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"Les Rêves et l'Éveil Intérieur" (2),
Enseignements Théosophiques, Pays de Rêves et Somnambulisme (1ère Partie, B et C)

par H. P. Blavatsky  et W.Q. Judge

Sommaire :

  1. B. Enseignement général sur les rêves
  2. C. Pays du rêve et du somnambulisme

 

B. Enseignement général sur les rêves(↑ sommaire)

Le texte qui suit contient l'essentiel des réponses fournies oralement par Mme H.P. Blavatsky à des questions sur les rêves, au cours de réunions d'étude tenues à Londres, en 1888, dans le cadre de la «Blavatsky Lodge» de la Theosophical Society. Il a été publié en même temps qu'une série d'instructions données ultérieurement par H.P.B. sur les premières stances de son oeuvre majeure, La Doctrine Secrète, et réunies en 2 volumes édités à Londres, en 1890 et 1891, sous le titre Transactions of the Blavatsky Lodge of the T. S. [= Comptes rendus de la Blavatsky Lodge of the T.S.]

Pour faciliter cette étude au lecteur non averti, de nombreuses notes explicatives ont été ajoutées, à titre purement indicatif, afin d'éclairer le sens de mots usuels du langage théosophique.

Q. — Quels sont les «principes» qui sont actifs pendant les rêves ?

R. — Les «principes» actifs pendant les rêves ordinaires — qu'il faudrait distinguer des rêves réels, et appeler vaines visions — sont en fait kâma (10) (le siège du moi personnel et du désir) qui se trouve éveillé à une activité chaotique par les réminiscences assoupies du manas (11) inférieur.

Q. — Qu'est-ce que le «manas inférieur» ?

R. — On l'appelle ordinairement l'âme animale (le nephesh des cabalistes hébreux). C'est le rayon qui émane du Manas supérieur, ou Ego permanent, et c'est le «principe» qui forme le mental humain — ou l'instinct chez les animaux, car les animaux rêvent aussi (12). L'action combinée de kâma et de l'«âme animale» est toutefois purement mécanique. C'est l'instinct et non la raison qui est actif en eux. Pendant le sommeil du corps, il se produit mécaniquement un échange de stimulations électriques entre eux et divers centres nerveux. Le cerveau n'en est guère impressionné, et la mémoire les consigne, évidemment, sans ordre ni suite. Au réveil, ces impressions s'effacent graduellement, comme le fait toute ombre fugitive qui n'a pas à la base de réalité substantielle pour la soutenir. La faculté de rétention du cerveau est cependant capable de les enregistrer et de les conserver, pour peu qu'elles soient gravées avec assez de force. Mais, en général, notre mémoire n'enregistre que les impressions fugitives et déformées que le cerveau reçoit au moment du réveil. Notons que cet aspect des «rêves» a été suffisamment observé, et est décrit assez correctement, dans les ouvrages modernes de physiologie et de biologie, du fait que de tels rêves humains ne diffèrent guère de ceux des animaux. Ce qui est entièrement terra incognita pour la science, ce sont les véritables rêves et expériences de l'Ego supérieur, qu'on appelle aussi des rêves, mais qu'on ne devrait pas nommer ainsi, ou alors, le terme désignant les autres «visions» à l'état de sommeil devrait être changé.

Q. — En quoi sont-ils différents ?

R. — La nature et les fonctions des rêves réels ne peuvent être comprises à moins d'admettre, dans l'homme mortel, l'existence d'un Ego immortel, indépendant du corps physique, car le sujet devient tout à fait incompréhensible si nous ne croyons pas — ce qui est un fait — que, durant le sommeil, il ne reste qu'une forme animée d'argile, dont les pouvoirs de pensée indépendante sont totalement paralysés.

Mais si nous admettons l'existence en nous-mêmes d'un Ego supérieur, ou permanent — Ego qui ne doit pas être confondu avec ce que nous appelons le «Soi Supérieur» (13) — nous pouvons comprendre que ce que nous considérons souvent comme des rêves, et prenons généralement pour de vains fantasmes, ce sont, en réalité, des pages éparses arrachées au livre de la vie et des expériences de l'homme intérieur, et dont les vagues souvenirs, au moment du réveil, deviennent plus ou moins dénaturés par l'action de notre mémoire physique. Celle-ci saisit mécaniquement quelques impressions subsistant des pensées, des faits observés, des actes accomplis par l'homme intérieur durant ses heures d'entière liberté. Car notre Ego vit sa propre vie séparée, dans sa prison d'argile, dès qu'il s'affranchit des entraves de la matière, c'est-à-dire pendant le sommeil de l'homme physique. C'est cet Ego qui est l'acteur, l'homme réel, le véritable soi humain. Mais l'homme physique ne peut sentir ni être conscient pendant les rêves ; car la personnalité, l'homme extérieur, avec son cerveau et son appareil à penser, se trouve alors plus ou moins complètement paralysé.

Nous pourrions bien comparer l'Ego réel à un prisonnier et la personnalité physique au geôlier de sa prison. Si le gardien se met à sommeiller, le prisonnier s'échappe ou, du moins, passe hors des murs de sa prison. Le geôlier est à demi endormi : pendant tout ce temps, en dodelinant du chef, il regarde par une fenêtre, d'où il ne peut apercevoir son prisonnier que par moments, comme une sorte d'ombre allant et venant devant la fenêtre. Mais que peut-il saisir, et que peut-il savoir des actes réels et surtout des pensées de celui qu'il garde ?

Q. — Les pensées de l'un ne s'impriment-elles pas sur l'autre ?

R. — Pas durant le sommeil, en tout cas ; car l'Ego réel ne pense pas comme le fait sa personnalité évanescente et temporaire. Pendant les heures de veille, les pensées et la Voix de l'Ego supérieur parviennent ou non à toucher le geôlier — l'homme physique — car elles constituent la Voix de sa Conscience ; par contre, durant son sommeil, elles sont absolument comme la «Voix dans le désert». Dans les pensées de l'homme réel, ou de l' «Individualité» immortelle, les images et visions du passé et de l'avenir sont comme le présent ; et ses pensées ne sont pas, comme les nôtres, des images subjectives dans le champ de notre activité cérébrale mais des actes et des faits vivants, d'effectives réalités présentes. Ce sont des réalités, tout comme elles l'étaient à l'époque où le langage articulé en sons n'existait pas, quand les pensées étaient des choses, et que les hommes n'avaient pas besoin de les exprimer en paroles ; car elles se traduisaient sur-le-champ en actions par le pouvoir de kriyashakti (14) — ce mystérieux pouvoir qui transforme instantanément les idées en formes visibles — et celles-ci étaient aussi objectives pour l' «homme» des débuts de la troisième Race (15), que les objets visibles le sont actuellement pour nous.

Q. — Comment, alors, la philosophie ésotérique explique-t-elle la transmission de ne fût-ce que quelques fragments de ces pensées de l'Ego à notre mémoire physique que celle-ci conserve parfois ?

R. — De tels fragments sont reflétés sur le cerveau du dormeur, comme autant d'ombres extérieures sur les parois de toile d'une tente que l'occupant voit en se réveillant. L'homme pense alors qu'il a rêvé tout cela, et a l'impression qu'il a, lui-même, vécu quelque chose, alors qu'en réalité ce sont les actions-pensées du véritable Ego qu'il a vaguement perçues. À mesure qu'il s'éveille complètement, ses souvenirs deviennent, à chaque minute, de plus en plus déformés et se mêlent aux images projetées par le cerveau physique, sous l'action du stimulus qui amène le dormeur à s'éveiller. Par le pouvoir de l'association, ces souvenirs mettent en mouvement diverses séquences d'idées.

