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  • W.Q. Judge
  • Les années de préparation

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Aperçus biographiques de William Q. Judge ( 1851 - 1896 ) (1)

1. Les années de préparation

1. Les racines irlandaises

William Quan Judge, fils d'Alice Mary Quan et de Frederik H. Judge, naquit à Dublin (Irlande), le dimanche 13 avril 1851. Son père, de tradition méthodiste, était franc-maçon et s'intéressait au mysticisme. Sa mère mourut encore jeune, en donnant naissance à son septième enfant. Le petit William grandit à Dublin jusqu'en 1864, date à laquelle son père émigra aux États-Unis avec toute sa famille.

De ces premières années, il faut surtout retenir un événement très marquant. À l'âge de 7 ans, le garçon fut atteint d'une grave maladie qui menaçait d'être fatale. Et de fait, il arriva un jour que le médecin annonce la mort de l'enfant aux parents éplorés. Mais bientôt, à la surprise générale, la vie sembla revenir : le malade était sauvé (1). La convalescence fut longue. Chose étrange, pendant ces mois de rétablissement, le garçon révéla des aptitudes et un savoir que nul ne lui connaissait encore. Il paraissait le même qu'avant, tout en étant différent sous certains angles ; et sa famille étonnée avait bien des raisons de s'interroger à son sujet. Ainsi, bien que nul ne sût qu'il ait jamais appris à lire, on le trouvait maintenant animé d'un grand intérêt pour le mysticisme et dévorant des livres (2) traitant de mesmérisme, phrénologie, caractérologie, magie, religion et autres sujets analogues. Un jour, on le vit plongé dans la lecture de l'Apocalypse, cherchant à découvrir sa véritable signification.

Physiquement, le corps qui avait frôlé la mort de si près ne connut jamais une très grande vitalité. Sans être maladif, l'enfant resta plutôt frêle, ce qui ne l'empêcha pas de manifester une volonté indomptable et une égale ténacité dans ses entreprises, comme en fait foi cette anecdote remontant à ces années d'enfance : alors qu'il jouait avec d'autres garçons au bord d'un cours d'eau, ses compagnons gagnèrent à la nage une île située à faible distance du rivage et de là se moquèrent de leur jeune camarade qui ne savait pas nager. Piqué au vif, William se jeta à l'eau, résolu à traverser, quoi qu'il arrive. Bientôt, perdant pied, il se laissa couler, fit quelques pas au fond, revint à la surface, s'enfonça de nouveau, et ainsi, luttant de toutes ses forces, progressant sur le fond et revenant un instant à l'air libre, tout en retenant son souffle, il finit par atteindre au bord de l'île où ses camarades stupéfaits le tirèrent de l'eau, à moitié inconscient. Rien ne pourrait être plus caractéristique de ce W.Q. Judge que l'on a connu par la suite.

2. La jeunesse d'un émigré sans fortune

À cette époque, bien des Irlandais quittaient leur terre natale — l'un des foyers de la spiritualité celtique — pour tenter l'aventure du Nouveau Monde. William avait 13 ans lorsqu'il traversa l'Océan avec sa famille sur le « City of Limerick » , pour atteindre le port de New York, le 14 juillet 1864. On résida quelque temps à New York pour finalement s'installer à Brooklyn. Années difficiles d'adaptation pour le père de Judge qui devait subvenir seul aux besoins et à l'éducation de ses nombreux enfants ; William put malgré tout terminer sa scolarité, avant de gagner sa vie comme employé à New York. Il finit par entrer au service de George P. Andrews (qui allait devenir Juge de la Cour Suprême de New York). Le jeune homme se prit alors d'intérêt pour le Droit, qu'il se mit à étudier activement, tout en habitant chez son père, qui décéda d'ailleurs peu après.

À sa majorité, William devint citoyen des États-Unis (en avril 1872) et le mois suivant il était inscrit au Barreau de New York. Avec le temps, le Droit commercial devint sa spécialité, où par son industrie, son inflexible persistance et son habileté naturelle, il gagna le respect de ses employeurs comme de ses clients. Comme on l'a dit de lui, à cette époque et plus tard : « Pour accomplir son devoir, Judge irait au bout du monde sur des socs de charrue rougis au feu ».

En 1874, il épousa une institutrice de Brooklyn, Ella Miller Smith, dont il n'eut qu'un enfant — une charmante petite fille, pleine de promesses, qui malheureusement succomba à la diphtérie dans ses premières années. Cette mort fut longtemps une source de profond chagrin et d'amertume pour le jeune couple, par ailleurs tiraillé par de sérieuses divergences sur le plan religieux.

