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"Raja Yoga ou Occultisme", Esprits Chinois

Les notes qui suivent ont été prises en partie dans un ancien ouvrage d'un missionnaire français qui vécut en Chine pendant plus de quarante ans ; d'autres proviennent d'un ouvrage inédit très curieux dû à un Américain qui prêta aimablement ses notes à l'auteur ; d'autres encore viennent de renseignements donnés par l'Abbé Huc au Chevalier des Mousseaux et au Marquis de Mirville — et, de celles-ci, ces deux messieurs sont responsables. Toutefois, la plupart de nos faits proviennent d'un Chinois qui résida pendant quelques années en Europe.

L'homme, selon les Chinois, se compose de quatre substances-racines et de trois « apparences » acquises. C'est là la tradition occulte universelle et magique, datant de la plus haute antiquité et ayant son origine dans la nuit des temps. Un poète latin montre que la même source d'information était connue dans son pays, lorsqu'il déclare que :

Bis duo sunt homines ; manes, caro, spiritus, umbra ;
Quatuor ista loca bis duo suscipiunt.
Terra tegit carnem, tumulum circumvolat umbra,
Orcus habet manes, spiritus astra petit. (1)

Le fantôme connu et décrit dans l'Empire Céleste est tout à fait orthodoxe selon les enseignements occultes, bien qu'il existe diverses théories en Chine à son sujet.

L'âme humaine, dit le principal enseignement (celui du temple), aide l'homme à devenir une créature rationnelle et intelligente, mais elle n'est ni simple (homogène) ni spirituelle ; c'est un composé de tout ce qui est subtil dans la matière. Cette « âme » est divisée par sa nature et ses actions en deux parties principales : le LING et le HOUEN. Le ling est le mieux adapté des deux aux opérations spirituelles et intellectuelles et possède un ling « supérieur » ou une âme au-dessus de lui qui est divine. En outre, de l'union du ling inférieur et du houen se forme, durant la vie de l'homme, un troisième être mixte, apte à la fois aux processus intellectuels et physiques, au bien et au mal, tandis que le houen est entièrement mauvais. Ainsi, nous avons en ces deux « substances » quatre principes, qui correspondent, comme il est évident, à notre Buddhi, le ling divin « supérieur » , à Manas, le ling inférieur, dont le jumeau, le houen représente kâmarûpa — le corps des passions, des désirs et du mal ; et enfin, dans l' « être mixte » , le résultat ou la progéniture à la fois du ling et du houen nous avons le « mâyâvi » , ou corps astral.

Puis, vient la définition de la troisième substance-racine. Celle-ci est attachée au corps uniquement pendant la vie, le corps étant la quatrième substance, ou matière pure ; et après la mort de celui-ci, se séparant du cadavre — mais non avant sa dissolution complète — elle se dissipe dans l'air comme une ombre, avec la dernière particule de substance qui la généra. Ceci est bien entendu prâna, le principe de vie ou forme vitale. Quand l'homme meurt, voici ce qui se passe : le ling « supérieur » monte vers le ciel — nirvâna, le paradis d'Amitabha, ou toute autre région de béatitude, suivant la secte respective de chaque Chinois — transporté par l'Esprit du Dragon de Sagesse (le septième principe) ; le corps et son principe disparaissent graduellement et sont annihilés ; restent le ling-houen et « l'être mixte » . Si l'homme a été bon, l' « être mixte » disparaît aussi après un certain temps ; s'il a été mauvais, et entièrement sous l'emprise du houen, le principe absolument mauvais, alors ce dernier transforme son « être mixte » en koueïs, ce qui correspond à l'idée catholique d'une âme damnée (2) — et, en lui infusant une vitalité et un pouvoir terribles, le koueïs devient l'alter ego et l'instrument du houen dans l'accomplissement de tous ses actes mauvais. Le houen et le koueïs s'unissent en une entité ténébreuse mais puissante, et peuvent, en se séparant à volonté et en agissant en deux endroits différents en même temps, faire beaucoup de mal.