Q. — Il est difficile de réaliser comment l'Ego peut être en train d'accomplir pendant la nuit des choses qui ont eu lieu il y a longtemps. N'a-t-il pas été dit que les rêves ne sont pas subjectifs ?

R. — Comment peuvent-ils être subjectifs quand l'état de rêve est lui-même pour nous, sur notre plan du moins, une condition subjective ? Pour le rêveur (l'Ego), sur son propre plan, les choses sur ce plan sont aussi objectives que nos actes le sont pour nous.

Q. — Quels sont les sens qui sont actifs dans les rêves ?

R. — Les sens du dormeur reçoivent des stimulations occasionnelles et sont éveillés à une action mécanique ; ce qu'il entend et voit est, comme il a été dit, un reflet déformé des pensées de l'Ego. Celui-ci est hautement spirituel et est lié très étroitement aux principes supérieurs, Buddhi et Âtma (16). Ces principes supérieurs sont entièrement inactifs sur notre plan, et l'Ego supérieur (Manas) est lui-même plus ou moins somnolent pendant l'état de veille de l'homme physique. C'est particulièrement le cas chez des personnes d'un mental très matérialiste. Si endormies sont les facultés spirituelles — tellement l'Ego est entravé par la matière — qu'Il (17) ne peut guère donner toute son attention aux actions de l'homme, même si ce dernier commet des péchés pour lesquels cet Ego — une fois réuni à son manas inférieur — devra souffrir conjointement dans l'avenir. Ce sont, comme je l'ai dit, les impressions projetées dans l'homme physique par cet Ego qui constituent ce que nous appelons la «conscience» (18) ; et dans la mesure où la personnalité, l'âme inférieure (ou manas inférieur), s'unit à sa conscience (19) supérieure, ou son EGO, l'action de celui-ci sur la vie de l'homme mortel devient plus marquée.

Q. — Cet Ego, dans ce cas, est l' «Ego Supérieur» ?

R. — Oui, c'est le Manas supérieur illuminé par Buddhi, le principe de la soi-conscience, en bref le «Je-suis-moi». C'est le kârana sharîra (20), l'homme immortel qui passe d'une incarnation à l'autre.

Q.— Le «registre» — ou les «tablettes de la mémoire» — de l'état de rêve réel diffère-t-il de celui de l'état de veille ?

R. — Puisque les rêves sont, en réalité, les actions de l'Ego pendant le sommeil physique, il va de soi qu'ils sont consignés sur leur propre plan et produisent leurs effets appropriés sur celui-ci. Mais il faut toujours garder en pensée que les rêves en général — et tels que nous les connaissons — sont simplement les vagues souvenirs que nous retenons de ces faits au réveil.

Il arrive souvent, en vérité, que nous n'ayons absolument aucun souvenir d'avoir rêvé, mais que, plus tard, dans la journée, le rappel du rêve jaillisse en nous brusquement. À cela il y a beaucoup de causes. On peut faire une analogie avec ce qui arrive parfois à chacun de nous. Souvent une sensation, une odeur, même un bruit fortuit, ou un son, nous ramènent instantanément à l'esprit des événements, des scènes ou des individus oubliés depuis longtemps. De même, quelque chose de ce que l' «acteur nocturne», l'Ego, a vu, fait ou pensé a pu s'imprimer à ce moment sur le cerveau physique, sans parvenir jusqu'à la mémoire consciente éveillée, par suite de quelque condition ou obstacle physique. Cette impression est bien enregistrée sur le cerveau, dans sa cellule ou son centre nerveux approprié, mais en raison de quelque circonstance accidentelle, elle «couve sous la cendre», pourrait-on dire, jusqu'à ce que quelque chose lui donne l'impulsion requise. À ce moment, le cerveau la relâche immédiatement dans la mémoire consciente de l'homme éveillé ; car, dès que les conditions voulues sont réunies, ce centre nerveux particulier entre aussitôt en activité et remplit la tâche qui était la sienne, mais qu'il avait été alors empêché de mener à bien.

Q. — Comment ce processus se produit-il ?

R.— II y a une sorte de communication télégraphique consciente qui se maintient sans cesse, jour et nuit, entre le cerveau physique et l'homme intérieur. Le cerveau est une chose si complexe, tant physiquement que métaphysiquement, qu'il est comme un arbre dont vous pouvez enlever l'écorce couche après couche, chacune étant différente de toutes les autres, et chacune ayant son travail, sa fonction et ses propriétés, d'une manière toute spécifique.

Q. — Qu'est-ce qui distingue la mémoire et l'imagination de «l'état de rêve» de celles de la conscience éveillée ?

R. — Pendant le sommeil, la mémoire et l'imagination physiques sont naturellement passives, parce que le rêveur est endormi : son cerveau est endormi, sa mémoire est endormie, toutes ses fonctions sont assoupies et en repos. C'est uniquement lorsqu'elles sont stimulées, comme je vous l'ai dit, qu'elles entrent en activité. Ainsi la conscience du dormeur n'est pas active, mais passive. Toutefois l'homme intérieur, l'Ego réel, agit indépendamment pendant le sommeil du corps ; mais il est douteux qu'aucun de nous — à moins d'être parfaitement versé dans la physiologie de l'Occultisme — puisse comprendre la nature de cette action.

Q. — Quel rapport ont la lumière astrale et l'Akâsha (21) avec la mémoire ?

R. — La première est le «registre de la mémoire» de l'homme animal, le second, celui de l'Ego spirituel. Les «rêves» de l'Ego, autant que les actes de l'homme physique, sont tous enregistrés, vu que les uns et les autres sont des actions basées sur des causes et productrices de résultats. Nos «rêves», constituant simplement l'état de veille et les actions du Soi véritable, doivent évidemment être consignés quelque part. Lisez «Karmic Visions» dans Lucifer (22), et notez la description de l'Ego réel, demeurant comme un spectateur de la vie du héros, et quelque chose peut-être vous frappera.

Q. — Qu'est-ce, en réalité, que la lumière astrale ?

R. — Comme nous l'enseigne la philosophie ésotérique, la lumière astrale est simplement la lie de l'Akâsha, ou de l'ldéation Universelle (23), dans son sens métaphysique. Invisible, elle n'en est pas moins, pour ainsi dire, la radiation phosphorescente de cette dernière, et elle constitue le milieu servant d'intermédiaire entre l'Akâsha et les facultés mentales de l'homme. Ce sont celles-ci qui polluent la lumière astrale et en font ce qu'elle est — le réservoir de toutes les iniquités humaines, et surtout psychiques. Dans sa genèse primordiale, la lumière astrale, en tant que radiation, est tout à fait pure, mais plus elle descend et s'approche de notre sphère terrestre, plus elle se différencie et devient en conséquence impure dans sa constitution même. Mais l'homme contribue considérablement à cette pollution, et il lui restitue son essence dans une condition bien pire que lorsqu'il l'a reçue.

Q. — Pouvez-vous nous expliquer comment elle est reliée à l'homme, et quelle est son action dans la vie de rêve ?

R. — La différenciation dans le monde physique est infinie. L'idéation Universelle — ou Mahat (24), si vous voulez — envoie sa radiation homogène dans le monde hétérogène, et celle-ci atteint le mental humain, ou personnel, par le canal de la lumière astrale.

Q. — Mais notre mental ne reçoit-il pas son illumination directement du Manas supérieur, par l'intermédiaire du manas inférieur ? Et le premier n'est-il pas la pure émanation de l'idéation divine — c'est-à-dire (collectivement) les Mânasaputra (25), qui s'incarnèrent dans les hommes ?

