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Pouvoirs psychiques et pouvoirs spirituels - peut-on les développer ? (1)

Première Partie - Approche universelle du sujet

Sommaire :

  1. En l'An 2000, le "surnaturel" fascine toujours autant le public
  2. Approche universelle du sujet
  3. La place particulière de l'homme dans l'économie de l'Univers. 

Selon la Théosophie, le monde doit être envisagé comme la production d'un Pouvoir originel unique, déployant son action sur les plans successifs de sa manifestation, depuis l'Esprit jusqu'à la matière dense, en passant par l'intermédiaire appelé communément "astral". L'homme, muni de pouvoirs physiques, psychiques et spirituels, progressivement éveillés, est programmé pour échanger et coopérer avec toute la Nature, sur les plans correspondants du cosmos.

Concernant un sujet qui est plus que jamais d'actualité, et qui passionne un public nombreux, il ne faut pas hésiter à prendre ses distances par rapport au "sensationnel», pour voir réellement ce qu'il en est, dans l'optique de la Théosophie — la " philosophie de l'explication rationnelle des choses", qui bannit le " miracle" de son vocabulaire (cf. Isis Dévoilée, 1er point des 10).

1. En l'An 2000, le "surnaturel" fascine toujours autant le public (↑ sommaire)

Après la chute des idéologies matérialistes au cours du 20e siècle, et la déception des espoirs de bonheur, grâce aux seuls progrès de la technique, le crédit accordé à la science rationnelle a subi une éclipse relative : elle n'est pas aussi " toute puissante" qu'on le croyait. Une partie du public se montre " infidèle" dans sa foi : on croit encore à la science, là où elle est évidemment efficace et incontournable, par les moyens qu'elle offre, et ses doctrines imposées par les " preuves " apportées (darwinisme, big bang, etc.) mais on sait bien aujourd'hui qu'elle ne sait pas tout, qu'elle ne peut pas tout — qu'elle a des concurrents (qui passent pour) sérieux, précisément là où elle échoue encore, et où elle reste impuissante à expliquer les choses.

D'où le succès certain de tous ces concurrents, dans ce qu'on appelle, un peu globalement, " l'irrationnel", des médecines parallèles à la divination, en passant par l'astrologie karmique et le spiritisme instrumental.

Comme témoins de cette grande vague d'intérêt, dans un monde d'humains en quête de sens et de remèdes à leur mal-être, on citera la masse d'informations médiatisées (émissions de radio, programmes TV), les conférences publiques sur tous les thèmes possibles, les congrès annuels (voyance, etc.), les diverses revues spécialisées, etc. où se déploie une tapageuse publicité, invitant à " découvrir" le merveilleux à votre portée, participer à des séminaires d'initiation, des stages de perfectionnement etc. et, bien entendu, consulter les meilleurs spécialistes, qui maîtriseraient toute la connaissance ou les pouvoirs dont on peut rêver.

Le "surnaturel" en l'an 2000 = un monde enchanté, où même la science peut être mise à contribution, pour étudier et confirmer des capacités occultes, ou communiquer avec l'au-delà (dans la "T.C.I." = transcommunication instrumentale, qui fait fureur dans certains milieux).

Une enquête publiée dans le Figaro-Magazine du 15 avril 2000 (avec la collaboration de Europe 1) intitulée : " L'explosion du Paranormal" indique. quelques chiffres révélateurs :

En France :

  • 100.000 professionnels des arts divinatoires
  • 10 millions de consultants (y compris les leaders politiques en vue).

En réalité, le "surnaturel" ressemble à un "marché persan", un marché bruyant, où la foule se presse, attirée par des bonimenteurs engageants ou par des publicités plus discrètes, mais où il est bien difficile de démêler l'authentique de l'illusoire — voire de l'imposture.

En réalité également, personne ne sait l'explication réelle, scientifique, de toute la quantité de faits étranges présentés sur ce marché, sans la rigueur et le recul nécessaires. Tout est accepté sur la foi des apparences, trop souvent sans une élémentaire prudence, qui conviendrait pourtant dans un domaine aussi flou et insaisissable.

Au demeurant, les choses n'ont guère changé depuis les beaux jours du spiritisme, au 19e siècle, où l'on croyait dialoguer avec ses chers disparus, par médium interposé.

