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Mahâtmas et Chélas

Sommaire :

  1. Les Mahâtmas
  2. Les Chélas
  3. Les Chélas sont-ils des "médiums" ?
  4. Les Mahâtmas peuvent-ils être égoïstes ?

Les Mahâtmas (1)(↑ sommaire)

Un MAHÂTMA est un être qui, par une éducation et un entraînement spéciaux, a développé ses facultés supérieures et a atteint cette connaissance spirituelle que l'humanité ordinaire n'acquerra qu'après avoir passé par d'innombrables séries de réincarnations, au cours de l'évolution cyclique, pourvu qu'elle n'aille pas à l'encontre des buts de la Nature et ne provoque pas son annihilation. Ce processus d'évolution du MAHÂTMA, grâce à ses propres efforts, s'étend sur un certain nombre d'  « incarnations » , bien que d'une façon relative ce nombre soit assez restreint. Mais qu'est-ce donc qui s'incarne ? La doctrine occulte, pour autant qu'elle ait été divulguée, montre que les trois premiers véhicules meurent plus ou moins lors de ce qu'on appelle la mort physique. Le quatrième véhicule, uni à la partie inférieure du cinquième, dans laquelle résident les tendances animales, a pour habitat le Kama Loka où il subit les souffrances de la désagrégation, en proportion de l'intensité de ses désirs inférieurs, tandis que le Manas supérieur, l'homme pur, qui est associé aux sixième et septième véhicules, entre en Devachan pour y jouir des effets de son bon Karma, après quoi il se réincarne en tant qu'une individualité supérieure. Nous voyons maintenant qu'une entité qui subit l'entraînement occulte clans ses incarnations successives, se débarrasse graduellement (à chaque incarnation) de ce Manas inférieur, jusqu'à ce qu'il arrive un moment où son Manas tout entier, étant d'une nature complètement élevée, est centré dans l'individualité supérieure ; un tel être peut alors être considéré comme un MAHÂTMA. Au moment de la mort physique, ses quatre véhicules inférieurs périssent sans souffrance, car ils sont vraiment pour lui, semblables à des vêtements qu'on met et enlève à volonté. Le MAHÂTMA réel n'est donc pas le corps physique, mais ce Manas supérieur qui est indissolublement uni à l'Atma et à son véhicule (6e principe), une union qu'il effectue en un temps relativement court, en subissant le processus d'évolution grâce à ses propres efforts, tel que l'enseigne la Philosophie Occulte. Ainsi donc, lorsque certaines personnes expriment le désir de  « voir un MAHÂTMA  », elles ne semblent vraiment pas comprendre ce qu'elles demandent. Comment pourraient-elles, à l'aide de leurs yeux physiques, espérer percevoir ce qui dépasse cette vision ? Est-ce le corps, une simple enveloppe, un simple masque, qu'elles désirent aussi ardemment voir  ? Et en supposant qu'elles puissent voir le corps d'un MAHÂTMA, qu'est-ce qui leur prouvera que derrière ce masque se cache une entité sublime  ? Quel critérium ont-elles pour juger si vraiment la Maya devant elles reflète l'image d'un MAHÂTMA réel ou non  ? Et qui oserait dire que le physique n'est pas une Maya  ? Les choses supérieures ne se révèlent qu'à l'aide des sens correspondant à ces états supérieurs. Donc, quiconque désire voir un MAHÂTMA réel, doit faire usage de sa vision intellectuelle. Il doit élever son Manas de telle façon que la perception en devienne claire et que toutes les brumes, créées par Maya, se dispersent. Sa vision alors sera perçante, et, là où il se trouve, il verra les MAHÂTMA, car étant unis aux sixième et septième principes qui possèdent les dons d'ubiquité et d'omniprésence, les MAHÂTMAS peuvent être considérés comme étant présents partout. Mais toutefois, de la même façon que nous pouvons nous trouver au sommet d'une montagne et découvrir d'un seul coup d'œil toute la plaine, sans discerner cependant chaque arbre et chaque coin du paysage, car, vu d'en haut, tout nous paraît à peu près identique, et comme notre attention peut être attirée par un objet dissemblable de ce qui l'environne, de même aussi toute l'humanité est comprise dans la vision mentale des MAHÂTMAS, sans qu'ils prennent pour cela un intérêt spécial à chaque être humain en particulier, à moins que ce dernier n'attire leur attention spéciale sur lui par ses activités particulières. Leur principal souci vise le bien le plus haut de l'humanité collective, car ils se sont identifiés à l'Ame Universelle qui anime l'Humanité, et celui qui désire attirer leur attention doit le faire par l'intermédiaire de cette Ame immanente. Cette perception du Manas peut être appelée  « foi  », mais il ne faut pas la confondre avec la croyance aveugle. La  « foi aveugle  » est une expression qu'on emploie parfois pour désigner la croyance privée de perception et de compréhension ; tandis que la véritable perception de Manas est cette croyance illuminée qui répond au vrai sens du mot  « foi  ». Cette croyance devrait être en même temps accompagnée de connaissance, c'est-à-dire d'expérience, car la  « vraie connaissance crée la foi  ». La foi est la perception de Manas (5e principe) tandis que la connaissance, au vrai sens du terme, est la capacité de l'Intellect, ou la perception spirituelle. En résumé, l'individualité supérieure de l'homme, composée de son Manas supérieur et des sixième et septième principes, devrait fonctionner en tant qu'une unité si elle veut atteindre à la  « sagesse divine » car les choses divines ne peuvent être perçues que par les facultés divines. Ainsi, le désir qui devrait pousser un homme à se présenter au Chélaat, devrait être celui de comprendre les activités de la Loi d'Evolution Cosmique qui lui permettrait de travailler en harmonie avec la Nature, au lieu d'œuvrer à l'encontre de ses desseins, par suite de son ignorance.

