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  • W.Q. Judge
  • Une vie publique entièrement consacrée à la Théosophie

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Aperçus biographiques de William Q. Judge ( 1851 - 1896 ) (3)

3. Une vie publique entièrement consacrée à la Théosophie

1. Le réveil du Mouvement en Amérique

À son retour à New York, Judge trouva ses perspectives financières grandement améliorées. Il entra au cabinet auquel appartenait le propre frère d'Olcott. La possibilité lui était maintenant offerte de consacrer plus de temps à la Société Théosophique. Cette dernière était d'ailleurs dans une situation préoccupante, en raison des prolongements du scandale qui attiraient sur elle l'attention publique. C'était par contre l'occasion pour un habile tacticien de tirer parti de tout ce bruit, en entrant dans l'arène, pour répondre ouvertement aux demandes d'information, se faire entendre de la presse qui s'emparait de ces questions d'actualité, et présenter l'entreprise de la Société sous son vrai jour. Finalement, par sa méthode et sa diligence, Judge s'attira le respect de ceux qui voyaient à l'œuvre ce travailleur serein mais convaincu et infatigable : la presse se mit à accepter ses articles sur la Théosophie, puis ceux d'autres personnes ; et au lieu de se livrer à ses perpétuels commentaires insultants sur tout ce qui concernait la Société, elle finit par insérer les nouvelles théosophiques comme n'importe quel autre fait d'actualité. Plus tard, l'influence personnelle de Judge conduisit la direction du journal Sun de New York à publier (le 26 septembre 1892) une rétractation complète concernant des propos diffamatoires sur Mme Blavatsky et la Société Théosophique que le prof. E. Coues avait fait paraître dans ce journal. En même temps, le Sun ouvrit ses colonnes à un article mémorable de Judge rétablissant la vérité (10).

En reprenant en main la Société, à son retour aux États-Unis, Judge n'avait pas tardé à se rendre compte qu'elle avait besoin d'un changement radical dans son administration si elle devait sortir de sa stagnation. Aussi écrivit-il à Olcott et à H.P.B. en leur suggérant la formation d'une Section Américaine. Ce qui fut fait en juin 1886. Judge en fut élu Secrétaire Général permanent. Sous sa vigoureuse impulsion, elle ne tarda pas à prospérer de façon remarquable, en étendant le réseau de ses Branches locales à tout le pays. Bientôt se manifestèrent des collaborateurs dévoués, et attentifs à seconder les efforts de Judge, qui méritaient tous les éloges. Témoin ce commentaire d'Olcott :

« ... son cerveau était fertile en bonnes idées pratiques et c'est à ses initiatives presque exclusivement que l'on doit la croissance rapide, et à grande échelle, de notre mouvement aux États-Unis ; les autres — ses collègues — ne firent qu'exécuter ses plans » .

Plus précieuse encore est cette appréciation du Maître évoquant Judge comme « celui qui a ressuscité la Théosophie en Amérique » .

 

2. Une activité littéraire inépuisable

La parution de la revue The Path, en avril 1886, fut un événement capital pour le Mouvement qui disposait maintenant d'un instrument efficace pour répandre la Théosophie aux États-Unis (ainsi que dans les autres pays anglophones). Comme il n'y avait encore guère de personnes qualifiées, à cette époque, pour fournir des articles de valeur, Judge dut écrire la majorité des textes importants sous divers pseudonymes, parmi lesquels William Brehon, Eusebio Urban, Hadji Erinn, Rodriguez Undiano, Un mystique américain (11). Son style, simple et direct, se reconnaît sans peine dans tous ces écrits, qui révèlent un auteur maître des sujets qu'il aborde, avec le souci d'éclairer le lecteur et de stimuler sa réflexion, sans jamais perdre de vue la dimension éthique et spirituelle.