3. La rencontre avec Mme Blavatsky

Peu de temps après son mariage, un curieux concours de circonstances permit au jeune avocat de faire la rencontre qui allait bouleverser sa vie, en la personne de Mme Blavatsky, établie aux États-Unis depuis 1873. Vivement intéressé par les phénomènes du spiritisme dont la presse de l'époque rendait compte abondamment, Judge s'adressa à l'un des auteurs de ces articles à sensation, le colonel H. S. Olcott (3) pour lui demander l'adresse d'un bon médium. N'ayant personne à recommander, Olcott évoqua le nom de Mme Blavatsky (4). Rendez-vous fut pris au domicile de celle-ci (lrving Place, à New York), et c'est ainsi que le jeune homme fut mis en présence de la grande Occultiste — son aînée de 20 ans — dont il allait devenir le disciple infatigablement dévoué, et l'ami indéfectible, à travers vents et marées. Plus tard, dans un article (5), Judge fit le récit de cette première entrevue :

« Ce fut son regard qui m'attira, celui d'une personne que j'avais dû connaître dans de lointaines vies passées. Elle m'observa comme si elle me reconnaissait à cette première heure, et jamais depuis ce regard n'a changé. Ce n'était pas comme un esprit plein de questions philosophiques que je m'étais présenté à elle, ni comme un égaré cherchant dans les ténèbres des lumières qu'avaient obscurcies Écoles et théories fantaisistes, mais comme un pèlerin qui, après avoir parcouru pendant bien des périodes les voies de l'existence, était en quête des amis qui pourraient lui montrer où avaient été cachés les plans de l'œuvre. Et, fidèle à l'appel, elle répondit en révélant ces plans une fois de plus : sans un mot d'explication, elle se contenta de les désigner à mon attention — et elle se remit à la tâche. C'était comme si nous nous étions séparés la veille, en laissant pourtant inachevé quelque détail d'un ouvrage entrepris dans un but commun. Se trouvaient alors réunis maître et disciple, frère aîné et cadet, tous deux tendus vers un même objectif — mais elle, riche du pouvoir et de la connaissance qui n'appartiennent qu'aux lions et aux sages. Ainsi, avec cette amitié de la première heure, je me sentis en sécurité. »

Dès lors Judge lui rendit de fréquentes visites, et se mit à étudier sous sa direction. À ses côtés, il participa, avec Olcott et une pléiade d'autres chercheurs, aux réunions qui allaient conduire au lancement de la Theosophical Society (6) , le 17 novembre 1875 à New York. C'est ainsi qu'à l'âge de 24 ans, il devenait l'un des tout premiers membres actifs d'une Société promise à une remarquable destinée dans cette fin de siècle.

 

NOTES

  • (1) Voir pour cet événement les indications fournies par Judge lui-même dans « Un Roman Occulte » , (Lettres qui m'ont aidé, Livre 3) où il évoque son incarnation « dans un corps d'emprunt » .
  • (2) On peut lire dans la rubrique Tea Table Talk de la revue The Path (avril 1893) une discussion à propos de cette capacité qu'ont certains enfants de lire sans avoir appris. D'une manière générale, il s'agirait d'une connaissance, ou aptitude, ramenée d'une existence antérieure et exigeant plusieurs conditions pour se réactiver.
  • (3) H. S. Olcott avait publié dans le Daily Graphic de New York un reportage sur les fameuses « matérialisations d'esprits » qui se produisaient chez les Eddy, à Chittenden (Vermont). La série de ces articles fut publiée en mars 1875 sous le titre People from the Other World ( = Des gens de l'Autre Monde). C'est à Chittenden que le colonel Olcott rencontra Mme Blavatsky pour la première fois, le 14 octobre 1874.
  • (4) Mme Blavatsky n'était pas médium, mais elle connaissait parfaitement les phénomènes du spiritisme et les lois naturelles intervenant dans leur manifestation. Elle devait cette familiarité avec l'Occultisme à un long entraînement sous la conduite de Sages orientaux qu'elle appelait ses Maîtres. C'était d'ailleurs sur l'ordre de ces Maîtres qu'elle s'était rendue à New York pour commencer à répandre dans le monde occidental les enseignements spirituels auxquels elle allait donner le nom de Théosophie.
  • (5) « Vôtre jusqu'à la mort, et au delà, H.P.B. »  , Cahier Théosophique n°141.
  • (6) En français : la « Société Théosophique » (en abrégé : S. T.).

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