Note

(1) Cet article, en anglais, fut écrit par H. P. Blavatsky et publié dans le Theosophist de Juillet 1884.

Les Chélas (2)(↑ sommaire)

En dépit de nombreux articles parus dans cette revue, à ce sujet, il semble encore subsister pas mal de fausses conceptions et de vues erronées à cet égard.

Que sont les Chélas et quels sont leurs pouvoirs ? Ont-ils des défauts et de quelle façon particulière sont-ils différents des personnes qui ne sont pas Chélas ? Doit-on considérer comme parole d'évangile chaque mot prononcé par un Chéla ?

Ces questions se posent parce que de nombreuses personnes, pendant un certain temps, se sont fait des idées absurdes au sujet des Chélas et lorsqu'elles découvrirent qu'elles devaient les modifier, la réaction fut, dans certains cas, très violente.

Le mot  « Chéla » signifie simplement un disciple ; mais dans la littérature théosophique, il a pris un sens très défini, quoique pour certains esprits, il ait des significations aussi diverses que le mot  « Dieu » lui-même. Certains ont été jusqu'à dire que lorsqu'un homme est un chéla, il est immédiatement élevé jusqu'à un plan où chaque parole qu'il a le malheur de prononcer est une déclaration ex cathedra, et on lui refuse le simple privilège de pouvoir parler comme un être ordinaire. Si on découvre que les paroles qu'il a prononcées l'étaient pour son propre compte et sous sa responsabilité, on l'accuse d'avoir voulu tromper ses auditeurs.

Or, cette idée fausse doit être rectifiée une fois pour toutes. Il y a Chélas et Chélas, comme il y a Mahâtmas et MAHÂTMAS. Il existe en fait des MAHÂTMAS qui sont eux-mêmes les Chélas d'êtres plus élevés qu'eux. Mais personne ne songerait un seul instant à confondre un Chéla qui débute dans son voyage périlleux avec ce Chéla plus élevé qui est un MAHÂTMA.

En réalité, le Chéla est un malheureux qui est entré sur  « un sentier non manifesté » , et Krishna dit que c'est là  « le sentier le plus difficile » .