R. — C'est exact. Les Manasâputra individuels (ou les Kumâra) sont les radiations directes de l'ldéation divine — «individuels» dans le sens d'une différenciation ultérieure, par suite d'incarnations innombrables. En somme, ils constituent l'agrégat collectif de cette Idéation, devenue sur notre plan (ou de notre point de vue), Mahat, tout comme les Dhyan Chohan (26) constituent dans leur ensemble le VERBE, ou le «Logos», dans la formation du Monde. Si la personnalité (le manas inférieur ou le mental physique) des hommes était uniquement inspirée et illuminée par son alter Ego supérieur, il n'y aurait guère de péché dans ce monde. Mais ce n'est pas le cas et, comme elle s'empêtre dans les mailles de la lumière astrale, elle se sépare de plus en plus de l'Ego qui est son parent. Lisez et étudiez ce que dit Eliphas Lévi de la lumière astrale, qu'il appelle Satan et le Grand Serpent. La lumière astrale a été considérée trop littéralement comme signifiant une sorte de second ciel bleu.

Pourtant, cet espace imaginaire — qui porte l'empreinte des images sans nombre de tout ce qui a jamais été, qui est et qui sera — n'est qu'une trop triste réalité. Il devient dans l'homme, et pour l'homme — s'il est tant soit peu psychique (et qui ne l'est pas ?) — un démon tentateur, son «mauvais ange», et l'inspirateur de toutes nos pires actions. Il agit même sur la volonté de l'homme endormi, par des visions imprimées sur son cerveau assoupi (visions qui ne doivent pas être confondues avec les «rêves»), et ces germes portent leurs fruits quand il s'éveille.

Q. — Quel est le rôle joué par la volonté dans les rêves ?

R. — La volonté de l'homme extérieur — notre volition — est évidemment dormante et inactive au cours des rêves ; mais il est possible de donner une certaine orientation à la volonté somnolente, durant son inactivité, et d'obtenir ultérieurement certains résultats par l'effet d'interaction mutuelle qui a lieu — quasi mécaniquement — lorsque sont conjoints en un seul deux «principes» (ou davantage) à un tel point qu'ils arrivent à agir en parfaite harmonie, sans aucune friction, ni une seule fausse note, quand l'homme est éveillé. Mais c'est là un des artifices de la «magie noire», et lorsqu'on l'emploie à des fins bénéfiques, il fait partie de l'entraînement d'un Occultiste. Il faut être très avancé sur le «sentier» pour avoir une volonté capable d'agir consciemment durant le sommeil physique, ou d'influencer la volonté d'une autre personne pendant qu'elle dort, c'est-à-dire de contrôler ses rêves et, par suite, de contrôler ses actions à l'état de veille.

Q. — On nous enseigne qu'un homme peut unir tous ses «principes» en un seul : qu'est-ce que cela signifie ?

R. — Quand un adepte réussit à faire cela, il est un jîvanmukta (27) : virtuellement, il n'est plus de cette terre et devient un nirvâni, qui peut entrer en samâdhi à volonté. Les adeptes sont généralement classés d'après le nombre de «principes» qu'ils tiennent sous leur parfait contrôle, car ce que nous appelons la volonté a son siège dans l'Ego supérieur et celui-ci, lorsqu'il est débarrassé de sa personnalité lourde de péchés, est divin et pur.

Q. — Quel rôle karma joue-t-il clans les rêves  ? En Inde, les gens disent que chaque homme reçoit la récompense ou la punition de tous ses actes à l'état de veille aussi bien que de rêve.

R. — S'ils disent cela, c'est qu'ils ont conservé dans toute leur pureté les traditions de leurs ancêtres, et s'en souviennent. Ils savent que le Soi est l'Ego réel, et qu'il vit et agit, quoique sur un plan différent. La vie extérieure est un «rêve» pour cet Ego, tandis que la vie intérieure, ou la vie sur ce que nous nommons le plan du rêve, est, pour lui, la vraie vie. C'est pourquoi l'hindou (le profane, évidemment) dit que karma est généreux, et récompense l'homme réel en rêves, comme il le fait pour la fausse personnalité dans la vie physique.

Q. — Quelle est la différence «karmiquement» entre les deux ?

R. — L'homme animal physique est aussi peu responsable qu'un chien ou une souris car, pour la forme corporelle, tout est fini à la mort du corps. Mais le SOI réel, l'être qui a fait émaner de lui-même sa propre ombre — c'est-à-dire la personnalité pensante inférieure — qui, pendant la vie, a animé l'automate physique, et tiré ses ficelles, devra souffrir conjointement avec son factotum et alter ego, dans sa prochaine incarnation.

Q. — Mais les deux, le Manas supérieur et l'inférieur, sont un, n'est-ce pas ?

R. — Ils le sont sans l'être — et c'est là le grand mystère. Le Manas supérieur, ou EGO supérieur, est essentiellement divin et, par suite, pur ; aucune souillure ne peut le polluer, de même qu'aucune punition ne peut l'atteindre per se, d'autant plus qu'il est innocent de tout ce que peut faire délibérément son ego inférieur, et qu'il n'y prend aucune part. Cependant, bien qu'il y ait ainsi deux aspects différents et que, pendant la vie, l'Ego Supérieur soit distinct de l'inférieur, «le Père et le Fils» ne font qu'un néanmoins et, du fait qu'en se réunissant à l'Ego-parent l'âme inférieure lui attache toutes ses mauvaises (et bonnes) actions, et les imprime en lui, tous deux ont à souffrir : bien qu'innocent et sans souillure, l'Ego supérieur doit endurer la punition des mauvaises actions commises par le soi inférieur, en compagnie de ce dernier dans leur future incarnation. Toute la doctrine de la rémission des péchés est basée sur cette ancienne doctrine ésotérique ; car l'Ego supérieur est le prototype de ce qui en est sur cette terre l'image, c'est-à-dire la personnalité. Pour ceux qui la comprennent, c'est le sens de l'antique histoire védique de Vishvakarman, rendue tangible dans la pratique. Vishvakarman, le Dieu-Père qui voit tout, et transcende la compréhension des mortels, finit, en tant que fils de Bhuvana, l'Esprit saint, par se sacrifier lui-même à lui-même, pour sauver les mondes. Le nom mystique de «l'Ego supérieur» est, dans la philosophie indienne, kshetrajña, ou l' «Esprit incorporé», ce qui connaît ou anime kshetra, le «corps» (28). Cherchez la racine du nom et vous y trouverez le terme aja, «premier-né», et aussi l' «agneau». Tout ceci est très suggestif et l'on pourrait écrire des volumes sur le développement pré- et postgénétique de l'image et du prototype — le Christ-Kshetrajña, l' «Homme-Dieu», le Premier-né, symbolisé par l' «agneau». La Doctrine Secrète montre que les Manasâputra (les Egos qui se sont incarnés dans les formes) ont pris sur eux, volontairement et sciemment, le fardeau de tous les péchés futurs de leurs personnalités à venir. Par suite, il est aisé de voir que ce n'est ni M. "A"., M."B"., ni aucune des personnalités dont se revêt périodiquement l'Ego qui se sacrifie lui-même, qui peut être tenu pour l'être qui souffre réellement, mais bien l'innocent Christos qui réside en nous. C'est pourquoi les hindous mystiques disent que le Soi Éternel, ou l'Ego (l'un en trois et les trois en un), est le «Conducteur du Char», ou Celui qui le dirige, les personnalités étant les voyageurs temporaires et évanescents, tandis que les chevaux sont les passions animales de l'homme. Il est donc bien vrai de dire que nous crucifions le Christos en nous lorsque nous restons sourds à la Voix de notre Conscience. Mais revenons-en aux rêves.

