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"La Voix du Silence", Glossaire

Dans cette partie sont réunis la majorité des mots de l'ouvrage dont le sens appelle certaines précisions, soit qu'ils appartiennent à un vocabulaire oriental spécialisé ou bien qu'ils renvoient à des notions propres à l'enseignement de la Théosophie. Les définitions et explications fournies ne sont pas exhaustives, mais plutôt indicatives, une compréhension approfondie du texte nécessitant non seulement une maîtrise suffisante des doctrines bouddhiques (qui ne peuvent être détaillées ici) mais aussi un minimum de connaissance des vues théosophiques sur l'homme intérieur et sa destinée spirituelle. Pour une étude documentée de ce dernier sujet, se reporter à la bibliographie à la fin du livre. Pour chaque entrée, sont indiqués : 

  1. Le mot expliqué : s'il est d'origine orientale, sa lecture dans l'orthographe normalisée adoptée est proche de la prononciation usuelle. Pour les termes chinois, écrits selon la romanisation Wade, la forme moderne (Pin-Yin) est ajoutée entre crochets. De même, pour les mots tibétains, la translittération du terme d'origine (entre crochets) complète son écriture usuelle en français, si elle diffère de celle-ci.
  2. Sa source, en abrégé : sanskrit (skt), pâli (pâli), chinois (chi), tibétain (tib) et japonais (jap).
  3. Son domaine particulier d'utilisation : hindouisme (H), bouddhisme (B), Théosophie (T).

Dans le cours du texte, un astérisque placé après un mot renvoie à une entrée correspondante du Glossaire.

Pour la prononciation approximative des termes orientaux (dont la transcription a été simplifiée au maximum) on tiendra compte des quelques indications suivantes :

  • - e se lit é (padme = padmé)
  • - u se lit ou (guru = gourou)
  • - ch se lit tch (chakra = tchakra)
  • - j se lit dj (dorje = dor-djé)
  • - g est toujours dur (gîtâ = guîtâ)
  • - h est toujours aspiré

et on distingue voyelles brèves (a, i, u) et longues (â, î, û).

Ouvrages cités et abréviations employées :

l) Sources théosophiques :

  • H.P. Blavatsky, Theosophical Glossary (T.G.) ; The Secret Doctrine (S.D.).
  • Revue The Theosophist (Theos.).

2) Livres d'orientalistes contemporains de H.P.B. :

  • S. Beal, A Catena of Buddhist Scriptures (Cat), Londres, Trübner, 1871.
  • J. Edkins, Chinese Buddhism (C.B.), Londres, Trübner, 1879.
  • E. J. Eitel, Hand-book for the Student of Chinese Buddhism (H.C.B.), Londres, Trübner, 1870.
  • R. Spence Hardy, Eastem Monachism (E.M.), Londres, Partridge & Okay, 1850; Manual of Buddhism (M.B.), Londres, 1880.
  • T. W. Rhys Davids, Buddhism (B.), Londres, Soc. for Promoting Christian Knowledge, 1878.
  • E. Schlagintweit, Buddhism in Tibet, Londres, 1863, trad. Le Bouddhisme au Tibet (B.T.), Paris, Annales du musée Guimet, 1881.

Documents consultés (dictionnaires, lexiques et études sur le bouddhisme) :

  • A Sanskrit-English Dictionary, sir Monier Monier-Williams (1899), nouvelle édition: Oxford University Press, 1951.
  • Pâli-English Dictionary, T.W. Rhys Davids & W. Stede, Londres, The Pali Text Society, rééd. 1986.
  • Vocabulaire pâli-français des termes bouddhiques, Paris, Adyar, 1961.
  • A Tibetan-English Dictionary, Sarat Chandra Das, Delhi, Motilal Banarsidass, rééd. 1983.
  • Dictionnaire français de la langue chinoise, Institut Ricci, Paris, rééd. 1986.
  • The Encyclopedia of Eastern Philosophy & Religion, Boston, Shambhala, 1989.
  • A Survey of Buddhism, Bhikshu Sangharakshita, Bangalore. The Indian Inst. of WorId Culture, 1957.

 

A. B. C. D. E. F. G. H. I. J. K. L. M. N. O. P. Q. R. S. T. U. V. W. X. Y. Z

A (↓ lettre suivante)

Abhijñâ (skt) B. De la racine abhijñâ : reconnaître, percevoir. Mot désignant les pouvoirs paranormaux (cf. : siddhi*) acquis par la pratique du quadruple dhyâna*. Voir T.G. (abhijñâ).

Adepte - T. En latin alchimique, Adeptus : qui a atteint, ou obtenu le Grand Œuvre. En Occultisme, désigne celui qui est parvenu au stade de l'Initiation, un Maître dans la science de la philosophie ésotérique (T.G.).

Âdibuddha (skt) B, T. « Bouddha primordial » , ou suprême. Ce n'est pas un être mais un Principe de Sagesse (Bodhi*), éternel et inconditionné, dont la Présence s'exprime dans la chaîne spirituelle qui va des Dhyânibuddha* aux Maîtres spirituels incarnés. « La Lumière Éternelle » ( T.G.). Voir Vajradhara*. Cf. S.D.I, 571.

Ahamkâra (skt) H. Conscience du Je, comme identité individuelle, donnant lieu dans la personnalité incarnée au sens du Moi (ou ego inférieur), qui se perçoit comme une entité unique et permanente face au reste du monde. D'où le « sentiment de séparativité » (cf. Lumière sur le Sentier p. 12) et la croyance illusoire à la personnalité* (sakkâyaditthi*).

« Ainsi ai-je entendu » - B. Formule employée par Ânanda, l'un des grands disciples du Bouddha, en consignant l'enseignement du Maître ; elle figure en tête des sûtra du Canon bouddhique.

Ajñâna (skt) H. Non-connaissance, absence de sagesse due aux multiples illusions entretenues sur l'univers des apparences, et à la non-perception du monde de l'Esprit.

Âkâsha (skt) H, T. Mot signifiant à la fois l'espace tout pénétrant et l'essence subtile (le cinquième élément) qui remplit l'univers entier (cf. Bhagavad-Gîtâ* XIII, 32). L'éther, auquel on l'identifie souvent, n'en est que la manifestation inférieure. Son attribut est le son (skt : shabda) qui renvoie à la notion de Verbe, ou Logos, ou encore de divine résonance, qui pénètre et soutient en permanence la vie du cosmos entier. Sous l'angle de l'énergie, ou de la vibration, spirituelle, l'âkâsha intervient comme agent indispensable dans toute opération magique ou expérience mystique. En un sens, ce pouvoir universel s'exprime comme kundalinî*, « l'électricité occulte, l'alkahest des alchimistes, ou le solvant universel » (T.G.). L'hindouisme emploie aussi âkâsha pour désigner l'espace secret du cœur.

Akshara (skt) H. Impérissable, inaltérable. Nom donné au Soi (ou Purusha) suprême, non manifesté et immuable, perçu comme « Seigneur » (Îshvara) de l'univers, qui demeure dans le cœur de toute créature (cf. B. Gîtâ XV, 17-18 et Mundaka Upanishad II, l, l, 2). Atteindre cet Akshara c'est réaliser l'omniscience (Gîtâ XV, 19). Ce mot désigne aussi la syllabe mystique AU M*.

Âlaya (skt) B, T. Littéralement : réceptacle, ou asile. H.P.B. l'emploie au sens d'Âme Universelle, Âme du Monde* ou Sur-Âme. Étemelle et inchangeable dans son essence ultime, cette « Grande Âme » devient « la base de chaque chose visible et invisible » et « se reflète dans chaque objet de l'univers, " comme la lune dans une eau claire et tranquille "  » (cf. S.D. l, 47 et seq.). Âlaya considéré comme « Mère du Monde » , ou « Mère universelle » est à rapprocher d'âkâsha* dans son sens mystique. Également, comme base ou racine de toute chose, Âlaya correspond à la substance primordiale (mûlaprakriti) du cosmos ( T .G.). Pour tout homme, Âlaya représente le pôle spirituel de sa vie intérieure, le Maître* par excellence, qui constitue finalement, de façon effective, « le Soi d'un Adepte* avancé » (S.D. l, 49).

Âme - T. Les multiples significations de ce mot (qu'il ne faut pas confondre) renvoient aux diverses manifestations (plus ou moins altérées dans l'homme) du grand pouvoir de Conscience et de Vie qui anime le cosmos - l'Âme du Monde* ou Âlaya*. Dans l'être incamé, on peut distinguer l'âme animale (produit des pulsions et instincts animaux) et l'âme humaine (expression conjuguée du désir - kâma - et du mental cérébral - manas* inférieur) essentiellement dominée par le sens du Moi (ahamkâra*). Mais la Voix du Silence s'adresse à la partie noble et généreuse de cette âme humaine, ouverte aux influences intérieures de l'Esprit, et appelée à prendre en main sa destinée divine ; cet aspect de l'âme est symbolisé dans la Bhagavad-Gîtâ* par le héros Arjuna. Pour Âme-diamant, voir Vajrasattva*.

Âme du monde - T. En latin : Anima Mundi. C'est l'Âlaya* des bouddhistes du Nord. Il est dit que chaque âme humaine est née « en se détachant de l'Anima Mundi » , ce qui ésotériquement signifie que notre Ego* supérieur est fondamentalement d'une nature identique à cette essence divine qui, dans sa transcendance, apparaît comme une radiation de l'Absolu à jamais inconnaissable (T.G.). Cf. S.D. Il, 571, où l'aspect le plus élevé de l'Anima Mundi est identifié au second Logos, ou Vajrasattva*.

Amitâbha (skt) B. Littéralement : lumière infinie. Epithète souvent associée à Amitâyus ( «  infinie longévité » = « Âge sans borne » ) pour qualifier un Bouddha très populaire dans le bouddhisme du Nord qui règne sur un paradis de légende appelé en sanskrit Sukhâvatî (= l'Heureuse) et en tibétain Devachan*. Le très miséricordieux Bouddha Amitâbha, objet d'une grande vénération populaire, est une anthropomorphisation de « la conception originelle de l'idéal d'une divine lumière impersonnelle » (T.G.), et le paradis d'Amitâbha n'est pas un lieu mais une sphère d'expérience de conscience. Cf. S.D. I, 108, où Amitâbha est le Dhyânibuddha* manifesté dans le Bouddha Gautama, son « Dieu » intérieur.

Amrita (skt) H. Non-mort, immortalité. Également, l'élixir de vie qui confère l'immortalité.

Anâgâmin (skt) B. « Celui qui ne reviendra plus » dans le monde des sens et du désir - le troisième stade du Quadruple Sentier* conduisant à la libération de tous les liens.

Anâhata shabda (skt) H. « Un son (shabda) non frappé, non produit par percussion. » Cette expérience intérieure de perception sonore est souvent signalée dans les traités mystiques (voir Jnâneshvarî VI, 274) mais elle doit être transcendée. Ce terme (ainsi que l'expression voisine anahâta nâda) désigne aussi le son AUM. L'épithète anâhata qualifie en outre le chakra (ou foyer occulte) du cœur qui est activé par kundalinî* dans la méditation du disciple.

Antahkarana (skt) H, T. En hindouisme : « l'organe interne » , siège de la psyché humaine avec les facultés mentales, (manas*, buddhi*) et ahamkâra*. Pour la Théosophie, c'est en quelque sorte le pont établi pendant la durée de la vie entre l'Ego divin et la personnalité incarnée. Il sert demoyen de communication entre le Manas* supérieur et l'inférieur (actif dans l'homme terrestre) en permettant l'expression dans l'âme humaine de la voix de l'intuition, et l'enregistrement dans la sphère de l'Ego permanent des impressions et pensées de nature noble et universelle, susceptibles d'être assimilées par l'entité immortelle (T.G.). En élevant sa conscience vers le pôle divin, le disciple tend à supprimer la distance qui l'en sépare (en « détruisant » ainsi, symboliquement, le pont d'antahkarana par l'effet de cette communion). Ceci ne doit pas être confondu avec la rupture dramatique de ce lien vital entre la personnalité et son Ego profond, qui survient chez l'homme entièrement dépravé.

Arahatta (pâl) B. L'état ou la condition d'arahant. Arahattamagga est le  « sentier d'arahatta » qui mène à cette réalisation.

