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Questions et réponses sur la vie intérieure

À propos de l'ascèse

Question 7 :

Un régime constitué exclusivement de végétaux est-il indispensable pour une vie spirituelle élevée et sereine ?

 

Réponse à la Question 7 :

  

On pourrait manger de l'herbe, des céréales et des navets pendant un million d'années sans que cela mène en soi à une vie spirituelle élevée ou sereine.

Toutes ces choses constituent une aide, non une nécessité.

Si notre condition physique est telle que nous pouvons nous dispenser de nourriture animale, ou si nous pouvons le faire sans déranger d'autres personnes ni négliger le travail donné, alors, il est sage de s'en débarrasser. Le physique s'en trouve dès lors purifié, rendu moins grossier, moins matériel et moins animal.

Mais "ce qui est bon pour l'un peut être poison pour l'autre". Prenez ce qui vous semble le plus sage pour vous. "Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche d'un homme qui le souille, mais c'est ce qui en sort". La pensée juste, le bon motif, la véritable Volonté ont plus à voir avec le véritable Occultisme que toutes les actions ou pratiques extérieures.

Toute ascèse aveugle, pratiquée sans discernement, est simple folie.

  

L'ascèse morale est nécessaire comme un moyen pour atteindre l'équilibre parfait de la nature intérieure de l'homme et la complète maîtrise du corps, de toutes ses passions et de tous ses désirs.

Les actions et fonctions purement corporelles ont beaucoup moins d'importance que ce qu'un homme peut avoir comme pensées et éprouver comme sentiments, et ce qu'il encourage comme désirs dans son mental et permet de s'y enraciner et croître.

 

Question 8 :

Le célibat est-il nécessaire pour le plus haut degré de vie et de réalisation spirituelles ? Est-ce là votre conception du véritable Occultisme ?

 

Réponse à la Question 8 :

  

Ce n'est pas par une voie unique que l'on parvient à la vie spirituelle la plus élevée.

Le plus grand Adepte et le véritable étudiant de l'Occultisme ont dû, à une étape donnée, passer par le mariage.

Un homme n'atteindra jamais la plus haute réalisation avant d'être passé par cette expérience.

Dans certaines conditions, et à un certain moment, le célibat est une grande aide; mais si l'étudiant est marié, il est alors de son devoir de continuer dans cette voie qui, au lieu d'apparaître comme un obstacle, l'aidera à progresser s'il en comprend bien la signification.

Toutes les leçons qui sont enseignées au véritable occultiste lui sont données dans la vie quotidienne et par le canal des lois de la nature.

Le célibataire manque certaines de ces leçons - leçons qu'il devra inévitablement apprendre, car il viole une grande loi de la nature.

Par l'effet du célibat, l'étudiant en Occultisme n'opère qu'au moyen de l'intellect. Pour que le véritable travail occulte se fasse, il est nécessaire d'utiliser aussi le cœur. L'un des "mystères" majeurs ne pourra jamais être appris par le célibataire, car celui-ci ne se trouve jamais, pour ainsi dire, la main dans la main avec Dieu, comme maître d'une force créatrice.

Question :

Dieu - quelle image s'en faire aujourd'hui ?

Éléments de réponse :

Tous les hommes ont plus ou moins l'intuition d'une réalité divine qui les dépasse. Mais, étant limités par leurs expériences sensorielles et psychiques, s'ils cherchent à deviner   ce qu'est cette réalité, ils ne peuvent faire autrement que de l'imaginer comme un  être - transcendant sans doute, mais un Etre.

Faire de Dieu un Être, selon la croyance courante , c'est le limiter à une Personne, immense certes mais structurée, centrée sur elle-même, capable d'une volonté indépendante - douée en somme d'une psyché fonctionnelle - créatrice, mais restant extérieure à sa création, comme spectatrice  intéressée , donc traversée de sentiments, d'affections, etc. Une telle conception limite extraordinairement la notion du divin. Dieu est alors à l'image de l'homme, avec toutes les contradictions logiques qui découlent de cette confusion prétendant enfermer l' infini  dans les limites d'un Être.