Au lieu d'être le porte-parole constant de son Gourou, il se retrouve plus seul dans le monde que ceux qui ne sont pas Chélas, et son sentier est hérissé de dangers qui rebuteraient plus d'un aspirant, si on les décrivait sous leur couleur naturelle. Ainsi, au lieu d'accepter son Gourou et de passer un examen d'entrée en vue de devenir Bachelier ès Arts Occultes sous la direction constante et amicale de son maître, il se fraye de force littéralement une voie vers un enclos gardé, et dès cet instant, il doit lutter et vaincre — ou mourir. Au lieu d'accepter, il doit se montrer digne d'être accepté. Il ne doit pas non plus s'offrir. Un des Mahâtmas a écrit cette année  :  « Ne vous imposez jamais à nous pour arriver au Chélat ; attendez qu'il vous soit accordé  ».

Puis, quand il est accepté comme Chéla, il n'est pas exact qu'un être soit uniquement l'instrument de son Gourou. Il parle comme avant, ainsi qu'un homme ordinaire, et c'est seulement lorsque le maître envoie à l'aide du Magnétisme du Chéla une véritable lettre écrite, que les témoins peuvent dire qu'une vraie communication a été transmise par son intermédiaire.

Il peut lui arriver, comme à n'importe quel auteur, d'énoncer de temps à autre, des choses vraies et belles, mais il ne faut pas en déduire que le Gourou parlait à ce moment là par la bouche de son Chéla. S'il y avait le germe d'une bonne pensée dans le mental, l'influence du Gourou, semblable à la douce pluie sur la semence, peut l'avoir fait soudain jaillir à la vie, et fleurir d'une façon anormale, mais ce n'était pas là la voix du Maître. Les cas sont en réalité très rares où les Maîtres ont parlé par l' « entremise d'un Chéla.

Les pouvoirs des Chélas varient avec leurs progrès ; et tous devraient savoir que si un Chéla possède quelques  « pouvoirs » , il ne lui est pas permis d'en faire usage, sinon dans des cas rares et exceptionnels, et qu'en outre il ne peut pas se vanter de les posséder. Ainsi il s'ensuit que les débutants n'ont pas plus de pouvoirs que des hommes ordinaires. En vérité, le but assigné au Chéla n'est pas l'acquisition du pouvoir psychologique ; sa tâche essentielle consiste à se débarrasser de ce sentiment obsédant de la personnalité qui constitue le voile épais lui cachant son être immortel — l'homme réel. Aussi longtemps qu'il permet à ce sentiment de subsister en lui, il restera acculé à la porte même de l'occultisme, incapable d'avancer plus loin.

La sentimentalité n'entre donc pas dans l'équipement d'un Chéla. Son travail est dur, sa route rocailleuse, le but très éloigné. Avec la sentimentalité seule il n'avancera pas. S'attend-il à ce que le Maître lui demande de prouver son courage en se précipitant du haut d'un précipice, ou en bravant les hauteurs glacées de l'Himalaya ? Vain espoir ; les Maîtres ne l'appelleront pas de cette façon. Et puisqu'il ne doit pas s'envelopper de sentiments, le public ne doit pas non plus, lorsqu'il l'observe, jeter un voile de fausse sentimentalité sur toutes ses actions et paroles.

Faisons donc usage d'un peu plus de discernement à l'avenir, en considérant les Chélas sont-ils des médiums ?

Note

(2) Cet article, en anglais, fut écrit par H. P. Blavatsky et publié dans le Theosophist d'Octobre 1884.