Âranyaka (skt) H. Du mot aranya : lieu distant, désert, forêt (où se retirent les ermites). Âryanaka désigne : a) un ermite des forêts et b) une classe d'écrits philosophiques et religieux (cf. Brihadâranyaka Upanishad).

Arbre de Bodhi - B. Voir Bodhi* et Bodhgâya*.

Ardhamâtrâ (skt) H. La moitié (ardha) d'une mesure de prosodie (mâtrâ), en particulier d'une courte syllabe. Dans un article (Theos., nov. 1889, p. 121), l'ardhamâtrâ est identifiée au « son qui est la fin de la prononciation de la syllabe AUM* » .

Arhat (skt) B. Pâli : arahant, cingalais : rahat, chinois : lohan. Littéralement : « méritant » (à ne pas confondre avec ârya, « noble » ). En bouddhisme hînayâna : celui qui a atteint le quatrième stade du Quadruple Sentier* ; libéré des chaînes du désir, il a gagné le niveau du nirvâna*. Nom souvent donné aux grands dignitaires du bouddhisme. L'arhat (du hînayâna) est parfois opposé au bodhisattva* (du mahâyâna) qui renonce au fruit du nirvâna, mais H.P.B. ne fait pas cette différence. Elle en parle parfois comme d'un « initié aux mystères ésotériques » (T.G.). Quoi qu'il en soit, l'arhat possède la maîtrise de grands pouvoirs paranormaux.

Ârya (skt) H, B. Adjectif signifiant : noble, honorable et, socialement, un « Aryen » de l'Inde. En bouddhisme, le terme pâli ariya (également : ayira et ayya) est très fréquent pour qualifier l'excellence d'une chose ou d'un individu, p. ex. : l'ariyapuggala est un « être noble » , attentif aux quatre « Nobles Vérités » (ariyasacca) et qui parcourt le quadruple « Noble Sentier » (ariyamagga).

Aryasamgha (skt) B. Pâli : ariyasangha. Mot désignant a) la communion des « Nobles » , l'ensemble des membres du samgha*, et b) le fondateur de l'École yogâchâra*. Dans le Theos. Glossary, H.P.B. en fait « un Arhat, disciple direct de Gautama le Bouddha » , donc très antérieur au christianisme. Ses écrits n'ont jamais été rendus publics ou, du moins, ce qui en fut répandu plus tard a été plus ou moins altéré par des mélanges de shivaisme et de tantrisme. Il ne faudrait donc pas confondre « cet Adepte pré-chrétien, fondateur d'une école ésotérique » de pur bouddhisme (cf. S.D., l, 49 note) avec un autre personnage du même nom (voir les Orientalistes contemporains de H.P.B.) qui aurait vécu bien plus tard. De nos jours, le principal fondateur reconnu de l'École yogâchâra est Asanga, frère d'un autre maître bouddhiste Vasubandhu (IVème siècle ap. J.-C.).

Asat (skt) H. Non-être, non-existence, désignant a) ce qui n'est pas sat (l'être par essence, l' « être-té » ) , donc : apparence, illusion, erreur (le fondement du monde contingent, matériel) et b) dans le mot composé sat-asat, l'incompréhensible néant qui est aussi l'essence de l'être (renvoyant à l'Absolu), les deux termes constituant « l'alpha et l'oméga de l'ésotérisme oriental » (S.D. II, 449). Le mot asat peut aussi évoquer mûlaprakriti, la substance indifférenciée (S.D. II, 597).

Ascète (du verbe grec askein : assouplir par l'exercice, comme le font les athlètes de leur corps). Personne entièrement engagée dans la pratique de la discipline spirituelle.

Astral(e) -T. De la nature éthérée, auto-lumineuse des étoiles. La substance astrale correspond à un degré de différenciation et de densification de la substance primordiale (mûlaprakriti) qui précède le niveau de la matière grossière, ou physique. Le monde astral est le plan invisible le plus proche du nôtre, où s'élaborent toutes les formes des êtres vivants. Le corps astral ou double astral est la contrepartie éthérée du corps de l'homme (et de toutes les créatures) : c'est la base de la cohésion et du dynamisme vital de l'organisme physique. Mais c'est aussi dans ces coulisses astrales de la nature - l'intermédiaire obligé entre le physique et le spirituel - que se déploient toutes les énergies et images de la vie psychique de l'homme (comme de la planète). Il faut se garder ici de confondre le double astral, vitaliseur du corps, et l'âme astrale (ou le soi astral, ou encore le soi personnel) qui renvoie à la personnalité psychique de l'homme, considérée comme une entité astrale vivante, pleine des pensées terrestres nourries des passions et désirs (skt : kâma). La sphère astrale (qui s'étage sur plusieurs plans) est le monde lunaire par excellence qui transmet quelque chose de la lumière solaire de l'Esprit mais réfléchit aussi les effluves terrestres. L'essence énergétique qui pénètre cette sphère est la lumière astrale, dont la partie supérieure (liée à l'âkâsha) est quasi divine mais dont les couches les plus basses, polluées par des émanations psychiques de la terre, sont dangereuses, et même démoniaques. Éliphas Lévi l'a appelée le grand serpent astral. D'où la mise en garde faite à l'aspirant, qui n'y pénétrerait pas impunément. La lumière astrale est aussi le siège de la grande mémoire vivante de la Nature.

Asura (skt) H. « Non-dieu » (tib : lhamayin* ) : démon ennemi des dieux.

Âtma(n) (skt) H. Le mot évoque l'idée de soi (dans les différents sens possibles) mais surtout le Soi Suprême, essentiellement un avec Brahman, l'Absolu impersonnel. Dans l'homme, c'est le pôle divin, et permanent, par excellence - le Soi supérieur, qui en réalité rayonne sa lumière sur tous les êtres. Le sens d'un soi (âtman), ou d'une identité foncière, peut aussi s'attacher à la personne terrestre, mais c'est une illusion pernicieuse pour le bouddhisme exotérique, qui proclame l'inexistence d'un tel soi (doctrine de l'anâtman). La Bhag. Gîtâ (VI, 5) enseigne pour sa part d'élever le soi (inférieur) par le Soi (supérieur), par l'ascèse du yoga et la méditation. Pour la Théosophie, l'Ego* supérieur constitue le foyer individualisé de la conscience universelle, qui est baigné de la lumière d'Âtman.

Âtmajñânin (skt) H. Celui qui se connaît lui-même. Dans le Védânta : celui qui a la connaissance de l'Âtman, divin et universel.

Attâvâda (pâl) B. Doctrine qui tient à l'existence d'un moi personnel permanent.

Aum (skt) H, B. La syllabe sacrée par excellence, formée de 3 lettres, rappelant toute trinité fondue dans l'unité (voir la Mândûkya Upanishad et les articles de W.Q. Judge publiés dans le Cahier Théosophique n° 94).

Avalokiteshvara (skt) B, T. Mot interprété de façons diverses : « Le Seigneur qui regarde d'en haut » , « Celui qui entend les sons (ou cris) du monde » , etc. La figure la plus populaire du bouddhisme du Nord (le patron du Tibet, sous le nom de Cherenzi). Manifestation vivante de la compassion et de la sagesse spirituelle d'Amitâbha*, ce grand Dhyânibodhisattva* est représenté porteur d'un lotus bleu, d'où son nom Padmapâni. Pour la Théosophie, tout ce qui en est dit renvoie au Logos dans ses rapports avec le cosmos et l'homme ( T .G.). Littéralement, Avalokiteshvara est « le Seigneur qui est vu » : dans un sens, « Le SOI divin perçu par le soi (humain) » , l'Âtman*, ou 7ème Principe immergé dans l'Universel, perçu par l'Âme divine de l'homme (Buddhi*, le 6ème principe). À un degré plus élevé, Avalokiteshvara renvoie au 6ème Principe Universel, le Logos perçu par la Buddhi* ou l'Âme Universelle, comme la synthèse des 7 Dhyânibuddha* (S.D. l, 108-10, 470-3). D'une façon générale, c'est l'Esprit* un et universel, omniprésent, manifesté dans le temple du macrocosme et du microcosme. H.P.B. identifie aussi Padmapâni à l'Ego* ou Manas* supérieur dans l'homme (T. G. ). La formule mystique « 0m mani padme hum » (qui évoque le « Joyau dans le lotus » ) vise directement à invoquer cette divine présence du Logos dans le sanctuaire du cœur (T.G.).

Avîchi (skt) B. Tib : myalba*. Littéralement : sans vagues, sans interruption. État infernal. Exotériquement : avîchiniraya (pâl.) est l'un des grands enfers décrits en couleurs réalistes dans le Canon pâli.

Avidyâ (skt) H, B. Ignorance, au sens de nescience, non-reconnaissance de la nature réelle des choses. D'où, dans le Védânta : l'illusion (personnifiée comme Mâyâ) ; en bouddhisme, c'est l'égarement, l'absence de discernement qui est à la base de l'enchaînement causal à la souffrance et au cycle des transmigrations, ou samsâra*.

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B (↓ lettre suivante)

Bhagavad-Gîtâ (skt) H. Ouvrage majeur de l'hindouisme, et l'un des plus grands textes spirituels de l'humanité. Elle met en scène l'homme (sous les traits d'un guerrier héroïque, Arjuna) aux prises avec les grands problèmes qui conditionnent sa destinée humaine et divine, à un point cyclique de l'histoire de l'humanité ; le dialogue qu'il échange avec Krishna - le Maître initiateur par excellence, mais aussi la source intérieure de toute sagesse - découvre à ses yeux la voie du yoga royal intégrant action et connaissance, renoncement et engagement généreux au service de l'ordre cosmique. Livre initiatique, d'une richesse inépuisable, la Gitâ est inséparable de la Voix du Silence dans toute recherche de vie spirituelle.

Bodhgayâ (skt : Buddhagayâ) B. L'un des grands lieux sacrés du bouddhisme, proche du centre hindouiste de Gayâ, dans le Bihar (nord de l'Inde). C'est là que Gautama, après une méditation de 49 jours sous la protection d'un figuier devenu fameux (appelé arbre Bo, ou arbre de Bodhi) atteignit la grande lumière de l'Éveil total (Bodhi*). Un rejeton de cet arbre sacré (un ficus religiosa) est encore objet de grande vénération pour de nombreux pèlerins.

Bodhi (skt) B. L'Éveil à la Vérité une et universelle, la parfaite sagesse ou connaissance divine qui fait d'un homme un Éveillé (un Buddha, mot dérivant comme bodhi, et buddhi, de la racine verbale budh signifiant être éveillé, conscient, d'où percevoir, comprendre, etc.). L'emploi de ce terme peut avoir des valeurs différentes selon les Écoles et selon les êtres auxquels il s'applique, vu que chaque degré de progression spirituelle est marqué par un « éveil » particulier aux vérités relatives qui s'y découvrent.

Bodhidharma (skt) B. Mme Blavatsky distingue deux sens : a) Le bodhidharma ou Religion (dharma) - Sagesse (bodhi), présente en Chine et b) le fameux patriarche disciple de Prajnâdhâra, qui implanta en Chine l'École Ch'an du mahâyâna, vers le VIème siècle ap. J.-C.

Bodhisattva (skt) B. Être dont la nature essentielle (sattva) est Éveil (bodhi), un « Être d'Êveil » . Dans le hinâyâna*, c'est celui qui est destiné un jour à s'incarner comme un Bouddha parfait ; mais le mahâyâna* l'a offert à ses fidèles comme l'idéal de la vie altruiste : être de compassion, le bodhisattva s'efforce vers l'Éveil total afin de sauver tous les êtres ; il renonce au nirvâna*, à la différence de l'arhat* du hinâyâna*, ou du pratyekabuddha*. Même parvenu au terme de ses efforts, il restera proche de l'humanité grâce au corps spécial (nirmânakâya*) qu'il aura développé au cours de son ascèse. Pour les bouddhistes, la carrière du bodhisattva (qui comprend 10 étapes) exige vœux et discipline d'une nature particulière, visant à développer des « perfections » ou pâramitâ* spéciales. Il arrive parfois que le terme soit appliqué un peu indistinctement à tout être qui recherche l'Éveil - même pour soi-même. Voir aussi : Dhyânibodhisattva*.