Si le mal apparaît dans la Création, le Dieu imaginé par l'homme ne peut qu'en être innocent. C'est donc qu'un démon est capable de tenir tête à Dieu et de pousser les êtres au mal. Mais, ce démon ne saurait être autre chose que la création de Dieu, il faut encore inventer une excuse à Dieu. Ainsi, les hommes sont conduits à imaginer toujours plus de choses pour maintenir l'équilibre chancelant de leur échafaudage logique sur Dieu.

Le principe divin Absolu n'est pas un Être, mais l'Être-en-soi, qu'on ne peut abstraire de quoi que ce soit. En en parlant comme d'un principe, on postule qu'il est le point de départ de  tout  ce qui a été, est, ou sera jamais. En lui est contenue toute potentialité de manifestation d'existence - sans aucune dimension morale - bien ou mal.

C'est le Parabrahman postulé par les hindous comme la Réalité unique et dernière  qui échappe à toute description, mais qui répond, dans l'homme, à une intuition profonde.
Il convient d'ailleurs de dire que cette notion n'est pas uniquement orientale et qu'elle a été approchée, en Occident également, par Platon et les néoplatoniciens et, à leur suite, par certains des plus grands penseurs chrétiens et particulièrement Maître Eckhart.

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Question 4

Les lois fondamentales de l' être

La Doctrine Secrète, de Mme Blavatsky, évoque les lois fondamentales qui dominent le grand Univers, le "macrocosme" (avec tout ce qu'il contient - particulièrement l'homme qui, pour ainsi dire, le résume comme un petit univers, un microcosme) pour tenter de rendre compte de son sens et de sa dynamique.

Si, en effet, ce monde, dont l'infini nous étonne, n'est pas un chaos mais un cosmos ordonné (où le vivant apparaît, se maintient, se développe, avec la conscience qui en émerge, selon ce qui semble être un "programme universel de Vie"), il doit en effet répondre à un systËme de lois cohérentes, qu'on peut esquisser comme il suit :

  • - la loi de causalité, qu'il faut postuler en premier, exprime l'idée que dans l'univers, visible ou invisible, tout obéit à des lois; le mot "miracle" est ici à proscrire, comme recouvrant un phénomène "merveilleux" dont on ignore actuellement les causes, mais qui doit lui aussi résulter d'une stricte causalité.
  • - la loi de conservation, à rapprocher de la première, exprime que tout se transforme, ou se métamorphose, mais ne s'abîme jamais dans le néant; en corollaire : rien ne sort jamais du néant - ce qui exclut le "miracle" de la crÈation du monde ex nihilo.
  • - la loi d'Unité essentielle, postule que cette source et ce réceptacle sont une seule et même réalité - où se trouvent disponibles les infinies potentialités de manifestation des mondes, avec les lois éternelles qui les régiront, et où se préserve la mémoire, pour ainsi dire, de tout ce qui est survenu dans l'histoire des mondes disparus. Ce Tout Unique, infini, ne saurait se représenter comme un  tre (à la façon des Dieux personnels des religions); ce serait plutÙt l'être" en soi, indéfinissable avec nos mots usuels, qui répondrait le mieux à l'idée qu'on pourrait se faire de l'Absolu.
  • - la loi de dynamique de l'être invite à concevoir que cette source-réceptacle infinie, cette "Cause sans cause", comme l'appelle la Doctrine Secrète, resterait Èternellement immuable dans son homogénéité, si ne surgissait pas de son sein une impulsion, conduisant à faire apparaÓtre quelque chose de limité, et de temporel, sur fond d'infini et d'éternité; des myriades et des myriades de formes, lancÈes dans les orbites de l'Existence, du Devenir, sur fond d'Unité et d' tre Absolu. Cette dynamique de l' tre, inséparable de l' tre lui-même, n'a pas eu de commencement, et ne s'épuisera jamais. Cependant, elle s'exprime comme une pulsation - les battements d'un coeur vivant : le déploiement de la sphËre du Devenir est limité dans le temps, il est suivi d'une phase de ré-immersion dans l'être, également limitée, pour laisser place à de nouvelles alternances. Mais le durée de vie des phases déployées est suffisante - des milliards d'années - pour permettre d'y manifester largement quelque chose des infinies potentialités de la Source unique. Une conclusion évidente de cette loi est qu'il n'y a pas de commencement absolu ni de fin absolue du monde : il faudrait parler de re-commencement et de fin provisoire - même si des milliards d'années s'Ècoulent normalement avant un prochain renouveau.

