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"Raja Yoga ou Occultisme", Pensées sur les Élementaux

L'auteur a consacré des années à l'étude de ces êtres invisibles — conscients, semi-conscients et entièrement dépourvus de sens — appelés de noms différents dans chaque pays et connus sous l'appellation générique d' « esprits » La nomenclature de ces hôtes de sphères bonnes ou mauvaises, rien que pour l'Église Catholique Romaine, est sans bornes. La longue kyrielle de leurs noms symboliques constitue toute une étude. Lisez le récit de la création, dans le premier Purâna venu, et voyez la variété d'appellations données à ces créatures divines et semi-divines (le produit des deux sortes de création — la Prakrita et la Vaikrita ou Padma, la première et la seconde créations) toutes émanées du corps de Brahmâ. Les urdhvasrota seuls (1), de la troisième création, correspondent à une variété d'êtres doués de caractéristiques et de qualités propres requérant à eux seuls toute une vie d'étude.

Et il en est de même dans les récits égyptiens, chaldéens, grecs, phéniciens, etc... Ces créatures sont innombrables. Cependant les anciens païens, et surtout les néo-platoniciens d'Alexandrie, comprenaient ce qu'ils croyaient, et savaient discerner les diverses classes. Nul ne les considérait d'un point de vue aussi sectaire que les Églises chrétiennes. Au contraire, les anciens les envisageaient beaucoup plus sagement, et discernaient beaucoup mieux la nature de ces êtres, que les Pères de l'Église. Selon la tactique de ces derniers, tous les anges qui n'étaient pas reconnus comme serviteurs du Jéhovah juif étaient proclamés des démons.

Nous retrouvons les effets de cette croyance érigée ensuite en dogme qui s'affirment maintenant dans le karma de nombreux millions de spirites, élevés et éduqués dans les croyances respectives de leurs Églises. Bien qu'un spirite puisse s'être séparé depuis des années de toute croyance théologique et cléricale, bien qu'il puisse être un chrétien, libéral ou non, un déiste ou un athée, ayant sagement rejeté la croyance aux démons, et que, étant trop raisonnable pour considérer ses visiteurs comme des anges purs, il ait admis ce qu'il pense être une conviction moyenne raisonnable, cependant il ne reconnaîtra pas d'autres esprits que ceux des morts.

C'est son karma, et aussi celui des Églises collectivement. Dans ces dernières, un tel fanatisme entêté, un tel parti-pris est tout naturel ; c'est là leur politique. Dans le spiritisme libre, c'est impardonnable. On ne peut avoir deux opinions sur ce sujet. Ou bien l'on croit à l'existence des « esprits » , ou bien l'on n'y croit pas. Si un homme est un sceptique et un incrédule, nous n'avons rien à dire. Mais dès qu'on croit aux revenants et aux esprits, la question change. Où est l'homme, ou la femme, sans préjugés ni idées préconçues, qui pourrait croire que dans un univers infini de vie et d'êtres — disons même dans notre système solaire seul — que dans tout cet espace illimité où les spirites placent leur « Summerland » — il n'y ait que deux ordres d'êtres conscients — les hommes et leurs esprits, les mortels incarnés et les immortels désincarnés.

L'avenir tient d'étranges surprises en réserve pour l'humanité, et la Théosophie, ou plutôt ses adhérents, seront pleinement justifiés dans un avenir peu éloigné. Il est inutile de discuter cette question qui a été longuement traitée par les théosophes et n'a amené qu'opprobre, persécution et inimitié sur les auteurs. Nous ne nous écarterons donc pas de notre sujet pour en dire beaucoup plus. Les élémentaux et les élémentaires des cabalistes et des théosophes ont été suffisamment ridiculisés. Depuis Porphyre jusqu'aux démonologues des siècles passés, des faits ont été donnés les uns après les autres et des preuves ont été accumulées mais sans plus d'effets qu'un conte de fées raconté dans un jardin d'enfants.

C'est un livre étrange que ce vieux Comte de Gabalis, immortalisé par l'Abbé de Villars et traduit maintenant et publié à Bath. Ceux qui sont portés à l'humour devraient le lire et le méditer. Ceci afin qu'ils puissent faire un parallèle. L'auteur l'a lu il y a de nombreuses années, et l'a relu depuis peu, avec autant, et même plus d'attention qu'autrefois. Son humble opinion sur l'ouvrage — si l'on tient à la connaître — c'est que l'on pourrait chercher en vain durant des mois pour trouver une différence entre les « esprits » des séances spirites et les sylphes et ondines de cette satire française.

Un accent sinistre marque les railleries et les plaisanteries amusantes de son auteur qui, tout en ridiculisant l'objet de ses croyances, avait probablement le pressentiment du karma précipité qui l'attendait sous forme d'assassinat (2).

La façon dont il nous présente le Comte de Gabalis est digne d'attention: « ... je vis entrer un homme de très-bonne mine, qui me saluant gravement me dit en langue Françoise et en accent étranger  : Adorez, mon Fils, adorez le très-bon, et le très-grand Dieu des Sages, et ne vous enorgueillissez jamais de ce qu'il vous envoye un des Enfans de Sagesse, pour vous associer à leur Compagnie, et pour vous faire participan des merveilles de sa Toute-puissance » (3).