Bön (tib) B. Ancien courant religieux de type chamanique répandu au Tibet avant le bouddhisme. Selon H.P.B-, il s'agirait d'un « reste dégénéré des mystères chaldéens de jadis » , qui n'est plus « qu'une religion entièrement basée sur la nécromancie, la sorcellerie et la divination » . Les sectateurs du Bön - les bönpo - sont globalement divisés en blancs (tenant à un système élaboré, très influencé par les idées du bouddhisme) et en noirs, qui sont généralement des sorciers et magiciens noirs. En s'imposant au Tibet, le lamaïsme primitif semble avoir intégré un certain nombre d'éléments propres au Bön.

Bonnets jaunes - B. Le mot tibétain signifiant bonnet jaune est sha-ser (de sha : coiffure, et ser : jaune). Titre souvent appliqué aux moines gelugpa* qui relèvent de l'École réformée par Tsongkhapa (à laquelle appartiennent en particulier le Dalaï Lama et le Panchen [ou Teshu] Lama), pour les distinguer des « bonnets rouges » *.

Bonnets rouges - B. Le mot tibétain signifiant bonnet rouge est sha-mar (de sha : coiffure, et mar : rouge). On a souvent donné ce titre (non spécifique) aux moines des Écoles non réformées (ou semi-réformées) - sakyapa, karmapa, kagyudpa, etc. et surtout nyingmapa*, la plus ancienne secte, fondée par le yogi magicien Padmasambhava au VIIème siècle. Il n'y a pas forcément identité entre les mots shamar et dugpa*.

Bouddha - B. Le titre sanskrit buddha signifiant « Éveillé » a été donné à un fameux personnage historique, du nom de Gautama (par sa famille), fils du roi des Shâkya, après qu'il eut atteint l'illumination (bodhi*). Autres titres : Shâkyamuni ( = le sage des Shâkya) ou Siddhârtha (= qui a atteint son but), ou encore Tathâgata (= ainsi venu [à la suite des autres]). Image de l'être de perfection, le Bouddha est le modèle type de grands Saints, Arhat et Adeptes qui marchent sur ses traces, mais le mot sert aussi à désigner des réalités hautement métaphysiques (Âdibuddha*), ou des hiérarchies d'êtres spirituels et divins (Dhyânibuddha*).

Brahm. Voir Brahmâ.

Brahmâ (skt) H. Mot masculin, désignant le premier dieu de la trinité hindoue, qui intervient comme « créateur » mâle, ou plutôt comme éveilleur et organisateur du monde manifesté. Il est lié à l'univers des formes et « meurt » avec lui, comme tous les autres dieux. À ne pas confondre avec Brahman*.

Brahman (skt) H. Mot neutre, signifiant l'Absolu, la Réalité première et ultime, l' « être-té » , au-delà de toute dualité ; le Brahman échappe à toute conception mentale, n'est lié à aucune forme existante, mais est immanent en chacune. Le Védânta insiste sur l'identité foncière de l'Âtman* (l'essence dernière du Soi en chaque être) avec cet Un transcendant.

Brâhmane - H. Membre de la plus haute des 4 castes de l'hindouisme, dont l'attitude sectaire a finalement réussi à chasser le bouddhisme de l'Inde. Voir Tîrthika*.

Brahmapura (skt) H. La « cité de Brahman* » , diversement située au ciel, ou sur terre (= la ville de Bénarès). Dans la Mundaka Upanishad (II, 2, 7), il est suggéré que le Soi « réside en son espace éthéré, dans la divine cité de Brahman » - laquelle est placée généralement « dans la région du cœur » . Voir l'article : « Places of Pilgrimage in India » (Theos., VIl, p. l et seq.).

Buddhi (skt) H, T. En hindouisme (Bhag. Gîtâ), c'est l'élément actif de l'intellect, ou discernement, qui focalise dans l'antahkarana* toutes les facultés supérieures de l'homme dérivées de l'Âtman - dont l'intuition, ou le sens spirituel. Pour la Théosophie, Buddhi au sens cosmique (Mahâbuddhi) renvoie à l'« Âme » ou au « Mental » de l'Univers ; dans l'homme, c'est le véhicule d'Âtman*, ou l'âme spirituelle, enracinée dans l'Âme universelle, et appelée à devenir active par les apports de Manas*, l'intelligence humaine individualisée. Voir kundalinî*.

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C (↓ lettre suivante)

Cercle du temps - Voir Kâlachakra*.

Chambre. La chambre secrète du cœur évoque l' « espace mystique » (skt : âkasha, ou vyoman) où « réside le Soi » , l'anâhata chakra (le chakra ou lotus du cœur). Voir Brahmapura*.

Chela - H. Mot hindi, à rattacher au sanskrit cheta ou cheda (= serviteur, esclave). Disciple au service d'un maître spirituel. En sanskrit classique : shishya (cf. B. Gîtâ, l, 3-11,7).

Chi[Ji] (chi) - B. La seconde des Quatre Nobles Vérités*. Voir samudaya*.

Chiao men [Jiao men] (chi) B. La religion instituée (exotérique). Mot orthographié Kiau-men par J. Edkins, C.B., p. 158.

Cinq empêchements - B. Skt : nîvarana. Les obstacles intérieurs à la concentration et au discernement. Ce sont, classiquement : désir sensuel, malveillance, torpeur et langueur, agitation et inquiétude, et doute sceptique. Leur maîtrise totale n'est atteinte que par l'arhat*.

Cinq entraves (ou liens) - B. Skt : Samyojana. Parmi les causes de renaissance qui enchaînent l'homme, le bouddhisme cite 5 liens « inférieurs » : l ) la croyance illusoire à la personnalité (pâl: sakkâyaditthi*), 2) le scepticisme, 3) l'attachement aux vains rites et règlements, 4) la soif de sensation, 5) la malveillance. Celui qui s'en affranchit totalement est un anâgâmin*. Une autre catégorie d'entraves (les cinq liens « supérieurs » ) enchaîne encore aux mondes subtils : s'en libérer c'est devenir un arhat*.

Cinq vertus (du bodhisattva) - B. Dans la Voix du Silence, il s'agit probablement des 5 premières paramitâ* qui mènent à l'Éveil (bodhi*) et à la Sagesse suprême (Prajñâ*). Cf. Amitâbha sûtra cité par Edkins, C.B., p. 233.

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D (↓ lettre suivante)

Dad-dugpa. Voir dugpa*. Cf. Schlagintweit, B.T., p. 47.

Dâna (skt) B. L'acte du don, ou de l'offrande, sous toutes formes. La première des perfections, ou vertus transcendantales (pâramitâ*), du bodhisattva*. En association avec la bonté (maitri) et la compassion (karunâ), dâna est un facteur essentiel pour conduire les êtres à l'illumination.

Darshana (skt) H. Vision, perception, ou point de vue : nom donné à chacune des 6 doctrines de la philosophie hindoue (Nyâya, Vasiheshika, Sâmkhya, Yoga, Pûrva Mîmâmsa et Uttara Mîmâmsa, ou Vedânta).

Deva (skt) H, B. Brillant, céleste, divin. Nom donné aux multiples dieux et entités des mondes invisibles, dont l'existence est limitée à la durée de l'univers (cf. Brahmâ*) - ce qui les rend inférieurs à un Bouddha parfait. Ils sont opposés aux pouvoirs de ténèbres et de destruction (cf. asura*). H.P.B. emploie aussi le mot comme qualificatif, au sens de « divin » (skt : divya et pâl : dibba) p. ex. : « vue-deva* » (skt : divyachakshu).

Devachan [bDe-ba-chan] (tib) B. De de : bonheur, joie. Mot correspondant au sanskrit Sukhâvati (cf. T.G.) et désignant (exotériquement) le paradis occidental du Bouddha Amitâbha*. En Théosophie : la sphère bienheureuse d'expérience posthume subjective, où l'Ego supérieur assimile le fruit spirituel de sa dernière incarnation, avant une nouvelle renaissance terrestre.

Dhâranâ (skt) H. Fixation du mental sur un objet choisi de méditation. Cf. les Yoga sütra de Patañjali où dhâranâ (le 6ème degré du yoga) conduit, avec dhyâna* et samâdhi*, à samyama* l'état de parfaite méditation. Dans la Voix du Silence, dhâranâ correspond à une complète abstraction des influences sensorielles et à une paralysie du jeu de la mémoire, permettant de réunir sur un seul objet spirituel les pouvoirs de perception de la conscience.

Dharma (skt) H, B. Mot aux sens multiples, surtout en bouddhisme. De la racine dhri, soutenir, préserver, maintenir. C'est l'ordre, ou la Loi, qui soutient l'univers. Pour l'homme : la base universelle de l'éthique et la ligne propre de conduite qu'il doit tenir pour assurer sa destinée divine. La « Loi » ou doctrine du Bouddha, sous ses 2 aspects, exotérique et ésotérique.

Dharmakâya (skt) B. Le corps (kâya) glorieux le plus sublime, vêtement de suprême béatitude « tissé » par chaque Initié dans la progression qui l'a mené au bout du quatrième sentier (celui de l'arhat* parfait) ou (ésotériquement) au passage du 6ème Portail, avant son accès au 7ème (T.G.). Le niveau de conscience atteint est au seuil même du nirvâna*.

Dhyâna (skt) H, B. Dans le système de Patañjali, dhyâna, la concentration attentive sur l'objet de méditation choisi, fait suite à dhâranâ. En bouddhisme, dhyânapâramitâ est la 5ème des perfections cultivées par le candidat bodhisattva* ; c'est aussi, dans la Voix du Silence, la clef du 6ème Portail qui précède l'accès à la sagesse parfaite. Dans cet état de profonde contemplation spirituelle, l'être conserve encore un sens d'individualité, qu'il n'éprouvera plus dans la fusion complète du samâdhi*. D'une manière plus courante, le mot dhyâna (pal : jhâna) évoque l'entraînement à la méditation qui comporte 4 stades (voir Quadruple dhyâna*), depuis la préparation à la concentration jusqu'à l'absorption dans des états de sur-conscience. Cette longue discipline s'accompagne de l'émergence de divers pouvoirs psychiques et spirituels (skt : abhijñâ), comme l' « ouïe-deva* » et la « vue-deva* » .

Dhyâni (skt) T. Pour dhyânin, « être de contemplation » . Mot aux significations multiples renvoyant à des hiérarchies tantôt très élevées (liées au Logos), tantôt impliquées dans la genèse et la vie du monde des formes, mais toujours en un certain rapport avec les 7 principes de l'homme-microcosme ; en particulier, la Doctrine Secrète évoque les plus hauts Dhyâni qui se sont incarnés dans la « race élue » à l'aube de l'humanité, et qui forment aussi collectivement la « pépinière » des futurs adeptes. Ils représentent les divins éveilleurs de l'humanité. Voir Esprit planétaire*.

Dhyânibodhisattva (skt) B. Dans le bouddhisme exotérique, les 5 fils des Dhyânibuddha*. Cf. S.D. l, 109, 571 et II, 116. Ésotériquement, ce sont les « reflets spirituels » , ou projections, des 7 Dhyânibuddha* dans le monde de la forme (mentale) ou rûpaloka* (voir Trois mondes*).

Dhyânibuddha (skt) B. « Bouddha de Contemplation ». Collectivement, les 7 hiérarchies de Dhyânibuddha manifestent la divine lumière d'Âdhibuddha*, dans ses différents aspects, qui forme l'essence sublime des âmes humaines. Sans parents eux-mêmes (anupapâdaka), ils sont les pères mystiques des Dhyânibodhisattva*. Cf. S.D. l, 571, où Avalokiteshvara* est la synthèse des 7.

Dieu - T. Dans la Voix, les dieux répondent au sanskrit deva*. Au singulier : le Dieu intérieur, silencieux, est le Soi supérieur ; la communion complète avec lui fait de l'initié un Dieu.

Dorje [rDo-rje] (tib) - B. Seigneur (rje) des pierres (do) : le diamant. Mêmes sens que vajra* (skt).

Dragshed [Drag-gshed] (tib) B. Groupe de dieux terribles et redoutables, censés protéger les hommes contre les mauvais esprits.