À ce moment, Mme Blavatsky est apparue sur la scène publique, pour apporter les explications indispensables — détromper les gens dans leurs illusions, et tenter de tirer les leçons philosophiques découlant des lumières apportées sur le sujet.

Alors qu'une partie du monde scientifique refuse encore de prendre en considération les faits "bizarres" du "surnaturel", la Théosophie nous invite à en faire l'inventaire, dans l'optique qu'elle a définie (avec la connaissance approfondie des Maîtres Initiés qui ont instruit Mme Blavatsky) et à en rechercher l'explication dans le cadre général de ses doctrines.

Ici, cependant, il faut résolument "changer d'optique", adopter une approche complètement différente de tous ces phénomènes et des pouvoirs mis en action par ceux qui les produisent. Les phénomènes apparaissent dans le champ du visible, du perceptible, mais leur genèse se produit dans l'invisible, l'imperceptible — dans les coulisses de ce monde (où s'exerce la science courante). C'est dans ces coulisses qu'il faudrait pouvoir entrer, pour avoir une vision exacte et scientifique de ces faits, et de l'action de ces pouvoirs : la Théosophie nous y introduit, partiellement, mais suffisamment pour nous donner une idée beaucoup plus correcte du "pourquoi" et du "comment" de tous ces mystères — que tout ce que l'on peut "imaginer", en observant les choses de l'extérieur.

N.B. C'est le refus obstiné de postuler de telles coulisses invisibles qui maintient les observateurs scientifiques dans leur scepticisme obtus, et les conduit à déclarer d'avance impossibles les phénomènes du "surnaturel", auxquels croient (tout aussi obstinément) plus de 50% de la population française  :

Pour résumer, et faire un peu le point de l' " actualité" :

  • Les hommes ont vécu depuis toujours dans le voisinage du "surnaturel", sous l'influence des religions, ou simplement par l'exercice de pouvoirs innés — particulièrement exprimés chez certains (shamans, sorciers, guérisseurs). Toutes les civilisations ont eu leurs grands &Mages" (comme Jésus, le Bouddha, Apollonius, etc).
  • Les "pouvoirs" n'ont jamais été expliqués scientifiquement : ils ont été attribués un peu aveuglément à Dieu, ou à Satan et autres démons.
  • L'essor de la science (battant en brèche la religion) a relégué la croyance au surnaturel au rang des superstitions, et disposé les tenants de cette science — "naturelle" à 100% — à ridiculiser les modernes retardataires "adeptes de l'occulte", tout en flairant partout la supercherie et l'imposture visant à exploiter facilement les gogos.
  • Une frange de scientifiques se préoccupe cependant — depuis au moins le 19e siècle — de faire une étude aussi objective que possible des phénomènes étranges : la parapsychologie est née ainsi; elle a acquis ses lettres de noblesse, face au mépris et à l'ignorance entretenus par le reste de la communauté scientifique.
  • Le travail accompli par ces chercheurs a le grand mérite d'explorer un domaine difficile d'accès, et parfois décevant, mais l'acquis est essentiel : il existe des pouvoirs paranormaux, dont les manifestations sont soigneusement répertoriées.

Cependant, on doit ajouter ce qui suit :

  • Pour les pouvoirs détectés et confirmés, il n'y a aucune explication rationnelle, scientifique, permettant de les expliquer, voire de les reproduire à volonté chez d'autres sujets que ceux qui ont les dispositions requises.
  • La confirmation de la réalité de certains pouvoirs ne permet pas de considérer ipso facto comme réels tous les autres pouvoirs encore non explorés dans ce qui est appelé le surnaturel : l'expérimentation scientifique permet de déclarer que la clairvoyance (par exemple) est possible, sans permettre de conclure que quiconque se prétend clairvoyant l'est vraiment... ou que la lévitation est également possible...
  • Les scientifiques sérieux ne peuvent manquer de faire des rapprochements entre les pouvoirs qu'ils constatent et tous ceux qui sont décrits (de longue date), dans les traités orientaux de yoga, par exemple, en se mettant ainsi sur la voie d'une ouverture à des dimensions bien plus larges.
  • Quoi qu'il en soit, on ne trouve pas, dans les Écritures orientales, (ou occidentales) d'éléments scientifiques d'explication de ces pouvoirs. D'où l'urgence, à l'heure présente, de chercher dans la Théosophie ces éléments rationnels, afin d'en finir avec la superstition et la croyance aveugle, tout en aidant les chercheurs — et le public en général — à mieux comprendre le sens de tous ces pouvoirs et leur mode de fonctionnement.
  • En faisant ce travail, les théosophes ne peuvent être soupçonnés de sacrifier à une mode, ou d'être comptés au rang des nombreux crédules, puisque, au contraire, ils cherchent à comprendre, à faire comprendre — même les scientifiques, qui s'arrogeraient le droit d'être les seuls gardiens du savoir. Avec les éléments d'information reçus des Maîtres de Mme Blavatsky — et d'elle-même, qui savait fort bien à quoi s'en tenir dans ce domaine — ils possèdent les sources d'explication les plus sûres que l'on puisse imaginer aujourd'hui.