Il n'y a qu'une seule réponse à donner à ceux qui, profitant de tels ouvrages, se rient de l'Occultisme. C'est précisément celle que donne à sa manière plaisante le « très-humble et très-obéissant Serviteur » — qui se prétend l'ami de l'auteur — dans sa Lettre à Monseigneur, incluse dans le Comte de Gabalis :

« J'ai voulu l'obliger à changer entièrement la forme de son Ouvrage. Ce tour plaisant qu'il lui a donné ne me semble pas propre à son sujet. La Cabale, luy ay-je dit, est une Science sérieuse que beaucoup de mes Amis étudient sérieusement : il falloit la réfuter de même... outre la difficulté qu'il y a de faire rire un honnête homme sur quelque sujet que ce soit, il est de plus très dangereux de railler en celuy-cy. » Verbum sat sapient (4).

Très « dangereux » sans aucun doute. Mais depuis que l'histoire a commencé à enregistrer les pensées et les faits, la moitié de l'Humanité s'est toujours moquée de l'autre moitié en ridiculisant ses croyances les plus chères. Ceci toutefois, ne peut changer un fait en fiction, et ne peut détruire les sylphes, les ondines, et les gnomes, s'il y en a dans la Nature ; car ligués aux salamandres, ceux-ci sont très capables de détruire les incrédules et de faire du tort aux Compagnies d'Assurance, bien que ces dernières croient encore moins aux salamandres vengeresses qu'aux incendies provoqués par le hasard ou les accidents.

Les théosophes croient autant que les spirites aux esprits, mais avec cette différence qu'ils les considèrent comme aussi variés que les tribus ailées de l'air. Il existe des éperviers sanguinaires et des chauve-souris vampires parmi ces esprits, comme aussi des colombes et des rossignols. Ils croient aux « Anges » car beaucoup les ont vus

«;...Au chevet du malade,
Avec leurs doux accents et leurs pas silencieux !
Et quand les cœurs meurtris ployaient comme des saules,
Ils se tenaient entre les vivants et les morts. »

Mais ceux-ci n'étaient pas des matérialisations aux pieds fourchus obtenues par le médium moderne. Et en supposant même que toutes nos doctrines soient une à une l'objet des « railleries » d'un de Villars, cela n'enlèverait rien aux prétentions des Occultistes qui affirment que leurs enseignements sont des faits historiques et scientifiques, sous quelque déguisement qu'on les présente au public profane. Depuis que les premiers rois commencèrent à régner « par la grâce de Dieu » , d'innombrables générations de bouffons, destinés à amuser leurs Majestés et leurs Altesses, se sont succédé, et la plupart de ces êtres difformes possédaient plus de sagesse dans leur bosse et au bout de leurs doigts que tous leurs maîtres royaux n'en avaient ensemble dans leurs têtes écervelées. Eux seuls avaient le privilège inestimable de dire la vérité à la Cour, et l'on a toujours ri de cette vérité-là.

Mais ceci est une digression. Des ouvrages comme le Comte de Gabalis doivent être calmement analysés, et leur vraie nature doit être dévoilée, de peur qu'on ne se s'en serve de pilon pour démolir d'autres ouvrages qui ne prennent pas un ton humoristique en parlant de choses mystérieuses, sinon sacrées, et disent ce qu'ils ont mission de dire. Mais je maintiens positivement qu'il y a plus de vérités énoncées dans les railleries spirituelles et les « gasconnades » de cette « satire » remplie de faits réels éminemment occultes, que la plupart des gens, et surtout les spirites, ne tiendraient à en apprendre.

Un seul fait cité, dont l'existence est prouvée maintenant chez les médiums, démontrera suffisamment que nous avons raison.

Nous avons déjà dit ailleurs que la magie blanche différait très peu des pratiques de sorcellerie, excepté dans les effets et les résultatsle motif, bon ou mauvais, étant l'essentiel. La plupart des règles et des conditions préliminaires requises pour faire partie des sociétés d'adeptes, qu'il s'agisse du Sentier de Droite ou de celui de Gauche, sont identiques en beaucoup de points. Ainsi Gabalis dit à l'auteur : « Les Sages ne vous admettront jamais à leur compagnie si vous ne renoncez dès-à-présent à une chose, qui ne peut compatir avec la Sagesse. Il faut renoncer à tout commerce charnel avec les femmes. »

C'est là un sine qua non des Occultistes pratiques — Rose-Croix ou Yogis, européens ou asiatiques. Mais c'en est un aussi avec les dugpa et les jadoo du Bhoutan et de l'Inde, avec les sorciers du Vaudou et les nagal de la Nouvelle-Orléans et du Mexique (5), avec toutefois, une clause additionnelle aux statuts de ces derniers. Et cette clause oblige aux relations charnelles avec les djins, élémentaux ou démons, mâles ou femelles, appelez-les du nom qui vous plaira (6).