Les Chélas sont-ils des médiums ? (3)(↑ sommaire)

D'après la nouvelle édition du Dictionnaire Impérial par John Ogilvie, L.L.D., « Un médium est une personne par l'intermédiaire de qui l'action d'un autre être est dite se manifester et se transmettre par magnétisme animal, ou une personne par l'intermédiaire de qui des manifestations spirites sont dites se produire, tout spécialement de quelqu'un que l'on dit capable d'entrer en communication avec les esprits des décédés. »

Comme les Occultistes ne croient à aucune communication avec les « esprits des décédés » dans le sens que l'on donne généralement à ce terme, pour la simple raison qu'ils savent les esprits « des décédés » incapables de descendre pour communiquer avec nous et qu'en fait ils ne descendent pas ; et comme l'expression ci-dessus « par magnétisme animal » aurait pu être probablement modifiée si l'éditeur du Dictionnaire Impérial avait été un Occultiste, seule nous intéresse la première partie de la définition du mot « Médium » qui dit : « Un médium est une personne par l'intermédiaire de qui l'action d'un autre être est dite se manifester et se transmettre » ; et nous aimerions que l'on nous permette d'ajouter : « par la volonté consciemment ou inconsciemment active de cet autre être ».

II serait extrêmement difficile de trouver sur terre un être humain qui pourrait ne pas être plus ou moins influencé par le « magnétisme animal » ou par la Volonté active d'un autre individu (extériorisant ce « Magnétisme » ). Que le Général aimé de son armée passe sur son cheval le long du champ de bataille voilà les soldats devenus tous des « Médiums » . Ils se trouvent soulevés d'enthousiasme, ils le suivent sans crainte tandis qu'au même instant gronde le battement de tambour appelant à la mort. Une commune impulsion les envahit, chacun d'eux devient le « Médium » d'un autre, le lâche se découvre plein d'héroïsme et celui-là seul fera exception qui n'est pas médium du tout et, par conséquent, est insensible aux influences morales épidémiques ou endémiques affirmant par là son indépendance en s'enfuyant.

Que le « prédicateur réformiste » se dresse dans sa chaire, alors même que ce qu'il dit est la plus grosse stupidité, ses gestes et le ton pitoyable de sa voix font suffisamment d'impression pour produire un « bouleversement dans le cœur » , tout au moins de la gent féminine de sa congrégation, et si c'est un homme puissant, même les sceptiques, « venus pour le railler, restent pour prier » . Des gens vont au théâtre et ils versent des torrents de larmes ou ils « se tiennent les côtes » de rire selon que la représentation est une pantomime, une tragédie ou une farce. Il n'existe pas d'homme, à moins d'être un véritable imbécile, dont les émotions et par conséquent les actions ne puissent être influencées d'une manière ou d'une autre, et par là même, par l'intermédiaire de qui l'action d'un autre ne se manifeste ou ne se transmette. Tous, hommes, femmes et enfants, sont donc des Médiums, et une personne qui n'est pas un MEDIUM est un monstre, un insuccès de la nature, parce qu'il se trouve hors de la norme de l'humanité.

La définition ci-dessus peut donc à peine être jugée suffisante pour exprimer le sens du mot dans son acception courante, à moins, que nous n'y ajoutions quelques explications : « Un médium est une personne par l'intermédiaire de qui l'action d'un autre être est dite se manifester et se transmettre à un point anormal par la volonté active de cet autre être, que ce soit consciemment ou inconsciemment » . Ceci réduit le nombre de « Médiums » dans le monde à une étendue proportionnelle à l'espace autour duquel nous tirons le trait séparant le normal de l'anormal, et il sera tout aussi difficile de déterminer qui est un médium et qui n'est pas un médium, comme il l'est de dire quand on cesse d'être sain d'esprit et quand on commence à être fou. Chaque homme a ses petites « faiblesses, » et chaque homme a sa petite « médiumnité » ; c'est-à-dire quelque point vulnérable par lequel il est possible qu'il se fasse prendre sans le savoir. On ne peut donc pas considérer l'un comme réellement fou, pas plus qu'on ne peut appeler l'autre un « médium ». Les opinions diffèrent souvent à savoir si un homme est fou ou non et elles peuvent différer tout autant au sujet de sa médiumnité. Or, dans la vie de tous les jours, un homme peut être excentrique, mais on ne le considère pas comme fou, tant que sa folie n'atteindra pas un degré tel qu'il ne sache plus ce qu'il fait et soit par conséquent incapable de prendre soin de lui-même ou de ses affaires.

