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La lettre du Grand Maître

Sommaire :

La lettre du Grand Maître (↑ sommaire)

Note des éditeurs :

Le document qui suit est connu sous le nom de Lettre du Grand Maître, son auteur étant désigné par H.P. Blavatsky comme le Maître de son Maître. Le lecteur remarquera que le Grand Maître insiste spécialement, dans cette lettre, sur l'importance de 1'enrichissement philosophique et moral qu'apporte le Bouddhisme aux peuples qui acceptent ses enseignements. En fait, les Enseignements du Bouddhisme, spécialement ceux du Bouddhisme Transhimalayen, sont demeurés très près des grandes vérités de la Religion-Sagesse, source commune de toutes les grandes religions mais dont la véritable Théosophie constitue l'expression la plus pure dans le monde moderne.

Il est toutefois utile de rappeler ici, comme le fait H.P. Blavatsky dans La Clef de la Théosophie (chapitre l, p.26), que "la Théosophie n'est pas le Bouddhisme".

Lire également le document QUELQUES MOTS SUR LA VIE JOURNALIÈRE qui est un recueil de différents passages écrits par l'un des Maîtres directs d'H.P.B.
Les éditeurs

La lettre du Grand Maître

  1. Le bouddhisme dépouillé de ses superstitions est l'éternelle vérité. La Theosophia est la divine Sagesse
  2. Il y a deux catégories de  classe intellectuelle. Abandon délibéré de la liberté de l'intellect (bigoterie et superstition); tendances animales sans contrainte, dégradant et ruinant moralement
  3. Buts de la Théosophie et de la S.T.: réunir l'Alpha et l'Omega pour le service de tous, oeuvrer à l'émancipation totale des hommes, de l'autorité de la loi humaine, montrer l'ésotérisme des religions et la libération de l'Homme par lui-même, faire reconnaître la réalité du Soi transcendant
  4. La "lutte pour la vie" est la source la plus prolifique de la plupart des maux, peines et crimes. Echec de la religion. La loi de karma et de la réincarnation, le but de la vie rend sa dignité à l'Homme
  5. La S.T. n'est pas une académie de magie, ni un collège d'occultisme. Exemple de la Compassion universelle de Bouddha et de son renoncement au nirvâna, suivi par les Maîtres de la Théosophie. Incitation auprès des membres de la S.T. à un service véritable de la Fraternité universelle
  6. Conclusions.

La doctrine que nous promulguons étant la seule vraie, doit - avec l'appui de l'évidence que nous nous préparons à en donner - devenir finalement triomphante comme toute autre vérité. Cependant il est absolument nécessaire de l'inculquer graduellement, en appuyant ses théories - qui sont des faits incontestables pour ceux qui savent - avec les conclusions directement déduites de l'évidence fournie par la science exacte moderne, et corroborées par elle. C'est pourquoi le Colonel H.S. Olcott (1) qui travaille a redonner vie au Bouddhisme, peut être considéré comme un homme qui oeuvre dans le vrai sentier de la Théosophie, bien plus que celui qui choisit comme but la satisfaction de ses propres aspirations ardentes à la connaissance occulte. Le Bouddhisme, dépouillé de sa superstition, est l'éternelle vérité; et celui qui fait tous ses efforts pour elle oeuvre avec énergie pour Theosophia, la divine sagesse, qui est un synonyme de vérité. Pour que nos doctrines réagissent pratiquement sur ce qui est appelé le code moral, ou les idées de sincérité, pureté, renoncement, charité, etc., nous devons prêcher et populariser une connaissance de la Théosophie. Ce qui fait d'un homme un véritable théosophe ce n'est pas la détermination ferme et individuelle d'atteindre Nirvâna - le summum de toute connaissance et la sagesse absolue, qui n'est après tout qu'un égoïsme exalté et glorieux - mais c'est la recherche ardente, dans l'abnégation, des meilleurs moyens pour amener notre prochain dans la bonne voie, pour en faire profiter autant de nos semblables qu'il est possible de le faire.