« Croyez que tout ce que je vous dis est solide et vray ; ce ne sont icy que les Elémens de l'ancienne Cabale » explique Gabalis à son élève. Et il lui apprend que les élémentaux (qu'il appelle élémentaires) les hôtes des quatre éléments, c'est-à-dire les sylphes, les ondines, les salamandres et les gnomes, vivent de nombreux âges, mais que leur âme n'est pas immortelle. Ils ne meurent qu'après plusieurs siècles : mais qu'est-ce que ce temps au prix de l'éternité ? II faudra rentrer éternellement dans le néant. « Nos Pères, les philosophes » , continue le soi-disant Rosicrucien, « parlant à Dieu face à face, se plaignirent à lui du malheur de ces Peuples : (les élémentaux) et Dieu, de qui la Miséricorde est sans bornes, leur révéla qu'il n'était pas impossible de trouver du remède à ce Mal. Il leur inspira que de même que l'homme par l'alliance qu'il a contractée avec Dieu, a été fait participant de la Divinité : les sylphes, les gnomes, les nymphes et les salamandres, par l'alliance qu'ils peuvent contracter avec l'homme peuvent être faits participans de l'Immortalité. Ainsi une nymphe ou une sylphide devient immortelle et capable de la Béatitude à laquelle nous aspirons, quand elle est assez heureuse pour se marier à un sage : et un gnome ou un sylphe cesse d'être mortel dés le moment qu'il épouse une des nos Filles. »

Après avoir donné ce beau conseil de sorcellerie pratique, le « Sage » termine de la sorte :

>« Ah ! nos Sages n'ont garde d'imputer à l'amour des Femmes la chute des premiers anges ; non plus que de soumettre assez les hommes à la puissance du Démon... II n'y eut jamais rien de criminel en tout cela. C'étoit des sylphes qui cherchoient à devenir immortels. Leurs innocentes poursuites bien loin de scandaliser les Philosophes, nous ont paru si justes que nous avons tous résolu d'un commun accord, de renoncer entièrement aux femmes et de ne nous adonner qu'à immortaliser les nymphes et les sylphides. »

C'est ce que font aussi certains médiums, surtout en Amérique et en France, où ils se vantent de posséder des maris et des femmes esprits. Nous connaissons personnellement de tels médiums hommes et femmes, et ce ne sont pas ceux de Hollande qui nieront le fait, étant donné l'événement récent qui s'est passé parmi leurs collègues et coreligionnaires, et dont certains n'échappèrent à la mort et à la folie qu'en devenant théosophes. C'est uniquement en suivant nos conseils qu'ils finirent par se débarrasser de leur conjoint spirituel de l'un ou de l'autre sexe.

Nous dira-t-on dans ce cas aussi qu'il n'y a là que calomnie et invention ? Que les profanes, enclins comme les spirites à ne voir dans ces rapports de chaque jour et de chaque nuit avec les soi-disant « esprits des morts » , qu'un saint et innocent passe-temps, prennent garde. Que ceux qui ridiculisent nos avertissements et notre doctrine, et en font des gorges chaudes, expliquent après les avoir analysés impartialement, le mystère et le sens rationnel de faits comme la conviction présente dans le mental de certains médiums et de sensitifs de leur mariage réel avec des esprits, hommes ou femmes. L'argument de la folie et de l'hallucination ne peut tenir lorsqu'on le confronte avec les faits indéniables des MATÉRIALISATIONS SPIRITES. S'il y a des « esprits » capables de boire du thé et du vin, de manger des pommes et des gâteaux, d'embrasser et de toucher les visiteurs des séances spirites — tous faits qui ont été prouvés, comme l'existence même de ces visiteurs — pourquoi, alors ces mêmes esprits ne pourraient-ils pas tout aussi bien remplir leurs devoirs conjugaux ? Et qui sont ces « esprits » , et quelle est leur nature ? Les spirites nous diront-ils que les fantômes de Mme de Sévigné ou de Delphine... (nous nous abstiendrons de nommer ce dernier auteur par respect pour les membres de la famille encore en vie) sont les « esprits » réels de ces deux dames défuntes, et que la dernière éprouva une affinité spirituelle pour un vieux médium canadien, idiot et sale, et devint ainsi son heureuse épouse, comme il s'en vante en public, créant de par cette union, une horde d'enfants « spirituels » élevés avec cet Esprit saint ? Et qui est le mari astral — le compagnon nocturne d'une femme médium bien connue à New-York, et que l'auteur connaît personnellement ? Que le lecteur recherche tous les renseignements possibles au sujet de ce dernier développement des relations spirituelles ( ? ! ). Qu'il réfléchisse sérieusement à tout ceci, puis qu'il lise le Comte de Gabalis, surtout le Supplément qui y est joint, avec ses textes en latin ; alors peut-être sera-t-il mieux à même d'apprécier la gravité réelle, cachée sous l'ironie feinte dans l'ouvrage en question (7), et de comprendre la valeur véritable de la raillerie qu'il contient. Il saisira alors la sinistre relation existant entre les faunes, les satyres et les incubes de saint Jérôme, les sylphes et les nymphes du Comte de Gabalis, les « élémentaires » des cabalistes — et toutes ces « Lillies » poétiques et spirituelles de la « Communauté Harris » , les « Napoléon » de l'astral et autres Don Juan défunts du « Summer-Land » et les « affinités spirituelles d'outre-tombe » du monde moderne des médiums.