Dugpa [hBrug-pa] (tib) B. Plusieurs mots tibétains peuvent se prononcer (approximativement) doug-pa, avec des sens très différents - d'où des confusions possibles - mais aucun ne signifie « bonnet rouge* » , l) Mots rattachés à hBrug, signifiant tonnerre et dragon ailé : (a) l'École hBrugpa reliée au monastère de hBrug, qui aurait été fondé par Lingrepa Padma Dorje (XIIème s.) un jour d'orage, au Bhoutan ; l'École Dugpa est une branche reconnue des Karma-kagyudpa ; elle est développée au Ladakh et au Bhoutan, d'où (b) en général, les hBrugpa sont les natifs du Bhoutan, le « pays du tonnerre » , ou hBrug-yul. Ils subissent l'influence de la tradition Dugpa qui possède 3 sections distinctes (supérieure, moyenne et inférieure). Schlagintweit (B.T. p. 47) l'évoque sous le nom de Dugpa, ou Dad-dugpa*, comme une secte « où le Dordje* est un instrument très important et très puissant » . 2) Divers verbes et adjectifs, comme sDugpa (agréable), Drugpa (sixième), etc. À retenir surtout : gDugpa : vicieux, mauvais, malfaisant, nuisible (du mot Dug, signifiant poison). H.P.B. a d'ailleurs signalé ce sens en parlant des Dugpa comme des « mischief-makers » , des sorciers qui font du mal ; voir l'article « Reincarnation in Tibet » (Theos., III, pp. 146-8) où elle les rattache à la secte primitive des Nyingmapa, distincts des Karma-kagyudpa ultérieurs (et porteurs de bonnets rouges). On peut conjecturer que le mot Dugpa employé dans la Voix, ne vise pas l'une des Écoles tantriques connues de nos jours (encore moins toutes les Écoles non réformées) mais une frange assez secrète, activement opposée à la réforme de Tsongkhapa, et comptant dans ses rangs de véritables sorciers et magiciens noirs, doués de puissants pouvoirs malfaisants, et naturellement très proches des adeptes du Bön* noir.

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E (↓ lettre suivante)

Ego - T. La Voix du Silence distingue l'Ego supérieur (l' « Ego-deva » ) , le foyer permanent, immortel, de conscience individuelle de l'homme, et l'ego inférieur, le moi-je de la personnalité éphémère.

Esprit - T. Le pôle divin de l'homme, le Maître* intérieur (voir Âlaya*), le mot désigne aussi la sphère intérieure (opposée au monde psychique et sensoriel) où s'ouvrent les sens spirituels. La Voix du Silence oppose encore Esprit planétaire* et esprit malfaisant (lhamayin* ).

Esprit planétaire - T. Expression aux significations diverses. Dans la Voix du Silence, il s'agit du rayon particulier du Logos (considéré comme Soleil spirituel central) auquel se rattache par filiation mystique chaque âme humaine = son « Père » , pour ainsi dire. Cf. S.D. l, 573-4, où la triade supérieure dans l'homme (voir Triangle sacré*) est présentée comme le rayonnement issu d'un Esprit planétaire (ou Dhyânibuddha*), toutes les âmes spirituelles nées ainsi du même « Père céleste » demeurant comme des « âmes sœurs » dans toute la longue série de leurs renaissances terrestres.

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F (↓ lettre suivante)

Flamme - T. Selon H.P.B. la Flamme renvoie toujours à la Source unique, primitive et inépuisable de toute vie, à laquelle s'allument les « Feux » , hiérarchies cosmiques d'entités et de pouvoirs qui se manifestent et interviennent dans l'émanation (et la réabsorption) des mondes et des êtres (cf. S.D. l, 215, 259 note). De façon correspondante, le divin prototype de l'homme (voir Esprit planétaire*, Dhyânibuddha*) est pour chaque individu la Flamme dont la monade humaine est comme l' « étincelle » ou le « véhicule » (S.D. l, 265) : la réintégration totale à cette Flamme originelle (le « Père Céleste » ) de l'Ego spirituel réalisé a lieu en paranirvâna*.

Fohat - T. L'essence de l'électricité cosmique, comme énergie vitale universelle, dans ses deux aspects, constructeur et destructeur (T.G.).

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G (↓ lettre suivante)

Gelugpa [dGelupgs-pa] (tib) B. L'École des « Vertueux » , fondée par le grand réformateur du lamaïsme, Tsongkhapa (1357-1419). Cet Ordre, dit des « bonnets jaunes* » (appelé aussi en Occident l'Église Jaune), exerçait la domination spirituelle et temporelle au Tibet, jusqu'à l'invasion de ce pays par la Chine.

Gotrabhû jñâna (skt) B. La connaissance spirituelle (jñâna) de celui qui est devenu (bhû) partie intégrante du clan, de la famille bouddhique (gotra) : la pleine sagesse de la maturité, pour un fidèle du Noble Sentier.

Guru (skt) H. Vénérable, respectable : d'où l'application du mot aux parents, et particulièrement au maître spirituel, qui conduira le disciple à la seconde naissance.

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H (↓ lettre suivante)

Hamsa (skt) H. Oiseau du genre cygne, oie. Mot mystique aux diverses significations occultes. Associé à kâla (le temps infini) il renvoie à l'Absolu (Parabrahman) ; dans le monde manifesté, Brahmâ* est le « véhicule » de cet oiseau (Hamsa vahana) (T.G.). Dans la Hamsa Upanishad, l'adepte en méditation s'identifie à l'Oiseau (niché dans le cœur), le Soi suprême. D'où la formule : Aham sa (Je suis Lui), qui joue sur le mot hamsa.

Hînayâna (skt) B. Le « petit véhicule » du bouddhisme primitif (jugé relativement inférieur au mahâyâna*, ou « grand véhicule » , développé ouvertement dans la suite). Souvent appelé « bouddhisme du Sud », il est répandu à Ceylan et dans l'Asie du Sud-Est.

Huit terribles misères - B. Parmi ces calamités, causes de souffrance (pâl : dukkha), 4 sont liées au corps (naissance, vieillesse, maladie, mort), 3 au mental (perte de ce qu'on aime, affliction par ce qu'on ne désire pas, incapacité d'obtenir ce qu'on désire), et l à la condition terrestre illusoire (incarnation dans les 5 skandha, ou agrégats qui composent l'être psychophysique personnel).

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I (↓ lettre suivante)

lddhi (pâl) B. Mot correspondant au sanskrit riddhi : prospérité, succès. Ce qui fait la puissance d'un être éminent, d'où son pouvoir - temporel ou magique. Le bouddhisme distingue l) l'iddhi inférieure, les diverses sortes (iddhividhâ) de pouvoirs psychiques (se rendre invisible, projeter son image à grande distance, marcher sur l'eau, etc.) que les règles bouddhiques interdisent de manifester en public et 2) l'iddhi supérieure, ou ariyâ iddhi (le Noble Pouvoir) de celui qui a la parfaite maîtrise de son mental.

Indra (skt) H. Le Dieu du Ciel et chef des autres dieux*, ou deva*.

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J (↓ lettre suivante)

Jagrat (skt) H. L'état de conscience de veille (cf. Mândûkya Upanishad).

Jñâna (skt) H. La connaissance spirituelle qui est pure sagesse, recherchée dans la méditation, et réalisée par l'initiation. En Occident, le mot gnose évoque les mêmes idées.

Jñânadarshana shuddhi (skt) B. La perception, ou vision (darshana), de la suprême connaissance (jñana) dans toute sa pureté (shuddhi).

Jñâneshvari. Long commentaire inspiré sur la Bhagavad-Gîtâ (datant de 1290 ap. J.-C.), écrit par le saint et poète Jñâneshvara, en langue marâthi. (Cf. Theos. l, p. 86-7 et 142.)

Julai [Rulai] (chi) B. « Ainsi venu » = Tathâgata*.

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K (↓ lettre suivante)

Kâlachakra (skt) H, B. Pour les jaïns, la roue du temps, qui tourne sur des milliards d'années. Au Tibet, le Kâlachakra tantra (introduit en 1027) est un ensemble d'écrits (du Canon tibétain) qui comprend des considérations astronomiques pour la mesure du temps et un système de méditation fondé sur une métaphysique occulte où Âdibuddha* et les familles de Bouddhas qui en dérivent ont une place centrale. Mais pour H.P.B. le mot Kâlachakra ( « Cercle du Temps » * ) renvoie à un système de mysticisme ésotérique « aussi vieux que l'homme, connu en Inde et pratiqué avant que l'Europe soit devenue un continent » .

Kâla hamsa (skt) H. Voir Hamsa*.

Kalpa (skt) H, B. Une très longue période de temps (variable selon les systèmes) ; un grand cycle de manifestation du monde. Généralement, pour l'Inde : la durée d'un « jour de Brahmâ*   qui couvre bien des cycles mineurs (l 000 mahâyuga).

Kâma (skt) H. Désir. À l'aube de l'Univers, le Rig Veda évoque Kâma - le désir originel - comme l'impulsion première vers la manifestation ; il pénètre et soutient tous les mondes, dans leur unité foncière avec l'Absolu. Au plan humain, il s'exprime comme désir d'unir les sens à  leurs objets, pour en jouir. Kâma devient ainsi la grande force irrésistible qui enchaîne l'homme à la terre (cf. tanhâ*). C'est l'aspect Cupidon de l'Amour. Son aspect supérieur (Erôs), qui sous-tend toute démarche spirituelle, est la manifestation du Désir universel qui est en harmonie avec le Dharma* cosmique (cf. Bhagavad-Gîtâ, VIl.11) -ce qui renvoie à la Compassion, la Loi des Lois.

Kâmarûpa (skt) H, T. En hindouisme, le mot signifie « forme protéenne » (prise à volonté), ou bien « qui a la forme du désir » (Bh. Gîtâ, III, 43). En Théosophie : « le corps de désir » , qui, après la mort de l'individu, devient une sorte d'entité astrale, plus ou moins durable (et néfaste) selon la charge d'images et d'énergies du désir qui l'animent et constituent tout le rebut, non spirituel, de la personnalité terrestre.

Karma (skt) H, T. L' « action » comme cause productrice de « fruits » ou d'effets. La loi de causalité éthique, qui replace sans cesse l'homme face aux conséquences de ses actes, pensées et attitudes antérieures. Par extension, le « karma » d'un individu est le lot de ces conséquences qu'il « récolte » inéluctablement au fil des jours. Les « chaînes karmiques » , forgées par l'être lui-même, dans son ignorance, ne peuvent être rompues que par l'exercice vigilant de son libre arbitre, et en suivant le sentier du Dharma*.

Khechara (skt) H. « Qui se meut » (chara) « dans le ciel » (khe). L'un des pouvoirs (siddhi*) du yogi est la faculté de « voler » , ou de se déplacer à volonté à travers l'espace, dans sa forme astrale (T.G.). Le mot désigne aussi diverses entités astrales. Dans le contexte de la Voix, il s'agit probablement de la capacité de libérer la conscience de sa prison terrestre pour accéder à des plans supérieurs.

Klesha (skt) H, B. Affliction. Les Yoga sûtra de Patañjali (II, 3) dénombrent 5 de ces maux dont est affligé l'individu : ignorance (avidyâ*), sens du moi, désir, répulsion, attachement tenace à l'existence. En bouddhisme, ces « souillures » intérieures se multiplient (il y en a 10) et sont également des obstacles à tout progrès. L'arhat est censé avoir éliminé entièrement ces tares, qui condamnent les êtres au samsâra*.

Krishna (skt) H. Le dieu « noir » ou « couleur de nuit » . Dans la Bhagavad-Gîtâ*, c'est l'image par excellence du Maître*-guru* qui demeure, à travers les siècles, le père spirituel de tout homme en quête de lumière et de réalisation spirituelle, illustré par Arjuna. Il représente aussi la source intérieure de l'omniscience, le Soi Supérieur rayonnant par le canal de Buddhi*.

Kshânti (skt) H, B. L'une des pâramitâ*. La patience qui fait supporter les agressions extérieures, les tracas et l'adversité, sans se détourner du Noble Sentier*, et qui soutient l'étude et l'application des préceptes du Bouddha.

K'u [Ku] (chi) B. Misères, souffrances. La première des Quatre Nobles Vérités* du bouddhisme : l'existence est douleur. Voir : « huit terribles misères » * .

Kuan-Shih-Yin [Guan-Shi-Yin] (chi) B. « Qui prête attention (kuan) aux voix (yin) du monde (shih) » : la version chinoise d'Avalokiteshvara*. Sa contrepartie féminine est Kuan-Yin, la déesse de la Compassion, réputée grande protectrice de l'humanité - en réalité : la voix divine du Soi dans l'individu, l'aspect féminin du Logos (T.G.), Kuan-Shih-Yin étant son aspect masculin (S.D. l, 473).

