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"Cinq Messages", Préface

H.P. BLAVATSKY

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Table de matières

  • - Préface
  • - Premier message
  • - Second message
  • - Troisième message
  • - Quatrième message
  • - Dernier message

Préface à l'édition française

Bien qu'ils aient été adressés aux membres de la Section américaine de la Société Théosophique, ces Cinq Messages sont d'un intérêt majeur, non seulement pour les théosophes du monde entier, mais aussi pour tous ceux qui veulent approfondir l'histoire du mouvement théosophique.

L'époque même de leur rédaction est capitale. Mme Blavatsky arrive à la fin de sa vie ; elle sait que ses jours sont comptés, et que la Société qu'elle a fondée affronte une phase difficile de sa croissance, en abordant le troisième cycle de 7 ans de son expérience. Au fil du texte, elle analyse les progrès accomplis par la S.T. aux États-Unis, sous la vigoureuse impulsion de W.Q. Judge ; mais elle note aussi, sous les apparences réconfortantes, les points faibles de l'organisation humaine. Ses avertissements sont prophétiques.

L'entreprise du Mouvement théosophique avait des chances de réussir : vouée au service de la plus noble des Causes — l'éveil de l'humanité à sa propre grandeur et la création d'un noyau de Fraternité Universelle dans le monde — la Société Théosophique pouvait compter sur la force de l'idéal qu'elle servait et sur l'aide des Maîtres de Sagesse qui étaient ses véritables fondateurs. Cependant, nombreux étaient les obstacles sur sa route. H.P. Blavatsky les a énumérés dans ses Messages, en soulignant les plus insidieux — ceux-là mêmes qui vouent d'avance à l'échec tous les efforts d'un groupe d'individus, même bien intentionnés : l'orgueil, la vanité, le sectarisme, en un mot toutes les faiblesses de la nature humaine qui tendent à opposer les hommes entre eux et à briser leur entente.

À maintes reprises, H.P.B. a insisté sur l'indispensable esprit de tolérance et de fraternité entre les théosophes. Elle n'a pas fait mystère de ce que l'un des buts de la Section Ésotérique — fondée en 1888 — était de regrouper les membres les plus actifs et conscients de leurs devoirs, décidés à travailler sous sa direction, dans un esprit de service et de solidarité, pour la défense de la Cause de la Théosophie.

L'époque qui va de 1888 à la mort de Mme Blavatsky, le 8 mai 1891 — 3 semaines seulement après les deux derniers Messages — est aussi capitale pour les théosophes, du fait qu'ils disposent désormais d'incomparables sources d'information pour approfondir la Théosophie, grâce à la publication de la Doctrine Secrète (1888), de la Clef de la Théosophie (1889) et de la Voix du Silence (la même année). Également précieuse est la revue Lucifer, publiée à Londres par H.P.B., parallèlement à la revue The Path, dirigée par Judge — et chaudement approuvée par Mme Blavatsky.

Aveu significatif, H.P.B. révèle dans son 4ème Message que la revue Lucifer est pour elle « le seul moyen de communication absolument libre avec les théosophes du monde entier». Allusion discrète, mais claire, à une décevante réalité : une certaine méfiance d'une fraction des membres de la S.T. à l'égard de celle qu'ils auraient dû reconnaître comme leur véritable chef spirituel. Souvent préoccupés de « jouer un rôle » , ou de faire triompher leurs propres points de vue, ils mettaient leur Société en danger de devenir une secte parmi d'autres, en instituant une papauté, assise sur des dogmes, et soumise aux volontés de personnalités humaines, rivalisant pour le pouvoir temporel.

Ce risque, Mme Blavatsky l'avait dénoncé dès son ler Message, en termes précis et dépourvus d'équivoque, tout en proposant les remèdes préventifs : « Nous sommes tous des compagnons d'étude, plus ou moins avancés ; mais aucun membre de la S.T. ne peut prétendre être plus qu'un instructeur-élève ayant le moindre droit de dogmatiser. » Hélas ! ces avertissements ne seraient guère entendus, comme l'avenir allait le prouver.

Fondée en 1875, avec des objectifs très larges, la Société Théosophique apparaissait maintenant, à l'époque de ces Messages, avec un relief nouveau (*) : elle avait été destinée à servir d'instrument pour œuvrer au salut de l'humanité, non seulement par l'exemple, l'abnégation et l'esprit d'entreprise de ses membres, mais aussi, dans une grande mesure, par la force des vérités propagées, dont tous les hommes avaient besoin pour guider leur vie et changer leur univers.

Ces vérités avaient nom Théosophie : elle seule pouvait sauver le monde du matérialisme dégradant où il était menacé de tomber, avec l'essor de la science et la chute des religions. D'où cet appel pressant du 4ème Message : « Soyez Théosophes, travaillez pour la Théosophie ! À tous moments, que la Théosophie occupe votre pensée... »

Les membres de la S.T. avaient maintenant sous les yeux tous les enseignements nécessaires, que Mme Blavatsky complétait au fil des années dans Lucifer. D'ailleurs, leur en fallait-il plus pour se mettre à l'ouvrage ? Les hommes ne devaient-ils pas déjà assimiler la masse de connaissances qu'on leur offrait avant d'espérer en recevoir davantage ?