En dépit de cette effrayante accumulation des faits, chaque semaine les journaux spirites nous répètent que nous ne savons pas de quoi nous parlons. « Platon » — un pseudonyme bien présomptueux soit dit en passant — un ex-théosophe mécontent, dit aux spirites (Light, 1er janvier 1887) que non seulement il n'y a pas de réincarnation, puisque l' « esprit » astral d'un ami défunt le lui a affirmé (ce qui est vraiment une preuve de valeur et digne de foi), mais que toute notre philosophie est, de par ce fait, prouvée dépourvue de toute valeur ! Le karma, nous dit-on, n'est qu'une ineptie. « Sans karma, la réincarnation ne tient pas » , et puisque son informateur astral « a exploré son royaume actuel d'existence quant à la théorie de la réincarnation, et n'a trouvé, dit-il, ni un fait, ni une trace lui permettant d'en affirmer la vérité... » cet informateur « astral » doit être cru. Il ne peut mentir. Car « un homme qui a étudié la chimie a droit à émettre son opinion, et à parler de ses théories et faits variés... surtout, si durant sa vie terrestre, il fut respecté et honoré pour ses recherches dans les mystères de la nature, et pour sa sincérité » (8).

Espérons que l' « astral » de chimistes éminents comme MM. Crookes et Butlerof, lorsqu'il sera désincarné, s'abstiendra de revenir trop souvent parler avec les mortels. Car, pour avoir étudié la chimie tellement et si bien, leurs communications post mortem en acquerraient une réputation d'infaillibilité qui pourrait peut-être faire plus de tort que de bien au progrès de l'humanité, et au développement de ses pouvoirs intellectuels. Mais la preuve est sans doute suffisamment convaincante pour la génération actuelle des spirites, pourvu que le nom emprunté par « le guide astral d'un ami » soit celui d'un homme sincère et honorable. Il semble donc qu'une expérience de plus de quarante ans avec les spirites qui mentent plus qu'ils ne disent la vérité, et font beaucoup plus de mal que de bien, soit une échec total. Ainsi, les « esprits, époux ou épouses » , doivent aussi être crus lorsqu'ils affirment telle ou telle chose. Car, comme « Platon » le dit avec raison : « II n'y a pas de progrès sans connaissance, et la connaissance de la vérité fondée sur les faits, est un progrès de la plus haute valeur, et si les esprits astraux progressent, comme cet esprit le dit, la philosophie de l'Occultisme en ce qui concerne la réincarnation est erronée sur ce point ; et comment saurons-nous que les multiples autres points sont corrects, puisqu'ils ne sont pas prouvés ? »

Voici de la philosophie et de la logique profondes. « La fin de la sagesse réside dans la consultation et la discussion » — avec les « esprits » , aurait pu ajouter Démosthène, s'il avait su où les trouver — mais tout cela ne résout pas encore la question en suspens : « que sont ces esprits ? » Car, « là où les docteurs sont en désaccord » , il y a place pour le doute. Et, outre le fait frappant que les esprits diffèrent dans leurs opinions au sujet de la réincarnation — comme le font les spiritualistes et les spirites — « chaque homme ne peut prétendre être le détenteur absolu de la vérité ni être qualifié pour relever le gant pour la cause de la vérité » , ainsi que le dit Sir T. Browne. Nous ne voulons pas ici lancer un trait irrespectueux à « Platon » — quelle que soit son identité — mais énoncer un axiome. Un homme de science éminent, le Professeur W. Crookes donna un jour une définition très sage de la Vérité, en montrant combien il est nécessaire de faire une distinction entre la vérité et l'exactitude. Une personne peut être très sincère — faisait-il remarquer — c'est-à-dire, qu'elle peut être tout à fait désireuse de recevoir la vérité et de l'enseigner ; mais à moins que cette personne n'ait de grands dons naturels d'observation, ou n'ait été entraînée, par l'étude scientifique, à observer, noter, comparer et relater les faits exactement et dans les détails, elle sera incapable de faire un récit digne de confiance, exact et par suite vrai, de ses expériences. Ses intentions peuvent être honnêtes, mais si elle a un tant soit peu d'enthousiasme, elle sera toujours portée à généraliser, ce qui peut être faux et dangereux. En résumé, comme le dit un autre homme de science éminent. Sir John Herschell : « La noble et, en réalité, la seule caractéristique de la vérité, c'est sa capacité de supporter l'épreuve d'une expérience universelle, et de sortir indemne de toutes les discussions honnêtes possibles. »