Q. — Les soi-disant rêves prophétiques sont-ils un signe que le rêveur a de fortes facultés de clairvoyance ?

R. — On peut dire que, dans le cas où des personnes ont vraiment des rêves prophétiques, c'est parce que leur cerveau et leur mémoire physiques sont en relation et en sympathie plus étroites avec leur «Ego supérieur» que chez la majorité des gens. Le Soi-Ego a plus de facilités pour imprimer sur la coque physique et sa mémoire ce qui a de l'importance pour ces personnes qu'il n'en a chez des êtres moins bien doués. Souvenez-vous que le seul Dieu avec lequel l'homme vienne en contact est son propre Dieu, appelé Esprit, Âme et Mental (ou Conscience), et ces trois ne font qu'un.

Mais il y a de mauvaises herbes qu'il faut détruire afin que la plante puisse grandir. Nous devons mourir, a dit saint Paul, afin de pouvoir revivre. C'est par la destruction que nous pouvons nous améliorer, et les trois pouvoirs — préservateur, créateur et destructeur — ne sont qu'autant d'aspects de l'étincelle divine dans l'homme.

Q. — Les adeptes rêvent-ils ?

R. — Aucun adepte avancé ne rêve. Un adepte est un être qui a acquis la maîtrise sur ses quatre principes inférieurs, y compris le corps, et qui, en conséquence, ne permet plus à la chair d'agir à sa guise. Il paralyse simplement son soi inférieur durant le sommeil, et devient parfaitement libre. Un rêve, comme nous l'entendons, est une illusion. Un adepte va-t-il donc rêver, alors qu'il s'est débarrassé de toute autre illusion ? Dans son sommeil, il vit simplement sur un autre plan plus réel.

Q. — Y a-t-il des gens qui n'ont jamais rêvé ?

R. — Un tel homme n'existe pas ici-bas, pour autant que je sache. Tout le monde rêve plus ou moins, cependant, chez la plupart des gens, les rêves disparaissent brusquement au moment du réveil. Tout dépend de l'état plus ou moins réceptif des ganglions cérébraux. Les individus qui ne sont pas spirituels, et ceux qui n'exercent pas leurs facultés imaginatives, ou ceux encore qu'un travail manuel a épuisés, au point que les ganglions ne fonctionnent pas, même mécaniquement pendant le repos, rêvent rarement, s'ils le font jamais, d'une façon tant soit peu cohérente.

Q. — Quelle est la différence entre les rêves des hommes et ceux des bêtes ?

R. — L'état de rêve est commun non seulement à tous les hommes, mais aussi à tous les animaux, depuis les mammifères les plus élevés jusqu'aux plus petits oiseaux, et même aux insectes. Tout être pourvu d'un cerveau physique, ou d'organes s'en rapprochant, doit rêver. Grand ou petit, tout animal a plus ou moins des sens physiques et, bien que ceux-ci soient engourdis pendant le sommeil, la mémoire agit encore — mécaniquement pourrait-on dire — en reproduisant des sensations passées. Nous savons tous que les chiens et les chevaux, ainsi que le bétail, rêvent — et également les canaris — mais de tels rêves sont, je pense, purement physiologiques. Comme les derniers tisons d'un feu mourant qui jette des lueurs spasmodiques avec des flammes intermittentes, ainsi se comporte le cerveau en tombant dans le sommeil. Les rêves ne sont pas, selon le mot de Dryden, «des intermèdes que crée l'imagination fantaisiste», car ce jugement ne peut se rapporter qu'aux rêves physiologiques provoqués par une indigestion, ou par quelque idée ou événement qui a pu s'imprimer sur le cerveau actif pendant les heures de veille.

Q. — En quoi consiste donc le processus de l'endormissement ?

R. — La physiologie l'explique partiellement. Selon l'Occultisme, il faut invoquer l'épuisement périodique et régulé des centres nerveux, et surtout des ganglions sensoriels du cerveau, qui se refusent à agir plus longtemps sur ce plan, et qui, à moins de devenir inaptes au travail, sont obligés de récupérer leur force sur un autre plan ou upâdhi. D'abord vient svapna, l'état de rêve, et celui-ci conduit à l'état de sushupti (29). Or, il faut se souvenir que nos sens sont tous doubles et agissent selon le plan de conscience sur lequel l'entité pensante est active. Le sommeil physique lui offre la plus grande facilité d'agir sur les différents plans ; en même temps c'est une nécessité, afin que les sens puissent récupérer et obtenir, de svapna et de sushupti, un nouveau bail de vie en jagrata (l'état de veille). Selon le râja yoga, l'état turîya (30) est le plus élevé. De même qu'un homme épuisé par un état du fluide de vie en cherche un autre, ou que, par exemple, écrasé par l'air chaud, il se rafraîchit avec de l'eau froide, de même le sommeil offre l'abri ombragé dans la vallée de la vie brûlée de soleil.

Le sommeil est un signe que la vie de veille est devenur trop forte pour l'organisme physique, et que la force du courant de vie doit être brisée en changeant la veille pour le sommeil. Demandez à un bon clairvoyant de décrire l'aura d'une personne qui vient de s'éveiller d'un sommeil régénérateur, et celle d'une autre sur le point de s'endormir. La première apparaît baignée de vibrations rythmiques des courants de vie dorés, bleus et roses qui sont les ondes électriques de la Vie. La seconde se trouve, pour ainsi dire, dans un brouillard d'une teinte orange doré intense, composé d'atomes tourbillannant avec une rapidité spasmodique presque incroyable, ce qui prouve que la personne commence à être trop fortement saturée de Vie ; l'essence vitale est trop forte pour ses organes physiques et elle doit chercher refuge dans le côté ombragé de cette essence, côté qui est l'élément du rêve (ou le sommeil physique) — l'un des états de la conscience.

Q. — Mais qu'est-ce qu'un rêve ?

R. — Cela dépend du sens que l'on donne au terme. Vous pouvez «rêver» ou, comme on dit, avoir des visions oniriques, éveillé ou endormi. Si, par le pouvoir de la volonté, on concentre la lumière astrale dans une coupe, ou un récipient de métal en fixant dedans le regard en un point, avec une ferme volonté de voir, il en résulte une vision ou un «rêve» éveillé, si la personne est un tant soit peu sensitive. Les images réfléchies de la lumière astrale sont mieux perçues avec les yeux fermés, et dans le sommeil encore plus distinctement. À partir d'un état lucide, la vision devient translucide. De la conscience organique normale, elle s'élève à un état transcendantal de conscience.

Q. — Quelles sont les principales causes des rêves ?

R. — II y a beaucoup de sortes de rêves, comme nous le savons tous. Si on laisse de côté le «rêve digestif», il y a des rêves du cerveau et des rêves de la mémoire, des visions mécaniques et d'autres conscientes. Les rêves avertisseurs et prémonitoires exigent la coopération active de l'Ego intérieur. Souvent également, ils sont dus à la coopération consciente ou inconsciente du cerveau de deux personnes vivantes, ou de leur Ego.

Q. — Qu'est-ce qui rêve alors ?

R. — Généralement le cerveau physique de l'ego (ou du moi) personnel, le siège de la mémoire qui émet des lueurs et projette des étincelles comme les braises mourantes d'un feu. La mémoire du dormeur est pareille à une harpe éolienne à sept cordes ; et son état mental peut être comparé au vent qui passe sur les cordes. La corde correspondante de la harpe répondra à celui des sept états d'activité mentale dans lequel se trouvait l'être avant de s'endormir. S'il s'agit d'une douce brise, la harpe ne sera que peu sollicitée ; si c'est un ouragan, les vibrations seront puissantes en proportion. Si l'ego personnel est en contact avec ses principes supérieurs, et que s'écartent les voiles des plans supérieurs, tout sera pour le mieux ; si, au contraire, il est d'une nature animale matérialiste, il n'y aura probablement aucun rêve ; ou si par hasard la mémoire capte le souffle d'un «vent» provenant d'un plan supérieur, du fait que l'impression lui arrivera par l'intermédiaire des ganglions sensoriels du cervelet et non par l'action directe de l'Ego spirituel, elle recevra des images et des sons à ce point déformés et disharmonieux que même une vision paradisiaque du devachan lui apparaîtrait comme un cauchemar ou une caricature grotesque. En conséquence, il n'y a pas de réponse simple à la question : «Qu'est-ce qui rêve ?», car il dépend entièrement de chaque individu qu'un principe ou un autre soit le moteur principal dans les rêves, et que la personne s'en souvienne ou les oublie.

