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"Raja Yoga ou Occultisme", La Science de la Magie

Comme je séjournais à lthaca, où les journaux spirites en général, et The Banner of Light en particulier, sont très peu lus, mais où, heureusement. The Scientist trouve hospitalité dans quelques foyers, j'ai appris par votre journal que dans The Banner il y avait eu un éditorial contenant une attaque très érudite et d'un vif intérêt contre la « Magie » , ou plutôt contre ceux qui ont l'absurdité de croire en la Magie. Puisque les allusions qui me visent, tout au moins dans le passage que j'ai lu, sont très décemment voilées, et puisqu'il semble que seul le Colonel Olcott soit pour l'instant offert en pieux holocauste sur l'autel érigé en l'honneur du monde des anges par des spirites qui semblent terriblement sérieux, je dirai donc, abandonnant au dit Colonel le soin de se défendre lui-même, s'il le juge utile, quelques mots seulement au sujet de l'accusation sur la non-existence de la Magie.

Si je devais avancer la moindre idée de ma propre autorité et baser ma défense de la Magie uniquement sur ce que j'ai vu moi-même et que je sais être vrai au sujet de cette science, ayant résidé pendant de nombreuses années en Inde et en Afrique, je pourrais peut-être risquer de me faire traiter par M. Colby, avec cette politesse spiritualisée et sans préjugés qui distingue tellement le vénérable rédacteur de la revue The Banner of Light, « de femme irresponsable » — ce qui ne serait pas la première fois. Par conséquent, à son assertion étonnante énonçant que la Magie n'a jamais existé et n'existe pas dans ce monde, j'opposerai des autorités aussi bonnes que lui, peut-être même meilleures, et poliment j'entamerai la contradiction sur ce point particulier.

Les spiritualistes hétérodoxes, comme moi-même, doivent être prudents de nos jours, et procéder avec précaution, s'ils ne veulent pas être persécutés par la vengeance infatigable de cette armée puissante des « contrôles Indiens » et des « guides assortis » de notre brillant Summer-Land.

Quand l'auteur de l'éditorial dit qu'il pense « fort probable qu'il y a des esprits charlatans qui essaient d'égarer les aspirants à la connaissance occulte en leur donnant la notion qu'une chose comme la Magie existe » , je puis lui répondre aussi, qu'en ce qui me concerne, non seulement je le crois aussi probable, mais je suis parfaitement sûre et suis prête à déclarer sous serment que, plus d'une fois, des esprits de qualité très élémentaire ou très peu évolués, et qui se donnaient le nom de Théodore Parker, ont bel et bien égaré et irrespectueusement trompé comme des charlatans notre très estimé rédacteur de la revue The Banner of Light en lui inculquant la notion que les Apennins se trouvaient en Espagne.

J'irai plus loin, soutenue dans mes affirmations par des milliers de spiritualistes intelligents et généralement connus pour leur intégrité et leur loyauté. Je pourrais fournir des preuves innombrables et des exemples multiples où l'élémentaire du nom de Diakka, « Esrito malins et farfadeto » , ainsi que d'autres habitants du monde spirite de même espèce, ignorants et trompeurs, se parent de noms pompeux, célèbres et réputés, et se mettent subitement à débiter aux témoins effarés et confondus, de tels propos insipides, de telles fadaises inouïes, dégénérant rapidement en quelque chose de pire, que celui qui auparavant croyait fermement à la philosophie spirituelle part silencieusement sur la pointe des pieds. Et si par hasard c'est un ancien catholique romain, il cherche pieusement à se souvenir avec quelle main il avait l'habitude de faire le signe de la croix puis se sauve sur le champ en s'écriant « Vade Retro, Satanas ! » C'est là l'opinion de tout spiritualiste instruit.