Mais bien peu de spirites, aucun peut-être, ne réunissent les précieuses qualités exigées par le Professeur Crookes ; en d'autres termes, leur sincérité est toujours teintée d'enthousiasme, c'est pourquoi ils ont été entraînés dans l'erreur depuis ces quarante dernières années. On pourrait nous répondre et avec beaucoup de justesse, avouons-le, que cette définition scientifique porte dans les deux sens, et que les théosophes sont dans le même cas que les spirites, qu'ils sont enthousiastes et par suite crédules. Mais ici la situation change. La question n'est pas de savoir ce que les spirites ou les théosophes pensent personnellement de la nature des esprits et de leur degré de sincérité ; mais ce que l' « expérience universelle » exigée de Sir John Herschell nous prouve. Le spiritisme est une philosophie (s'il en est une, ce que nous nions jusqu'à présent), datant d'hier. L'occultisme et la philosophie de l'Orient, qu'ils soient vrais dans le sens absolu ou relatif, nous viennent d'un passé immensément reculé ; et puisque, dans les écrits et traditions de l'Orient, dans les innombrables fragments et manuscrits laissés par les théosophes néo-platoniciens comme dans les observations de philosophes tels que Porphyre, et Jamblique, et dans celles des théosophes du Moyen-Âge, et ainsi de suite ad infinitum, nous retrouvons chez tous le même témoignage au sujet de la nature extrêmement variée et souvent dangereuse de tous ces génies, démons, dieux, lares et « élémentaires » , tous confondus actuellement sous le nom unique d' « esprits » , nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître ici une preuve dûment « soumise à l'expérience universelle » et « sortant indemne » de toutes les formes possibles d'observation et d'expérience.

Les théosophes offrent le résultat d'une expérience riche de milliers d'années ; les spirites s'en tiennent à leur opinion, née il y a quelque quarante ans, et constamment basée sur leur enthousiasme et leurs sentiments. Mais qu'on demande à un témoin impartial et honnête, ayant vu les « esprits » à l'œuvre en Amérique, un témoin qui ne soit ni théosophe, ni spirite : « Quelle différence peut-il y avoir entre l'épouse-vampire dont Appolonius de Tyane délivra, dit-on, un de ses jeunes amis, que cette succube nocturne tuait lentement, et les esprits épouses et époux des médiums ? » Aucune différence, serait la réponse exacte. Ceux qui ne frémissent pas devant ce hideux réveil de la démonologie médiévale et de la sorcellerie, comprendront du moins la raison pour laquelle, de tous les nombreux ennemis de la Théosophie qui dévoile les mystères du « Monde de l'Esprit » et démasque les esprits s'affublant de noms célèbres, les plus âpres et les plus implacables sont les spiritualistes des pays protestants et les spirites des pays catholiques romains.

« Monstrum horrendum informe cui lumen ademptum » (9)... sont les épithètes les plus justes à appliquer à la plupart des « Lillies » et des « Joes » du Monde des esprits. Mais nous ne prétendons pas du tout — comme l'affirment les spirites qui ne veulent croire qu'aux « esprits » des chers « disparus » — qu'il n'y ait pas d'autres esprits dans les royaumes invisibles en dehors des esprits de la Nature ou élémentaux, des coques ou élémentaires, et des « dieux » et génies, et qu'il n'existe pas de grands et saints esprits communiquant avec les mortels. Car cela serait faux. Ce que les Occultistes et les cabalistes ont toujours dit, et que les théosophes répètent maintenant, c'est que les saints esprits évitent soigneusement la promiscuité des séances spirites, et qu'ils ne se marient pas avec des hommes et des femmes vivants.

La croyance à l'existence des visiteurs invisibles mais trop souvent présents, émergeant de mondes meilleurs ou pires que le nôtre, est trop profondément enracinée dans le cœur des hommes pour être aisément arrachée par la main glacée du matérialisme ou même de la science. Les accusations de superstition jointes au ridicule, ont tout au plus servi à créer un climat nouveau d'hypocrisie et de dissimulation sociales parmi les classes éduquées. Car il existe peu d'hommes — s'il y en a — en l'âme desquels ne gise pas latente la croyance en ces créatures surhumaines et suprasensibles, croyance prête à se réveiller à la première occasion. Nombreux sont les hommes de science qui, ayant rejeté depuis leur enfance la croyance aux rois des elfes et aux fées, et qui rougiraient d'être accusés de croire à la sorcellerie, sont néanmoins tombés dans les pièges des « Joes » , « Daisies » et autres revenants et « guides » . Et une fois qu'ils ont passé le Rubicon ils ne craignent plus le ridicule. Ces hommes de science défendent aussi désespérément la réalité des esprits, matérialisés ou autres, que si c'était une loi mathématique. Nos physiologistes modernes ont-ils trouvé la clef de ces aspirations de l'âme qui semblent innées dans la nature humaine, et qui ne sommeillent que pour se réveiller avec une intensité redoublée, ont-ils découvert l'explication de ce désir qui pousse beaucoup de sceptiques endurcis à chercher au delà des bornes de la matière, et qui les transforme en croyants enragés à la première manifestation qui est pour eux une preuve indéniable ; en un mot, ont-ils la clef de tous ces phénomènes psychologiques de la nature humaine ? Le verdict restera-t-il toujours « non compos mentis » (10) ou  victime de la fraude et influencé par la suggestion», etc., etc... ? Lorsque nous disons en parlant des incrédules, qu'ils ne sont qu'une « poignée » , nous ne sommes pas en-dessous de la réalité ; car ce ne sont pas ceux qui s'insurgent le plus violemment contre les superstitions dégradantes, la « folie occulte » , et ainsi de suite, qui sont les plus sceptiques. À la moindre occasion, ils seront les premiers à tomber et à succomber. Et lorsqu'on dénombre sérieusement les millions sans cesse croissant des spirites, occultistes et mystiques en Europe et en Amérique, l'on est en droit de se refuser à regretter, comme le fait Carrington, le « Départ des Fées » . Elles sont parties, dit le poète :