La classe intellectuelle de l'humanité semble se diviser nettement en deux catégories: la première est en train de se préparer inconsciemment de longues périodes d'annihilation temporaire ou d'états privés de conscience, en raison de l'abandon délibéré de la liberté de l'intellect et de son emprisonnement dans les étroites ornières de la bigoterie et de la superstition - attitude qui ne peut manquer de conduire à une complète déformation du principe intellectuel; la seconde se livre sans retenue à ses tendances animales avec l'intention délibérée d'encourir l'annihilation pure et simple en cas d'échec, et des millénaires de dégradation après la dissolution physique. Ces classes intellectuelles, en réagissant sur les masses ignorantes - qu'elles attirent et qui les regardent comme des exemples nobles et dignes d'être suivis - dégradent et ruinent moralement ceux qu'elles devraient protéger et guider. Entre la superstition dégradante et le matérialisme brutal encore plus dégradant, la Blanche Colombe de la Vérité, visiteuse importune, ne trouve guère de place pour reposer son aile fatiguée.

Il est temps que la Théosophie entre dans l'arène. Les fils des Théosophes ont plus de chances de devenir à leur tour des Théosophes que de prendre une autre voie. Aucun messager de la vérité, aucun prophète n'a rencontré de son vivant un complet triomphe - pas même Bouddha. La Société Théosophique fut choisie comme la pierre angulaire, la fondation des religions futures de l'humanité. Pour réaliser le but visé, il fut décidé de mêler en une union plus grande, plus sage et, spécialement, empreinte de plus de bienveillance, les grands et les humbles, l'alpha et l'oméga de la société. La race blanche doit être la première à tendre la main de l'amitié aux nations de couleur, à appeler "frère" le pauvre "nègre" méprisé. Cette perspective peut ne pas sourire à tous, mais qui trouve a redire à ce principe n'est pas théosophe. Lorsqu'on voit le triomphe toujours croissant et, en même temps, le mauvais usage de la libre pensée et de la liberté (le règne universel de Satan, comme Eliphas Lévi l'eût appelé), comment l'instinct combatif naturel de l'homme pourra-t-il être empêché d'infliger des cruautés et des énormités, une tyrannie et une injustice encore inconnues à ce jour, si ce n'est par l'influence apaisante de la Fraternité et de l'application pratique des doctrines ésotériques de Bouddha? Chacun, sait, en effet, que l'émancipation totale des hommes, de l'autorité de la puissance ou loi universelle - appelée Dieu par les prêtres, ou Buddha, la Sagesse et l'Illumination divines, ou Théosophie, par les philosophes de tous les âges - signifie également émancipation de l'autorité de la loi humaine. Une fois affranchies, délivrées de leur poids mort de dogmatisme, d'interprétations erronées, d'étiquettes personnelles, de conceptions anthropomorphiques et des prêtres salariés, les doctrines fondamentales de toutes les religions apparaîtront de façon irréfutable comme identiques dans leur signification esotérique. Osiris, Krishna, Bouddha, le Christ seront compris comme des moyens différents d'atteindre une seule et même voie royale de béatitude finale - le Nirvâna. Le Christianisme mystique enseigne la rédemption de l'homme par lui-même, par son propre septième principe, le Paramâtma libéré, appelé par les uns Christ, par d'autres Bouddha; ceci équivaut à la régénération ou à la renaissance en esprit, et par conséquent cette doctrine expose exactement la même vérité que le Nirvâna du Bouddhisme. Chacun de nous doit se débarrasser de l'emprise de son propre Ego, le soi apparent, illusoire, pour reconnaître son vrai Soi, dans une vie divine transcendante. Mais si nous ne voulons pas être égoïstes, nous devons nous efforcer de faire voir aux autres cette vérité, et les amener à reconnaître la réalité du Soi transcendant, le Bouddha, le Christ, ou Dieu, dont parle chaque prédicateur. C'est pourquoi même dans son aspect exotérique, le Bouddhisme constitue la voie la plus sûre pour conduire les hommes vers la vérité ésotérique unique.