Dans un article paru dans Sélection du Reader's Digest : &Nos pouvoirs inconnus devant la science", on trouve la remarque suivante :

«  Plus on approfondit la connaissance de la parapsychologie, plus on va vers des conceptions mystiques. L'Unité constitue le concept essentiel... de tout mysticisme...»

Ce qui nous engage dans la voie d'un changement complet d'optique qui ressemblerait à... &une seconde révolution copernicienne" (comme le pressent la conclusion de l'article cité).

2. Approche universelle du sujet (↑ sommaire)

C'est la démarche de Mme Blavatsky dans Isis Unveiled, où les &dix Points& sont un exemple d'exposé méthodique : avant d'évoquer les "pouvoirs" (tels que clairvoyance, médiumnité, sorcellerie, au Point 8), elle pose des vérités universelles :

  • Il n'y a pas de miracle " — donc rien de vraiment surnaturel : tout doit pouvoir s'expliquer, à condition d'élargir le champ de vision et d'expérience de la science.
  • La Nature ne se limite pas à ce qu'on en perçoit avec les sens. Chose essentielle, c'est une Unité — une Unité triple, comportant 3 aspects, paraissant distincts mais, en réalité, étroitement interpénétrés ou en interaction profonde.
  • Cette Unité est maintenue en cohésion dans son dynamisme par une "loi éternelle, immuable, toujours active" .

On peut évoquer les 3 aspects essentiels de cette Nature. Symboliquement :

  • l'aspect Terre — visible, objectif,
  • l'aspect Lune —  invisible, intérieur (souvent appelé "astral") = les coulisses immédiates de la nature visible, dont les ficelles sont tirées, ou actionnées, par un foisonnement d'énergies et d'images qui donnent forme et vie aux réalités objectives de la scène terrestre.
  • l'aspect Soleil —  source invisible et éternelle de toute énergie, foyer vivant de toute impulsion et de toute loi animant et gouvernant les opérations des 2 aspects inférieurs.

L'Unité fonctionnelle de cet ensemble est une chose essentielle à retenir : le monde ne serait pas un cosmos, une structure vivante ordonnée et harmonieuse dans son dynamisme évolutif, sans cette Unité à la base.

Noter que les penseurs modernes, qui approchent l'organisation et le déploiement de l'Univers par l'observation et l'analyse approfondie, arrivent à l'étonnante conclusion que cet Univers ne doit son existence qu'à un ensemble de constantes physiques réglées avec une extraordinaire précision dont l'ajustement initial rigoureux a permis la mise en place progressive d'étoiles et de planètes où la vie avait de bonnes chances d'apparaître, et la conscience de fleurir — jusqu'à l'apparition de l'homme, qui en vient à penser et contempler cet Univers, où sa place semblait prévue... dès le début. Hypothèse anthropique, sérieusement défendue par des scientifiques — plutôt mal vus par leurs collègues " matérialistes ".

Pour la Théosophie, il y a bien, à l'origine même d'un Univers, une impulsion initiale, jouant le rôle de Cause Première, un Pouvoir unique dont la force créatrice est identifiée à Kâma — le Désir primitif, en Inde — et à Erôs, en Grèce. C'est la " Force de l'Esprit en action ", qui n'est pas chaotique mais, au contraire, exprime ce qu'on pourrait appeler la " Volonté Divine originelle ", qui lance et soutient le déploiement des mondes sur la base d'un programme ordonné (impliquant l'expérience acquise au cours de la vie d'Univers précédents, depuis longtemps disparus).