Nous pouvons prolonger la même ligne de raisonnement jusqu'aux Médiums et dire que seules telles personnes devront être considérées comme médiums qui permettent à d'autres êtres de les influencer de la façon décrite ci-dessus à un point tel qu'elles perdent le contrôle d'elles-mêmes et ne sont plus en possession du pouvoir ou de la volonté de diriger leurs propres actions. Maintenant, un tel abandon du contrôle de soi peut être actif ou passif, conscient ou inconscient, volontaire ou involontaire, et diffère selon la nature des êtres qui exercent ladite influence active sur le médium.

Une personne peut consciemment ou volontairement soumettre sa volonté à un autre être et devenir son esclave. Celui-ci peut être une entité humaine et le médium sera alors son serviteur docile, susceptible d'être employé par lui dans un but bon ou mauvais. Il est possible que cet autre « être » soit une idée telle que l'amour, la gourmandise, la haine, la jalousie, l'avarice ou quelque autre passion et l'effet sur le médium sera proportionné à la force et au taux du contrôle de soi restant encore dans le médium. Cet « autre être » sera éventuellement un élémentaire ou un élémental, et le pauvre médium devient un épileptique, un maniaque ou un criminel. Il peut se faire que cet « autre être » soit le propre principe supérieur de l'homme, seul ou mis en rapport avec un autre rayon du principe collectif universel spirituel, et le « médium » sera alors un grand génie, un écrivain, un poète, un artiste, un musicien, un inventeur etc... Cet « autre être » sera aussi parfois l'un de ces êtres sublimes, appelés Mahâtmas, et le médium conscient et volontaire sera alors appelé son « Chéla » .

Bien plus, un individu peut n'avoir jamais entendu de sa vie le mot de « Médium » et pourtant être un grand Médium, quoique entièrement inconscient du fait. Ses actions peuvent être plus ou moins influencées inconsciemment par son entourage visible ou invisible. Il peut devenir la proie des Élémentaires ou des Élémentaux, même sans connaître le sens de ces mots, et il peut, en conséquence, devenir un voleur, un meurtrier, un ravisseur, un ivrogne ou un assassin et il a été assez souvent prouvé que des crimes surviennent comme une épidémie ; il peut encore arriver que sous certaines influences invisibles il accomplisse des actes qui ne sont pas du tout compatibles avec son caractère tel qu'on le connaissait auparavant. Cet individu peut être un grand menteur et sous quelque influence invisible être amené à dire la vérité. Il peut être très peureux par nature et pourtant, dans une circonstance extraordinaire et sous le stimulant du moment, accomplir un acte d'héroïsme ; il peut être un voleur de grand chemin, un vaurien et soudain faire acte de générosité, etc.

En outre, un médium peut connaître les sources d'où vient l'influence, ou en termes plus explicites, « la nature de l'être dont l'action est transmise par son intermédiaire, » ou il peut ne pas les connaître. Il peut être sous l'influence de son propre septième principe et imaginer qu'il est en communication avec un Jésus-Christ en personne, ou un saint ; il peut être en rapport avec le rayon « intellectuel » de Shakespeare et écrire de la poésie shakespearienne, et en même temps imaginer que l'esprit personnel de Shakespeare écrit par son canal, et le simple fait qu'il croirait ceci ou cela ne rendrait sa poésie ni meilleure ni pire. Il peut être influencé par quelque Adepte pour écrire un grand ouvrage scientifique et être entièrement ignorant de la source de son inspiration ou peut-être imaginer que c'était « l'esprit » de Faraday ou de Lord Bacon qui écrivait à travers lui, alors que tout ce temps-là il agissait comme un « Chéla » , quoique ignorant du fait.