Dans le monde tel qu'il nous apparaît aujourd'hui, qu'il soit chrétien, musulman ou païen, la justice est foulée aux pieds, l'honneur et la miséricorde sont également jetés au vent. En un mot, lorsque nous voyons que les principaux objets de la Société Théosophique sont interprétés de façon erronée par ceux même qui sont les plus désireux de nous servir personnellement, comment allons-nous faire avec le reste de l'humanité ? Comment remédier à ce fléau appelé "la lutte pour la vie" qui est la source réelle et la plus prolifique de la plupart des maux et des peines, et de tous les crimes ? Pourquoi cette lutte est-elle devenue presque l'universel système de l'univers? Nous répondons: parce qu'aucune religion, à l'exception du Bouddhisme, n'a enseigné un mépris pratique de cette vie terrestre; alors que chacune d'elles, toujours avec cette seule et unique exception, a inculqué, par ses enfers et ses damnations, la plus grande frayeur de la mort. Aussi voyons-nous cette lutte pour la vie faire rage avec le plus de férocité dans les pays chrétiens et surtout en Europe et en Amérique. Elle est moins intense dans les contrées païennes et est presque inconnue parmi les populations Bouddhistes. En Chine, en temps de famine, et où les masses sont les plus ignorantes de leur religion, comme de toute autre, il a été remarqué que les mères qui dévoraient leurs enfants appartenaient à des localités où se trouvaient le plus grand nombre de missionnaires chrétiens; là où il n'y en avait pas et où seuls les Bonzes étaient les maîtres, la population mourait avec la plus grande indifférence. Enseignez aux gens à voir la vie sur cette terre, fut-elle la plus heureuse, comme rien de plus qu'un fardeau et une illusion, et à comprendre que c'est notre Karma (l'enchaînement des causes que nous produisons et des effets qui en résultent) qui est notre juge et qui sera notre sauveur dans les vies futures, et la grande lutte pour la vie perdra bientôt son intensité. Il n'y a pas de pénitencier en terres Bouddhistes et le crime est presque inconnu parmi les tibétains Bouddhistes. Le monde en général - et la Chrétienté en particulier - abandonné pendant 2.000 ans au "régime" d'un Dieu personnel, ainsi qu'à ses systèmes politiques et sociaux basés sur cette idée, a donné maintenant la preuve de sa faillite.