Si cet Attila indomptable, persécuteur du spiritualisme moderne et des médiums, le Dr G. Beard a fait des remarques de ce genre sur la Magie, je n'en suis pas étonnée, car à vouloir faire avaler trop de couleuvres on crée généralement le meilleur antidote contre les spéculations mystiques et spirituelles. Mais pour un spiritualiste convaincu, qui croit aux mondes mystérieux et invisibles grouillant d'êtres dont la véritable nature est toujours un complet mystère pour tout le monde, le fait de contacter, puis de rejeter avec sarcasmes ce dont ont reconnu l'existence et en quoi ont cru pendant des âges incalculables des millions de personnes plus avisées que lui — est réellement par trop audacieux ! Et ce sceptique est tout simplement le rédacteur d'un important Journal spiritualiste ! Voilà un homme dont le premier devoir devrait être d'aider ses lecteurs à rechercher la vérité avec courage et persévérance, sous quelque forme que celle-ci se présente mais qui prend le risque d'entraîner dans l'erreur des milliers de personnes en les amenant à se fier à ses convictions personnelles « à l'eau de rose » et à sa crédulité ! Tout spiritualiste sérieux et consciencieux doit se trouver d'accord avec moi lorsque j'affirme que, si le spiritualisme moderne reste encore quelques années dans ses conditions actuelles d'anarchie chaotique, ou pis encore, si on le laisse poursuivre sa course folle au cours de laquelle il émet de tous côtés des hypothèses futiles basées sur des superstitions sans aucun fondement, alors les Drs Beard, Marvin et Cie..., connus pour être des scientifiques ( ? ) sceptiques, ne manqueront pas de triompher !

Vraiment, il semble que ce soit bien du temps perdu de répondre à des assertions ignorantes et ridicules comme celles qui m'obligent à prendre la plume. Tout spiritualiste bien avisé, lorsqu'il lit qu' « une science comme la Magie n'a jamais existé, n'a jamais été prouvée et n'existera jamais » , n'a pas besoin d'attendre ma réponse, ni celle d'aucun autre, pour hausser les épaules et sourire, comme il l'a probablement déjà fait devant les efforts que les esprits de M. Colby ont tentés pour réorganiser la géographie et placer les Apennins en Espagne.

Mais que diable ! n'avez-vous jamais ouvert d'autre livre de votre vie que vos histoires de Pierre, Paul et Jacques descendant des hautes sphères afin de rappeler à l'Oncle Sam qu'il avait déchiré ses guêtres ou cassé sa pipe dans le Far-West ?

Supposeriez-vous que la magie se confine à de simples histoires de sorcières chevauchant des manches à balais pour se transformer en chats noirs ? Même cette superstition idiote, qui n'a jamais été considérée comme un fait de Magie mais bien de sorcellerie, ne paraît pas une absurdité tellement inacceptable lorsqu'on croit fermement à la transfiguration de Mme Compton en Katie Brinks. Les lois de la nature sont inchangeables. Les conditions qui permettent à un médium d'être transformé et entièrement absorbé dans le processus par l'esprit au point de prendre l'apparence d'une autre personne agiront tout aussi bien s'il prend la fantaisie à cet esprit, ou plutôt à cette force, de revêtir l'aspect d'un chat.

L'exercice du pouvoir magique est l'exercice de pouvoirs naturels mais supérieurs aux fonctions ordinaires de la Nature. Un miracle n'est pas une violation des lois de la Nature, excepté du point de vue des ignorants. La Magie est simplement une Science, une connaissance profonde des forces occultes dans la Nature et des lois qui gouvernent le monde visible ou invisible. Entre les mains d'un Adepte, le spiritualisme devient de la Magie, car il connaît l'art d'allier ensemble les lois de l'univers sans enfreindre aucune d'elles et donc sans violer la Nature. Entre les mains d'un médium éprouvé, le spiritualisme devient de la sorcellerie inconsciente, car en se permettant de devenir un outil impuissant au service de divers esprits dont le médium ne connaît rien sauf ce que ces derniers veulent bien lui laisser percevoir, il ouvre sans le savoir une porte de communication entre les deux mondes, par où se précipitent les forces aveugles de la Nature contenues dans la lumière astrale, ainsi que les esprits bons et mauvais.

Des praticiens puissants du mesmérisme, profondément versés dans cette science, comme, par exemple, le Baron Du Potet, Regazzoni ou Pietro d'Amicis de Bologne, sont des magiciens dans la mesure où ils sont devenus des Adeptes, des Initiés dans le grand mystère de notre Mère Nature. Des hommes comme eux ou des Adeptes comme Mesmer et Cagliostro savent commander aux esprits et ne laissent pas leurs patients ni eux-mêmes tomber sous le contrôle des esprits. Entre leurs mains le spiritualisme est sans danger. En l'absence d'un Adepte expérimenté, il est toujours plus sage pour un médium, naturellement enclin à la clairvoyance, de se fier à sa bonne fortune et à sa chance et d'essayer de juger l'arbre à ses fruits. Les esprits mauvais communiquent rarement par l'intermédiaire d'une personne pure, vertueuse et bonne de nature. Il est encore plus rare que des esprits purs choisissent un canal impur. Ce qui se ressemble s'assemble.