On peut prévoir encore quelques conséquences importantes de cette dynamique :

  • - la loi universelle des cycles, qui fait que tout est rythme, pulsation, vibration dans l'univers, dont la respiration se répercute à l'infini, dans les révolutions des corps célestes, les marées, les saisons, le cycle nycthéméral, dans les pulsations du centre du soleil comme dans le cycle de ses taches, les alternances de veille et de sommeil, ou de naissance et de mort, etc. Ainsi, dans ce monde, rien ne demeure immuable, mais, néanmoins, il se passe quelque chose, au fil de cette succession de phases provisoires; c'est ce qu'énonce le corollaire de cette loi :
  • - la loi universelle d'évolution qui interdit de postuler un Eternel Retour. Chaque monde qui vient à l'Existence se déploie, par stades successifs, de la Source Unique, homogène, invisible, jusqu'au plan le plus divisé, visible et matériel, o<breve> interagissent la multitude des êtres en devenir; et ce mouvement permet d'exploiter de nouvelles potentialités restÈes latentes jusqu'à présent; mais, comme cette expansion est limitée, elle finit par faire place au mouvement inverse de retour vers le réceptacle éternel; là encore, il se passe quelque chose : la récolte des innombrables progrès enregistrés est engrangée pour servir à de nouvelles semailles, dans un cycle d'univers futur.
  • - la loi universelle de karma exprime précisément que rien n'arrive par hasard, mais résulte d'une cause ou d'un ensemble de causes antérieures : l'Évolution ne va pas à l'aveuglette, mais se guide sur les acquis et tentatives du passé, un univers apparaissant ainsi comme le "fils", ou le prolongement, du précèdent, dont il exploite la récolte préservée après son extinction. Si, maintenant, on envisage ensemble toutes ces lois, on dÈcouvre
  • - la loi de perfectibilité indéfinie des formes (de conscience, matière ou énergie) apparaissant dans le monde manifesté du devenir : ce qui n'a pas encore été réalisé dans un univers, dans le sens de la perfection et de l'adaptation à des degrés d'Évolution de plus en plus élevés, le sera dans un autre univers, gr‚ce aux acquis engrangés dans l'intervalle.

Comme il a été suggéré plus haut, la dynamique de l'Etre Unique Infini, fait émerger les mondes où viennent à régner le discontinu, le multiple, l'hétérogène, dans des espaces orientés, avec toute la relativité qui s'y attache : les acteurs de ce théâtre d'Évolution sont des myriades d'entités de toutes natures, de tout degré sur l'échelle du progrès ; mais cette multiplicité n'empêche pas ces "êtres en devenir" (ou monades en évolution) d'être toutes enracinées, pourrait-on dire, dans l'Être Éternel dont elles reflètent une parcelle de lumière dans leur conscience. D'où la conséquence essentielle :

- la loi de fraternité universelle, qui unit indissolublement toutes les monades, entraînées, sans exception, dans le mouvement d'évolution. Elle implique, comme pour les membres d'une même famille, une interaction constructive et une solidarité incontournable dans le devenir collectif : la dynamique de l'Etre impose à chaque acteur de jouer son rôle là où il est pour maintenir l'harmonie de la Nature. On peut trouver là la base d'une réelle écologie universelle.

On voit ici émerger l'idée d'un authentique "projet universel de Vie" qui, par l'impulsion naturelle qui entraînant la marÈe vivante des êtres en devenir, se met en place et se déploie dans l'"intention", pourrait-on dire, de réaliser tous les degrés de perfection possibles dans les conditions particulières offertes par un monde donné.