Si les Théosophes disent: "Nous n'avons rien à faire avec tout cela; les basses classes et les races inférieures (celles de l'Inde par exemple, dans la conception des Anglais) ne peuvent nous intéresser et doivent se tirer d'affaire comme elles peuvent", que deviendront alors nos belles professions de charité, de philanthropie, de réforme, etc.? Ne sont-elles qu'une dérision? Et si elles sont une dérision, notre sentier peut-il être le vrai sentier? Allons-nous nous consacrer à enseigner à quelques Européens - qui vivent comme des coqs en pâte et dont beaucoup sont comblés des dons de la fortune aveugle - l'explication logique des sonnettes astrales, de la production de tasses, du téléphone spirituel et de la formation du corps astral, et laisser la foule des millions d'ignorants, de pauvres et d'opprimés prendre soin d'eux-mêmes et de leur vie future, du mieux qu'ils peuvent ? Jamais! Périsse plutôt la Société Théosophique avec ses deux malheureux Fondateurs que de lui permettre de ne devenir rien d'autre qu'une académie de magie et un collège d'Occultisme! Penser que nous, les disciples fidèles de cet esprit incarné de l'absolu sacrifice de soi-même, de la philanthropie, de la divine bonté, comme de toutes les plus hautes vertus accessibles sur cette terre de douleurs, l'homme parmi les hommes, Gautama le Bouddha, pourrions jamais permettre à la Société Théosophique de devenir la représentation vivante de l'égoïsme, le refuge du petit nombre, n'accordant aucune pensée à la masse, voilà une étrange idée, mes frères! Parmi les rares aperçus que les Européens ont reçus du Tibet et de sa hiérarchie mystique de Lamas parfaits, il en est un qui a été correctement compris et décrit. Les incarnations du Bodhisattva, Padmapâni ou Avalokiteshvara, de Tsongkapa, et celle d'Amitâbha, renoncèrent au moment de leur mort à atteindre l'état de Bouddha, c'est-à-dire le summum bonum de la béatitude et de la félicité personnelle individuelle, afin de pouvoir renaître encore et toujours pour le bien de l'humanité. Se pourrait-il que ces êtres acceptent ainsi de supporter sans trêve la misère, l'emprisonnement dans la chair et toutes les douleurs de la vie, pourvu que par un tel sacrifice de soi-même, répété sans cesse au cours de longs siècles interminables, ils puissent devenir le moyen d'assurer le salut et la béatitude dans l'au-delà pour une poignée d'hommes choisis dans une seule des nombreuses races d'hommes qui habitent la planète? Et c'est nous, les humbles disciples des Lamas parfaits que l'on voudrait voir permettre à la Société Théosophique d'abandonner son titre le plus noble, celui de la Fraternité de l'Humanité, pour devenir une simple école de Psychologie! Non! Non! Frères, voilà trop longtemps déjà que vous êtes victimes de cette erreur! Comprenons-nous bien. Celui qui ne se sent pas capable d'embrasser la noble idée suffisamment pour travailler pour elle n'a pas à entreprendre une tâche trop lourde pour lui. Mais il n'y a guère de théosophe dans toute la Société qui soit incapable de l'aider efficacement, ne serait-ce qu'en corrigeant les impressions erronées de ceux qui ne connaissent pas la Théosophie, sinon en répandant les idées Théosophiques lui-même. Oh s'il se trouvait des hommes nobles et altruistes pour nous aider efficacement dans cette tâche divine! Toute notre connaissance, passée et présente, ne serait pas suffisante pour les payer de leurs efforts.

Ayant ainsi expliqué nos vues et nos aspirations, je n'ai que peu de mots à ajouter. Pour être vraies, la religion et la philosophie doivent offrir la solution à tous les problèmes. Le fait que le monde soit, moralement, dans une si mauvaise condition est une preuve irréfutable qu'aucune de ses religions et de ses philosophies - celles des races civilisées moins que toutes autres - n'a jamais possédé la VERITE. Elles sont tout aussi incapables de nos jours qu'il y 1880 ans, de fournir les explications correctes et logiques sur le fond des problèmes posés par les grands principes dualistes qui sont: vérité et erreur, bien et mal, liberté et despotisme, douleur et plaisir, égotisme et altruisme. Elles sont aussi loin de la solution que jamais; mais à tous ces problèmes il doit y avoir quelque part une solution rationnelle, et si nos doctrines se montrent capables de l'apporter, le monde sera alors le premier à reconnaître que notre philosophie doit être la vraie philosophie, la vraie religion, la vraie lumière, qui donne la vérité et rien que la VERITE.


(1)   Co-fondateur de la Société Théosophique, avec Mme. BLAVATSKY

 

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Quelques mots sur la vie journalière (↑ sommaire)

L'article présenté ici est un recueil de différents passages écrits par l'un des Maîtres directs de H.P. Blavatsky. La valeur des enseignements qu'il contient a déjà été vérifiée par beaucoup d'étudiants de la Théosophie et nombreux sont ceux qui, nous l'espérons, l'apprécieront dans l'avenir. 
Les éditeurs

C'est la philosophie divine seule - la philosophie de la fusion spirituelle et psychique de l'homme avec la nature qui permettra, en révélant les vérités fondamentales qui sont voilées derrière les objets de sensation et de perception, de promouvoir un esprit d'unité et d'harmonie, malgré la grande diversité des croyances qui s'opposent entre elles. C'est pour cela que la Théosophie attend des Théosophes  —  et leur demande d'une façon pressante  — qu'ils fassent preuve d'une grande et mutuelle tolérance, et charité, envers les défauts de leurs compagnons, et d'une aide mutuelle généreuse et libérale dans leur recherche des vérités cachées dans chaque département de la nature, morale et physique. Et cette attitude éthique doit être appliquée sans hésitation et sans exception dans le reste de la vie journalière.