Le koueïs est une anima damnata selon les bons missionnaires, qui transforment ainsi les milliards de chinois décédés « non-baptisés » en une armée de démons qui, si l'on considère qu'ils sont d'une substance matérielle, devraient, à l'heure actuelle, occuper l'espace entre notre terre et la lune et se sentir aussi à l'aise que des harengs serrés étroitement dans une boîte de conserve. « Les koueïs étant naturellement mauvais » , dit le Mémoire, « font tout le mal qu'ils peuvent. Ils tiennent le milieu entre l'homme et la brute et possèdent les facultés des deux. Ils ont tous les vices de l'homme et tous les instincts dangereux de l'animal. Condamnés à ne pas s'élever plus haut que notre atmosphère, ils s'agglomèrent autour des tombes et dans le voisinage des mines, des marécages, des égouts et des abattoirs, partout où se trouvent pourriture et décomposition. Les émanations de ce genre sont leur nourriture favorite, et c'est avec l'aide de ces éléments et de ces atomes, et des vapeurs émanant des cadavres, qu'ils se modèlent des corps visibles et fantastiques pour tromper et effrayer les hommes. Ces malheureux esprits aux corps illusoires cherchent sans cesse les moyens d'empêcher les hommes d'obtenir le salut (lisez : d'être baptisés)... et de les obliger à être damnés comme eux. » (p. 222. Mémoires concernant l'histoire, les sciences, les arts, les mœurs, etc. des Chinois par les Missionnaires de Pékin, 1791) (3).

Voici comment notre vieil ami l'Abbé Huc, le lazariste, défroqué pour avoir montré l'origine de certains rites catholiques romains dans ceux du Tibet et de la Chine, décrit le « houen » . « Ce qu'est le houen, est une question à laquelle il est difficile de donner une réponse claire... C'est, si vous voulez, quelque chose de vague, quelque chose entre un esprit, un génie et la vitalité » . (Voir le Voyage en Chine de l'Abbé Huc, Vol. II, p. 394). Il semble considérer le houen comme l'agent futur dans l'opération de la résurrection qu'il effectuera en attirant à lui la substance atomique du corps, qui sera ainsi reconstitué au jour de la résurrection. Ceci répond assez bien à l'idée chrétienne d'un corps et d'une seule personnalité devant être ressuscités. Mais si le houen doit unir, ce jour-là les atomes de tous les corps par lesquels la Monade a passé, et qu'elle a habités, alors même cette « créature très rusée » pourrait ne pas être tout à fait à la hauteur de la tâche. Toutefois, comme lorsque le ling est plongé dans la félicité, son ex-houen est laissé en arrière pour errer et souffrir, il est évident que le houen et l' « élémentaire » sont identiques. Comme il est également indéniable que, si l'homme désincarné avait la faculté d'être en même temps en devachan et en kâma loka, d'où il pourrait nous revenir, et faire une apparition occasionnelle dans une séance spirite ou ailleurs, alors l'homme — comme le prouvent le ling et le houen — posséderait la double faculté de ressentir en même temps et d'une façon distincte deux contraires : la béatitude et la torture. Les anciens comprenaient si bien l'absurdité de cette théorie, sachant qu'aucune félicité absolue n'était possible s'il s'y mêlait la plus petite parcelle de souffrance, que, tout en supposant que l'Ego supérieur d'Homère se trouvait dans l'Élysée, ils montraient que l'Homère pleurant près de l'Achérusie n'était que le simulacrum du poète, son image vide et trompeuse, ou ce que nous appelons la « coque de la fausse personnalité » (4).

Il n'y a qu'un seul Ego réel en chaque homme, et il doit nécessairement être soit dans un endroit, soit dans un autre, dans la félicité ou la douleur (5).

Le houen, pour revenir à ce sujet, est, dit-on, la terreur des hommes ; en Chine, « cet horrible spectre » trouble les vivants, pénètre dans les maisons et les objets fermés, et prend possession des gens, comme il est prouvé que les « esprits » le font en Europe et en Amérique — les houen d'enfants étant encore plus maléfiques que les houen d'adultes. Cette croyance est si forte chez les Chinois que lorsqu'ils veulent se débarrasser d'un enfant, ils le transportent bien loin de sa maison, espérant par là dérouter le houen et l'empêcher de retrouver son chemin.