Noter, ici encore, une différence essentielle avec les conceptions religieuses courantes : les êtres, à tous niveaux, ne sont pas les créatures impuissantes d'un Dieu omnipotent, régnant du haut des Cieux. Comme les rayons d'un même soleil, ils ont même origine - dont ils ne sont pas essentiellement séparés - et la trajectoire de leur évolution les amène à s'éveiller progressivement à la réalité de cette racine éternelle. Dans cette perspective également, chaque être a sa place, son rôle à jouer et n'est plus un simple figurant sur la scène de la Nature, comme on pourrait le croire aussi à propos des végétaux et des animaux, dans les mêmes conceptions courantes. vos questions ?

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Question 3

Quel sens donner à notre vie ?

La science découvre avec surprise un univers qui semble ajusté dès l'origine pour l'éclosion de la vie, puis de la conscience. Elle soupçonne l'existence de milliards de systèmes solaires qui pourraient bien recéler vie et conscience. Mais ces systèmes sont tous voués à mourir, après des milliards d'années d'existence.

Il faut alors se demander : "pourquoi la vie a-t-elle été possible, et pour quoi s'est-elle développée?" - "À quoi sert la vie humaine, dans cette globalité planétaire et universelle?".

Les explications dépendent des écoles. Par exemple :

non

- il n'y a pas de réponse. Les choses sont ainsi : l'effet du hasard. Affirmation finalement non scientifique, sans aucune preuve.

- peut-être y a-t-il un "truc" (disait Hubert Reeves), mais on ne le connaît pas encore.

- oui, la vie a un but. Pour la religion, en Occident : Dieu a tout créé. La vie humaine devrait servir à adorer Dieu et gagner le salut.  Pour les philosophes : la vie sert à établir la société idéale, trouver le bonheur, etc. etc..

Ces réponses sont discutables, partielles, voire sectaires, donc inadéquates, et finalement erronées.

Les vraies réponses ne peuvent venir que de ceux qui sont capables d'explorer toutes les "coulisses" de la Nature, à ses différents niveaux, bien au delà du plan physique, ce sont les Maîtres initiés à la Sagesse secrËte. D'où l'apport essentiel de la Théosophie à la question posée.

Ces Maîtres initiés proposent de réfléchir à  ce qui suit : Approche métaphysique :

- La vie n'est pas le produit de l'association fortuite de molécules physiques. Essentiellement, elle est un aspect d'un Principe absolu éternel de vie qui soutient tous les univers. Ce qu'on appelle "la vie" n'est qu'une manifestation localisée dans des formes particulières de ce pouvoir primitif de Vie qui se déploie par émanation progressive, jusqu'aux plans visibles, et cela de façon cyclique. Un univers ne naît pas de rien, pour disparaître à jamais : il n'est qu'un maillon d'une chaîne infinie de mondes qui se succËdent dans l'éternité de la durée.

- Matière et conscience sont toutes deux impliquées dans l'histoire de l'univers dès le début. La Conscience une, se démultiplie à travers d'innombables myriades  de consciences, aux degrés les plus divers. Toute l'aventure cosmique de la Vie a pour but l'expérience et l'émancipation de ces consciences, mais aussi la spiritualisation de la matière. Place de l'humain dans l'univers : 

Les pouvoirs propres à l'homme sont tous liés à sa capacité de conscience réfléchie (rayon de la Conscience universelle focalisée dans une forme individualisée) : pensée créatrice et organisatrice, jugement, volonté délibérée, amour éclairé par la connaissance, pouvoir de sacrifice, etc... lui confèrent une responsabilité comme relais de l'évolution. L'homme doit dès lors progresser par ses efforts individuels et il est appelé à participer au projet de la Vie, à l'échelle planétaire. La loi de karma (causalité) agit au niveau humain pour réorienter l'être dans le sens du projet de la Vie, à l'échelle individuelle et collective. Philosophie et Éthique

L'homme triple, corps, âme, esprit, est lié aux trois plans de la manifestation de la Vie soumise à la loi cyclique. L'âme incarnée est en interaction tiraillée entre les 2 pôles opposés : l'Esprit (tourné vers l'universel) et Ia Matière (centrée sur le corps physique, les désirs attraction-répulsion, les émotions, les sensations etc...).