Il s'ensuit de tout ceci que l'exercice de la médiumnité consiste dans l'abandon plus ou moins complet du contrôle de soi-même et que cet exercice soit bon ou mauvais dépend entièrement de l'usage qui en est fait et du but dans lequel il est fait. Celui-ci dépend encore du degré de connaissance que la personne médiumnique possède concernant la nature de l'être au soin duquel il abandonne pour un temps, soit volontairement, soit involontairement, la garde de ses pouvoirs physiques ou intellectuels. Quelqu'un qui confie inconsidérément ses facultés à l'influence de tout pouvoir inconnu est, sans nul doute, un « détraqué » et on ne peut pas l'estimer moins fou que celui qui confierait son argent et ses valeurs au premier étranger venu. Nous rencontrons parfois de telles personnes, quoiqu'elles soient relativement rares. On les reconnaît habituellement à leur regard fixe, idiot et au fanatisme avec lequel elles s'accrochent à leur ignorance. De telles personnes sont plutôt à plaindre qu'à blâmer et, dans la mesure du possible, on se devrait de les éclairer quant au danger qu'elles courent; mais si un Chéla, qui consciemment et volontairement prête pour un temps ses facultés mentales à un être supérieur qu'il connaît, ayant pleine confiance dans la pureté de ses motifs, l'honnêteté de son intention, dans son intelligence et dans sa sagesse et son pouvoir, peut être considéré comme un « Médium » dans l'acception courante du terme, voilà une question qu'il vaut mieux laisser au lecteur le soin de résoudre après qu'il aura longuement examiné le texte ci-dessus.

Note

(3) Cet article, en anglais, fut écrit par H. P. Blavatsky et publié dans le Theosophist de Juin 1884.

Les Mahâtmas peuvent-ils être égoïstes ? (4)(↑ sommaire)

Divers écrits sur des sujets occultes, assurent que l'absence d'égoïsme est une condition sine qua non pour réussir en occultisme ; ou pour rendre cela en termes plus corrects : le développement d'un sentiment non égoïste est en lui-même la discipline préliminaire qui entraîne comme conséquence inéluctable, « la connaissance qui est pouvoir » . Ce n'est donc pas pour « la connaissance » , comme on l'entend généralement, que travaille l'occultiste, mais elle vient à lui comme une chose toute naturelle, du fait qu'il a levé le voile qui dissimulait à sa vue la vraie connaissance. La base de la connaissance existe partout, puisque le monde phénoménal fournit ou plutôt abonde en faits, dont les causes restent à découvrir. Nous voyons seulement les effets dans le monde phénoménal, car chaque cause dans ce monde est elle-même l'effet de quelque autre cause etc ...., donc, la vraie connaissance consiste à parvenir à la racine de tout phénomène et d'arriver ainsi à une compréhension correcte de la cause principe, la « racine sans racine », qui pour sa part n'est pas un effet.

Pour percevoir quoi que ce soit correctement, on peut employer seulement les sens mêmes ou instruments qui correspondent à la nature de cet objet. D'où, pour comprendre les noumènes, un sens noumenal est requis en premier lieu ; tandis que les phénomènes passagers peuvent être perçus par des sens correspondant à la nature de ces phénomènes. La Philosophie occulte nous enseigne que le septième principe est la seule Réalité éternelle, tandis que les autres, appartenant de fait au « monde des formes » qui sont non-permanentes, sont illusoires dans ce sens qu'elles sont transitoires. C'est à ces formes qu'est limité le monde phénoménal dont on peut prendre connaissance par les sens correspondant à la nature de ces six principes. Il est donc évident que c'est uniquement le septième sens, lequel appartient au monde noumenal, qui peut comprendre la Réalité abstraite à la base de tout phénomène. Comme ce septième principe pénètre tout, il existe potentiellement en nous tous ; et celui qui voudrait arriver à la vraie connaissance, doit développer ce sens en lui ou plutôt il doit écarter les voiles qui en obscurcissent la manifestation. Tout le sens de personnalité est limité uniquement à ces six principes inférieurs, car cette personnalité n'est en relation qu'avec le « monde des formes » . En conséquence, la vraie « connaissance » peut s'obtenir seulement en déchirant tous les rideaux de Maya tendus par un sens de personnalité devant l'Atma impersonnel.

