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Cahier Théosophique 11 sur l'Éducation des Enfants et les Priorités spirituelles dans l'éducation des enfants.

Selon la loi de réincarnation, chaque enfant qui naît est "une âme ancienne dans un corps nouveau" engagée dans un long pèlerinage qui l'achemine vers son épanouissement et son éveil spirituel complet.

Selon la loi de karma (causalité éthique : chaque cause entraîne un effet), cette âme-pèlerin est riche de l'expérience de nombreuses vies antérieures et doit maintenant recevoir nécessairement les effets de réajustement - agréables et désagréables - des causes semées jadis.

Selon la loi de l'évolution, cette âme, en marche vers son destin divin, ne peut progresser que par étapes successives : chaque incarnation, avec l'aide de karma, offre une nouvelle chance pour un pas en avant vers son émancipation.

L'exploitation philosophique, intelligente et pratique, de ces lois, dans le vécu quotidien, révèle le choix des priorités qui s'imposent pour orienter l'éducation des enfants pour les conduire à bénéficier de l'héritage spirituel qu'ils portent en eux, et qui est, en fait, le bien commun de l'humanité.

La vie de l'enfant commence dans le foyer familial : il doit y trouver non seulement la protection et la nourriture physiques, mais aussi la lumière et l'exemple. Si les conseils et l'instruction que l'enfant reçoit de ses parents, qui l'entourent d'affection, sont de nature à l'éveiller et à le marquer profondément pour le reste de sa vie, l'exemple d'humanité qu'il trouve en eux a une importance primordiale dont les parents devraient être conscients à tous moments et tout au long de leur vie. L'étude de la Théosophie, la découverte sans cesse renouvelée des vérités qu'elle contient et leur mise en pratique journalière doivent être pour les parents une source toujours vive d'inspiration dans leur tâche d'éducateurs.

Le père et la mère ont chacun une contribution particulière à apporter à l'oeuvre d'éducation. Ils ont la charge de donner à l'âme qu'ils ont accueillie le moyen de s'éveiller une fois de plus à la vie de ce monde. Qui sait d'où vient cette âme et quel immense bagage de connaissance et d'expérience elle peut posséder? Les parents sont les aînés d'un jour, demain peut-être l'enfant leur révélera-t-il sa véritable nature et sa grandeur. C'est là pour eux une leçon d'humilité. De responsabilité aussi, aucun effort n'est superflu pour remplir ce premier devoir sacré des parents : l'éducation.

La culture de l'âme est le véritable yoga royal : c'est la recherche de l'union consciente entre l'âme incarnée et l'Esprit dont elle tient sa vie et sa lumière. Ces grandes idées sont contenues, sous diverses formes, dans différentes traditions religieuses ou philosophiques, et on les trouve dans des textes tels que la Bhagavad-Gîtâ, les Evangiles, la Voix du Silence, etc... L'éducation de l'enfant doit l'amener à sentir l'unité du monde, à s'intégrer à sa vie, à collaborer délibérément au "maintien de la rotation de la Roue" de l'univers. Par son caractère synthétique, elle devrait tendre à en faire un individu harmonieux et équilibré, responsable, un être susceptible de s'engager, lorsque l'heure sonnerait pour lui, sur le chemin de la discipline de l'âme qui mène jusqu'aux Maîtres de la vie spirituelle, les divins éducateurs  qui veillent sur les progrès de l'humanité.

Une réelle culture humaine doit donc faire appel aux qualités profondes de l'individu. Elle ne peut s'apprendre dans un manuel et c'est ici que l'on se rend compte de la différence profonde qui existe entre l'éducation et l'instruction.