D'où la nécessité de la découverte du devoir qui inclut tous les aspects de l'être. D'où l'engagement inévitable de l'homme responsable, éclairé, dans l'action au sein d'un monde où domine la loi de solidarité. "Notre" vie ne devrait plus être une recherche de gain ou de bonheur personnel, mais l'engagement dans un devenir, où tout devrait être mis à profit pour coopérer à un monde en évolution, pour développer toutes les potentialités de l'être en vue de faire naître l'Homme nouveau, individuel et collectif. En particulier, tirer parti intelligemment de karma et des cycles naturels, comprendre le sens de l'alternance vie/mort, veille/sommeil, etc.

L'Écoute du chant de la Vie

L'engagement dans l'action doit s'appuyer non seulement sur l'intelligence et la raison, mais aussi sur l'intuition qui transmet le langage du pôle divin intérieur. D'où la nécessité d'une démarche concertée vers ce pôle intérieur (attention vigilante découvrant le message caché des événements, des rêves, des pensées, etc., méditation spirituelle, inspirant progressivement toute l'existence, etc.). Découverte du côté caché des êtres et des choses, approche de l'unité fondamentale et dynamique, qui tient l'univers en cohésion. "Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare" pourrait être une devise permanente.
Vers de nouveaux choix pour donner un sens réel à la vie

La Fraternité universelle s'étend à tous les êtres - horizontalement, pour ainsi dire où elle englobe tout ce qui est vivant sur la planète, mais verticalement aussi en profondeur, jusqu'à la racine divine de tout ce qui existe. Dans cette verticalité se retrouvent tous les humains qui se sont déjà perfectionnés dans l'éveil spirituel.  Où sont-ils, que font-ils, peut-on bénéficier de leur connaissance et de leur exemple ?

La Sagesse universelle en action est la plus haute forme de service de la Vie dans toutes ses phases.

Pourquoi ne pas interroger l'enseignement donné par les Frères aînés de l'humanité - les Maîtres initiés - pour approfondir sans cesse notre perception intime de l'appel puissant et généreux de la Vie, et tenter de mieux y répondre?
vos questions ?

 

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Question 6

Quelle vie intérieure pratiquer (prière, méditation...)?

La Théosophie jette, sur l'ensemble des problèmes de la vie, une lumière souvent très vive et originale. Il s'agit d'un changement d'optique, d'un changement d'attitude sur le plan moral et mental.

"Il est inutile de jeûner tant que vous avez besoin de nourriture". Mal compris, l'ascétisme consistera à s'imposer de force un régime de famine. Bien comprise, la discipline spirituelle amènera l'homme, par une progressive transformation de toute sa nature, à avoir moins besoin de manger de ces mets dont il se régalait jadis, mais à chercher naturellement une nourriture physique qui suffise à le maintenir en bonne santé, une nourriture mentale qui, loin de le disperser dans mille sujets d'intérêt, éclaire sa pensée et mobilise ses forces dans un service altruiste, et une nourriture spirituelle qui l'aide à se fondre dans l'universel.

Pour commencer, ne convient-il pas de faire le point en nous-mêmes - par un examen attentif des forces en prÈsence dans notre être? Il faut bien reconnaître que nous obéissons ordinairement à un ensemble d'habitudes bien ancrées - une sorte de "pilote automatique" qui règle presque toute notre vie, avec nos préjugés, nos ornières mentales etc. - et  comprendre à quel point notre personnalité terrestre, avec ses besoins, ses exigences, ses angoisses et ses espérances, est maîtresse chez nous, en nous obligeant à des comportements que notre raison jugeait hier légitimes, mais qu'elle risque vite de réprouver désormais à la lumière de la Théosophie, et, finalement, en nous détournant d'actions que nous souhaiterions secrètement du fond du coeur. Au centre de cette forteresse fermée à l'amour véritable, en raison de toute cette séparativité, règne le désir égoïste de vivre pour soi, le sentiment personnel.