À partir de l'Unité de départ, la diversité se met en place dans l'organisation des divers aspects évoqués plus haut (du "Soleil" à la "Terre"), l'extraordinaire multiplicité des êtres se met à l'œuvre sur tous les niveaux, et se trouve engagée dans le grand flux de l'évolution des formes et des consciences, chacun de ces êtres occupant la place karmique (= conforme à la loi de karma, ou de causalité universelle) qui lui revient, dans le concert de cette collectivité dont l'Unité est constamment maintenue, par l'effet des Lois qui règlent la vie de cet Univers.

Dans cette harmonie, soutenue par le Pouvoir du Grand Souffle de la Vie et de la Conscience Intelligente, les êtres ne sont jamais séparés, isolés les uns des autres. Ils sont hiérarchisés dans tout le cosmos en "légions" vivantes, qui ont toutes un rôle à jouer dans l'équilibre écologique de l'ensemble (songer au règne animal, avec ses espèces innombrables, et au règne humain et ses légions d'individus, liés entre eux par tous les échanges imposés par leur existence commune).

N.B. La Théosophie emploie plus volontiers le terme de hiérarchie pour désigner les "légions" particulières d'êtres remplissant un rôle donné dans l'économie d'un système solaire; le mot "légion" rappelle le sanskrit gana = troupe, multitude, formant un corps constitué, une armée, alors que "hiérarchie" suppose aussi un grand ensemble de personnes, mais, cette fois, organisé selon une pyramide, depuis un chef suprême jusqu'au simple exécutant. (En Théosophie, il n'y a pas de Dieu créateur personnel).

Tout cela étant posé, si, comme le dit la Théosophie, le monde tout entier, sur les 3 plans évoqués plus haut, est un cosmos vivant, actif. Il faut postuler pour toutes les "hiérarchies" d'êtres qui le peuplent et l'animent, du haut en bas, un certain nombre de pouvoirs, de facultés et de fonctions, coordonnés, qui maintiennent l'économie de l'ensemble, les interactions constructives, et le progrès évolutif de cet ensemble.

  1. des pouvoirs d'échange de signaux d'information entre les êtres, permettant l'intercommunication efficace sur un même plan, ou même d'un plan à l'autre, d'une "hiérarchie" à l'autre.
  2. des pouvoirs d'interaction avec le milieu, dans toute la gamme des activités propres aux diverses hiérarchies, dans l'écologie générale de tout l'ensemble (aux fins de création — préservation — destruction, au programme dans la Nature).
    Ce qui implique nécessairement :
  3. des instruments adéquats de réception et d'émission de signaux significatifs — non aléatoires — avec des mécanismes de programmation sélective de ces signaux.
  4. des instruments interactifs — permettant d'agir ou d'intervenir sur le milieu, et, réciproquement, de subir des actions du milieu.

Tout cela resterait encore inefficace sans mémoire vive — c'est-à-dire sans un moyen de stockage ordonné des informations reçues, ou générées par l'être, avec des mécanismes fiables et rapides d'exploration de cette mémoire, nécessaire au fonctionnement des pouvoirs et instruments énoncés plus haut.

Pour que les êtres présents dans le cosmos ne soient pas des simples robots, il faut, bien sûr, postuler en chacun d'eux :

  • une conscience, plus ou moins éveillée, capable d'interpréter les signaux perçus, et d'engager des actions adaptées à ces signaux.
  • Une loi d'action, définissant le sens général des interventions possibles et des limites fixées à ces interventions, pour chaque classe d'êtres (ou "hiérarchie"). [Loi = norme spécifique].

Naturellement, pour que le cosmos se conserve harmonieusement, il faut que les lois d'action, ou normes spécifiques, de toutes les hiérarchies, à tous les niveaux, répondent aux nécessités imposées par le Pouvoir unique, exprimé comme "Volonté générale de la Nature" (pour prendre un terme symbolique, sans connotation anthropomorphique).

Ces considérations, un peu théoriques, s'éclairent en prenant l'exemple d'une simple particule de matière placée au sein de tout l'Univers.

Le physicien Jean Charon a fait l'hypothèse (assez théosophique) de l'existence d'une face cachée de la matière, qui ne serait autre qu'une forme ou une autre de conscience : c'est ce qu'il a appelé globalement Psychomatière. [Nous retrouvons ici l'association à l'aspect Terre des coulisses de la Lune].