Comme le houen est la réplique fluide ou gazeuse du corps défunt, les experts en médecine judiciaire l'emploient dans les cas de meurtres présumés, afin de connaître la vérité. Les formules employées pour évoquer le houen d'une personne qui meurt dans des circonstances suspectes sont officiellement admises, et ces moyens sont fréquemment employés, selon Huc, qui a dit à des Mousseaux (voir Les Médiateurs de la Magie, p. 310) que le magistrat instructeur, après avoir récité l'évocation au-dessus du cadavre, employait du vinaigre mêlé à certains ingrédients mystérieux, comme pourrait le faire tout autre nécromancien. Quand le houen paraît, c'est toujours sous la forme de l'image de la victime telle qu'elle était au moment de sa mort. Si le corps a été brûlé avant l'enquête judiciaire, le houen reproduit, sur son corps, les blessures ou lésions que reçut l'homme assassiné : le crime est alors prouvé, et la justice en prend note. Les livres sacrés des temples contiennent les formules complètes de telles évocations, et même le nom du meurtrier peut être obtenu de force du houen complaisant. En ceci du moins les Chinois furent suivis par les nations chrétiennes. Au Moyen Âge, le meurtrier présumé était placé par les juges devant sa victime et si, à ce moment, le sang commençait à couler des blessures ouvertes, c'était un signe certain que l'accusé était le criminel. Cette croyance survit encore de nos jours en France, en Allemagne, en Russie et dans toutes les contrées slaves. « Les blessures d'un homme assassiné se rouvriront à l'approche de son meurtrier » , dit un ouvrage de jurisprudence (Binsfeld, De Conf. Malef. p.136).

« Le houen ne peut jamais être enfoui sous terre, ni noyé ; il voyage au-dessus du sol et préfère rester à la maison. »

Dans la province de Ho-Nan, l'enseignement change. Delaplace, un évêque de Chine (6), raconte sur les « Chinois païens » les histoires les plus extraordinaires à ce sujet. « Chaque homme, disent-ils, possède en lui trois houen. À la mort, un des houen s'incarne dans un corps qu'il se choisit ; un autre reste dans la famille et auprès d'elle, et devient le dieu lare ; et le troisième veille sur la tombe où repose son corps. On brûle des papiers et de l'encens en l'honneur de ce dernier houen, comme sacrifice aux mânes ; le houen domestique élit domicile dans les tablettes-archives de la famille parmi les caractères gravés, et on lui offre aussi des sacrifices ; des hiangs (bâtonnets d'encens) sont brûlés en son honneur et des repas funéraires sont préparés pour lui ; dans ce cas, les deux houens se tiendront tranquilles » — si ce sont des houens d'adultes, nota bene.

Puis vient une série d'histoires fantastiques. Si nous lisons toute la littérature de la magie depuis Homère jusqu'à Du Potet, nous trouvons partout la même affirmation : l'homme est un composé triple, et ésotériquement un septuple formé du mental, de la raison et d'un eïdolon, et ces trois sont un (pendant la vie). « J'appelle idole de l'âme ce pouvoir qui vivifie et gouverne le corps, d'où découlent les sens, et par lequel l'âme manifeste la force des sens et NOURRIT UN CORPS DANS UN AUTRE CORPS. » (Magie Dévoilée, Du Potet, p. 250).

«Triplex unicuique homini dæmon, bonus est proprius custos », a dit Cornelius Agrippa, à qui Du Potet emprunta l'idée de l' « idole de l'âme » . Car Cornelius dit « Anima humana constat mente, ratione et idolo. Mens illuminat rationem ; ratio fluit in idolum ; idolum autem animæ est supra naturam quæ corporis et animæ quodam modo nodus est. Dico autem animæ idolum, potentiam illam VIVICATIVAM et rectricem corporis sensuum originem, per quam... alit in corpore corpus » (7). (De Occulta Philos. pp. 357, 358).

C'est bien là le houen de la Chine, si nous le débarrassons de ce qui s'y ajoute de superstition et de fantaisie populaire. Néanmoins, la remarque suivante d'un Brahmane, faite dans la revue, sous le titre « La chute d'une Idole » (Theosophist, sept. 1886, p.793) — que l'auteur l'ait écrite sérieusement ou non — est bien vraie : « si les règles (des proportions mathématiques et des mesures) ne sont pas fidèlement suivies dans tous les détails, une idole est susceptible d'être possédée par quelque puissant esprit mauvais » . Et, en envisageant les choses comme une loi morale de la nature — contrepartie de la loi mathématique — si les règles de l'harmonie dans le monde des causes et des effets ne sont pas observées pendant la vie, notre idole intérieure est tout aussi susceptible de devenir un démon malfaisant (bhüta), et d'être possédée par d'autres esprits du « mal » que nous appelons « élémentaires » , quoiqu'ils soient considérés presque comme des dieux par des sentimentaux ignorants.

