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Médiums et Yogis

Traduction de l'article « Mediums and Yogees » publié par H.P. Blavatsky dans la revue The Theosophist de Mai 1882.

Un Yogi est un homme qui s'est préparé par une longue discipline du corps et de l'esprit et est ainsi devenu capable de s'occuper de phénomènes occultes et de recevoir, à volonté, des communications occultes, ce qui s'explique théoriquement par le fait qu'il paralyse, pour ainsi dire, son cerveau physique et réduit son mental à une complète passivité par l'un des nombreux moyens à sa disposition, dont l'un est la magnétisation d'un autre ensemble de facultés : celles qui appartiennent à l'homme spirituel ou intérieur, et sont exercées par lui. L'âme est induite, par le corps, et, à son tour, est utilisée pour libérer l'esprit qui, de la sorte, se trouve mis en rapport direct avec l'objet désiré. Par exemple: une ligne télégraphique reliée aux postes A, B, C, D, E, envoie, dans les cas ordinaires, des messages de A à B, de B à C, et ainsi de suite; mais, lorsque ces divers postes sont en connexion le message peut être reçu directement à E venant de A sans que les stations intermédiaires en soient averties. De la même manière, les nerfs devenant passifs, le pouvoir « YOG » maîtrise les autres facultéset rend finalement l'esprit capable de recevoir une communication, ce qui, sans cela, lui serait impossible parce qu'il devrait passer par plusieurs intermédiaires.

Quand le pouvoir magnétique est dirigé sur n'importe quelle faculté particulière, cette faculté forme sur-le-champ une ligne directe de communication avec l'esprit (1), lequel, recevant les impressions, les retransmet au corps physique (2). Sans raide de l'appareil physique, l'esprit ne peut saisir les communications qu'il désire recevoir comme dans le cas d'un fou, l'esprit est présent, mais la faculté de raisonner est perdue et l'esprit ne peut rendre l'homme sensé; ou comme dans le cas d'un aveugle, l'esprit et les pouvoirs de raisonnement sont sains, mais la faculté de vision est détruite; il s'ensuit que l'âme de l'aveugle ne peut pas réaliser les impressions qui pourraient lui être transmises par les nerfs optiques et la rétine.

L'esprit est un éther (principe ?) immortel qui ne peut être altéré en aucune manière et, bien qu'il soit, jusqu'à un certain point, subordonné au corps et à ses facultés durant le temps de vie du corps auquel il est attaché, il peut, par l'effet de leur action, être libéré à un degré plus ou moins grand, au point d'être rendu capable d'agir indépendamment des autres principes. Ceci peut s'accomplir par le pouvoir magnétique, ou pouvoir nerveux, si vous aimez mieux, et de ce fait, l'homme spirituel peut être rendu capable de recevoir des communications d'autres esprits, de traverser l'espace et produire des phénomènes variés, de prendre une forme quelconque et d'apparaître sous toute forme qu'il désire.

Le secret de la théorie est celui-ci : Le Yogi possédant le pouvoir d'auto-mesmérisation et ayant une parfaite maîtrise de tous ses principes intérieurs voit tout ce qu'il peut désirer voir, en rejetant toutes les influences élémentaires qui tendent à contaminer sa pureté.

Le médium reçoit ses communications différemment. Il souhaite atteindre les « esprits », ces derniers sont attirés vers lui, leurs influences magnétiques prenant le contrôle de ses facultés proportionnellement à la force de leurs pouvoirs magnétiques respectifs et à la passivité du sujet ; le fluide nerveux transmet leurs Impressions à l'âme ou à l'esprit de la même manière et, souvent, les mêmes résultats se produisent que dans le cas du Yogi, avec cette différence importante qu'ils ne sont pas ce que le médium ou le spirite désirerait, mais ce que les esprits (ou influences élémentaires) veulent produire; il en résulte que parfois (en spiritisme) on pose une question sur un sujet et qu'on reçoive une réponse de différente nature, sans rapport avec la question mais répondant plus ou moins à la disposition de l'« Elémentaire ». Le spirite ne peut pas à volonté produire un résultat fixé, le Yogi le peut. Le spirite court le risque de mauvaises influences qui altèrent le jeu des facultés que l'âme doit maîtriser, et ces facultés — étant davantage portées au mal qu'au bien (comme tout ce qui a en soi un grand pourcentage de matière impure) — se trouvent rapidement influencées. Le Yogi domine cela, et ses facultés sont entièrement dominées, l'âme acquérant un plus grand rayon d'action pour les exercer et les tenir sous contrôle; car, bien que l'âme soit leur conducteur, elle est pourtant dépendante d'elles. Je vais vous donner un exemple familier : une batterie génère de l'électricité, les fils 'transmettent le courant et la machine est mise en marche. Exactement de même, l'âme est le générateur ou la batterie, les nerfs sont les fils, et les facultés la machine mise en marche. Le Yogi établit une connexion directe entre son âme spirituelle et n'importe quelle faculté et, par le pouvoir de sa volonté entraînée, c'est-à-dire, par influence magnétique, il concentre tous ses pouvoirs dans l'âme, ce qui lui permet de saisir le sujet de sa recherche et de le ramener aux organes physiques, par les divers canaux de communication(3).

Si le Yogi désire avoir une vision, ses nerfs optiques reçoivent le fluide magnétique; s'il veut une réponse à une question, ce sont les facultés de pensée et de perception qui sont chargées par lui de ce fluide et ainsi de suite. S'il désire traverser l'espace en esprit, il y parvient facilement en transférant la faculté de la volonté (4) et, selon qu'il aura acquis plus ou moins de pouvoir, il sera capable de produire des résultats plus ou moins remarquables.