Or, qu'arrive-t-il à un électron (par exemple), placé (au temps zéro) dans le champ des influences de l'Univers ?

  • il émet une onde (à vitesse infinie) qui explore tout l'univers et en recueille l'écho complet, immédiatement ;
  • il compare la totalité du message reçu (définissant les conditions initiales de sa situation dans l'univers) au contenu de sa mémoire;
  • dans les limites tracées par l'univers et sa propre loi d'action (en tant qu'électron), il choisit une action, une trajectoire, parmi d'autres ; et il l'exécute.
  • il enregistre en mémoire le contenu de toutes ses interactions avec les autres particules, avec les choix qu'il a faits chaque fois, et ainsi gagne en expérience...

Aussi échevelé que paraisse ce discours (pour d'autres scientifiques), on a bien reconnu l'intervention des divers pouvoirs évoqués plus haut, de la mémoire, de la conscience, et des choix possibles compte tenu des conditions imposées, avec le jeu du "libre-arbitre" — dans les limites strictes de la Loi.

Avec la perspective de l'évolution de l'électron vers des degrés plus élevés de conscience... on rêve de Théosophie, à l'heure scientifique du 21e siècle.

L'intérêt de tout ce qui précède apparaît si on songe que tous les aspects de notre monde manifesté sont concernés ("Terre" et "Lune" sont peuplées d'entités équipées, à leur échelle, de pouvoirs et d'instruments ayant des fonctions analogues), et que l'homme — miroir de l'Univers — concentre en lui-même, au moins potentiellement la totalité de ces capacités de perception et d'action, en principe, sans aucune limitation d'espace ou de temps, avec le supplément d'efficacité dû à sa conscience éveillée.

Avant de quitter "l'universel", il faut évoquer la Grande Mémoire de la Nature, qui conserve l'information de toute l'histoire des êtres peuplant la "Terre" et la "Lune", dans le temps et l'espace, et contient la trace de la situation présente, ainsi que du futur en marche, déterminé par le jeu complexe des causes du passé. C'est la Lumière Astrale (popularisée par Éliphas Lévi, au 19° siècle), que l'on peut atteindre dans le côté "lunaire" de la Nature.

À cette mémoire "historique" correspond, du côté solaire, ce que la Théosophie appelle d'un terme sanskrit, l'Âkasha, qui a une dimension éternelle et contient les causes immuables et les archétypes qui se projettent périodiquement dans le domaine de la manifestation universelle.

Si la Lumière astrale est comme la matrice lunaire de toutes les formes et événements qui se déploient dans le "concret" (lunaire et terrestre), l'Âkasha est comme le Livre éternel de Vie, où reposent les germes idéaux de toutes les formes qui viendront un jour à se construire, et, sans doute aussi, l'orientation des Grands Cycles qui rythment la pulsation des Univers.

3. La place particulière de l'homme dans l'économie de l'Univers (↑ sommaire)

L'idée de "l'hypothèse anthropique" évoquée plus haut n'est pas pour déplaire aux théosophes, mais elle demande à être précisée : il se trouve bien, en effet, que tout était comme "calculé" dès le début, pour permettre l'apparition de l'homme, mais il faut ajouter beaucoup d'éléments au tableau des conditions initiales et au déroulement du programme de l'évolution conduisant à l'éveil de la conscience humaine. Voir la Doctrine Secrète de Mme Blavatsky pour le plan et les détails de sa réalisation.

Pour résumer : le projet de l'homme ou, si l'on préfère, l'ensemble des processus qui ont servi à le construire (sous tous ses aspects "manifestés"), a été, en quelque sorte, au centre (voire même en tête) des opérations naturelles qui ont assuré l'involution de l'Esprit dans la matière.

L'apparition de l'homme, sur la Terre en formation, était projetée dès le début. Un lent processus de construction a permis d'élaborer sa forme, d'abord longtemps astrale (= " lunaire "), puis physique, au plus bas du cycle descendant.

Comme être astral conscient (mais non soi-conscient, donc privé d'intelligence et d'affections humaines), il jouissait de sens de perception et d'organes d'action astraux — comme une sorte d'animal obéissant à l'impulsion naturelle et à l'instinct propre à son espèce particulière.