Kundalinî (skt) H. De kundalu : cercle, anneau. Kundalinî shakti est définie (S.D. l, 293) « comme le pouvoir ou la Force qui se meut selon une ligne courbe » - à la manière d'un serpent qui déroule ses anneaux. « C'est le principe de vie universel qui se manifeste partout dans la Nature » « l'électricité et le magnétisme n'en sont que des manifestations » [...]. Un yogi doit soumettre complètement ce pouvoir avant d'avoir accès à moksha (la libération de tout lien avec le monde). La manifestation contrôlée de cette énergie dans l'ascète engendre divers phénomènes d'ordres psychique ou spirituel, selon le centre occulte ou chakra particulier du corps qui est stimulé. Voir anâhata shabda*.

Kung [Gong] (chi). En musique chinoise: la première note de la gamme pentatonique primitive.

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L (↓ lettre suivante)

Lagpa (tib). La main; d'après Schlagintweit: symbole astrologique de la planète Mercure (voir Lhagpa).

Lama [bLa-ma] (tib) B. En principe : un supérieur dans l'ordre monastique. Un guru*, détenant une authentique autorité spirituelle. Souvent le mot est attribué par politesse à un religieux d'un degré quelconque. (T.G.)

Lanou - T. Mot orthographié Lanoo dans le texte anglais et francisé en Lanou. D'origine incertaine, il ne figure pas dans les dictionnaires usuels (skt, pâl, chi, tib, voire mongol). Très peu utilisé par H.B.P. en dehors de la Doctrine Secrète (dans les Stances de Dzyan, qui relèvent de la même source que la Voix du Silence), au sens de disciple, ou « chela* qui étudie l'ésotérisme pratique » (S.D., l, 71 note). Voir l'article « Occultisme pratique » (Lucifer 1888, p. 150-4) : de simple upâsaka (disciple laïc) qu'il était le chela* devient lanou-upâsaka, une fois franchie la première initiation. Le mot pourrait avoir une étymologie chinoise, combinant nu (= esclave, humble serviteur) et la (transcription chinoise du tibétain Lha*, signifiant dieu, ou guru* divin). Voir chela*.

Lévi, Eliphas. Hébraïsation des prénoms Alphonse Louis de l'occultiste français Constant (1810-1875), auteur de divers livres sur la kabbale, cités par H.P.B.

Lha (tib) B. Voir deva* (skt). Le mot, qui renvoie à toutes catégories de divinités, est. selon H.P.B.. celui « qui désigne généralement au Tibet les grands adeptes*, comme le mot Mahâtma. Grande Âme. est donné aux mêmes Initiés en Inde ».

Lhagpa (tib). Le fi!s de la lune. Mercure (au Tibet comme en Inde classique, où il a pour nom Budha). La planète Mercure. Voir Lagpa*.

Lhamayin (tib). B. Esprits mauvais, ennemis des hommes (et des dieux). Voir asura*.

Loka (skt ) H. Région, monde. l'une des subdivisions du grand univers, étagées depuis le divin, ou l'Absolu, jusqu'aux niveaux les plus matériels : particulièrement, sphère ou plan d'expérience de conscience.

Lug [Lugs] (tib). Manière, méthode. Façon de procéder.

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M (↓ lettre suivante)

Mâdhyamaka (skt) B. De mâdhyama qui est au milieu : l'enseignement de la Voie du Milieu.

Mâdhyamika (skt) B. Nom de l'École de la « Voie du Milieu » (et de ses représentants) fondée par Nâgârjuna* (dont les réelles doctrines ésotériques sont probablement restées voilées). Selon cette École du mahâyâna*, toute proposition sur la nature des choses doit être rejetée comme inexacte ; la vacuité (shûnyatâ) est la réalité ultime : l'atteindre c'est gagner la plénitude, la libération. Il faut pour cela distinguer entre réalité relative (samvriti satya*) et suprême vérité (paramârtha satya*) et faire la part des deux dans la discipline quotidienne.

Mahâyâna (skt) B. « Grand véhicule » par opposition au bouddhisme hînâyana*. Alors que ce dernier invite l'individu à s'affranchir des chaînes de la souffrance et à progresser par son mérite vers l'état d'arhat*, le mahâyâna l'incite à vivre l'idéal du bodhisattva* afin de contribuer au bien de tous les êtres. Les enseignements des différentes branches de ce « véhicule » (mâdhyamika*, yogâchâra*, etc.) témoignent d'une très grande richesse de pensée. Après l'exil des bouddhistes de l'Inde, le mahâyâna s'est largement développé au Tibet et en Chine. Corée, Japon, etc. (d'où le nom de « bouddhisme du Nord » ). Même si un décalage historique semble évident entre l'époque du Bouddha et l'émergence des doctrines mahâyânistes (affirmant, entre autres, l'existence d'un « germe de Bouddha » dans chaque être) il ne fait pas de doute qu'elles étaient dès le début inscrites dans l'enseignement ésotérique du Tathâgata*.

Maître - T. Personne qui a atteint la pleine possession d'une science, d'un art ou d'un ensemble de pouvoirs, par un long cheminement exigeant étude, ascèse et entraînement adéquats, ponctué d'épreuves et d'initiations confirmant l'individu dans le degré qu'il a atteint. Dans la grande chaîne des Initiés, chacun est l'élève et serviteur d'un Maître qui lui est supérieur, et est responsable à son tour de disciples qu'il doit aider à progresser, conformément à la loi de fraternité dominant l'ensemble. Le Maître devient alors instructeur (âcharya. guru*. etc.). Cependant ce père spirituel ne peut que préparer le chela* à sa seconde naissance, qui lui révélera la puissance et la sagesse éternelle du véritable Maître et Instructeur intérieur - l'Âlaya*, ou le Maître unique, dont la lumière est présente dans l'être, depuis toujours.

Manas (skt) H, T. La faculté rationnelle de la pensée. L'un des éléments de l' « organe interne » (antahkarana*) considéré comme le 6ème des sens de perception (donc leur chef = le « rajah des sens » . selon la Voix) : il saisit chaque message des sens et, avec l'aide de la mémoire, en présente l'image ainsi « pensée » à buddhi, l'organe du discernement. Si on englobe encore parmi les sens les cinq « organes d'action » énumérés par l'hindouisme, manas est à compter comme le 11ème de cet ensemble, car c'est par son canal aussi que passent les ordres donnés à la machinerie physique. Pour la Théosophie, cette activité de manas qui, en réalité, intervient dans la mise en forme de toute sensation. perception, pensée, sentiment, etc., utilisant la machinerie mentale du cerveau et de l' « homme astral »* . ne représente qu'une manifestation très limitée du grand pouvoir de Manas. lequel appartient en fait à l'Ego supérieur.

Mânasaputra /skt ) T. Littéralement : fils (putra) du Mental Universel (Manas). Dans l'immense processus évolutif de la montée de la conscience à travers tous les règnes de la nature, l'accession au stade humain, avec l'éveil de l'intelligence, n'a pas eu lieu, sur notre planète. d'une façon aléatoire elle a demandé l'intervention volontaire de hiérarchies avancées et intelligentes (des « Fils du Mental Universel » ) qui ont, symboliquement, allumé la lumière du Manas dans ce qui allait devenir la famille des « âmes humaines » . Ainsi, la pure essence de l'Ego spirituel dans chaque homme est directement liée au Mental Universel. par l'intermédiaire d'un tel mânasapûtra. Cf. S.D. l, 571, pour le rapport entre les Dhyânibuddha* et les mânasaputra*. Voir aussi : Esprit planétaire*.

Mânasarûpa (skt) T. La « forme » (rûpa) du Manas, le « corps » du mental.

Manvantara (skt) H. La période, ou âge, d'un Manu (sorte de progéniteur de l'humanité, qui gouverne chaque grand cycle d'évolution sur la terre). Globalement, le règne de ces Manu (au nombre de 14) couvre une période de plus de 4 milliards d'années (un « Jour de Brahmâ* » ).

Mâra (skt) ; B. De la racine mri (mourir) d'où mârayati : faire mourir, tuer. Mâra est le « tueur » , le « destructeur » : c'est le Tentateur, aidé de ses armées (les Mâra), personnifiant le pouvoir de fascination des désirs et passions insatiables. Pour s'en être rendu maître sous l'arbre de Bodhi*, Gautama a été appelé « vainqueur de Mâra » .

Mârga (skt) B. De la racine mrig : poursuivre (un gibier) chercher à obtenir. Mârga est le chemin (voie, route,sentier) qu'on suit pour atteindre son but. En bouddhisme, le Noble Sentier (skt : âryamârga) est l'Octuple Voie, tracée par le Bouddha, constituant la dernière des Quatre Nobles Vérités*, et conduisant à l'extinction de la souffrance. Le mot mârga (pâl : magga) désigne aussi chaque phase d'une voie suivie (p. ex. : Arahatta* magga). On distingue généralement la Voie (mârga) où l'on entre et le « fruit  » (phala) que l'on récolte en parvenant à son but.

Mâyâ (skt) H. Le pouvoir magique, ou l'art prestigieux attribué au Divin qui déploie dans l'espace la multiplicité fantastique des mondes et des êtres, en dissimulant sous le voile illusoire des apparences l'unité fondamentale de leur essence. L'illusion personnifiée. Sont particulièrement mâyâviques (de l'adjectif skt : mâyâvin) ou illusoires, les « régions » inférieures de la lumière astrale* pour l'ignorant qui y accède.

Meru (skt) H. Montagne fabuleuse des dieux, comparable à l'Olympe des Grecs ; objet de nombreuses descriptions cosmologiques, il fixe le centre de l'univers. Le Gange, fleuve sacré, y prend sa source céleste, pour se répandre sur la terre. Sur le mont Meru (ou Sumeru) se trouve la cité d'or de Brahman*. D'autres divinités y ont leur séjour, étagé à des niveaux différents. Une interprétation symbolique de Meru renvoie à la constitution occulte de l'homme. Voir l'article « Mount Meru » , revue The Path.,jan.-fév.1891.

Mieh [Mie] (chi) B. Traduction du mot nirodha (skt) ; l' « extinction » (des passions et autres causes de souffrance). La troisième des Quatre Nobles Vérités*, qui ouvre au nirvâna.

Migmar [Mig-dmar] (tib). « Œil (mig) rouge (mar) ». La planète Mars. D'après Schlagintweit, son symbole astrologique est un œil.

Mu (senzar). Selon H.P.B. (T.G.) : la « destruction de la tentation » dans le cours de la pratique du yoga. Voir Mieh*, mot chinois évoquant la même idée.

Mudrâ (skt) H, B. Mot féminin. Un sceau (anneau, etc.) pour imprimer une marque, lettre, etc. Sceau mystique figuré avec les doigts (d'une main ou des deux) disposés entre eux d'une manière codifiée, qui peut être d'une grande puissance magique (T.G.).

Myalba [dMyal-ba] (tib). Mot correspondant à naraka (skt) ou niraya (pâl) : enfer. Les traditions évoquent une multiplicité d'enfers (froids ou chauds) dont la durée n'est cependant pas éternelle. Selon H.P.B., Myalba est le nom de la Terre, l' « enfer » où les êtres sont forcés de se réincarner (T.G.). Voir Avîchi*.

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N (↓ lettre suivante)

Nâda (skt) H. De la racine nad : résonner, tonner, mugir. Un son (skt : shabda) à résonance puissante. Son mystique, le nâdabindu (skt) renvoie à la grande vibration originelle, le son primordial qui a déployé l'univers ; également : nâdabrahman (brahman* exprimé comme nâda) renvoie à la « divine résonance » du son AUM, que peut percevoir le mystique. Voir : Theos. l, p. 131-2, sur nâdabrahman et nâdashrishti ( « la totalité du système résonnant censé pénétrer l'univers dans sa profondeur » ) .

Nâga (skt) H, B. Serpent, ou Dragon (Chine, Tibet). Divinités tutélaires, gardiennes des régions du monde ; particulièrement de certains lieux en rapport avec l'eau (lacs, océans...) où ils sont censés conserver les enseignements secrets de la Sagesse. En fait, les grands Nâga sont les Sages-Adeptes qui protègent l'humanité et l'éclairent.