Q. — L'apparente objectivité d'un rêve est-elle réellement objective ou subjective ?

R. — Si l'on admet qu'elle est apparente, il va de soi alors qu'elle est subjective. La question devrait être plutôt : pour qui, ou pour quoi, les images ou les représentations oniriques sont-elles soit objectives soit subjectives ? Pour l'homme physique, le rêveur, tout ce qu'il voit avec les yeux fermés, et dans son mental, ou par le moyen de celui-ci, est évidemment subjectif. Mais pour l'être qui voit, à l'intérieur du rêveur physique, cet être lui-même étant subjectif à nos sens matériels, tout ce qu'il voit est aussi objectif qu'il l'est lui-même pour lui-même, et pour ses pareils. Les matérialistes riront sans doute et diront que nous faisons de l'homme toute une famille d'entités, mais ce n'est pas exact. L'Occultisme enseigne que l'homme physique est un, mais que l'homme pensant est septuple, qu'il pense, agit, sent et vit dans sept états différents d'être, ou plans de conscience, et que, pour tous ces états et plans, l'Ego permanent (non la fausse personnalité) possède une gamme distincte de sens.

Q. — Peut-on distinguer ces sens différents ?

R. — Non, à moins que vous soyez un adepte, ou un chéla [disciple] très entraîné, parfaitement versé dans ces différents états. Les sciences telles que la biologie, la physiologie et même la psychologie (des écoles de Maudsley, Bain et Herbert Spencer) ne touchent pas à ce sujet. La science nous enseigne certaines choses à propos des phénomènes de la volition, de la sensation, de l'intellect et de l'instinct et dit qu'ils se manifestent tous par le canal des centres nerveux, dont le plus important est notre cerveau. Elle parle de l'agent ou de la substance spécifique qui permet à ces phénomènes de se produire comme étant le tissu vasculaire et le tissu fibreux, et explique leurs rapports réciproques en divisant les centres ganglionnaires en centres moteurs, sensoriels et sympathiques, mais elle ne souffle jamais mot du mystérieux agencement de l'intellect lui-même, ou du mental et de ses fonctions.

Or, il arrive fréquemment que nous soyons conscients, et que nous sachions que nous rêvons ; c'est là une très bonne preuve que l'homme est un être multiple sur le plan de la pensée ; de sorte que l'Ego, ou l'homme pensant, est non seulement un Protée, une entité multiforme et toujours changeante, mais il est aussi, pour ainsi dire, capable de se séparer, sur le plan du mental ou du rêve, en deux entités ou davantage ; et sur le plan de l'illusion qui nous suit jusqu'au seuil du nirvâna, il est semblable à Ain-Soph parlant à Ain-Soph, tenant un dialogue avec lui-même et parlant par lui-même, à propos de lui-même et à lui-même. Tel est le mystère de la Divinité insondable dans le Zohar, comme dans les philosophies hindoues ; c'est la même chose dans la Kabbale, les Purâna, la métaphysique du Vedânta, ou même dans le prétendu mystère chrétien de la Divinité et de la Trinité. L'homme est le microcosme du macrocosme ; le dieu sur terre est bâti sur le modèle du dieu dans la nature. Mais la conscience universelle de l'Ego réel transcende un million de fois la soi-conscience de l'ego personnel, ou faux ego.

Q. — Est-ce que ce qu'on appelle la «cérébration inconsciente» durant le sommeil est un processus mécanique du cerveau physique, ou est-ce une opération consciente de l'Ego, dont le résultat seul s'imprime sur la conscience ordinaire ?

R. — C'est cette dernière explication ; car est-il possible de se souvenir dans notre état conscient de ce qui s'est passé tandis que notre cerveau travaillait inconsciemment ? C'est apparemment une contradiction de termes.

Q. — Comment se fait-il que des personnes qui n'ont jamais vu de montagnes dans la nature en voient souvent distinctement durant le sommeil, et soient capables de noter leurs caractéristiques ?

R. — Fort probablement parce qu'elles ont vu des images représentant des montagnes ; ou bien, c'est que quelqu'un ou quelque chose en nous les a vues antérieurement.

Q. — Quelle est la cause de cette expérience de rêve où le rêveur semble toujours s'efforcer d'atteindre quelque chose, sans jamais y parvenir ?

R. — C'est parce que le soi physique et sa mémoire sont coupés de toute possibilité de savoir ce que fait l'Ego réel. Le rêveur ne saisit que de faibles aperçus des activités de l'Ego, dont les actions produisent sur l'homme physique ce qu'on appelle le rêve, mais il est incapable de le suivre dans toute sa séquence. Un malade qui délire se trouve, après sa guérison, dans le même rapport avec l'infirmière qui l'a veillé et soigné durant sa maladie, que l'homme physique vis-à-vis de son Ego réel. L'Ego agit aussi consciemment en lui, et en dehors de lui, que le fait l'infirmière lorsqu'elle soigne et veille le malade. Mais ni le patient, après avoir quitté son lit de malade, ni le rêveur en se réveillant ne sont capables de se rappeler autre chose que des bribes et des lueurs de ce qui s'est passé.

Q. — En quel sens le sommeil diffère-t-il de la mort ?

R. — II y a, certes, une analogie mais aussi une très grande différence entre les deux. Dans le sommeil, il y a un lien, aussi faible soit-il, entre le mental inférieur et le mental supérieur de l'homme, et le second se reflète plus ou moins dans le premier, aussi déformés que puissent être ses rayons. Mais dès que le corps est mort, le corps d'illusion (le mâyâvi rûpa) (31) devient kâma rupa, ou l'âme animale, et est abandonné à lui-même. Par suite, il y a autant de différence entre le fantôme et l'homme qu'entre un mortel grossièrement matériel et animal, mais à jeûn, et un homme totalement ivre et incapable de reconnaître les choses les plus évidentes dans ce qui l'entoure, ou encore entre une personne enfermée dans une pièce complètement obscure et une autre se trouvant dans un local éclairé, aussi imparfaitement que ce soit, par une lumière quelconque.

Les principes inférieurs sont comme des animaux sauvages, et le Manas supérieur est l'homme rationnel qui les dompte ou les soumet à sa volonté avec plus ou moins de succès. Mais dès que l'animal se libère du maître qui le tenait sous son contrôle, dès qu'il a cessé d'entendre sa voix et de le voir, il s'élance à nouveau dans la jungle vers son ancienne tanière. Il faut cependant un certain temps pour qu'un animal retourne à son état naturel d'origine, mais pour ces principes inférieurs (le «fantôme»), ce retour est instantané : dès que la Triade supérieure est entrée dans l'état de devachan, la Dyade inférieure redevient ce qu'elle était depuis le début, un principe doué d'instincts purement animaux, rendus plus heureux encore par ce grand changement.

Q. — Quelle est la condition du linga sharîra (32), ou corps plastique, durant les rêves ?

R. — La condition de la forme plastique est de dormir en même temps que son corps, à moins d'être projetée par quelque désir puissant généré dans le Manas supérieur. Dans les rêves, elle ne joue aucun rôle actif mais, au contraire, demeure entièrement passive, et est alors le témoin involontaire à moitié assoupi des expériences par lesquelles passent les principes supérieurs.