Mais revenons à la Magie. Des hommes comme Albert le Grand, Raymond Lulle, Cornelius Agrippa, Paracelse, Robert Fludd, Eugène Philalèthe, Khunrath, Roger Bacon et d'autres semblables, sont généralement pris, dans notre siècle de scepticisme, pour des visionnaires. C'est là aussi le sort des spiritualistes modernes et des médiums, lesquels sont qualifiés — ce qui est plus grave — de charlatans et de poltrons. Par contre, jamais on ne prit les philosophes hermétiques pour des dupes ou des idiots, alors que, malheureusement pour nous et la cause, c'est ainsi que chaque sceptique nous considère, nous tous qui croyons au spiritualisme. De nos jours, il est permis de douter des hermétistes et des philosophes et de ne pas les croire — de toute façon ne doute-t-on pas de tout ? Pourtant, très peu de personnes du temps de ces philosophes doutèrent de leur connaissance et de leurs pouvoirs car ils étaient toujours capables de prouver ce qu'ils avançaient en exerçant leur puissance de commandement sur ces forces qui maintenant commandent les médiums impuissants. Ils s'appuyaient sur une science et une philosophie raisonnée pour rejeter toute négation ridicule, tandis que nous, spiritualistes sentimentaux, en nous berçant jusqu'à nous endormir avec nos lénifiantes sornettes, nous sommes incapables de discerner entre une supercherie et un phénomène authentique, et nous laissons tromper chaque jour par de vils charlatans. Et s'il arrivait que l'on doute alors de ces philosophes, comme on le fait aujourd'hui du spiritualisme, ils étaient cependant l'objet d'une crainte et d'un respect même de la part de ceux qui ne croyaient pas implicitement à leur puissance occulte, car ils étaient des géants d'intelligence. Une connaissance profonde alliée à des pouvoirs intellectuels hautement développés, s'attire toujours déférence et respect. Mais nos médiums et leurs partisans soulèvent le rire et la raillerie. Nous en sommes tous victimes parce que les phénomènes sont abandonnés aux caprices et fredaines d'esprits incontrôlés et nuisibles, et que nous sommes pratiquement dans l'impossibilité de les commander.

Mettre en doute la Magie, c'est, purement et simplement, réfuter l'Histoire sur une période couvrant plus de 4 000 ans, ainsi que les affirmations des témoins oculaires de ces périodes. En commençant par Homère, Moïse, Hermès, Hérodote, Cicéron ,Plutarque, Pythagore, Apollonius de Tyane, Simon le Magicien, Platon, Pausanias, Jamblique, et en continuant cette série interminable de grands hommes, historiens et philosophes, qui tous croyaient dans la Magie ou bien étaient eux-mêmes des Magiciens, puis en terminant avec nos auteurs modernes tels que W. Howitt, Ennemoser, G. des Mousseaux,le Marquis de Mirville et feu Éliphas Lévi qui fut lui-même un grand magicien, parmi tous ces grands noms et ces auteurs, nous ne trouvons que le seul et unique M  Colby, rédacteur de la revue The Banner of Light qui ignore qu'une science comme la Magie ait jamais pu exister. Il croit innocemment que l'armée sacrée entière des prophètes de la Bible, en commençant par le Père Abraham, le Christ y compris, n'étaient que de simples médiums. Selon M. Colby ils agissaient tous sous l'influence de « guides » ! Imaginez un peu le Christ, Moïse ou un Apollonius de Tyane, contrôlés par un « guide » Indien ! Le vénérable éditorialiste ignore-t-il peut-être que les médiums spirituels étaient mieux connus des anciens à cette époque qu'ils ne le sont de nos jours ? II semble également ignorer le fait que les sibylles inspirées, les pythonisses et autres médiums étaient guidés par leurs grands-prêtres et par ceux qui étaient initiés à la Théurgie ésotérique et aux mystères des temples. La Théurgie était de la Magie. Comme dans les temps modernes, les sibylles et les pythonisses étaient des médiums, mais leurs grands-prêtres étaient des magiciens. Ceux-ci possédaient tous les secrets de leur théologie, Magie incluse, c'est-à-dire l'art d'évoquer les esprits-guides. Ils possédaient la science permettant de discerner les esprits, science que M. Colby ne possède absolument pas, à son grand regret sans doute. Grâce à ce pouvoir, ils contrôlaient les esprits à volonté, ne permettant qu'aux bons d'absorber leurs médiums. Voilà l'explication de la Magie, la Magie Sacrée, Blanche, la seule réelle qui soit. Magie qui devrait être en possession de la Science maintenant et qui pourrait l'être si celle-ci avait seulement su s'enrichir des leçons que le spiritisme, pendant ces vingt-sept dernières années, lui a enseignées par induction. Voilà la raison pour laquelle, dans l'antiquité, on ne permettait pas aux esprits inférieurs de faire des communications sans valeur. Les oracles des sibylles et des prêtresses inspirées n'auraient jamais pu affirmer qu'Athènes était une ville de l'Inde ou déplacer le Mont Ararat jusqu'en Égypte.