Pour celui qui veut étudier les lois occultes et la philosophie ésotérique, il y a une longue route et une grande marge entre ces auteurs et ceux qui, comme Des Mousseaux et De Mirville, ont écrit des volumes — toute une bibliothèque ! — pour prouver qu'à l'exception de quelques apparitions bibliques et de celles dont furent favorisés les saints chrétiens et les bons catholiques, il n'apparut jamais un fantôme, un revenant, un esprit ou un « dieu » qui ne fut un ferouer, un imposteur, un usurpateur — Satan, en un mot, sous l'un de ses déguisements. « Un dieu qui mange et boit, reçoit sacrifices et honneurs, ne peut être qu'un esprit mauvais » , arguë De Mirville. « Les corps des esprits mauvais qui furent des anges ont été souillés par leur chute et participent des qualités d'un air plus dense » (éther ? ), enseigne Des Mousseaux (Le Monde Magique, p. 287). « Et c'est là la raison de leur appétit quand ils dévorent les repas funéraires que les Chinois leur servent pour se les rendre propices ; ce sont des démons » .

Si nous nous tournons vers l'origine présumée du judaïsme et de la nation israélite, nous voyons des anges de lumière faire exactement de même — si « un bon appétit » est un signe de nature satanique. Et c'est le même Des Mousseaux qui, inconsciemment, se tend un piège à lui-même et à sa religion. « Voyez » , s'exclame-t-il, « les anges de Dieu descendre sous les arbres verts près de la tente d'Abraham. Ils mangent avec appétit le pain et la viande, le beurre et le lait préparés pour eux par le patriarche » (Gen. 18, 2 et suiv.) Abraham prépara tout un « veau tendre et délicieux » et « ils mangèrent » (7-8) ; et il fit cuire des gâteaux et apporta en outre du lait et du beurre. Leur « appétit » était-il plus divin que celui d'un « John King » qui boit du thé au rhum et mange des toasts dans la chambre d'un médium anglais, ou que l'appétit d'un houen chinois ?

L'Église a le pouvoir du discernement, nous assure-t-on ; elle connaît la différence entre les trois, et les juge par leurs corps. Voyons un peu. « Ceux-ci (ceux de la Bible) sont des vrais esprits purs » . Des anges, sans aucun doute (certes) prétend Des Mousseaux. « Leurs corps sont de ceux qui pourraient sans doute, en se dilatant, en vertu de l'extrême ténuité de la substance, devenir transparents, puis se fondre, se dissoudre, perdre leur couleur, devenir de moins en moins visibles, et finalement disparaître à nos yeux. » (p.388.)

Mais on nous assure qu'un « John King » peut faire de même, et un houen de Pékin aussi sans doute. Qui ou quoi peut alors nous enseigner la différence, si nous n'étudions pas la preuve ininterrompue que nous apportent les classiques et les théurgistes, et si nous négligeons les Sciences occultes ?
Table des matières