C'est uniquement dans cette personnalité qu'est centré l'égoïsme, ou plutôt celui-ci crée celle-là et vice versa, puisqu'ils agissent et réagissent mutuellement l'un sur l'autre. Car l'égoïsme est ce sentiment qui recherche l'agrandissement de sa propre personnalité égotiste à l'exclusion des autres. Si donc l'égoïsme limite un être à d'étroites personnalités, la connaissance absolue est impossible aussi longtemps qu'il ne s'est pas débarrassé de l'égoïsme. Aussi longtemps, toutefois, que nous sommes dans ce monde de phénomènes, nous ne pouvons pas nous débarrasser entièrement d'un sens de personnalité pour si exalté que ce sentiment puisse être, dans ce sens qu'il n'y a plus place pour un sentiment de croissance personnelle ou d'ambition. Nous sommes placés, de par notre constitution et notre degré d'évolution, dans le monde de Relativité, « mais à mesure que nous découvrons que l'impersonnalité et la non-dualité est la fin ultime de l'évolution cosmique, nous devons nous efforcer de collaborer avec la nature, et ne pas nous opposer à son impulsion inhérente qui doit finir par s'affirmer. S'y opposer doit nécessairement engendrer la souffrance, puisqu'une force plus faible, dans son égotisme, essaie de se dresser contre la loi universelle.

Tout ce que fait l'occultiste, est d'accélérer ce processus en permettant à sa volonté d'agir à l'unisson avec la volonté cosmique ou le Mental Démiurgique ; ceci peut se faire en réduisant à l'échec la vaine tentative de la personnalité pour affirmer son opposition à la première. Et étant donné que le Mahâtma est un occultiste avancé, qui a contrôlé son « Soi » inférieur au point de le tenir plus ou moins en complète soumission à l'impulsion cosmique, il lui est, par la nature des choses, impossible d'agir de toute autre façon que de façon altruiste. A peine permet-il au « Soi personnel » de s'affirmer, qu'il cesse d'être un MAHÂTMA. Par conséquent, ceux qui, encore enchevêtrés dans le filet des sens trompeurs de la personnalité, accusent les MAHÂTMAS « d'égoïsme » gardant pour eux la « connaissance », ne savent pas de quoi ils parlent. La Loi d'évolution cosmique travaille toujours à la réalisation de son but d'unité ultime, et à l'acheminement du plan phénoménal sur le plan nouménal, et les MAHÂTMAS, étant en rapport avec elle, l'assistent dans ce but. Ils savent donc mieux que quiconque quelle est la connaissance la meilleure pour l'humanité à un degré particulier de son évolution, et nul autre n'est compétent pour juger de cette affaire puisqu'eux seuls sont parvenus à la connaissance basique qui peut déterminer la voie convenable et exercer une exacte discrimination.

Pour nous qui luttons encore dans la boue des sens trompeurs, dicter quelle connaissance les MAHÂTMAS doivent nous communiquer et comment ils agiront, est comme un enfant de la rue qui aurait la prétention d'enseigner les sciences au Professeur Huxley ou la politique à Monsieur Gladstone. Car, il s'avère évident que, sitôt que le moindre sentiment d'égoïsme essaie de s'affirmer, la vision du sens spirituel, la seule perception du MAHÂTMA, vient à se voiler et il perd le « pouvoir » que la « connaissance » abstraite seule peut conférer. De là, la vigilence soutenue de la « Volonté » que nous devons constamment exercer pour empêcher notre nature inférieure de monter à la surface, ce qu'elle fait à notre stade actuel de développement imparfait. Ainsi donc une extrême activité, et non de la passivité, est la condition essentielle que l'étudiant doit remplir. Tout d'abord son activité vise à contrôler l'influence contraire du « Soi inférieur » ; et, une fois cela conquis, sa Volonté libérée, centrée sur son « Soi supérieur » (réel), continue à travailler tout à fait efficacement et activement, en harmonie avec l'idéation cosmique dans le « Mental Divin ».

Note

(4)Cet article, en anglais, fut écrit par H. P. Blavatsky et publié dans le Theosophist d'Août 1884.

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