... « Elles ont fui,
Belles fictions de nos pères, tissées
Dans la toile de la superstition, à l'aube du temps,
Et tendrement aimées — elles ont fui
Devant la baguette magique de la science !... »

Nous prétendons qu'il n'en est pas ainsi ; et qu'au contraire, ce sont ces « fées » — les belles, bien plus que les hideuses — qui menacent sérieusement, sous leurs noms et masques nouveaux, de désarmer la science, et de briser sa « baguette » .

La croyance aux « esprits » est légitime, parce qu'elle repose sur l'autorité de l'expérience et de l'observation ; elle défend de plus une autre croyance considérée aussi comme une superstition : le polythéisme. Ce dernier est fondé sur un fait de la nature : de tout temps, pris à tort pour des dieux, les esprits se sont manifestés aux hommes — de là leur croyance en de multiples dieux différents. Le monothéisme d'autre part repose sur une abstraction pure. Qui a vu DIEU — ce dieu dont nous voulons parler, l'Infini et l'Omnipotent, celui dont discutent tant les monothéistes ? Le polythéisme — une fois que l'homme prétend posséder le droit d'intervention divine en son nom — est logique et d'accord avec les philosophies de l'Orient, qui toutes, panthéistes ou déistes, proclament l'Un, comme une abstraction infinie, un quelque chose d'absolu qui dépasse absolument la conception du fini. Sans aucun doute, une telle croyance est plus philosophique que cette religion dont la théologie proclame, d'une part, un Dieu, un Être mystérieux et même Incompréhensible qu' « aucun homme vivant n'a jamais vu » (Exode, 23, 20), et, d'autre part, le montre si humain et si mesquin qu'il s'occupe des culottes (11) de son peuple élu, tout en négligeant de dire quoi que ce soit de défini au sujet de l'immortalité de l'âme et de sa survivance après la mort !

Ainsi, la croyance en des hordes d'entités spirituelles habitant divers plans et sphères de l'Univers, et en des êtres conscients intra-cosmiques est tout à fait logique et raisonnable tandis que la croyance en un Dieu extra-cosmique est une absurdité. Et si Jéhovah, qui veillait si jalousement sur ses juifs, et leur ordonnait de n'avoir point d'autre Dieu que lui-même, fut assez généreux pour conférer à Moïse le privilège d'être la Divinité du Pharaon, le Monarque égyptien ( « Vois, je fais de toi un Dieu pour Pharaon, et Aaron... est ton prophète » Exode 7, 1), pourquoi les « païens » ne pourraient-ils pas choisir aussi leurs Dieux ?

Dès que nous croyons à l'existence de nos Ego, nous pouvons bien croire aux Dhyan-Chohans. Comme le dit Hare : « l'homme est un être mixte, fait d'un corps spirituel et d'un corps de chair ; les anges sont des purs Esprits, par suite plus près de Dieu, quoiqu'ils soient créés et finis à tous les points de vue, tandis que Dieu est infini et incréé » . Et si Dieu est cela. II n'est pas un « Être » , mais un Principe incorporel qui ne peut être anthropomorphisé sans blasphémer. Les Anges ou Dhyan-Chohans sont les « Êtres Vivants » ; et ce Principe est le « Soi-Existant » , la CAUSE éternelle et universelle de toutes causes, le noumène abstrait du « Fleuve de Vie » dont les vagues perpétuellement mouvantes créent les anges et les hommes, les premiers étant simplement des « hommes d'une espèce supérieure » comme le remarque intuitivement Young.

Les masses ont donc bien raison de croire à une pluralité de dieux ; et ce n'est pas encore parce qu'elles les appellent esprits, anges et démons, que les nations chrétiennes sont moins polythéistes que leurs sœurs païennes. Les vingt ou trente millions de spiritualistes et de spirites actuels prennent soin de leurs morts aussi jalousement que les Chinois ou Hindous modernes soignent leurs houen (12) bhûta et pisacha — les païens toutefois ne visant qu'à les empêcher de nuire dans les états post mortem.