L'âme du médium ne devient pas le générateur. Elle n'est pas la batterie. Elle est une bouteille de Leyde, chargée de l'influence magnétique des « esprits ». Les facultés du médium sont mises en action exactement comme les soi-disant esprits les font fonctionner, avec l'énergie de la bouteille qu'ils ont chargée de leurs propres courants. Ces courants, étant magnétiques, sont à l'image de la disposition bonne ou mauvaise des « invisibles ». L'influence d'un esprit réellement bon ne demeure pas sur la terre après la mort, si bien que, en réalité, il n'y a pas de bons esprits, bien que certains puissent ne pas être malfaisants, alors que d'autres peuvent être totalement maléfiques. La question se pose : comment les influences des mauvais esprits demeurent-elles, alors que l'âme n'existe plus sur terre après la mort ? Eh bien, exactement comme la lumière provenant du soleil illumine un objet qui réfléchit alors certains rayons actifs invisibles que l'on concentre dans un appareil photographique pour produire une image latente sur une plaque sensible, de la même manière les mauvaises tendances de l'homme ,sont développées et forment une atmosphère autour de lui, qui est si imprégnée de son influence magnétique que sa coque extérieure (pour ainsi dire) garde les impressions latentes des actions bonnes ou mauvaises. Celles-ci, après la mort, sont attachées à certains endroits et accourent aussi vite que la pensée là où une influence attractive s'exerce avec plus de force; elles sont d'autant moins dangereuses qu'elles sont moins attirées vers les hommes en général, mais elles le sont plus pour les spirites qui les attirent par le pouvoir erratique de leur volonté, c'est-à-dire, leur propre pouvoir magnétique mal gouverné. N'est-il pas arrivé à de nombreuses personnes de rencontrer un homme qu'elles ne connaissaient pas et dont l'aspect leur a inspiré d'emblée de la répulsion et dont la vue a fait naître chez elles spontanément des sentiments de méfiance et de dégoût bien qu'elles n'aient rien su de lui ou contre lui ? Par contre, combien de fois nous arrive-t-il de rencontrer un homme qui, à première vue, semble nous attirer à lui et d'avoir le sentiment qu'il serait possible d'en faire un ami ? Si, par hasard, nous venons à faire la connaissance de cette personne, combien nous goûtons sa compagnie ! Nous semblons ravis à l'entendre parler, et, entre nous, s'établit une certaine sympathie que nous ne pouvons nous expliquer. Qu'est-ce sinon l'effet de notre propre coque extérieure qui vient au contact de la sienne et partage les influences magnétiques de cette coque, ou l'effet d'une communication qui s'établit entre l'une et l'autre ?

Il arrive aussi parfois que le médium soit influencé par son propre esprit, la réaction de ses nerfs magnétisant certaines facultés accidentellement, tandis que les esprits élémentaires s'emploient à magnétiser les autres sens; ou qu'un courant égaré atteigne certaine faculté que leur magnétisme n'a pas atteint et ceci est la cause de certains de ces messages incompréhensibles qui sont sans aucun rapport avec ce que l'on attendait et constituent un fait fréquent posant depuis toujours la grande question inexplicable dans toutes les séances spirites.

Notes

  • (1) Le sixième principe — l'âme spirituelle
  • (2) Dans l'état normal ou naturel, les sensations sont transmises du corps physique le plus inférieur au corps spirituel le plus élevé, c'est-à-dire, du premier au 6e principe (le 7e n'étant pas un corps organisé ou conditionné, mais un principe ou état infini donc inconditionné), les facultés de chaque corps ayant 'à éveiller les facultés du corps suivant, à l'échelon supérieur, pour transmettre le message par relais successifs, jusqu'à ce qu'elles, atteignent le dernier stade (l'âme spirituelle) qui, ayant reçu l'impression, la renvoie en sens inverse au corps. D'où il ressort que, les facultés de certains des « corps » (nous employons ce mot faute de meilleur terme) étant moins développées, elles ne réussissent pas à transmettre le message correctement au principe supérieur et de ce fait ne produisent pas non plus l'impression juste sur les sens physiques, comme un télégramme peut avoir été envoyé sans erreur vers son lieu de destination mais avoir été brouillé et mal interprété par l'opérateur à l'un ou l'autre des postes intermédiaires. C'est pourquoi certains individus, doués par ailleurs de pouvoirs intellectuels très étendus et de grandes facultés de perception, sont souvent tout à fait incapables d'apprécier des choses comme, par exemple, les beautés de la nature, ou quelque qualité morale particulière : aussi parfait que soit leur intellect physique, si l'impression physique originelle, matérielle ou gros­sière, communiquée n'a pas été relayée dans un circuit à travers le crible de chaque « principe » (passant de 1, 2, 3, 4, S, 6 jusqu'à 7, et retournant de 7, 6, S, 4, 3, 2, jusqu'à 1) et si chaque crible n'est pas en bon état, la perception spirituelle sera toujours imparfaite. Le Yogi, qui, par un constant entraînement et une vigilance de tous les instants conserve son instrument septuple bien accordé et dont l'esprit a obtenu un parfait contrôle sur tout, peut, à volonté, en paralysant les fonctions des 4 principes intermédiaires, communiquer du corps à l'esprit et vice versa — en direct. — Ed., The Theosophist.
  • (3) Ou directement, ce qui est le plus souvent le cas, croyons-nous. ­(Ed. The Theosophist).
  • (4) C'est-à-dire en la transférant du corps physique au corps spirituel et en l'y concentrant, .comme nous le comprenons. — (Eds. The Theosophist).

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