Nâgârjuna (skt) B. L'une des figures majeures de la philosophie du bouddhisme, fondateur de l'École mâdhyamika*. Son nom, associant Nâga* (dragon) et arjuna (une espèce d'arbre) rappelle qu'il serait né sous un arbre et aurait été instruit par les nâga, dans leur palais aquatique. Nâgârjuna l' « arbre-dragon» (chi: Lung Shu), natif du sud de l'Inde, est compté comme le 14ème patriarche du bouddhisme (IIème ou IIIème siècle ap. J.-C.).

Naljor [rNal'byor] (tib) B. La réalisation (jor) de l'état paisible (nal) de contemplation. Mot correspondant à yoga (skt). Le naljorpa (féminin : naljorma) est celui qui s'adonne au yoga, un yogin (fém. yogini). Schlagintweit (B.T., p. 88) emploie à tort le mot naljor, au sens de naljorpa, qu'il traduit par saint, dévôt. H.P.B. a utilisé ce même mot, orthographié narjol, pour désigner un saint Adepte*.

Nirmânakâya (skt) B. Corps (kâya) de « transformation» (nirmâna), de la racine nirma : construire, former, produire, créer. Les traditions exotériques désignent de ce nom le corps terrestre, ou « corps d'apparition » , qui sert aux Bouddhas à venir parmi les hommes, dans l'intention de les guider vers la libération. En tibétain, le mot tulpa (sPrul-pa) renvoie à une apparition plus ou moins illusoire '' comme un fantôme " ), ou à une manifestation (d'apparence réelle) mettant en œuvre un pouvoir magique ; le tulku (sPrul-sku) est l'émanation visible (ou nirmânakâya) d'un grand saint ou d'une divinité, qui s'incarne périodiquement et pour le salut des êtres - une sorte d'avatar. Pour la Théosophie, le mot nirmânakâya renvoie :  l) à un état très élevé, celui de l'adepte, libéré des illusions du monde, qui demeure cependant, par compassion, dans les plans invisibles, en liaison avec la terre, et contribue au « Mur gardien » qui protège l'humanité, et 2) au « corps » (kâya) astral permanent, très pur et éthéré, qu'il a conservé pour pouvoir remplir sa mission.

Nirvâna (skt) H, B. Extinction (d'une flamme soufflée par le vent, etc.). L'état d'Éveil total, ou de conscience transcendante, atteint par la fusion de l'être individuel dans sa racine éternelle (Brahman*, Âlaya*, etc.). Cet état suprême de béatitude est le fruit gagné par l'arhat*, mais  refusé finalement par le bodhisattva*. Celui qui s'y plonge définitivement détruit tout lien avec le monde des vivants. Le nirvâni (skt) est celui qui a gagné le nirvâna.

Noble Sentier - B. Skt : Âryamârga*. Voir Quadruple Sentier*.

Nyima (tib). Le soleil.

Nyingmapa [rNyingma-pa] (tib) B. Membre de la secte non réformée des « Anciens » , établie au VIIIème siècle ap. J.-C. par Padmasambhava, fondateur du premier monastère bouddhiste à Samye.

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O (↓ lettre suivante)

OM (skt) H, B. Voir AUM*.

Ouïe-deva - B. Skt : divya shrotra. La faculté de clairaudience, la seconde abhijñâ*. Voir siddhi*.

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P (↓ lettre suivante)

Parabrahman (skt) H. Le Suprême Brahman*, l'Absolu.

Paramârtha (skt) H, B. l) La plus haute richesse (artha) qu'on puisse acquérir : la suprême connaissance spirituelle (d'où : paramârtha satya : la vérité absolue, opposée à samvriti satya*) ; 2) (selon Schlagintweit) le livre que Nâgârjuna* aurait reçu des Nâga* qui l'instruisirent.

Pâramitâ (skt) B. De la racine pri : faire traverser. Les vertus transcendantes ou cardinales qui permettent d'atteindre l' « autre rive » , l'émancipation complète de la conscience. Les vertus, ou « perfections » sublimes sont, en général, au nombre de 6 [dâna* (charité), shîla* (conduite morale), kshânti* (patience), vîrya* (énergie), dhyâna* (méditation), prajñâ* (sagesse)], leur pratique constituant une amplification de l'octuple Noble Sentier* propre à tout le bouddhisme. Les quatre pâramitâ supplémentaires, pour celui qui est engagé dans la voie du bodhisattva*, sont l ) upâya kaushala, les moyens habiles (dans la propagation de la Sagesse), 2) pranidhâna, le vœu irrévocable (d'atteindre l'Éveil et d'entraîner tous les êtres vers ce but), 3) bala, les (dix) pouvoirs (permettant de voir clair en toute situation, et de progresser dans la voie de la purification et de l'Éveil) et 4) jnâña, la connaissance exacte des choses.

Paranirvâna (skt) B. Le plus haut état de nirvâna*. À distinguer de paranirvâna, le nirvâna final, qui s'accompagne de l'extinction complète de toute individualité active, au terme d'un grand cycle d'évolution - pour le temps d'une Nuit de Brahmâ*.

Parikalpita (skt) B. Désigne une chose imaginée, inventée : une pure production de la pensée, qui fait prendre pour réel ce qui n'est que vacuité.

Personnalité - T. Le personnage psychophysique terrestre. Voir Ego*.

Portail ou Porte. La Voix du Silence énumère une succession de 7 « Portails » mystiques dont les clefs correspondent aux noms des 6 pâramitâ*, Virâga* étant ajouté comme terme médian, alors que, classiquement, les pâramitâ* doivent être pratiquées ensemble, dans la mesure du pouvoir du disciple. Ces Portails évoquent une voie graduée de métamorphose intérieure, marquée par des passages décisifs d'une étape à l'autre, comme autant d'initiations. On peut d'ailleurs faire correspondre les 3 premières clefs, sur un arc descendant, aux 3 dernières, sur un arc ascendant, en associant Dâna* (la « charité ») à Prajñâ (la sagesse-compassion), Shila* à Dhyâna* et Kshânti* à Vîrya*, le Portail de Virâga se plaçant, d'une façon déterminante. à l'équilibre entre les deux arcs.

Prajñâ (skt) B, T. Dans le mahâyâna, c'est, au niveau le plus haut, la Sagesse parfaite, la Connaissance directe de la plénitude du Tout, saisie dans la vacuité de toutes les formes limitées. Dans la pratique journalière, c'est la 6ème des « perfections » (pâramità*) à cultiver. Pour la Théosophie, d'une façon générale, prajñâ renvoie (comme pouvoir universel de conscience) à « la capacité de perception existant sous 7 aspects différents, correspondant aux 7 conditions de la matière [dans le monde manifesté] » et donnant lieu « nécessairement à 7 états de conscience dans l'homme » (S.D. Il, p. 597 note). « Ces 7 états de conscience, ou prajñâ, sont aussi en correspondance avec les 7 principes de la constitution humaine » (S.D. Il, p. 29 note). Ce pouvoir, qui est à la racine de l'être, se manifeste couramment comme compréhension, connaissance des choses, intelligence ; avec cette signification particulière, on distingue, en bouddhisme classique, trois sortes (ou « méthodes » ) de prajñâ (pâl : pâññhâ) selon que cette connaissance procède de la pensée (ou réflexion) individuelle, de l'écoute des autres et de l'étude des Livres, ou encore du développement mental, impliquant entraînement et concentration. Voir T.G. : Trijñâna. Cette approche est seulement préparatoire : le niveau supérieur de prajñâ est hors d'atteinte du mental ordinaire.

Prâsangika (skt) B. Nom d'une branche dérivée de l'École mâdhyamika*, fondée (au Vème siècle ap. J.-C.) par Buddhapâlita, l'un des successeurs de Nâgârjuna*. Le mot vient de prasanga qui renvoie à chacun des « cas » considérés successivement dans les raisonnements syllogistiques visant à prouver l'absurdité de la position des adversaires de l'École.

Pratyâhâra (skt) H. Dans les Yoga sûtra de Patañjali, le 5ème degré du yoga qui précède et conditionne dhâranâ* (et toute la pratique de la méditation). C'est le retrait des sens, qu'il faut détacher de leurs objets pour libérer le mental (manas* ) de leur emprise, et le concentrer sur l'objet de la méditation. Dans la B. Gîtâ (II. 58) l'analogie est donnée avec la tortue qui replie ses membres et sa tête à l'intérieur de sa carapace.

Pratyekabuddha (skt) B. De pratyeka : « pour un seul » , « solitairement » ; le mot désigne celui qui progresse à l'écart des autres, sans maître et sans disciple, et s'efforce d'obtenir « le salut privé individuel » auquel renoncent précisément les bodhisattva*.

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Q (↓ lettre suivante)

Quadruple Dhyâna - B. Il s'agit des quatre « absorptions mentales » (pâl : jhâna) décrites dans le Canon bouddhique. Très approximativement, on peut suggérer cette progression comme il suit : l) le mental, libéré des stimulations sensorielles et des préoccupations terrestres, est porté attentivement sur un sujet, pour y réfléchir ; 2) par l'arrêt de la pensée discursive, s'établit un état de calme où le mental se concentre sur un seul point : joie et bien-être sont alors éprouvés ; 3) la joie fait place à l'égalité d'âme ; la conscience est alerte, le bien-être persiste ; 4) seuls dominent l'éveil intérieur, la clarté mentale et une imperturbable égalité d'âme. Cette discipline intérieure suppose que l'individu s'efforce en même temps de s'affranchir des cinq empêchements*, des cinq entraves*, etc. En elle-même elle constitue seulement un moyen et non une fin. Il est vrai qu'elle favorise l'éveil des pouvoirs paranormaux (voir abhijñâ*, siddhi*), mais elle ne suffit pas à conférer l'état d'arhat. Il existe d'ailleurs d'autres classifications et subdivisions des 4 dhyâna.

Quadruple Sentier - B. Skt : âryamarga : pâl : ariya magga (= noble sentier). Il comprend quatre stades (dont chacun est double, selon que l'individu y accède effectivement, ou en réalise pleinement le fruit). Ce sont : l) « l'entrée dans le courant » menant au nirvâna* (skt : srotâ-patti*), le terme srotâpanna* désignant celui qui y pénètre ; 2) le stade du sakridâgâmin* « qui ne reviendra plus qu'une fois » à la naissance ; 3) le stade de l'anâgâmin* « qui ne retournera plus » dans ce monde ; 4) l'état d'arhat* qui amène jusqu'au nirvâna*.

Quatre modes de vérité - B. Expression employée par Edkins (C.B., p. 23) pour désigner les Quatre Nobles Vérités* classiques du bouddhisme, que l'auteur énumère avec les mots chinois correspondants (p. 23 note).

Quatre Nobles Vérités - B. Skt : chatur âryasatyâni -chi : szu ti [si ti]. Ces Vérités sont à la base de tout le bouddhisme. Ce sont : l) la présence universelle de la souffrance (skt : duhkha - chi: k'u*) ; 2) l'accumulation de la souffrance (skt : samudaya* - chi : chi*) qui a sa source dans la soif du désir (skt : trishnâ - pâl : tanhâ*) ; 3) l'extinction de la souffrance (skt : nirodha* - chi : mieh) qu'on atteindra par l'extinction de sa cause ; 4) la voie (skt : mârga* - chi : tao* ) tracée par le Bouddha qui donne les moyens de cette délivrance.

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R (↓ lettre suivante)

Rahat - B. Mot cingalais pour arhat*.

Rathapâla (skt) B. L'un des prêtres qui auraient accompagné le Bouddha dans son voyage au devaloka (sorte de paradis mythique). Voir S. Hardy, M.B. p. 313.

Rathapâla sûtrasanne - B. Texte (sûtra) augmenté d'un glossaire-commentaire (sanne), rapportant la légende de Rathapâla*. Pour l'épisode de la rencontre de Rathapâla avec son père, qu'il traite de « maître de maison » quand celui-ci cherche à le tenter par des biens matériels, et à le retenir à son ancien foyer, voir : S. Hardy, E.M. p. 38 et 60.