Bien que ces dieux soient considérés comme « supérieurs à l'homme sous certains aspects » il ne faut pas en conclure que les potentialités latentes dans l'esprit humain soient inférieures à celles des deva. Les facultés de ces derniers ont un plus grand développement que celles de l'homme ordinaire, mais ce développement amène comme effet ultime d'en limiter l'expansion, tandis que l'esprit humain n'est pas sujet à cette limitation. Ce fait a été très bien symbolisé dans le Mahâbhârata par la victoire que gagne seul Arjuna, sous le nom de Nara (homme) contre toute la troupe des deva et des deva-yoni (les élémentaux inférieurs). Et nous trouvons une allusion au même pouvoir de l'homme dans la Bible, car St. Paul dit distinctement à son auditoire : « Ne savez-vous pas que vous jugerez des anges ? » (1, Cor. 6, 3) ; puis il parle du corps astral de l'homme, le sôma psuchikon, et du corps spirituel, le sôma pneumatikon, qui « n'a pas de chair ni d'os » , mais possède cependant une forme extérieure.

La hiérarchie des êtres appelés deva, et dont la variété est si grande qu'on ne peut essayer d'en donner une idée ici, est indiquée dans certains traités occultes. Il y a de hauts deva et des deva inférieurs, des Élémentaux supérieurs et d'autres bien en-dessous de l'homme et même de l'animal. Mais tous ont été, ou seront des hommes, et les premiers renaîtront sur des planètes supérieures et dans d'autres manvantara. Une chose encore peut être ajoutée. Les spirites ont souvent signalé la possibilité des communications entre les pitri, ou « nos ancêtres lunaires » et les mortels comme un argument prouvant que les hindous croient réellement aux « esprits » , et même les adorent. C'est là une grande erreur. Ce ne sont pas les pitri individuellement qu'on consulte jamais, mais leur Sagesse accumulée collective ; cette sagesse se montrant d'une façon mystique et allégorique sur la face éclairée de la lune.

Ce que les Brahmanes invoquent ce ne sont pas les « esprits » des ancêtres morts — la signification complète de ce terme se trouvant expliquée dans le Vol. 2 de The Secret Doctrine où est décrite la genèse de l'homme. L'esprit humain le plus développé déclarera toujours en quittant sa demeure d'argile : « nacha purarâvarti » — « je ne reviendrai pas » — et se placera ainsi au delà de l'atteinte de tout homme vivant. Mais pour faire comprendre parfaitement la nature des ancêtres « lunaires » , et leur rapport avec la « lune » , il faudrait révéler des secrets occultes qui ne sont pas destinés au public. Par conséquent, nous ne donnerons que les quelques suggestions qui suivent.

Un des noms de la lune, en sanskrit, est soma, qui signifie aussi comme on le sait, la boisson mystique des brahmanes, et ceci montre la relation existant entre les deux. Un « buveur de soma » acquiert le pouvoir de se mettre en rapport direct avec la face éclairée de la lune, retirant ainsi l'inspiration de l'énergie intellectuelle concentrée des ancêtres bénis. Cette « concentration » , et le fait que la lune soit un réservoir de cette Énergie, constituent le secret dont la signification ne peut être révélée au delà de la simple mention que la terre reçoit constamment une certaine influence émanant du côté brillant de l'astre.

Ce qui semble n'être qu'un seul courant (pour l'ignorant), est de nature double — un aspect donnant la vie et la sagesse, l'autre ayant une influence mortelle. Celui qui peut séparer le premier du second, comme Kalahamsa sépara le lait de l'eau qui y était mélangée, montrant ainsi sa grande sagesse — aura sa récompense. Le mot pitri signifie sans doute ancêtre ; mais ce que l'on invoque c'est la sagesse lunaire ésotérique, et non l' « ancêtre lunaire » . C'est cette Sagesse qui était invoquée par Qû-ta-my, le Chaldéen, dans l' « Agriculture Nabathéenne » , en décrivant « les révélations de la Lune » . Mais il y a l'autre aspect. Si la plupart des cérémonies religieuses brahmaniques sont liées à la pleine lune, les ténébreuses cérémonies des sorciers ont lieu à la nouvelle lune et au dernier quartier. Car analogiquement lorsque l'être humain perdu ou le sorcier, atteint la fin de sa carrière dépravée, tout le karma mauvais, et l'inspiration malfaisante descendent sur lui comme un noir incube d'iniquité du « côté obscur de la lune » qui est terra incognita pour la science, mais un domaine parfaitement exploré pour l'Adepte. Le sorcier, le dugpa qui accomplit toujours ses rites sataniques le jour de la nouvelle lune, quand l'influence bienfaisante des pitri est à son point le plus bas, cristallise un fragment de l'énergie satanique de ses prédécesseurs dans le mal, et l'emploie pour ses propres fins mauvaises ; tandis que le Brahmane, au contraire, poursuit une tâche bienfaisante en se servant de l'énergie qui lui est léguée par ses pitri... Tel est donc le vrai spiritisme dont l'essence a complètement échappé aux spirites modernes. Quand viendra le jour de la révélation totale, on verra que les soi-disant « superstitions » du brahmanisme, et des anciens païens en général, n'étaient que des sciences naturelles et psychiques, voilées aux yeux profanes des masses ignorantes — de crainte qu'elles n'en abusent pour des fins indignes — sous des allusions allégoriques et symboliques que la science moderne n'est pas arrivée à comprendre.

