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"Cinq Messages", Message 3

Le Troisième Message
1890

Ce Message fut lu au Congrès Américain d'avril 1890 par Bertrand Keigthley d'après des notes prises sous la dictée de Madame Blavatsky, elle-même étant à ce moment-là trop souffrante pour écrire. Tous les autres Messages que nous publions furent écrits de sa main ; le texte de tous les Messages est extrait des Rapports officiels des Congrès de la Section Américaine de la Société Théosophique. (Note des Éditeurs.)

Frères Théosophes et collaboteurs,

Le nouveau cycle qui vient de s'ouvrir pour la Théosophie commence déjà à porter ses fruits. Le progrès accompli par le Mouvement durant l'année dernière est plus important qu'il ne l'a jamais été auparavant, mais, pour encourageant qu'il soit, il nous rappelle aussi que le temps de la moisson approche rapidement, pour être bientôt suivi de l'hiver, avec ses bourrasques et ses tempêtes. Aussi, tout en vous félicitant, vous tous, mes collaborateurs sérieux et actifs dans notre noble cause, et en particulier mon cher Collègue, W.Q. Judge, je vous conjure de redoubler vos efforts plutôt que de les relâcher.

En jetant un coup d'œil en arrière sur l'année écoulée, voyez tout ce qui fut accompli grâce à la force de l'union et du dévouement désintéressé au travail. En 1888-89 six nouvelles Branches seulement avaient été créées en Amérique, alors que l'an passé, ce sont quinze autres Branches qui ont été fondées, tandis que le nombre des membres de la Société augmentait même plus rapidement en proportion. Mais ce qui est encore plus important c'est le net changement d'esprit qui s'est manifesté parmi les membres vis-à-vis de la Société et de son travail. Les signes révélateurs n'en font pas défaut. Il a été déployé plus de véritable activité théosophique, d'efforts en vue d'aider les autres, au cours des douze derniers mois, que dans n'importe quelle autre année de l'histoire de la Société en Occident. Certains symptômes sensibles, qui pourtant ne se manifestent que graduellement, nous permettent de dire que ses membres sortent enfin de leur apathie, et se mettent sérieusement à la tâche pour pratiquer le premier principe de la vraie Théosophie — LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE. Ils s'éveillent peu à peu au devoir d'aider les autres, comme eux-mêmes ont été aidés, en mettant à la portée de tous une connaissance des vérités vivifiantes de la Théosophie. Le système d'expédition de brochures par la poste reçoit une aide croissante, de nouveaux travailleurs s'offrent volontairement, et les fonds commencent à entrer, ce qui permet de poursuivre l'œuvre avec une efficacité et une ardeur accrues. Les Branches de la Côte du Pacifique ont donné l'exemple en entreprenant cette tâche comme un travail de Branche, d'une manière systématique et organisée, et leurs membres méritent toutes louanges pour leur noble et sérieux dévouement. Toute ma gratitude s'adresse aussi aux nombreux membres fidèles et sincères d'Amérique qui ont répondu si noblement et si généreusement à mon appel d'aide pour continuer la publication de Lucifer. Je leur envoie personnellement, à chacun et à tous, mes remerciements les plus cordiaux; le fruit de leurs efforts se manifestera dans le développement futur de la revue.

L'an passé, l'Angleterre a vu grandir et s'étendre avec rapidité la Société et son travail. Notre cause a gagné deux adhérents nobles et dévoués, dont les noms s'étaient fait connaître, depuis de longues années, en raison de toute sorte d'efforts entrepris pour apporter une aide réelle à l'humanité souffrante — Annie Besant et Herbert Burrows. En leurs personnes, notre mouvement en Occident s'est enrichi d'interprètes de valeur, tant par la plume que par la parole. Ils comblent, dans une certaine mesure, le besoin si urgent, éprouvé depuis si longtemps, de conférenciers capables d'exposer devant de larges auditoires la Théosophie sous son vrai jour; et, pour ma part, je suis spécialement et grandement redevable à Annie Besant, pour l'aide et le concours inestimables qu'elle m'apporte dans la direction de Lucifer.

De nouvelles Branches se sont formées ici au cours des douze mois écoulés. Un grand nombre de membres se sont joints à nos rangs, et l'accroissement de l'intérêt général pour la Théosophie est prouvé par le changement de ton dans la Presse, et la fréquence des lettres et articles qui traitent de la Théosophie. Si grand est l'accroissement d'intérêt à Londres que nous nous voyons obligés de construire une vaste salle au nouveau Quartier Général où nous emménagerons en août, pour y tenir les réunions hebdomadaires de la Blavatsky Lodge, étant donné que notre ancien local est beaucoup trop petit pour accueillir le nombre de visiteurs intéressés qui assistent aux réunions.