Roue de la Vie - B. C'est la « Roue du Devenir » (skt : bhavachakra), souvent représentée dans l'iconographie tibétaine : on y voit, entre les rayons, les divers mondes de la transmigration (samsâra*) sous le pouvoir du démon de l'impermanence et de la mort ; au moyeu, une ronde de 3 animaux qui se mordent la queue illustre l'enchaînement fatal convoitise-colère-égarement, tandis que la jante, divisée en 12 sections, rappelle par son imagerie les 12 facteurs qui attachent sans fin à l'alternance vie-mort. La Voix du Silence n'invite pas à rester aveuglément enchaîné à cette roue, mais, tout en acceptant ses contraintes, et en épuisant les causes karmiques du passé, à accomplir son devoir au fil de la vie.

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S (↓ lettre suivante)

Sakkâyaditthi (pâl) B. La théorie (ditthi) de l'âme qui prête une permanence à la personnalité : la première illusion dont il faut se défaire en entrant dans le Sentier. Voir attâvâda*.

Sakridâgâmin (skt) B. Dans le bouddhisme hînayâna, le stade atteint par celui qui ne renaîtra qu'une seule fois (sakrit). Voir : Quadruple Sentier*.

Samâdhi (skt) H, B. De la racine samâdhâ : placer, tenir ou fixer ensemble. D'où : application attentive ou fixation du mental, dans l'état de méditation profonde, ou d'intense contemplation, où le sujet vient à s'identifier à l'objet de sa contemplation. C'est le 8ème et dernier degré du yoga décrit dans les Yoga sûtra de Patañjali. L'hindouisme compte divers niveaux de samâdhi, depuis l'état de concentration paisible et d'absorption dans un objet choisi - hors de toute réflexion ou spéculation mentale - jusqu'à la fusion complète, abolissant toute dualité, entre la conscience du yogi et sa source étemelle, le Brahman*, dans le nirvikalpa samâdhi, ou samâdhi immuable, sans changement, atteint dans une transe extrême, impliquant une complète catalepsie du corps. En bouddhisme, le terme peut avoir des applications différentes, selon les Écoles. Voir Theos. l, p. 176.

Sambhogakâya (skt) B. Le « corps de jouissance complète » d'un Bouddha, dans lequel il est censé jouir des délices du paradis que la tradition lui attribue (Devachan*, Tushita, etc.). L'un des corps de gloire propres à l'ascète qui a progressé sur le Sentier ( T .G.). Voir Trikâya*.

Samgha (skt) B. La collectivité unie des fidèles du bouddhisme. Dans un sens plus étroit : les moines (bhikshu), les nonnes (bhikshunî) et les novices (shrâmana). Ésotériquement (cf. T.G. Triratna), le mot renvoie à l'ensemble des seuls arhat* initiés, véhicules du divin Dharma qui leur parvient, comme une lumière réfléchie, de la source une et universelle de Sagesse (Âdibuddha* ).

Samsâra (skt) H, B. De la racine samsri, couler, traverser en errant. Le voyage de la transmigration, à travers les alternances naissance-vie-mort. Le cycle perpétuel des renaissances, entretenu par l'ignorance et la soif du désir (tanhâ*).

Samtan [bSam-gtan] (tib) B. Mot correspondant à dhyâna* (skt). Voir: Quadruple dhyâna*. Pour ce terme, S. Chandra Das indique dans son dictionnaire (p. 1317) : « état de complète abstraction, contemplation, méditation, concentration des pensées ; en particulier, méditation mystique qui, à la longue, développe une contrepartie astrale du méditant - contrepartie qui existe en Devachan* en même temps que le méditant, qui continue sur terre » .

Samudaya (skt) B. Samudaya satya (chi : chi ti) est la deuxième des Quatre Nobles Vérités*. Au sens de réunion, assemblage, combinaison d'éléments, samudaya renvoie à l'ensemble réuni des causes qui sont à l'origine de la souffrance. Edkins (C.B. p. 27) définit le mot comme « accumulation des enchevêtrements [entanglements] produits par les passions » . Ailleurs (ibid. p. 23 note), parlant des « Quatre modes de vérité* » , il traduit le terme (sous sa forme chinoise) par « rassemblement » [assembling]. Dans le même sens, la Voix du Silence parlera du « Portail du rassemblement » [the portal of assembling].

Samvriti (skt) B. De la racine samvri : recouvrir, cacher. Samvriti satya est la vérité « de couverture » , conventionnelle, relative, à opposer à paramârtha satya*, la vérité absolue.

Samyaksambuddha (skt) B. Désigne celui qui est totalement (samyak) éveillé, en atteignant samyaksambodhi, l'illumination complète.

Samyama (skt) H. Selon les Yoga sûtra de Patañjali (III, 4), c'est l'état intégrant dhâranâ*, dhyâna* et samâdhi*, dans lequel on perçoit finalement la lumière de Prajñâ* (III, 5).

Sat (skt) H. Participe présent du verbe être : « étant » , l'être en soi, « l'être-té » ; ce qui renvoie à l'éternelle et inchangeable essence unique de tous les êtres, « existant » dans le monde des dualités.

Satya (skt) H, B. Mot à rattacher à Sat* : vérité. Voir paramârtha* satya et samvriti* satya.

Sceau - H, B. Mot renvoyant aux termes sanskrits yantra (figure symbolique d'une grande puissance pour le mystique) et mudrâ* (geste symbolique, pouvant exprimer un yantra). La plus fameuse de ces représentations est le shri yantra (intégrant plusieurs sceaux de Salomon, combinaison de 2 triangles inversés). Voir : S.D. l, 118. Edkins (C.B. p. 63) évoque le « sceau du cœur » (chi : hsin yin [xin yin]) comme symbole de la doctrine ésotérique du Bouddha (chi : ch'eng fa yen ts'ang = le pur secret de l'œil de la vraie doctrine) qu'il a communiquée oralement. C'est le svastika (chi : wan, signifiant aussi 10 000, pour la multitude des perfections atteintes par le Sage). « Ce sceau est généralement placé sur le cœur du Bouddha dans les images et représentations de cette divinité* [...] il orne les couronnes des divinités des bönpo au Tibet [...]. » Voir aussi Vajra*.

Sentier. Nombreuses significations : cf. mârga.

Senzar, T. Nom mystique de la langue sacerdotale secrète, ou « langue des Mystères » , des Adeptes initiés dans le monde entier (T. G. ).

Shaiva (skt) H. Appartenant à Shiva, ou consacré à ce dieu. Shivaïste.

Shâkya Thubpa (tib) B. Traduction de Shâkyamuni (skt), le sage des Shâkya : le Bouddha.

Shâna (skt). Fait de fibres de shana (chanvre ou lin indien). Shânavâsa est la « robe de shana » , vêtement aux propriétés magiques qui aurait permis à un pratyeka-buddha* d'acquérir la sagesse et de gagner le « nirvâna de destruction ». Pour cette légende, voir : Edkins (C.B. p. 66-7).

Shânavâsin (skt) B. Nom d'un arhat* (3ème patriarche du bouddhisme). Selon la légende, étant un marchand dans une vie antérieure, il aurait secouru un pratyekabuddha*, malade et en guenilles, en lui offrant une robe de shâna*. En voyant les effets magiques de son présent, le marchand fît le vœu de toujours porter une pareille robe dans ses vies futures.

Shen-hsiu (chi) B. L'un des grands disciples de Hung-jen, 5ème patriarche de l'École Ch'an (skt: dhyâna* -jap: zen) fondée par Bodhidharma*. Shen-hsiu (env. 605-706) répandit la doctrine en Chine du Nord, tandis que son rival, Hui-neng, fut le maître de l'École du Sud qui se ramifia en de nombreuses branches jusqu'au Japon.

Shîla (skt) B. La seconde des pâramitâ*. En bouddhisme hînayâna* : conduite morale, moralité ; la base positive d'une parfaite conduite bouddhique, qui inclut parole, pensée, action, moyens d'existence ou de survivance. Du point de vue d'un bodhisattva*, l'éthique visée dans toute démarche est inspirée par la sagesse qui découle de dhyâna*.

Shiva (skt) H. L' « auspicieux » - le dieu gracieux, favorable, bienveillant. Le troisième aspect, destructeur et régénérateur, de la trinité hindoue. Le grand patron des yogis.

Shramana (skt) B. De la racine shram : peiner, faire effort (cf. ascète*). Mot désignant celui qui s'impose une discipline physique, psychique et spirituelle, comme le fait l'athlète qui exerce son corps. D'une façon assez lâche : un moine bouddhiste.

Shrâvaka (skt) B. De la racine shru : entendre, écouter, prêter attention. Primitivement : un des « auditeurs » du Bouddha qui ont reçu directement sa doctrine. Plus généralement : un « écoutant » , qui suit les leçons d'un instructeur.

Shrîmad Bhâgavata Purâna (skt) H. Le plus fameux et populaire des 18  grands Purâna, il célèbre la gloire de Vishnu-Krishna (dont l'histoire est donnée dans le 10ème livre).

Siddhârtha (skt) B. Voir Bouddha*.

Siddhi (skt) H, B. L'un des grands pouvoirs occultes gagnés par le yogi au cours de son ascèse, mais qui peuvent bloquer son progrès s'il est tenté de les employer. Dans le bouddhisme, il en existe plusieurs descriptions (cf. iddhi*). Dans le contexte de la Voix du Silence, les siddhi peuvent renvoyer aux 6 abhijñâ* selon la liste classique suivante : l ) iddhi* (englobant divers pouvoirs merveilleux, mais propres à une magie inférieure) ; 2) « ouïe divine » (= l' « ouie-deva* » ), clairaudience qui entend à distance voix humaines et divines (et comprend leur sens), 3) perception des pensées d'autrui ; 4) rappel des vies antérieures ; 5) « œil divin » (= la vue-deva*), clairvoyance qui connaît les cycles de renaissance de tous les êtres selon la contrainte de karma et 6) réalisation de l'état de libération par l'extinction des débordements dus au désir et à l'ignorance.

Six vertus glorieuses - B. Voir : pâramitâ*.

Sowân - B. Mot cingalais pour srotâpanna* (cf. Eitel, H.C.B., p. 213).

Srotâpanna (skt) B. « Celui qui est entré (apanna) dans le courant (srota) » menant au nirvâna*. Le premier des stades de l'Âryamârga est appelé srotâpatti, « l'entrée dans le courant » . Ces deux termes qui, à l'origine, appartiennent au hînayâna*, sont souvent confondus (p. ex. par Schlagintweit, B.T. p. 18).

Sumeru (skt) H, B. Voir Meru*.

Sushupti (skt) H. État de sommeil profond, sans rêves (cf. Mândûkya Upanishad). État de conscience éveillée expérimenté par le yogi sur le plan correspondant.

Sutta Nipâta (pâl) B. Collection de textes didactiques, en prose et en vers, pour les laïcs, appartenant au Canon bouddhique (division Sutta Pitaka).

Svapna (skt) H. État de rêve (cf. Mândûkya Upanishad). État de conscience éveillée expérimenté par le yogi sur le plan correspondant : vision clairvoyante (T.G.).

Svasamvedana (skt) H. La perception consciente et réfléchie de la propre essence de l'être. Terme synonyme de paramârtha, la pure conscience du Soi qui est vérité suprême (cf. S.D. l, 44 note et 48 note).

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T (↓ lettre suivante)

T'ang [Tang] (chi). Nom de 2 dynasties, dont la plus récente (618-907) fut fondée par Li Shih-min. Un des noms de la Chine.

Tanhâ (pâl) B. En sanskrit : trishnà. La soif de vivre, de jouir des objets des sens : le puissant désir d'existence sous toutes ses formes, qui enchaîne l'être au samsâra*.

Tântrika (skt) B. Adepte du tantrisme (fondé sur divers textes appelés tantra, et préconisant certaines voies abruptes vers l'Éveil, par des pratiques spécifiques et initiations souvent secrètes). Il existe une frange dégénérée (le tantrisme « de la main gauche » , ou vâma mârga) qui recourt à la pire forme de magie noire et de sorcellerie (T. G.).

Tao [Dao] (chi) B. Route, voie, chemin (cf. mârga*). C'est la dernière des Quatre Nobles Vérités* : l'octuple sentier qui mène à l'état d'arhat*.

Ta-Shih-Chi (chi) B. Nom d'un grand bodhisattva* qui est représenté, dans le paradis occidental d'Amitâbha* (le Devachan*), à la droite de ce Bouddha, tandis que Kuan-Shih-Yin* se tient à sa gauche, l'ensemble formant les « Trois Sages de l'Ouest » . Voir Edkins (C.B., p. 209, 234).