Enfin, si le sceptique auteur de l'article avait consacré moins de temps aux petits potins des esprits indiens et davantage à des études enrichissantes, il aurait pu apprendre aussi que les anciens avaient leurs médiums illégaux. Je veux dire par là, ceux qui n'appartenaient à aucun temple spécial. Les esprits qui les contrôlaient, sans l'aide experte du magicien, avaient toute liberté d'action et pouvaient accomplir toutes les fantaisies grâces aux instruments médiumniques passifs. On considérait les médiums de ce genre comme des obsédés et des possédés. Et c'est bien ce qu'ils étaient, en fait, en d'autres termes, pour employer la phraséologie Biblique, « ils étaient possédés par sept démons ». Par la suite, on condamna à mort ces médiums, car l'intolérant Moïse, le magicien qui tenait sa sagesse de l'Égypte, avait dit : « Tu ne laisseras pas vivre une sorcière. » (1) Par contre, les Égyptiens et les Grecs, plus humains et plus justes que Moïse, les prenaient dans leurs temples et lorsqu'ils les jugeaient impropres aux devoirs sacrés de la prophétie, ils les guérissaient comme Jésus-Christ le fit pour Marie de Magdala, et pour bien d'autres, en « chassant les sept démons » . Ou bien, M. Colby et Cie doivent nier complètement les miracles du Christ, des Apôtres, des Prophètes, des Thaumaturges et des Magiciens, et nier totalement le moindre fragment de l'histoire sacrée et profane, ou bien il doit avouer qu'un Pouvoir existe dans ce monde, susceptible de commander les esprits — au moins ceux qui sont mauvais et non-évolués, les élémentaires et Diakka. Les esprits purs, désincarnés, ne descendront jamais jusqu'à notre sphère à moins d'être attirés par un courant puissant de sympathie et d'amour, ou à moins d'avoir quelque mission utile à accomplir.

Loin de moi l'idée de jeter la réprobation et le ridicule sur tous les médiums. Je suis moi-même spiritualiste, si, comme le dit le Colonel Olcott, un spiritualiste est un être qui a une ferme croyance dans l'immortalité de notre esprit, avec la connaissance de la possibilité constante qui existe pour nous de communiquer avec les esprits de nos êtres bien-aimés disparus, soit par le canal de médiums purs et honnêtes, soit par le moyen de la Science Secrète ; mais je n'appartiens pas à la classe des spiritualistes fanatiques que l'on peut trouver dans tous les pays, qui acceptent aveuglément les déclarations de tous les « esprits » , car j'ai vu trop de phénomènes variés, qu'on ne soupçonne même pas en Amérique. Je sais que la Magie existe vraiment, et 10.000 rédacteurs de journaux spirites ne peuvent modifier ma conviction sur ce que je connais. Il y a une Magie Blanche et une Magie Noire. Tous ceux qui ont voyagé en Orient et pris la peine de faire des investigations ne peuvent en douter. Ma foi étant bien établie, je suis par conséquent toujours prête à soutenir et à protéger tous les médiums honnêtes, voire même, exceptionnellement un médium qui pourrait paraître malhonnête, car je sais trop bien combien de tels médiums demeurent des instruments soumis et passifs, victimes de l'influence d'êtres invisibles inférieurs. De plus, je connais l'étendue de la malveillance et de la méchanceté des élémentaires et je sais jusqu'où ils peuvent inspirer non seulement un médium sensitif mais aussi bien n'importe qui. Bien que je puisse être une « femme irresponsable » , en dépit du tort causé aux spiritualistes sérieux par certains médiums, leur mauvaise foi, leur étroitesse de vue et leur sentimentalité spirituelle, je ne crains pas d'affirmer que, généralement, je suis assez prompte à détecter quand un médium triche sous une influence extérieure, ou consciemment.