La Théosophie ne devrait pas constituer une simple collection de vérités morales, un ensemble de principes métaphysiques condensés en dissertations théoriques. La Théosophie doit être rendue pratique ; et dans ce but, elle doit être débarrassée des digressions inutiles, dans le sens de discours décousus et de belles paroles. Que chaque Théosophe fasse seulement son devoir, ce qu'il est capable de faire et qu'il devrait faire, et il n'y aura pas longtemps à attendre avant que toute la somme de misère humaine qui se trouve à l'intérieur ou à proximité de chaque centre de travail théosophique apparaisse diminuée d'une manière visible. Oubliez le Soi personnel en travaillant pour les autres, et la tâche vous deviendra aisée et facile à accomplir...

Ne mettez pas votre orgueil a faire apprécier et reconnaître ce travail par les autres. Pourquoi donc un membre d'un centre de travail théosophique, s'efforçant de devenir un Théosophe, devrait-il s'inquiéter de la bonne ou de la mauvaise opinion que son voisin peut avoir de lui-même ou de son travail s'il sait, en lui-même, qu'il est utile et bienfaisant pour les autres ? La louange et l'enthousiasme des hommes sont, pour le moins, de très peu de durée ; le ricanement du railleur et la condamnation de l'observateur indifférent, suivront sans aucun doute la louange admirative de l'ami, et, généralement, seront d'un plus grand poids sur les autres. Ne méprisez pas l'opinion du monde et ne la provoquez pas inutilement à une injuste critique. Restez plutôt aussi indifférent au dénigrement qu'à la louange de ceux qui ne pourront jamais vous connaître tels que vous êtes, et qui ne devraient pas de ce fait, vous trouver plus émus par l'un que par l'autre, si vous vous efforcez au contraire de toujours placer l'approbation ou la condamnation de votre Soi Intérieur au-dessus de celle des masses.

Ceux d'entre vous qui désireraient se connaître eux-mêmes dans l'esprit de vérité, ont à apprendre à vivre seuls au milieu des grandes foules qui peuvent parfois vous environner. Cherchez à entrer en communion et en rapport constant seulement avec le Dieu qui est caché dans le tréfonds de votre âme, et est appelé la CONSCIENCE LA PLUS HAUTE, mettez sans plus attendre vos bonnes intentions en pratique, et ne laissez jamais la moindre d'entre elles ne rester qu'une intention. Et, par ailleurs, n'espérez ni récompense, ni même reconnaissance pour le bien que vous avez pu faire. Récompense et reconnaissance sont en vous-mêmes et sont inséparables de vous, étant donné que c'est votre Soi Intérieur seul qui peut les apprécier à leur importance et à leur valeur réelles. Car, au coeur de son tabernacle intérieur, chacun de vous possède cette Cour Suprême — avec son avocat, son procureur, son jury et ses juges — dont la sentence est la seule qui soit sans appel, ainsi personne ne peut vous connaître mieux que vous-mêmes une fois que vous avez appris à juger ce Soi, votre personne, à la lumière qui jamais ne vacille de la divinité intérieure : votre Conscience la plus haute.