La situation a changé assez radicalement lorsque la légion des Pères spirituels de l'humanité (collectivement évoqués dans les mythes antiques de Prométhée, de Lucifer, ou des Anges Déchus) a pris en charge (en quelque sorte) ces êtres incomplets — hommes en apparence, mais sans mental — pour éveiller en eux les principes vraiment humains leur assurant le libre-arbitre et la capacité de prendre en main leur propre évolution.

Il est question dans la Théosophie d'une "incarnation" de ces grands Éveilleurs dans les hommes de cet Âge d'Or. Pour ces derniers, la Science de leurs Parents était innée en eux (Secret Doctrine, 2, 285)  : "Ces enfants du Ciel et de la Terre étaient pourvus, à leur naissance, de facultés extraordinaires, morales et physiques, par les Pouvoirs Souverains — les auteurs de leur existence...". Les secrets du ciel, de la terre, de la mer — du monde entier — étaient à leur portée... Enfants innocents, ils vivaient dans une ambiance magique.

À ce moment (qui s'est prolongé pendant des milliers d'années, il est vrai), l'homme, en osmose avec son Parent divin, jouissait d'un sens spirituel central : le Troisième œil, ouvrant sur la plus haute clairvoyance universelle. Il percevait naturellement l'unité de la famille humaine avec ses Progéniteurs, et éprouvait pour eux une intense Dévotion, reflet de l'Amour Compassion de ces Aînés, dont le sacrifice avait permis l'éveil de la soi-conscience.

Avec le temps, l'incarnation progressive dans le monde matériel, dans des corps devenus physiques (et mortels) et, parallèlement, le développement d'une personnalité séparée, obligée à vivre sa vie indépendante sur terre, ont produit une régression du sens spirituel, un développement des sens physiques ( = projection des sens astraux vers le monde de la " Terre ") et, concurremment, une régression de l'activité des sens intérieurs en rapport avec le monde astral de la " Lune ".

Finalement, avec le temps, l'enfoncement dans la matière physique a enfermé l'homme dans un monde coupé de l'Esprit, et des Êtres " Solaires ", et même des moyens d'intercommunication avec l'astral, et par le canal de l'astral. Il n'y avait plus, comme réalité tangible, que l'univers physique, avec ses jouissances et ses douleurs, mobilisant presque entièrement le "mental-désir" de la personnalité incarnée, limité à l'histoire linéaire de son Moi, et ne retrouvant le spirituel que dans le sommeil profond ou la mort, ou dans la voix de la conscience et le réveil des grandes idées innées restées imprimées au fond des âmes pour servir, dans une certaine mesure, d' "instinct spirituel" programmant la démarche humaine dans le sens de la participation à l'harmonie universelle.

Il faut rappeler peut-être que, pour les hommes dans leur enfance, la dimension magique très présente est restée très réelle, même après leur pleine incarnation dans la matière — d'où le danger très grave pour ces êtres de tomber dans la sorcellerie, une fois éloignés de l'esprit et fascinés par l'attrait du physique et des jouissances qu'il pouvait procurer. Cette chute dans la magie noire n'a pas manqué d'arriver, pour une partie au moins de la race humaine, avec des conséquences désastreuses (dont la production consciente des hybrides mi-humains mi-animaux qui ont donné, par évolution ultérieure, les anthropoïdes connus actuellement). Avec cette " chute ", le 3e Œil s'est éteint — Primitivement à fleur de tête, l'organe s'est enfoncé dans le crâne pour laisser, comme relique visible, la glande pinéale, ou épiphyse.

N.B. Dans l'homme actuel, ce 3e Œil est inactif en général (pour ne donner des signes d'éveil qu'à de rares occasions où le Moi personnel, égoïste, est totalement inhibé. Seul le yoga spirituel permettra de le remettre en fonction, mais William Q. Judge  a découragé de s'y essayer actuellement = tâche trop difficile. (Cf. Lettres qui m'ont aidé, lettre 5 : ce serait "un sacrifice inutile").

Une importante question se pose ici : pourquoi tous ces efforts coordonnés de la Nature pour construire la forme humaine, pourquoi ce sacrifice des Parents divins, incarnés dans l'enfance de l'humanité, et toujours individuellement liés à chaque individualité éveillée par eux ? Pourquoi ces réincarnations des âmes, devenues prisonnières de la " Terre " ?

Est-ce seulement pour qu'il y ait des hommes ici-bas qui affirment leur hégémonie sur la planète, en jouissant au mieux de ses présents, et en construisant des civilisations mirifiques ? Vision anthropocentrique — radicalement fausse.

