theosophy, réunion d'articles extraits de la revue The Theosophist, Londres, Reeves & Turner, 1885 ; Los Angeles, Theos. Co„ 1980.
  • Theosophical Articles and Notes, réunion d'articles théosophiques., Los Angeles, Theos. Co., 1985.
  • The Theosophical Movement 1875-1950, Los Angeles, The Cunningham Press, 1951.

haut de page

© 2009 - 2017 theosophie.fr - mentions légales - webmaster - Valid XHTML 1.0 Strict Valid CSS