La majorité de l'aréopage public qui juge les autres, est composée généralement de gens qui s'érigent eux-même en juges et n'ont jamais adopté comme idole d'autre Divinité permanente que leur propre personnalité — leur Soi inférieur. An contraire, ceux qui essaient dans leur vie de suivre leur lumière intérieure ne seront jamais pris à juger, encore moins à condamner ceux qui sont plus faibles qu'eux. Pourquoi donc s'émouvoir si l'opinion publique vous condamne ou vous loue, vous rabaisse ou vous porte au pinacle ? Elle fera de vous une idole, tant qu'elle pensera que vous la reflétez fidèlement sur le piédestal, ou l'autel, qu'elle a élevé pour vous, et tant que vous 1'amuserez ou lui rendrez service. Mais vous ne pouvez espérer être plus qu'un fétiche temporaire, succédant à un autre fétiche et suivi à votre tour par une autre idole ; votre société occidentale ne peut pas plus vivre sans son Calife d'une heure qu'elle ne peut l'honorer pendant beaucoup plus que ce court moment ; et chaque fois qu'elle brise une idole et qu'elle la couvre de boue, ce n'est pas son modèle mais l'image défigurée qu'en a créé son imagination dépravée, et qu'elle a dotée de ses propres vices, que cette société jette en bas de son trône et réduit en pièces.

La Théosophie ne peut trouver d'expression objective que dans un code de vie de caractère universel, entièrement imprégné de l'esprit de tolérance et de charité mutuelles et d'amour fraternel. Les organismes théosophiques considérés dans leur collectivité, ont devant eux une tâche qui, à moins d'être accomplie avec la plus grande discrétion, provoquera contre eux la levée en armes du monde des indifférents et des égoïstes. La Théosophie doit lutter contre l'intolérance, les préjugés, l'ignorance et l'égoïsme, dissimulés sous le manteau de l'hypocrisie. Elle a pour mission de jeter toute la lumière possible de la torche de la Vérité qui est confiée à ses serviteurs. Et elle doit le faire sans peur ni hésitation, en ne redoutant ni reproche, ni condamnation. Par l'intermédiaire de ses porte-parole, les organismes théosophiques, la Théosophie doit dire la VÉRITE à la face même du MENSONGE ; elle doit aller braver le tigre dans sa tanière, sans être entravée par l'idée ou la peur des mauvaises conséquences possibles, et jeter le défi à la calomnie et aux menaces. Ces porte-parole, considérés comme des Associations, ont non seulement le droit mais le devoir de démasquer le vice et de faire de leur mieux pour redresser les torts, que ce soit par la voix de conférenciers désignés ou de leurs journaux et publications — tout en rendant cependant leurs accusations aussi impersonnelles que possible. Mais leurs Membres, considérés individuellement, n'ont en aucun cas ce droit. Avant toute chose, ils ont le devoir de montrer l'exemple d'une moralité fermement établie et clairement comprise et tout aussi fermement mise en pratique, avant de recevoir le droit d'attirer l'attention, même dans un esprit de bonté, sur l'absence d'une semblable unité dans le domaine éthique et sur le plan de l'intention, dans les autres associations ou individus. Aucun Théosophe ne devrait blâmer un frère, qu'il fasse partie ou non de son association ; et il ne devrait pas non plus jeter le discrédit sur les actions d'un autre, ou le dénoncer comme fautif, de peur de perdre le droit d'être considéré comme Théosophe. Car, en tant que tel, il a le devoir de détourner ses regards des imperfections de son voisin, et plutôt de centrer son attention sur ses propres défauts, afin de les corriger et de devenir plus sage. Qu'il se garde de souligner la différence entre les principes professés par les autres et leurs actions, mais, que ce soit dans le cas d'un frère, d'un voisin, ou simplement, d'un de ses semblables, qu'il s'attache plutôt à aider l'être qui est plus faible que lui sur le rude chemin de la vie.

Le problème de la véritable Théosophie et sa grande mission consistent avant toute chose à élaborer des conceptions claires et sans équivoque d'idées et de devoirs de caractère éthique, capables de satisfaire le mieux et le plus complètement les sentiments justes et altruistes qui se trouvent dans le cœur des hommes, et ensuite à modeler ces conceptions en vue de les adopter en des formes de vie journalière offrant un champ d'action permettant leur application de la manière la plus équitable.