Q. — Dans quelles conditions arrive-t-il qu'on voie cette forme fantomatique ?

R. — Parfois, en cas de maladie, ou de passion violente chez la personne que l'on voit, ou le sujet qui la voit : la possibilité est réciproque. Une personne malade, en particulier juste avant de mourir, a de grandes chances de voir en rêve, ou en vision, ceux qu'elle aime ou auxquels elle pense continuellement ; et il en est de même pour une personne éveillée qui pense intensément à une autre, endormie à ce moment-là.

Q. — Un magicien peut-il évoquer une telle entité en train de rêver et entrer en rapport avec elle ?

R. — En magie noire, il n'est pas rare d'évoquer l' «esprit» d'une personne endormie ; le sorcier peut alors apprendre par l'apparition tous les secrets qu'il désire, tandis que le dormeur est tout à fait ignorant de ce qui arrive. Dans de telles circonstances, c'est le mâyâvl rûpa qui apparaît, mais il y a toujours un risque que la mémoire de l'homme vivant garde les souvenirs de l'évocation et se la rappelle sous forme d'un rêve très net. Toutefois, si ce n'est pas à grande distance, il est possible d'évoquer le double, ou linga sharîra, mais ce dernier ne peut ni parler ni donner des renseignements, et il y a toujours le risque pour la personne endormie d'être tuée par cette séparation forcée. Beaucoup de morts subites dans le sommeil se sont ainsi produites, sans que le monde en devienne plus sage.

Q. — Peut-il s'établir un rapport entre un rêveur et une entité en «kâma loka» (33) ?

R. — Celui qui rêverait d'une entité en kâma loka s'attirerait probablement un cauchemar, ou courrait le risque d'être «possédé» par le «fantôme» ainsi attiré, s'il se trouvait être un médium, ou un individu qui se serait rendu tellement passif durant ses heures de veille que même son Soi supérieur serait alors incapable de le protéger. C'est pourquoi l'état médiumnique de passivité est si dangereux et finit par ôter au Soi Supérieur tout moyen d'aider, ou même d'avertir la personne endormie, ou en transe. La passivité paralyse le lien entre les principes inférieurs et supérieurs. Il est très rare de trouver des exemples de médiums qui, tout en restant passifs à volonté, dans le but de communiquer avec quelque intelligence supérieure, quelque esprit extérieur (mais non désincarné), conservent néanmoins suffisamment de leur volonté personnelle pour ne pas briser toute connexion avec le Soi Supérieur.

Q. — Un rêveur peut-il être «en rapport» avec une entité en devachan (34) ?

R. — Le seul moyen possible de communication avec des êtres en devachan s'offre pendant le sommeil, par un rêve ou une vision, ou dans un état de transe. Aucune entité en devachan ne peut descendre dans notre plan ; c'est à nous — ou plutôt à notre Soi intérieur — de monter jusqu'à son plan.

Q. — Quel est l'état mental d'un ivrogne pendant le sommeil ?

R. — Ce n'est pas un véritable sommeil, mais une lourde stupeur ; il n'y a pas de repos physique, mais un état pire que l'insomnie, qui tue l'ivrogne aussi rapidement. Dans un tel état de stupeur, comme aussi pendant l'ivresse éveillée, tout tourne et tourbillonne dans le cerveau, en produisant dans l'imagination et le mental déréglé des formes horribles et grotesques, qui n'arrêtent pas de bouger et de se contorsionner.

Q. — Quelle est la cause du cauchemar, et comment se fait-il que les rêves de personnes souffrant de tuberculose avancée soient souvent agréables ?

R. — La cause du premier est simplement physiologique. Un cauchemar provient d'une oppression et de la difficulté à respirer : cette difficulté à respirer crée toujours de l'oppression, et produit une sensation de calamité imminente. Dans le second cas, les rêves deviennent agréables, parce que le tuberculeux se sépare de plus en plus chaque jour de son corps matériel et devient en proportion plus clairvoyant. À mesure que la mort approche, le corps s'épuise et cesse d'être une entrave ou une barrière entre le cerveau de l'homme physique et son Soi Supérieur.

Q. — Est-ce une bonne chose de cultiver la faculté de rêver ?

R. — C'est en cultivant le pouvoir de ce qu'on appelle «rêver» que l'on développe la clairvoyance.

Q. — Y a-t-il des moyens d'interpréter les rêves — comme par exemple, les interprétations qu'on donne dans les Clefs des Songes ?

R. — Aucun, sinon la faculté clairvoyante et l'intuition spirituelle de l' «interprète». Chaque Ego qui rêve est différent de tout autre, comme le sont nos corps physiques. Si chaque chose dans l'univers possède sept clefs à son symbolisme sur le plan physique, combien de clefs ne peut-elle avoir sur les plans supérieurs ?

Q. — Y aurait-il une façon de classifier les rêves ?

R. — Sommairement, nous pouvons diviser les rêves également en sept classes et subdiviser celles-ci à leur tour. De cette façon, nous ferions les divisions suivantes :

  • 1) Les rêves prophétiques. Ceux-ci sont imprimés sur notre mémoire par le Soi Supérieur et sont en général clairs et nets : ou bien c'est une voix qui se fait entendre, ou bien c'est l'événement à venir qui est vu à l'avance.
  • 2) Les rêves allégoriques, ou aperçus aux contours mal définis de réalités saisies par le cerveau et déformées par notre imagination. Ces rêves ne sont, en général, qu'à moitié exacts.
  • 3) Les rêves envoyés par des adeptes (bons ou mauvais), par des magnétiseurs, ou par les pensées d'intelligences très puissantes cherchant à nous faire accomplir leur volonté.
  • 4) Les rêves rétrospectifs ; rêves d'événements appartenant à des incarnations passées.
  • 5) Les rêves de mise en garde qui visent d'autres personnes incapables elles-mêmes d'être impressionnées.
  • 6) Les rêves confus, dont les causes ont été discutées plus haut.
  • 7) Les rêves qui sont de pures fantaisies et des images chaotiques, dues à la digestion, à quelque trouble mental, ou à quelque cause externe de ce genre.

Notes additionnelles extraites des Transactions of the Blavatsky Lodge :

Note l. —

[...] Mme Blavatsky oppose globalement les rêves indistincts et confus aux autres rêves porteurs d'un message (même si sa signification n'est pas évidente a priori). En effet, certains rêves sont simplement le reflet ou le produit des fonctions animales instinctives (liées au cervelet qui reste actif pendant le sommeil) : «ils sont alors pour la plupart chaotiques et inconséquents, alors que, par contre, les rêves dont on se souvient, et qui présentent une séquence ordonnée d'événements, sont dus à la vision de l'Ego supérieur».

Note 2. —

Q. — À l'état de veille, le mental est fondamentalement soumis aux conditions de temps et d'espace : celles-ci existent-elles encore pour le mental (Manas) pendant le sommeil du corps physique ?

R. — Non pas telles que nous les connaissons. De plus, la réponse dépend de quel Manas vous parlez — supérieur ou inférieur. C'est uniquement ce dernier qui peut être sujet aux hallucinations de temps et d'espace ; par exemple, un homme à l'état de rêve peut vivre en quelques secondes les événements d'une existence entière. Pour ce que perçoit et appréhende l'Ego supérieur, il n'y a ni temps ni espace.

Note 3. —:

Q. — Nous pouvons avoir un rêve qui englobe une existence entière en une demi-seconde, en ayant la perception d'une succession d'états de conscience, un événement succédant à l'autre.

R. — Après le rêve seulement : il n'existe pas une telle conscience pendant que l'on rêve.

Q. — Ne pouvons-nous pas comparer le rappel a la conscience d'un rêve à ce que fait une personne qui donne la description d'un tableau : force lui est d'en mentionner toutes les parties et les détails dans l'impossibilité où elle se trouve d'en présenter d'un coup l'image complète à l'œil mental de celui qui l'écoute ?