Le Path, ouvert aux contributions d'auteurs d'autres pays, publia quelques articles importants de Mme Blavatsky. Et pour sa part, Judge ne manqua pas d'écrire pour les revues The Theosophist (fondée en Inde en 1879) et Lucifer (lancée à Londres par H.P.B. en 1887).

Après le Path, Judge créa en 1889 une revue spéciale pour ouvrir un dialogue actif avec les lecteurs en quête de réponses à leurs questions : The Theosophical Forum. Ces réponses y apparaissent comme des modèles d'expression concise, fondée sur une grande maturité d'esprit et une profonde maîtrise de l'enseignement de la Théosophie. En 1890, sous le pseudonyme « Occultus » , Judge publia les Échos de l'Orient, résumant à grands traits les doctrines théosophiques pour les lecteurs d'une publication américaine (Kate Field's Washington). En 1891, furent éditées les premières Lettres qui m'ont aidé qui avaient paru à l'origine dans le Path. Puis, ce fut l'Océan de Théosophie (en 1893), un grand classique de la littérature théosophique, publié d'abord sous forme d'articles dans un journal de Terre Haute (Indiana). Rédigé en très peu de temps, cet ouvrage permet déjà de se familiariser avec la Théosophie et de se préparer à l'étude sérieuse de la Doctrine Secrète (oeuvre maîtresse publiée en 1888 par H.P.B.).

À la fin du 19e siècle où la philosophie de l'Inde était encore passablement ignorée en Amérique, il importait non seulement de la faire connaître — ce à quoi s'employaient des grands propagandistes comme Swâmi Vivekânanda —  mais aussi d'aider le public à en déchiffrer l'ésotérisme à la lumière de la Théosophie. Sous ce rapport, la contribution de Judge fut celle d'un pionnier : on lui doit une édition de la Bhagavad-Gîtâ (1890) et une série d'articles (parus dans le Path) en commentant les 7 premiers chapitres. Ces textes (complétés par Robert Crosbie) furent plus tard réunis sous forme de livre (les Notes sur la Bhagavad-Gîtâ). Judge fournit également une traduction commentée des Aphorismes du Yoga de Patañjali (1889). Il avait conçu l'idée d'un « Département oriental » ayant pour objectif de publier un grand nombre de textes tirés des Écritures sanskrites, et autres. Pour ces Oriental Department Papers, il s'assura la contribution de spécialistes comme le prof. Manilal Dvivedi et Charles Johnston (époux de la nièce de Mme Blavatsky).

Pendant toutes ces années de maturité, Judge a dépensé une intarissable énergie à propager par écrit les idées de la Théosophie, en accomplissant à lui seul le travail de plusieurs personnes. Consacrant chaque instant de liberté au service du Mouvement, il ne négligeait aucun détail, répondait personnellement à un grand nombre de correspondants, ayant à coeur de s'informer de toute l'activité des Branches américaines, et d'épauler dans leur travail et leur progrès ceux qu'il considérait un peu comme « ses enfants ». Même pendant une tournée de conférences à travers les États-Unis, il passait le plus clair du voyage en train (il fallait 5 jours pour relier New York à la côte californienne) à préparer des causeries, écrire des articles, boucler la correspondance en attente.

En ces années où n'existaient pas les moyens modernes de communication, l'information écrite était d'une importance capitale. Et il est fort heureux pour les hommes d'aujourd'hui que tous ces échanges entre Judge et ses collaborateurs n'aient pas eu lieu par téléphone : ses lettres demeurent, en très grand nombre, pour témoigner de cette exceptionnelle figure de leader spirituel, entraînant les bonnes volontés au travail, sans rien demander pour lui-même, exigeant pour la cause théosophique le maximum des proches de son équipe, et donnant sans cesse l'exemple du dépassement des limites et des obstacles humains.

NOTES

  • (10) «The Esoteric She» , Cahier théosophique n°127.
  • (11) De même, les contributions au Path de la destinataire des Lettres qui m'ont aidé (Livre 1) furent signées diversement Jasper Niemand, Julius, J., August Waldensee.
 

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