Dans l'économie de l'Univers, l'homme a sa place marquée. Comme miroir de cet Univers, il doit faire la synthèse en lui-même de tous les pouvoirs de toutes les hiérarchies d'êtres, au point de parvenir à devenir un allié conscient, intelligent et actif de toute la Nature, afin de participer à son tour au développement et à la réussite de ses programmes évolutifs — dans la succession infinie des expériences de la Vie qui ont pour théâtres les Univers.

L'homme est bien ici-bas pour incarner le Divin qu'il porte en lui-même, dont il est une émanation qu'il doit rendre de plus en plus parfaite.

Cela revient à dire que l'homme est lié à la Grande Nature par une sorte de contrat — "sur l'honneur" (bien qu'il ne s'en rendre pas compte).

Tous les pouvoirs qui existent entre Ciel et Terre sont potentiellement disponibles, à condition de les mettre au service du projet ou de la mission qui revient en propre à l'être humain : cette motivation devra être prise en considération lorsqu'on se préoccupera de "développer les pouvoirs".

Par ailleurs, la Nature souveraine (dont la "Volonté générale" s'exprime sans cesse à travers les décrets de karma) procède toujours pour mettre en place les conditions permettant à l'intelligence humaine de prendre le relais de l'impulsion naturelle; l'arc ascendant s'est amorcé après le point médian marquant le maximum de densification de la matière — le flux de la marée de Vie tend désormais à remonter vers l'Esprit, en parcourant en sens inverse les stades et degrés de matière expérimentés au cours de la descente. Ce qui laisse prévoir un dégagement progressif de la conscience humaine des limitations du corps physique, en s'élevant ainsi, par des niveaux de plus en plus éthérés, jusqu'à la pleine réintégration au plan de l'Esprit.

Dans cette dynamique programmée, les sens astraux, encore latents dans la majorité des gens, ont tendance à se réactiver progressivement dès maintenant. 

N.B. On constate bien, chez certaines personnes, ce genre de réveil, généralement limité et accidentel (dans des phénomènes isolés de clairvoyance, prémonition, transmission de pensée, etc., avec cependant, chez certains, des manifestations plus régulières de pouvoirs psychiques (à relier sans doute à un effort délibéré, fait dans ce sens dans des vies antérieures). On dirait d'ailleurs qu'il y a des périodes cycliques où ces cas semblent spécialement se multiplier (comme dans la vague impressionnante de spiritisme, dans la 2e moitié du 19e siècle).

Malheureusement, les sens psychiques, liés au monde lunaire, sont bien plus faciles à réveiller que le 3e Œil, et les sens spirituels, à portée universelle. Une des raisons en est que le progrès moral (qui est une condition indispensable pour permettre au spirituel de se manifester) n'a pas suivi le développement du mental et l'affinement des sens physiques, orientés vers la jouissance des sensations du monde.

La marée ascendante des phénomènes psychiques, " sensationnels ", tend à noyer le flux d'aspirations à l'expérience spirituelle (qui se fait également sentir actuellement) — d'où la confusion des valeurs que l'on peut constater souvent : il n'y a rien de spirituel dans la plupart des manifestations paranormales, mais il est souvent tentant de les attribuer à l'Esprit.

Le sens de l'évolution va vers une prise de conscience de plus en plus grande de l'enjeu de l'expérience humain — une ouverture de notre conscience personnelle à la réalité de notre Alter Ego spirituel, et aux injonctions de la Volonté générale de la Nature. Ainsi, le spirituel devrait devenir de plus en plus le pôle central de toute démarche humaine — l' " Universel ", l' " Éternel ", s'imposant parallèlement, comme des critères de plus en plus exigeants, et non le physique ou le psychique, qui appartiennent à l'impermanent, voire à l'illusoire — en tout cas, au provisoire.

Il faut s'attendre à ce que l'évolution nous fasse repasser par l'astral, avec un développement complet des sens psychiques correspondants : le danger de retomber dans la magie, ou la sorcellerie, pourrait bien nous menacer à nouveau, si nous ne faisions pas tous les efforts nécessaires pour réaffirmer notre alliance avec les Parents divins qui nous ont éveillés à la stature d'hommes, et, à travers eux, avec l'Esprit universel, ou le Soleil spirituel central, dont nous sommes des rayons vivants.

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