R. — C'est une très bonne analogie.

 

C. Pays du rêve et du somnambulisme(↑ sommaire)

Cet article fut publié dans le même numéro du Theosophist que le premier de cette série, sous le titre «L'Univers formulé en quelques mots». II s'agissait cette fois d'expliquer un rêve bizarre relevé par le correspondant dans un récent numéro du Chamber's Journal, et de répondre à un grand nombre de questions sur la genèse des rêves, la transmigration de l'âme, la psychologie, etc. Après avoir souligné l'impossibilité de traiter de tant de sujets en un bref article, Mme Blavatsky se contenta de publier le récit du rêve et de faire les remarques dont on va lire la partie essentielle.

À la directrice du Theosophist :

L'auteur de ces lignes a un beau-frère qui a eu le sentiment que certains de ses rêves avaient un caractère remarquable et significatif ; et son expérience a fait ressortir un rapport étrange et inexplicable entre de tels rêves et l'état de somnambulisme. Avant de décrire en détail quelques exemples de somnambulisme que lui et sa fille manifestent, je raconterai un de ses rêves qui s'est répété quatre fois dans ses grands points saillants, à des périodes irrégulières au cours de ces trente dernières années. Dans sa jeunesse il travailla comme agriculteur, mais il est maintenant à la retraite. Sec de tempérament, il fut toute sa vie un homme actif et de bonne humeur, très sociable et pas du tout ce qu'on pourrait appeler un dévoreur de livres.

Voici quel fut son rêve. Il se trouvait seul, face à un monument de très solide maçonnerie, regardant distraitement vers le côté nord de l'édifice, quand, à son étonnement, les pierres du milieu, à hauteur de ses yeux, s'écartèrent graduellement en glissant l'une sur l'autre jusqu'à ménager une ouverture suffisante pour livrer passage à un être humain. Tout à coup, un petit homme habillé de noir, avec une grosse tête chauve, apparut dans l'ouverture, où il semblait immobilisé du fait que ses pieds et ses jambes étaient pris dans la maçonnerie. L'expression de son visage était douce et intelligente. Ils se regardèrent pendant ce qui parut un long moment, sans qu'aucun d'eux essayât de parler et, en même temps, l'étonnement de mon frère ne faisait que croître. Enfin, comme l'exprima le rêveur lui-même : «Le petit homme en noir, à la tête chauve et à la mine sereine, dit : " Tu ne me reconnais pas ? Je suis l'homme que tu as assassiné dans un état prénatal d'existence, je suis dans l'attente de ta venue — et j'attendrai sans dormir. Il n'y a aucune trace de ton forfait dans ta condition d'existence humaine, aussi est-il inutile de te faire du souci dans ta vie mortelle : renferme-moi dans les ténèbres "». Le rêveur se mit donc (comme il le pensa) à remettre les pierres à leur place initiale, en faisant au petit homme des objections qu'il exprima lui-même dans ces termes : «Tout cela n'est qu'un rêve de ton imagination, car il n'y a pas d'état prénatal d'existence». Le petit homme, qui paraissait diminuer de plus en plus, déclara : «Recouvre-moi et va-t'en.» Sur ce, le rêveur s'éveilla.

Les années passèrent, et le rêve était oublié (dans l'acception ordinaire du terme), quand, une belle nuit, sans y avoir repensé, il se mit à rêver qu'il se tenait en plein soleil, face à un vieux mur de jardin appartenant à une grande demeure inoccupée : soudain les pierres devant lui se mirent à quitter leur place en glissant doucement pour faire apparaître bientôt le même personnage mystérieux, avec tous ses traits et, en particulier, les mêmes déclarations verbales que la première fois, bien qu'un nombre d'années indéterminé se fût écoulé depuis ce moment. Le même rêve s'est reproduit à l'identique encore deux fois, à des périodes irrégulières, mais il n'y eut aucun changement dans l'aspect du visage du petit homme en noir.

Note de la directrice :

Nous ne nous sentons pas la compétence de décider des mérites ou démérites de ce rêve particulier. Son interprétation peut être laissée aux modernes Daniel (35) de la physiologie qui, comme le Dr W.A. Hammond de New York, expliquent que les rêves et le somnambulisme sont dus à un état exalté de la moelle épinière. Il se pourrait que cette expérience n'ait été qu'une simple vision sans signification, produite au hasard par une association d'images venant occuper machinalement la pensée durant le sommeil

«... ce vague crépuscule du mental
Où le rayon de la Raison, à demi caché
Derrière les nuages des sens, dore obscurément
Chaque forme indécise que crée la fantaisie»

alors que nos opérations mentales se poursuivent indépendamment de notre volition consciente.

Nos sens physiques sont les agents par lesquels l'esprit astral, ou le «je-ne-sais-quoi de conscient» qui est en nous, se trouve amené, par contact avec le monde extérieur, à une connaissance d'une existence réelle ; tandis que les sens spirituels de l'homme astral sont les intermédiaires — les fils télégraphiques — au moyen desquels il communique avec ses principes supérieurs et en obtient les facultés de perception claire et de vision lui permettant de pénétrer dans les royaumes du monde invisible [...].

Si, la première fois qu'il s'est présenté, le rêve décrit plus haut n'avait pas de sens, il a bien pu, les trois fois suivantes, se reproduire par le réveil soudain de la partie localisée du cerveau à laquelle il était dû ; car dans le rêve, ou le somnambulisme, le cerveau n'est endormi qu'en des zones distinctes et il peut être stimulé par l'intermédiaire des sens externes pour quelque cause spéciale : un mot prononcé, une pensée, ou une image, qui subsistait à l'état latent dans l'une des cellules de la mémoire et que vient réveiller un bruit soudain, la chute d'une pierre (suggérant instantanément à l'imagination du dormeur à moitié prise dans le rêve, des murs de maçonnerie), et ainsi de suite. Quand on est soudainement arraché de son sommeil, sans toutefois devenir complètement éveillé, on ne commence ni ne termine son rêve au moment où ce simple bruit a provoqué ce réveil partiel, mais souvent on expérimente dans son rêve une longue suite d'événements concentrés dans le bref espace de temps qu'occupe le son, et qu'il faut attribuer uniquement à ce dernier. Généralement, les rêves sont induits par les associations d'idées qui les précèdent à l'état de veille. Certains produisent une telle impression que la moindre idée allant dans le sens d'un sujet quelconque associé à un rêve particulier peut amener le retour de ce rêve des années plus tard. Tartini, le célèbre violoniste italien, composa sa «Sonate du Diable» sous l'inspiration d'un rêve. Pendant son sommeil, il crut que le Diable lui apparaissait et lui lançait un défi de virtuosité sur son propre violon, qu'il avait amené avec lui des régions infernales — défi que Tartini releva. Quand l'artiste se réveilla, la mélodie de la «Sonate du Diable» était imprimée si intensément en son esprit qu'il en nota sur-le-champ la partition ; mais, en arrivant au finale, tout souvenir de la suite s'effaça soudain : il mit donc de côté le morceau de musique inachevé. Deux ans plus tard, il rêva la même chose, et essaya dans son rêve de se rappeler le finale à son réveil. Cette répétition de l'expérience onirique fut induite par un musicien de rue, aveugle, qui jouait de son instrument sous la fenêtre de l'artiste. De la même façon, Coleridge composa son poème «Kublaï Khan» dans un rêve, dont il trouva, à son réveil, le contenu gravé si intensément en son mental qu'il nota par écrit les lignes célèbres qui sont passées à la postérité. Le rêve eut pour cause le fait que le poète s'était endormi sur sa chaise en lisant, dans le «Pèlerinage» de Purcha, les paroles suivantes : «Ici, le Khan Kublaï ordonna qu'on bâtît un palais... entouré d'un mur.»