L'éducation est fondamentalement un épanouissement, un éveil de l'intérieur vers l'extérieur et elle ne saurait se faire que dans la liberté et en pleine conscience. Liberté de penser, liberté d'agir, liberté de sentir, sont à la base de toute véritable tentative d'éducation. Elle doit faire appel à la participation de l'enfant, s'adresser à sa faculté de compréhension et de discernement et favoriser son éveil, en parallèle avec le développement des germes latents de l'amour, de la justice, du respect de la vie et des autres idées innées gravées dans la conscience intime de tout être. Il ne peut y avoir d'éducation sans instruction. Dès l'âge de raison de l'enfant, l'éducateur mettra tout en oeuvre pour l'informer d'une façon objective, impartiale, dans toute la mesure du possible afin d'ouvrir son mental aux grands problèmes qui intéressent l'homme. Et cela est valable également sur le plan religieux, par une approche impartiale des religions anciennes et modernes dans le monde.

Cette information impartiale, inspirée par le souci du respect de la vie et de l'humain dans son génie, mais aussi dans sa diversité, constitue le fondement élémentaire de tout effort en vue de la construction progressive de la vraie Fraternité humaine, par le fait que l'enfant est amené ainsi à toucher du doigt l'unité de la famille humaine. Il peut comprendre rapidement le sens de la solidarité de tous les êtres vivants et se mettre lui-même en quête de la connaissance.

L'éducation de l'enfant doit veiller à développer les "bonnes graines" et tendre à éliminer les "mauvaises" aussi bien dans ce qui est l'inné que l'acquis. De nos jours, la sensibilité de l'enfant est souvent abandonnée aux hasards de la vie.  La poésie et l'art, le sens intérieur de l'harmonie, l'appréciation des valeurs esthétiques,  toutes ces expressions du Beau, du Noble et du Juste ne doivent pas être négligées. À l'adolescence, dans le domaine sentimental et émotif où l'enfant n'a guère de sûres directives, l'éducation a aussi son mot à dire. Il ne s'agira pas pour l'éducateur de s'immiscer dans le secret de la nature des sentiments ou des pensées des enfants. Il éclairera la route, mais jamais il n'exigera de confidences. Il aidera l'enfant à distinguer en lui-même les émotions nobles et généreuses des émotions égoïstes et avilissantes. Il l'aidera aussi efficacement à découvrir en lui-même les moyens de se former lui-même, c'est à dire de devenir son propre éducateur. Car l'effort principal devra venir finalement de l'intérieur de l'enfant qui demain sera un homme réfléchi, sensible et décidé.

"Liberté" ne signifie pas anarchie. Les enfants devront se rendre compte qu'être libre ce n'est pas faire toute chose à sa guise. La liberté a pour impératif le respect de la vie, le respect d'autrui. La liberté de participer délibérément à un ordre harmonieux pour le bénéfice de tous.

L'émancipation non contrôlée produit des monstres d'égoïsme et d'orgueil. L'éducateur aura donc le devoir de protéger l'enfant et l'entourage contre ses inconséquences ou ses impulsions dangereuses, et non de le maîtriser. L'enfant possède un sens inné de la justice. Il acceptera la punition qui lui paraîtra juste  et qui n'enlèvera aucunement la liberté de penser, de s'exprimer et d'agir, dans la mesure où l'enfant n'abuse pas de la situation.

Mais la priorité essentielle sera cette qualité d'amour intelligent des parents envers leurs enfants qui autorise un dialogue constant, sur tous les sujets, sans barrière d'aucune sorte, afin que les enfants reconnaissent leurs alliés indéfectibles dans la vie qui s'ouvre devant eux. Ce contact privilégié d'amour et de confiance éveille chez l'enfant la confiance en lui-même, en son pouvoir de faire face aux difficultés qui se présenteront à lui à chaque saison de sa vie, sachant intuitivement qu'il a en lui tout ce qu'il faut pour se tenir debout et répondre à ce que la vie attend de lui.

Plutôt que d'attendre que la vie lui apporte quelque chose, ne faudra-t-il pas qu'il se demande, en adulte : "Que puis-je apporter à la vie ? Alors la vie deviendra son alliée et son éducateur.

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