NOTES

  • (1) Deux fois doubles sont les hommes : mânes, chair, esprit, ombre ;
    Quatre lieux recueillent cette double dualité :
    La terre recouvre la chair, l'ombre vole autour de la tombe,
    Le dieu des enfers est maître des mânes et l'esprit monte vers les astres. [N. d. T.].
  • (2) La partie spirituelle du ling devient chen (divine et sanctifiée après la mort, pour se transformer en hien, un saint parfait (un nirvâni lorsqu'il est entièrement uni aux « Dragons de Sagesse » ).
  • (3) Selon les doctrines de magie les plus anciennes, la mort violente et l'exposition du corps à l'air, au lieu de le brûler ou de l'enterrer, troublent et font souffrir son astral (linga sharîra), qui ne meurt qu'à la dissolution de la dernière particule de la matière qui composait le corps. La sorcellerie ou magie noire, dit-on, s'est toujours servie de cette connaissance pour des buts nécromantiques et coupables. « Les sorciers offrent aux âmes en peine des restes d'animaux en décomposition, pour les forcer à apparaître » (Voir Porphyre, Des sacrifices). St. Athanase fut accusé de pratiquer l'art noir, pour avoir conservé la main de l'Êvêque Arsénuis en vue d'opérations magiques. « Patet quod animæ illæ quæ, post mortem, adhuc, relicta corpora diligunt, quemadmodum animæ sepultura carentium, et adhuc in turbido illo humidoque spiritu (le corps spirituel ou fluide, le houen) circa cadavera sua oberrant, tanquam circa cognatum aliquod eos alliciens »* etc. Voir Cornélius Agrippa, De Occulta Philosophia, pp.354-355 ; Le Fantôme humain, par Des Mousseaux. Homère et Horace ont décrit, bien des fois, de telles évocations. Dans l'Inde, cela est pratiqué encore de nos jours par certains tantrika. Ainsi, la sorcellerie moderne, comme la magie blanche, l'occultisme, le spiritisme avec leurs branches du mesmérisme, de l'hypnotisme, etc., prouvent que leurs doctrines et leurs méthodes se rattachent à celles de la plus haute antiquité, puisque les mêmes idées, croyances et pratiques se retrouvent maintenant comme dans l'ancien Aryâvarta, en Égypte et en Chine, en Grèce et à Rome. Lisez le traité, minutieux et véridique quant aux faits, quoique erroné quant aux conclusions de l'auteur, écrit par P. Thyrée, Loca Infesta, et vous verrez que les endroits les plus favorables pour les évocations des esprits sont ceux où fut commis un crime, les lieux de sépultures, les endroits abandonnés, etc...
    * « II est connu que les âmes qui, après le décès, conservent une affinité pour le corps qu'elles ont abandonné, ainsi que celles des morts privés de sépulture, demeurent enfermées dans cet esprit trouble et humide (c'est-à-dire le corps spirituel ou fluide, le houen) et rôdent autour de leur cadavre comme autour de quelque chose d'intimement apparenté qui les attire. » [N.d T.].
  • (4) Voir De Natura Rerum I, 1, de Lucrèce, qui l'appelle un « simulacrum » .
  • (5) Bien que l'Antiquité (comme la philosophie ésotérique) semble diviser l'âme en âme divine et en âme animale, anima divina et anima bruta, la première appelée noûs et la seconde phren, cependant, les deux ne sont que l'aspect double d'une unité. Diogène Laërce (De Vit. Clar. Vir. 1, 8,30) présente la croyance commune que l'âme animale phren — généralement le diaphragme — réside dans l'estomac, Diogène appelant l'anima bruta, thumos. Pythagore et Platon font aussi la même division, appelant l'âme divine ou rationnelle logon, et l'irrationnelle, alogon. Empédocle donne aux hommes et aux animaux une âme double, mais non deux âmes, comme on le croit. Les théosophes et Occultistes divisent l'homme en sept principes, et parlent d'une âme divine et d'une âme animale ; mais ils ajoutent que l'Esprit étant un et indivisible, toutes ces « âmes » et principes ne sont que ses aspects. L'Esprit seul est immortel, infini et est l'unique réalité, le reste n'est qu'erreur et illusion éphémère et temporaire. Des Mousseaux est furieux contre feu le Baron Du Potet qui place un « esprit » intelligent en chacun de nos organes, simplement parce qu'il est incapable de saisir l'idée du Baron.
  • (6) Annales de la Propagation de la Foi, N°1 43, juillet 1852.
  • (7) « Chaque homme possède un génie triple qui est son bon gardien particulier » a dit Cornelius Agrippa, à qui Du Potet emprunta l'idée de l' « idole de l'âme » . Car Cornelius dit : « L'âme humaine a comme constituants l'intelligence, la raison et l'idole*. L'intelligence illumine la raison ; la raison se répand dans l'idole ; quant à elle, l'idole de l'âme est au-dessus de l'élément qui, en quelque sorte, relie le corps à l'âme. J'affirme en effet que l'idole de l'âme est ce pouvoir VIVIFIANT et directeur du corps, la source des sens, qui lui permet d'entretenir un corps dans le corps. »
    * Le mot latin idolum (qui correspond au grec eidolon) a classiquement le sens de spectre ou d'image.[N. d. T.].

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