Le séjour prolongé du Colonel Olcott en Angleterre a été d'une grande aide pour notre travail. Sa tournée de conférences en Angleterre et en Irlande a amené la création de plusieurs Branches nouvelles, et son exemple ainsi que son influence ont fait beaucoup de bien sous tous les rapports. Sa présence a été pour moi un grand plaisir, une grande satisfaction, et la force réunie des « Deux Fondateurs » , une fois de plus côte à côte, s'est fait sentir dans tous les domaines de notre travail. C'est avec un profond regret que je l'ai vu partir pour l'Inde, sans passer par l'Amérique comme il l'avait promis ; mais la Société en Orient a le plus grand besoin de sa présence, et la mort de M. Powell a rendu impératif son retour immédiat. Bien que n'ayant pas connu personnellement M. Powell, je ne puis manquer de payer un tribut de reconnaissance émue à sa mémoire, pour le travail admirable qu'il a accompli pour la Société, et la noblesse de son complet sacrifice pour le service de l'Humanité. Le Colonel Olcott était accompagné, lors de son retour en Inde, de deux membres de notre groupe de travailleurs d'Angleterre : M. Bowles Daly et M. E.D. Fawcett. Leur présence à Adyar sera, j'en suis sûre, précieuse à mon cher collègue, notre Président-Fondateur.

Une bonne partie de ces résultats est due à la force nouvelle, et surtout à l'accroissement de l'esprit de solidarité, que l'organisation de la Section Ésotérique a permis d'infuser à la S.T. Aux Membres de cette Section je dis : Voyez et rendez-vous compte des grands résultats qui peuvent être atteints par ceux qui prennent réellement leur tâche au sérieux et s'unissent d'une manière altruiste pour travailler pour l'humanité. Que le résultat de cette année vous montre, d'une manière indubitable, la lourde responsabilité qui repose sur vous, non seulement vis-à-vis de la Société, mais envers toute l'humanité. Ne relâchez donc pas un seul instant vos efforts, rapprochez-vous chaque jour épaule contre épaule ; dressez-vous comme un seul homme, quoi qu'il arrive, beau temps ou tempête, et la victoire de la cause à laquelle vous vous êtes liés par un serment sera chose certaine. Luttant ainsi à l'unisson avec votre Soi supérieur, vos efforts devront être et seront porteurs de bons fruits pour la Société, pour vous-mêmes, pour l'humanité. Les années qui viennent feront apparaître une croissance saine et constante, une organisation forte et unie, un instrument durable, sûr et efficace, tout prêt entre les mains des Maîtres. Dès que vous serez unis dans une solidarité réelle, dans un véritable esprit de Fraternité Universelle, nul pouvoir ne pourra vous renverser, nul obstacle n'arrêtera vos progrès, nulle barrière n'entravera la marche en avant de la Théosophie dans le siècle prochain.

Mais assez parlé du passé. Puisse l'encouragement que nous retirons de l'examen des résultats obtenus durant l'année écoulée servir à nous inciter à un travail encore plus grand et des efforts encore plus énergiques. Que tous en retirent le sentiment qu'il existe derrière la Société un pouvoir qui nous donnera la force dont nous avons besoin, qui nous rendra capables de soulever le monde si seulement nous voulons ÊTRE UNIS ET TRAVAILLER comme une seule tête, comme un seul cœur. Tout ce que les Maîtres demandent c'est que chacun fasse de son mieux et, par-dessus tout, que chacun s'efforce réellement de se sentir un avec ses compagnons de travail. Ce qu'il faut ce n'est pas un accord froid sur des questions intellectuelles, ni une entente unanime — du reste impossible — sur tous les détails du travail, mais une dévotion réelle, cordiale et sérieuse à notre cause qui conduira chacun à aider son frère à travailler de toutes ses forces pour cette cause, que nous soyons d'accord ou non quant à la méthode exacte d'exécution. Le seul homme qui ait absolument tort dans sa méthode est celui qui ne fait rien. Chacun peut et devrait coopérer avec tous, et tous avec chacun, dans un esprit de large et cordiale camaraderie, pour aider à la diffusion de la Théosophie et la mettre à la portée de tout homme et de toute femme de son pays.