Il faut de la méthode dans toute entreprise. Si c'est l'une des aspirations cruciales de notre vie de nous dégager de la prison du soi - détruire la prison sans toutefois tuer le prisonnier - est-ce que cela ne mérite pas qu'on réserve un temps de liberté au prisonnier qu'est notre conscience, pour lui permettre de vivre non plus sous l'emprise de l'existence incarnée mais - pour quelques moments - au rythme paisible et profond de ce que nous percevons comme notre Soi, la lumière du Maître unique, qui brille dans le cœur de tous les êtres ?

L'essentiel n'est-il pas de prendre du recul vis-à-vis du tourbillon des événements, et de construire avec vigilance un centre intérieur de paix, d'amour et de lumière, capable de devenir avec le temps une plate-forme inébranlable pour résister aux fluctuations du monde, mais aussi un lieu d'élection en nous-mêmes pour y recevoir l'inspiration de la source inépuisable de sagesse de notre être profond ? Construirait-on un pareil sanctuaire intérieur avec quelques pensées passagères, sans y mettre le prix d'efforts volontaires et répétés ?

La Théosophie recommande une démarche journalière (de préférence à heure fixe, pour profiter de la force d'un cycle que l'on établit à sa convenance).

Comme le dit l'Evangile : "le Royaume de Dieu est au-dedans de vous" (Luc, 17,21). C'est donc là qu'il faut chercher le divin,. Bien entendu, il ne s'agit pas ici de prier l'Absolu - que nulle pensée ne peut atteindre - mais de chercher à faire rayonner en soi-mieme la Lumière du Logos, "la lumière du Maître Unique, la lumière une et impérissable de l'Esprit", qui "darde dès le début ses rayons resplendissants sur le disciple" (Voix du Silence).

À ce niveau de recherche ardente, la prière va tendre à se dépouiller de sa coloration psychique et s'exprimer dans un mouvement d'élévation du soi vers le Soi, comme un appel au Soi divin, pour jeter un pont de conscience vers lui, communiquer avec lui, et finalement réaliser la communion du soi purifié et métamorphosé avec le Soi …ternel. Dans ses Notes sur la Bhagavad-Gita (chap. 17) , W.Q. Judge remarque : "La prière, ou l'aspiration, qui vise à atteindre la lumière spirituelle et la sagesse, est la plus élevée de toutes - peu importe à qui ou à quoi elle est adressée. Toutes les religions enseignent cette sorte de prière, les autres formes étant toutes égoistes et inutiles du point de vue spirituel".

La vraie prière n'est pas une demande mais "plutôt un mystère, un procédé occulte par lequel les pensées et les désirs finis et conditionnés, que l'esprit absolu inconditionné ne peut s'assimiler, sont convertis en volitions spirituelles, et en la volonté, un tel procédé s'appelle une "transmutation spirituelle". La Clef de la Théosophie (chapitre 5)

On oppose souvent la prière à la méditation silencieuse, en insistant sur le fait que l'orant prononce ou murmure (d'une façon audible ou intérieurement) une prière faite de mots. Cependant, même verbalisée, la véritable prière ne peut être une formule stéréotypée apprise par cœur : comme la méditation, volonté, intelligence et coeur sont mobilisés dans la prière. Elle peut s'exprimer diversement comme invocation, contemplation, vœu, serment d'allégeance au divin, ou reconnaissance de la vérité spirituelle réalisée dans l'approche du divin, etc.

On doit aussi remarquer les conditions indispensables pour prier : elles ressemblent tout à fait à celles de la méditation. Isolement - pas de prière en public, mais dans le secret, (Jésus lui-même a toujours prié à l'écart de ses disciples). Recueillement et ouverture de tout l'être intérieur à la présence intime du Soi, pour élever vers lui la pensée et le coeur.

Importante mise en garde de Jésus à ses disciples : réglez d'abord votre différend avec votre frère avant de prier. Le pardon des offenses doit être effectif si l'on ne veut pas que le pouvoir magique de la prière se retourne contre soi. L'appel au Soi supérieur est une démarche solennelle qui peut être lourde de conséquences si le fidèle y recourt sans s'être purifié, ou - pire encore - en poursuivant un but égoïste.

La véritable méditation ne consiste pas à s'asseoir en tailleur, faire le vide dans le mental et "méditer" (dans le sens de réfléchir mentalement sur un thème élevé) ou répéter une formule sacrée, comme on en trouve dans les livres orientaux.