Tat (skt) H. Cela. Voir Katha Upanishad (II. l et 2) où le Soi est Cela ; également la Chândogya Upanishad (VI, 9-16) où est répété le grand précepte Tat tvam asi (Tu es Cela). Pour la formule AUM TAT SAT, voir Bhag. Gîtâ, XVII, 23-28.

Tathâgata (skt) B. Désigne celui « qui est ainsi venu » (comme ses prédécesseurs) : le Bouddha Gautama.

Tattvajñânin (skt) H. Celui qui possède tattvajñâna, la connaissance de la vérité, la perception des principes réels de toute chose. Voir Theos. mai 1889, p. 479, 482, pour la distinction entre âtmajñânin* et tattvajñânin.

Thegpa-chenpo'i-do (tib) B. Un sûtra (Do[mDo] ) relevant du mahâyâna (Thegpa-chenpo), publié en traduction par Schlagintweit (B.T. p. 77 et seq.), intitulé « Repentir de tous les péchés, doctrine du trésor caché ». C'est une prière aux Bouddhas de Confession, présents, passés et futurs.

Tîrthika ou Tîrthaka (skt) H, B. Du mot tîrtha signifiant passage, gué traversant une rivière ; également : secte (servant de gué pour « passer à l'autre rive » ). Les tîrthika étaient les adhérents (brâhmanes, voire jaïns) de l'une ou l'autre des sectes opposées aux bouddhistes ; donc, pour ces derniers, des « non-croyants » ( « hérétiques » , « incrédules » , « infidèles » , etc.), rejetant le Dharma du Bouddha. Parfois, des ascètes rigoureux, mortifiant leur chair, et doués de pouvoirs paranormaux.

Titiksha (skt) H. Endurance, capacité développée à la perfection par le yogi de supporter avec fermeté, courage et patience, toutes les paires d'opposés (plaisir/douleur, etc.) sans dévier de sa route.

Triangle sacré, Trois sacré. Comme première figure géométrique, le triangle évoque la triade supérieure dans l'homme, qui constitue l'individu éternel et divin. Voir T.G. : Tzurah, désignant la triade comme le divin « prototype » ; voir aussi T.G. : Triade, « les trois en un » , dominant les 7 sephiroth inférieurs de la kabbale, qui correspondent chacun à l'un des 7 principes de l'homme. Le trois renvoie également aux 3 grands degrés de l'initiation (cf. T.G.). Les « trois feux » désignent aussi la triade supérieure Âtma*-Buddhi*-Manas* qui, en union indivise, deviennent une unité.

Trikâya (skt) B. Les trois corps (kâya) du Bouddha. Doctrine très occulte propre au mahâyâna* faisant l'objet de nombreux commentaires (exotériques) dont le sens ne peut s'éclairer qu'à l'aide de clefs ésotériques réservées au « petit nombre » . II s'agit des « corps glorieux » (nirmânakâya*, sambhogakâya* et dharmakâya*) élaborés par l'Adepte au fil de son ascèse et qui, en lui assurant une immortalité de conscience à travers toutes les fluctuations, lui permettent d'exercer en permanence cette conscience éveillée, à tous les niveaux de la manifestation, jusqu'aux sphères du nirvâna, éventuellement d'entrer volontairement en contact avec le monde des hommes pour les protéger et les éclairer. Voir T.G. : Trikâya, Triratna et Trisharana.

Trois grandes perfections. L'Initié est dit « trois fois très grand » (voir : Hermès Trismégiste). Le mot « perfection » renvoie ici au sanskrit siddhi* : pouvoirs spirituels transcendants qui font de l'homme un siddha (un « yogi de perfection » ). La tradition parle de 3 pouvoirs mystiques du Bouddha (Gopa, Yasodhara et Utpala Varna) que d'aucuns ont pris pour ses 3 femmes, cf. Rhys Davids, B. 51, 2.

Trois méthodes de prajñâ. Voir Prajñâ* ; également T.G. : Trijñâna.

Trois mondes (skt: triloka* ou trailokya). Exotériquement : le Ciel (skt : svarga), la terre (skt : bhûmi) et l'enfer (skt : pâtâla) ; il s'agit, en fait, des sphères spirituelle, psychique (ou astrale) et terrestre. Voir T.G. : Tribhuvana. En bouddhisme classique, trois mondes (pâl : tiloka) sont évoqués : l) kâmaloka, la sphère de jouissance des sens, et de toute forme de désir (incluant les mondes des hommes, des animaux, des trépassés, des asura*, des deva* inférieurs et les multiples enfers) ; c'est à ces niveaux (selon le mahâyâna*) qu'œuvrent les Bouddhas humains, dans leur nirmânakâya ; 2) rûpaloka, la sphère céleste encore liée aux formes (rûpa), monde purement mental d'idéation, où l'Ego supérieur de l'homme éprouve, après la mort, l'état de béatitude du Devachan*, ésotériquement cette sphère comprend 7 niveaux différents d'absorption (dhyâna* ) ou de contemplation : on relie à ces niveaux les Dhyânibodhisattva* dans leur sambhogakâya* ; 3) arûpaloka, le monde « sans forme » (comprenant encore 7 niveaux de dhyâna*) ; les états purement abstraits de haute conscience spirituelle (bodhi* ) qui y sont atteints s'élèvent jusqu'au seuil du nirvâna*, et sont dépouillés de toute sensation ou sentiment en rapport avec la personnalité terrestre et l'univers tridimensionnel ; idéalement, à ces niveaux correspondent les Dhyânibuddha*, dans leur dharmakâya. Voir T.G. : Trailokya et Eitel, H.C.B., p. 180.

Tsung-men [Zong-men] (chi) B. École ou secte, particulièrement l'École du Ch'an (jap. : Zen) rattachée au grandpatriarche Bodhidharma*. Selon Edkins (C.B. p. 158), la branche exotérique du bouddhisme (voir Chiao-men*) reflétait la tradition des paroles du Bouddha, tandis que sa branche ésotérique (Tsung-men) contenait la tradition du cœur du Bouddha : muni du « vrai sceau* » , ou « sceau de vérité » , Bodhidharma aurait ouvert la voie de la contemplation (Ch'an = dhyâna*) en détournant de l'instruction livresque, afin de rechercher directement la vraie nature et le cœur du Bouddha.

Tulpa'i-ku [Sprul-pahi-sku] (tib) B. Corps de transformation ou d'émanation. Voir : nirmânakâya*.

Turîya (skt) H. Quatrième. Désigne l'état de conscience de la transe la plus profonde (T. G. ), transcendant les trois conditions inférieures (veille, rêve, sommeil profond). Voir : Mândûkya Upanishad,turîya apparaît comme l'expérience indescriptible du Soi, au-delà de toute dualité. Selon H.P.B. (T.G.), c'est un état béatifique, presque nirvânique, atteint dans le samâdhi*, une condition de la triade supérieure, distincte mais encore inséparable des autres états inférieurs.

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U (↓ lettre suivante)

Udumbara (skt) B. Voir T.G. Genre de figuier (ficus glomerata) aux fruits appréciés, qui ne porte des fleurs qu'à de très rares occasions ; nom donné aussi à une sorte de cactus (qui passe pour fleurir à l'heure de minuit, à très haute altitude) ainsi qu'à une espèce de lotus géant (nila udumbara, ou « lotus bleu » ) consacré au Bouddha ; sa floraison, extrêmement rare, est, dit-on, signe d'événement exceptionnel : ce lotus aurait fleuri avant la naissance de Gautama, et plus tard, au XIVème siècle juste avant celle de Tsongkhapa. Ainsi, quelle que soit l'espèce végétale qui la porte, la fleur précieuse de l'udumbara est liée à la naissance ou la présence d'un très grand Initié. Voir aussi dans la Voix « la fleur de minuit de Bouddha » . Cette fleur exerce aussi sa magie dans les descriptions mythiques du Devachan*. Voir Beal, Cat. p. 379.

Upâdhi (skt) T. Base, véhicule ou support d'une réalité plus subtile, comme le corps physique est le « véhicule » de l'être qui l'anime. Le mot courant pour véhicule est vâhana.

Upâdhyâya (skt) B. Précepteur qui veille à l'observance des rites et des règles de discipline dans une communauté monastique. Un tuteur, qui prend en charge les novices.

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V (↓ lettre suivante)

Vajra (skt) H, B. Dur, ou puissant. En Inde, la foudre du dieu Indra, arme céleste en forme de disque, ou de deux éclairs croisés en X. Également, le diamant (qui est « dur comme la foudre » , ou de la même substance qu'elle). Au Tibet, c'est le dorje* indestructible, le « sceptre de diamant » , souvent associé à la clochette (skt : ghanthâ) dont le timbre pénètre les mondes. Selon H.P.B. (T.G.), le vajra est le sceptre magique des prêtres-initiés, exorcistes et Adeptes*, possesseurs de hauts pouvoirs (ou siddhi*), qu'ils mettent en action au cours de certaines cérémonies (domination de forces inférieures, théurgie, etc.). Par sa transparence adamantine, le vajra renvoie à la pure essence indifférenciée (appelée « vacuité » , au-delà de toute description), mais il est aussi un symbole masculin de la puissance d'action et de compassion d'un Bouddha réalisé, tandis que, traditionnellement, la clochette est le symbole féminin qui évoque la Sagesse, Prajñâ* (= Sophia), inséparable du vajra.

Vajradhara (skt) B. Dans le lamaïsme : le suprême Bouddha primordial (Âdibuddha*). Le Seigneur de tous les mystères (skt: guhyapati). Voir S.D. l, 571, où Vajradhara est identifié au premier Logos.

Vajrapâni (skt) B. « Qui manie le vajra* ». Un grand Dhyânibodhisattva* honoré par les profanes comme un puissant destructeur de démons, mais considéré par les Adeptes « comme une Force subjective dont la nature réelle n'est connue (et expliquée) que par les plus hauts Initiés de l'École yogâchâra » (T.G.).

Vajrasattva (skt) B. Qui a le vajra* pour essence, le « cœur de diamant » ou l' « âme-diamant » . Le nom du sixième Dhyânibuddha* selon l'École yogâchâra qui en compte 7 - au lieu de 5 dans le bouddhisme populaire (T.G.). Vajrasattva (le Second Logos, selon la S.D. l, 571) peut aussi représenter la collectivité des Dhyânibuddha* dont l'essence, non manifestée et sans limite, est Âdibuddha* (ou Vajradhara*).

Virâga (skt) B. De la racine viranj, perdre sa couleur naturelle, devenir indifférent, perdre tout intérêt aux choses. D'où : indifférence à tout ce qui sollicite l'homme dans le monde. Voir Portail*.

Vîrya (skt) B. De vîra : homme brave, héroïque. D'où : virilité, courage, énergie héroïque. Voir pâramitâ* et Portail*.

Vogay' - B. Très probablement : Bodhgayâ*, en l'une des langues vernaculaires de l'Inde. L'arbre de Vogay' ne serait autre que l'arbre de Bodhi* que vénèrent les pèlerins à Bodhgayâ. Voir aussi Udumbara*.

Vue-deva - B. Skt : divyachakshu. La faculté de clairvoyance, l'un des 6 pouvoirs (abhijña*) obtenus par la pratique approfondie de dhyâna*. Par ce pouvoir (le 4ème de la liste), il est possible (entre autres) de percevoir les destinées des êtres, dans leur déroulement karmique. Voir siddhi*.

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W (↓ lettre suivante)

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X (↓ lettre suivante)

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Y (↓ lettre suivante)

Yâna (skt) B. « Véhicule » , ou système méthodique permettant d'arriver à l'Éveil et à la libération des liens du samsâra*. Dans les voies du bouddhisme, on oppose généralement le Petit Véhicule (hînayâna*) au Grand Véhicule (mahâyâna*).

Yogâchâra (skt). Une École mystique ésotérique du mahâyâna, remontant à un disciple direct du Bouddha, Aryasamgha*. H.P.B. (T.G.) invite à ne pas confondre ses doctrines avec tout ce qui, dans la suite, a été compilé par Asanga (avec ses successeurs) et mis au compte du système yogâchâra, surtout en fait d'enseignements tantriques, dont l'application peut conduire à la magie noire.

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