La Magie existe. Elle existe même depuis les âges préhistoriques. Elle apparaît dans l'histoire avec les Mystères de Samothrace et elle poursuit sa course ininterrompue jusqu'au moment où elle s'arrête quelque temps avec la fin des rites théurgiques et les cérémonies de la Grèce christianisée. Puis elle reparaît pendant un certain temps avec l'École néoplatonicienne d'Alexandrie, pour se transférer par initiation à différents chercheurs et philosophes solitaires ; traversant ainsi saine et sauve l'époque médiévale malgré les furieuses persécutions de l'Église, elle revient à l'honneur entre les mains d'Adeptes comme Paracelse et d'autres encore, pour expirer finalement en Europe avec le Comte de Saint-Germain et Cagliostro et chercher refuge loin du cœur glacé du scepticisme, dans sa mère patrie de l'Orient.

En Inde, la Magie n'est jamais morte. Elle y fleurit autant qu'autrefois. Pratiquée comme dans l'Egypte antique, dans l'enceinte secrète des temples, la Magie fut et reste encore celle que l'on appelle « la Science Sacrée » . Car il s'agit véritablement d'une Science basée sur les forces occultes de la Nature. Il ne s'agit en aucune manière de croyance aveugle dans les récits de perroquets de ces élémentaires rusés, toujours prêts à empêcher par tous les moyens toute communication entre les vrais esprits désincarnés et leurs êtres chers.

Il y a quelque temps, un certain M. Mendenhall consacra plusieurs colonnes du Religio-Philosophical Journal à une somme de raisonnements spécieux, critiquant la mystérieuse Fraternité de Louxor. Il fit une tentative infructueuse en vue de forcer la Fraternité en question à lui répondre et lui révéler le mot de l'énigme.

Pour ma part, je puis satisfaire M. Mendenhall. La Fraternité de Louxor est une des branches de la Grande Loge dont je suis membre. Si ce monsieur doute le moins du monde de mon assertion — ce dont je suis bien certaine — il peut écrire, s'il le désire, à Lahore pour se renseigner. Si, par hasard, le Comité des Sept est assez impoli pour le laisser sans réponse et refuse de lui communiquer les renseignements demandés, je puis alors lui offrir un petit arrangement. Autant que je m'en souvienne, M. Mendenhall a deux femmes dans le monde des esprits. Ces deux dames se matérialisent chez M. Mott et entretiennent souvent de très longues conversations avec leur époux. C'est du moins, ce que nous a souvent raconté ce dernier, et sous sa propre signature, ajoutant qu'il n'a aucun doute sur l'identité des dits esprits. S'il en est ainsi, je propose qu'une de ces dames défuntes dise à M. Mendenhall le nom de cette Branche de la Grande Loge à laquelle j'appartiens. Pour des esprits désincarnés, authentiques et réels, si toutes deux sont ce qu'elles prétendent être, quoi de plus facile à faire ? Elles n'ont qu'à questionner d'autres esprits, lire dans mes pensées, etc... Pour une entité désincarnée, un esprit immortel, c'est banalement enfantin. Alors, si ce monsieur, à qui je lance mon défi sans avoir le plaisir de le connaître, me dit le nom exact de la Branche, nom bien connu de trois messieurs à New York qui sont des néophytes acceptés de notre Loge, je fais le serment de lui communiquer le renseignement exact concernant cette Fraternité. Et celle-ci n'est pas composée d'esprits, comme il pourrait le penser, mais de mortels vivants. De plus, s'il le désire, je le mettrai en communication directe avec la Loge, comme je l'ai déjà fait pour d'autres personnes. Mais il me semble que M. Mendenhall va me répondre qu'un tel nom ne peut être donné correctement par les esprits pour la raison qu'il ne se trouve au monde aucune Loge ou Branche de ce genre ; et de cette façon il pourra clore la discussion.

NOTE

(1)  Exode, 22, 17 (N. d. T).

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