La croyance populaire qui veut que, parmi le grand nombre des rêves privés de sens, il y en ait qui apportent fréquemment des présages d'événements à venir est partagée par beaucoup de personnes versées en la matière — mais nullement par la science. Pourtant il existe d'innombrables exemples de rêves bien attestés qui se vérifièrent par la suite des événements et qui, par conséquent, peuvent être appelés prophétiques. Les classiques grecs et latins fourmillent de récits de rêves remarquables, dont certains sont passés dans l'histoire. La foi dans la nature spirituelle de l'expérience du rêve était tout aussi largement répandue parmi les philosophes païens que chez les Pères chrétiens de l'Église ; et la croyance aux présages et aux interprétations de rêves (oniromancie) ne se limite pas aux nations païennes de l'Asie, puisque la Bible en est pleine [...].

 

Notes

  • (10)  En sanskrit, kâma signifie désir. II s'agit ici dans la constitution de l'homme d'un principe (c'est-à-dire une base indépendante d'action de conscience et de mémoire) qui est le siège du mental-désir, la ligne de démarcation qui sépare l'homme mortel de l'entité immortelle (N.d.T.).
  • (11) Mot sanskrit dont la racine man signifie penser. Dans l'homme, la pensée réfléchie est liée à l'activité du principe manas, dont l'aspect inférieur (coordonné avec le cerveau et le principe kâma) se manifeste comme le mental humain et dont l'aspect supérieur (le Manas, écrit avec une majuscule) fait de l'âme humaine permanente, une entité individuelle, intelligente et soi-consciente — un EGO immortel, qui est enraciné dans le divin par sa partie éternelle, appelée Monade dans la littérature théosophique. Cet Ego supérieur, qui transcende largement notre moi terrestre, est notre foyer permanent de conscience, pendant la vie de veille, et de sommeil, ainsi qu'après la mort. Dans la suite du texte, H.P.B. donne beaucoup d'enseignements sur sa nature et ses relations avec la conscience de l'homme incarné (N.d.T.)
  • (12) Le mot anglais pour rêver («to dream») signifie réellement «somnoler», ce qui se dit en russe «drémats» (Ed.)
  • (13) C'est-à-dire l'Atman des écritures indiennes — l'Esprit divin, inséparable du Soi Un et Universel (N.d.T.)
  • (14) En sanskrit, littéralement, le pouvoir de création de la pensée (N.d.T.)
  • (15) Allusion au très lointain passé de l'humanité : la «troisième Race» dont il est question ici venait collectivement d'accéder à la conscience réfléchie et à la pensée intelligente (N.d.T.)
  • (16) Dans la classification théosophique des principes constitutifs de l'homme, Atma correspond à l'Esprit, pur et universel, qu'on ne peut guère séparer de l'Absolu, et Buddhi est en quelque sorte son véhicule, l'aspect universel et divin de l'âme qui relie l'individu au Tout unique (N.d.T.)
  • (17) H.P.B. emploie ici le pronom neutre It (traduit par Il) pour signifier sans doute que l'Ego n'est pas une entité masculine ou féminine (N.d.T.)
  • (18) En anglais : conscience, la conscience morale qui distingue le bien du mal (N.d.T.)
  • (19) En anglais : consciousness, la conscience d'être (N.d.T.)
  • (20) En sanskrit : le corps causal, qui conserve l'empreinte de toutes les causes karmiques engendrées par l'individu (N.d.T.)
  • (21) Dans un certain sens, la lumière astrale correspond à ce qu'on appellerait aujourd'hui la psychosphère, ou sphère psychique collective de la terre. Selon la Théosophie, ce plan particulier de la nature enregistre et conserve la trace de toute l'activité humaine (actions, pensées, désirs, etc.) et influence en retour notre psychisme, par le caractère dynamique de ces images. Par opposition, sur les plans spirituels — loin de notre cadre spatio-temporel — l'Akâsha serait à rapprocher d'une noosphère universelle, aussi différente de la psychosphère de la lumière astrale que le pur noûs de l'homme (son âme spirituelle) est distinct de la psyché des pensées et désirs terrestres (N.d.T.)
  • (22) Article de Mme Blavatsky, publié en français sous le titre : «Visions karmiques», dans le Cahier Théosophique, n° 71 (N.d.T.)
  • (23) Cette expression renvoie au pouvoir cosmique de l'Esprit, ou de la Pensée éternelle, se manifestant dans ses interactions avec la matière à tous les niveaux (cf. Secret Doctrine l, pp. 328-330) (N.d.T.)
  • (24) Mahat, en sanskrit : le Grand. Le premier principe cosmique de Conscience et d'Intelligence universelles, qui se reflète finalement dans le Manas humain — jusque dans le sentiment d'identité individuelle éprouvé par l'homme incarné (cf. Theosophical Glossary) (N.d.T.)
  • (25) En sanskrit, littéralement : «les fils du Manas» (universel). La tradition en parle comme des ancêtres solaires de l'homme, qui sont responsables de l'éveil du Manas, pendant l'enfance de l'humanité. On les appelle aussi Kumâra (adolescents non mariés) pour rappeler qu'ils n'ont eu aucune action dans l'élaboration astrale et physique de la forme humaine, au cours des longues périodes qui ont précédé la troisième Race évoquée plus haut (N.d.T.)
  • (26) Les «Seigneurs de lumière», la collectivité des intelligences divines les plus hautes qui, en quelque sorte, supervisent l'ordre du cosmos (cf. Theosophical Glossary) (N.d.T.)
  • (27) En sanskrit : un «libéré vivant», qui s'est qualifié pour accéder à l'état de conscience le plus haut, de samâdhi, ou de fusion dans l'Un - sans - second. Le mot nirvani évoque un «habitant du nirvâna» (N.d.T.)
  • (28) Voir la Bhagavad-Gîtâ (chap. XIII) pour la différence entre kshetra (le «champ») et kshetrajna (le «connaisseur du champ») (N.d.T.)
  • (29) Mot sanskrit désignant l'état de sommeil sans rêve (N.d.T.)
  • (30) L'état "quatrième" transcendant, au delà de sushupti. Voir plus loin (3ème Partie, "Mândûkya Upanishad"). (N.d.T.)
  • (31) Dans un article («Dialogue entre les deux rédactrices») H.P.B. évoque ce «mâyâvi rûpa» comme étant l'un des aspects du corps astral — le «corps de pensée», ou «corps de rêve» — qui apparaît particulièrement lié à la vie psychique de l'homme incarné (cf. Raja Yoga ou Occultisme, p. 238) (N.d.T.)
  • (32) Ce «corps modèle» est l'aspect du corps astral qui sert normalement de double pour le corps physique (cf. Raja Yoga ou Occultisme, p. 238) (N.d.T.)
  • (33) Malgré sa signification sanskrite («lieu de désir») il s'agit non d'un lieu mais d'une phase des expériences subjectives posthumes traversées par l'âme entre le moment de l'extinction du corps physique et la «deuxième» mort, qui libère définitivement l'Ego supérieur des enveloppes psycho-astrales de sa personnalité terrestre. Ce kâma loka correspond à une sorte de «purgatoire» (N.d.T.)
  • (34) Le devachan #I-34(mot tibétain évoquant le paradis occidental d'Amitabha) désigne, dans la littérature théosophique, l'état céleste auquel accède l'Ego supérieur une fois dégagé de ses entraves terrestres par le processus de la deuxième mort (voir note 33) (N.d.T.)
  • (35) On se rappelle que, selon la Bible, le prophète Daniel devint célèbre pour son explication des songes prophétiques du roi Nabu-chodonosor. Le Livre de Daniel (l, 2, 19) précise même que leur sens secret lui fut révélé par Dieu «dans une vision nocturne» (N.d.T.)

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