Nous maintenons donc qu'aucun théosophe n'a jamais cru à des « superstitions dégradantes » , et n'a jamais aidé à les répandre, plus que n'importe quelle autre société philosophique ou scientifique. La seule différence entre les « esprits » des autres sociétés, sectes et organismes, et les nôtres, gît dans la terminologie, et dans les affirmations dogmatiques au sujet de leur nature. En ceux que les millions de spirites appellent les « esprits des morts » , et en qui l'Eglise Romaine ne voit que les démons de l'Armée de Satan, nous ne reconnaissons ni l'un ni l'autre. Nous les appelons Dhyan-Chohans, deva, pitri, élémentaux, — élevés ou inférieurs — et voyons en eux les « dieux  » des Gentils, parfois imparfaits, jamais infaillibles. Chaque ordre a son nom, sa place, son rôle qui lui est assigné dans la nature ; et chaque groupe est le complément et le couronnement de sa propre sphère particulière, comme l'homme est le complément et le couronnement de son globe ; c'est-à-dire que chacun est une nécessité logique et naturelle du Cosmos.

NOTES

  • (l) Les urdhvasrota, les Dieux, appelés ainsi parce que la vue seule des aliments remplace pour eux l'absorption des mets ; « car il y a de la satisfaction à contempler seulement l'ambroisie » , dit le commentateur du Vishnu Purâna.
  • (2) L'ouvrage fut publié à Paris en 1670, et en 1675 l'auteur fut brutalement assassiné durant son voyage du Languedoc — son pays natal — à Lyon.
  • (3) « Les Sub-terrestres, ou les élémentaires de la Cabale » , Histoire des Esprits, éditée d'après le texte de l'Abbé de Villars, livre Physio-Astro-Mystique, où l'on affirme qu'il existe sur terre des êtres rationnels autres que l'homme. 1886 : Bath, Robert H. Fryer.
  • (4) Le sage comprend à demi-mot. {N.d.T.]
  • (5)  Nous parlons ici  des anciens statuts bien connus de la sorcellerie asiatique et de la démonologie européenne. La sorcière devait renoncer à son mari, le sorcier à ses droits maritaux sur sa femme humaine légitime, comme le dugpa renonce encore de nos jours aux relations avec des femmes vivantes, comme le fait aussi le sorcier du Vaudou de la Nouvelle Orléans, lorsqu'il est dans l'exercice de ses pouvoirs. Tout cabaliste est au courant de cela.
  • (6) Le cabaliste juif de Pologne et de Galicie appelle l'esprit femelle de Nergal à son aide pour lui infuser du pouvoir lorsqu'il veut se venger. Le sorcier musulman appelle une djini du sexe féminin ; un koldoon russe une sorcière décédée (vyedma). Le sorcier chinois a une houen à ses ordres dans sa maison. Les relations ci-dessus donnent, dit-on, des pouvoirs magiques et une force surnaturelle.
  • (7) « Les sub-terrestres, ou les élémentaires de la Cabale » avec un supplément illustré, d'après l'ouvrage « Démonologie » ou « Incubes et Succubes » par le Rév. Père Sinistrari d'Amando. La réponse donnée (p. 133) par un prétendu démon à Saint-Antoine, au sujet de la corporalité des incubes et des succubes, serait peut-être à sa place ici : « Le Saint-Antoine Béni » lui ayant demandé qui il était, le petit nain des bois lui répondit : « e suis un mortel, et l'un des habitants de la Solitude, que le peuple, dans ses erreurs multiples, adore sous le nom de faunes, satyres et incubes » , ou « esprits des morts » aurait pu ajouter cet Élémental, le véhicule de quelque élémentaire. Ceci est une narration de saint Jérôme qui y croyait fermement, comme nous y croyons aussi, en y apportant quelques rectifications.
  • (8) Les arguments et l'évidence apportés comme preuves à l'encontre de la philosophie d'Orient sont curieux. C'est là sans doute une bonne preuve que les Occultistes ont raison de dire que la plupart de ces « esprits » sont non seulement des esprits « menteurs » , mais de simples coques vides et dépourvues d'intelligence et ne semblant parler avec quelque bon sens qu'à l'aide du cerveau des auditeurs, et grâce à celui du médium qui sert d'agent de liaison et de coordination.
  • (9)  Monstre horrible et informe à qui la lumière a été enlevée. [N.d.T.]
  • (10) Privé de ses facultés mentales. [N.d.T.]
  • (11) « Et tu leur feras des culottes de toile pour couvrir leur nudité depuis les reins jusqu'aux cuisses » (Exode, 28, 42 et suite). Voici donc DIEU, lingère et tailleur !
  • (12) Les houen en Chine sont « la Seconde Âme, ou Vitalité humaine, le principe qui anime le fantôme » comme l'expliquent les missionnaires en Chine ; ou simplement l'astral. Toutefois le houen est aussi distinct de l' « Ancêtre » que le bhûta est distinct des pitri aux Indes.

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