Regardons devant nous, et non en arrière. Que nous apportera l'année prochaine ? Mais tout d'abord un mot d'avertissement. Au fur et à mesure que se poursuit la préparation du nouveau cycle et qu'apparaissent les avant-coureurs de la nouvelle sous-race sur le continent américain, les pouvoirs psychiques et occultes de l'homme, qui étaient latents, commencent à germer et à se développer. De là l'extension rapide de mouvements tels que la « Christian Science » , la Cure Mentale, les Guérisons Métaphysiques, les Guérisons Spirituelles, et ainsi de suite. Tous ces mouvements ne sont autres que des manifestations différentes de l'exercice de ces pouvoirs grandissants, encore mal compris et, pour cette raison, bien trop souvent mal employés par ignorance. Comprenez une fois pour toutes, qu'il n'y a rien de « spirituel » ou de « divin » dans aucune de ces manifestations. Les guérisons qu'elles accomplissent sont dues simplement à un exercice inconscient de pouvoir occulte sur les plans inférieurs de la nature — habituellement à la mise en œuvre du prana ou des courants vitaux. Les théories contradictoires de toutes ces écoles sont basées sur des principes métaphysiques mal compris et mal appliqués, souvent sur des fictions d'apparence logique mais grossièrement absurdes. Cependant, le trait commun de la plupart d'entre eux, trait qui présente le plus grand danger dans le proche avenir, est le suivant : dans presque tous les cas, la nature des enseignements de ces écoles consiste à conduire les individus à considérer le processus de guérison comme s'appliquant au mental du patient. C'est là que gît le danger, car tous ces procédés — pour habilement déguisés qu'ils soient sous des belles paroles, et travestis sous des faux nez — consistent simplement à exercer une influence psychologique sur le patient, d'une manière ou d'une autre. En d'autres termes, dès que le guérisseur interfère, consciemment ou inconsciemment, avec la libre action mentale de la personne qu'il traite, c'est de la magie noire. Déjà ces prétendues sciences de « l'Art de Guérir » se transforment en gagne-pain ; bientôt quelqu'un de rusé découvrira qu'il est possible, par le même procédé, d'influencer le mental d'autrui dans des sens multiples : une fois qu'il aura cédé au motif égoïste du gain personnel et de l'appât de l'argent, celui qui, au début, n'était qu'un « guérisseur » pourra bien être conduit insensiblement à user de son pouvoir pour acquérir fortune ou tout autre objet de ses désirs.

C'est là un des dangers du nouveau cycle, énormément aggravé par la pression de la compétition et de la lutte pour l'existence. Heureusement, de nouvelles tendances se manifestent aussi et contribuent à transformer en altruisme la base égoïste de la vie des hommes. Le Mouvement Nationaliste (*) est une application de la Théosophie. Mais rappelez-vous tous que, si le Nationalisme est une application de la Théosophie, c'est cette dernière qui doit toujours, à vos yeux, passer avant tout. La Théosophie est en vérité la vie, l'esprit intérieur qui fait de toute vraie réforme une réalité vitale, car la Théosophie est la Fraternité Universelle, le fondement même, comme aussi la clef de voûte de tous les mouvements visant à l'amélioration de notre condition.

Ce que j'ai dit l'an passé est aussi vrai aujourd'hui : l'Éthique de la Théosophie a plus d'importance que toutes les divulgations de lois et de faits psychiques. Ces derniers ont trait entièrement à la partie matérielle et éphémère de l'homme septuple, mais l'Éthique pénètre en profondeur pour toucher l'homme réel : l'Ego qui se réincarne. Extérieurement, nous sommes les créatures d'un seul jour; intérieurement, nous sommes éternels. Apprenez donc bien les doctrines de Karma et de Réincarnation ; enseignez, pratiquez, promulguez le système de vie et de pensée qui seul peut sauver les races futures. Ne travaillez pas simplement pour la Société Théosophique, mais par elle pour l'Humanité.

Puisse la Théosophie devenir de plus en plus un pouvoir vivant dans la vie de chacun de nos membres, et puisse l'année à venir être encore plus riche que celle qui vient de s'écouler, en bon travail et en progrès salutaire. Tel est le vœu de votre humble collaboratrice et co-associée.

Note

(*) Mouvement né aux États-Unis avec Edward Bellamy, auteur d'un livre célèbre, publié en 1888 : Looking Backward (traduit en français sous le titre : Cent ans après). Largement inspiré par l'idéal de la fraternité entre les hommes et de l'égalité économique et sociale, il préconisait la nationalisation de certaines institutions, d'où le mot Nationalisme — qui pourrait prêter à confusion. Les « Clubs Nationalistes » furent d'abord soutenus par les théosophes américains mais perdirent l'appui de ces derniers (en 1890) lorsqu'ils se furent impliqués dans le domaine politique. (N.d.T.)

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