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  • W.Q. Judge

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Aperçus biographiques de William Q. Judge ( 1851 - 1896 ) (2)

2. Les premières années de probation

1. L'épreuve de la solitude

Bientôt le privilège lui fut donné d'assister Mme Blavatsky dans la rédaction d'Isis Dévoilée, véritable manifeste du Mouvement théosophique, publié en 1877. Peu de temps après, sur la décision de transférer en Inde le Quartier Général de la jeune Société (7), son président, H.S. Olcott, et celle que ses amis allaient désigner familièrement sous le nom de H.P.B. se préparèrent à quitter les États-Unis. Après leur départ, le 17 décembre 1878, Judge se retrouva presque seul aux côtés du Major-Général Doubleday, faisant fonction de président.

Les années qui suivirent furent pour lui comme une traversée du désert, en l'absence de la puissante personnalité de Mme Blavatsky qui, à elle seule, avait attiré nombre de personnages en vue de l'époque. Fini le contact direct avec l'instructeur spirituel, finies les visites à la « lamaserie » (l'appartement de H.P.B. à New York) : Judge se sentait laissé à lui-même et dut faire face, avec constance et ténacité, à bien des difficultés, sur tous les plans — extérieurs et intérieurs.

Avec le recul du temps, cette phase de sa vie se déchiffre aisément comme une période de test et d'essai : dans sa solitude, le disciple était durement mis à l'épreuve mais son zèle pour la Théosophie et sa dévotion à la Cause des Maîtres allaient décider de sa réussite. Au terme d'un long septennat de probation (depuis 1875) viendrait le moment de l'acceptation et de la reconnaissance du serviteur par les Maîtres. En attendant, il fallait maintenir vivante la présence du Mouvement aux États-Unis, surmonter tous les doutes et tenir bon quoi qu'il arrive. C'est à cette époque que, résolu à tout pour continuer le travail, Judge pouvait, à l'heure fixée, ouvrir les réunions, lire un chapitre de la Bhagavad-Gîtâ, avant de passer à l'ordre du jour, et se mettre à examiner chaque point en détail, comme s'il n'était pas la seule personne présente. En ces jours sombres, il n'avait qu'une devise : « Promulgation — non spéculation. » Avec cette idée : « La Théosophie est un cri de l'âme » . Cependant, cette activité jamais relâchée s'accompagnait d'une ardente recherche intérieure. C'est aussi à cette époque que remonte une importante correspondance échangée entre Judge et son compagnon-disciple, le jeune Hindou Dâmodar K. Mâvalankar, qui révélait à son esprit intuitif l'existence de rapports entre Maître et disciple d'une nature insoupçonnée — voire indescriptible (8).

 

2. Le voyage en Inde

Le courrier de ces années, adressé à Olcott et à Dâmodar, reflète les sentiments nostalgiques d'un exilé, loin de sa vraie patrie, l'Inde.
Finalement le signal tant attendu arriva. Dans une lettre à Dâmodar, datée du 11 juin 1883, Judge confiait à son ami de l'autre bout du monde : " Je reçois votre dernière. Au dos sont écrits au crayon rouge les mots : « Feriez bien de venir. M ...... » (9). Le temps de régler ses affaires, ce ne fut pas avant février 1884 que Judge entreprit le grand voyage rêvé de sa vie. Il fit escale en Europe où il dut attendre Mme Blavatsky qui devait arriver de l'Inde. Sur l'ordre des Maîtres, il demeura quelque temps avec elle pour l'aider à préparer une refonte d'Isis Dévoilée. Et ce fut seulement à la fin de juin qu'il put continuer sa route vers l'Inde, pour gagner finalement, en août, Adyar où venait d'éclater un scandale dû à la malveillance d'un couple, les Coulomb (avec l'aide de missionnaires protestants de Madras, désireux de discréditer et d'évincer les théosophes). Judge put d'ailleurs faire constater sur place certaines de leurs machinations. En apparence, son séjour, prolongé jusqu'en octobre, ne fut marqué par aucun événement d'importance. Du moins n'a-t-il rien laissé transparaître de ses expériences personnelles, mais il est clair que cette nouvelle rencontre avec Mme Blavatsky et ce voyage en Inde ont marqué un tournant absolument décisif dans sa carrière.

NOTES

  • (7) Établi d'abord à Bombay, le siège de la S.T. fut ensuite transféré à Adyar, près de Madras, dans le sud de l'Inde.
  • (8) Voir, pour cette correspondance, l'ouvrage de Sven Eek Dâmodar and the Pioneers of the Theosophical Movement. Dans un long texte intitulé « Le Journal d'un chéla hindou » (Cahier théosophique n° 107), Judge a exploité une partie des manuscrits de Dâmodar pour donner une idée vivante de la démarche quotidienne d'un disciple, et de ses expériences mystiques.
  • (9) En anglais : " Better come. M ......". L'initiale servant de signature, suivie du triangle de points, renvoie au nom du Maître de Mme Blavatsky, dont les lettres (comme celles reçues par A.P. Sinnett. de 1880 à 1885) étaient généralement écrites au crayon rouge.

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