Telle est la tâche commune proposée à tous ceux qui sont disposés à agir suivant ces principes. C'est une tâche laborieuse qui demande des efforts acharnés et persévérants ; mais elle doit vous amener insensiblement à progresser, et ne vous laissera aucune place pour des aspirations égoïstes quelconques, tendant à sortir des limites tracées... Ne vous laissez pas aller personnellement à comparer, d'une manière non fraternelle, la tâche accomplie par vous-mêmes et le travail laissé inachevé par vos voisins ou vos frères. Dans les champs de la Théosophie, nul n'est tenu à arracher les mauvaises herbes sur une surface plus grande que sa force et sa capacité ne le lui permettent. Ne soyez pas trop sévères sur les mérites ou les démérites de celui qui demande à être admis dans vos rangs, car la vérité sur l'état réel de l'homme intérieur ne peut être connue que de Karma, et c'est cette LOI seule, à qui rien n'échappe, qui pourra lui faire justice comme il le mérite. Même la simple présence parmi vous d'un individu bien intentionné et sympathisant peut vous aider magnétiquement... Vous êtes les travailleurs volontaires et libres à l'œuvre dans les champs de la Vérité, et, comme tels, vous ne devez laisser aucun obstacle sur les chemins qui y conduisent.

« Les degrés de votre succès ou de votre échec constituent les repères que les Maîtres doivent suivre, du fait qu'ils forment les barrières qui ont été placées de vos propres mains entre vous-mêmes et ceux à qui vous avez demandé d'être vos instructeurs. Plus vous approchez du but recherché, plus courte est la distance qui sépare l'étudiant du Maître. »

Vous pouvez faire un bien immense en contribuant à donner aux nations occidentales une base sûre sur laquelle reconstruire leur foi branlante. Et ce qu'elles requièrent, c'est l'évidence que seule la psychologie asiatique peut fournir. Donnez-leur cela, et vous conférerez le bonheur de l'esprit à des milliers d'individus. L'ère de la foi aveugle est passée ; celle de la recherche s'est ouverte. La recherche qui démasque l'erreur, sans découvrir quoi que ce soit permettant à l'âme de construire, fera, des êtres, des iconoclastes. L'iconoclasme, de par son caractère destructif, ne peut rien donner ; il ne peut que détruire. Mais l'homme ne peut se contenter d'une pure négation. L'agnosticisme n'est qu'une halte momentanée. Le moment est venu de guider l'impulsion cyclique qui doit se produire, et qui lancera notre siècle dans un athéisme extrême, ou le ramènera à un sacerdotalisme extrême, s'il n'est pas conduit vers la philosophie primitive des Aryens, qui satisfait l'âme.

Vous pouvez contribuer a fournir les matériaux pour une philosophie religieuse universelle bien nécessaire ; invulnérable aux assauts scientifiques, parce qu'étant elle-même la finalité de la science absolue ; une religion vraiment digne de ce nom puisqu'elle comprend les relations de l'homme physique avec l'homme psychique, et des deux avec tout ce qui se trouve au-dessus et au-dessous d'eux. Ceci n'est-il pas digne d'un léger sacrifice ? Et si, réflexion faite, vous décidiez d'accepter cette carrière nouvelle, sachez bien que votre société ne sera pas un club de miracles ou de banquets, pas plus qu'elle ne s'adonnera spécialement à l'étude des phénomènes. Son but principal sera de déraciner les superstitions et le scepticisme courants, et de tirer la preuve, de sources anciennes, depuis longtemps cachées, que l'homme est capable de modeler sa destinée future, et de savoir avec certitude qu'il peut vivre dans l'au-delà, s'il le veut seulement, et que tous les « phénomènes » ne sont que des manifestations de la loi naturelle qu'il est du devoir de tout être intelligent d'essayer de comprendre.

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