L'art de la méditation repose sur une science consommÈe de l'Homme, sous tous ses aspects, que le yogi exploite délibérément, avec une volonté spirituelle toujours active, en gardant constamment en vue le but à atteindre. La "technique" de méditation de la Bhagavad-Gita‚ se résume aux points suivants :

  1. Isolement de l'être terrestre psycho-physique, loin des stimulations ordinaires de la vie incarnée (choix d'un lieu retiré, d'un siège magnétiquement pur, relaxation et fermeture des sens, du coeur et du mental à tout objet extérieur, ou intérieur, pouvant les perturber, etc.)
  2. Adoption d'une ferme attitude, conforme au but visé (le corps droit matérialise le trait d'union entre le ciel et la terre, la volonté est active, le coeur et le mental sont concentrés en un point, etc.).
  3. Ouverture de tout l'être intérieur tourné vers l'Infini (tous les pouvoirs de perception et d'action étant mobilisés par un seul désir suprÍme, qui, à ce niveau, est un Amour sans bornes.
  4. Utilisation du pouvoir magique des sons (mantram) et d'autres moyens connus du yogi, pour "sortir" vers l'universel, et l'atteindre en pleine conscience.

Ainsi sommairement esquissèe, la mèditation est une discipline divine, et non pas une technique passe-partout pour Occidentaux non prèparÈs, intéressés par un développement personnel. La Théosophie met l'aspirant solennellement en garde : sans une prèparation adéquate, une purification réelle et profonde du motif, et une compréhension claire de ce qui se passe dans la méditation, l'utilisation de techniques "orientales", avec postures de hatha-yoga, respirations spéciales, répétition de mantrams, etc. a plus de chances de conduire à des mésaventures psychiques (voire à un désastre) qu'à une illumination spirituelle, et d'amener à "sortir"... dans l'astral plutôt que vers l'Infini.

Le modèle de méditation fourni par la Bhagavad-Gita devrait se transposer à notre échelle. Pour nous aussi se recommandent les conditions : isolement, ferme attitude (extérieure et intérieure), ouverture de la conscience vers un seul but, etc. Quant aux mantrams et formules sanskrites des yogis, la Théosophie décourage leur emploi, en général, dans l'ignorance oo<breve> nous sommes de leur sens réel, de leurs effets potentiels, de leur prononciation correcte - et sans l'attitude de pure dévotion qui devrait accompagner leur usage, cependant nous disposons d'autres moyens efficaces, à notre échelle, pour aider la conscience à se libérer de sa prison, pour "sortir vers l'Infini". La Bhagavad-Gita, la Voix du Silence, l'Evangile, sont pleins de "mots magiques" qui ont un sens puissant pour l'intelligence du cœur et dont la résonance silencieuse peut emplir l'espace du sanctuaire intérieur ; et les images et idées élevées que l'on peut choisir de contempler sont autant de moyens magiques pour mettre la conscience en harmonie de vibration avec sa source éternelle.

La méditation n'est pas un rêve de sagesse idéale que l'on s'octroie, pour l'oublier bien vite et s'identifier de nouveau au personnage éphémère que l'on joue sur la scène terrestre. Elle devrait se prolonger à tous les instants de notre vie : face aux événements, il faudrait maintenant s'efforcer d'avoir un comportement différent avec la nouvelle perspective acquise à l'heure de la méditation.

Dans la pratique, on n'oubliera pas deux points essentiels :

  • a) la Nature ne procède pas par bonds, il faut de la mesure en toute chose. La méditation est propre à l'homme modéré qui sait équilibrer les différentes phases de sa vie, même s'il a un désir débordant de la rendre plus spirituelle.
  • b) faute d'avoir parcouru toute la démarche qui élève à la vraie méditation, il faut veiller au motif qui pousse à cette discipline, en consacrant par avance tout le bénéfice qui en résultera au service des autres moins privilégiés. Faute de quoi, grand est le danger d'exalter le sentiment du moi, à la suite de quelques expériences enrichissantes que l'on pourrait faire dans la méditation.

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