À cette période critique de la fin du XIXème siècle, où l'intérêt se portait sur les phénomènes psychiques — appelés maintenant « parapsychologiques » — et où beaucoup d'individus se découvraient des « pouvoirs », ou espéraient en développer en s'affiliant à la S.T., H.P.B. a précisé maintes fois : l'Éthique de la Théosophie est bien plus importante que toutes les divulgations de lois et de faits psychiques, et d'autres détails occultes. La S.T. n'a pas été fondée pour être une serre chaude d'occultistes, mais dans l'espoir de former un noyau d'hommes et de femmes lucides, unis par un même idéal d'altruisme, et résolus à faire de la Théosophie un pouvoir vivant dans leur vie.

Le psychisme n'a rien à voir avec la véritable spiritualité : avec ses attraits faciles, il reste un mirage dangereux s'il n'est pas maîtrisé, et mis au service d'autrui, par un individu absolument pur ; il n'intéresse encore qu'une partie matérielle et éphémère de l'être, tandis que l'Éthique que les théosophes devraient pratiquer « pénètre en profondeur pour toucher l'homme réel : l'Ego qui se réincarne » .

Dans le 4ème Message, Mme Blavatsky met spécialement en garde ses compagnons américains au sujet des pouvoirs psychiques qui risquent de se développer trop vite chez eux, avant qu'ils n'aient réalisé l'importance et l'enjeu de la vie spirituelle.

L'Occultisme des Maîtres de Sagesse est la véritable Alchimie spirituelle : tous les hommes ne peuvent être des occultistes, mais tous peuvent chercher à comprendre et mettre en pratique la Théosophie. Cet avis de Mme Blavatsky était aussi celui de W.Q. Judge, qu'elle a publiquement appelé « mon plus vieil ami et collaborateur »

À ceux qui pouvaient douter de la valeur de W.Q. Judge, et de sa place dans la S.T., le dernier Message fait entendre la voix de celle qui, mieux que personne, connaissait l'histoire cachée du mouvement théosophique. « L'honneur doit être rendu là où l'honneur est dû » ...

Cette ultime déclaration de Mme Blavatsky avant sa mort n'était-elle pas un évident encouragement aux théosophes à unir de plus en plus leurs efforts à ceux de Judge qui avait su si bien développer la S.T. en Amérique, dans un esprit d'indépendance et de non-sectarisme, pour lui permettre de remplir sa mission d'éveil et de service de l'humanité ? Est-il possible de douter que Mme Blavatsky ait eu une vision claire de ce qui attendait le monde théosophique lorsqu'il serait laissé aux seuls soins de ses membres : les luttes d'influence, les attaques contre Judge, les ravages du psychisme sous le couvert de visions spirituelles, et tout ce qui allait diviser les rangs des théosophes et leur faire perdre de vue le premier but de la S.T. — la Fraternité Universelle ?

Pourtant, tout avait été annoncé, les dangers prévus, les remèdes détaillés, avec toutes les raisons d'espérer, de tenir bon.

Avec le recul du temps, ces Cinq Messages de Mme Blavatsky apparaissent comme un testament spirituel, ou, si l'on préfère, comme les derniers conseils d'une Grande Aînée clairvoyante, adressés à des frères et sœurs qu'elle devait bientôt laisser à leur tâche, pour qu'ils deviennent adultes à leur tour — mais en qui elle avait mis toute sa confiance.

En notre fin de siècle, la grande marée des forces psychiques et spirituelles est revenue, comme l'avait laissé entendre H.P.B. Elle submerge notre monde en pleine mutation qui s'interroge dans un climat de recherche ardente mais aussi de grande confusion. De toutes parts, s'élève la voix des prophètes de l'ère nouvelle, mais c'est encore bien souvent pour pousser les hommes à l'acquisition de pouvoirs psychiques, ou au développement de leur personnalité égoïste, tout en leur promettant le progrès spirituel — voire le salut collectif par l'intervention miraculeuse de quelque guide providentiel.

Après cent ans d'expériences et d'épreuves, les théosophes se trouvent aujourd'hui devant un grand défi à relever d'urgence : celui d'unir leurs forces afin de porter partout la lumière de la Théosophie, dans sa pureté originelle, en répondant ainsi à l'attente de l'humanité qui en a plus que jamais besoin, pour éviter les pièges des faux prophètes et éclairer sa route en cette période critique.

Mme Blavatsky avait prévu cette grande crise de conscience que traverse notre civilisation : ses messages restent d'une brûlante actualité en définissant clairement et simplement les lignes essentielles de l'entreprise théosophique.

Les Éditeurs.

Note

(*) Le titre complet de la Clef de la Théosophie comporte des mots particulièrement révélateurs : « Exposé clair, sous forme de questions et de réponses, de l'Éthique, de la Science et de la Philosophie, pour l'étude desquelles la Société Théosophique fut fondée » . II s'agit évidemment de la Théosophie. Ainsi, bien que la S.T. n'ait eu aucune doctrine officielle, à laquelle chacun dût adhérer pour devenir membre, il devenait évident que l'enseignement de la Théosophie, désormais largement présenté au public, devait servir de guide pour inspirer l'action des théosophes, et trouver dans la S.T. un instrument actif pour sa propagation dans le monde.

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